AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

Partagez | 
La perdition du Joker [PV : Raimbert]
♠ Joker ♦
Messages : 88
Métier : Directeur de Farmacom / Membre du Conseil
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
♠ Joker ♦
MessageSujet: La perdition du Joker [PV : Raimbert]   Lun 18 Sep 2017 - 0:39


Perdu
Je suis épuisé... Je me gare péniblement dans l'allée de la villa après avoir manqué de m'assoupir plusieurs fois. Yi-Jun et son compagnon ont enfin trouvé le sommeil, ils sont en sûreté, loin de la menace de la terrible Justice qui n'aurait pas hésiter un instant à punir ce milicien qui a succombé à son cœur de bête. Comment lui en vouloir de vouloir détruire le monde quand celui qu'il aime fut le pantin d'un monstre pendant trop longtemps ? Moi même, je suis furieux, empli de rage, de haine, de ces sentiments de colère que je n'ai jamais vraiment ressenti. Moi aussi, en voyant tout ce sang, en voyant mon ami si faible, en pleurs en face de moi, j'ai sentit mon monde s'écrouler tout autour de moi, ne laissant qu'une fine couche de terre pour me séparer des ténèbres et de la folie. Mais j'ai lutter contre l'instinct animal. Il le fallait, pour eux, pour les sauver. J'ai tellement mal... Je me suis enfilé une bouteille, mais je ne saurais dire si c'était le vin ou le sang... Je commence à croire à la première option, la douleur est toujours intense. Mon œil, partit, arraché par le milicien fou furieux. Je ne peux pas lui en vouloir et de toute manière, ça repousseras. Je check mon téléphone, tout est flou. Je suis épuisé... Doucement, je sors de la voiture, manque de tomber dans la piscine et galère à trouver la bonne clé. Ah, mais c'est ouvert en fait... J'ouvre doucement la porte, tente de la refermer aussi doucement, mais je tremble. Le bandage est imbibé de sang, l'odeur me chatouille les narines alors que je traîne. Ils doivent dormir tout les deux. Mieux vaux ne pas les réveiller. Il est si tard, le soleil ne va pas tarder. Je n'ai même pas pu prévenir où j'étais... Ah, Raimbert va m'en vouloir.

Je m’effondre dans le canapé et laisse fuir un soupir. Si mal, trop mal. Ça tape dans l’œil que je n'ai plus. Du sang... J'en ai vraiment besoin. Mais je ne peux pas aller réveiller l'un des deux mortels pour ça. Non, laissons les dormir. Je trouve la force d'aller jusqu'au frigo saisir une bouteille et la vider intégralement. Juste de quoi me donner l'impression d'aller mieux. Mais au fond, ça ne va pas, je ne me sens pas bien. Car je réalise seulement ce qu'il s'est passé. Que j'ai oser le blesser, les plaies que j'ai suturer, ce mot gravé dans sa chair, leurs cris et leurs pleurs. Ça tourne dans ma tête, ça me frappe, un souvenir si récent qui me fait me mordre la lèvre et contenir durement mes larmes. Mes amis, qu'est-ce qu'on nous as fait ? On a mutilé le Roi, son Valet hurle de douleur et moi, je suis là, entre eux deux, pour les sauver, tel un Joker. Et j'en ai payé le prix. Le prix du sang, de la chair. Mon œil perdu, la peur ancrée. Et la réalisation que j'ai faillit perdre la vie, un ami, bien plus. En passant rejoindre le canapé, j'effleure une feuille. Tiens, une enveloppe, à mon nom ? Je reconnaît l'écriture.

Était-ce le moment de revenir ? Un signe du destin, un soutien inattendue ? Je l'ignore. J'ai pris ce courrier et retour sur le canapé pour ouvrir et lire. C'est flou, j'ai tellement de mal tant je suis fatigué. Mais je déchiffre quand même des mots. Honte, crétin, bêtises, déchet. Était-ce destiné à moi ? Je fais l'effort de reprendre toutes les phrases. Et je réalise que cette lettre est un poignard qu'on vient de m'enfoncer dans le cœur. Moi qui ait déjà si mal. Ces mots, ceux de mon frère de création, de celui avec qui j'ai appris à être un vampire, me font du mal. Cette haine soudaine me brise, me fige un instant alors que des gouttes de sang viennent tâcher le papier blanc. Je lâche simplement cette lettre, qui me décrit comme un élément rabaissant, qui humilie mon père et mon frère, que mes bêtises font de moi l'homme le plus moqué de ce monde. Je me mord la lèvre, de la colère m'emplit. Non, je ne suis pas le bouffon de ce monde. Je suis juste heureux, est-ce un crime ? Non c'est vrai, ce bonheur n'a pas empêcher Yi-Jun de souffrir, n'a pas empêcher Myers de m'arracher l’œil. Mais il peut au moins panser leurs plaies. Ce papier ne devrait pas m'atteindre, mais aujourd'hui, il me fend un peu plus le cœur. J'entends des pas, ai-je réveillé quelqu'un, ou est-ce seulement le fruit de mon imagination ?

« Je suis un bouffon hein ? C'est ce qu'ils pensent tous de moi ?... C'est donc le rôle qu'on me donne ?... »

J'ai mal, et je suis perdu. Seul dans le noir alors qu'un rayon de lumière sembler percer les vitres de la villa. Je me sens mourir à petit feu, loin de tout, la fine couche de terre qui se craquelle sous mes pieds. Est-ce que quelqu'un seulement pourra prendre ma main à temps ? Y a t'il seulement une échappatoire à ce monde cruel ? Est-ce que je devrais exister ? Je ne sais plus...

_________________
The Joker:
 

Merci Yi ♥:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 43
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
MessageSujet: Re: La perdition du Joker [PV : Raimbert]   Lun 18 Sep 2017 - 20:24

Les heures d'insomnie défilaient, une à une, à leur propre rythme. Raimbert était habitué à elles et en avait fait depuis longtemps ses compagnes d'infortune, amies qui se glissaient sous sa porte lors que la Fée Electricité avait quitté les lieux et le distrayaient de leurs chuchotements mélodieux. L'humain ne dormait déjà que peu de naissance, mais la vie aux cotés de Sir Hopkins avait réduit ce besoin à peau de chagrin. Pourquoi dormir quand l'on pouvait lire, apprendre, découvrir ou mieux encore, rêvasser ?

Au creux de ses draps, tout juste vêtu d'un sous-vêtement, Raimbert regardait les ombres du cerisier tout proche esquisser encore et encore de fantastiques silhouettes sur son plafond blanc. L'enfant en lui y accrochait des noms venus du temps où le soleil était son allié. Dobrynia Nikititch l'héroique chevauchait son destrier qui, au gré du vent devenait Baba Yaga Dent-Os aux septs filles, Kikimora aux longs cheveux sales ou Drioma la Nocturne, dispenseuse de rêves et songes... Les légendes et histoires avaient pétri ses pensées durant si longtemps qu'aujourd'hui encore elles resurgissaient à la moindre contrariété, fétiche rassurant de son enfance.

Car il avait des raisons d'être inquiet. Jack n'avait pas donné signe de vie depuis plusieurs heures et son départ avait été pour le moins précipité. Ce n'était dans ses habitudes ni de découcher à l'improviste, ni de disparaitre ainsi. Par dessus le marché, Shaya s'était montré insupportable d'angoisse et de caprice, s'attendant visiblement à ce que Raimbert comble tous ses besoins d'affection. Sans l'hybride, l'humain serait sans doute resté dans le salon à guetter le retour du vampire mais l'idée de supporter ses minauderies et son comportement passif-agressif l'avait poussé à déclarer le couvre-feu. Nul besoin de se faire du mal en attendant le retour de son Gardien.

Soudain, Baba Yaga s'enfuit, son ombre difforme évanouie sous le faisceau de phares jaunes. Somnolent, Raimbert se releva sur un coude tout en s'essuyant les yeux de dos de la main. Le bruit du moteur contribua ses soupçons : Jack était de retour. Silencieusement, l'humain se glissa hors de son lit, espérant que son voisin de chambre serait moins perceptif que lui. La porte d'entrée claqua un trop fort, bruit familier qui lui réchauffait le coeur sans causer visiblement de réveil dans la pièce mitoyenne. Raimbert soupira tout doucement, soulagé de ne pas devoir gérer les emportements de Shaya.

Il prit le temps d'enfiler son habituelle robe de chambre, de velours bleu nuit, si usée que le tissu en paraissait lustré par endroit, avant de sortir silencieusement de sa chambre. L'escalier craqua sous ses pas, un peu plus fort lorsqu'il s'immobilisa, une main sur la rampe, sur la dernière marche à la recherche de Jack. L'atmosphère était étrange mais il n'aurait su dire en quoi, sans doute un reste de ses démons slaves. C'est un bruit de papier froissé, tombant au sol, qui lui fit tourner la tête et repérer son Gardien.

- Jack ?

Sa voix curieuse et un rien inquiéte précéda son entrée dans le salon. Une drôle d'odeur régnait dans l'air, douce et vaguement putride, connue mais qu'il n'arrivait pas à resituer. Elle lui évoquait un boudoir sombre, des chuchotements inquiets, l'odeur de la poudre, l'amertume de sa salive, le sel des larmes. Des petits riens qui tournèrent et cristallisèrent, libérant soudain la révélation : ça sentait le sang de vampire.

- Jack ?!

Ses pas, calmes, s'accélérèrent tandis qu'il se précipitait vers le canapé, vers la silhouette recroquevillée que les premiers rayons pâles de l'aurore semblait y dessiner. Jack, du sang sur le visage et un pansement écarlate lui cachant un oeil, semblait plus petit qu'il ne l'avait jamais été jusqu'alors. Pour qu'un vampire saigne, la blessure devait être grave et cette pensée fit s'assoir brusquement Raimbert à son coté, l'étreignant et l'obligeant à sortir de sa position de repli.

- Chut... Ca va aller...


Ca et quelques autres mots lénifiants sortirent de sa bouche tandis qu'il forçait Jack à se serrer contre lui tout rigide qu'il soit. Les questions attendraient. Le principal était sa santé. Une fois soigné, ils pourraient parler.

- Buvez.

Cou tendu, Raimbert lui offrait sa carotide sans crainte. Cela faisait des années qu'il servait ainsi, il avait depuis longtemps appris à gérer la douleur et l'affaiblissement dû à l'anémie. La priorité allait au vampire, toujours, car après tout c'était ce qu'il avait décidé de faire de sa vie. Une main à l'arrière de sa tête, l'humain le força à froler des lèvres sa peau, sa veine et loin en dessous son coeur palpitant plus vite d'inquiétude. Jack n'avait pas intérêt à refuser. Sinon...

- Et ne m'obligez pas à râler ou vous serez privé de dessert.

Inquiétude et rire dans la même phrase car c'était aussi ainsi que servait Raimbert ; par le geste autant que par l'émotion.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
♠ Joker ♦
Messages : 88
Métier : Directeur de Farmacom / Membre du Conseil
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
♠ Joker ♦
MessageSujet: Re: La perdition du Joker [PV : Raimbert]   Jeu 21 Sep 2017 - 1:37


Perdu
La voix de Raimbert tranche dans le silence qui s'était instauré. Dans les ténèbres qui me recouvrent, il est tel la lumière qui perce à travers les vitres. Il est là, douce lueur, doux contact chaud qui me force à me mouvoir alors que je tremble presque, pris dans ma terreur, dans ma réalisation. Contre lui, je comprenais mieux pourquoi ils voulaient tant être ensemble malgré la douleur. Une étreinte, aussi humaine soit-elle, est la plus douce des caresses et me rassure. Je ne suis pas seul, je ne le serais plus jamais. Tant qu'ils sont là, tant qu'il est là. Raimbert, si droit, si fidèle, si attentionné envers moi qui ne suis qu'un gardien, qu'un maître temporaire le temps que le vrai soit capable de revenir. Oh je sens que mon cœur va pleurer ce jour là. Mais je ne veux pas y penser. Ce cœur battant, ce sang si pur, si frais, si puissant. Il m'attire de lui même, vers cette gorge qui palpite. Comment résister ? Oh oui, comment. Malgré tout le sang en bouteille que j'avais englouti, j'avais toujours aussi soif. Mon corps se vide, la plaie ne veut pas cicatriser. Ou est-ce moi qui m'acharne à ne pas vouloir la voir guérir ? Cette marque que je veux soudainement éternelle, un châtiment divin, une punition que j'ai mérité pour avoir été aveugle tout ce temps. Pour ne pas l'avoir aider plus tôt. Je ne pouvais contempler que le sang. Je mord dans cette gorge vivante. Une chose que je n'avais pas fait depuis si longtemps. Quelle sensation ! Ce goût, cette chaleur, si différente, si exquise. Mes muscles tendus acceptent enfin de s'apaiser et mon esprit embrumé semble percevoir la raison. Rapidement, pour ne pas le rendre mal, je décroche et me recule, glissant rapidement ma langue sur les marques de mon passage.

« Merci. »

Un murmure à peine audible, mais qu'il allait très bien percevoir. J'ai l'impression de me sentir mieux. Mais le bandage est encore sale, pue mon propre sang. Et je sens toujours sur mes épaules la douleur. La terrible douleur d'avoir vu la Mort en face, sous le visage d'un homme fou, fou d'amour. Une folie que je ne pourrais sûrement jamais éprouver, mais qui grandit au fond de moi. C'est un parasite, un monstre qui grandit au plus profond de ma chair. Le même monstre qui a sourit à Selachi. J'ai peur, tellement peur de moi même. J'aurais pu le tuer, ce milicien fou furieux. J'aurais pu rester immobile, voir mon ami se faire arracher la vie. Et pourtant, j'ai agi. Je les ais séparés, puis réunis pour les guérir. Je tente de sortir de mes songes, mais ils me rongent, m'obnubilent. Seule la main de l'humain sur mon épaule m'arrache un sursaut et un retour à la réalité, à sa présence. Je trouve la force de me lever. Il faut que je change ce foutu bandage... Je traîne, lamentablement. Pour atteindre cette boite à pharmacie qui traîne proche de la cuisine. Espérons qu'il y ait ce qu'il faut. Je réalise à quel point je tremble. Si faible.

« Tu... peux m'aider.. s'il te plaît ? »

Que je prononce encore à demi-mot, de peur de déranger, de les réveiller. Ce fantôme va venir m'aider, porter ma douleur avec moi. J'aimerais juste m’effondrer. Fermer les yeux, et oublier. Oublier ces cris qui tourbillonnent dans ma tête, cette supplique infernale. Aurais-je dû les laisser ? Ils avaient l'air si paisible, l'un contre l'autre. Mais c'est sûrement parce que les tourments m'ont suivis. Qu'ils se pardonnent, qu'on leur pardonnent leurs fautes, parce que je plaide coupable. Faites moi mal, je ne mérite que ça. Je regarde le bandage rouge que je viens de retirer. Me dit que c'est une si belle couleur... Un sourire crispé, peut-être un peu fou sur mon visage alors que je redresse la tête. Le reflet du miroir dans la boite de soin me laisse voir le néant. Le néant qui a pris la place de mon œil, cet orifice vide et encore saignant qui tout doucement, bouche les trous. Mais l’œil lui, va prendre plusieurs jours à revenir. Pendant plusieurs jours, je n'aurais qu'un seul œil pour admirer ce monde et voit la souffrance, voir mes fils, voir ma fin qui approche doucement. J'ai mal, si mal au cœur et au corps. Cessez de hurler ! Tout va bien, je suis là ! Et je fond en larmes. Ces mêmes gouttes rouge sang qui tâche le sol alors que je tremble de tout mon long. Qu'on m'aide, qu'on me sorte de là !

« Raimbert ?... Raimbert... »

Je sais qu'il est là, mais où ? Je ne peux que fixer mon sol qui se salit. J'ai si froid, si peur... Ai-je fait une erreur ? Ou ma vie toute entière était-elle constituée d'échecs jusqu'à maintenant ? Et même maintenant, suis-je seulement digne de la vie que j'ai ? Ou ai-je volé les couronnes que je porte ? Oh votre majesté, pardonnez moi, j'ai trop longtemps joué avec vous. Me pardonnerez-vous alors que je pleure tout mes regrets ? Si seulement j'étais réellement un ami et non un bouffon. Si seulement j'avais compris, si seulement j'avais su...

Si seulement j'étais moi-même.

_________________
The Joker:
 

Merci Yi ♥:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 43
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
MessageSujet: Re: La perdition du Joker [PV : Raimbert]   Jeu 21 Sep 2017 - 20:01

La douleur au niveau de son cou n'était que tête d'épingle comparée à celles qu'il avait connues étant plus jeune. Raimbert dompta cette gêne sans difficulté d'une simple respiration ventrale contrôlée et poussa même le vice jusqu'à guider Jack, d'une main plaquée contre son cuir chevelu. Le vampire sentait le sang corrompu et les larmes, la sueur fétide de la peur en un curieux mélange qu'il n'aurait jamais associé au scientifique. Quoi qu'il se soit passé, ce devait être grave mais les questions attendraient que Jack soit en état d'y répondre.

Sa main recula, tout comme sa tête alors que son gardien cessait de s'abreuver de son propre chef. Un court instant, sa langue passa sur les marques sanguinolentes laissées par ses crocs, surprenant l'esclave bien que ce soit loin d'être désagréable. Vieux jeu et un tantinet rigide en matière de hiérarchie, jamais Sir Hopkins ne se serait abaissé à venir lécher ses plaies, préférant les frotter du bout des doigts et y déposer un peu de salive regénératrice. A son remerciement murmuré mais sincère, Raimbert répondit d'un simple sourire, heureux d'avoir pu être utile à son gardien. Mais la courbure de ses lèvres ne tarda pas à s'évanouir sous le regard troublé des améthystes perdues dans l'obscurité de leurs pensées. Jack n'allait pas bien du tout - et resserrant sa poigne sur son épaule, l'humain le força à rejoindre le monde des vivants.

Sa faiblesse et sa lenteur étaient des crève-coeurs pour l'esclave attentionné qui bondit sur ses pieds avant même que la demande ne soit formulée. Avec douceur il le mena jusqu'à la cuisine et une pensée jaillit alors que Jack se penchait sur la boite à pharmacie, ses doigts rougis laissant leurs empreinte sur le blanc du couvercle : devrait-il appeler les secours ? Jack était faible, bien plus faible qu'il ne l'aurait cru possible pour un vampire et le long de son cou, les trainées sanglantes à demi-séchées lui dessinaient comme un collier d'épines profondément enfoncé dans sa chair. Son regard attentif capta dans le miroir le reflet de ce qui se cachait sous le pansement : un trou de chair vide de tout globe oculaire, orbite de squelette sur ce visage d'adolescent par ailleurs intact. Bien qu'habitué à la vue du sang et de la chair de par son enfance au milieu des chasseurs, la réalisation de cette faiblesse lui fit lever une main dans un geste étrangement féminin - et une voix tout aussi genrée dans sa tête résonna, de ce ton mi-effrayé mi inquiète qu'elle avait si souvent dans ses souvenirs : "Mais dans quel état tu t'es mis, idiot ?"

Oui, il aurait sans doute dû prévenir les urgences - mais Jack s'effondra avant ça. Un sourire comme une cicatrice lui traversa le visage dans le miroir et se répandit en grimace, fissurant la façade joyeuse qu'il arborait ordinairement. Sa tête s'inclina, tombée en avant, et si sa face était dissimulée par les méches de ses cheveux encroutées de sang et de sueur, il n'y avait aucun doute à avoir sur ce qui la parcourait : des larmes de sang, qui se répandaient sur le plancher en lourde averse. Sa voix fêlée n'était que confirmation de ce chagrin, de cette solitude immense qui lui retournait le coeur en cet instant même.

Toute pensée logique s'évanouit alors de l'esprit de Raimbert qui laissa parler ses réflexes. Avec douceur, il se coula derrière Jack et l'enlaça. Grand comme l'était l'humain, il l'enveloppait même de sa chair et tel était le but ; le protéger de ce qui le blessait et le ramener à un ici et maintenant dans lequel il pourrait se faire son bouclier vivant. Aussi blessé qu'il soit physiquement, le vampire était surtout retourné, faible et vulnérable - tout ce que sir Hopkins aurait désigné de son habituel euphémisme ironique : dans de sales draps. Du linge sale ; le linge sale se lavait en famille - et en cet instant, Raimbert était toute la famille dont Jack disposait.

Sa poitrine était agitée de sanglots que Raimbert tenta de contenir de ses bras. A la détresse qui agitait son coeur, il opposa le sien battant dans sa poitrine, plaqué contre son dos pour lui donner un point de repère. Si le vampire était la boussole de l'esclave, celui-ci se faisait ancre lourde et massive, ancre l'empêchant de se laisser emporter par la tempête de ses émotions.

Le chagrin était trop profond pour être chassé aussi facilement - alors Raimbert se pencha un peu plus. Cage enfermant un instant l'oiseau blessé, il approcha ses lèvres d'une oreille éclaboussée de sang et délivra son message, d'une voix mélodieuse mais plus grave que ne l'avait été l'originale.

Drink with me
To days gone by
Sing with me
The songs we knew...


Très lentement, il imprima un mouvement de balancier au vampire qu'il berçait de cette chanson venue des temps anciens. La chanson était vivante, agitée de son rythme et emplie de sa voix chaude, comme un appel aux temps passés protecteurs. La peur n'était qu'illusion face aux souvenirs qu'il lui contait - souvenirs que l'humain n'avait jamais connus mais dont il renvoyait sans regret à leur propriétaire les échos qu'il en avait captés.

Here's to pretty girls
Who went to our heads
Here's to witty girls
Who went to our beds...


Le rythme dans l'air devenait rythme dans la peau puis rythme dans le sang, marqué par le staccato de son coeur palpitant. Le souffle de Raimbert fit voleter une méche de cheveux, découvrant une parcelle du visage de son gardien.

Here's to them
And here's to you...


La chanson était finie, mais pas la vie qui l'animait ni les souvenirs qui la motivait. Du bout des lèvres, l'humain vint embrasser la tempe nue qui s'offrait à lui dans un évident geste de réconfort. De sa gorge sortait encore le fredonnement de la rengaine, vibration plus que son, ronronnement d'empathie d'un humain envers celui qui l'avait un jour été - et le resterait toujours au plus profond de son coeur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
♠ Joker ♦
Messages : 88
Métier : Directeur de Farmacom / Membre du Conseil
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
♠ Joker ♦
MessageSujet: Re: La perdition du Joker [PV : Raimbert]   Ven 22 Sep 2017 - 17:48


Perdu
Douce mélodie, tendre berceuse. Un chant qui me ramène loin. Si loin, à l'époque des jours, de la mortalité, des rires. Je m'y revois presque, sur cette table de bar, à chanter avec mes frères, mes camarades, mes amours et mes rêves. Je m'y vois encore, cravate défaite, cheveux en bataille, lunettes fixés sur le nez à lever ma pinte de bière en l'honneur de nos nobles pensées. Mais maintenant, que sont ses pensées ? Que sont ses rêves ? Qu'est-ce devenu cet homme ? Qu'est devenu Jack Alice Spaltter, fils de médecin sans gloire, prince d’Angleterre sans couronne ? Plus rien, rien... Qu'un lointain souvenir. Cet être là a bien changé, il est devenu tout autre, il est devenu un symbole des vampires. Le créateur, le donneur de vie, le poseur de chaînes sur des êtres qui n'ont même pas le temps de naître qu'ils sont déjà esclaves. Est-ce que je m'en veux pour ça ? Est-ce que je suis un monstre ? Non, je suis un vampire. Je suis le roi de moi-même, de mon univers ! Mais qui pourrait le comprendre ? Personne non, pas Lui, pas même lui et encore moins lui. Je reste dans les bras de celui qui doucement me berce. Une vibration intense de sa gorge qui cesse alors que je me redresse lentement, glissant une main dans sa chevelure. Qu'il est doux, loyal. Je souris doucement, tente de le rassurer. Je vais bien oui, je réalise. Les cris ont trouvés une fin, le silence, enfin le silence. Doux silence que je ne veux pas briser. Mais les spectres de la douleur ne meurent pas ainsi. Je me sens observé. Des yeux dans les ombres qui me jaugent, qui jugent mes actes. Les actes du bouffon de la cour. Mais je suis lassé de ce rôle. Je jette mon chapeau pour de bon, je vais renaître ! J'admire un instant mon cher Raimbert, et lui murmure :

« C'est terminé maintenant. Terminé pour moi. »

Ai-je calmement dit, un sourire presque naturel aux lèvres alors que je caresse sa joue. Le sang sèche sur moi, il ne coule plus. Le sang de l'humain m'a guérit. Je pose ma main sur cet orifice béant, garde le sourire. Non, je n'ai pas peur des ténèbres, elles sont une partie de moi. Trop longtemps enfermées au fin fond de mon cœur, il est temps que je brise la serrure. Doucement, je retourne vers le canapé et saisit la lettre de mon frère que j'ai laissé tomber. Et je la froisse dans ma main. Ces mots ne me feront plus rien. Ces mots n'ont fait que briser les dernières chaînes qui me retenaient à la sanité. C'en est assez d'être ridicule, assez d'être le jouet du Destin. Désormais, c'est moi qui vais en avoir le contrôle ! C'est moi le Joker, la carte qui renverse tout, l'arme qui a bouleversé la vie du Roi et du Valet. Je suis celui qui renversera les tyrans ! Je serais la lame qui égorgeras celui qui osé blessé mon ami, qui a détruit son cœur. Tout comme il a détruit le mien. Sans même me connaître, sans même me toucher, il m'a rendu fou. Je sentirais presque mon cœur palpiter dans ma poitrine. Quelle sensation, quelle euphorie ! Est-ce donc ça la folie ? Un rire léger s'enfuit de ma gorge. Ce sourire ne quitte pas mon visage et je me retourne vers Raimbert, froissant encore plus le papier dans ma main :

« Jack le bouffon est mort. Anéantit, détruit, pulvérisé par la souffrance et la haine... Je vais renaître... Cet œil ne verra plus que les ténèbres, pour me rappeler cette nuit où j'ai croisé la Mort dans sa tenue d'homme. Pour me rappeler que trop longtemps, je n'étais que la risée de tous ! Le conseil, ma famille, mes collègues, TOUS se moquent de moi ! Ils ne voient pas ce que je suis vraiment ! Ils ne voient pas ce que j'ai accompli ! J'ai donner la vie aux hybrides ! J'ai percer les secrets de la génétique ! Il est temps de faire tomber le masque... J'ai réalisé cette nuit... Que le jeu du plus idiot doit cesser. Plus jamais je ne me laisserais marcher sur les pieds ! Plus jamais on ne se moqueras de moi impunément ! Je ne suis pas n'importe qui ! Je suis Jack Alice Spaltter ! Je ne suis pas un bouffon ! Moi aussi je mérite le respect ! »

Ma colère éclate dans ce monologue furieux. J'enrage, mon corps brûle. Cette chaleur, cette sensation, un rugissement au fond de mon cœur comme j'ai perçu quelques heures auparavant. Yi-Jun, Jonathan. Je vous en fait le serment mes amis précieux. Seung, je le trouverais, je le tuerais de mes propres mains. Je vous vengerais, je nous vengerais. L'aube se pointe, si belle, si tendre. Et je ne peux l'admirer qu'à travers la vitre de ma demeure. Ce soleil qui me brûlerais, qui me détruirait. Tout comme la haine qui me dévore. L'actuel Jack, celui dont on se moque, deviendrais désormais le masque. Et le vrai, le furieux, l'enragé, sera ma vraie face. La vengeresse face, pleine d'idées et d'intentions. Je continuerais à donner la vie, je continuerais à concevoir toutes sortes de créatures pour le plus grand plaisir du monde. Mais jamais, oh non, plus jamais quelqu'un osera se moquer de moi sans en souffrir. Jack Alice Spaltter, haine et souffrance, rire et bêtises. Une double face étrange, dangereuse. Mais à mon Raimbert, à mes amis, je continuerais d'être le même. Je serais le sourire pour illuminer leurs journées. Je dois être le même, car au fond, je ne veux pas mourir. Je resterais vivant. Je resterais moi-même, les chaînes sont brisées. Une part de moi s'est éveillée, à pris le contrôle en ce matin. Je tourne le regard vers l'humain, vers mon si attentionné Raimbert que je prend doucement dans mes bras et lui dit d'une voix douce :

« Mais ne t'en fait pas, je resterais ton Gardien, je resterais celui avec qui tu ris chaque jour. Je serais toujours le même pour toi. Ne crains rien, je serais toujours à tes cotés. »

Ne crains pas de me voir changer, car face à toi, il n'en seras rien. J'embrasse son front tendrement, décale ses cheveux pour mieux admirer son visage et reprend finalement :

« Regarde toi, tâché de sang... Cette robe de chambre t'allait si bien, si propre. J'en suis désolé.. Et tu dois être fatigué. Va donc te reposer... Je vais aller soigner mes plaies.. Puis tenter de trouver le repos. Le jour porte conseil dit-on n'est-ce pas ? »

_________________
The Joker:
 

Merci Yi ♥:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 43
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
MessageSujet: Re: La perdition du Joker [PV : Raimbert]   Sam 23 Sep 2017 - 11:17

Le corps entre ses bras se ressaisit lentement, passant de masse inerte à partenaire de danse, oscillant à droite ou gauche selon les inflexions de la chanson. Raimbert s'en sentit plus que soulagé : Jack remontait la pente fort heureusement. Qu'aurait fait l'humain sans lui, l'adolescent centenaire au génie dissimulé sous la cape de l'humour ? Il était son gardien, il était de sa charge de s'occuper de son esclave ; lui était son esclave, et sa charge était la même - car tel était la symbiose entre vampires et humains, échange aux allures d'obligation feinte.

Le vampire se dégagea de son étreinte, sourire crispé aux lèvres mais ses mots firent courir un mauvais frisson le long de l'échine de l'humain. Terminé ? Sourire muté en grimace, sa paume en cache-oeil, Jack se laissa tomber sur le canapé dans un étrange mouvement désarticulé. Inquiet à son sujet, Raimbert vint s'asseoir à ses cotés et lui passa le plat de la main dans le dos en petits cercles comme le lui faisait sa mère lorsque la cruauté du monde le faisait pleurer. Le silence de la nuit n'était rompue que par leurs respirations trop forte, le froissement du papier dans la main du vampire et de temps à autre le bruit étrangement sonore d'une larme de sang résiduel s'écrasant sur le plancher. Le rire qui s'y rajouta ne plut pas à l'humain - trop porteur de désespoir et pas assez d'humour, une chose qu'il n'aurait jamais pensé pouvoir jaillir des lèvres de Jack le plaisantin.

La colère ne le surprit pas tant que cela. Lui-même y avait goûté très jeune. Il ignorait ce que venait de traverser le vampire, ses mots n'ayant que peu de sens sans le contexte adapté, mais cela l'avait blessé. Profondément. Le sang ne perlait pas que de son oeil ; tout mort qu'il fut, son coeur s'en retrouvait exsangue. Mais parfois, la saignée était la seule solution au mal. Mieux valait la saignée que le lent pourrissement dans un coeur clos, cette pourriture venue du temps qui rendait les vampires indignes de leur condition.

Dans les yeux de Jack, la peur et la tendresse succèdèrent à la rage désespérée. L'étreinte le prit par surprise, récif émergeant à l'improviste de l'océan de haine. Avec un rien de retard, Raimbert referma ses bras autour de lui pour lui rendre la pareille. Ils étaient si collés l'un à l'autre que l'on aurait pu prendre ce geste pour une étreinte amoureuse, confondant passion et désespoir. L'esclave se félicita que Shaya ne soit pas présent ; son caprice lui aurait sans doute valu des mots durs et crus qu'il n'aurait pas compris.

"Je crains, Jack, mais pas pour moi."


Sa voix était basse et neutre, ancre de stabilité dans cette tempête d'émotions qui valdinguaient de-ci de-là. Face à face avec Jack désormais, cheveux écartés, il remonta ses mains de part et d'autres de son visage pour le forcer à le regarder dans les yeux - les deux yeux que lui avait toujours, loin de cette orbite énucléée désormais en cours de cicatrisation. Il n'irait pas se coucher. Il ne parlerait pas de choses triviales comme de lessive. Car tel était le rôle de Raimbert ; veiller sur son gardien et s'assurer qu'il reste toujours le vampire digne qu'il devait être.

"Vous n'êtes ni un bouffon ni un crétin,, Jack. Vous ne l'avez jamais été. Vous êtes vampire. Vous êtes un génie. Vous êtes imaginatif. Tout ceci, ce sont des faits et les insultes jetées par les jaloux ne devraient même pas vous atteindre. Vous avez traversé la mort, les crachats ne vous feront jamais rien."


Le sérieux dont faisait preuve Raimbert était rare, presque totalement dépourvu de la nuance d'ironie ou de sarcasme qui lui collait au corps d'ordinaire. Pour le vampire, il se faisait plus qu'humain, juge et arbitre dégagé des passions des mortelles. Les deux yeux rivés sur le globe rescapé, cherchant à le ramener au calme par la simple puissance de son regard et de ses mots, il se se rapprocha jusqu'à coller son front au sien.

"J'ignore ce qu'il vous est arrivé cette nuit mais vous êtes assez fort pour y survivre sans succomber à la folie ou à la haine. A quoi bon vous venger des sarcasmes si vous devez pour cela y perdre la raison ? Ce n'est qu'en réagissant aux insultes que vous donneriez raison à vos détracteurs."

Avec douceur, il fit remonter sa main gauche jusqu'a s'arrêter sous l'oeil vide - celui que Jack clamait vouloir garder en souvenir des ténèbres rencontrées. Oeil gauche - tout comme celui que Raimbert arborait, sous son arcade sourcillière balafrée du temps où il était jeune, humain et ignare.

"A quoi bon perdre un oeil dans les ténèbres si vous perdez la faculté de voir votre propre lumière ?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
♠ Joker ♦
Messages : 88
Métier : Directeur de Farmacom / Membre du Conseil
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
♠ Joker ♦
MessageSujet: Re: La perdition du Joker [PV : Raimbert]   Lun 25 Sep 2017 - 8:58


Perdu
Le mal est fait, la bête est née. Ancré dans mon cœur, cette ombre va se nourrir chaque jour un peu plus de mon être jusqu'à me ronger. Jusqu'à ce que je devienne fou, qu'on me détruise à mon tour. Est-ce là la destinée de la race vampirique ? La folie, puis la purification ? Les mots de Raimbert me frappe, d'une lame purifiante dans mon esprit assombri. Je réalise... Mes paroles, mes actes, ma colère qui a pris le contrôle de moi, tout comme elle avait pris contrôle de l'homme-bête... Je comprend, que je ne vaux pas mieux qu'eux. Que je suis un monstre, que je suis ceux contre quoi je lutte. Mais c'est trop tard pour les remords, les chaînes sont d'or et déjà brisées, irréparables. La blessure là ne se fermera pas, la cage jamais ne se verrouillera de nouveau. La créature en moi, ce cheval d'ombre qui me fixe dans la nuit et dans ma propre ombre, n'est rien d'autre qu'un nouvel ami, qu'une nouvelle partie de moi. Pourquoi en aurais-je peur ? Pourquoi la renier ? Je ne peux désormais que la cacher, la camoufler vainement. Je souris doucement à l'humain, à cette trace d'humanité en face de moi. Ma Raison a vraiment une drôle de forme. Un baiser sur son front, et plus un mot. Le silence, juste ce silence à apprécier. Les hurlements sont finis, le jour couvre le monde et moi, je veux juste trouver le repos. Juste un peu de sommeil, pour tenter de récupérer de cette nuit où tout m'a été arraché. Allons trouver le repos que je murmure de nouveau. Je suis épuisé et la fatigue ne me réussit pas... Je lâche doucement l'humain et part rejoindre ma chambre dans le plus grand des silences, laissant toutes les traces de ce début de jour, la feuille froissée, le sang, la haine. Je regarde de nouveau mon téléphone, rien. Bonnes nouvelles qu'on dit alors.

Je m'effondre dans mon lit et ne me sens pas partir. Brutalement, plus rien, signal coupé. Enfin un peu de repos. Un repos pourtant vite troublé. Mon corps se souvient, mon esprit aussi. J'ai mal... Je hurle dans le silence. Il me fixe, il me juge.

Pourquoi ne m'as tu pas sauvé ?!
Pourquoi tu n'étais pas là Jack ?!
C'est de ta faute, ta faute !


SILENCE !

Non tu es coupable !
Tu m'as abandonné !
C'est de ta faute si il a mal !
C'est de ta faute si j'ai mal !
Monstre ! Assassin ! Tu n'es rien de plus que son complice !


Quel spectacle appréciable. Tu es si pitoyable Jack. Rien d'étonnant, tu l'as toujours été. Vulgaire monstre, tu abuses de tes pouvoirs divins. Tu es un Dieu de Vie, tu es le créateur des mortels sur cette basse terre, tous sont tes enfants et pourtant, tu es qu'une pathétique petite chose. Laisse toi aller, fond dans mes bras de ténèbres. Le Dieu de la Vie peut être aussi celui de la Mort.

SILENCE !

J'ai si chaud, je m'agite dans ce songe dont je ne sors pas. Je tremble de terreur. J'ai tellement peur soudainement. Ces regards qui me jugent. La froideur de son jugement. Yi-Jun, Roi. Pourquoi ? Je ne suis pas coupable ! Je ne savais pas ! Je serais venu si je savais ! C'est toi qui a gardé le silence pour souffrir ! C'est toi qui a blessé ton amour ! C'est toi qui... m'a conçu. Ô mon Roi, vous auriez pu être mon fils, peut-être même plus un frère. Mais vous êtes vous aussi un père désormais. Père de la haine, de la colère, de la vengeance. Et tout au fond de nos cœurs morts, un amour puissant, une amitié incassable. Silence... Calme. J'ouvre doucement l’œil. Seuls quelques minutes se sont écoulés. Et pourtant déjà un jour de cauchemar dans mon esprit. Je n'ose plus me rendormir, j'ai peur de fermer l’œil. Alors j'observe mon plafond. Et j'admire ce songe. Dans la pénombre de ma chambre verrouillée, je me plonge dans mes pensées.

Tu reconnais enfin que c'est de ta faute ?
Jamais.
Tu es un monstre tu le sais.
Oui.
Alors qu'attend-tu ?
Le jour où mon Roi et son Valet seront prêts.

Je fixe encore le plafond, ricane doucement. Ce rire s'intensifie. La folie est là, mais je tiens les rênes. Je suis l'atout, le Dieu, le Joker. Je suis Jack Alice Spaltter. Un homme nouveau est né, un être si peu différent... Et qui pourtant, n'est pas le même. Mon œil fixe le monde dans le silence et les ténèbres. Dès que le soleil se coucheras, je redeviendrais moi. A moins que je ne le sois enfin devenu.

_________________
The Joker:
 

Merci Yi ♥:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
La perdition du Joker [PV : Raimbert]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Dansker, Le joker accompagné de son ami Tik-Tik [finit]
» Joker, les yeux de la mort...
» Joker Médical
» Funeste adage que celui des ailes de la perdition [pv Ever Alice Redbird - Yukiji Harséïs - Aoyuki Tatsuki]
» La croix de perdition

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vampires World  :: Hors Rp :: Archives :: RPs Terminés-
Sauter vers: