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/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

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Au son des feuilles d'automne [PV Ulysse Kingslay] CLOS
Chien-Loup
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MessageSujet: Au son des feuilles d'automne [PV Ulysse Kingslay] CLOS   Mer 27 Sep 2017 - 21:59

Est-ce qu’on peut vraiment se libérer de ses chaînes ?
Être libre n’a pas l’air d’être si simple, il y a tant de choses qui nous retiennent, et quand ce n’est pas la raison c’est l’instinct, quand ce n’est pas la peur c’est le besoin. Vampire ou pas, je suis soumis à ces contraintes.
Sans puce, sans collier, les pieds tout justes chaussés, j’ai l’air échevelé d’un adolescent en fuite, figé dans la panique et la nécessité de changer de cachette plusieurs fois par jour. Je n’ai pas oublié Marin, à vrai dire je pense à lui tout le temps, je pense à sa bienveillance, ses yeux mordorés, ses grandes mains qui me lavent les cheveux, l’odeur du détachant, son lit qu’il m’a si gentiment prêté à moi le sauvageon assassin, et à sa présence que je ressens sans pour autant savoir où il se trouve en ce moment. Marin, mon sauveur, ma dette éternelle, et que je ne reverrai sans doute jamais. Oh, je suis lucide. Ils m’attraperont tôt ou tard. Les bêtes du directeur du Centre, ou bien la Milice, que sais-je encore.

Je n’ai pas de marquage, un tatouage caché sous un morceau de t-shirt arraché noué autour du poignet, je me lave dans les flaques quand j’en trouve en bordure de la forêt, errant à la frontière de la civilisation. Parfois je vois des libres traverser la nationale peu avant de me terrer pour la journée, mais nos regards n’ont qu’à se croiser pour qu’ils sachent que je ne suis pas un danger. Je n’ai jamais appris à chasser, je me nourris…de rats, de rongeurs ou d’oiseaux quand j’en trouve, jusqu’à en être affaibli, les yeux cernés de ridules mauves, les lèvres exsangues. Alastor me trouverait si négligé que j’hériterais sûrement d’une gifle ou d’une fessée bien placée, peut-être bien pire, mais ces pensées me font sourire quand seul, je laisse le vent me balayer les cheveux, trop longs, trop ondulés, trop noirs et bleutés sur les tempes. Négligé. Sauvage. Le chien aime ça. Lui aussi apprécie de n’être plus sous le joug de quiconque. Quand tout cela s’arrêtera-t-il ? Combien de temps vais-je me satisfaire de la médiocrité de l’existence que je mène ? ...

Chaque jour, je donne un petit coup de couteau dans le bois d’un arbre, réflexe conditionné par mon esprit de vampire encore trop jeune pour saisir l’ampleur du phénomène d’immortalité. J’attends, on dirait que j’attends, mais quoi ?

L’automne a fini par arriver et le froid avec mais il est comme un écrin de douceur pour moi. Les premières gelées au moment d’aller dormir, la tiédeur des feuilles mortes au soir après une journée ensoleillée… Je passe plus de temps dans les bois que sur l’aire abandonnée où j’ai dormi les premières semaines. Je ne m’aventure pas dans la ville, me jugeant trop inexpérimenté pour me dissimuler dans les égouts comme certains esclaves auto-affranchis. Mais trop longtemps conforté dans la chaleur d’une maison, j’en viens à envier le sort des humains que je vois assis à côté de leurs maîtres en voitures.

Seul. Avec le chien d’Ullapool.

Ce jour-là ce fut lui qui me réveilla, flairant une intrusion dans mon maigre et reculé espace vital, une souche creuse dans laquelle je dors en boule, bras autour du corps. J’ouvre les yeux sur l’ouverture étroite et la trouve bouchée. Mon instinct me dicte de ne pas bouger, j’ai du plomb dans le corps, mains et pieds, je n’esquisse de mouvement ni ne pense comme si le moindre signe de « vie » pouvait me perdre. Mais c’est un petit cœur humain qui bat au-dessus de moi. Je me déplie et attiré par ma curiosité longtemps refoulée, je pointe le nez dehors. Casquette, gros pull, mitaines et écharpe, le petit garçon me fixe avec de la morve au nez. Dans le bas de son dos remue une queue de lièvre. Je sens qu’il a peur, mais que son courage est plus fort. Au moins nous sommes deux, si l’on peut dire que je suis courageux…

Comment suis-je censé procéder ? Je n’ai pas parlé depuis des mois…et c’est un humain, un petit libre. Pourquoi suis-je si intimidé ? Mes cheveux me tombent sur les yeux et je les chasse d’un geste sans brusquerie, me mettant debout sous le couvert des arbres. Face à face, ses yeux me dévisagent comme si j’allais lui apporter la clé de l’existence. Sa joue est mangée par une blessure fraîche.

- T’es pas un chasseur, toi.

Son assurance me fait lever les sourcils. Je n’ai…jamais vu d’enfant de toute ma vie. Alastor me gardait à l’écart de toute chose extérieure à la maison, et même Douglas ne m’a jamais conduit aux abords d’une école ou d’un parc de jeux. Je fais non de la tête, doucement.

- T’es quoi, toi ?

Bonne question. Mais c’est le jeu, je dois répondre, il n’y a que comme ça que je pourrais essayer de comprendre sa présence, et j’ai terriblement envie de conversation, quand pour l’instant la faim m’épargne.

- J’ai fui mon maître, j’ai…je suis comme toi.

Ma réponse n’a pas l’air de lui convenir et je me sens tout petit. Le chien noir couche les oreilles, la queue entre les jambes.

- Comme moi ? T’es pas comme moi, j’ai pas d’tatoo moi. Et j’ai pas des grandes dents, enfin si mais papa les coupe.


Les coupe ? Je fais vite le rapprochement avec son hybridation et puisqu’il me fait une confidence, je lui emboîte le pas, gardant toutefois mes distances ; les lapins détalent vite, non ?

- Je n’ai pas connu mon papa. Je n’ai pas connu...maman. Tu en as de la chance.

Le gamin ne se dégonfle pas et gonfle le torse sous son gros pull rapiécé.

- Mon papa il sait faire plein de choses ! C’est lui qui a construit notre cabane mais on doit tout le temps changer de cachette à cause des vampires ! Là il m’a envoyé chercher des faînes pour faire de la farine !


Je lève la tête.  Nous sommes sous des hêtres, c’est donc pour ça qu’il m’a découvert.

- Si tu veux je peux t’aider à en ramasser, je ne vais pas te faire de mal…

Ai-je besoin de me justifier, bien qu’au fond de lui il sache parfaitement que je sois capable de lui faire pire que ça. Je fais partie des vampires qui le forcent à changer de « cachette » après tout, et son père a dû le mettre en garde contre les éventuelles rencontres qu’il pourrait faire. Mais ma proposition le fait rougir et il se tend comme pour avancer, pourtant ses leçons l’en empêchent encore, aussi pour montrer l’exemple et ma bonne volonté, je m’accroupis et commence à ramasser les faînes.

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Dernière édition par Apolyon le Mar 24 Oct 2017 - 18:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Au son des feuilles d'automne [PV Ulysse Kingslay] CLOS   Dim 8 Oct 2017 - 19:52



L'automne était une saison magnifique pour qui savait être sensible aux tourbillons de feuilles mortes, aux dégradés de rouge et de jaune et au chant des arbres, si particulier à cette époque où le vent faisait chuinter leurs branches presque nues. Ulysse aimait l'automne, un peu plus que l'été et un peu moins que le printemps. Le mois d'octobre lui rappelait les longues séances de chasse auxquelles il ne s'adonnait plus qu'extrêmement rarement, vestiges d'un entraînement de survie assimilé à l'armée. Mais ce n'était, ce soir-là, pas le fusil sur l'épaule qu'Ulysse pénétra dans la forêt bordant l'Ouest de Dornia. Il n'était pas ici pour traquer l'animal. Non.

C'était la chasse aux champignons.

Panier en osier sous le bras, pantalon de toile brune épaisse et parka verte sur le dos, le Leader de Dornia imaginait déjà le Dornia's Time dénoncer son passe-temps du dimanche... Qui n'avait en réalité pas grand chose d'un passe-temps. André, son majordome et fils toujours alité, avait émis à son réveil le souhait aussi subit qu'incongru d'avaler une soupe de champignons frais. En père aimant et ne reculant devant aucun effort pour alléger les peines de son majordome, Ulysse avait passé quelques coups de téléphone pour trouver un marchand de légumes possédant des girolles, morilles ou pieds de moutons dans son étalage... Sans succès. Lorsqu'il avait raccroché, André avait poussé un tel soupir que même une pierre aurait vue son âme se fendre en deux morceaux, et Ulysse était parti en expédition.

C'est ainsi qu'il se retrouva à farfouiller sous les buissons et autour des souches d'arbre, recueillant quelques maigres victuailles. Son oreille fut attirée par un bruissement dans son dos et il se retourna doucement, levant un sourcil sur... Hé bien, c'était visiblement un hybride lapin. L'Anglais lui décrocha un sourire avenant et, sortant un champignon de son panier en osier, lui demanda d'une voix aimable.

« Bonjour jeune homme. Tu cherches des champignons ? »

Il était fort jeune, pas bien épais et était bien loin d'approcher les 80kg qu'Ulysse pouvait aisément faire léviter jusqu'à lui... Il lui était arrivé plus d'une fois de tomber sur des esclaves en fuite lors de ses escapades et il n'avait jamais failli à les ramener dans l'enceinte de Dornia, sur son épaule s'il le fallait. Les hybrides coûtaient cher à produire...

Mais ce jeune lapereau devait avoir une bonne étoile des plus performantes, car il prononça les seuls mots qui pouvaient lui assurer un sursit de liberté.

Jeune hybride : « Nan j'aime pas ça, je suis venu cueillir des fânes. Mais mon copain il saura peut-être. Il est pas loin et il a l'air tout mou, je pense qu'il a pas beaucoup bougé. Tu veux lui demander ? »

« Avec plaisir mon garçon. »

Répondit le Leader de Dornia en emboîtant les petits pas de l'hybride. Soupe de champignons ou non, nul esclavagiste ne refusait de mettre la main sur deux esclaves pour le prix d'un... L'Anglais écouta d'une oreille distraite les babillages du garçonnet, attentif à ce qu'aucun fil tendu ne le fasse tomber dans un piège...

L'homme à qui il fut conduit n'avait rien de ce à quoi il s'était attendu. Visage cireux, traits tirés et yeux ternis par la soif, il avait devant lui un vampire. La main du garçon dans la sienne, Ulysse haussa un sourcil des plus dubitatifs, ne sachant que penser de ce qu'il voyait là.

Jeune hybride : « Hé, tu sais où trouver des champignons ? »

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“L'excès de sévérité produit la haine. L'excès d'indulgence affaiblit l'autorité. Sachez garder le milieu et vous ne serez exposé ni au mépris ni aux outrages.”
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MessageSujet: Re: Au son des feuilles d'automne [PV Ulysse Kingslay] CLOS   Lun 9 Oct 2017 - 21:13

Parti de son côté pour "être plus efficaces", le garçon revient après de longues minutes, peut-être même une demi-heure. J'ai fait un petit tas de faînes près de la souche avec la simple et douce pensée d'aider, de participer à une entreprise plus grande. Cela ne me coûte rien, cela me rend fier, heureux d'avoir un peu de compagnie, et de donner un autre son de cloche à cet enfant qui m'a perçu dès le premier abord comme le prédateur dangereux que je sais être au fin fond de moi-même. Prédateur qui se réveille quand la présence revenant dans la clairière est double, humaine et vampire.
Je ne suis pas sûr de comprendre...
"Hé tu sais où trouver des champignons ?"
Des...champignons ?
Le chien a sauté sur ses appuis, surgissant des ténèbres derrière moi pour bondir en avant, les crocs dégoulinant de sang et de salive, les yeux comme deux rubis violents. Je me redresse, terriblement lentement, prenant la mesure de la situation, comprenant sa gravité, sa précarité. Le chien aboie mais je ne bouge pas. Le petit ne sait probablement pas qu'il vient de faire une effroyable rencontre, et je n'ai pas besoin d'être très éduqué aux codes du monde des non-morts pour assimiler le jugement direct de l'homme au panier, celui-là même que je perçois au fond de ses prunelles. Un frisson me descend le long de la colonne vertébrale. Est-ce le vent ?
Je voudrais saisir l'enfant, le protéger, l'emporter au loin auprès de son père, mais mes jambes sont lourdes. L'échange de regard est infini, profond, il me sonde il cherche à comprendre qui, ce que je suis. Je suis ce que je dois être pour être libre, sans entrave. Un animal sauvage, debout au milieu d'une pluie de feuilles et de faînes légères.
Le chien est furieux et à force de hurler dans mes oreilles contre l'étranger mon cerveau m'envoie une atroce décharge électrique. Je recule d'un pas, me mets en mouvement, maladroit dans mes aptitudes de vampire.
Je dois fuir. Fuir ! FUIR !
Ma lèvre supérieure frissonne, se retrousse progressivement, défiante, menaçante. Je feule et siffle comme un serpent déniché quand les larmes coulent d'elles-mêmes sur mes joues blanches. Des larmes rouges au fond de mes yeux gris acier. Je ne suis pas un chien, je suis un Basilic.

- Je...n'y retournerai pas...

Il entend. Son oreille se tend. Je sais qu'il a entendu ce souffle, ce soupir. Est-ce qu'il est seulement concerné par mon sort, par ce que j'ai fait ? Le sait-il ? Le devine-t-il ? Peu importe, il est comme tous les autres, ils sont tous comme lui !

Sauve-toi Apolyon...tu ne voudrais pas finir à nouveau dans une cage dorée...pour toujours ?

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MessageSujet: Re: Au son des feuilles d'automne [PV Ulysse Kingslay] CLOS   Jeu 12 Oct 2017 - 20:39



Les yeux vissés sur le jeune homme crasseux qui se redressait avec une lenteur attestant facilement de la peur que lui inspirait Ulysse, ce dernier haussa un sourcil dans une mimique faciale qui s'amplifia lors des premiers signes d’agressivité du brun. Comme le faisaient les bêtes, le jeune homme terrifié tentait certainement de compenser son effroi en faisant le gros dos. Mais ce garçon n'était pas une bête, il était un vampire. Sans doute jeune, au vu de ses réactions. Soif de sang mal gérée, terreur face à l'un de ses pairs, méfiance, réflexes encore très humains...

Planté sur ses deux pieds, Ulysse resta immobile, pas vraiment impressionné par le débordement émotif de son cadet. Le petit lapin tira sur son bras, visiblement mal à l'aise au milieu de toute cette tension, et, lorsque l'Anglais le libéra de sa poigne, il fit un pas hésitant vers le jeune vampire...

Jeune hybride : « Hé... Tu as mal quelque part ? »

… Et fit volte-face sans crier gare pour s'enfuir loin des deux êtres nocturnes. D'une pique mentale, Ulysse lui avait imposé la ferme envie de s'enfuir le plus loin possible du brun. Les hybrides coûtaient cher, trop chers pour être laissés à porté de main d'un nouveau-né mal nourri.

« Allons mon garçon, ne vous mettez pas dans un état pareil, vous n'êtes pas le premier à avoir des premiers jours difficiles, ne soyez pas si... »

Dans un bruissement de feuilles mortes, le nouveau-né détala comme un lièvre, sous le regard mi-médusé mi-contrarié d'Ulysse, qui regarda un instant la silhouette s'éloigner avant de poser son panier en osier à terre dans un mouvement tranquille. Il n'était pas pressé : le fuyard était jeune, paniqué et certainement affaibli par la soif. Lui était un vieux vampire au sommet de sa forme, aux aptitudes physiques entraînées à outrance, et même cette vieille canaille de Von Hertling ne pouvait se mesurer à lui sans y laisser quelques bleus et au moins un paquet de cigarettes pour passer sa contrariété.

L'ombre d'Ulysse se mêla aux feuillages rougeoyants, ses yeux se verrouillèrent sur la silhouette noire du jeune homme, son odorat s'accrocha à son odeur et... Sa main ne tarda pas à plonger dans les mèches sombres de crasse de sa cible. D'un rond de jambe, le brun fut envoyé au sol, le nez dans la mousse humide de la forêt. La poigne du Leader conserva le visage d'albâtre face contre terre tandis qu'il s'installait tranquillement à califourchon sur son dos. Sa main libre parti fouiller dans l'une des nombreuses poches intérieures de sa Parka pour en sortir son téléphone, et il composa le numéro privé du Capitaine Von Hertling, sans pour autant démarrer l'appel.

« Enfin jeune homme, quelle idée de détaler ainsi... Vous prenez-vous pour un lièvre ? Regardez vous, même sur son lit de mort mon arrière grande tante Violette avait meilleur une mine que la vôtre. Puis-je connaître l'objet de votre fuite ?... »


Jugeant que le garçon n'était pas assez sot pour tenter de le renverser, Ulysse ôta sa main de la tignasse pour laisser son propriétaire relever la tête. Il resta néanmoins stationné sur son dos, comme s'il s'agissait là du plus confortable des fauteuils anglais. Ses yeux gris glissèrent sur le poignet embobiné dans un mouchoir formant un simulacre de bandage...

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MessageSujet: Re: Au son des feuilles d'automne [PV Ulysse Kingslay] CLOS   Sam 14 Oct 2017 - 11:15

Je ne me rappelle pas. J'ai été trop rapide pour moi-même, et sur une injonction aboyante du chien j'ai couru jusqu'à me faire faucher par l'homme au panier dont la force transparaît dans les traits de son visage. Son corps est lourd, m'écrase dans l'humus et la terre froide. Mes lèvres avalent des débris de feuilles, je crache, sa main appuie sur ma tête, serre les cheveux longs de ma nuque et son bassin vient empêcher le mien de se relever. Je comprends que je suis fait, et que la chance que j'ai pu avoir auparavant ne me sauvera pas de ce vampire probablement âgé de plusieurs siècles de plus que moi. Mais accepter mon sort serait renoncer à tout ce que je me suis promis depuis que j'ai fui le Centre, depuis que j'ai tué Alastor.
Je ne peux pas. Où est le chien ? A-t-il pris peur ? Comprend-t-il qu'il va devoir rester à nouveau derrière des barreaux ? Car je ne doute pas une seconde qu'il soit affilié à quelque brigade ou institution juridique, tout son être respire l'autorité, une autorité à laquelle je suis extrêmement sensible, dressé jusqu'au bout de la queue que je suis. Malgré cela, son ironie me blesse et je parviens tant bien que mal à me retourner de manière à lui imposer un tête à tête qui me fait frissonner. Les détails se son visage s'inscrivent sur mes rétines, dans ma mémoire. Barbe, moustache, bouche assurée et tranchante, sourcils épais, arrogance dans le port des pommettes, cheveux faussement indisciplinés...Il m'analyse, et j'évalue les possibilités de m'échapper sans qu'aucune vibration ou impulsion physique ne trahisse ma volonté. Je me montre calme, de longues secondes sans répondre à sa question. J'attends. J'attends qu'il prenne confiance en mon immobilisme soumis, jusqu'à ce que...un éclair passe dans le gris métallique de mes yeux et je jette mon poing dans ses parties intimes, ayant au moins l'avantage de le prendre de cours - sans doute pensait-il que je frapperais plus haut ? Le visage ? - puis me ruant sur lui, le faisant basculer sur ma force de jeune transformé inexpérimenté. Rapidement je suis dépassé par cette puissance que je ne laisse jamais jaillir, préférant la faire sommeiller au fond de mes entrailles. Je hurle comme un enragé et projette mes doigts vers ses yeux...Je vais crever ce regard qui me prive de ma liberté ...!

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MessageSujet: Re: Au son des feuilles d'automne [PV Ulysse Kingslay] CLOS   Sam 14 Oct 2017 - 15:27



Si certains vampires gagnaient en impatience et en sanguinité au fil des décennies, Ulysse étaient de ceux pour qui l'écoulement du temps était synonyme de patience décuplée. Entre ses cuisses, le jeune vampire se contorsionnait avec un acharnement admirable, et Ulysse soulagea le poids de son corps en s'appuyant un peu sur ses genoux, laissant là l'occasion à son cadet de se retourner. Parfois il était plus efficace de lâcher un peu de mou afin d'obtenir les réponses souhaitées.

Face au stoïcisme animal du brun, l'extrémité de la bouche du Leader se crocheta d'un rictus amusé. Il semblait avoir retrouvé le calme, mais n'était-il pas courant chez les petits animaux sauvages et mal éduqués de feindre la mort pour mieux pouvoir s'échapper ensuite ? Patient, Ulysse attendit. Il était bien trop vieux pour former un jugement sur une première impression. Il avait tout son temps, si le garçon voulait jouer à la langue de bois, il attendrait. Pour se faire, il bougea un peu son bassin pour s'instaler plus confortablement dans le mou du ventre du fuyard et quitta du regard le garçon, l'espace d'une seconde...

… Qui lui fut suffisante pour se rappeler que les jeunes gens compensaient fort bien leur manque de puissance par une vivacité des plus fulgurante. L'un de ses sourcils cendrés s'arqua sous la surprise et il se courba un peu dans un juron étouffé... « For god's sake ! »... Suivit d'un froncement de sourcil sévère lorsqu'il bascula en arrière. Son grand âge le préservait d'une douleur trop importante dans les parties, aussi fut-il en pleine possession de ses moyens lorsqu'il devint urgent de maîtriser le jeune sauvageon hurlant à s'en éclater les poumons. Les mains agressives qui visaient ses yeux furent attrapées, les deux poignets du brun enserrés dans l'une de ses mains, et Ulysse se redressa. Lentement.

« Assez de ces singeries. »

La voix était grave, dénuée de la note malicieuse et légère qui l'enrobait habituellement. Les traits sévères, Ulysse noua l'un de ses bras autour de la taille de l'enragé, le collant contre lui pour l'empêcher de se relever. Son autre main tenait les poignets du garçon fermement enserrés entre leurs poitrines. D'une voix basse, voyant l'éclat vif dans les yeux de son vis-à-vis, tous aussi gris que les siens, il jugea bon de préciser :

« Un coup de tête serait une très mauvaise idée, mon crâne est dur comme du Chêne. Je vous suggère de trouver le moyen de contrôler votre agressivité, puis de me dire qui vous êtes, et ce que vous faisiez avec cet hybride lapin. »



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MessageSujet: Re: Au son des feuilles d'automne [PV Ulysse Kingslay] CLOS   Dim 15 Oct 2017 - 11:00

Mon souffle devient erratique et toute la force de mon opposant se dresse contre moi pour me réduire à l'état de la chose que je suis déjà. Le chien est fou de rage mais il préfère me livrer que de se battre...Dans ma bouche, le goût du sang, mon propre sang quand mes gencives fragiles éclatent en laissant sortir mes crocs jeunes et inexpérimentés. J'ai mal, sa poigne est pire qu'un étau ! Je lâche un gémissement pitoyable, pathétique en me crispant de la tête au pied pour tenter de résister...encore un peu. Les vêtements prêtés par Marin et déjà usés sont couverts du sang de mes larmes. Je fais pitié, tellement pitié. Alastor serait implacable s'il me voyait dans un tel état, et pendant une poignée de secondes je supplie Dieu de me ramener un an en arrière, dans la maison qui m'a vu grandir, entre les mains d'Alastor où je connaissais confort, chaleur... Tu sais que c'est faux ! Ma conscience hurle et je perds pied. Mon élan de puissance retombe, aussi éphémère qu'un coup de tonnerre et je pends, épuisé, tenu aux poignets par l'homme aux cheveux d'argent. Ses yeux sont durs, sévères. Si sévères. Il ne se fait pas avoir une deuxième fois, ne relâche pas son attention. Mais c'est fini, je ne vais plus lutter. Pourtant...

- Cela n'a aucune importance...et cela ne vaut pas la peine que je vous le dise, vous le découvrirez bien assez tôt, quand vous m'aurez conduit en prison, quand vous aurez scanné mon tatouage, et que les monstres du Centre se jetteront sur vous pour m'acheter et mieux me punir...pour ce que j'ai fait. Ce qu'ils m'ont fait faire.


Dis-je en plusieurs fois sans le quitter des yeux. Défier un maître ne m'est jamais venu à l'idée, je n'ai jamais désobéi, enfin...avant. Mais la détresse brise les chaînes parfois. D'un autre côté je le mets au défi d'exécuter les sentences que je viens de lui soumettre ; je ne doute pas qu'il soit un homme de cet acabit.

- Le jeune garçon n'a rien à voir là-dedans...laissez-le, je vous en prie...il a juste eu le malheur de me rencontrer. Cela ne doit pas gâcher son existence...Je...je ferai ce que vous ordonnerez, je le jure.

Ma parole est d'or, j'ai été bien dressé, suffisamment pour que cela s'inscrive à jamais dans mon ADN. Le sang sèche sur ma peau pâle, laiteuse et superbe quand elle est propre et entretenue. Sous le désordre de mes cheveux bleutés je fixe le vampire tout-puissant, mes mains bleuissant à vue d'oeil.

- Je jure d'obtempérer malgré la terreur que l'avenir suscite en moi.

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MessageSujet: Re: Au son des feuilles d'automne [PV Ulysse Kingslay] CLOS   Mar 24 Oct 2017 - 13:20



Pour celui qui sait se montrer attentif aux détails des plis de la peau au coin des yeux, aux vacillements du regard, aux intonations changeantes dans la voix, il n'est pas très difficile d'identifier la détresse. Les yeux d'Ulysse, sans émoi apparent, se contentaient de récolter toutes ces petites et précieuses informations pour tenter de reconstituer un puzzle dont il ne possédait que d'infimes morceaux. Cependant, il était persuadé que celui qui s'accablait sur ses genoux était l'une de ces pauvres et jeunes créatures vampirisées sans bienveillance et laissées à elles-mêmes. Quelle navrante tristesse de découvrir encore aujourd'hui ce genre de fléau de négligence ! Pauvre enfant.

Sa poigne se desserra quelque peu et, sans plus se préoccuper de l'hybride qui, de toute les façons, finirait par être découvert par les troupes de Von Hertling, Ulysse leva une main jusqu'au visage bardé de souillures pourpres, et passa son pouce sous les yeux rougis du jeune homme qui le fixait avec tant d'aplomb.

« Allons mon garçon, je suis persuadé que vous n'êtes en rien un rebelle ou un terroriste. Nombre de jeunes gens ont été jetés à cette vie immortelle sans parachute, nombreux sont ceux à s’être enlisés dans des situations abracadabrantesques, et la plupart sont aujourd'hui des hommes tout à fait respectables.. »

Un sourire aussi mince que simple se dessina sur les lèvres de l'Anglais qui éloigna sa main du jeune homme pour la reposer dans son dos. Devant l'air circonspect de son vis-à-vis très rapproché, il continua.

« Je n'ai pas intérêt à gâcher votre vie, peut-être même pourrais-je vous aider à reprendre pied si, comme vous le dites, vous êtes enclin à la coopération. Prouvez-moi votre bonne foi en commençant par me donner votre prénom et l'identité de votre paternel. »

Ces derniers mois, plusieurs dossiers traitant de « jeunes transformés aussi prometteurs que problématiques » lui avaient été soumis. S'ils étaient tous imbibés d'injustice et de négligence éducative, l'un d'entre eux avait, en plus, la particularité d'être particulièrement malsain... Et il semblait à Ulysse que, sous la couche de crasse qui recouvrait le garçon, il y avait des traits qui correspondaient au portrait altier du jeune vampire ayant vécu des sévices particulièrement répugnants...

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MessageSujet: Re: Au son des feuilles d'automne [PV Ulysse Kingslay] CLOS   Mar 24 Oct 2017 - 15:12

Mon sort apparenté à celui de tant d'autres, il n'a pas l'air de comprendre que j'ai tué mon Créateur et maître et que j'ai crevé l’œil de mon chef de section au Centre de Redressement.
Ses yeux sont assurés, de ceux des hommes mûrs j'imagine ; je n'ai pas suffisamment connus d'hommes pour juger de leurs caractéristiques et en déduire des archétypes. Pourtant je sens qu'il en sait plus qu'il ne veut bien le dire. Une certaine malice éclaire les traits virils de l'homme à la barbiche. Ses gestes sont juste là pour me canaliser, me maîtriser, pas pour me contraindre ou me faire mal. Je n'ai pas mal ! Physiquement du moins, mais je crois que mon âme est en train de s'émietter à nouveau, maintenant qu'on me replonge dans la réalité que je fuyais comme un forcené. Ma vie de sauvageon se termine entre les mains de cet inconnu qui m'appelle simplement et sans détour "Mon garçon", et me demande de lui prouver ma bonne foi. Je saisis cette chance, embrasé par la lumière émanant de son corps, avant de comprendre que...je suis fatalement sous-alimenté au point d'en avoir des hallucinations. Je me lèche péniblement les lèvres, ma tête dodelinant mollement sur sa base, mes paupières lourdes et les veinules sous mes yeux me tirant la peau. Reprendre pied a-t-il dit. Y a-t-il seulement un repentir pour les choses brisées et re-brisées ? Plus de colle pour me refaire, je ne peux plus me réparer tout seul. Il... me faut de l'aide.

- Apolyon. Ce n'est pas mon nom de naissance, mais celui que mon maître m'a donné.

Je fais l'effort d'ouvrir les yeux, billes de nacre dure, brillantes et mélancoliques. Le pli "divin" de mes lèvres esquisse les mots qui suivent.

- Mon maître et Créateur était l'évêque d'Ullapool, Sa Sainteté Alastor Pherson.

Et comme motivé par l'ébauche de ma confession, je poursuis. Je lui raconte comment je l'ai assassiné après qu'il m'ait donné le Don Obscur, comment j'ai erré comme une bête pendant des semaines dans la maison vide et dévastée par mes élans de colère inconscients, comment la milice est venu, comment j'ai été jugé et condamné à être revendu au service de l'opportuniste de passage, puis finalement sauvé par Cidhe Von Garreth, l'américain qui m'emmena sur ce continent, puis enfin relâché, recapturé, évadé, et ainsi de suite. Le schéma récurrent me glace les sangs. Je crois que je pourrais m'évanouir si j'étais de plus faible constitution, mais être imberbe ne fait pas de moi un enfant.

------------------

De nouveau la sensation d'être l'objet qu'on a façonné, la création qu'on manipule, le froid de leurs mains sur mon bras quand ils relèvent ma manche, ôte le bandage et révèle un tatouage saccagé par des coups de pierre, d'écorce et de griffes. Mais la cicatrisation, aussi mauvaise soit-elle sur mon corps affamé, opère et laisse un code-barre lisible. Ils approchent le décodeur qui émet un son bref, strident pour mes oreilles déshabituées des sons civilisés, moi qui ai côtoyée la forêt depuis des mois.

Bête de somme, servile, errant, ce chien...

- Et voilà c'est comme qui dirait le gamin que l'on recherche depuis des mois...Numéro 758 504 44.

Bête noire, grondante, enragée, cette chienne...

Je voudrais prendre ma tête entre mes mains mais elles sont menottées avec un alliage spécial qui réduit mes quelques forces restantes à néant.

- Faites-le assoir. On va commencer.

On me prend les épaules et on me force à ployer, m'installer sur une chaise en métal glacée. Une lumière jaillit, m'aveugle, me fait sortir les crocs et feuler méchamment, gêné que je suis qu'on ne m'ait pas prévenu de cette gêne. Ils veulent te faire parler... Je sais, et j'ai donné ma parole à celui qu'ils nomment "Monsieur Kingsley - ou Kingslay - ?". Alors je me montre docile, lèche mes commissures sèches et plisse les yeux.

- Bien, numéro 758 5 ...

Un raclement de gorge de Monsieur Kingslay interrompt la démarche engagée par un vampire que je ne vois pas mais devine derrière la lumière vive.

- ...Apolyon. Ahem. Vous avez tué votre maître et Créateur, ce n'est pas une nouveauté, n'est-ce pas ? Vous avez été jugé pour cela, nous ne reviendrons donc pas sur ce meurtre classé. Néanmoins vous avez persévéré malgré un séjour au Centre de Redressement de Dornia où vous vous êtes attaqués violemment au chef de section de la zone confinée avant de vous échapper. Jusqu'ici, êtes-vous d'accord avec la déclaration ?

Si tu mens, je te frapperai...

La voix d'Alastor se met à résonner en moi et je me recroqueville...intérieurement. Il fait froid, je suis fatigué...La voix de l'interrogateur m'agresse les nerfs, je pourrais...aboyer. Je cherche Monsieur Kingslay du regard, ne le trouve pas, et finalement daigne répondre.

- Vous savez déjà tout. Je ne vois pas ce que je peux ajouter. Je ne me suis pas nourri depuis des semaines, je ne suis pas sûr d'avoir l'esprit très clair...



...

Si tu me fuis, je te tuerai !

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MessageSujet: Re: Au son des feuilles d'automne [PV Ulysse Kingslay] CLOS   Mar 24 Oct 2017 - 15:53



Ecoeurement et tristesse fataliste passèrent dans le regard d'Ulysse lorsque le nom d'Alastor franchi les lèvres abimées de l'enfant. Alors c'était donc bien lui, cette pauvre créature victime de la perversion macabre d'un homme qui aurait dû lui montrer la voie plutôt que de le plonger dans les ténèbres du vice et de la cruauté. L'Anglais accorda tout le temps nécessaire à la confession d'Apolyon, puis le releva doucement sur ses pieds et composa le numéro de téléphone de la milice.

Il était de son devoir de l'aider.

¤

Après un trajet dans le calme, assit sur les bancs noirs de l'un des fourgons de la Milice Dornienne, Ulysse et Apolyon arrivèrent au Quartier Général. Paperasse, scans, mise en place d'une cellule d'interrogatoire, puis le rituel commença, sous l’œil avisé du Leader, adossé contre un mur à la droite de la table où se trouvaient le jeune homme au bout du rouleau et son interrogateur. Il leva un sourcil lorsque la lampe fut allumée en projetant un faisceau blanc dans le visage d'Apolyon, puis rappela d'un aimable toussotement que le garçon n'était plus un esclave sous numéro.

L'annonce du jeûne complètement aberrante fit presque sortir les yeux des orbites du Milicien ainsi que ceux d'Ulysse. Plusieurs... semaines ? Même les plus vieux des vampires se nourrissaient davantage, au risque de sévères problèmes de folie sanguinaire. L'homme à la tête de l'interrogatoire leva la tête vers l'Anglais qui lui accorda un hochement de tête entendu et s'approcha de lui. Les feuilles du dossiers volèrent sous les doigts du Leader, quelques mots furent échangés à voix basse avant que finalement soit conclu un accord, compte tenu de la gravité de la situation.

« Vos éléments sont conformes aux paroles que j'aie entendues de la bouche d'Apolyon. Vous conviendrez qu'il n'est évidemment pas en état de continuer cet interrogatoire, aussi je vous propose de le repousser de quelques jours. Je prendrais le garçon avec moi, et me porterais garant de ses actes et de sa présence à sa prochaine convocation... »


S'en suivit quelques griffonnages sur le papier, quelques accords verbaux qui suffirent à lever les obligations pesant sur les épaules d'Apolyon. A Dornia, nul ne saurait remettre en cause la droiture d'Ulysse Kingslay.

¤

Le temps d'appeler un taxi et de traverser les couloirs gris du Quartier Général de la Milice, la nuit touchait à sa fin. Marchant d'un pas égal, saluant les gradés qu'il croisait, Ulysse, voyant que l'allure d'Apolyon ralentissait au fil des secondes, jugea bon de passer un bras ferme autour de ses épaules pour l'amener jusqu'au taxi. Là, une fois assit sur la plage arrière du 4x4, les mains nouées sur l'une de ses jambes croisées, Ulysse se contenta d'une petite phrase pour empêcher le brun de replonger dans l'univers marécageux de ses pensées.

« Ne vous en faites pas, votre errance touche à sa fin. Quelle folie de ne pas vous être nourri pendant si longtemps ! Et quel miracle que la soif de sang ne vous ai pas dépossédé de toute once de lucidité... »

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MessageSujet: Re: Au son des feuilles d'automne [PV Ulysse Kingslay] CLOS   Mar 24 Oct 2017 - 18:08

- Vous me pardonnerez de ne plus croire aux miracles, Sire. Je ne crois pas en grand chose, le Dieu que mon maître imploré ne m'a jamais pris dans ses bras. Je suis un enfant maudit, voilà tout, un enfant qui a dû apprendre à marcher seul.

Déconnecté. Mes mots s'enchaînent, résistant à l'envie puissante de me laisser glisser dans un sommeil qui serait proche d'un coma, quand mes doigts révèlent leurs jointures bleuies. On m'a ôté mes menottes, je suis "libre", ou presque, assigné à résidence et tenu d'obéir à cet homme assis à côté de moi dans un taxi comme s'il se rendait à une quelconque soirée pour rejoindre des amis. Je le regarde longuement, le trouve majestueux. Un homme du passé. Un homme qui a fait plus pour moi en quelques heures que toutes les personnes rencontrées durant mon existence. Il a conscience de choses qui m'échappent, veut me préserver comme si son empathie allait au-delà de la bienséance, comme s'il...comprenait ? Non, je ne sais pas s'il comprend qu'il ne sera pas aisé de me rendre tous mes esprits, pire ! de faire partir le chien noir. Je ne l'ai pas revu depuis la forêt, pour l'instant il se tient tranquille.
Tout est allé vite, le temps accélère en présence des miens, il n'est plus régi par la météo, par le souffle des arbres et le passage des animaux et des humains sous les ramures. Il est voitures, lampadaires, néons clignotants et conversations que je perçois en décousu derrière les vitres et le ronronnement du moteur. Ullapool était calme. Dornia est nerveuse et m'oppresse.

- Vous m'emmenez chez vous, je ne sais pas quoi penser. Je ne sais pas si je dois vous maudire, vous remercier ou bien choisir de fuir à nouveau en brisant la portière. Mais vous me rattraperiez certainement, étant donné mes carences.


Une pâle imitation de sourire fleurit sur ma bouche sensuelle tandis que j'incline la tête sur le dossier, en arrière, gardant les yeux posés sur son profil plein d'une austérité charismatique. Je crois que cela participe aussi à me garder obéissant. Rapidement je me rends compte que je me montre parfaitement odieux et méprisant dans mes propos, face à celui qui aurait sûrement préféré rentrer chez lui, seul, avec ses champignons.

- Je suis désolé pour votre cueillette. Peut-être que si j'échappe à l'esclavage et à la prison, je pourrais vous montrer un endroit où il pousse de délicieuses trompettes de la mort. Je les cuisinais autrefois. C'était...il y a si longtemps.

La lassitude s'empare de moi, sans doute accompagnée de relâchement. C'est vrai, j'ai le sentiment d'être en sécurité. L'habitacle est chauffé et mes vêtements humides ne sont plus si glacés sur ma peau blanche. Je m'endors et ma tête roule sur l'épaule de mon sauveur. Il y a des façons plus élégantes de dire "merci", mais pour l'instant je m'en contenterai.

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