AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

Partagez | 
Y a une couille dans le potage ! [PV Wolfgang J. Von Hertling][Terminé]
The White Whore
Messages : 55
Métier : Prostitué à La Rose Noire
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
MessageSujet: Y a une couille dans le potage ! [PV Wolfgang J. Von Hertling][Terminé]   Jeu 14 Sep 2017 - 1:00

Bonjour Maman !

Aujourd'hui, et pour la première fois, j'ai rencontré des miliciens. J'avais toujours entendu dire que c'étaient des gens impitoyables, sanguinaires, qu'il fallait les redouter plus que tout, mais ce n'est pas vrai. Enfin, pas entièrement...

Il y a eu beaucoup de monde cette nuit. Le week-end amène avec lui un afflux de client avide d'être servi. Ce que j'ai fait avec plaisir. J'ai comblé deux clients avant que trois heures du matin sonne, et que Monsieur Miller, le manager de La Rose Noire, m'affecte au service à table. J'ai accepté d'un simple signe de tête et je suis allé troqué ma tenue habituel par la tenue de service.

C'est donc habillé d'un petit short noir recouvrant tout juste mes fesses et d'un barman tout aussi noir au col blanc que j'ai commencé à déambuler entre les tables pour remplir les verres vides des clients. À chaque verre que je servais, je mettais bien au moins cinq minutes. Tu sais, les clients aiment bien passer leurs mains sous mon short, ou encore que je m'arrête pour leur faire une gâterie avant du reprendre du service. C'est donc compliqué – mais plaisant – d'être rapide.

Quand une troupe d'une dizaine de milicien a débarqué dans l'enceinte une heure plus tard, je t'avoue que j'ai invoqué Flash pour qu'il m'insuffle un peu de son pouvoir. J'avais du mal à gérer tout le petit monde qu'il y avait déjà, alors dix personnes de plus, à la même table – même si ce n'était que pour le début – allait clairement me tuer. Mais bon, dans ce genre de situation, je comprends pourquoi Monsieur Miller me choisit moi et pas un autre. Je me donne à fond dans tout ce que j'entreprends et je dois être le meilleur atout qu'a ce bordel, même avec mon problème physique.

Une chose que j'ai appris ce soir, c'est que les miliciens sont assoiffés et avide de s'amuser. Leur travail doit être vraiment stressant. C'est pourquoi, j'ai été aux petits soins avec eux. J'ai fait autant d'aller retour que nécessaire entre le bar et leur table pour leur servir à boire, je les ai laissé me toucher, me caresser, je me suis assis sur leur cuisse, leur ai susurré de chaudes paroles aux creux de l'oreille, ai réveillé leurs sens. J'ai même laissé le plaisir à l'un d'entre eux de s'abreuver à mon cou alors que je me mouvais sur ses cuisses. Pour moi, c'était des clients spéciaux et je me devais de les choyer encore plus que les autres.

Un peu plus tard, j'ai réussi à avoir deux minutes pour souffler. Je me suis mis un peu à l'écart et j'en ai profité pour me recoiffer un peu et me rhabiller correctement. J'avais retrouvé un air bien moins débrailler que me donnait les cheveux en pétard, le barman ouvert et le short remonté bien plus qu'il ne l'était au naturel. C'est en me retournant avec l'intention de me remettre au travail que je l'ai vu, lui. Un des miliciens qui n'avait pas été avec les autres depuis quasi le début. Je ne pourrais te dire comment je savais que c'était un milicien, mais je le savais. C'était peut-être grâce aux regards mi-peureux, mi-admiratifs que lui lançait le groupe entier. Sur le coup, je me suis demandé s'il n'avait pas un grade important.

J'ai donc pris le parti d'aller voir le brun aux yeux bleu – qui ressemblait à mon client mystère, soit dit en passant – au lieu du reprendre du service. J'étais quasi sûr que Monsieur Miller allait me taper sur les doigts plus tard pour cela, mais je ne pouvais me permettre de laisser un client avec cet air de profond désintérêt sur le visage. Armé de mon regard le plus enjôleur, je me suis avancé jusqu'à lui. Après l'avoir salué d'un « Bonsoir, Maître », je me suis installé près de lui sans lui laissé le temps de répondre, me collant à lui et posant innocemment une main sur son costume – qui avait l'air hors de prix – au niveau de son torse. J'ai entamé une petite caresse langoureuse et lui ai demandé « Maître, pourquoi êtes-vous ici, seul ? Ne souhaiteriez-vous pas plutôt profiter de votre soirée en agréable compagnie ? Ou même avec vos collègues ? ». J'ai ensuite lancé un regard aux fameux collègues qui nous toisaient étrangement. « D'ailleurs, je crois que vous les effrayer quelque peu... » lui avais-je fait remarqué dans un petit rire.

...


Dernière édition par Shiva le Mar 19 Sep 2017 - 11:22, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
General Der Miliz
Messages : 106
Métier : Capitaine de la milice
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
General Der Miliz
MessageSujet: Re: Y a une couille dans le potage ! [PV Wolfgang J. Von Hertling][Terminé]   Jeu 14 Sep 2017 - 20:22

Rotten roses
Shiva
« Les vices partent d'une dépravation du coeur; les défauts, d'un vice de tempérament; le ridicule, d'un défaut d'esprit.» J.d.l.B


J’ai fini par les amener là-bas, sur les conseils d’Engel dont j’avais questionné les goûts d’un coup d’oeil réprobateur, ne rencontrant alors que le reflet impersonnel de ses lunettes. La mission avait été une réussite, les hommes le méritaient et je n’ignore pas le pouvoir qu’ont les plaisirs coupables de la chair sur les soldats. Ils sont nécessaires, salvateurs. Et quand bien même je ne les... cautionne point je ne dois pas faire l’erreur de culpabiliser mes troupes pour la dépravation qu’encourage le point faible de notre immortalité : la toxicité du sang de femme. Notre société n’a fait que s’y adapter, d’où la prolifération écœurante de ce qui n’est pour moi rien de plus qu’une abomination, la seule dont je blâme mon espèce.

La Rose Noire, un nom ridiculement poétique pour ce qui n’est au final rien d’autre qu’une maison close. Nous sommes une dizaine à passer les épais rideaux de l’entrée. Un groupe de jeunes miliciens qui viennent de réussir, pour la plupart, leur premier raid, leur sergent et moi ; qui ne suit là que pour faire bonne figure. Tout comme un cadeau ne s’aurait s’envoyer par la Poste et se voir remis par les mains du facteur, la récompense perd toute valeur si j’abandonne mes officiers. C’est une nécessite dont je m’accommode. L’établissement est sérieux, la tenue de la salle impeccable. Ma réputation ne souffrira pas de m’y être rendu et c’est bien pour cette raison que j’ai choisi cet endroit. La soirée me coute une fortune, je réclame un serveur spécifique pour la tablée et offre tout ce qu’ils seront capables d’avaler ainsi que les « extras » qui vont avec. Pour les opérations de plus grande envergure... ils devront mettre la main au porte-monnaie. Je sais qu’ils ont des salaires modestes mais ma générosité connait rapidement ses limites quand l’homosexualité est concernée.

De toute façon, ils sont d’hors et déjà ravis d’être là, avec moi, même si je me tiens un peu en retrait. Les premières minutes sont un peu timides mais l’allégresse les gagne rapidement et l’alcool coule à flot. Confortablement installé sur ma banquette je les couve du regard, l’investissement, autant personnel que financier, en vaut la chandelle. Le « serveur », que je devine être également une putain du fait de sa...tenue, semble exceller dans son domaine et les soldats tombent sous le charme. Ils se laissent aller à une grivoiserie qui m’écœure et dont je détourne les yeux. Plus qu’une heure et je pourrais m’en aller sans être grossier.  

Les minutes s’égrènent et je suis presque au bout de mon calvaire quand une voix lointaine me sort de mes pensées. C’est un grattement sur le vernis, un crissement désagréable qui me fait l’effet d’une fausse note au piano et m’hérisse. J’ai à peine de le temps de revenir à moi qu’un corps chaud se blottit contre le mien et qu’une main caressante échoue sur ma poitrine. Je la toise, cette main imprudente, semblable à une saleté sur le gris perle de mon costume. Depuis combien de temps personne ne m’a touché de cette façon ? Le bleu polaire remonte le long du bras nu, bronzé, pour trouver le visage de son propriétaire et le foudroyer à son tour.

Évidemment. Notre catin attitrée n’a trouvé rien de mieux à faire que de venir se frotter à moi, à grand renfort de battements de cils et de regards langoureux.  La petite chatte en mal d’amour ronronne à mon oreille des paroles dont je me soucis guère. Un rictus torve glisse sur mes lèvres. Ma réputation me précède et aucun de mes hommes ignorent ce dont je suis capable, d’ailleurs rares sont les vampires à ne pas l’avoir appris, d’une façon ou d’une autre. Il n’y a qu’un stupide humain pour me méconnaître à ce point. Je suis étonné, et mécontent, que son manager n’ai pas eu la présence d’esprit de l’avertir. À moins... qu’il se pense en mesure de me faire changer d’avis ?

- Très surement parce que m’appeler Capitaine est sans nul doute bien plus approprié que ne l’est maître, lui dis-je d’une voix doucereuse, ma main gantée recouvrant la sienne, toutefois, je pense que c’est pour toi qu’ils sont effrayés, là, tout de suite. Et je sers, fort, écrase ses doigts graciles entre les miens dans une étreinte amplement suffisante pour rendre sa position inconfortable et le faire souffrir. Il a sans doute à peine le temps de réaliser son erreur que je le tire brusquement devant moi, à mes pieds, là où est sa place finalement.
by Epilucial

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
The White Whore
Messages : 55
Métier : Prostitué à La Rose Noire
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
MessageSujet: Re: Y a une couille dans le potage ! [PV Wolfgang J. Von Hertling][Terminé]   Dim 17 Sep 2017 - 19:06



En venant jusqu'à lui, je n'avais pas eu la moindre idée de ce qui allait m'arriver. Tout ce à quoi je pensais à ce moment, c'était servir un client, servir un vampire, servir un maître. Tu sais maman, ce sont des êtres vraiment magnifiques. Il dégage d'eux une sorte d'aura envoutante qui ne me laissait jamais indifférent. Et chez lui, sans que je ne sache vraiment pourquoi, l'aura était des plus fortes. Je le trouvais fascinant, il avait une beauté singulière que je n'avais encore vu chez personne d'autre. Lorsque ses yeux d'un bleu polaire m'ont transpercé, j'ai senti tout mon épiderme se dresser.

Son regard glacial ne m'était apparu comme une vraie menace. Je l'avais dérangé dans un moment de réflexion, c'était donc normal qu'il me montre sa désapprobation. Mais on ne venait pas à La Rose Noire pour réfléchir, au contraire, on venait pour s'y détendre. Et je comptais bien le détendre du mieux que je le pouvais.

En y réfléchissant bien maintenant, j'avais eu plusieurs indices qui auraient pu me dire que ça allait mal se finir. Mais j'ai été aveugle. Je n'ai compris ni son regard aussi froid que la glace, ni son sourire menaçant, ni sa voix doucereuse. Tel un papillon, je me suis jeté dans ses toiles, et lui, araignée venimeuse, n'a pas hésité à planter ses crocs.

Il préférait que je l'appelle Capitaine au lieu de Maître, ce n'était pas un problème. Je l'aurais appelé comme bon lui semblait juste pour recevoir une attention de lui comme la main qu'il posa sur la mienne. Pour moi, ce geste avait été la promesse de beaucoup d'autres. Je lui avais fait un de mes sourires les plus sincères. Tu te souviens, tu disais qu'avec eux, je pourrais conquérir le monde. Eh bien je comptais le conquérir lui.

Quand il me dit que c'était plus pour moi que ses hommes avaient peur, je t'avoue que ses mots, je ne les avais pas compris. Ou je n'avais pas voulu les comprendre. Je l'avais regardé étonné et avais commencé à lui demander « Que voulez-vous dire par peur pou... ». Mais la douleur que j'avais ressenti dans mes doigts m'avais empêcher de continuer. J'ai eu mal, mais je ne me suis pas plaint. Je ne me plaignais jamais. Après tout, ici, je leur appartenais, ils pouvaient me faire ce qu'ils voulaient, je ne dirais jamais rien.

Il m'a jeté à ses pieds assez indélicatement et sans lâcher mes doigts. Ce n'était pas le premier client qui usait de force avec moi. Je m'étais habitué à ses traitements et je commençais à savoir y répondre. Une partie des vampires aimait qu'on se soumette. Eh bien soit, j'étais de toute manière inférieur à eux. Je me suis redressé sur mes genoux et j'ai levé légèrement, mais pas trop, les yeux vers lui. Délicatement, j'ai posé une main sur son genou et je lui ai dit: « Mes excuses, Capitaine, je n'aurais pas dû me montrer si impudent. Si vous avez la moindre envie, je la satisferai ». Pour appuyer mes dires, j'ai posé ma deuxième main sur son entre-jambe pardessus le tissu soyeux de son costume. Il n'avait qu'un mot à me dire et je le suçais. « Et si vous souhaitez me punir, je m'y soumettrai ». Même si les punitions étaient douloureuses, elles satisfaisaient mes clients, et c'était tout ce qui comptait.

...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
General Der Miliz
Messages : 106
Métier : Capitaine de la milice
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
General Der Miliz
MessageSujet: Re: Y a une couille dans le potage ! [PV Wolfgang J. Von Hertling][Terminé]   Dim 17 Sep 2017 - 22:45

Rotten roses
Shiva
« Les vices partent d'une dépravation du coeur; les défauts, d'un vice de tempérament; le ridicule, d'un défaut d'esprit.» J.d.l.B


Je le vois sourire quand mon gant se pose sur sa main, le tressaillement de son voile trahi l’expression que je peux de toute façon lire dans le regard qu’il me lance. La dévotion que j’y trouve est étonnante car elle pourrait presque me persuader qu’elle m’est uniquement réservée... si je ne l’avais pas vu passer de cuisses en cuisses avant qu’il ne vienne m’importuner. Je l’envoie au tapis sans délicatesse et doit avouer que pour un humain il endure plutôt courageusement. J’imagine que cela va de pair avec sa condition de pute et de fait je n’en suis pas impressionné, ce n’est ni plus ni moins que ce qu’on attend de lui. Il a déjà du subir bien pire qu’un petit vol plané mais pour des raisons qui ne regardent que moi je préfère ne pas pousser plus loin mes suppositions. Je ne veux surtout pas savoir, et encore moins imaginer, ce qu’on lui a déjà fait.

Sa main, souillée, se pose à nouveau sur moi bien que j’enserre toujours l’autre dans l’étau de mon poing. Je ne sais si c’est de surprise ou de colère mais je le lâche et là... Ô stupéfaction c’est entre mes jambes que je la vois se loger. Il y a comme un flottement dans la salle. Les conversations à la table des miliciens ont déjà faibli quand le prostitué m’a accosté mais là un silence épais et rare pour ce genre d’établissement nous enveloppe. Zum henker. La moutarde me monte au nez. Pour la première fois depuis longtemps, toute ma surprise et toute ma colère tournoient dans mon regard. Mes crocs me chatouillent les gencives et ma lèvre se retrousse sur l’email étincelant. La vue de mes canines fait tressaillir mes hommes, ils m’ont rarement vu ainsi et savent que cela ne rime avec rien de festif, ou du moins, pas comme ils l’entendaient.  

Sa bouche babille des insanités que je saisis à peine, aveuglé par la fureur. Je ne vais pas le punir, je vais le tuer, l’écraser comme l’insecte qu’il est. J’ai du mal à réaliser qu’il a osé, par deux fois, poser ses mains de petite catin dégoutante sur moi et c’est pour cette raison que la gifle que je lui envoie part avec un temps de retard. Je frappe fort et il se retrouve à nouveau par terre. De manière générale, je ne suis pas tendre quand je donne des coups et il n’évite le poing, qui promettait de lui arracher quelques dents, que grâce à mes vieux principes qui me poussent à le considérer comme une femelle.

Alors que mes doigts chauffent encore, je ne lui laisse guère le temps de réagir et l’empoigne par son petit gilet ridicule. Ma force me permet de le redresser à genoux sans fournir plus d’effort que pour ramasser un chiffon. Un sale petit chiffon dégoulinant que je toise de tout le mépris que j’ai trop souvent emmagasiné parce que c’est ce que ma société homosexuelle m’impose. Penché sur lui, je le saisis par le bas du visage, plaquant par la même le voile sur sa peau caramel. Une pute gay, stupide, bronzée et humaine. Il n’a vraiment rien pour me plaire.

- Je n’espère jamais grand chose quand je m’adresse à cette sous-espèce à laquelle tu appartiens, néanmoins je dois avouer que parmi tes pairs tu es un exemple d’imbécilité, je siffle en écrasant sa mâchoire entre mes doigts. J’ai terriblement envie de la disloquer. Ce serait si simple, deux petits à-coups et le voila incapable de déblatérer des crétineries pour un petit paquet de temps. Dans ma vision périphérique j’aperçois Miller, le responsable de la vermine que je tiens au bout de mes doigts. Il a surement été alerté par le bruit, ou plutôt par l’absence de bruit. Je sais qu’il n’interviendra pas, quand bien même je déciderais de lui arracher la tête. Mieux vaut que je passe mes nerfs sur son esclave plutôt que sur lui.

Je m’apprête à lui administrer une nouvelle paire de claque quand quelque chose attire mon attention. Sous mon index, le tissu opaque émet un très léger grattement sur sa peau. Ma poigne se fait plus légère et je frôle la commissure de ses lèvres à travers le voile. C’est sans doute un détail qui passe et passera inaperçu auprès de bon nombre de mes pairs, aucun des dix idiots que j’ai amené n’a du le remarquer. Mais je ne peux pas me tromper. En ce qui me concerne, c’est un raclement que je connais par cœur car je l’entends chaque jour quand mes vêtements frôlent la cicatrice qui me coupe en deux.

Je le relâche si brusquement qu’il en tombe sur les fesses, mon regard impénétrable toujours posé sur lui.

- Terrasse... trois minutes, je m’adresse à Miller qui n’a toujours bougé et me lève, passant au dessus des longues jambes nues du prostitué,Et habillez-le, si je veux le voir nu je vous le ferais savoir, gottverdammt, j’ajoute d’une voix coupante en traversant la pièce pour mieux disparaître dans les escaliers.
by Epilucial

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
The White Whore
Messages : 55
Métier : Prostitué à La Rose Noire
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
MessageSujet: Re: Y a une couille dans le potage ! [PV Wolfgang J. Von Hertling][Terminé]   Lun 18 Sep 2017 - 10:00



Poser ma main entre ses jambes n'a pas été l'une de mes meilleures idées. Le silence qui avait suivi mon geste m'avait fait froid dans le dos. J'avais senti que la situation m'échappait totalement et j'étais incapable de dire pourquoi. Plus personne n'osait parler, ni même respirer. Le calme était trop lourd dans cette pièce qui était habituellement agitée. Alors que j'étais serein avant, le silence m'avait inquiété. C'était la première alerte qui m'indiquait que je faisais une terrible erreur que je perçu. Mais il était déjà bien trop tard. On ne stoppait pas un ouragan, on le fuyait avant qu'il ne frappe. Et moi, j'avais foncé tête baissée dedans.

Son regard plein de haine et la vue de ses crocs incroyablement blancs m'ont figé sur place. Jamais jusqu'à aujourd'hui, quelqu'un ne m'avait regardé comme cela, pas même les enfoirés qui m'ont défiguré. J'avais une peur mêlée à une fascination que je ne pouvais expliquer. Je savais que je devais me taire, mais je n'ai pas pu m'empêcher de vouloir rattraper mon erreur. Erreur que j'empirai. La gifle qu'il m'assena en simple réponse eut pour effet, en plus de me remettre à terre, de me mettre les idées en place. Je n'aurais jamais dû m'approcher de lui. J'aurais dû prendre mes cinq minutes de pause et retourner au près des autres miliciens qui auraient été plus que heureux de mon retour.

Ne voulant pas tout de suite regarder mon... client, si je pouvais toujours l'appeler comme cela, j'ai jeté un coup d'œil en direction de ses collègues. Ils étaient figés devant la scène qu'on leur présentait. Certain avait la bouche entrouverte, d'autre un petit sourire narquois, mais pour la plupart, c'était de la peur que je voyais. Ils avaient réellement peur pour moi. Si je n'avais pas été au centre de tout ça, j'aurais trouvé l'ensemble comique. Mais ce n'était pas le cas. J'étais au cœur du maelström.

Alors que le sang refluait à ma joue dans un picotement atroce, le capitaine m'avait attrapé par le col de mon barman et remit sur mes genoux. Son regard me prouvait tout le dégout qu'il avait pour moi. Je n'avais pourtant rien fait, je te le promets... Il m'a choppé par la mâchoire, m'obligeant à le regarder. J'ai essayé de fuir ces yeux de glace en cherchant un point d'accroche derrière lui. J'avais vu Monsieur Miller qui me regardait avec effroi. Il a demandé à Steve de s'occuper du réseau intranet à sa place, il avait une crise à gérer. Une crise... C'était ce que j'étais devenu. Je le vis faire le tour des tables, se rapprochant en restant éloigné de nous.

Les paroles du Capitaine firent revenir mon attention sur lui. J'étais légèrement outré par celles-ci. Aussi froides que son regard, elles m'avaient marqué. En fermant les yeux, je peux encore l'entendre me dire « Je n'espère jamais grand chose quand je m'adresse à cette sous-espèce à laquelle tu appartiens, néanmoins je dois avouer que parmi tes pairs tu es un exemple d'imbécilité ». Des mots rudes. J'avais travaillé dur toute ma vie pour satisfaire au mieux les vampires, et que l'un d'eux me considère comme un moins que rien, pire, comme le plus bête des moins que rien, cela me blessait.

Ses doigts sont revenus se poser sur mon visage. Il me tenait à nouveau par la mâchoire, par dessus mon voile blanc. Il a serré, encore. J'avais mal. J'ai grimacé légèrement de douleur, mais je ne me suis pas plaint. Je n'ai rien dit, priant silencieusement pour qu'il ne me casse pas la mâchoire. J'ai senti son doigt passer sur ma cicatrice qu'il ne pouvait voir et, alors que j'étais sur le point de subir son courroux, sa poigne se fit moins sévère et son regard sur moi changea. Il repassa son indexe sur ma balafre, la détaillant aveuglement, et la terreur s'empara de moi. Il savait.

J'ai commencé à me tortiller doucement, voulant échapper à sa prise. C'est la première fois que je lui résistais. Une peur sourde et un petit élan de résistance s'étaient saisi de moi et pouvaient facilement se lire dans mes yeux. J'avais peur. Peur qu'il arrache mon voile. Peur que mon abomination soit révélée aux yeux de tous. Et si c'était le cas, je savais que ce serait la fin pour moi. Je n'aurai pas de nouvelle chance. Je finirai à la banque de sang.

Alors que je pensais que c'était la fin, il me lâcha d'un coup, comme si mon contacte l'avait brûlé. En retombant durement sur mes fesses, je n'avais pas quitté mes yeux des siens, et, même si son regard ne montrait qu'un mur de glace, au fond de moi, je savais. Je le dégoutais, j'étais ignoble. Sa voix avait claqué, me faisant sursauter. Il ne s'était pas adressé à moi, mais à Monsieur Miller. Il avait été clair. Il nous laissait trois minutes. Trois minutes pour m'habiller et le rejoindre sur la terrasse. Trois minutes avant ma sentence.

Après m'avoir laisser en plan, mon manager était venu à moi rapidement. Je ne pensais pas qu'il était si près de nous. Il m'a attrapé par le bras, me disant sèchement « Lève-toi ». Sa voix me sorti de ma transe et je posais mes yeux, qui étaient toujours braqués sur le vide qu'avait laissé le Capitaine, sur lui. Les mots sortirent de ma bouche dans un flot inarrêtable « Monsieur Miller... Je... Je suis désolé ! Je ne voulais pas ! Je pensais bien faire ! Je suis vraiment désolé ! ». Il me stoppa net en me secouant et relevant. « Tais-toi ! On verra ça plus tard ! Pour l'instant, tu me suis et tu la ferme ! »

Monsieur Miller m'a ramené dans le dortoir à une vitesse folle. Je me suis changé le plus vite possible, enfilant mes habits les plus décents: un sarouel bleu nuit subtilement transparent et un débardeur noir moulant. Je ne les mettais pas ensemble habituellement, mais la situation ne me permettait pas le luxe d'accorder ma tenue. On arriva sur la terrasse au bout de quatre minutes. Monsieur Miller était sur le point d'imploser. En chemin il m'ordonna « Quand on serra là-haut, tu me fera le plaisir de rester en retrait et de la fermer ! Si ce n'est pas le cas, ce ne sera pas lui qui te tuera, mais moi ! ». Je n'avais pas répondu pour ne pas amplifier la colère de mon manager. J'avais compris et c'était tout ce qui importait.

La fraicheur de l'extérieur pénétra ma peau dans un frisson. Les nuits d'automne n'étaient pas les meilleures pour utiliser la terrasse. Appuyé contre la balustrade, mon client et futur bourreau nous attendait. De là où j'étais, je ne pouvais voir si sa fureur s'était calmée ou inversement. Monsieur Miller s'avança et, respectant ses ordres, j'étais resté près de la porte vitrée. Les mots qui suivirent me figèrent sur place. « Capitaine Hertling. Toutes mes plus plates excuses. Cette vulgaire catin n'aurait pas dû faire plus que ce qu'on lui demandait. Pardonnez son ignorance et son initiative. J'aurais dû lui dire clairement ce qu'il en était. »
J'avais pris une douche froide. Je m'en étais pris à Monsieur Hertling, le Capitaine de la Milice. J'avais souvent entendu parler de son nom et de sa réputation, ici. Les hommes parlent beaucoup et il n'était pas difficile d'intercepter une conversation. À ce moment-là, alors que j'observais les deux vampires devant moi, j'étais persuadé d'une chose. J'allais mourir.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
General Der Miliz
Messages : 106
Métier : Capitaine de la milice
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
General Der Miliz
MessageSujet: Re: Y a une couille dans le potage ! [PV Wolfgang J. Von Hertling][Terminé]   Lun 18 Sep 2017 - 15:14

Rotten roses
Shiva
« Les vices partent d'une dépravation du coeur; les défauts, d'un vice de tempérament; le ridicule, d'un défaut d'esprit.» J.d.l.B


L’air frais me fait de bien et de la pointe de la langue je parviens aisément à rentrer les crocs qui me chatouillent les gencives. Je me laisse rarement aller à des éclats pareils, il est rare que j’ai besoin d’en arriver là, mais je ne peux décemment pas tolérer que n’importe qui pose la main sur moi. En particulier sur cette partie de mon corps, et encore moins quand l’imprudent est une catin sur laquelle la moitié de mes hommes ont déjà salivé. J’aurais sans doute fait preuve de davantage de clémence s’il s’était consacré à ma distraction en premier. Un nouveau frisson de dégoût m’agite et j’inspire profondément les parfums de la ville qui me parviennent depuis la rue en contrebas. Relents de bitume humide, plus loin, le parfum délicat d’un restaurant devant lequel j’ai eu l’occasion de passer et enfin...l’essence jasmin qu’il a laissé sur mes vêtements. Je ne peux pas m’empêcher de scanner les environs, d’étendre le poids de mon aura à la rue adjacente, pour m’assurer que tout est en ordre dans le quartier. Parfois, la nuit est sombre et pleine de terreurs, même pour nous qui sommes ses enfants, mais ce soir tout est parfaitement paisible.

2’30s à ma montre.

J’ose espérer qu’en plus d’avoir commis impair sur impair il ne sera pas en retard. Trois minutes c’est amplement suffisant pour passer des vêtements décents et grimper deux escaliers. Pourtant les secondes s’égrènent avec lenteur et il n’arrive toujours pas. Chaque grain de sablier enlève à ma patience déjà bien entamée et quand, enfin les pas rapides se font entendre dans les couloirs je n’ai pas besoin de regarder une énième fois le cadran pour savoir qu’il a une minute de retard. Je me redresse, lisse machinalement l’uniforme noir qui ne me quitte jamais réellement et demeure le regard loin au delà de la ligne d’horizon. Pour une raison que j’ignore, mais qui m’agace prodigieusement, c’est le manager qui s’approche de moi, à petits pas nerveux. J’avais pourtant été clair, n’est-ce pas ? À croire que personne ici n’a l’intelligence nécessaire pour me satisfaire ne serait-ce qu’un peu.

Raide, je ne fais même pas l’effort de me tourner ni même d’écouter les platitudes que le vampire me sert. Dire qu’Engels m’a conseillé cet endroit et que personne n’a eu l’idée de me faire monter un verre. Je claque distraitement de la langue en me faisant la promesse d’en toucher deux mots à mon secrétaire. Interpellé par mon silence l’incapable de se tait, enfin. Avec un responsable pareil je ne suis guère plus étonné du comportement, déplorable, du personnel.

- Monsieur Miller, vous savez lire, n’est-ce pas ? Ma voix tranquille, encore plus que ma question, l’interloque et il balbutie un semblant de réponse qui confirme mes dires. Bien, vous me ferez donc le plaisir d’apprendre à lire l’heure.

Il reste planté à côté de moi et je lutte contre l’envie impérieuse qui me prend de le jeter par-dessus la balustrade. Je suis décidément cerné par les imbéciles, c’est une malédiction. Je me tourne à demie et le foudroie sur place.

- N’avez-vous donc rien de mieux à faire ? Ou peut-être comptez-vous prendre la place de votre « vulgaire catin » et me faire la conversation ?

Je l’interromps d’un geste impérieux de la main avant qu’il ne puisse encrasser davantage mes oreilles.

- Dépêchez. Mes hommes ont intérêt à s’être beaucoup amusés quand je redescendrais.

Il craint très certainement pour sa marchandise mais l’éclat meurtrier de mon regard le dissuade de m’importuner plus longtemps et le voir déguerpir m’apporte, enfin, un peu de satisfaction. Comme quoi, un rien - ou l’absence de rien - m’accommode. Je ne suis pas si exigeant.

Lest battements d’un cœur humain trop nerveux m’informent que le prostitué est toujours là, je le devine, prostré près de la baie vitrée.

- Approche, j’ordonne, sans bouger de la place que je me suis octroyé sur la terrasse de toute façon déserte.

by Epilucial



Dernière édition par Wolfgang J. Von Hertling le Lun 18 Sep 2017 - 21:10, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
The White Whore
Messages : 55
Métier : Prostitué à La Rose Noire
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
MessageSujet: Re: Y a une couille dans le potage ! [PV Wolfgang J. Von Hertling][Terminé]   Lun 18 Sep 2017 - 19:35



Droit comme un piquet et les lèvres pincées, j'ai observé silencieusement la scène qui s'était jouée devant moi. Monsieur Miller tentait vainement de s'excuser face à l'imperturbable Capitaine de la Milice. Celui-ci n'avait pas bougé d'un iota, comme si la présence de mon manager ne valait rien à ses yeux. D'une certaine manière, je ne pouvais qu'être navré pour Monsieur Miller. Je l'avais mis dans un tel embarra... Jamais je ne l'avais vu comme cela. Mais d'un autre côté, l'aura de pure puissance du Capitaine Hertling me fascinait. Il ne ployait devant rien.

Quand la voix, plus grave que la mienne, du Capitaine a retenti, j'ai vu mon manager tressaillir. Plus il restait planté là, plus je sentais l'impatience du Milicien monter en flèche. Après une menace sous-entendue, mon manager a filé la queue entre les jambes. Le Capitaine Hertling n'est pas un homme à qui on dit non, on lui obéit simplement. En passant près de moi, il m'a soufflé « Ne fais pas plus de sottises que tu n'en as déjà fait ! Sinon, je ne donnerais pas cher de ta peau. »

Ses mots me tétanisèrent. J'allais réellement rester seul avec cet homme ? Allais-je même survivre à cette nuit ? Le claquement de la porte qui se ferme me fit sortir de ma torpeur, laissant le loisir à l'angoisse de s'emparer de moi. Je n'osais ni bouger ni parler et à peine respirer, au fond de moi, je priais pour que Monsieur Miller revienne et me sorte de là. Mis à part ce soir, j'étais un bon élément pour l'entreprise. C'était l'une de mes premières erreurs depuis que je travaillais ici... Il ne pouvait pas m'abandonner.

Au bout d'un moment qui me paru incroyablement long, sans même bouger et toujours dos à moi, le Capitaine Hertling me demanda sèchement d'approcher. Je t'avoue que pendant un instant, j'ai hésité à partir en courant. Mais tu m'as toujours dit d'obéir et c'est ce que j'ai fait. D'un pas d'abord timide, je me suis avancé jusqu'à lui, faisant bien attention de ne pas trop l'approcher. J'avais l'impression d'être un petit oiseau aux ailes brisées, ne pouvant échapper à son funeste destin.

J'ai patienté quelques longues secondes durant lesquelles il ne parla ni ne bougea. Je ne savais pas s'il préférait que je me taise ou non, j'ai donc choisi pour lui. Prenant mon courage à deux main pour ne pas perdre la face devant lui, je dis d'une voix la plus assurée possible « Je... Je voudrais m'excuser pour tout à l'heure. Mon comportement à votre égard était déplacé. Je n'aurais pas dû ». Je n'ai pas essayé d'expliquer mon geste, ce n'est pas le genre d'homme à accepter perdre du temps en justification. Je repris « Pour Monsieur Miller, vous ne devriez pas lui en tenir rigueur. Il n'est pour rien dans cette histoire, j'ai agi de mon propre chef. Habituellement, il n'aurait pas laisser ce genre de déboire arriver. Par la suite, il a juste essayé de réparer mes erreurs ». J'étais fier de moi, ma voix n'avait pas tremblé une seule fois quand j'avais parlé de mon manager. J'essayais de sauver son honneur, je lui devais bien ça après tout ce qu'il avait fait pour moi.

...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
General Der Miliz
Messages : 106
Métier : Capitaine de la milice
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
General Der Miliz
MessageSujet: Re: Y a une couille dans le potage ! [PV Wolfgang J. Von Hertling][Terminé]   Lun 18 Sep 2017 - 22:57

Rotten roses
Shiva
« Les vices partent d'une dépravation du coeur; les défauts, d'un vice de tempérament; le ridicule, d'un défaut d'esprit.» J.d.l.B


Il a peur. L’évidence transparait dans toutes les cellules de son corps mais parce qu’il est bien dressé il obéit néanmoins, s’évitant ainsi une nouvelle salve de ma fureur qui n’aurait pas manqué de lui éclater en plein visage si la bêtise l’avait poussé à agir autrement. J’aurais détesté avoir à lui courir après, en particulier dans les escaliers. Toutefois, la trouille qui lui agite les entrailles ne suffit pas à le faire taire et le voilà qui déblatère une foule de mots qui sont autant de mauvais points dans le décompte que j’opère. Je ne me retiens de le frapper que parce que tout son petit discours prouve sa loyauté envers son propriétaire, une qualité que je ne peux que lui reconnaître.

Sans lui accorder davantage d’attention je sors ma montre et soupire. Encore trente-sept seconde de gâchées par sa faute. Je me tourne, lui fait enfin face pour détailler sa tenue d’un œil critique, les lèvres pincées. La montre retrouve sa place dans ma poche, le discret métronome de ses aiguilles contre mon cœur mort. C’est transparent, vaporeux et..., moue dubitative, oriental. Ce qui, bien évidemment n’est pas à mon goût. Mais au moins il est habillé, j’imagine que les vêtements ne sont pas légions dans ce genre d’établissement et je suis soulagé de ne pas le voir débarquer en collants et talons hauts. Je n’ai plus qu’une infime once de patience et j’espère bien que la Rose Noire ne l’éparpillera pas aux quatre vents.

Pour la deuxième fois cette nuit j’attrape le prostitué par le menton, avec moins de violence et une certaine lassitude qui transparait dans le bleu de mes yeux. Il est grand, plus que je ne l’aurais cru alors qu’il se frottait à mes hommes où gisait à mes pieds. Cela ne change rien si ce n’est que je n’ai pas besoin de baisser beaucoup la tête pour l’obliger à me regarder. J’en ai maté des plus grands que lui et il y a bien longtemps que je n’ai plus besoin de faire une tête de plus qu’un homme pour le considérer comme un moins que rien.


- Tu ne te tais donc jamais ? Je soupire. Miller ne m’intéresse plus. Il a rejoint la très longue liste de ceux qui à mes yeux sont des incapables et n’est pas prêt d’en sortir.

Quant à lui... j’hésite à le punir encore. Mon regard dans le sien, je lui penche la tête pour que la lumière orangée du lampadaire frappe ses traits. Les ombres le dessinent, cisèlent la moitié visible de son visage. Dans ses yeux je ne lis qu’une soumission profonde qui promet bien des choses mais où l’insubordination est inexistante. Il y a quelque chose, là, que je parviens pas à retrouver mais qui, je le sens, m’effleure et quand je veux m’en saisir : m’échappe. Une mémoire lointaine qui me chatouille mais refuse de m’appartenir. La frustration me rend ombrageux et je focalise mon attention ailleurs. Par vengeance ou par curiosité, je n’ai de toute manière pas à me justifier.

Maintenant que nous sommes seuls, à la faveur de la lune, je reprends mon exploration là où je l’ai abandonnée toute à l’heure. Du pouce, je le maintiens immobile tandis que mes doigts frôlent, parcourent sa joue gauche. Ils grattent un peu ce que je cartographie comme une marque granuleuse, de la commissure de la bouche à... la jonction de sa mâchoire. Le voile n’est donc pas qu’un mauvais accessoire bolywoodien destiné à entretenir l’illusion qu’il a vécu un tant soit peu dans le désert avant d’être ramené ici. C’est un masque.

Un masque qu’il est terrifié de retirer. La seule raison qui l’a poussé à me résister, pas parce qu’il avait peur des coups que j’aurais pu lui donner mais parce qu’il craignait que je découvre ce qu’il dissimule et plus encore que je l’expose aux yeux de tous. Je le relâche brièvement mais c’est uniquement pour trouver l’attache délicate qui maintient la soie en place. Il me suffit de quelques secondes pour la lui retirer et le mettre davantage à nu que ce bien des hommes cette nuit ont pu faire.

Je ne veux pas le voir dénudé. Pas plus que je le voudrais sous moi, en train de soupirer mon prénom comme je suppose qu’il en est capable. En revanche, je m’arroge ce droit de voir, de toucher ce qu’il cache avec tant de véhémence. Je retire mon gants pour toucher la peau chaude que le feu a marqué dans une ébauche de sourire morbide. Ici, il n’est pas souillé, du moins pas au sens où je l’entends. Mon index retrace la courbe délicate de sa pommette pour dériver et suivre la cicatrice disgracieuse.

Il était beau. Vraiment beau.

Comme lui. Cela me frappe comme un coup de poing dans la rate, me coupe le souffle qui ne me sert heureusement guère plus. Lui. Lui et sa peau brune, ses yeux verts lumineux, sa bouche pulpeuse. Vedel qui posait sur mes lèvres des baisers qui encore aujourd’hui me font trembler, me font mal. C’est une douleur amère qui me suit comme un fantôme et avec laquelle j’ai appris à vivre.

Je déglutis, chasse ce qu’il a du voir passer dans mon regard et que j’ai été incapable de camoufler. Je pourrais le tuer pour ça, pour ce qu’il a pu entrevoir en moi, du moi qui est resté coincé quelque part, le jour où je l’ai fait disparaître lui. Pourtant, pour plein de raisons je ne fais rien. Et pour plein de ces mêmes raisons, l’idée de l’embrasser m’effleure, lui, cette catin blonde qui me retourne l’estomac toutes les dix minutes. Mon pouce a atterri sur sa bouche, trahissant ce que mon subconscient me hurle. Je le dévore du regard, frôle une dernière fois la pulpe gonflée et m’écarte. Je lui rends son voile et remet mon gant. La flamme dans mes yeux est éteinte, coupée nette dans sa folie.

- Comment tu t’appelles ?

Il est temps que je m’en aille mais j’ai besoin d’un nom à mettre sur le visage de celui qui a ravivé son souvenir dans ma mémoire.

Shiva. Les syllabes glissent sur ma langue avec un goût de cendre alors que je m’éloigne, le goût des regrets.

by Epilucial

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
The White Whore
Messages : 55
Métier : Prostitué à La Rose Noire
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
MessageSujet: Re: Y a une couille dans le potage ! [PV Wolfgang J. Von Hertling][Terminé]   Mar 19 Sep 2017 - 11:17



Mon petit monologue n'a pas eut l'effet escompté. Au contraire, j'avais même l'impression de l'avoir plus ennuyé, voire agacé. C'était mauvais, pour moi. De toute manière, je ne savais pas si je pouvais dire ou faire quelque chose qui tourne en ma faveur. J'étais allé trop loin, et le retour en arrière m'avait paru utopique. J'ai observé le moindre de ses gestes qui était pour moi une lente torture psychologique. Son regard sur moi finit par m'achever. J'avais l'impression de n'être qu'un vulgaire déchet sur son chemin dont il fallait se débarrasser au plus vite. J'espérais juste que ce serait rapide et indolore.

D'un mouvement plus lent et plus... doux...? il a repris mon visage entre ses doigts. J'ai eu un léger froncement de sourcils, qui disparu tout aussi vite qu'il était apparu, et qui montrait mon interrogation. Qu'est-ce qui avait changé depuis tout à l'heure ? Était-ce parce que nous étions à présent seuls qu'il se permettait ce genre de chose ? Ou était-ce un nouveau supplice ? Faire naître l'espoir en moi pour mieux le détruire ? C'était fourbe.

Sa remarque sur mon débit me fit monter le sang aux joues. Oui, quand je suis nerveux, je parle beaucoup trop. Tu le sais bien, cela m'aide à extérioriser. Il faut vraiment que je trouve un autre moyen sans être pour autant gênant. Sans le lâcher des yeux, j'ai suivi son mouvement n'émettant aucune protestation. Je n'avais rien à dire, car ce soir, je lui appartenais entièrement.

Ses doigts se posèrent une nouvelle fois sur ma cicatrice, remontant cette fois-ci jusqu'à la naissance de mon oreille. Bien que c'était par-dessus mon voile, je n'aimais pas ça. Devant les autres prostitués, cette cicatrice est une force. En leur montrant, je leur dis que même défiguré, je suis meilleur qu'eux. Mais face aux vampires... Face à eux, ce n'est qu'un poids mort mettant ma vie en sursis.

Lorsqu'il a retiré ses doigts, j'ai fermé les yeux un instant, soulagé que cela soit finit. Soulagement qui fut de courte durée. Sa main derrière mon oreille me fit tressaillir. J'avais les yeux plongés dans son regard dans une supplique muette qu'il ignora. La suite me parut se passer au ralenti. J'avais senti mon voile se détacher et, délicatement, exhiber mon hideuse balafre. Honteux, j'ai baissé les yeux, fuyant le regard bleu du Capitaine. Je ne voulais pas voir son dégout se lire sur son visage, je ne l'aurais pas supporté.

Étrangement, je m'étais senti nu. Bien plus nu que je ne l'avais été jusqu'ici. Je trouvais son geste bien trop intime. Je sais, c'est risible. Je suis capable d'écarter les jambes devant toute une flopée d'inconnus, les laissant prendre mon corps comme ils le souhaitent, mais pas montrer mon visage. Le temps passait trop lentement pour moi. J'espérais qu'une chose, qu'il me rende ce voile qui cachait une partie de mon âme.

Au contacte de ses doigts, j'ai sursauté. Pourquoi avait-il retiré son gant pour me toucher ? Je ne serais le dire. J'ai osé relever les yeux vers lui, tentant de comprendre son geste, et ce que je vis sur son visage me laissa perplexe. Il n'avait plus rien de l'homme froid et brutal que j'avais vu plus tôt, en bas. Il avait un regard tellement plus profond, plus humain. J'avais l'impression qu'en me mettant à nu devant lui, il m'avait ouvert une porte sur lui-même.

Je ne pense pas qu'il m'a montré un bout de son âme intentionnellement. L'instant fût si court, que je le regrette presque. Mais avant que tout s'arrête, il est allé un peu plus loin. Mes yeux toujours plongés dans les siens, il a posé délicatement son pouce sur mes lèvres. Il n'y avait plus une seule once de peur en moi, à tel point que je levai ma main impudemment vers son visage. J'avais envie de le toucher, de toucher ce visage qui pouvait être si rude et la fois presque doux. Une infime seconde, j'ai cru qu'il allait m'embrasser. Mais tout s'envola, laissant place à une expression de marbre.

J'ai rabaissé avec lenteur ma main, comme si un geste brusque de ma part allait réveillé la bête féroce qui était en lui. Il m'a demandé mon prénom, et je lui ai répondu dans un souffle « Shiva ». J'étais encore trop déconcerté pour faire une phrase entière, et il ne s'en offusqua pas. Et sans crier garde, il parti, me laissant seul dans la fraicheur de la nuit. Je ne me suis pas retourné vers lui. Trop abasourdi par ce qu'il venait de se passer, j'étais resté face à la balustrade, le regard perdu sur la ville. Depuis combien de temps étais-je ici, sur la terrasse ? Je n'en savais rien. Tout cela m'avait paru tellement... irréel.

Je me suis rhabillé et suis redescendu. En bas, je me suis pris toute la colère de Monsieur Miller, regrettant presque celle du Capitaine de la Millice. Les autres putes ne se sont pas gênés pour se foutre de moi. Ils le regretteront. Amèrement.

Je repense encore beaucoup à cette soirée. J'hésite encore entre l'envie de revoir le Capitaine Hertling ou non. Et puis, même si je le veux, ce n'est pas à moi de décider, mais à lui. Alors, est-ce que lui aura envie de me revoir ? Là est la vraie question.

Je t'embrasse fort, Maman que j'aime.
À demain.


RP Fini, la suite : Memento mortem eius
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Y a une couille dans le potage ! [PV Wolfgang J. Von Hertling][Terminé]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Une ******* dans le potage [Quête pour imbéciles, Lou et moi]
» [mission] Un Pitrouille dans le potage [w/ Faith]
» Il y a une guêpe dans mon potage
» Suis-je si seule dans ce si beau musée ? [Livre I - Terminé]
» Un casier, une jeune fille dans ses pensées... et PAFF ... || Justin Alambra [Terminé]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vampires World  :: Hors Rp :: Archives :: RPs Terminés-
Sauter vers: