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/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

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La bête bicéphale [Tasunka]
General Der Miliz
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General Der Miliz
MessageSujet: La bête bicéphale [Tasunka]   Dim 8 Oct 2017 - 14:58

La bête bicéphale
Tasunka

« Le loup qui ne montre jamais son sang Par l'autre loup sera laissé vivant.» Manninen

Six jours ont passé depuis le sauvetage du chaton dans les eaux furieuses du fleuve et je me suis refusé avec entêtement de penser au reste. Aussi bien à la perte de contrôle dû à la soif qui m’a mené droit aux veines de Tasunka, qu’à l’épisode dans mon bureau où j’ai été dérangé durant mon interrogatoire par le président du conseil. Je n’ai cependant pas résisté après coup à l’envie de savonner copieusement Henri pour avoir pénétré avec un invité de cette envergure dans mon bureau et ai tout bonnement interdit à mes hommes de pénétrer cette pièce sans s’annoncer au préalable, ce qui, il me semble n’est que la plus élémentaire des politesses. De toute évidence les américains en sont dépourvus.

Les missions et les rapports s’enchaînent. Ma frustration va grandissante car je ne parviens pas à relier l’incident de l’Impérial à d’autres, récemment survenus dans les beaux quartiers. Les attaques ont toujours lieu entre deux patrouilles et sont réglées comme du papier à musique. Grâce à notre réactivité les dégâts ne sont jamais que matériels mais il en ressort un sentiment d’insécurité de la part de mes concitoyens qui me préoccupe. La situation ne peut guère durer mais nous n’avons pour l’heure aucune piste. Ma contrariété s’estompe dans une cigarette et un verre de sang bien froid avant que je ne me lève. Mon service touche à sa fin et j’ai quelque chose de prévu ce soir. J’enclenche mon répondeur et referme la porte dans un chuintement feutré.

Un sac à la main, mon pas vif me mène jusqu’à l’aile réservée au matériel et à l’entretien des hybrides, rendus devant la cellule du loup je lui ouvre sans un mot et lui intime d’un signe de tête de me suivre. Je ne suis pas d’humeur à faire la conversation. Du fait de ma longue carrière j’ai une résistance au stress et à la pression remarquable, toutefois, il est un élément perturbateur dans mon quotidien dont je ne parviens pas à me défaire. Mes nuits sont peuplées de rêves étranges où passé et présent se mélangent pour former une bête difforme à deux têtes qui terminent toujours par me dévorer, me laisse suant et hagard dans mes draps de soie lorsque je me réveille. Celle que je suis venu voir cette nuit n’a qu’une paire d’yeux dorés que j’ignore avec soin jusqu’à ce que nous nous trouvions, non pas dans l’arène, mais dans la salle d’entraînement numéro trois. Un genre de gymnase couvert de tatamis noirs du sol au plafond et éclairée par la lueur blafarde des néons.

- Tu engraisses, dis-je simplement en m’asseyant sur un banc pour retirer ma veste et mes chaussures.

Lorsque je m’entraîne je porte généralement des joggings souples et des t-shirts près du corps que je n’ai pas peur de craquer mais j’ai du mal à me promener dans le quartier général dans cette tenue aussi dois-je abandonner le loup un instant pour me changer dans le vestiaire attenant et revenir dans une tenue plus appropriée. Quant à Tasunka, sur qui je pose un œil critique, il est toujours pieds nus mais semble porter des vêtements enfin à sa taille. L’hybride est si ridiculement massif que j’ai du passer une commande spéciale le concernant pour espérer le vêtir.

- Les règles sont les mêmes que la dernière fois , ici, tu ne devrais pas être en mesure de me fracasser dans le décor, si tu pouvais épargner le banc...cela m’arrangerait. Le mobilier coûte cher.

Je l’attends au milieu de la pièce, dans une garde légère mais déjà frémissante d’anticipation.
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Âme sauvage
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MessageSujet: Re: La bête bicéphale [Tasunka]   Dim 8 Oct 2017 - 16:33



Une semaine occupé à faire... Rien du tout. J'en viens à regretter la chasse au chat, et me demande si  je subis là l’ultime technique de torture du Capitaine Von Hertling. Le cloisonnement dans une cellule me rends maussade, et je ne dois qu'aux passages d'Henri de ne pas me mettre à hurler à la lune pour supplier qu'on me donne quelque chose à faire. Le secrétaire n'est pas très beau, et loin d'être futé... Tout juste serait-il bon à culbuter dans un coin si cela était envisageable. Ce serait formidable d'ailleurs, car j'ai un besoin urgent de pratiquer un peu de sport horizontal. L'inaction couplée à la frustration me fais disjoncter.

J'ai le foutu Capitaine Von Hertling dans chaque foutu recoin de ma tête, et mon esprit n'est pas en manque de créativité pour manipuler l'image de cet homme à des fins forts plaisantes.

Lorsque le vampire en question apparaît devant ma cellule, la partie obsédée de mon esprit ne demande qu'à se ruer contre la grille pour aller lui lécher la joue, lui mordre le cou et pourquoi pas l'avaler tout rond. Fort heureusement pour ma dignité -et sans doute mon intégrité- je possède également un beau paquet de prudence et de raison. Aussi je glisse de ma couchette dans un calme docile et sors de ma cellule après lui avoir adressé un simple sourire en guise de salutation. Comme toujours, je m'aligne à son humeur, et use donc d'une sobriété relativement égale à la sienne. Nos regards ne se croisent pas, il ne me décoche pas un mot, et, l'espace d'un instant, je crains qu'il n'aie finalement décidé de m'envoyer à la banque de sang...

… Mais non. Sans doute a-t-il simplement rencontré quelques contrariétés. Suis-je le seul à capter les infimes changements physiques qui indiquent la tension anormale qui passe dans son corps ?

Mes yeux se posent sur lui avec une attention animale presque pesante et je lui décoche un sourire joueur qu'il ne voit pas, bien trop occupé à... Faire tout sauf me regarder. Le temps qu'il se change, mes sourcils se froncent, dubitatif quand à son attitude. Son ton est parfaitement égal à celui qu'il utilise habituellement, sa voix n'a en rien changé... Mais n'est-il pas un peu raide ? Suis-je subitement devenu atroce à regarder ? Passons. Il se plante devant moi, et j'ai beau me creuser les méninges, je vois mal comment je pourrais utiliser mon environnement pour lui tendre un traquenard cette fois-ci. Je ne sais pas mieux me battre que la fois précédente, aussi je reprends ma position de départ, me ramassant sur moi-même pour bondir...

« Il n'y a rien de ramolli chez moi, Capitaine. Rien. »

Un rictus un peu grivois me tire le coin de la bouche. Pas d'échauffement cette fois : Von Hertling doit être de mauvais poil. Je me redresse, apprécie l'extensibilité de mon T-shirt noir et de mon pantalon informe, et commence à marcher en grands cercles autour de lui. Lorsque j'arrive dans son dos, je m'arrête, de profil.

« Vous pourriez le vérifier si vous n'aviez pas un amour passionné pour l'esquive... Je sais pour les avoir tâtés que vos os sont solides comme la pierre, vous n'avez pas grand chose à craindre de mes points. Si ? »

Si il ouvre la bouche ou qu'il bouge, je lui fonce dessus. Je me suis assez rapproché pour être en mesure de l'atteindre en deux enjambées. Le challenge du jour sera de réussir à l’attraper.

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MessageSujet: Re: La bête bicéphale [Tasunka]   Dim 8 Oct 2017 - 17:15

La bête bicéphale
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« Le loup qui ne montre jamais son sang Par l'autre loup sera laissé vivant.» Manninen

J’hausse un sourcil et adresse un regard plein de réprobation à l’esclave qui me fait face, grossièrement ramassé sur des appuis tout aussi indélicats. Je n’apprécie ni son sourire ni ses insinuations graveleuses. J’ai appris à tolérer l’homosexualité par obligation ; les vampires ne pouvant guère fréquenter intimement une femme sans évacuer tout à fait le risque de s’intoxiquer avec ses fluides. Ce n’est toutefois par pour autant que j’apprécie les sous-entendus à mon égard, certains s’en sont rendus compte de façon plus ou moins douloureuses et j’imagine que Tasunka les rejoindra bientôt.

Il me trotte autour comme un jeune animal fou et je demeure immobile, feignant une vulnérabilité qui n’est guère plus qu’une illusion. Je pourrais aisément lui sauter dessus et le mettre au tapis en quelques secondes mais l’entraînement n’aurait alors aucun intérêt, autant pour moi que pour lui. Je dois me montrer un minimum fairplay si je veux en retirer quoi que ce soit. Tasunka déborde d’énergie contenu, emmagasinée depuis six jours qu’il tourne entre quatre murs à peine assez espacés pour lui permettre de s’étendre pour quelques pompes.


- Je n’ai pas besoin de te tâter comme un cochon de ferme pour me rendre compte que tu as pris des hanches et je n’ai pas l’intention de t’acheter des vêtements toutes les semaines. Je cingle, non sans une certaine mauvaise foi car le dessin du coton enrichi en polyester m’informe qu’en effet, les calories qu’il engloutit par paquet de cinq cent sont loin de lui tomber sur le ventre.

Sans surprise il se jette sur moi quand j’ouvre la bouche et je dois pousser les mots plus vite que prévu pour échapper à sa poigne de grizzli. Je m’esquive sur la gauche, frôle ses côtes alors que, emporté par son propre poids, il me dépasse.

- Espérais-tu sincèrement m’avoir avec ça ?

Outre son manque de technique, il est lourd. Il n’y peut pas grand chose, c’est de l’ordre de la génétique mais vis à vis de ma propre stature, pourtant loin d’être fluette, et de la célérité que me confère ma race, cela le rend encore plus gauche, réduit considérablement ses chances de réussite. Il aura difficilement l’avantage dans ces conditions où rien ne peut lui permettre de me piéger. Je demeure toutefois sur mes gardes, veille à rester hors de portée de ses grandes mains. S’il parvenait à se saisir de moi sa force me donnerait du mal.

Je virevolte autour de lui, harcèle ses flancs qu’il expose en le pinçant à travers le t-shirt, suffisamment fort pour le voir tressauter, pas assez pour rendre mon geste véritablement douloureux. Il est encore trop joueur à mon goût, sous la surface je perçois le frémissement de toute son énergie. Je ne peux lui retirer cela : il est endurant et ne se décourage pas. C’est sans doute pour cette raison que je ralentis mes gestes, réduit l’écart qui nous oppose en temps normal pour lui laisser l’espoir de m’attraper un jour.

Au moment où il s’y attend le moins je me retourne, passe à l’attaque, ma main droite vise son plexus solaire. Je ne mets pas suffisamment de force pour le blesser mais s’il ne parvient pas à réagir dans les temps c'est un joli roulé-boulé sur les tapis qui l'attend.

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MessageSujet: Re: La bête bicéphale [Tasunka]   Dim 8 Oct 2017 - 18:15



J'éprouve un peu trop de satisfaction à mon goût en l'entendant se dénouer la langue dans une pique aiguisée qui ne m'empêche pas de me jeter sur lui, bras écartés pour essayer de l'attraper et l'étouffer dans une prise d'ours. Ne sachant pas faire autrement que me propulser comme un boulet de canon, j'ai toutes les peines du monde à ne pas me ramasser au sol et lorsque je suis de nouveau bien stable sur mes pieds, Von Hertling s'est remis à me voleter autour, comme la dernière fois. A essayer de mettre la main dessus, toujours avec un temps de retard, je dois ressembler à un homme en train de chasser un moustique particulièrement agile. Il ne lésine pas sur les coups d’œils déçus ayant l'air de dire « c'est tout ? », et, si je leurs réponds au début par des sourires « vous allez voir ce que vous allez voir ! », je finis par grogner de frustration à chaque fois qu'il m'échappe.

Mais j'ai la tête dure comme du bois en ce qui concerne ce genre de choses. Je suis incapable de vraiment exploiter le maximum de mes capacités lorsque je ne suis pas en danger et que je n'ai rien à protéger, néanmoins j'ai l'amour du chahut dans le sang. Il fera jour avant que je ne me lasse, d'autant plus que Von Hertling se... ramolli ? Impossible ! Nul ne me fera croire que cet homme, qui a suivit ma course folle pendant trente minutes dans une forêt accidentée par temps d'orage avant de me sortir d'un torrent, goûte déjà à la fatigue. Si il veut se faire attraper je ne vais pas le...

Hé !...

J'oubliais que ce type est bâti sur le modèle « crotale des rochers, modèle de luxe supplément sadisme félin ». Sa main m'arrive droit dessus. Je ne pourrais pas l'esquiver...

Mon poing se referme sur son poignet au moment où l'impact arrive sur mon torse. Il est costaud, je suis envoyé en arrière avec en prime le souffle coupé... Mais pas tout seul. Von Hertling vole avec moi et... Je grave son faciès dans ma mémoire, le ravissement me faisant oublier qu'après tout vol plané arrive... La chute. Je tombe lourdement sur le dos sans amortir l’atterrissage, et je crois que j'aurais rendu mon repas si j'avais mangé avant de venir ici. Le Capitaine est à quatre pattes, mais pas pour longtemps : il est toujours aussi vif qu'une sauterelle -ce qui confirme qu'il feignait la fatigue un peu plus tôt- et va pour se dégager avec plus de vigueur que si je lui avais pincé les fesses.

J'aimerai beaucoup lui envoyé une boutade mais je manque d'air, et j'ai besoin du peu d'oxygène dont je dispose encore pour nouer mes jambes autour de son dos avant qu'il n'achève de se relever en tirant sur son bras pour dégager sa main.

Retour au sol, Capitaine...

Mais pas pour longtemps. J'ignore s'il triche avec sa télépathie pour m'envoyer rouler sur le coté, mais le fait est que sa technique est efficace, quelle qu'elle soit. Je parviens à le garder entravé pendant deux roulades de cotés après quoi je m'encastre dans un mur rembourré et...

« Désolé, Capitaine Von Hertling, vous êtes trop difficile à attraper pour que je vous laisse partir si facilement. »

… Je resserre mon étreinte, ne lésinant pas sur la pression qu’exercent mes jambes autour des siennes. Je lui décroche un immense sourire fier et goguenard... Qui sonne sans doute ma perte car s'est à cet instant que je m'aperçois que, malgré mes bras noués fermement autour de sa taille... L'un de ses bras est toujours libre.

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MessageSujet: Re: La bête bicéphale [Tasunka]   Dim 8 Oct 2017 - 19:54

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« Le loup qui ne montre jamais son sang Par l'autre loup sera laissé vivant.» Manninen

Comme je m’y attendais, il n’a pas le reflexe de m’esquiver à moins qu’il n’en ai tout simplement pas le temps, la vitesse n’étant vraiment pas son point fort. Je n’ai moi-même qu’une infime fraction de seconde pour freiner l’impact qu’il veut manifestement encaisser de plein fouet car je crains de lui exploser le sternum. Décision ô combien stupide dont je vais très certainement me mordre les doigts car Tasunka profite de ce bref instant pour s’emparer de mon poignet. L’étonnement transperce dans le bleu clair de mes yeux, me donne l’espace d’une seconde l’air plus jeune que je ne le suis en réalité. C’était donc ça le plan ? Quoique, il n’a peut-être même pas l’once d’un plan en vue. Je ne serais pas surpris qu’il m’avoue avoir simplement agi par instinct, pensant alors préférable de m’entraîner avec lui plutôt que de s’écrouler seul.

Sa poigne sur mon poignet est trop ferme, trop étroite pour que j’espère m’en défaire sans user de mes pouvoirs ou sans lui briser les os, chose que je me retiens de faire car ce genre d’entraînement n’est en rien comparable au champ de bataille. Nous volons donc sur un bon deux mètres, emportés par ma force, pour mieux nous écrouler ; le loup sur le tatami et moi... sur sa personne. Ses muscles épais amortissent le choc mais contrairement à ce que j’ai pu dire : il n’est pas assez gras pour former un amortisseur confortable. Mon souffle se bloque et ce n’est que grâce à mon expérience que je ne manifeste aucune réaction, n’ayant de toute façon plus besoin de respirer depuis longtemps. L’hybride subit le même contrecoup, exception faite que sa mortalité l’oblige à perdre quelques secondes pourtant précieuses que je compte bien utiliser pour me redresser.

À quatre pattes au dessus de lui, je force sur mes bras pour m’arracher à cette position ridicule et ... retombe lamentablement.

L’animal n’a rien trouvé de mieux à faire que de me coincer entre ses jambes. Ma belle assurance se craquelle, laisse entrevoir la frustration acide que les récents événements ont fait naître. C’est avec toute la force que peux me permettre tout en m’assurant que je lui passerais pas au travers que j’essaye de m’arracher à sa prise. Je ne parviens qu’à nous faire rouler pêle-mêle sur le sol, envoyant le dos du loup buter contre les tatamis muraux. Je retiens un feulant acerbe quand ses bras enserrent ma taille pour mieux m’immobiliser contre lui dans une position qui n’a plus grand chose de militaire et qui fait remonter des souvenirs que je m’efforce d’oublier.

- On m’a caché ton hybridation avec une tique, dis-je entre mes crocs, persiflant même si mes mots ne sont qu’une tentative pour le distraire et attirer son attention sur autre chose que sur mon bras demeuré libre.

Son beau sourire vacille à l’instant où il remarque son erreur et le mien prend le relais, sauvage. Mes phalanges heurtent sa maxillaire, suffisamment pour le sonner et lui faire lâcher prise. Enfin je le pensais : quand je tire en arrière pour me soustraire à son étreinte, c’est tout son poids qui accompagne le mouvement. J’ai sous-estimé sa force. Les cent-trente kilos de muscles s’étalent sur moi, m’épinglent le dos contre le tatamis. Bon sang. L’humiliation est totale. Je m’interdis de laisser à son sourire goguenard le temps de fendre sa trop grande bouche et tente de lui envoyer mon genoux dans la hanche.
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MessageSujet: Re: La bête bicéphale [Tasunka]   Dim 8 Oct 2017 - 20:42



Le sourire carnassier de Von Hertling me fait un drôle d'effet et mon cerveau sauvegarde l'image dans le tiroir où s'entassent un nombre inquiétant de clichés à l'effigie du vampire. Celui-ci me colle d'ailleurs une beigne brute et admirable dont je ne le pensais pas capable tant ce genre de geste me semble trop grossier pour lui. Heureusement, mes crocs sont solidement accrochés : si j'avais été un vieux loup aux gencives fragiles, nul doute que sa droite m'aurait décroché une dent. Ou la mâchoire.

Un peu dans le brouillard, je desserre mes bras... Mais un automatisme me les fais refermer dès que je sens que ma proie m'échappe. Je ne vois encore pas très clair quand je me sens tracté en avant, avec la tenace impression que ce que j'ai dans les bras n'est pas un être humain mais un gros félin à qui j'essayerai d'imposer un câlin. A sentir ses ongles s'enfoncer dans mes biceps, je peux assurer que si Von Hertling avait des griffes, mes bras seraient en charpie.

Le choc est brutal et le souvenir des os du vampire craquant entre moi et un rocher au milieu d'un torrent me poussent à amortir le choc comme je peux en encaissant sur mes bras, mais mon nez s'écrase malgré tout contre l'épaule dure du Capitaine. Un grognement étouffé meurt contre son T-shirt, suivit d'un deuxième lorsque son genou me fait basculer sur le côté.

Sans doute à son grand désespoir, c'est insuffisant pour me faire totalement lâcher prise et l’entraînement se transforme en véritable combat de chiffonniers. Quand ce n'est pas moi qui lui roule dessus, c'est lui qui profite de cette position pour m'envoyer un crochet. Quand ce n'est pas mon front qui bute contre le sien, c'est son épaule qui vient s’encastrer dans la mienne. Quand ce n'est pas mon pied qui tente de le faire passer par dessus ma tête, c'est son coude qui s'enfonce dans mon flanc. Il jure des mots tranchants dans une langue que je ne comprends pas et bientôt la salle confinée résonne d'un drôle d'ensemble musical.

BOOM, PAF, GRUMPF, ACH GOTVERD... AIE, BIM...

Je ne saurais dire combien de temps nous aurions pu continuer ainsi, mais la prédiction du Capitaine interrompt nos ruades grognantes lorsque ses épaules s'encastrent dans le banc en bois et en fer. Je me fige aussitôt, à califourchon sur ses cuisses : si mes poings ne sont pas d'un grand danger pour lui, un éclat de fer mal placé aurait vite fait de lui transpercer la cervelle et...

Sa droite m'arrive en plein dans le nez, dans un poing final à notre « combat ».

Je vois à son regard de fond de rivière qu'il est intact et, sans voir que mon nez se mets à couler comme une fontaine d'un liquide rouge, je me courbe sur lui, la respiration saccadée, les cheveux en bataille et un sourire dégarnissant mes crocs. Le rire part, clair et franc, secoue mes épaules et crève les tympans de Von Hertling. Mon front se pose sur le banc où s'appuient ses épaules.

« Ah. Capitaine Von Hertling. Si tous les poissons de rivière étaient aussi vigoureux que vous, je serais mort de faim depuis longtemps... »

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MessageSujet: Re: La bête bicéphale [Tasunka]   Dim 8 Oct 2017 - 22:05

La bête bicéphale
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L’entraînement se transforme en roulé-boulé, entrelacs de jambes et de poings qui se rendent coup sur coup. Bouche sifflante pour moi, grognante pour Tasunka, nous roulons l’un sur l’autre, tas vociférant de chair échaudés d’adrénaline, animés par ce même besoin d’asseoir sa domination sur l’autre. Je ne cherche plus à me libérer mais à lui faire purement et simplement lâcher priser, comme si, par ce geste, c’était Vedel que je décrochais de moi, une bonne fois pour toute. Cette pensée idiote m’obsède, demeure en tâche de fond, accompagnée d’un sentiment d’urgence des plus désagréables. Je dois le faire, c’en devient vital. Toutefois, il me faut  faire appel à tout mon sang froid pour me contenir et ne pas le déchiqueter avec brusquerie ou m’inviter dans sa tête pour faire céder son corps qui se débat avec tant de vigueur. Dans ces conditions et il l’un des rares mortels a m’avoir donné autant de peine. À m’avoir poussé dans de tels retranchements. Sa force est impressionnante, effrayante même. J’ai sous les yeux l’exemple même de ce pourquoi les hybrides ne doivent pas être transformés. Vampire, Tasunka serait un véritable monstre.

Je roule des yeux furieux, étincelant d’une colère que ne maîtrise qu’à peine. Ma nature régénère petit à petit les bleus que notre bataille fait naître sur ma peau pâle. Ma frustration s’échappe par rebonds, chaque fois que je parviens à renverser notre position et que mes poings rencontrent ses os solides. Rendu au stade où je feule de rage au visage du loup, ce dernier me répondant par un grognement bien senti alors que je viens de lui enfoncer mon coude dans les côtes, une petite voix lointaine me glisse que tout cela va mal finir. Je n’ai guère le temps de m’y attarder, ni de m’en préoccuper puisque quelques minutes plus tard Tasunka me placarde violemment dans le banc que je lui avais si soigneusement demandé d’éviter et que nous avions jusqu’alors épargné, tant bien que mal. L’arrête dans mes omoplates interrompt mon souffle déjà court. J’ai l’air sonné mais intérieurement je bouillonne encore et l’immobilisme de l’hybride ne parvient pas à me faire changer d’avis : mon poing s’écrase en plein sur son nez, demeure suspendu dans le vide quand le visage meurtri part légèrement en arrière.  

Le rire tonitruant qui en découle désamorce la bombe qui s’était petit à petit dégoupillée au fond de mes entrailles. Surpris, je dévisage l’hybride tandis qu’il se penche sur moi, secoué par les éclats qui gonflent son énorme poitrine. Il y a longtemps que je n’ai pas entendu quelque chose d’aussi franc, d’aussi vivant. Les gens ont depuis longtemps cessé de rire en ma présence. Interdit et incertain je reste un instant immobile, jusqu’à ce que le parfum délicat du sang chaud me parvienne, doux et fort. L’impact a fait éclater les vaisseaux dans son nez et s’il n’en paraît pas incommodé, ce n’est pas mon cas. Il prononce quelques mots qui s’impriment machinalement dans ma mémoire mais que j’écoute à peine. Mes crocs grattent mes gencives, font resurgir ce fourmillement déplaisant que notre affrontement avait enfin fait taire.

Sa gorge vibre encore de quelques syllabes lorsque mes lèvres s’y posent, s’ouvrent comme une fleur empoisonnée. Je goûte le sel de sa peau, partagé entre dégoût et fascination. Je n’ai pas l’excuse d’être affamé cette fois et je refuse simplement de penser à ce que je m’apprête à faire, à lui faire. Il a le temps de me repousser parce que je ne me précipite ni le retient. Au plus profond de moi, il y a cette douleur, cette même souffrance que je me souviens avoir ressenti au bord de la rivière. Il me manque tant... Mes crocs percent la chair avec aisance, s’enfoncent profondément et j’aime les y garder jusqu’à ce que l’afflux sanguin déborde, envahisse ma bouche. Un soupir rauque s’étouffe contre sa veine tandis que je me repais de lui.  

Ma main glisse derrière sa nuque et je l’écarte brutalement de moi. Pendant une seconde nous nous dévisageons, peut-être aussi surpris l’un que l’autre avant que mon visage ne se ferme pour de bon, emmurant tout ce que j’ai pu laisser filtrer. Il n’y a pas de sang sur mes lèvres pas plus qu’il n’y en a dans son cou. Je repousse Tasunka du plat de la main et m’extirpe de sous son derrière pour me relever. Mon mouchoir lui atterri sur les genoux.

 - Je te conseille de vite stopper ça, si tu ne veux pas que ça t’arrive, lui dis-je froidement pour dissimuler qu’en réalité... je suis incapable de dire qui de nous deux j’ai réellement piégé dans cette illusion.

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Dernière édition par Wolfgang J. Von Hertling le Mar 10 Oct 2017 - 19:20, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La bête bicéphale [Tasunka]   Lun 9 Oct 2017 - 20:26



Ses lèvres se posent contre ma gorge. Loin d'être aussi sèches et tranchantes que les mots qu'elles laissent d'ordinaire échapper, elles sont souples et tièdes... Mon rire s'étouffe dans une déglutition : Von Hertling me fige par ses revirements comportementaux plus inattendus les uns que les autres. Lorsque sa langue passe sur ma peau dans un baiser humide, mon échine frissonne, mes bras se couvrent de chair de poule, mes mains tremblent un instant avant que mes poings ne se ferment pour rester en place. S'il m'était possible de croire, ne serait-ce qu'une seconde, que le rigide Capitaine Von Hertling aimait terminer ses entraînements sur une note plus charnelle, je me serais volontiers prêté au jeu en le serrant contre moi...

Mais quelque chose cloche. L'ambiance s'alourdit en une seconde et lorsque ma chair cède sous ses crocs, je baigne dans une terrible peine qui, j'en suis certain, n'est pas la mienne. Ce moment me semble être un écho tardif de l'accident qui s'est produit au bord du torrent. Malgré la douleur qui me fait serrer les dents, l'une de mes mains se déploie pour aller se perdre dans les cheveux du vampire, chaude et protectrice...

Mon geste ne trouve jamais de fin, et le regard clair que je croise alors que son propriétaire me tire en arrière pour m'écarter me...

Quoi, Tasunka ? Il te... quoi ?

Il s'extirpe, me jette un morceau de tissu blanc et me laisse coi de stupéfaction. Ma main passe dans mon cou -intact- avant de passer sous mon nez, et je comprends enfin. Illusion... Bon sang, de quoi est-il donc encore capable ? Le mouchoir remonté sous mes narines, je me redresse gauchement, un peu sonné émotionnellement et physiquement.

Quelque chose ne va pas, chez cet homme.

Nous nous tournons le dos, je l'entends passer ses doigts dans ses cheveux et remettre ses vêtements en place dans des gestes secs. Moi, grand dadais à coté de mes pompes, je pince fermement mon nez entre mes doigts comme si je pouvais y faire remonter le sang par la seule force de ma volonté. Le malaise s’étend, s'étire à l'infini comme un morceau de caoutchouc trop souple, et il me devient insupportable. Je me mouche dans un bruit de trompette croisé avec un cor de chasse, y mettant une vigueur farouche comme pour chasser la lourdeur de l'air. Le museau séché, je laisse quelques mots franchir mes lèvres, formulés à vois basse, sans l'éclat jaillissant de mes boutades joueuses.

« Ça ne me dérangerais pas, vous savez... »

Mon visage se tourne légèrement vers Von Hertling, le regard clair et la truffe encore un peu rouge. Le mouchoir est envoyé négligemment sur le banc, d'un geste sans brusquerie. Mes lèvres se font mutines, réchauffées d'un sourire tiède comme l'aurore.

« ...Enfin... Si vous y allez doucement avec vos crocs. »
.
.
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Il te quoi, Tasunka...?


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General Der Miliz
MessageSujet: Re: La bête bicéphale [Tasunka]   Mar 10 Oct 2017 - 20:57

La bête bicéphale
Tasunka

« Le loup qui ne montre jamais son sang Par l'autre loup sera laissé vivant.» Manninen

Je ne sais pas, ne comprends pas et pour tout dire : ne suis même pas certain de vouloir que cet état de fait change. Je voulais le faire, n’est-ce-pas ? Je n’ai jamais véritablement eu l’intention de le mordre. J’ai assez bu avant de venir et n’ai nullement besoin d’un encas, surtout pas pris à la veine d’un loup suant et malhabile.

Et pourtant, n’ai-je pas été remarquablement loin dans cette illusion, bien plus que la situation ne l’exigeait en réalité ? Je passe une langue irritée sur l’émail lisse de mes appendices mortels, échaudés par la perspective de goûter pour la seconde fois au sang chaud, fort comme un millésime avec n’avoir bu que de la piquette pendant des années. Cette attirance, contre laquelle je ne peux pourtant rien, m’excède, frictionne mes nerfs à la toile émeri et me confère de vilaines idées à base paillasson de loup.

Quel dommage, finalement, que Tasunka ne soit doté d’une quelconque fourrure.

Une voix étonnement basse m’interrompt, coupe court à mes tergiversations futiles. Je me fige, aussi surpris que contrarié parce ce que j’entends. Un accent circonflexe tire mon sourcil d’ordinaire peu mobile vers le haut tandis que mon t-shirt retrouve sa juste place sur mes épaules raides. Un peu de sang tâche ma clavicule, invisible sur le tissu noir mais mon odorat ne saurait me tromper sur la présence d’hémoglobine, là tout contre mon épiderme. Je me retourne avec lenteur, dévisage froidement la bête idiote qui gît toujours par terre, un sourire crétin étalé sur le visage. Imbécile mais moins heureux que d’habitude. Il a perdu en panache, écorché par l’hypnose à laquelle je l’ai soumis. À moins que ce ne soit sa sincérité qui lui bride les cordes vocales.

Je m’approche sans précipitation et c’est presque au ralenti que je me penche sur le loup pour le fixer droit dans les yeux. Sa chaleur ricoche sur le marbre de ma peau, reflet de mon absence d’expression, absence d’émotion que je lui oppose avec une vigueur farouche. Ma main se referme avec une certaine délicatesse sur son t-shirt l’attire sans peine jusqu’à moi. Les coutures se tendent, grimacent et gémissent un peu contre ses flancs, sous ses aisselles humides d’une transpiration musquée. Le sourire qui glisse sur mes lèvres à la souplesse d’un serpent et la grâce corrosive d’une méchanceté que je n’ai pas besoin de feindre. Mon nez frôle presque le sien quand je lui susurre d’une voix trop caressante pour être de bon augure.

- Je suis rarement doux avec quoi que ce soit, mes crocs ne font pas exception. Tu es pourtant bien placé pour t’en rappeler, Tasunka.

Mon regard demeure un peu dans le sien, intercepte sans gêne les émotions qui pourraient traverse le doré de son iris. Tout nous oppose, il est aussi vivant et solaire que j’incarne une mort froide et crépusculaire. Il est la personnification de la vie que j’ai détruite, niée, bafouée. Je le lâche, m’écarte sèchement et le somme de se remettre en piste.

- Tu es ridicule et tu ne t’arranges pas, met-toi en garde. Sa posture maladroite me fait lever les yeux au ciel. S’en suit un long concert de critiques, d’explications techniques complexes et petits coups vifs destinés à corriger sa position. - Jambe droite et main droite derrière, lui dis-je, saisissant son poing pour inverser sa position. Mes doigts courent le long du bras, redresse l’épaule dans l’axe de l’os, tapote sous le menton pour lui lever le regard. Frappe du droit, là où tu as plus de force et où tu maîtrises mieux tes muscles. Les membres gauches protègent les points vitaux.

Placé contre son flanc, je descends ma main sur son torse, pointe successivement, le coeur, le foie et la rate. Tu es épais mais tu ne dois pas laisser un ennemi te frapper de front comme je l’ai fait. Si ton plexus solaire lâche le poids de tes os écrasera tes propres organes. Je te laisse le soin d’imaginer ce que cela signifie.

La mort. Simplement.

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MessageSujet: Re: La bête bicéphale [Tasunka]   Mar 10 Oct 2017 - 22:19



Parler à voix basse n'aura pas suffit à faire perdurer le charme. L'homme que j'ai aperçu derrière le visage glacé du Capitaine à disparu pour laisser place à un vampire plus antipathique encore. Penché sur moi tel qu'il l'est, j'ai l'impression désagréable qu'il souhaite sincèrement être le blizzard qui soufflera la flamme de mon caractère. Sec comme du vieux petit bois, cendreux comme un brasier consumé à l'extrême, Von Hertling est... Gris. Je retiens un soupir navré devant la mascarade  qu'il me joue, pinçant mes lèvres lorsqu'il menace de mettre mon T-shirt en lambeaux.

Je ne réponds pas à sa douche froide verbale, et fais mon possible pour ne rien laisser transparaître de ce qui se passe au fond de mon âme. Le peu que j'ai vu de cet homme suffit à me persuader qu'il... N'aimerait pas être le sujet de ma pitié.

Quelle tristesse d'être face à un homme si acharné à chasser la moindre parcelle de chaleur de son âme.

Son état m'atteint bien malgré moi et lorsqu'il me lâche, je suis un peu plus mou.

J’espérais que l’entraînement serait écourté à cause des... bévues, mais la flot d'analyses de Von Hertling me fait bien vite comprendre que je resterais dans cette salle aux sons étouffés pendant un moment encore.

¤

Il m'a fallut quelques instant pour reprendre la contenance qui m'est habituelle, à cela près que j'ai troqué mon sourire contre un air concentré. Mon cerveau imprime chacun des mots du vampire avec une précision maximale afin de pouvoir les analyser plus tard, au calme. Je n'ai strictement aucune idée de la raison pour laquelle Von Hertling m'enseigne ces techniques combatives : je n'en ai nul besoin pour aller repêcher des esclaves de salon. Qu'a-t-il en tête ?

Mes bras bougent selon les indications du Capitaine, imitant parfois ses mouvements jusqu'à ce que s'efface son pli de lèvres agacé. Je note que ses doigts n'ont aucune gêne à se poser un peu partout sur moi lorsqu'il s'agit d'expliquer quelques notions d'anatomie. Il est là, presque collé sur mon coté gauche pour appuyer son index sur des points successifs... Ma tête se tourne légèrement vers lui, mes prunelles s'abaissent pour le regarder. Je suis attentif à ses paroles, à son apprentissage et à ma posture, aussi mon visage est sévère, sans doute plus dur que ce qu'il a déjà pu voir.

« Cela signifie, Capitaine Von Hertling, que je ne laisserai personne d'autre que vous approcher de mon précieux plexus. »

Une seconde passe... Puis un petit rictus tire légèrement le coin de ma bouche. Le voir hausser le sourcil fait tressauter le loup prompt au jeu qui vit tranquillement en moi. Son regard oblique nourrit mon sourire, qui s’agrandit du coté de mon visage qui demeure hors de porté de son regard bleu.

Von Hertling : « Je ne te donnerais pas toujours mon sang pour te rafistoler... aussi ferais-tu bien de te méfier également de moi. »

Cet homme est un serpent, et comme eux il sait se montrer fourbe, vif et létal. Fort heureusement pour mon égo et l'intégrité de mon coccyx, j'entends sa chaussure racler légèrement le sol. J'ai le temps d'anticiper son coup, et mon poids se balance sur la jambe que Von Hertling ne vise pas à faucher. Sa balayette, pourtant vive, n'a pour effet que d'envoyer l'une de mes jambes valser dans un geste mou... Et je reste debout, perché comme un flamant rose sur une seule jambe. Il m'est impossible d'empêcher ma bouche de se plier dans un sourire narquois hurlant le "désolé, une autre fois peut-être, Capitaine ?", et je m'éloigne de lui de deux bonds en arrière avant qu'il ne décide d'enfoncer ses doigts dans ma poitrine pour se venger.

Les pieds bien ancrés au sol, le bras gauche en place pour parer mais toujours souple pour s'adapter à des coups hauts comme bas, je me présente à lui, de trois quarts, jambe et poing droit en arrière.

" Un peu de pratique, Capitaine Von Hertling...? "

J'imagine que s'il accepte, il sera loin d'être aussi gauche et prévisible que moi, mais peut-être qu'en plissant suffisamment les yeux, je pourrais le voir venir. Si j'arrive à percevoir la trajectoire de ses poings... Hé bien, j'aimerai assez essayer de l’attraper par le poignet pour l'envoyer par dessus mon épaule, comme il l'a fait pour m'envoyer dans le sable de l'arène.

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MessageSujet: Re: La bête bicéphale [Tasunka]   Mer 11 Oct 2017 - 17:45

La bête bicéphale
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Nouveau haussement de sourcil, nouvelle surprise de la part de Tasunka. Il n’est donc peut-être pas totalement dénué de potentiel après tout. Je découvre qu’il est non seulement capable de se concentrer mais également d’assimiler, et ce honorablement vite, ce que je lui dis. Les bras le long du corps je suis du regard sa silhouette massive qui s’éloigne en deux bonds, m’empêchant de corriger ce vilain sourire goguenard de ses babines. Je ne comptais pas mettre en pratique mes enseignements dès cette nuit mais sa garde, bien meilleure cette fois, me convainc que l’entraînement peut se poursuivre durant encore une ou deux heures.

- Souviens-toi que tu l’as voulu, dis-je en guise d’acceptation et pour mieux lui sauter dessus sans autre forme d’avertissement.

Le louveteau veut jouer, je lui donne de quoi se faire les dents. Les rôles sont inversés et je revêts celui d’attaquant sans difficulté. L’écart entre nous est colossal mais si je m’applique à le mettre en difficulté, je ne vais pas jusqu’à le malmener trop violemment. Entre ma vitesse, ma force et mes trois cent ans de combat, j’ai trop d’avantages sur ce terrain pour éprouver une quelconque satisfaction à battre un adversaire aussi peu habile. Pourtant l’hybride fait des efforts, s’applique avec une rigueur que je ne lui connaissais pas mais qui me satisfait plus que je ne l’aurais imaginé. Il réfléchit, analyse, utilise ses points forts, protège ses faiblesses. Je l’harcèle avec soin mais doit veiller à rester hors de portée de ses grands bras, il se fait mur de granit et je dois admettre qu’il est un aussi bon défenseur qu’un piètre assaillant. Son potentiel se dessine devant moi, j’ajuste les missions auxquelles il pourrait prendre part.

Pisteur, fiable et endurant ; rompu au corps à corps il ferait sans doute un bon garde... s’il parvenait à tenir sa langue et à se comporter convenablement. Mes phalanges frôlent la chaleur de sa joue, l’obligent à reculer et je cherche l’ouverture créé par le déséquilibre. Le plat de ma main fuse en direction de la rate. J’y mets de la force car je le sais solide, sa musculature absorbera l’impact, le fera peut-être se courber en deux, offrant son visage à la violence de mes genoux.

Rien ne se passe comme prévu, j’ai un quart de seconde pour comprendre qu’il s’agissait d’un piège, qu’il ne s’était exposé que parce qu’il avait deviné que je m’engouffrerais dans la faille. J’ai tout juste le temps de bondir de côté et de chasser du bras la main qui menaçait de s’emparer de moi. Nous sommes proches, trop proches pour que l’échange tourne à mon avantage si je persiste à brider mes capacité comme je m’efforce de le faire pour maintenir l’équilibre. L’occasion est néanmoins trop belle pour que je résiste. Ma main se referme sur son bras et dans une pirouette agile, trop rapide pour son esprit humain, je fauche sa jambe et me glisse dans son dos. Son poignet, bloqué entre nous fait levier, le maintient immobile. Je n’ai qu’à me glisser près de lui pour susurrer à son oreille.

- Peut-être n’es-tu pas un cas si désespéré finalement, ce qui dans ma bouche est un compliment.

Je le garde ainsi, quelques instants, le temps que son cœur reprenne un rythme que je juge correct, l’œil rivé sur la jugulaire, palpitante sous la peau humide.
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MessageSujet: Re: La bête bicéphale [Tasunka]   Mer 11 Oct 2017 - 18:34



Von Hertling m'a démontré à plusieurs reprises qu'il ne perdait pas une occasion de sanctionner les faiblesses de ma garde, et ce depuis notre tout premier entrainement. La redondance de ce comportement me pousse à continuer à laisser des ouvertures pour le pousser à la punition. Parfois j'échoue, ses doigts s'enfoncent un peu dans mes cotes ou son genou dans ma cuisse. Mais on ne dit-on pas qu'il est impossible de faire une omelette sans casser des œufs ? Lorsque sa paume fond vers mon ventre, dans un coup que je commence à connaître tant il semble aimer m'en gratifier, mes yeux se verrouillent sur son poignet et mon énergie se focalise sur une seule chose.

L’attraper.

Mais je suis un peu orgueilleux car mon poing ne se referme que sur du vide, et Von Hertling disparaît de mon champ de vision. A peine ais-je le temps d'amorcer un demi-tour sur moi-même que ses doigts s'aggrippent à mon poignet. Du mouvement du vampire, je n'ai saisit qu'une ombre noire.

Vous êtes mauvais joueur, Capitaine Von Hertling.

Ma bouche se tord dans une grimace lorsque je tente de forcer sur mon bras pour me défaire de sa poigne qui se fait étau de métal. Il ne bronche pas d'un iota, et amène mon poignet un peu plus loin encore vers le creux de mes omoplates jusqu'à faire grincer mes dents de douleur. Je me fige, pour deux raisons. La première : sa voix est tiède, son souffle embrasse la base de mon oreille, et il me semble que nul homme sur terre ne saurait se montrer insensible à un tel timbre. Cette seconde fait partie de ces instants étranges où le Capitaine Von Hertling daigne se montrer plus... léger.

C'est précieux, Tasunka.

La deuxième, bien plus pragmatique, trouve sa source dans mon inconfort : je crois bien que si je bouge d'un centimètre, mon épaule se déboitera. Et, si je suis capable de remettre une épaule à sa place, je suis en revanche incapable de le faire sur moi-même. Alors je me tiens plus immobile que jamais... Un petit sourire en coin, j'attends patiemment que Von Hertling daigne me relâcher, souffle une réponse rendue un peu rauque par la tension...

« Vous êtes particulièrement motivant, Capitaine. »

Malheureusement, la patience ne fait pas partie de mes plus grandes qualités.

Au bout de dix secondes d'immobilisme, j'envoie mes fesses donner un petit coup derrière moi, contre le bassin du vampire. Il se tient déjà très près de moi, aussi le léger mouvement de bascule ne m'oblige pas à me déboiter l'épaule pour l'effectuer.

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MessageSujet: Re: La bête bicéphale [Tasunka]   Dim 15 Oct 2017 - 16:46

La bête bicéphale
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Mon souffle tiède se répercute sur sa peau écumante, me renvoie son parfum musqué. Sueur épicée, forêt profonde et zeste de thym fraîchement cueilli me parviennent, forme le cocktail explosif de sa sueur, trahit la saveur de son sang. L’émail chatouille mes gencives tandis que mon estomac se contracte. J’ai rarement eu aussi envie de mordre quelqu’un. Pas seulement de boire son sang mais bien d’enfoncer mes canines jusqu’à la garde entre les muscles puissants du cou. Un désir aussi poignant qu’inexplicable. Le pédigrée de Tasunka n’a rien d’affriolant, son attitude laisse totalement à désirer, il est couvert de transpiration et... c’est un homme-bête. Pourtant, l’idée de recueillir sur ma langue le sel de sa peau m’obsède, me renvoie dans les travers de ma propre illusion où j’ai imaginé le piquant de son épiderme.

Frustré, j’accorde à peine un froncement de sourcil à son aveu, dépourvu de sens à mes oreilles devenues hermétiques à ce genre d’approche cavalière. Ma poigne se resserre à l’instant fatidique où ... son bassin recule, pousse ses fesses contre mon bas-ventre. L’espace d’une seconde, le temps s’étire, se délite et je demeure immobile, stupéfait par ce... Geste que je refuse d’analyser autrement que comme le pire des affronts. Je passe en pilotage automatique, le visage fermé, muscles raidis. Mon genou heurte le creux de l’ischio, neutralise sa jambe droite pendant que je remonte d’un coup sec le poignet. Un claquement gras et net retenti quand je lui luxe l’épaule puis le repousse pour mieux le laisser choir à genoux devant moi. La tête de l’humérus pend au niveau de l’aisselle, maintenue par sa musculature avantageuse.

Derrière mon masque, je reprends les manettes, admire mon œuvre sans parvenir à m’en satisfaire. Encore une fois, je ne suis pas certain de ce que j’ai voulu faire. Simple réflexe ou punition ? Je ne laisse rien paraître, pousse le soupire le plus exaspéré que j’ai en réserve.

- Pourquoi faut-il que tous les esclaves aient cette propension à agir comme des catins avides ?

Ma main nue s’enfonce dans les mèches brunes qui lui cascadent devant le visage, d’abord caressante, elle en devient rapidement intrusive alors que je serre entre mes doigts une poignée de crins sombres. Je le contourne avec lenteur, l’oblige à relever la tête pour me regarder, penché sur lui. La ressemblance avec Vedel me frappe une fois de plus, me fait grincer des dents. Ce loup causera ma perte.

- Je ne fais pas partie... de ce bord-là et si tu tiens à ton intégrité tu ferais bien de t’en souvenir.

Il n’a guère le temps de répondre quelque chose d’intelligible car j’ai tôt fait de lâcher son cuir chevelu pour saisir son épaule et la remettre à sa juste place, sous la clavicule.

- Debout. L’entraînement est terminé pour cette nuit, sans plus de considération, je lui tourne le dos et me dirige vers les vestiaires. Puisque je lui permets de s’entraîner ici et non pas dans l’arène, je lui laisse également l’occasion de se laver ici, pendant que je fais de même. Malgré son comportement dépravé je retire sans hésitation mes vêtements, face au mur dans cette pudeur qui m’est habituelle vis à vis de ma balafre. Sous l’eau brûlante je vide mon esprit, annihile les pensées parasites que le loup ne manque jamais de faire ressurgir dans mes pensées.
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MessageSujet: Re: La bête bicéphale [Tasunka]   Dim 15 Oct 2017 - 18:15



Bon sang, quelle genre de vie mène-t-il donc pour réagir aussi vivement à un simple petit coup de fesse inoffensif ?! Je n'ai guère le loisir de m'attarder sur le pourquoi de son coup de genou que déjà mes dents se serrent dans un réflexe pour étouffer la plainte provoquée par le craquement de mon épaule. Je ploie sous la main de Von Hertling qui m'envoie au sol, les épaules courbées et la tête ramassée en avant. Ma respiration est rauque, et je ne saurais dire si je suis davantage choqué par le revirement soudain de son humeur, sa pique humiliante ou mon épaule qui pend. Ma bouche s'entrouvre pour répliquer quelque chose chose mais, fort heureusement pour ma santé et l’ego du Capitaine, ma phrase avorte lorsque les doigts d'araignée du vampire glissent contre mon crâne.

La douceur glacée dont il fait preuve ne me rappelle que trop qu'il est tout à fait en mesure de m'arracher la tête sur un caprice, et je me tiens calme, mon souffle lent s'expirant lentement. Lorsqu'il me relève la tête, ses doigts comme des serres dans mes cheveux, je fais mon possible pour éradiquer toute émotion de mon visage, plantant mes yeux dorés dans ses prunelles bleues avec toute la neutralité dont je suis capable.

Son annonce me tirerait un rictus moqueur si je n'étais pas occupé à serrer les dents pour pallier à un râle douloureux lorsqu'il remet mon épaule en place -magnanime, Capitaine-, et je peine à croire en ses mots. Pas de ce bord là... Vraiment... ?

J'ai connu des hommes en chaleur bien moins réceptifs que vous, Capitaine.


¤

Mes vêtements jetés sur le banc du vestiaire, je me glisse dans la douche voisine de Von Hertling. Si sa réaction m'a légèrement blessé, elle a en revanche eu le mérite de piquer ma curiosité à vif. Il est bel homme, c'est le moins que je puisse lui concéder en l'ayant vu obstinément tourné de dos dans son bloc de douche. Bel homme au milieu d'un monde où les gens comme lui sont certainement très convoités et... Il n'y a aucune femme en ville, alors comment fait-il ?

Mes yeux glissent distraitement vers lui alors qu'il se tourne en se frottant vivement sous les bras, et je les ramène bien vite face à moi avant de me retrouver à nouveau dans une situation délicate. Toutefois, je ne peux m'empêcher, tout en recouvrant ma poitrine d'une mousse que je juge terriblement agressive pour la peau, de souffler quelques mots.

« Pardonnez-moi, Capitaine... Je ne suis qu'un sauvage et, l'espace d'un instant, j'ai oublié qui vous étiez... »

Je suis certain que ses oreilles fines m'ont entendu, pourtant il ne me réponds pas, s'obstinant à lisser ses cheveux sombres sous le jet fumant, la tête penchée en arrière dévoilant sa gorge et...

Qu'est-ce que c'est que cette cicatrice ?

¤

Le trajet de retour à ma cellule se déroule dans un silence commun : obstiné et froid de sa part, docile et respectueux de mon coté. Bien loin d’espérer améliorer son humeur avec le moindre de mes mots, je lui souhaite toutefois une bonne journée. Je n'obtiens que le cliquetis de ma geôle en guise de réponse mais... Peut-être suis-je fatigué, mais il me semble que Von Hertling à eu un petit hochement de tête. Répétant une routine qui n'aura pas tardé à s'installer, je le regarde partir, une main enroulée autour des barreaux en fer, un sourire désolé au coin des lèvres.

Le repas est apporté un peu plus tard. En voyant la petite tasse de liquide rouge qui trône à coté de mon verre d'eau, je hausse un sourcil et y trempe les lèvres avant de froncer le nez. Ce sang est l'unique ramassis de globules rouges que j'ai absorbé de toute ma vie, et il serait indigne de ma part de ne pas en identifier le propriétaire. Je pourrais expliquer la saignée du Capitaine comme un geste purement motivé par le désir de maintenir ses troupes en grandes forme...

Mais je ne peux m'empêcher d'y voir un gage de paix.

Un peu plus tard, le ventre plein et le corps épuisé par une régénération accélérée par le sang de Von Hertling, je ferme les yeux vers un sommeil salvateur en me demandant pourquoi, malgré tout ce que symbolise le Capitaine Von Hertling, malgré tout ce qu'il semble être...

Pourquoi n'ais-je pas une once de haine à son égard ?

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