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Forum de RP 18+ - Personnage masculin obligatoire - Monde fantastique à domination vampire - Humains & Hybrides esclaves ou êtres libres
 
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Ceux dont les ailes coupées ne suffisent plus à sauver du brasier. [Ilya][Terminé]
Cœur éteint
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MessageSujet: Ceux dont les ailes coupées ne suffisent plus à sauver du brasier. [Ilya][Terminé]   Mar 26 Déc 2017 - 13:50



10 Novembre 20357 – Dornia

Quelques jours avaient passés, simples poussières insignifiantes dans la vie millénaire d'Aldéric. Un soir, face à mon insistance bornée, mon grand-père m'avait longuement observé, assit dans l'énorme fauteuil en cuir clouté qu'il aimait occuper lors de ses visites et, tout en caressant la tête de l'un des jeunes gens agglutinés autour de lui, il avait murmuré, sans me quitter des yeux.

Aldéric : « Mes pauvres petits... Voyez vous même, mon bien-aimé Lazare ne veut pas de vous. » Avait-il dit en amenant l'un des garçons sur ses genoux pour lui caresser les cuisses et la nuque, sous mon regard qui se faisait de plus en plus absent. Puis, sa voix s'était faite plus grave, plus dure, et l'adolescent s'était arqué en couinant lorsque les doigts d'Aldéric s'étaient enfoncés dans ses reins. « Tu sais ce qu'il adviendra d'eux s'il me faut les ramener. »

Dix paires d'yeux inquiets s'étaient tournés vers moi sans que je ne trouve le courage de les affronter, et je leurs tournais le dos. J'aurais pu les prendre avec moi, et les revendre à la première boutique venue, mais j'aurais été là plus couard encore. L'épreuve devait s'achever sur mon refus, ferme, d'accepter les intentions de mon grand-père.

« Ramenez-les, je n'en veux pas. »

Avais-je chuinté d'une voix faible avant de m'enfuir dans mes quartiers, sans un regard pour mon ancêtre. Bien plus tard, alors qu'au dehors le soleil réchauffait plantes et bêtes, mon corps gelait peu à peu, enfoui sous les couvertures de mon lit tandis que mes oreilles captaient tout de ce à quoi s'adonnait Aldéric dans la chambre voisine. Les gémissements n'étaient pas dûs qu'aux affres de la luxure et, lorsque le silence revint, il me fut impossible d'envisager que les jeunes vestales étaient indemnes. Quelques minutes plus tard, les pas au rythme régulier de mon ancêtre résonnèrent dans le couloir, puis dans ma chambre où il avait pénêtré sans y être invité. Son odeur m'aggressa, sa voix, caressante sous mon crâne, me ramena à des temps éloignés que j'avais eu la naïveté de croire révolus. Aldéric m'avait laissé en paix, ou presque, pendant des décennies, et l'idée de tomber à nouveau sous son joug ne tarda pas à me donner la nausée. Toutefois, rester caché sous mes couvertures comme un enfant pétrifié par un cauchemar aurait été une terrible erreur, en cela qu'elle confirmait à Aldéric tout le pouvoir qu'il avait sur moi. Aussi m'extirpais-je de mon nid pour m'assoir contre mes épais oreillers et poser mon regard dans le sien. Je tâchais de ne pas m'attarder sur sa nudité tachée de sueur et de sang.

« Lazare. » Dit-il sans sourire, tout en amenant sa main contre ma joue, son pouce contre ma bouche. « Ne crains rien, je ne suis pas fâché. » Pourtant sa main aggrippa l'angle de ma machoire pour donner l'ancrage nécessaire à son pouce pour forcer mes lèvres. Le sang -et le reste- qui se déposa contre ma langue, bien qu'infiniment immonde, ne fut en réalité guère plus répugnant que la texture de sa peau ou que le simple geste qu'il effectuait. « Est-ce cet albinos qui t'aliène ainsi ?... Cela faisait bien longtemps que tu ne t'étais pas entiché d'un vivant... » Sa voix. Sa voix se fit sourde, roulante et grave comme les prémices d'un orage tonnant au loin. Ma vision se flouta sur l'image d'Aldéric posant un genou sur mon matelas pour s'approcher de moi.

La nuit passa sans que je n'en garde le moindre souvenir.

Je me réveillais à la tombée de la nuit, et mon cœur me sembla rejoindre mes orteils lorsque je pris conscience du bras épais passé par dessus ma taille. Aldéric avait passé la nuit dans mon lit. Et il y demeurait encore. Lui tournant le dos, j'ignorais s'il était éveillé ou non, si ses yeux étaient ouverts et guettaient le moindre frémissement de ma nuque qu'il avait prit soin de dégager de mes cheveux. Malgré le malaise, je me redressais du plus dignement que je le pus, et renouais la ceinture de mon peignoir qui, sans être entièrement défaite, était bien trop lâche à mon goût. Avant que l'horreur ne me saisisse pour à nouveau me figer, je décampais sans autre forme de procès.

Une douche rapide, un passage fugace dans mon dressing pour enfiler les premiers vêtements à ma portée, une paire de chaussures choisies au hazard et un long manteau noir, et je sortais du manoir. Je n'emportais avec moi que mon portefeuille, et la sensation d'urgence qui me tambourinait aux tempes. Il me fallait m'éloigner. Et empêcher Aldéric de nuire.
Une fois n'étant pas coutume, je pris l'une des voitures exposées dans la cours et fit crisser les pneus  contre les graviers. Il ne me fut pas nécessaire de me retourner pour savoir que, depuis la fenêtre de ma chambre...

Aldéric m'observait.

¤

Moins d'une heure plus tard, je déboulais à la boutique hébergant Ilya, dans un tourbillon de plis de laine noire et d'empressés claquements de chaussure. Sans accorder un regard aux résidents, je filais  droit vers l'arrière boutique où il me semblait que le gérant recevait ses clients. Je le trouvais attablé à son bureau, et le regard qu'il leva sur moi, tout à fait stupéfait, me donna un bon indice sur l'affreuse mine que je devait porter. Mon teint avait-il viré verdâtre ?

« C'est au sujet d'Ilya. » Avais-je commencé d'une voix que je découvris étranglée, omettant toute formule de politesse.
« C'est-à-dire... ? » Me répondit-il en haussant un sourcil méfiant, me regardant d'en bas car je me tenais debout devant son bureau, sombre silhouette funeste qui, je pouvais aisemment le comprendre, ne semblait guère lui plaire.
« Il... Je voudrais... Accepteriez-vous, Monsieur... »

Accablé et empressé, je butais sur mes mots sans trop savoir lesquels choisir pour former mes phrases. Un grand inédit pour un homme de mon éducation, formé aux belles lettres et à l'art de l'éloquence. Face à mon abbatement soudain, face à mes épaules qui s'affaissèrent et à mon silence subit, l'homme s'adoucit, laissant la compassion remplacer sa méfiance. Aimable bougre, il se leva de son bureau pour me tirer un siège et m'enjoindre à m'y installer. Et, alors que je machouillais mes lèvres comme un enfant confus, il posa devant moi une tasse en porcelaine où fumait un sang frais.

« Buvez, Monsieur Melfort, vous feriez peur à un Milicien tant votre mine est déconfite. Est-ce au sujet de cette soirée pour laquelle vous m'avez loué Ilya... ? J'ai eu des retours sur l'affaire et vous comprendrez donc que, pour son bien, je ne puis vous le céder et... … ... » Il se tut bruquement, tout aussi choqué que moi de voir de grosses gouttes rouges me tomber des yeux. Mes mains montèrent sans tarder sur mon visage pour le camoufler et étouffer un sanglot tandis que je posais mes coudes sur son bureau.

La soupape venait d'exploser, devant un homme que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam, mais qui eut la bonté de me tendre un mouchoir et d'attendre de longues minutes que je récupère la faculté de parole. Je lui expliquais tout, Aldéric, la perversion dont il pouvait faire preuve, le joyeux massacre qu'il avait effectué quelques heures plus tôt dans ma propre maison, et son intérêt immancable pour Ilya. Je lui dis, plusieurs fois, que si le mouflon lui était livré, il ne vivrait pas bien longtemps. Mes mots se répétaient, sans élégance et teintés de panique, et le gérant dont j'ignorais le nom se frottait le menton d'un air dubitatif.

« Mais que puis-je faire, Monsieur Melfort ? Votre grand-père est en mesure d'acheter mon établissement, je ne puis lui refuser de lui céder Ilya s'il le désire tant. Soyez pourtant bien persuadé que mon cœur souffrirait sincèremment de le voir partir entre les mains du monstre que vous me décrivez. »
« … Je ne suis pas venu les mains vides. » Répondis-je d'une voix qui retrouvait à peine sa régularité, tout en sortant mon portefeuille de mon manteau. « Vous allez me faire un contrat de location pour Ilya, à durée indéterminée, jusqu'à ce que nous soyons assurés qu'Aldéric détourne son attention de lui. Je serais généreux, très généreux. Acceptez, je vous en prie, je ne saurais supporter la mort de ce garçon. Cette situation est, après tout, de mon fait... »

Continuais-je à balbucier tout en signant un chèque que je lui tendis. A ses yeux, ronds comme des billes, je fus assuré que mon offre était acceptée. Après lui avoir précisé de de pas mettre le contrat à mon nom, par prudence dans le cas où Aldéric ferait quelques recherches, je me relevais, sans avoir touché à la tasse de sang, le teint un peu cireux et le contour des yeux tachés de rouge. Je lui laissais mes coordonnées s'il souhaitait me joindre, puis sortis.

Je passais les portes de la boutique comme un spectre, sans accrocher mon regard sur aucune des silhouettes exposées dans l'endroit.

¤

Je m'étais isolé dans un hôtel particulier du centre ville, n'en sortant que rarement pour me nourrir, pataugeant allègrement dans le marasme de mes idées noires. Patient, j'attendais que le domestique qui venait faire le ménage au manoir m'informe du départ de mon grand-père, dont je n'avais eu aucune nouvelles... Ou presque.
Quelques heures après mon passage à la boutique d'esclaves, le gérant m'avait appelé pour m'informer qu'Aldéric Melfort était en effet venu lui rendre visite. Que la négociation avait été dure mais qu'il était resté ferme sur ses engagements précedemment conclus avec moi. Il ajouta qu'à présent qu'il avait vu le regard de mon ancêtre, acéré et froid comme un pic de glace, il ne doutais plus de la véracité de mes propos...
Il me fit également part des émois d'Ilya, lorsqu'il lui avait annoncé être retiré de la vente. Ce à quoi j'avais proposé, afin de le consoler, que j'étais tout à fait enclin à lui payer toutes les frivolités qu'il souhaiterait. Scéances au SPA, massages, cours de danse et vêtements, peut m'importait.

Lorsque j'avais raccroché, je m'étais senti incroyablement seul. Et triste.

Pourquoi éprouvais-je ces émotions, à près de 500 ans d'existence ?


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Dernière édition par Lazare Melfort le Dim 14 Jan 2018 - 10:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ceux dont les ailes coupées ne suffisent plus à sauver du brasier. [Ilya][Terminé]   Ven 5 Jan 2018 - 14:07

Ceux dont les ailes ne suffisent plus à sauver du brasierPlus de 1600 mots... je suis tellement navrée!
(et encore... j'avais beaucoup plus dans mon brouillon mais il fallait couper la bête)
PV — Lazare Melfort

12 Novembre 2357

Depuis l'anniversaire de Lazare Melfort, ça ne va pas.

Encore aujourd'hui, tout juste sorti du lit, je traine des pieds dans la salle de bain de la boutique sous l'oeil sérieux de Cédric. Depuis quelques jours il ronge son frein et se retient de me dire quelque chose mais il ne crache jamais le morceau et je n'ai pas la force de l'houspiller pour lui tirer les verres du nez alors je fais avec ses silences et ses regards insistants, pas si dérangé que ça.

En fait, je dirais presque qu'ils me rassurent. Au moins il me surveille. Me protège, un peu. Quand Cédric m'a vu rentré de cette désastreuse soirée, j'ai bien vu à son regard soucieux que mes efforts pour afficher une mine sereine avaient échoués. J'avais pourtant profité de cette longue course en taxi pour me recomposer un visage et retrouver mes esprits. Non. Ca ne l'avait pas leurré et ça n'était peut-être pas plus mal. Car sitôt avait-il refermé la porte sur mon cul luxueusement fringué, sitôt m'étais-je écroulé contre lui tandis qu'il m'abrutissait de questions empressées. Lui expliquer ce qu'il s'était passé n'avait pas été facile, tant parce que je cherchais mes mots que les évènements étaient encore trop frais pour que je m'y replonge comme ça.

A force de patience, tout était sortit et la peur qui ne m'avait pas quitté depuis le manoir Melfort s'était un peu décantée. Sous les yeux déçus de mon propriétaire, plus contre lui même d'avoir accepté cette soirée plutôt que vers moi, je m'étais senti un peu plus en sécurité. Au moins quelqu'un étranger aux Melfort savait ce qui était arrivé.

L'affaire avait été close dès le lendemain lorsque je m'étais réveillé, plus perdu que jamais mais silencieux. Je n'avais pas voulu revenir sur cette nuit et Cédric n'avait pas forcé. Je pouvais le remercier.

• • •

Aujourd'hui les souvenirs sont encore trop sombres et flous pour que je m'y attarde. A l'orée de mon esprit un peur irrationnelle me guette constamment, m'enlevant toute envie de plaisanter, ou ne serait-ce que de papoter, avec mes camarades de boutique. Elle m'épuise et me tient en alerte le jour, plus en forme encore la nuit quand elle me tient éveillée.

Derrière mes paupières quand j'ose m'assoupir, une silhouette dangereuse s'impose dans mon esprit, viole mes pensées et m'oblige à aimer ça. Je me vois m'abandonner à un regard fabuleusement autoritaire, charismatique et terriblement dangereux. Je déteste ça.

Résultat des courses, presque dix jours se sont écoulés et je n'ai jamais été si éreinté de ma vie. Conséquences de cet état de fatigue insupportable, je suis d'une humeur exécrable. Alors lorsque Théo, l'hybride gerbille de la boutique, prend trop de temps ce matin aux toilettes, je ne me garde pas de lui cracher mille remontrances acides et injuste dès que son cul s'extirpe de la cuvette.

Dans notre dos Cédric me dit de baisser d'un ton quand j'en fais trop et ordonne à Théo de filer. Je suis planté dans l'embrasure de la porte des chiottes quand il me dévisage sévèrement, encore peint de cet visage qui veut dire quelque chose mais qui se retient. Accouche bon sang! J'ai envie de lui hurler dessus, supportant de plus en plus mal ses cachoteries. Mais rien ne sort et nous nous contentons de nous dévisager. Encore.

Il sait que je file du mauvais coton à cause de cette soirée, voilà pourquoi il n'ajoute rien. Mais moi j'aurais besoin qu'il me parle, qu'il me dise si les vêtements de Monsieur Melfort lui ont bien été retournés, qu'il m'assure que je n'ai plus à regardé au dessus de mon épaule et que cet homme, déçu de ma prestation, n'aura plus jamais l'envie de requérir mes services.

• • •

Ce n'est que le lendemain que le fin mot de cette histoire me tombe dessus. Et c'est une douche froide.

« Ilya, vient un instant s'il te plait. Nous devons parler. » M'interpelle Cédric du fond de la boutique.

Il raccroche son téléphone quand je trottine vers lui. Un tabouret est déjà placé devant son comptoir, prévu pour moi sans aucun doute, c'est que le sujet doit être sérieux. L'angoisse me prend lorsque je me pose en face de lui. Son visage fermé et tourmenté n'arrange rien.

« J'ai eu la visite de Lazare Melfort avant-hier, tu étais de sortie lorsqu'il est passé. Il m'a expliqué quel genre de bonhomme était son grand-père, que j'ai eu la déplaisante surprise de rencontrer un peu plus tard dans la même journée. On peut dire que tu t'es attiré l'attention d'une sale bestiole..
– Je n'ai pas.. J'ai du mal à respirer.
– La faute n'est pas tienne, ne t'inquiète pas mais l'affaire est préoccupante Ilya.. Cet homme là n'est pas à prendre à la légère. Son petit-fils m'a offert de te prendre sous son aile le temps que son parent ne t'oubli.
– Mais.. pourquoi ne pas simplement refuser ma vente aux Melfort, quelqu'ils soient?
– Gamin, crois-moi, on ne dit pas "non" à cet homme indéfiniment. Je reçois son offre tous les jours depuis sa visite, il ne va pas lâcher l'affaire. Je ne sais pas ce que cette famille bouffe mais elle dérouille complètement. Vu la situation, tu seras toujours plus tranquille chez le Melfort plutôt qu'ici.
– Tu peux tenir j'en suis sûr! C'est une question d'argent qui t'arrange, c'est ça hein?
– Ferme-la moucheron. Si je voulais un maximum de profit, c'est chez le plus âgé des deux que tu irais! Lazare Melfort débourse peu comparé à ce que son grand-père était prêt à mettre sur ta tête. Alors ne discute pas, fais profile bas et tout ira bien.
– Mais je-
– La discussion est close. Tu pars demain, c'est comme ça.
– Et le club?
– Je viens de les appeler, c'est réglé. Profite de la journée pour dire au revoir aux autres et récupérer tes affaires. Le gus s'en fichera sans doute si tu ramènes ton bordel ou pas.

Je n'ai le droit à rien d'autre. Une tape sur l'épaule, c'est tout. Cédric me laisse tout seul et moi je n'en crois pas mes oreilles. Vide, je reste une demie-heure assit sur mon tabouret, plus conscient que jamais que ma vie ne m'appartient décidément pas..

• • •

Cédric n'a pas mentit, le lendemain, nous sommes sur le départ. Il est encore tôt dans la nuit lorsque la portière de sa voiture se referme sur ma mine éteinte. A la fenêtre quelques mains se secouent pour me faire un dernier au revoir. Je n'ai pas le coeur à leur sourire mais je leur rend leur salutation en hochant tristement de la tête. A mes côtés Cédric reste silencieux et comme ça, nous démarrons.

Tout le trajet je me ronge les lèvres, immanquablement terrorisé à l'idée de revoir cette foutue baraque. Etonnamment, nous nous arrêtons dans la cour d'un hôtel de luxe dont je connais le nom pour en avoir eu des clients, et je me tourne vers Cédric plus sceptique que jamais. Il soupire en me voyant serrer mon maigre sac contre mon torse et sort de la voiture sans un commentaire. Je le suis, amer, mais ne comble pas ce blanc qui règne entre nous depuis la veille.

Ce n'est que dans l'ascenseur que Cédric rend les armes et tente de m'apaiser calmement:

« Ce n'est que provisoire Ilya. Tu reviendras bien chez moi dans peu de temps.
– Ouais, si je suis encore vivant tu veux dire. Les chiens ne font pas des chats Cédric. » Je lui réponds avec insolence, sans rien ajouter de plus mais le message est là. Lazare Melfort peut bien être plus terrible encore que son grand-père mais leurre le monde à la perfection, pour ce qu'on en sait!

Un ding l'empêche de répondre et les portes s'ouvrent. La gorge sèche, les pas lourds, je suis Cédric à travers deux immenses couloirs luxueux jusqu'à la dernière porte où il toque calmement. Je ne comprends toujours pas pourquoi je dois rejoindre ce "pseudo maître" dans un hôtel plutôt que dans son manoir des horreurs mais Cédric n'a rien voulu me dire, prétextant que je n'ai pas besoin de m'encombrer la tête de détails inutiles.

Derrière la porte, nous entendons un maigre "Entrez, j'arrive." nous répondre et mon souffle se fait la belle. Voilà. Les bourdonnements m'assomment quand Cédric tourne la poignée. J'ai envie de le retenir. De m'accrocher à son bras et de le supplier de ne pas me laisser là. Pas avec lui.

Mais il est déjà rentré dans l'immense chambre paradisiaque et je n'ai pas le choix. Je le suis, mort.

Lazare Melfort est debout devant nous, sombre, éteint et silencieux. Je pensais devoir trouver du courage pour ne serait-ce que le regarder dans les yeux mais c'est la première chose que je fait quand j'avance à la suite de Cédric.

Là.

Ils sont là. Plantés dans les miens, complètement indéchiffrables, plus sombres encore que la dernière fois. Ils me filent un long frisson que je ne cache pas et me glacent le sang. Et qu'on me réserve une place en enfer, j'ai envie de vomir quand je réalise que je déteste les revoir autant que je les aime.

« Monsieur Melfort. » Cédric referme la porte derrière nous et guette silencieusement ces retrouvailles. « Vous faites peur à voir. »

Et non, je ne parle pas uniquement de sa mine horrible..



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MessageSujet: Re: Ceux dont les ailes coupées ne suffisent plus à sauver du brasier. [Ilya][Terminé]   Dim 7 Jan 2018 - 12:59



Je crois qu'une part de moi fantasmait sur une réalité alternative où le vendeur d'Ilya aurait jugé suffisant d'empocher mon chèque, et de garder son bel albinos au chaud sous son aile en attendant que les choses se tassent. Aile qui me semblait bien plus protectrice que la plupart de celles des vendeurs d'esclaves. Mais, j'avais beau avoir fermé les yeux sur l'évidence pendant les quelques jours que j'avais passé en solitaire dans cet hôtel aux murs dorés, la réalité ne s'était pas tordue selon mon bon vouloir.

Ilya se tenait devant moi, bel et bien là... Avec au fond de ses yeux rouges une multitude de choses que je ne voulais voir. Je m'y perdis d'ailleurs un peu, sans accorder d'attention au Monsieur qui avait la délicatesse de se tenir en retrait. Mes yeux glissèrent sans émoi le long de son visage dont la disposition des traits ne cachait rien de l'enthousiasme qu'il avait à se tenir là, s'arrêtèrent sur le sac dérisoire contenant quelques uns de ses effets personnels... Un détail qui en disait long sur la bienveillance de son vendeur, car bien d'autres auraient dépouillé leur marchandise de toute possession avant de la céder à leur client.

Le salut d'Ilya ne possédait plus une once de l'accent chantant et onctueux dont il avait usé lors de notre toute première rencontre et j'eus alors la terrible sensation d'avoir abîmé quelque chose de précieux chez ce jeune homme. Toutefois ce désagréable constat ne retint que brièvement mon attention, car les quelques mots qu'il prononça ensuite me firent relever vers lui un regard... Un peu trop vif sans doute. Je n'étais pas homme à cultiver la susceptibilité, pourtant cela faisait plusieurs fois déjà qu'Ilya piquait, et piquait juste. Si j'avais été plus sage, moins à fleur de peau, si mes nerfs n'avaient pas été compressés dans une pelote de la taille d'un petit pois, peut-être me serais-je fait la réflexion que, s'il agissait ainsi, c'était peut-être parce que, finalement, je ne lui inspirais pas tant de crainte.

Mais j'étais alors à l'opposé de cet état d'esprit, et ma langue s'agita d'un ton sec, répondant des mots que je regrettais aussitôt, en voyant leur effet se peindre sur le visage de plâtre d'Ilya. En voyant le lac rouge du fond de ses yeux s'agiter, en voyant ses lèvres frémir et ses doigts se serrer autour des plis de son petit sac de voyage.

« Ne craignez pas ma vue, car votre supplice sera de courte durée. »

A l'extrémité de mon champ de vision, je vis son vendeur froncer les sourcils, victime, tout comme l'albinos, d'une évidente mauvaise interprétation de mes paroles. Je ne pouvais leur en vouloir pour cela... Pire, je crois bien qu'une part de moi éprouva alors une détestable pointe de satisfaction qui pourtant ne parut pas sur mes traits.
Je fus toutefois rapidement rattrapé par la culpabilité, et levais une main vers le gérant en secouant légèrement la tête, abaissant les paupières en me détournant vers une large porte, dans le mur à notre gauche.

« Je vois à vos visages que la paranoïa s'empare de vous. Chassez la donc de vos esprits car il n'y a dans mes paroles rien de plus qu'un grand pragmatisme : Ilya, votre appartement est derrière cette porte. »


Un bref silence s'écoula, et le gérant hocha la tête en commençant à se retirer. Tourné de trois quart, dos à l'hybride mouflon, je laissais mon regard posé sur lui, et lançais un petit geste du menton pour l'inciter à aller ouvrir la porte.

« Il ferme à clé. Vous ne souffrirez donc que peu de ma vue. Toutefois, pour votre propre sécurité, il vous faudra passer par mon appartement si vous souhaitez sortir. Ce qui ne me pose pas de problème particulier, à condition que vous demeuriez au sein de l'hôtel. Peu m'importe les... activités... auxquelles vous vous adonnerez. Au besoin, mettez sur ma note, la réception est au courant. »

Tout en me détournant de lui pour retourner près de la grande cheminée encadrée de moulures dorées, je fermais les yeux, retenant un soupir que je ne m'autorisais à exprimer qu'en posant ma main contre le plateau en marbre surplombant l'âtre, et où était disposé un grand miroir. J'étais las, et agacé de ne pas avoir su produire des mots plus chaleureux pour ce pauvre Ilya...


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MessageSujet: Re: Ceux dont les ailes coupées ne suffisent plus à sauver du brasier. [Ilya][Terminé]   Lun 8 Jan 2018 - 10:25

Ceux dont les ailes ne suffisent plus à sauver du brasierJ'étais à 20 mots des 2000. Bon. Bah prochaine fois que je fais une réponse à 800 mots j'vais m'dire que j'ai rien écrit! xD -désolée tho... x__x-
PV — Lazare Melfort


C'est le silence pesant d'une attitude condescendante qui nous accueille. Bringuebalé par les mots durs et froid de la tête noble, il nous faut quelques instants avec Cédric pour que l'un comme l'autre, sûr que rien d'autre ne nous serait jeté à la gueule, nous puissions nous activer. J'ai pour le Melfort un regard emplit d'amertume quand nous passons à côté de lui pour rejoindre la porte désignée. Dans mon dos, je sens Cédric le suivre du regard, silencieux mais nettement dérouté par son personnage. C'est lui qui m'ouvre la porte quand je pénètre rapidement dans l'appartement joint à ce qui très clairement peut-être qualifié de suite luxueuse.

Je n'ai pas besoin de demander à Cédric de vite refermer la porte qu'il la claque un peu sèchement à sa suite. Quand je me retourne, je le vois me regarder l'air fermé, les lèvres plissées en une ligne dubitative. Il croise même les bras de manière autoritaire quand je glisse mon sac sur le premier fauteuil de l'immense chambre. Je ne sais dire s'il est piqué à vif à cause de moi ou de notre hôte mais en tout cas, il tire la tronche.

Remué par cet accueil des plus inoubliables, je ne trouve aucun entrain à examiner les lieux, mes lieux mais fais un effort pour y trouver le confort évident dont je n'aurai jamais pu rêver. Je scanne rapidement la chambre, admire un peu la décoration terriblement tape à l'oeil de la pièce et soupire un grand coup.

Je vais vivre ici.

Moult pensées m'envahissent, plus négatives que ce que je ne m'étais imaginé. J'aurais pensé que la perspective de me trouver un maître et de vivre dans un luxe absolu me mettrait dans tous mes états mais hélas, rien de joyeux ne pointe le bout de son nez au fond de ma tête quand je réalise qu'à présent, je serai seul. Sans camarades, sans collègues et objet d'un vampire lunatique. D'un homme dont les mots ne m'ont offert que peur et horreur à peine arrivé en sa compagnie.

Ces émotions me submergent quand Cédric glisse une main sur mon épaule et m'incite à me retourner. Je lui fais face, la mine triste et il me saisit la nuque pour la masser tranquillement tandis qu'il brise ce silence pesant:

« C'est provisoir. »

J'avale ma salive et ferme les yeux, résigné.

« J'espère. »

Il rouvre la porte et à nouveau, je vois Lazare Melfort et mon estomac se tord.

Je ne survivrai jamais. C'est sûr.

• • •

Cédric est le premier à revenir vers le vampire, je le suis en retrait. Il lance un rapide coup d'oeil autour de lui, certainement un peu curieux de voir dans quel genre d'environnement son client vit et finalement il tire une épaisse enveloppe de sa veste d'aviateur. Il en sort de nombreux papiers, sans doute mon contrat, et les tend nonchalamment au brun. Je suis même un peu surpris du ton sec qu'il utilise avec lui:

« Votre contrat. J'ai besoin que vous ne le signiez de votre réelle signature. Qu'importe le nom que vous souhaitez utiliser, je ne peux pas vous louer Ilya sans un minimum d'officialité de votre part. S'il devait lui arriver quelque chose, vous devez pouvoir en être légalement tenu responsable. » Ses mots, durs, sont jetés avec un tel sérieux que je comprends maintenant sa démarche.

Même sans être hautement attaché à ses " biens ", Cédric a toujours fait attention à ce que nous soyons placés chez de bons maîtres et s'est toujours montré agréable avec nous. Sans nul doute cherche-t-il juste à bien faire comprendre au Melfort les responsabilités qui lui incombe, lui qui m'obtient aujourd'hui, même partiellement. Il doit également vouloir lui voler un peu dans les plumes, peut-être un peu parce qu'il n'aime pas trop le bonhomme et son comportement atypique. Cédric c'est un homme qui aime la simplicité et l'aplomb. Il n'aime pas être balloté dans des situations dangereuses qu'il ne contrôle pas et surtout quand il ne peut pas en comprendre les acteurs principaux.

Reconnaissant qu'il prenne le temps de remettre les points sur les i avec mon nouveau maître (bien qu'à sa tête, je doute qu'il ne se soit jamais remit en question par rapport à toute cette foutue situation), je les laisse s'échauffer au dessus de leur paperasse et, après avec glissé ma main dans celle libre de Cédric et lui avoir murmuré un rapide merci sur la pointe des pieds, je fuis et retourne m'enfermer dans "mon" appartement.

J'en ferme la porte à clé, bruyamment, pour que le message passe bien. Dix minutes plus tard, j'entends la porte d'entrée de la suite se refermer sur un Cédric peu bavard et je roule sur mon flan, la gorge serrée.

• • •

Il a encore ce regard dur et pourtant magnifique. Autoritaire, grand, il fait taire tout le monde d'un simple geste de la main et l'assemblée s'est figée. Toutes les têtes nous regarde, silencieuses, sombres, captivées par sa beauté.

Un ordre retentit, je dois le regarder, droit dans les yeux. Il m'offre un sourire, froid, condescendant et le long de mon échine un frisson malsain me lèche la croupe. Je n'ai pas le droit de bouger, je suis forcé à resté là. Debout. Immobile. Reluqué par toutes ces têtes, emprisonné par des yeux sombres qui ne me regardent pas vraiment.

Sa main gantée glisse contre une corne, je n'ai pas le droit de bouger. Elle m'empoigne avec douceur et me fait basculer la tête en arrière. Là, sa bouche fond contre mon visage, presque avec amour, elle me baise le front. Puis elle embrasse une paupière. L'autre. Une joue. Sa voisine. Elle dérive, s'arrête dans mon cou. Elle mort. Fort.

Je n'ai pas le droit de bouger.

Son bras me glisse autour de la taille, sa main toujours vissée à ma corne m'oblige à m'arquer encore plus. Basculé contre son corps, il me dit que j'adore ça et je n'ai le droit que d'acquiescer. J'adore ça. J'en veux plus. Emprisonné dans ce mirage, j'ai envie de rouler des hanches et de lui demander de m'embrasser. De me toucher plus.

A l'intérieur, tout bourdonne. J'ai mal au dos, mal au crâne. Il tire encore, ma corne lancinante dans le creux de sa main gantée. Quand il se redresse, ce n'est pas moi qu'il regarde. Moi il me tient juste contre lui et m'oblige à adorer ça. Mais lui, lui avec ses beaux yeux, il darde quelqu'un dans notre dos. Il ne sourit pas, ne frime pas, n'est pas plus froid qu'avant. Il admire juste cet homme immobile qui lui non plus, ne nous quitte pas du regard.

Qui lui aussi, est figé. Et ne fait rien quand cette main m'arrache ma corne, que le sang vomit comme une cascade le long de mon corps et que même dans ma douleur, je suis forcé de me mettre sur la pointe des pieds, d'enrouler mes bras autour de ce cou aristocrate et d'embrasser ses lèvres peintes d'un désir de dominer un autre homme.

Et il m'arrache ma seconde corne quand mes lèvres recouvrent les siennes, sous ce regard éteint qui ne fait rien.


• • •

Je me réveille dans un hoquet étranglé et juste comme ça, le cauchemar se dissipe. Sous mes fesses la terre se met à tourner à toute vitesse et une nausée me saisit. L'estomac retourné, j'arrive à me tirer du lit sur lequel je me suis assoupis tout habillé et je cours dans la salle de bain jointe à la chambre. La cuvette des toilettes retentit bruyamment quand je tombe à genoux au dessus, soulevé de hauts de coeur.

Le temps accompagne lentement mon supplice pendant lequel quelques crachats m'échappe mais rien de plus. Quand la gravité cesse de me tourmenter, je peux me redresser et m'assoir mollement sur les toilettes.

Ce cauchemar aura été le plus fort de tous.

J'avale difficilement ma salive quand mes mains trouvent mes cornes, intactes et toujours vissées sur le haut de mon crâne. Je soupire de soulagement puis serre les dents. Le sommeil ne m'aura trouvé qu'une petite heure et voilà le résultat. Mort de peur, recroquevillé sur des toilettes, l'horrible impression d'avoir été visité à nouveau. Mes paumes trouvent mes paupières fermées contre lesquelles je pousse furieusement, ayant presque pour but de pousser ces souvenirs hors de mon crâne par la manière forte.

J'en ai assez. Je n'en peux plus de revoir ce Grand-Père dès que Morphée me retrouve. Je ne veux plus me réveiller en le sentant contre moi, en regardant par dessus mon épaule pour voir si le plus jeune des Melfort est là, si son regard aime ce qu'il voit. Je ne veux pas être l'outil parfait pour mettre un peu de piquant dans une querelle familiale malsaine.

Et ça me frappe d'un coup. L'adrénaline.

Je saute sur mes pieds, le coeur perdu au fond de mon estomac, la mine cireuse et je sors en trombe de la salle de bain. Erratique, je bondis contre la porte de ma chambre et l'ouvre bruyamment. Tout de suite, je trouve Lazare Melfort.

Assit sur l'un des deux canapés de la suite, il semble surpris et perdu d'avoir soudainement été interrompu dans ses occupations quand j'accoure vers lui. Ma mâchoire craque presque quand j'arrive à sa hauteur, visiblement irréfléchis quant aux actions que j'entreprends et je le pousse sans sommation, mains autour de son cou. Je le surplombe seulement grâce à l'effet de surprise, ayant fort peu assez de muscle pour tenir un vampire allongé bien longtemps.

C'est une boulette de plus à taper sur ma liste déjà bien remplies.

Mais quand on se réveille avec les mêmes souvenirs que moi, on ne réfléchit pas à tout ça. On ne se dit pas qu'agresser son nouveau maître dès les premières heures de cohabitation, est peut-être potentiellement signer son arrêt de mort. Ou alors on le sait. Et c'est ce qu'on veut.

Oui. C'est ça finalement que je veux. Si la mort doit être ce que vivre chez le Melfort m'apportera, alors je ne veux pas qu'elle me surprenne. Je veux la défier et lui ordonner de me prendre maintenant, quand moi je le veux plutôt que plus tard.

Alors je ne réfléchis plus et dans la seconde où je le cloue au canapé, je grimpe sur son bassin et fait peser mon poids le plus possible, bien conscient malheureusement que ça ne représente pas plus d'entrave que si je lui avais posé un dictionnaire sur le torse. Au moins je suis sûr d'avoir son attention et quand je plonge mes yeux, parfaits messagers de toute cette fatigue qui me colle au train depuis des jours comme son regard ne le reflète aussi, dans les siens, j'attaque. Prêt.

« Qu'allez-vous faire de moi? » Ma prise se resserre, inconsciemment. « Me tuer? C'est pour ça que je suis là? Allez-vous me donner à votre Grand-Père pour vous racheter une conduite auprès de lui? Pour retourner dans ses bonnes grâces après que vous n'ayez été trop lâche pour lui faire face? » Je me plie un peu au dessus de lui, le souffle haché, remué d'une panique évidente mais d'une résolution sans égale. Et je le provoque, dernière carte qui me vient en tête, « Si je dois mourir à cause de vous, autant que ce soit maintenant et de votre main. Allez. Ne soyez pas lâche! Pas encore. »

Ne jouons pas.



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MessageSujet: Re: Ceux dont les ailes coupées ne suffisent plus à sauver du brasier. [Ilya][Terminé]   Lun 8 Jan 2018 - 18:37



Le livre que je tenais en main échouait misérablement à retenir mon attention, et j'en relisais la troisième page pour la dixième fois sans en mémoriser le moindre mot lorsqu'une comète blanche se jeta sur moi. Ilya. Il avait déployé une telle vivacité que je n'eus rien le temps de faire de plus que d'écarter mes bras de mon torse, celui tenant mon livre se plaquant contre le dossier du canapé, au dessus de ma tête. Je pense pouvoir affirmer que jamais encore la stupeur ne s'était fait une si grande place sur les traits de mon visage et, les yeux ronds sous ce premier assaut, je demeurais figé lorsque l'onde de choc des paroles d'Ilya me percuta de plein fouet. Vieux vampire ne souffrant que peu des attentats physiques, je ne réalisais que quelques secondes plus tard, lorsqu'il se pencha sur moi, que ses pouces s'enfonçaient graduellement dans ma gorge. Ses mots résonnaient dans ma boite crânienne, leur sens ne me parvenant qu'avec un temps de retard, et mon regard, happé par ses yeux rouges et fous, ne renvoya guère plus que le plus profond des effarements.

N'importe lequel de mes pairs aurait rit au éclats de voir un hybride de salon épingler un vampire de mon âge et le maintenir écrasé dans l'assise d'un canapé avec l'aisance qu'aurait eu un tigre à immobiliser un rat.

Cheveux défaits flottants autour de mon visage dans une belle illustration de ma totale débâcle mentale, je lâchais mon livre, dont la tranche en cuir épais tomba lourdement contre le parquet ciré. L'estoc d'Ilya me tint au silence durant de longues secondes, au terme desquelles je parvins finalement à coasser un faible et difforme...

« … Q-uoi ?... »

Est-ce que cet... imbécile... venait de me demander de le tuer ?...

« Mais vous êtes... Absolument crétin ! »

Couinais-je en quelques syllabes râpeuses et effarées, jetant aux orties la retenue aristocratique qui me préservait habituellement de faire usage de ce genre de sobriquets.

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MessageSujet: Re: Ceux dont les ailes coupées ne suffisent plus à sauver du brasier. [Ilya][Terminé]   Mar 9 Jan 2018 - 11:12

Ceux dont les ailes ne suffisent plus à sauver du brasierBon bah là du coup c'est... court. Erf. .__."
PV — Lazare Melfort


J'ai du mal entendre. Vient-il de me traiter de, je cite, crétin? Arrêt sur image, les mots m'enflamment.

« Pardon? » Sa mine déconfite ne suffit pas à apaiser mes humeurs, « Vous voulez répéter ça? Avec votre tronche de cadavre plus fatiguée encore que les malheureux emprisonnés à la banque du sang. » Les mots m'échappent avec une telle sécheresse que même moi en suis étonné.

Ca ne m'arrête pas pour autant, au contraire. L'insulte aura eu le mérite de faire déborder le vase et me voilà prêt à lui vomir tout ce que je peux au visage. Je le secoue même, mains plus serrées encore autour de ma prise.

« Vous vous êtes vu récemment? J'y mords pas moi à votre histoire de me garder près de vous pour qu'm'on cul n'soit plus sur le grill! Même Cédric était à deux doigts d'le rompre votre foutu contrat! Je ne sais pas ce qui vous trotte en tête mais si c'est pour que je me retrouve encore une fois à faire l'éponge entre vous et votre Grand-père, faut m'oublier! »

Attendez. Minute. Il ne se défend pas. Je secoue mes mains, écrase sa gorge et continu de grogner mais rien n'y fait, il ne perd pas son visage étonné. Pire encore, ses yeux ont l'air véritablement sincères. J'y lis un tel étonnement que mes doigts se relâchent. Un long moment, je le scrute et attend sa colère. Quelque chose de dangereux. Rien. Il me regarde juste vraiment comme s'il avait le plus abruti des abrutis vautré sur lui. Et là ça tilt.

« A moins que... attendez. Vous étiez sérieux? On va simplement rester ici? »

J'ai besoin d'une seconde. Ahurit, je jette un rapide coup d'oeil autour de nous et y voit un peu de vie. Plusieurs livres empilés sur la table basse, une tasse de thé encore fumante posée sur le comptoir devant une immense fenêtre, trois paires de chaussures élégamment entreposées à l'entrée. L'homme vit là depuis plusieurs jours déjà, c'est sûr! Et vu sa mine, il n'est pas beaucoup sortit.

J'ai la bouche ouverte et la tête qui bourdonne quand mon attention se reporte sur lui. Là ça me frappe. Cette mine usée, ce teint pâle, ces yeux fatigués et cet air sur le cul. Il n'y a pas une seule trace d'agressivité ou de dangerosité. Je ne peux pas l'accuser de préparer un sale coup, c'est impossible... pas avec sa gueule.

« Vous... vivez ici maintenant? Merde attendez. » J'suis encore à moitié sur lui là, ça le fait pas.

Aussi souplement que possible, je pousse sur mes bras et le libère de ma maigre emprise. Je glisse de son bassin et m'assoit à ses côtés, bras vite croisés pour ne pas le toucher et je le laisse se redresser. J'me suis pas foiré, il a les cheveux en pétard maintenant. Oups.

« Bon que je comprenne bien, vous allez vraiment simplement garder mon cul à l'ombre et me laisser piocher dans vos réserves pour que je me fasse dorer la pilule ici? Moi? Le crétin? » Et j'utilise ses mots avec cynisme. D'ailleurs je pourrais ajouter que lui aussi est foutrement con parce que franchement, m'accueillir comme ça vu sa tronche, c'était évident que j'allais disjoncter. Il n'a pas vu de poche de sang depuis l'antiquité ou quoi?!

Pas question que j'traine à ses côtés s'il a la dalle. C'est bon. J'ai donné avec les Melfort maintenant, 'ont tous un pète au casque!



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MessageSujet: Re: Ceux dont les ailes coupées ne suffisent plus à sauver du brasier. [Ilya][Terminé]   Jeu 11 Jan 2018 - 12:54



Quel qu'il soit, béni soit le fil qui amena la lumière en l'esprit d'Ilya, car, aux mains avec la stupeur, je n'aurais pas été en mesure de lui faire recouvrer la raison par mes propres moyens. Lorsqu'il glissa le long de mes jambes et ôta ses mains de ma gorge, je passais les miennes sur celle-ci, en lui jetant un regard lourd de sens. « Oui, vous, le plus complet des idiots ! » disaient mes yeux tandis que je massais ma trachée, pas encore certain de pouvoir formuler des mots compréhensibles. En appui sur mes coudes, je me redressais, pliant une jambe contre le dossier du canapé, laissant l'autre allongée. Mon dos contre l'accoudoir, je passais une main dans mes cheveux, pour ramener toute leur longueur à l'arrière de mon crâne.

J'étais de fort méchante humeur, et ce simple constat ne fit qu'accentuer cet état de fait. De toute ma longue vie, j'avais vécu bien pire que la proximité avec un homme un peu vif et piquant, et les raisons de mon irritation m'échappaient, glissaient entre mes doigts comme une anguille visqueuse. Mon regard noir vissé dans les yeux rouges d'Ilya, je fis preuve d'une intolérable puérilité en lui répondant.

« Oui, vous, Ilya. Aussi insupportable puissiez-vous être, je ne tiens pas à ce que mon grand-père fasse votre acquisition. A moins que, à l'instant des pauvres créatures que j'ai refusées, vous ne désiriez que votre sang ne refasse la décoration de l'une de mes chambres d'ami ? »

J'avais haussé le ton, dans une attitude dont j'ignorais être capable. Il ne me fallut qu'une seconde pour réaliser les effets de mes paroles sur l'albinos, et je portais une main à mon visage dans un soupir exténué. Ma voix se modula pour devenir un souffle las.

« Je ne devrais pas avoir de tels mots envers vous, pardonnez-moi... Mais réfléchissez un instant. Vous êtes en location, vous n'êtes pas ma propriété. Votre contrat stipule que vous devez être rendu à votre gérant sans une égratignure et en bonne santé. Aurais-je voulu votre mort, je ne me serais pas donné la peine de lever le petit doigt : Aldéric s'en serait déjà chargé... » Un mince silence passa, après quoi j'échappais un murmure plus bas encore. « Comment pouvez-vous songer à une chose pareille... ? »

¤

J'avais fait acte de couardise en prenant... la fuite sans autre forme de procès. J'avais eu l'intime conviction qu'une exposition prolongée à Ilya aurait eu raison de mes nerfs, qui refusaient de retrouver leur légendaire placidité, pour une foule de raisons qui m'apparaissaient avec une netteté croissante à mesure que le niveau de mon verre de sang diminuait.
Je me perdais dans la contemplation du résidu sanguin coulant contre les parois en cristal de leur réceptacle, lorsque la voix du barman m'attira de nouveau vers des préoccupations terrestres.

« Vous devriez venir me voir plus souvent, Monsieur Melfort. »
« … Pardon ? » Demandais-je de la voix de l'homme sorti d'une rêverie, tout en relevant la tête vers l'aimable préparateur de boissons.
« C'est impardonnable, de laisser un visage tel que le votre se gâter sous le manque de sang. Alors, vous devriez venir me voir plus souvent. » M'éclaira-t-il dans un sourire que je ne connaissais que trop bien, pour les fuir comme la peste tant ils présageaient de propositions déplaisantes.
« Oh... Certes. J'y songerais... Merci. »

Il hocha la tête, visiblement satisfait, tout en frottant sa verrerie d'un geste précis, armé d'un chiffon immaculé. Rassasié, je jetais un œil à mon reflet dans le miroir et, jugeant que mon image était acceptable, je pris congé.

¤

De retour dans ma suite, j'étais un peu plus calme. Je n'étais pas peu fier d'avoir retrouvé un peu de la maîtrise que j'avais d'ordinaire sur moi-même, et ce fut sans aura écrasante, ni cynique, que je m'avançais vers Ilya qui semblait décidé à creuser une tranchée dans le plancher à force de faire les cent pas dans mes quartiers. Je fus surprit du soulagement qui me picota la poitrine lorsqu'il leva ses yeux rouges vers moi ; la simple vue de mon visage ne semblait plus le paniquer.

« Ilya... Vous n'êtes pas mon prisonnier. Vous le savez, n'est-ce pas ?... »

Soufflais-je, presque intimidé par cet homme, redoutant qu'à nouveau il ne m'explose à la figure.

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MessageSujet: Re: Ceux dont les ailes coupées ne suffisent plus à sauver du brasier. [Ilya][Terminé]   Jeu 11 Jan 2018 - 14:03

Ceux dont les ailes ne suffisent plus à sauver du brasierJ'partais pas pour une telle scène à la base mais...
Ilya m'a dit qu'il voulait gueuler dooonc, j'ai écouté. xD
PV — Lazare Melfort


C'est difficile de se retrouver seul après qu'une telle bombe ne vous ait été lâché en pleine figure. Et bien sûr je n'ai pas le choix hein, puisque Rapunzel s'est encore fait la belle après m'avoir pété au nez. Sa lâcheté va vite avoir fait d'user ma patience. Que ce soit parce que je lui fais trop d'effet ou une autre conne de raison, ses dérobades me courent sur le haricot.

Surtout quand elles impliques que je ne me retrouve seul dans un lieu que je ne connais, à n'avoir rien d'autre à faire que les cents pats pour calmer mes nerfs et chasser ces foutus bourdonnements qui me vrillent la tête.

Il a buté les gamins. Il a vraiment buté ces gamins!

Bordel. C'est une chose d'avoir peur d'un homme que l'on sent capable de meurtre, s'en est une autre de le savoir. Pire encore, je les ai vu ces mômes! Magnifiques, innocents, dépouillés de leur libre-arbitre et pas plus rassurés que moi à l'idée de passer du temps chez les Melfort. Ca aurait pu être moi. Putain... ça pourrait être moi.

Ca ne rate pas. L'idée s'installe dans ma tête et la connasse plante sa tente. Elle appelle même sa chienne de copine, la panique, qui ne se fait pas prier pour rappliquer et me retourner l'estomac, encore une fois aujourd'hui.

Super.

• • •

J'en suis à un énième tour sur moi-même quand le bip sonore de la porte d'entrée retentit et que brunette revient, penaude mais avec une meilleure mine, au moins. L'angoisse m'accompagne toujours quand je me plante au milieu de la pièce en attendant des explications. Elles m'arrivent d'une voix un peu faible alors que déjà mes mains se plantent théâtralement sur mes hanches. Je suis encore trop remué et médusé par notre précédente conversation pour faire preuve de souplesse face à son petit ton désolé.

Ca ne rate pas, il ferme à peine la bouche que j'explose à nouveau. Et fort.

« Vous êtes incroyable! » Ca c'est dit. « Est-ce que j'ai la tête d'un gars au courant de vos intentions? Non. Pourquoi, merci de demander? Parce qu'à part prendre la fuite et m'ordonner d'aller ci et là, vous ne m'expliquez pas grand-chose! C'est ça tiens! Barrez-vous après m'avoir balancé que votre dégénéré de parent à repeint votre baraque du sang de gamins! »

Les cents pas reprennent au même rythme que mes mots ne continuent de couler avec verve. Je le pointe même du doigt pour plus d'effet, complètement soumis à mon besoin de me défouler sur quelqu'un. C'est moche quand les nerfs craquent. Il a l'air de vouloir dire quelque chose mais je lui coupe l'herbe sous le pied et reprend, plus hystérique encore:

« Vous vous rendez-compte qu'on parle de ma vie là? Que ce n'est pas un simple caprice de ma part si j'ai besoin de clarifications! » Il ouvre la bouche et un « Attendez- » me coupe.
« Tut! C'est moi qui parle! Alors oui, je ne suis peut-être pas votre prisonnier mais si, SI, je suis à vous. Même si vous vous contentez de me louer! Vous comprenez? » Je fais deux énormes pas vers lui et lui tape presque sur le torse du bout de l'index, que je me contente de pointer avec insolence juste sous son nez quand il tente un pauvre « Mais- »
« -Oh! J'ai l'air d'avoir terminé?! Non mais c'est bien gentil de vouloir faire le noble responsable après que vous ne m'ayez exposé aux emmerdes mais rendez-vous compte que vous vous engagez pour plus qu'une simple colocation! Si vous étiez à ma place, vous aussi vous seriez dubitatif quant-à votre comportement! Un mec comme vous, visiblement complètement désintéressé par ma gueule d'ange, qui m'offre une vie en palace avec libre accès à ses fonds, j'suis désolé, c'est louche! » Et pourquoi s'arrêter en si bon chemin quand je peux visiblement faire mieux et jouer avec la mort: « Et puis vous avez pas vu votre tronche tout à l'heure?! » « Ilya- » « Ilya rien du tout! Tenez bouclez-là une minute pour voir? Pff. Même pas foutu de vous nourrir correctement en plus! A votre âge sérieusement, c'est pitoyable! Vous auriez fait peur à toute la milice! De nous deux le plus gros crétin c'est vous, pas moi! » « Vous- »  « Débile! » Et c'est craché avec tant de condescendance.

Voilà. Maintenant j'ai terminé. Et je regrette déjà mes mots, complètement essoufflé, le nez à quelques centimètres à peine de son visage contre lequel j'ai presque postillonné de colère. L'insolence évidente dont j'ai fait preuve me revient en pleine tronche si tôt qu'un silence pesant ne s'installe entre nous. Les yeux presque sortis de leurs orbites, j'essaye de reprendre ma respiration en me reculant d'un pas et de faire cesser ces tremblements d'adrénaline qui me secouent le tronc. J'ai les bras ballots le long du corps et la tête qui me tourne alors que j'attends, presque avec espoir, une réaction de sa part. Faire profil bas qu'avait dit Cédric! Pas poker la bête!.

Je ne suis pas fier, je l'avoue. Les mots m'ont échappés cependant je dois reconnaître... mes épaules sont plus légères et mon coeur moins lourd. Le poids qui me pesait sur l'estomac depuis mon arrivée dans cette chambre semble finalement se dissoudre. J'ai honte mais je me sens bien. Mieux. Réveillé.

Foutrement conscient de ce que je viens de faire, aussi.

« Oula.. »

Ca sent pas bon ce silence. Qu'est-ce que t'as encore foutu, con de mouflon?! je pense en reculant d'un autre pas, sait-on jamais. J'ai cassé brunette. Oh merde.



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MessageSujet: Re: Ceux dont les ailes coupées ne suffisent plus à sauver du brasier. [Ilya][Terminé]   Jeu 11 Jan 2018 - 19:07



Ce fut avec l'intime conviction d'être en train de vivre une scène de ménage particulièrement gratinée et parodique que je pinçais les lèvres après qu'Ilya ait achevé de me clouer le bec. Mon visage devait présenter de nombreux points communs avec celui d'une grenouille écrasé au bord d'une route, et, fortement décontenancé, je demeurais figé en laissant un long silence s'étirer entre nous. Mon évidente inaptitude à savoir gérer l'hystérie d'Ilya me fit froncer les sourcils, et peut-être fût-ce là la raison pour laquelle il s'éloigna de moi.

J'ignorais quelle attitude adopter face à lui pour me préserver d'un déluge supplémentaire.

Afin d'être certain que la parole me serait cette fois-ci accordée, je me redressais de toute ma hauteur, croisais mes bras sur ma poitrine et jetais un regard descendant sur Ilya. Le flot continu de ses paroles avait dépouillé son discours du piquant si particulier qui m'avait précédemment poussé au bord du précipice de la crise de nerfs. La panique y transparaissait si clairement que cette fois-ci, l'effet de surprise passé, je me sentis moins accablé. Ou peut-être m'habituais-je simplement à sa façon de faire. Ou peut-être mon esprit s'apaisait-il en comprenant que le comportement d'Ilya sous-entendait...

« Vous n'avez pas vraiment peur de moi. »

Aurais-je été différent que j'aurais pu laisser un rictus moqueur me tirer les lèvres. Mais de cette catégorie de mimiques, je n'usais plus que du sourire poli, de circonstance lors de sorties mondaines. Et la situation ne se prêtant guère à ce relèvement de lèvres, les miennes restèrent parfaitement horizontales.

« Vous n'auriez pas osé prononcer le moindre de ces mots face à mon Grand-père. »
Je fis un pas en avant, puis un deuxième, en miroir à ceux qu'il effectuait pour s'éloigner de moi. « Bien d'autres que moi ne vous auraient pas laissé finir votre deuxième phrase avant de vous envoyer au sol, d'une gifle cuisante. »

Quelques enjambées de plus, et Ilya tomba droit dans un épais fauteuil, les bras sur les accoudoirs. L'une de mes mains s'y posa également, tandis que l'autre écrasait le moelleux de son dossier, du coté gauche de son visage immaculé. Courbé au-dessus de lui, je pris appui sur un genou, posé entre les siens, enfoncé dans le velours vert du fauteuil.

« Vous savez que je ne lèverais pas la main sur vous. Quand bien même ais-je essayé de vous terroriser pour vous ôter l'envie de vous frotter à moi, dans ce maudit club de striptease, je n'ai pas posé le moindre petit doigt sur vous. Vous m'avez hurlé dessus, injurié, provoqué, et vous avez toujours tous vos membres, votre langue, et je n'ai aucunement le projet de vous enchaîner dans une cave. »

Mes cheveux glissèrent de mes épaules, traçant des lignes sombres sur le corps blafard d'Ilya, et je me penchais un peu plus sur lui, lui soufflant mes mots de moins en moins fort à mesure que la distance entre nos visages diminuait.

« Vous avez été victime des lubies d'Aldéric, et de ma négligence. Je ne nie pas le mal qui vous a été fait, mais, Ilya, vous ne réalisez pas... » Ma bouche glissa contre sa joue, sans jamais l'effleurer toutefois, pour s'approcher de son oreille. « … La chance que vous avez. »

Je le sentis se tendre, prêt à s'offusquer à nouveau, et ma main droite se décrocha de l'accoudoir pour venir poser le bout de mes doigts contre sa bouche, dans un appel au silence, implacable cette fois-ci. Je me redressais pour le regarder droit dans les yeux.

« Vous êtes en vie, vous êtes intègre, et vous êtes hors de portée de quiconque, à présent. Avez-vous la moindre idée du nombre de vos pairs qui finissent dans des conditions déplorables après avoir quitté leurs boutique ? Vous avez souffert, vous avez eu peur, et je ne serais pas surpris de vous entendre faire des cauchemars pendant encore de nombreuses nuits... Mais cessez de vous comporter en Drama-Queen ! Je vous sais capable de vous comporter plus posément, et j'apprécierais que vous cessiez de m'utiliser comme défouloir. Je suis très patient, mais je suis aussi très fatigué. »

Deux doigts toujours posés sur ses lèvres, je le fixais longuement pour lui laisser le temps de pleinement digérer chacun de mes mots. Lorsque je fus certain qu'il n'exploserait pas à nouveau dès que je lui aurais rendu un peu d'espace, je m'éloignais de lui, me détournant pour faire face à la cheminée.

« Si vous consentez au calme, je consens à répondre à vos questions. Vous serez bien aimable de les reformuler de manière adéquate : au milieu du flot d'injures que vous m'avez jeté au visage, je n'ai guère eu le loisir de saisir vos interrogations. Vous avez toute mon attention. »

Terminais-je en pivotant légèrement vers lui, mon ombre projetée au sol par le feu qui crépitait dans l'âtre derrière moi.

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MessageSujet: Re: Ceux dont les ailes coupées ne suffisent plus à sauver du brasier. [Ilya][Terminé]   Ven 12 Jan 2018 - 11:26

Ceux dont les ailes ne suffisent plus à sauver du brasierJ'partais pas pour une telle scène à la base mais...
Ilya m'a dit qu'il voulait gueuler dooonc, j'ai écouté. xD
PV — Lazare Melfort


Belle reprise de ballon. Alors là, rien à dire, vraiment. Il me corrige et le fait bien. Détraqué. A m'acculer comme ça pour me faire ravaler ma fierté. Est-ce qu'il se rend compte de ce qu'il remue en moi? Peut-être. En tout cas il doit m'entendre goulument ravaler ma salive au fur et à mesure que mon procès dure.

Je pense à ses mots quand il s'éloigne. Il a visé juste: je n'ai pas si peur que ça de lui. Non... ce n'est pas ça. J'avais besoin de le tester. A cas désespéré, solution désespérée. Ma résolution d'être fixé une bonne fois pour toute aura simplement eu raison de ma conscience. Alors oui, je reconnais avoir dépassé les bornes (quoique je ne lui ferai pas le plaisir de le dire à haute voix, encore moins de lui présenter des excuses!) mais il n'en découle que du bon. L'abcès est percé. Moi le calme m'a retrouvé, si l'on omet ces soubresauts d'adrénaline qui me font encore claquer des dents, et lui est... droit.

Il est plus droit, voilà.

Pas de mine blafarde, pas d'épaules voutées, il est captivant et pour la première fois, m'apparaît comme réveillé. Vivant, oserais-je presque dire. Le contempler comme ça est un peu déroutant, c'est que j'ai été habitué à un tout autre genre de bonhomme moi! Très honnêtement, je ne peux pas nier que son petit numéro de supériorité m'a plu autant qu'il m'a fait bouillir. Je mentirais si je disais qu'attraper ses mèches brunes autant pour lui arracher que pour les caresser ne m'a pas traversé l'esprit quand il me surplombait encore un peu plus tôt.

Y repenser m'échauffe. Je me mouille les lèvres en me redressant de ce maudit fauteuil, piètre acteur en quête de retrouver un peu de tenue. Un peu de fierté. Sous mes yeux, le Melfort reste un mystère, mais un mystère coopératif. Enfin. Cependant il ne mérite pas encore que je rende les armes et passe sur ses piques pourtant justifiées. Je ne sais pas pourquoi mais je sens que si je ne défends pas mon os maintenant, je l'aurais dans le cul plus tard, sans mauvais jeu de mot.

« Ce n'est pas parce que j'ai décidé de ne pas avoir peur de vous que vous n'êtes pas dangereux, Monsieur Melfort. » C'est rapidement baragouiné, plus pour moi que pour lui, quand je me relève et m'assure discrètement que je peux tenir debout.

J'ai un rapide coup d'oeil dans la fenêtre à ma gauche qui me renvoie un reflet désagréable d'une bestiole débraillée, décoiffée et terne. Le manque de sommeil, sans doute. Au moins il n'y a pas de trace d'angoisse dans ce regard rouge que j'examine rapidement, cherchant presque à m'interroger moi-même. Qu'est-ce que tu fous maintenant hein? Tu fais quoi avec ton vampire?

Mon vampire en question, car il son contrat le lie à moi autant que je ne le suis à lui, est toujours planté comme un concombre devant sa foutue cheminée mais pas plus pressé que ça que je lui re-saute à la gueule avec mes questions. Je le regarde un moment, yeux dans les yeux, secrètement satisfait de l'avoir fait réagir, finalement. Pas question de réduire la distance entre nous ceci dit, pas à nouveau. Pas tout de suite. Devoir lever la tête pour lui parler me conterait trop cher.

« Alors. » Je dis, les mains à nouveau vissées sur mes hanches, « Vous avez fui votre baraque car papi se l'est joué Jack L'éventreur hein? Et maintenant vous vivez ici. » Je ne fais que noter, même si c'est dit avec plus de condescendance qu'il ne soit très sage d'en utilisé. C'est ma seule arme d'accord? Lui il a sa taille et ses quenottes d'affamé, moi j'ai mon insolence. Qui s'aggrave encore plus quand je me lance sur un terrain plus glissant sans même toquer: « Eclairez-moi: vous lui avez brisé quelle boule pour qu'il soit à ce point obsédé par vous? Et par moi? Il peut visiblement jouir de tout ce qu'il veut, pourquoi serait-il intéressé par une chèvre albinos qu'il a fait craquer en un battement de paupière? Le fait que vous ayez si maladroitement refusé son cadeau me semble être une bien pauvre raison pour qu'il se montre aussi... persistant. »

Le sujet est lancé, j'espère que son flot de parole n'en sera pas affecté car j'attends de sérieuses réponses désormais. En me balançant d'une jambe à l'autre, sans jamais le lâcher du regard, j'ai du mal à ne pas ponctuer mes phrases de nouvelles insultes. Un petit « Taré » ou encore « Richou péteux! » pourraient bien trop facilement m'échapper. Nous n'irions pas très loin si nous nous remettions simplement à nous crier dessus, en plus avec son niveau d'élocution et son foutu statu de maître, il me remettrait à ma place avec beaucoup trop d'aisance pour que ma fierté l'encaisse.

Le con parle pas beaucoup mais quand il s'y met, putain, il s'y met bien. Je reconnais. Et je l'avoue aussi, ça me plaît. Un peu.



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MessageSujet: Re: Ceux dont les ailes coupées ne suffisent plus à sauver du brasier. [Ilya][Terminé]   Sam 13 Jan 2018 - 19:07



Je décidais, une fois de plus, de ne pas relever l'effronterie d'Ilya, y voyant là une manière fort peu subtile de se raccrocher à une certaine contenance, vœu que je ne pouvais que comprendre. Il me fut toutefois fort difficile de retenir un soupir et de lever les yeux au plafond, tant il semblait peu décidé à se montrer aimable et prêt à déterrer la hache de guerre au moindre de mes pas qu'il estimerait faux. Me tournant complètement vers Ilya, je lui adressais un regard à la neutralité exemplaire.

« Aldéric ferait passer Jack l'éventreur pour un joyeux luron un peu axé sur les pratiques sanglantes, sans que cela ne soit réellement psychotique. Mais je suis heureux d'apprendre que vous possédez un peu de culture littéraire. »

Je laissais un bref silence passer, sans me rendre compte du mince, infime redressement de lèvres qui pointait au coin de mes lèvres, en réponse à l'expression d'Ilya. Je décroisais les bras avant de l'inviter à s'asseoir près du feu, où étaient disposés deux fauteuils. Un peu plus à mon aise désormais, malgré l'infâme question que mon compagnon de séjour venait de me poser, je pris le temps de lui proposer un verre de vin en piochant de le petit frigo de ma chambre. Un blanc légèrement sucré, dont j’espérais secrètement que le fort degré d'alcool ne tarderait pas à endormir l'albinos aux nerfs certainement très fatigués. Les enfants et les jeunes gens ne s'endormaient-ils pas, après avoir essuyé les affres d'une grosse colère ?
D'un geste épuré, je remplis le ballon de son verre et le lui tendis, avant de m'en servir un semblable et de poser la bouteille sur la table basse. Après avoir investi l'accoudoir du fauteuil voisin de celui d'Ilya, jambes croisées, je consentis à lui répondre, sans avoir l'hypocrisie de lever mon verre à sa santé, dans une cordialité qui aurait manqué de bon cœur et de spontanéité.

« Si cela peut soulager votre esprit, je peux vous assurer que mon grand-père n'a que faire de vous, aussi charmant puissiez-vous être. En dehors de ses descendants, jamais aucun être vivant ne l'a plus ému que ne l'aurait fait une plante verte. Inutile de préciser qu'Aldéric n'a aucune fascination pour les choses de la botanique. Quand à ses motivations... Pardonnez-moi ma franchise, Ilya, mais je suis un être de pudeur, et je n'aime pas à me confier... Encore moins lorsque l'on me fustige. »


Tout en portant mon verre à mes lèvres, je laissais mon regard peser dans le sien, lui rappelant de la plus sobre des façons que je n'étais en rien tenu de répondre à ses questions, que je ne me prêtais à ses caprices que pour l'apaiser un peu, et qu'il y avait des façons de demander les choses. Nul homme n'était près à se livrer intimement, lorsque son interlocuteur semblait prendre un plaisir tout particulier à se montrer sarcastique.

« Mais je vous concèdes qu'Aldéric aime à avoir le contrôle sur... sa lignée. En cela, votre présence l'a sans doute dérangé. Mais, Ilya... vous manqueriez de sagesse, à essayer de comprendre un homme de son âge. »

Poignets croisés sur mes genoux, je fis légèrement tourner le vin dans mon verre, signifiant par mon silence à Ilya qu'il n'obtiendrait rien de plus à sa question. Libre à lui d'en poser une autre, ou de se contenter de s'enivrer au coin du feu.

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MessageSujet: Re: Ceux dont les ailes coupées ne suffisent plus à sauver du brasier. [Ilya][Terminé]   Dim 14 Jan 2018 - 5:50

Ceux dont les ailes ne suffisent plus à sauver du brasierJ'partais pas pour une telle scène à la base mais...
Ilya m'a dit qu'il voulait gueuler dooonc, j'ai écouté. xD
PV — Lazare Melfort


J'ai été bien naïf de croire un instant qu'il abdiquerait. Porté par ses réponses élusive, pas la peine d'espéré plus de lui ce soir. Au moins le vin aide, un peu. C'est d'ailleurs plus fasciné par celui-ci que par son exquise silhouette à mes côtés que j'écoute ses réponses, déçu. Certains mots me font tiquer, mériteraient même que je réponde à ses provocations condescendantes, mais son ton posé m'en dissuade et au final, je n'ai rien à ajouté. Rien à dire.

J'ai quand même un long regard appuyé pour lui, comme décidé à essayer de le comprendre d'une autre manière que la conversation qu'il me refuse. Je ne sais plus quoi penser. Il me déroute complètement, pas la peine de le nier. C'est une sensation étrange que je n'ai pas l'habitude de ressentir, moi qui d'ordinaire suis fin analyste des personnalités des autres. Lui c'est vraiment... un cas à part. Son Grand-Père n'en parlons pas.

Y repenser m'arrache un soupire. Les Melfort sont définitivement de sacrés spécimens, englués dans leur petit-monde familial lourd et glauque. Malgré le peu d'informations que j'ai réussi à obtenir, je commence à entrapercevoir une justification à son comportement et ça me... laisse perplexe. Evidemment, je suis bien incapable de savoir ce que cela fait d'être le centre de l'attention d'un parent mais je peux facilement imaginer que la sensation doit devenir pesante. A force.

C'est peut-être parce que je sens que le sujet est très sensible que je n'insiste plus. Le vin doit y être pour quelque chose aussi. Simplement vautré au fond de mon fauteuil, les jambes à présent croisées, je sirote le nectar fruité sans jamais arrêter de le regarder. Etrange. La simple idée de revoir l'image de son grand-père si tôt que les yeux fermés me hante terriblement alors que lui, je pourrais le regarder toute la nuit sans jamais être animé d'un quelconque malaise.

Peut-être est-ce pour me rassurer, peut-être est-ce juste parce qu'il est plaisant à regarder. Ou différent. Qu'elle importance. Tout ce que je sais c'est que la réalité m'échappe de très longues minutes jusqu'à ce que je me rende compte que nos verres sont désormais vides et que le feu de la cheminée me chauffe un peu trop les joues. Comme un enfant tiré de ses songes, je cligne plusieurs fois des yeux et me secoue la tête pour me réveiller. La délicieuse chaleur de la pièce aura été une parfaite compagne au vin ingurgité pour me plonger dans un état végétatif fort agréable.

Dans un silence religieux, je me relève, pose mon verre sur la table basse à nos côtés et attrape délicatement la bouteille de vin. En un pas, je suis face à lui, toujours silencieux mais bien intéressé par mes faits et gestes. Les mains vissées autour du cul de la bouteille, j'attends, les yeux dans les siens, qu'il me demande d'un seul geste de remplir sa coupe. Malgré son visage des plus indéchiffrable, il lève son verre avec délicatesse et me laisse le resservir. La bouteille retrouve sa place sur la table basse quand je me retourne et en quelques pas, je suis devant la porte de ma chambre.

« Je vous laisse à votre vin. Je n'ai pas encore l'endurance suffisante pour survivre à ces soirées en votre compagnie et je crois que vous non plus. Vous m'excuserez donc. » J'entrouvre la porte mais m'arrête dans son chambranle en me tournant vers lui, toujours assit, toujours indescriptible: « Sentez-vous libre de me réveiller si mes cauchemars viennent à troubler votre propre sommeil. Je m'en voudrais terriblement de vous causer du tort. » C'est un mensonge et il le sait.

Il n'est pas nécéssaire d'ajouter quoique ce soit d'autre et ainsi, sans plus d'amertume, je ferme la porte de ma chambre et le laisse seul. La fatigue, les questions et la rancune m'auront fait fuir plus vite que je ne l'aurais cru mais je les oubli vite si tôt mon corps jeté contre le moelleux de mon matelas. J'aimerais pouvoir dire être capable de m'endormir sur le champ, même à cette heure peu avancée dans la nuit et encore tout habillé, mais dans ma tête se rejoue déjà les évènements de la soirée et tout ce qu'ils impliquent.

Les réflexions m'assomment une demie-heure plus tard et finalement, le sommeil m'emporte. J'aurais sans doute dû lutter un peu... je sais très bien ce qui j'y retrouverai ce soir encore. Mais en m'endormant une pensée me réchauffe un peu le coeur: il y a quelqu'un dans la pièce d'à côté qui paiera si quelque chose m'arrive.

Quelqu'un à qui je suis lié. C'est déjà ça.


— END —


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Ceux dont les ailes coupées ne suffisent plus à sauver du brasier. [Ilya][Terminé]
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