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/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

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Qui es-tu ? Qui suis-je ? [Varuna]
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MessageSujet: Qui es-tu ? Qui suis-je ? [Varuna]   Jeu 14 Sep 2017 - 10:17


Ami ?
Seul dans ma cage, comme d'habitude. Mais je me sens encore plus seul qu’auparavant. Le chien est partit... Le blanc démon n'est plus là. Et moi, je demeure là, dans ses barreaux. Pourquoi suis-je encore là alors que les autres partent ? Pourquoi personne ne veut-il de moi ? Ne suis-je pas à leur goût. Ou est-ce juste que j'ai encore oublié. Oublié, toujours tout oublier. Je ne sais plus leurs prénoms, mais leurs visages restant dans mon esprit. Ces bras autour de moi, ces doux baisers, cette chaleur corporelle. Plus les jours passent et plus ça devient flou dans mon esprit. Je perd doucement la boule, ça a toujours été le cas je crois. Et maintenant je tremble de froid. Les températures commencent à descendre et ma peau s'hérisse. Les barreaux sont gelés. Je n'ai pas assez de place pour danser, mais je n'ai plus envie de sortir de là. Parce qu'ils ne sont plus là, mes amis. Ah si seulement je m'en souvenais vraiment. Mais tout est flou. Tout comme la raison de la douleur qui me tire parfois sur une fesse sans vraiment de raison. Mais je ne cherche plus à me souvenir, parce que je sais que je vais oublier rapidement. Et c'est bien le pire dans cette histoire... Quel est mon nom déjà ? Tu n'es qu'un oiseau, mais tu n'as même pas de plumes. Pitoyable petite chose dont personne ne voudras jamais. Je reste assis dans la cage, c'est ouvert, on a pas le droit de sortir. Le courant d'air frais qui passe me fait frisonner. Mais je ne me plains pas, il ne le voudrait pas. Quelques vampires passent, mais repartent aussi vite qu'ils sont venus.

J'aimerais juste dormir, mais le froid m'en empêche. On fit par se sentir bien seul, entre nous, les éternels, ceux qui finiront bientôt dans l'éternel sommeil à se vider de leur sang.  Sûrement vais-je en faire partit un jour. Qui voudrais d'un oiseau qui oublie tout ? Ce temps est bien fini mais le show continue. Je finis par chantonner, doucement, presque en silence, je marmonne les paroles. Le gérant me regarde d'un air inquisiteur, puis retourne à ses affaires. Il n'y a pas de clients après tout, ça ne dérangeras personne. Alors je chante, je fais ce qu'on m'a toujours dit de faire. Je suis un oiseau chanteur, une bête de foire. Je chante, je chante encore. Puis ma voix se stoppe. Ding dong, quelqu'un vient d'entrer. Tout de suite, je me recroqueville, me dissimule dans l'obscurité de ma cage. Faites qu'on ne m'ait pas entendu. Nerveusement, je joue avec mes doigts et tente de me rappeler.. Comment je m'appelle ? Je frotte mon bras d’inquiétude en écoutant les pas. Il va vers le comptoir.

Je n'écoute pas ses paroles, ne le regarde pas. J'ai peur, peur de qui ça pourrait être. Si ça se trouve, je l'ai déjà vu, mais je ne m'en souviens pas. J'ai une impression de déjà-vu pourtant. Sa voix, me semble familière. J'ose sortir de ma cachette, approchant de l'autre coté de la cage pour voir cet homme. Oui, je l'ai déjà vu.. Mais où... Qui est-ce ? Ma tête me fait mal rien qu'à cette pensée, à cette recherche dans ma mémoire trouée. Ça ne vient pas non. Pourtant... Ce n'est pas une mauvaise impression que j'ai en le voyant. Et j'ose le fixer. Le gérant le voit et pour me faire cesser, frappe un bon coup sur le comptoir en gueulant. Retourne dans ton coin le piaf ! Il est si méchant quand il y a des clients. Je retourne dans le coin de ma cage. Je suis qu'un oiseau, juste un pauvre oiseau sans importance. Et les oiseaux, ça chante. Alors je chantonne doucement. Il n'y a pas d'autres musiques, pas d'autres sons. Juste ma voix qui chantonne en tremblant de peur. Le silence serait sûrement plus agréable. Pourtant je chante encore. Je continue. Le gérant commence à se fâcher et va pour frapper sur la cage et me faire encore plus peur. Mais je ne me tait pas. Je ne veux pas me taire. Pas cette fois.
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MessageSujet: Re: Qui es-tu ? Qui suis-je ? [Varuna]   Jeu 14 Sep 2017 - 11:02

"Arrêtez-ça."

Tu es froid mais c'est parce que tu ne peux pas faire autrement. Le coup sur le comptoir - coup, frapper, violence - ça t'a fait sursauter. Boule dans ton ventre et le dos tendu ; stop. Que le vacarme cesse, que tu ne relâches rien de peur de perdre les pédales encore alors non, faut qu'il arrête ça.

Le vendeur se fige, poing encore en l'air et se ravise. Bien. L'oeil méprisant qu'il jette à l'esclave, c'est moins bien par contre. On de devrait pas traiter les gens comme ça, même humains - surtout humains. Regarde le pas, reste concentré.

- Alors Hinano...
- Hinano a été acheté, oui. Payé cash, un coup de coeur.
- Par quelqu'un de bien ?

Oeil rond de l'autre, tu détournes le regard. Question idiote. Quelqu'un de bien ? Non, quelqu'un de riche, c'est tout ce qui compte. Quelqu'un qui lui évite de finir comme poche à sang et c'est tout ce qui importe. C'est vrai. Tu l'avais adopté pour ça, pour lui sauver la vie, tu te souviens ? Le trentenaire à la peau d'ébène, sec et reclus dans un coin. Cinq ans et demi en boutique, un "infourgable" selon les propres mots du vendeur. Hinano de l'autre bout du monde, qui tolérait ta morsure et te narrait comme le monde était contenu dans la besace de peau du Vieux, qui te gardait dans ses bras lorsque le fer envahissait ta bouche, ta tête et ton estomac s'affrontant dans leur sempiternel affrontement. Fleur de pandanus, l'odeur de tous les possibles qu'avait sa peau.

Non, t'as rien à dire Varuna. On l'a pris, c'est bien. Ca ne te va pas ? Tu n'avais qu'à pas le laisser là, c'est ta faute. C'est toujours ta faute.

Imperturbé, le vendeur continue.

- Nous n'avons que des arrivages frais mais... Mais tu vas la fermer ta grande gueule ?

Il va cogner - Non ! - et tu interceptes sa main avant qu'elle ne heurte le bois, avant qu'elle ne frappe sous ton crâne, avant que tout s'emballe. Jamais plus ! te dis-tu alors que tu maintiens son poignet au creux de tes doigts crispés. Il ouvre la bouche, prêt à crier son mécontentement, mais à la vue de ton regard brumeux se reprend.

- Me gonfle c'lui-là, grommèle-t-il entre ses dents.

Le gonfle ? Pourquoi ? Perplexe et méfiant, tu te tournes à demi vers l'esclave dans sa cage. Soudain, le son te saute aux oreilles. C'est doux et clair, fredonné avec peur mais un rien de défiance. Pas de mots, que des trilles qui virent et voltent, tout l'opposé de ce petit corps recroquevillé au fond de sa cellule d'acier. Ca le gonfle - et toi aussi, presque. Toi ça t'emplit - et tu fermes un instant les yeux pour mieux respirer que depuis longtemps.

- Et lui ?
- Lui ? Là depuis six mois. Un ancien acrobate, pas mal abimé. Des marques partout, pas toute sa tête. Va me rester longtemps sur les bras, c'est même plus une occasion là, c'est une vente de charité. Vous en voulez ?

Tu n'aimes pas ces mots méprisants, il t'évoque trop ce que tu es. Des marques, abimé, charité... Un regard dur vers le vendeur et tu t'approches de la cage. Il est loin, il se replie et ça te fait mal de faire si peur. Tes mains sur les barreaux, tu t'agenouilles pour être plus à sa hauteur.

-Bonjour petit homme. Comment t'appelles-tu ?

Il réagit - et tu comprends ce que le vendeur veut dire par "abimé". Il n'y a pas que son corps qui a été abimé - et ça aussi ça fait mal, presque plus que la peur que tu lui infliges. Dans tes yeux dansent la compassion, un Varuna plus jeune comprenant parfaitement ce qu'il ressent ici et maintenant.

- Puis-je entrer dans ta cage ? Je ne te ferai pas de mal, je te l'assure.
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MessageSujet: Re: Qui es-tu ? Qui suis-je ? [Varuna]   Jeu 14 Sep 2017 - 11:42


Ami ?
Alors que je continuais à chanter, le gérant s'agaçait. Ma voix lui est insupportable, encore plus quand je chante. Seuls les voisins de cellule apprécient ce son qui retentit parfois dans le magasin vide. Mais là, pour lui, c'est une nuisance sonore. Et il compte bien me faire taire par la force, pour que je comprenne bien cette fois. Mais la douleur est éphémère, si on oublie celle qui traîne dans mon corps marqué par le fouet. Pourtant, ça n'a pas eu lieu comme je le pensais. L'homme m'a défendu sans que je sache pourquoi, sans que je comprenne ce qu'il lui est passé par la tête. Pourquoi me défendre moi ? Je ne suis qu'un oiseau en cage, une petite bête sans importance, qu'on oublie si vite. Quelle est la raison de son geste ? Je tente de me souvenir, mais je ne me rappelle pas. C'est un visage familier pourtant si lointain. On s'est déjà vu je crois. Je ne sais plus. J'ai cesser de chanter alors qu'il défiait le gérant. Est-il courageux ou juste fou ? Quelque chose cloche. Il m'observe, je lui rend un regard inquiet, perturbé, craignant la suite des événements. Il m'a fait sursauter et semble s'en vouloir. Sa voix est douce, son regard aussi. Puis-je avoir confiance ? J'osais y croire. Comment je m'appelle ? Je ne sais plus. Ça ne vient pas... Qui suis-je bon sang ?! Je ronchonne en me frottant la tête, aucun mot ne vient. Puis il me demande si il peut entrer. Qui donc a besoin d'une autorisation pour entrer ? Est-il trop gentil ? Je ne comprend pas. Je me tourne vers lui, toujours assis dans cet univers de barreaux.

« Je ne sais pas maître. Je suppose que oui. »

Maître, le seul terme qui me venait pour désigner le vampire en face de moi. Le seul mot qui tourbillonne dans ma tête par désir de le prononcer et qui s'enfuit de mes lèvres. Je l'observe alors que la porte qui nous sépare s'ouvre. Je n'ose pas bouger, dos contre le fond de ma prison. Je me gratte encore le bras, l'une des multiples cicatrices qui décorent ma peau. J'ai encore perdu des plumes... Où sont-elles ? Mes belles plumes jaunes. Je regarde le vampire, penche encore un peu la tête :

« Auriez-vous vu mes plumes ? »

Mais qu'est-ce que je dis ? Ça n'a pas de sens. Non, absolument aucun. Je suis humain pourtant, du moins je le crois. Le gérant ronchonne encore. Pas de conneries cette fois Merle. Merle ! Oui c'est mon nom ! Je me souviens enfin, c'était si simple ! Et pourtant je ne m'en suis pas souvenu... Comme je ne me souviens pas du reste. Le cirque est la seule chose qui me semble encore familière, pourtant déjà si lointaine. Je me frotte la tête, ça pèse lourd les souvenirs. Je m'étire, me tape la tête sur le haut de la cage comme un idiot. Ça fait mal ! Je me frotte la tête, observe de nouveau le vampire. Toujours plus familier, mais aucun souvenir lié. Ça devrait être aussi simple que mon nom pourtant. Une visite régulière ? Un ami ? Bon sang, qui est-ce ?

« J'ai le sentiment de vous avoir déjà vu. Mais je ne me souviens pas. Vous souvenez-vous ? »

Savez-vous qui je suis ? Bien sûr que non, il ne me demanderais pas mon nom sinon, c'est si simple. Si simple et pourtant si complexe pour moi. Damn. J'ose approcher une main de ce visage connu et étranger à la fois. Je tremble, est-ce le froid ? Est-ce la peur ? Les deux ensemble ? Je ne devrais pas me poser de questions, ça me donne terriblement mal à la tête. Il a de beaux yeux. Plus beau que les miens tout bleus. Bleu comme un ciel que je ne contemple jamais.
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MessageSujet: Re: Qui es-tu ? Qui suis-je ? [Varuna]   Jeu 14 Sep 2017 - 12:24

Porte ouverte par le geolier, tu avances. L'espace est réduit, salubre parce que trop nu pour être sale tout court. Minimum vital parce que la seule vie là dedans se cache au fond des iris azur qui te scrutent depuis le fond de la cellule, l'intrus qui pénètre dans le peu d'espace dont il dispose.

Non, pas Intrus. Maitre. C'est ça qu'il dit.
Tu t'arrêtes, bloqué par le mur du mot.

Maitre. Ca te poignarde en plein coeur. Maitre, et dans l'intonation tu sens la majuscule sous-jacente. Le Maitre possède et ses Chiens exécutent, braves bêtes. Toi un Maitre ? Jamais. Jamais jamais jamais, tu veux plus jamais voir ça.

-Appelle moi Varuna.

C'est brusque bien que doux, empreint de répulsion. Jamais tu n'as eu à prononcer ce mot à ta connaissance mais rien que de l'entendre, tu te sens souillé. Voile d'ordure sur ta peau, puante. Nauséabond. Varuna, c'est peut-être un nom mensonger - pas le tien, pas le vrai, juste celui que tu t'es octroyé - mais ce sera mieux que cette insulte tapie sous le velours d'un compliment.

Lui, mal à l'aise se gratte, tressaute. Va-t-il être mangé à la broche ou tout cru, l'oiseau jeté à terre ? Il craint, tu le sens parce que, comme lui, ton souffle s'accélère. Neurone-miroir et empathie, tu deviens un peu plus lui. Il a peur du prédateur, du loup. De toi, le grand méchant loup ? Et l'ordure est dans ta bouche maintenant, ordure au gout de cuivre et sang. Si tu pouvais tu vomirais ça - tu te vomirais toi.

-Pas de conneries cette fois Merle...

Vous n'êtes pas seuls - et ton visage se recompose, marbre froid, effaçant ce que tu aurais pu laisser paraitre. Pas devant témoin, jamais. Le nom désormais connu vous relance, toi en avant et lui en hauteur. Blam, le métal résonne - et tu te crispes un peu, tant devant le bruit que devant la douleur qui balaie son visage. Métal tonnant, hangar, nuit aux saveurs d'herbe et d'Argent - non ! Ta main gauche attrape ton poignet droit, tes ongles grattent la peau fine et blanche, encore et encore, pour te raccrocher au spectre de maintenant - un maintenant sans code-barres, sans Maitre, sans banane. Calme, Varuna, calme ! Sa main sur ton visage t'aide, sa proximité aussi. Non loin de toi, ce coeur bat, te berce un peu.

Comme souvent, tu te replies sur les mots pour nier la réalité. Lui répondre, le rassurer - et en lui faisant du bien, t'en faire à toi.

-Je suis venu tous les jours depuis neuf mois. Je venais voir Hinano. Sais-tu qui est Hinano ?

Tu fouilles son visage. Non, il ne sait pas. Il ne voit pas. Plus toute sa tête, a dit le vendeur - alors tu jettes d'autres éléments, comme des osselets à ronger à un cabot étriqué. A ton tour, tu portes la main à sa joue et l'obliges en douceur à garder ses yeux dans les tiens, le nabot plus petit que lui. Derrière toi, le vendeur claque de la langue séchement devant ton coeur tendre mais tu l'ignores.

-Le grand homme à la peau brune avec un tatouage maori sur le torse. Il chantait lui aussi, comme le vent qui soufflait. Des "chants de maintenant" disait-il, des chants de sentiments sans partition ni sens aucun.

Les mots te rappellent les dernières fois où tu as vu l'homme. Son chant se faisait faible, plus fractionné avec le temps alors que l'espoir de revoir un jour le soleil s'évanouissait. Plus faible sauf lorsque certains jours, un écho lui revenait d'on ne savait où et le berçait de ses trilles évanescentes. Assommé par le sang et la culpabilité, tu n'avais jamais cherché à savoir d'où venait cet écho - mais ici et maintenant, dans cette cage, tu comprends mieux. Cet écho, c'était lui. C'était Merle.

- Tu as déjà chanté avec lui, je me souviens.

Plus rien de dur dans ton regard maintenant, au contraire. Ce petit bout d'homme a adouci les dernières jours de ton Hinano ici lorsque toi, tu ne pouvais que lui apporter souffrance par tes crocs et demandes. Ton pouce caresse l'arête de sa machoire doucement et tu te lèves sur la pointe des pieds pour venir embrasser son front - maigre remerciement mais c'est tout ce que ton coeur mort peut offrir hélas.

-Chanterais-tu pour moi Merle ?

Est-ce qu'il le ferait ? Vos mains libres s'étreignent, sans force mais avec un peu de désespoir. Juste un chant d'adieu pour l'homme qui aurait pu être ton ami au lieu d'être ton esclave... Est-ce que ce serait trop espérer ?
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MessageSujet: Re: Qui es-tu ? Qui suis-je ? [Varuna]   Jeu 14 Sep 2017 - 13:10


Ami ?
Un petit oiseau perdu et un homme égaré... Je réalise doucement, il est aussi perdu que moi. Il ne va pas bien, cet humain. Il est quasiment mon reflet, la peur, l'angoisse, la démangeaison intense de nos peaux. Il semblait paniquer, puis s'est apaisé quand j'ai effleuré sa peau. De quoi avait-il peur ? Pas de moi quand même ? Je m’inquiète. Suis-je un monstre ? Ou est-ce lui qui traîne derrière lui de terribles démons ? Je réalise. Je ne suis pas qu'un oiseau, je peux être bien plus. Je n'ai pas de plumes, mais alors, qu'est-ce que ça peut faire ? Pourquoi suis-je si idiot ? Cet humain est perdu, égaré. Pourquoi aurais-je peur ? Il me parle d'un homme, d'un autre qui n'est plus dans sa cage désormais. Un nom qui me dit quelque chose, une description qui me ramène quelques images. Oui. Je me souviens maintenant... a peu près. C'est en le voyant se mettre sur la pointe des pieds pour embrasser mon front que je réalise à quel point cet humain là est petit. Ou est-ce moi qui suis grand ? Je m'abaisse légèrement pour l'aider. Et il me demande de chanter. Une nouvelle fois. On me demande de laisser aller ma voix, d’hypnotiser le public. Un public unique, une seule âme qui attends patiemment que s'élève le chant. Les regards sont tournés vers nous, mais je les oublie aussi. Il n'y a que lui, cet humain, ce vampire. Cet être. Je regarde nos mains entrelacés sans force, un lien physique aussi faible que nos esprits. Pourtant je trouve la force de les serrer un peu plus. Je pense à une mélodie. Et je chante.

Ma voix s'élève doucement, hésitante, le temps d'imaginer la suite. Puis mon cœur emporte tout, la crainte, la peur, le doute. Laisse place à une douce sérénade et à un léger sourire. Je chante pour toi. Par les champs et les bois. Mon cœur est aux abois. Car je cours après l'amour. Après l'amitié, après la liberté. J'aimerais tant de sortir de là. Et la clé est là, entre mes mains. Ce petit bout d'humanité. Qui est le maître qui est l'esclave ? Double réponse. Esclave de notre destin, maître de rien. Perdu dans l'immensité alors que nous sommes blottit dans une petite cage. Je chante encore, ma voix est de plus en plus forte, traverse tout le magasin et transperce le pesant silence. Plus aucun ne bouge. Le gérant ne trouve rien à dire. Il espère se débarrasser de moi ainsi. Je retrouve mes ailes, je retrouve mon cœur. Et le sourire. Je suis heureux quand je chante vraiment, pas en simple écho. Je suis enfin l'artiste numéro un, la vedette, celui qu'on éclaire. Et ça me fait plaisir. Il m'en faut peu pour être heureux.

Puis je trouve une fin, j'ai la gorge sèche. Mon regard se baisse sur l'humanité proche de moi. Est-ce mon cœur que je ressens ou le sien contre moi ? Non, il n'est plus humain, son cœur ne bat pas. Mais j'ai l'impression de l'entendre. Peut-être suis-je fou. Ou juste un humain.

« Hinano n'est plus là. Moi si. Les gens m'en veulent, parce que j'oublie. »

Je me frotte doucement la tête avant d'oser glisser une main dans la chevelure claire de l'homme en face de moi. Il semble si frêle, et pourtant, c'est lui le chef. C'est lui qui détiens toutes les clefs et moi à ses pieds. Je me sens presque trop grand, trop imposant, trop protecteur. Je lui adresse un léger sourire et garde une de ses mains dans une des miennes.

« Peut-être vous seriez mieux hors de ses barreaux. Ils sont froids... Vous n'avez pas froid au moins ? »

Ma peau s'hérisse légèrement au passage d'un courant d'air, mais ce n'est rien. Je m'inquiétais davantage pour lui. Comment est-ce déjà ? Varu... Varuna ?.. Oui, je crois que c'est ça.
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MessageSujet: Re: Qui es-tu ? Qui suis-je ? [Varuna]   Jeu 14 Sep 2017 - 13:56

Le chant du cygne.

Ces mots, ils te reviennent en tête lorsque Merle renverse la tête, gorge nue, et commence à chanter. C'est beau. Ca remue le coeur. Ca fait pleuvoir des comètes dans l'obscurité de ton être. Et quelque part, ça tue un peu Merle, tu penses, Merle tout blanc et pâle qui se révèle un instant gigantesque et vibrant. Tout le monde se tait. Ils ont raison. On n'interrompt pas un chant du cygne même si on craint de voir le cantateur céder avant la fin.

Les mots volent et tu les suis, loin. Ils parlent de quelque chose, tu le sais, mais c'est pas leur sens qui t'attrape, c'est leur mouvement. Ils ondulent et se tendent vers l'infini, lettres anonymes adressées dans la froideur du monde alentour. Elles montent, elles montent encore - parce que la simple idée de la chute leur serait mortelle. Sans rêve, point d'envol et sans envol, point de survie...

Ce n'est que lorsqu'il s'arrête que tu réalises que tu as littéralement arrêté de respirer. Le monde s'arrête de tourner un instant devant son sourire retrouvé, rayonnant de la lumière qu'il a un instant invoquée. Dans ton dos, sur les cotés, c'est le silence - et dans ta tête aussi, réalises-tu avec stupéfaction, un silence de cérémonie qui n'est ni néant ni oubli. C'est...

Il te touche, tu te laisses faire. Ton hypervigilance s'est elle aussi assoupie un instant, bercée par ses rythmes. C'est si rare... Tu savoures, fermes les yeux qu'un léger voile rose de larmes obscurcissait, laisses ta tête peser contre sa main. Juste un instant sans craindre.

"Je ne t'en veux pas. Hinano non plus ne t'en voudrait pas."


Yeux rouverts. Dans les siens. Il est fragile, ce cygne toujours à l'agonie, fragile parce que dans sa poitrine s'agglutinent les trilles sans pouvoir s'échapper à leur guise. Qu'importe qu'il oublie, lui qui doit contenir tant de choses ? Ta main dans la sienne se serre, la maintient en son sein. Pour une fois, tu aimerais n'être pas égoiste, tu aimerais pouvoir lui offrir la liberté de déployer ses ailes. Mais tu n'es qu'une sale bête, Varuna et loin d'être un support, tu dois profiter de lui. Egoiste.

Sursaut. La machine dans ta tête s'est remise en route, son mécanisme dégrippé - et elle se venge de son silence forcé, elle redouble de vitesse. Non Varuna, tu ne t'envoleras pas avec la chanson. La culpabilité est bien trop lourde pour ça, et l'égoisme te scie les ailes.

-Accepterais-tu que je boive à ton cou, Merle ?

Dans ta voix aussi, ça tressaute. Un rien de douleur, un peu plus de tristesse - et de la haine, contre toi. Un miracle se présente et tout ce que tu trouves à demander, c'est qu'il souffre pour toi ? Tu te hais tellement parfois - et le fait que tu n'aies pas le choix n'excuse rien, rien du tout, jamais.

- Que je te prenne. Tu resterais ici, mais je viendrais te voir tous les jours. Deux fois par jour même. Pour... Pour t'entendre chanter et...

Les points de suspension s'accrochent à ton dos, te font plier tandis que tu refermes les yeux, les larmes plus proches qu'elles ne l'ont été durant sa chanson.
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MessageSujet: Re: Qui es-tu ? Qui suis-je ? [Varuna]   Jeu 14 Sep 2017 - 14:36


Ami ?
Il semble continuer à craindre tout autour de nous. Et moi je suis sensible comme une plume. Prête à voler au moindre courant d'air. Quelle décision du destin s'est dit que nous réunir était une bonne idée ? En voilà une drôle de question. Mais je n'aurais sûrement jamais de réponse, car le destin n'en fait qu'à sa tête et c'est ainsi. Il semble empli de tellement de sentiments étranges, que peut-être n'ai-je jamais ressentit moi même. Ou alors j'ai oublié, comme tout le reste, j'ai oublié. Il me demande si il peut boire à mon cou. Quel vampire se donnerait la peine de poser la question ? C'est un homme bon, un humain, je le comprend peu à peu. Mais il est terrorisé. Qu'est-ce qui est arrivé pour le figer ainsi dans la peur ? Est-ce comme moi, la douleur ? Je ne comprend pas, peut-être ne comprendrais-je jamais cet étrange humain au cœur mort. Je n'ai pas à comprendre, je lui souris doucement alors qu'il continue. Me laisser là ? Mais pourquoi ? Est-ce parce qu'il a peur de moi ? Ou que sa propre cage est trop petite pour nous deux ? Je n'osais pas lui poser la question, de peur de taper dans une corde sensible. Et il est entouré de ces cordes fragiles, prêtes à céder au moindre effleurement. Du moins, je le pense. Il ne finit par sa phrase, semble se cacher. Est-ce des sanglots contenus que je crois entendre ? Mais...

« Pourquoi pleurez vous ? Vous ne m'avez pas fait de mal. Vous ne m'en ferez aucun, n'est-ce pas ? »

Je souris encore en glissant une main sur sa joue, tentant de le rassurer. Si fragile que je me devais d'être fort pour lui. Même si il n'est qu'un inconnu, il me fait sourire, oublier que je suis un incompétent, un vulgaire piaf. Mes lèvres se posent sur son front et mes doigts caressent la peau de sa joue. Ne pleurez pas, je vous en prie. Je ne veux pas voir quelqu'un pleurer, encore moins par ma faute. Car je me doute, ce doit être de ma faute aussi. Mes yeux bleutés le fixe dans le nouveau silence que je brise rapidement :

« Vous allez prendre froid en restant dans le courant d'air vous savez. Sortez donc, moi, je ne bougerais pas. Je vous attendrais chaque jour, pour vous donner mon sang et ma voix. Avec impatience et plaisir. »

Le plaisir que quelqu'un veuille enfin de moi, de chanter pour autre chose qu'une nuée d'esclaves qui change tout les jours, pour un gérant qui déteste ça. Enfin je chanterais pour quelqu'un qui voit autre chose en moi qu'un misérable canari. Comme ceux d'avant, qui sont partit et que je ne reverrais peut-être jamais. Ceux aux visages flous, à la voix de plus en plus ressemblantes tant je les confonds. Ceux qui sûrement aussi, m'efface de leurs vies. Mais je ne suis pas triste. Je suis heureux même, qu'on m'accepte. Il veut bien de moi, d'un humain sans tête.

« Où peut-être préférez vous être à l'abri dans mes bras ? Je peux faire barrière à ce vent. »

Je m'en fichais bien d’attraper froid. Se dévouez pour quelqu'un, fait oublier la faim, le froid, la fatigue. Je garde un léger sourire, un regard compatissant et inquiet à la fois pour ce bout d'homme haut comme trois pommes, pour qui lentement j'éprouve de l'affection. Tout les vampires ne sont donc pas mauvais. Il y a au moins lui et j'ai la chance de pouvoir le rencontrer. Et d'une certaine manière, lui appartenir.
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MessageSujet: Re: Qui es-tu ? Qui suis-je ? [Varuna]   Jeu 14 Sep 2017 - 15:33

Paupières serrées. Faut pas pleurer Varuna. Faut être fort pour toi, pour eux, pour les autres. Faut pas pleurer parce que tu ne vaux pas la peine d'inquiéter les autres. Respire, force toi - et fais passer cette drole de sensation dans ta gorge pour du cynisme, de la moquerie lorsqu'il dit que tu ne lui feras jamais de mal. S'il savait... Serre, refoule les larmes. Tu vas le mordre, tu vas le faire souffrir, tu ne vas pas en plus lui infliger le fardeau de sa culpabilité, c'est compris ? Voilà, c'est ça, laisse passer. Déglutis. Ouvre les yeux - et regarde comme sa peau est blanche, à peine rosée, au creux de ce cou offert.

Tu fuis un peu. Tu te souviens de la sale bête que tu es, du Chien qui se cache sous ta chair trop fragile. Ses caresses te figent, incertain de la conduite à avoir. Mauvais chien, pas de caresse. Non, ne pas fuir, ça non plus il ne le saisirait pas.

Tu recules plutôt, petit rictus aux lèvres - mais garde sa main au creux de la tienne, molle. "Viens." Vers la sortie, que tu passes à reculons et lui te suit, obligé de se courber pour passer la porte de fer.

-Vous êtes certains de...
-Oui.


De nouveau, le froid affleure dans ta voix. L'hiver vient. Le vendeur se plie au gel, vous laissant accéder au salon où tu as pris tes habitudes.

Ce n'est pas grand chose que cette pièce vraiment, mais c'est infiniment mieux que les cages dans lesquels grelottent les esclaves. Murs bleu nuit et moquette, quelques fauteuils et un canapé autour d'une table de bois chaud, quelques coussins gris nacré jetant une note de fraicheur dans l'espace... Et il fait chaud. Toujours chaud. Parce qu'ici, les habits restent rarement de rigueur. Tu sais que certains font plus que boire ici et que si les chairs s'agitent, c'est à cause d'une autre faim que celle de l'estomac.

Mais tu n'es pas là pour ça, toi. Tu ne veux que boire et un bref instant te sentir vivant. Accepté - non, tu ne dois pas pleurer ! Alors tu fais asseoir Merle dans un épais fauteuil de velours, oreilles le protégeant telles des oeillères et te pose sur ses genoux. Chaleur... elle vous réunit un instant, te fait glisser quelques mots à l'oreille toute proche de tes lèvres. Il te répond d'une voix d'or - or fondu, or soleil dont tu ne connais rien. Tu luttes un peu contre ses bras qui te tiennent, te retiennent, te contiennent - pris au piège, sa voix seule te convaincant de ne pas le repousser. Du bout des doigts, tu explores son cou jusqu'à ressentir comme un frisson son pouls, là où la peau est la plus fine et caresse, encore et encore, ce fantôme de vie, jusqu'à ce qu'il se sente à l'aise et accepte de lui-même de t'offrir le cou.

La morsure est délicate. Mesurée. Douloureuse, mais le moins possible. Rapide pour le moins - car tu as besoin de boire souvent mais peu, de l'ordre d'une gorgée ou deux à chaque fois. C'est à peine s'il se débat entre tes bras par pur réflexe. D'un baiser tu viens effacer les traces des crocs puis recaresser la peau, rituel que tu répéteras toujours avant et après de venir boire à ses veines. Tout va bien. Tout est bien. C'est ce que tu répétes pour qu'il s'apaise, faisant mine d'oublier l'odieux sentiment de satisfaction et de honte qui éclot en toi après chaque occasion de te nourrir. La gourmandise aussi, cette envie de plonger les gros encore et encore et encore et de faire jaillir le sang, de t'y baigner, de faire rougir le monde tandis que sous tes lèvres le coeur s'affolerait tel un oiseau dans une cage trop petite. Plus jamais ça....

-Prends ma veste.

C'est ce que tu lui offres avant de partir : un vêtement chaud pour le tenir loin du froid courant d'air qu'il endure sans cesse. Une protection - et aussi un rappel contre son amnésie, une preuve concrète qu'il n'est plus tout seul. Avec, l'oiseau devient comme une oie engraissée à laquelle tu aimerais offrir par caprice un bonnet de tweed et une pipe - mais tu ne le fais pas, il ne comprendrait pas.

Une veste qu'il conservera longtemps, au cours de tes trop nombreuses visites. Une fois. Deux fois. Dix fois. Trente fois. Toujours, tu le retrouveras caché entre les épais pans de tissu, mains enfouies au creux des poches et tignasse blonde déversée sur le col. Toujours - jusqu'à ce que tu en écartes le col pour lui voler un peu de cette chaleur précieusement conservée.[/color]
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MessageSujet: Re: Qui es-tu ? Qui suis-je ? [Varuna]   Jeu 14 Sep 2017 - 16:28


Ami ?
Il me dit de le suivre, j'allais enfin pouvoir sortir et m'étendre vraiment. Je gardais sa main dans la mienne, sans dire un mot. Je l'ai suivit, pour aller au chaud le réchauffer. Ce salon en a vu des choses, des déboires, des morsures. C'est ici que j'ai dansé avec le démon blanc, je crois m'en souvenir. Mais il n'est plus là. Mon maître, si, il est bien présent. Il est venu me mordre, mais je n'ai pas sentit la douleur. Je suis habitué à ça. J'ai longtemps été le garde-manger de ceux du cirque, je m'en souviens bien de ça. Alors je n'ai même pas couiné, ne me suis pas crispé alors que ses crocs transperçaient ma peau pour venir chercher le liquide qui lui est vital. Et j'avais le sentiment qu'au fond, ça le répugnait. Mais il n'as pas vraiment le choix. Malheureusement pour lui. Mais je ne dis rien, je ne veux pas le perturber avec des interrogations. Il semble déjà s'interroger assez lui même pour que je ne le torture davantage. Je ne veux pas lui faire de mal, je veux être un bon petit oiseau pour lui. Je lui souris alors qu'il caresse mon cou, c'est fait, il a eu sa dose. Il va mieux, pour un moment du moins. Quand il reviendras, je serais là, prêt à lui donner encore un peu plus de moi. Jusqu'à la fin si il le faut. J'ai sommeil, je suis si bien ici. Il me donne sa veste. Pourquoi ? Avais-je l'air d'avoir froid ? Je ne refuse pas.

Je porte cette veste, encore et toujours. Elle me rappelle qu'il y a quelqu'un qui va venir. Chaque jour j'attends ce quelqu'un, ce visage familier à qui je souris. Varuna. J'oublie souvent, mais toujours ça me revient. Parce qu'il me le dit. Il me rappelle aussi mon prénom parfois. Il semble être doué d'une infinie patience. Et je chante pour lui, encore et toujours. Je change tout les jours de chanson, pour ne pas le lasser. Mais il semble avoir ses préférences, alors parfois je lui rechante celles qu'il a bien aimé. Aujourd'hui encore, je l'attends. Je chantonne joyeusement, de bonne humeur. Un petit air mélodieux, me rappelant le soleil, la période de danse avec le démon blanc. Ou même quand un chien me faisait souvent des câlins. Des doux souvenirs lointains. Mais on me dit de me taire. La voix du patron retentit et me fait peur. Tait-toi sale piaf ! Je sursaute et retourne au fond de ma cage me blottir dans la veste. Observant le gérant furieux qui tape sur les barreaux pour me faire encore plus peur. Déchet ! Vivement qu'on t'achète que je sois débarrassé de ta sale voix et de ta tête de con ! Pourquoi est-il si méchant aujourd'hui ? Qu'ai-je fait de mal ? Il tape encore, puis ouvre la porte et me chope par le col de la veste. Non, ne l’abîmez pas que je le supplie ! C'est précieux, c'est à lui !

A lui qui ? Je ne sais même plus, mais à quelqu'un d'important, qui va arrive, je le sais, il va arriver ! Bientôt ! La petite aiguille doit encore bouger un peu, ça veut dire qu'il approche ! Il va venir me sauver alors que la main du vampire gérant se lève et s'apprête à s'abattre sur moi. Ding, la cloche sonne l'entrée, mon salut. Est-ce lui ?
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MessageSujet: Re: Qui es-tu ? Qui suis-je ? [Varuna]   Jeu 14 Sep 2017 - 17:48

-Je cherche des amis. Qu'est-ce que signifie " apprivoiser " ?
- C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie " créer des liens... "
- Créer des liens ?

Tu marches sous la pluie et le texte rebondit sous ton crâne. Encore. C'est la faute d'Edmond. Edmond le muet, Edmond qui ne parle que par citation. Edmond accroché au Petit Prince. Edmond qui se prend pour le compteur d'étoiles, affalé derrière son bureau, à mettre noir sur blanc chiffres et chiffres et retenues et encore plus et toujours plus. Edmond qui pense n'être qu'une coquille de noix, pleine de mots et de chiffres. Edmond l'invisible qui t'a tendu son livre et avoué le secret qu'il renfermait, roulé au sein de ses pages de papier chiffon.

Tu as compris. Tu comprends toujours. Ses peurs, tu les as comblées de tes mots bien placés, baume effaçant les cicatrices du passé. Edmond est quelqu'un et pas seulement la somme de ses expériences ; Edmond n'est pas une âme de poussière dans un corps de papier, occupé à dénombrer au lieu de vivre. Tu le lui as prouvé, et tu le lui feras avouer à force de patientes confessions. Oui, tu as compris...

Mais depuis cet instant, ce n'est pas le Banquier qui frôle ton esprit. C'est le Renard. Le personnage dont la joie s'efface vite mais dont les larmes sont mémorables.
Les larmes, et le discours.


- Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi , qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...

Tu te doutes de ce que cela veut dire. C'est Merle. Cela fait plus de deux semaines que tu lui rends visite et chaque jour, malgré son amnésie, il se montre plus confiant à ton égard. Qu'importe qu'il ignore ton nom, son sourire devient plus éclatant et son besoin de tendresse plus évident. Est-ce que tu fais bien, tout au fond ? C'est la question que tu te poses en passant la porte de la boutique. Parce que  ce ne sera pas toujours comme ça, tu le sais. Il t'aime bien - mais c'est parce qu'il te connait peu et mal, parce qu'il oublie ce que tu es tout au fond mais qui se dévoile parfois au détour de ton regard lorsque, le sang encore en bouche, tu te demandes ce que tu ressentirais si tu le plaquais là tout de suite au fauteuil pour enfoncer encore un peu plus les crocs. Ca ne durera pas.

Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du départ fut proche :
- Ah! dit le renard... je pleurerai.

Comme le Renard, tu pleureras son absence - mais sans même y gagner l'or des blés. Tu mérites pas mieux de toute façon - et cette pensée te reste en tête alors que tu passes la porte de la boutique et secoues la tête pour chasser de ta chevelure les gouttes de pluies qui y dégoulinent.

Le son te frappe à la vitesse quasi surnaturelle de tes sens. Les larmes de pluie sont encore en lévitation que tu fouilles l'espace du regard, à la recherche de Merle. Sa voix est départie de toute lumière, elle pleure. Il supplie quelqu'un - et dans ta poitrine, ça fait mal, ça te renvoie en arrière, à l'époque où toi et tes frères ne pouviez que Geindre votre douleur. Tuez-moi, arrêtez, par pitié, emballé dans des grognement d'agonie toujours arrêtés avant de s'affaiblir d'eux-même. Désespoir, terreur, agonie - et tu recules, tu heurtes la porte en verre vitrée refermée derrière toi. Tu devrais fuir fuir fuir fuir

Mais tu peux pas.


C'est pas toi, Varuna.
C'est Merle.
Tu peux pas l'abandonner.
Tu es faible. Tu es lâche. Tu es un meurtrier. Tu ne mérites rien. Mais si c'est pour les autres, tu n'as
plus le droit de fuir.
Plus jamais
.

T'es froid Varuna et tout s'enchaine comme des pièces d'engrenage lissées et policées. "Lâchez-le". Télékinésie. Os qui craque. Cri de douleur et surprise. L'humain retombe, le vampire s'enroule autour de son membre fracturé. Tu devrais avoir mal pour lui - quelque part tout au fond, tu as en fait mal pour lui - mais tu ne laisses rien voir. Tu t'approches juste, froidement, plus que tu ne l'as jamais été ici - et le vendeur recule, déconcerté et effrayé par ce renversement de situation. Toi qui n'étais qu'un freluquet, tu viens de.... ? Et ton regard lui répond : oui. Je viens de. Et je ferai plus si besoin.

- Préparez son dossier.

L'hiver est venu et il s'étale autour de toi, glacial. Même dans le regard que tu décoches à Merle - malheureux humain roulé  en boule dans ta veste, bras serrés sur sa poitrine comme si on allait lui arracher le coeur - l'étincelle de vie n'est qu'à peine perceptible. L'émotion reviendra plus tard - ainsi que la culpabilité, plus tard, quand vous serez tous deux en sécurité dans ton nid.

- Merle vient avec moi. Je ne peux pas être pire que vous.


Et par ces simples mots, tu noues le destin de Merle au tien.
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MessageSujet: Re: Qui es-tu ? Qui suis-je ? [Varuna]   Ven 15 Sep 2017 - 16:31


Ami ?
J'ai peur, pourquoi on me fait du mal ? Pourquoi il est si méchant ? Cédric était si gentil avec nous, il me laissant chanter et danser. Mais lui, il est méchant avec nous. Il ne veut que le silence, et moi le silence me rend fou. J'aime chanter, pourquoi est-ce un mal ? Pourquoi il s'énerve comme ça alors que je n'ai rien fait de mal ?! Je ne dérange même pas mes voisins ! Où es-tu mon ami blanc ?! J'ai cru te voir hier encore. Mais tu n'es pas vraiment là. Je ne comprend pas pourquoi. Personne n'est là pour moi. C'est ce que je croyais, mais la clochette sonne. Je tourne mon regard vers la porte, c'est lui, c'est mon sauveur. Varuna, aujourd'hui je m'en souvenais. J’entends un craquement, je ne comprend pas. Le gérant remplaçant recule, semble choqué. Et moi aussi, je suis inquiet. Je regarde mon maître. Il va m'emmener avec lui. Enfin ! Je lui souris en me relevant, retrouvant ma grande taille face à lui. Je pars volontiers avec lui, loin de ces barreaux gelés qui me terrifient. Non, il ne peut pas être pire que le remplaçant de Cédric. Il sera sûrement mieux, peu importe la taille de la cage, peu importe les graines qu'il me donneras. Je serais un bon oiseau, je chanterais toutes les mélodies du monde pour lui, pour ce petit bout d'homme au cœur éteint. Et pourtant, bien vivant à mes yeux. Je lui souris doucement alors que le gérant prépare les papiers en grognant un bon débarras. Une cage de libre, pour quelqu'un d'autre, qui se vendra peut-être mieux que ce vieil artiste de cirque sans mémoire. En attendant, je souris à Varuna :

« Dites ! Est-ce que j'aurais une balançoire ? »

J'aimerais bien avoir une belle balançoire, pour rester dessus toute la journée en chantant. Y faire le cochon pendu parfois. Une simple barre accroché en hauteur pour entretenir ma forme physique. Je garde le sourire et me remet à chantonner de bonheur. Le vendeur me jette un regard furieux et demande les dernières signatures. Puis enfin, on peut partir de là. Enfin je peux humer l'air de la nuit. Les étoiles sont si jolies. Je souris encore, désigne l'une d'elle :

« Vous avez vu comme elle brille celle-là ? Et elle ne bouge pas, donc ce n'est pas un avion ! »

Je ris doucement, le croissant de lune est merveilleux aussi. Le froid m'atteint un peu, mais la veste du vampire me protège bien. Dieu merci, elle n'est pas abîmé, je m'en serais tellement voulu. Je reste proche de lui, continue de lui sourire. Je l'apprécie toujours autant lui. Comment il s'appelle déjà ? Oh ça va me revenir ! Je suis enthousiaste, qu'il est bon d'être enfin dehors ! Ce sentiment de liberté est si bon ! Je m'arrête et désigne encore une autre étoile :

« C'est une constellation ça non ? Chaton m'en parlait parfois ! »

Chaton, mon ami. Lui, c'est étrange, mais jamais il n'est partit de ma tête. Alors que le tout devient flou, lui, je me souviens de tout. Ai-je une mémoire sélective ? Je l'ignore. Et je m'en fiche totalement en fait. Je regarde de nouveau le vampire et lui adresse encore un beau sourire, puis je me frotte la tête avec embarras...

« Dites... On peut aller manger quelque chose ? J'ai vraiment faim, il n'a pas voulu me donner ma ration au lever... Et je ne voudrais pas vous donner mon sang en étant affamé, ça ne doit pas être très bon. »

J'osais déjà lui demander des choses, mais j'ai envie de communiquer avec lui, d'en apprendre encore un peu plus. Je veux être son ami et non seulement un oiseau de compagnie. Peut-être ai-je tord, mais je voulais au moins tenter de tisser ce lien avec lui. Avec mon maître bien-aimé.
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MessageSujet: Re: Qui es-tu ? Qui suis-je ? [Varuna]   Dim 17 Sep 2017 - 1:56

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