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/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

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Le chien errant du Capitaine [PV : Wolfgang]
Le Geôlier
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Le Geôlier
MessageSujet: Le chien errant du Capitaine [PV : Wolfgang]   Jeu 31 Aoû 2017 - 17:20



« La laisse du chien errant »

Pv Wolfgang Jürgen E. Von Hertling


Depuis comment de temps je traîne ? Depuis combien de temps j'ai soif comme ça ? J'en sais foutrement rien. Ma gorge est sèche, je me sens crever de l'intérieur. J'suis même pas certain de marcher droit. J'ai suivit la route, j'ai suivit les panneaux. Dornia, une impression de déjà-vu, j'ai entendu parler de ce patelin, mais où, comment ? Peu importe, le fait est que je suis arrivé à trouver ma route, à atteindre le seuil de cette ville plus grande que je ne l'aurais cru. Milles odeurs sanguines atteignent mes narines. La soif n'en devient que plus forte, le manque que plus intense. Je sert mon bras encore douloureux. La douleur fantôme, fais chier ! Allez avance, tu vas trouver une pauvre proie. Il fait tout juste nuit, j'ai le temps de traquer, doit bien y avoir un esclave dans le coin pour s'y faire les crocs. J'aperçois un groupe d'individus au détour d'une ruelle, je vois leurs armes. Qui sont-ils ? Des sortes de flics ? On les croirait en patrouille. Bah, pas ça qui allait me décourager. Je m'approche, me sentant de plus en plus faible. L'un des mecs me voit et braque sur moi. Sûrement ma démarche fatiguée qui ne lui inspire rien. Ou est-ce le sang séché sur ma tronche et mes fringues ? Ma tête tourne, je lâche un grognement. Puis ça part tout seul, je m'élance sur eux d'un bond et lui colle mon poing dans la tronche avant de tenter de plonger mes crocs dans sa chair. Mais ils sont plus nombreux, plus malins et me saisissent. Rapidement, je déguste le sol froid, le vieux goudron. Je grogne encore, tellement soif.. Celui qui semble le chef de ce petit groupe me fixe intensément... Ramenez le au QG qu'il dit, faut qu'on sache qui c'est. J'ai pas la force de résister.

Me v'là traîner comme une sombre merde pendant quelques rues. L'immense bâtiment, leur QG hein. Ils ont l'air d'être à l'aise. Je finis par me redresser sur mes pieds pour paraître digne alors qu'on pénètre dans les lieux. Bazardé dans une chaise, main accrochée à cette même chaise.  Ton nom qu'on me demande. Jonathan Myers que je réponds. Age. Plus de trois cents ans. Provenance. Lointaine. Il hausse déjà un sourcil. Profession. Tueur. Il écarquille les yeux à cette dernière réponse, reprend un air sérieux et continue. Combien. Beaucoup trop pour que j'ai gardé le compte. Des vampires ? Un peu de tout. Pourquoi. Pour survivre. Comment. Avec mon seul poing bien serré et mes crocs. Le gars semble perplexe, méfiant, mais me tend quand même une poche de sang. J'y enfouis mes crocs, avale. Que ça fait du bien putain. Je sens mes muscles se détendre, mon esprit s'apaiser légèrement. Il retire la poche, c'était juste assez pour que la soif ne me rende pas dingo. Puis il me fixe. Qu'allons nous faire de toi hein. Je le fixe aussi, dans les yeux, sourit grandement :

« Z'êtes quoi vous ? Des genres de gardiens de la paix ? Si vous avez besoin de quelqu'un pour châtier vos criminels.... J'ai peut-être qu'une seule main, mais je sais frapper où ça fait mal. Et j'suis plus à ça près. »

Tueur un jour, tueur toujours. J'en ai plus rien à faire, mais au moins j'aurais une bonne raison de le faire. Au nom de la « paix » et de la sécurité du bon citoyen. Je ricane rien que d'y penser. Je m'en bat les couilles de ça, des autres citoyens. Qu'on me donne quelqu'un à fracasser, je vais m'en occuper avec joie. Deux d'entre eux se regardent d'un air hésitant. Faut-il déranger le leader pour ça ? Sentant bien qu'il fallait que j'en rajoute une couche, je reprend parole :

« Faites pas vos tafioles bandes de couilles molles. Vous dites à votre chef que je demande à le voir, que j'ai des services à proposer et basta, fin de votre boulot. Pas compliqué quand même. »

Ils se fixent à nouveau, l'un hoche la tête et file, sûrement pour demander l'autorisation au grand patron. En attendant, je regarde les lieux, j'analyse les gens. Des hybrides et humains en cage, mais aussi des vampires liés et drogués. Des faibles qui ont dépassés les limites et pourrit leurs chances, c'est bien dommage. Le gaillard finit par revenir et hoche la tête à son partenaire. Ils me décrochent, me tiennent fermement par les épaules comme une sorte de criminel fou dangereux et me conduisent vers la fameuse porte. Tiens, la plaque semble toute neuve. Je retiens bien le nom inscrit dessus. Très germanique. Il toque, ouvre, m'annonce et me pousse dans la pièce pour refermer directement. Je remet bien mon vieux haut tâché de sang et m'approche de lui, le chef de la meute. Bien habillé, bien coiffé. C'est clairement pas un marrant, ça me plaît. Je m'approche jusqu'à arriver au niveau de la chaise. Mais j'attends pour m’asseoir. J'attends qu'il m'en donne le droit. Je suis pas débile non plus. Je souris très légèrement et ouvre les politesses :

« Mes respects Monsieur Von Hertling. Jonathan Myers, à votre service. »

Je reste droit comme un piquet en attendant ses paroles, le droit de m’asseoir. Il sait pourquoi je lui là, l'autre guss à dû lui dire de toute façon. Je restais soigneux dans mes propos. Sauvage dans le meurtre, pas dans la façon d'être. Surtout que lui, c'est le boss, et j'ai intérêt à le respecter si je veux pouvoir rester là. Mon errance pourrait bien trouver une fin, si cet homme le veut.
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General Der Miliz
MessageSujet: Re: Le chien errant du Capitaine [PV : Wolfgang]   Jeu 31 Aoû 2017 - 23:30

Le chien errant du Capitaine
Jonathan Myers
« Exilé sur le sol au milieu des huées, ses ailes de géant l'empêchent de marcher.» Baudelaire


Je pose délicatement ma tasse sur l’imposant bureau de bois qui m’appartient désormais. La nuit touche à sa fin et ma patience a été mise à l’épreuve dès le crépuscule. Je suis fatigué. J’imagine que c’est pour cette raison que Collins me regarde de cette manière, bien droit et à bonne distance de mon fauteuil en cuir. Il préférerait être n’importe où ailleurs pourvu que ce fut loin de moi et de mon tempérament ombrageux. J’aime la crainte que je perçois dans la tension de sa mâchoire rasée de près. J’aime que mes hommes sachent à qui ils s’adressent et qu’ils n’oublient jamais le respect qu’ils me doivent. Même si ça ne fait que quelques semaines que j’ai intégré mes fonctions je m’en avoue très satisfait. Wilkerson n’a donc pas fait que du grand n’importe quoi...

Mon silence se prolonge et l’officier se mord la langue pour ne pas me presser. C’est une sage décision car je réfléchis et n’accepterais pas qu’on m’interrompe. Je claque discrètement de la langue et Collins s’empresse de quitter les lieux pour aller chercher l’importun. Cette affaire pique ma curiosité même si je dois avouer ne pas être ravi d’avoir été dérangé pour un « presque instable ». Le vampire s’est jeté à la gorge de l’un des patrouilleurs et bien qu’il ait lamentablement échoué dans cette entreprise il ferait mieux de se garder loin de la milice. La mise aux fers de ce genre d’animal ne devrait pas nécessiter mon intervention... Toutefois, Collins est un bon élément, fiable, rigoureux, docile. Il ne se montrerait pas ici s’il ne craignait pas de commettre un impair en s’occupant de la situation seul.

Myers. Jonathan Myers. Un nom qui ne m’évoque rien d’autre que l’Amérique dans toute sa maudite authenticité. Je suis impatient d’en apprendre davantage. Ma réputation m’a précédée en ces lieux et je n’ai eu qu’à me présenter lors de mon intromission pour asseoir ma domination sur les troupes en présence. Tant mieux, j’ai toujours détesté perdre mon temps et les leçons de discipline devraient être exclusivement réservées aux humains. Quiconque ici ne comprendrait pas cette règle, pourtant de la plus élémentaire simplicité, ferait sans doute bien de retourner passer quelques décennies dans les centres de dressage.

Collins revient quelques instants plus tard, escorté de deux hommes qui catapultent Myers dans mon univers. Les portes se referment sur lui et nous nous retrouvons en tête-à-tête. S’il venait à me déplaire... il s’avérerait au pire endroit qui soit. Il a déjà de la chance d’être parvenu jusqu’à moi en dépit de son allure. Je demeure assis, le dos droit dans mon siège massif et contemple d’un œil critique la créature que j’aurais pu croiser à un coin de rue et confondre avec de la vermine. Son visage est couvert de sang, le sien peut-être mais sans doute pas uniquement, à l’instar des frusques qui le couvrent et qu'il doit considérer comme des vêtements. Il pue et dans ses yeux fatigués je distingue l’ombre de la soif. Mais le plus étonnant, ce qui parvient à m’arracher un haussement de sourcil, c’est l’absence de son bras gauche, tranché net au niveau du coude.

Malgré son apparence déplorable, il n’est pas dénué de politesse ni de bon sens car il a pris soin de ne pas écorché mon patronyme et reste debout en attendant que je me décide à le laisser poser ou non son derrière crotté sur mes sièges flambant neufs. C’est sans doute ce pourquoi je ne le fais pas jeter en cellule sur le champ.

- Vous avez l’air d’avoir traversé les plaines de l’Enfer avant d’arriver jusqu’à moi, monsieur Myers, lui dis-je finalement d’une voix douceâtre qui ne dissimule rien de ce que je pense de sa tenue et de son arrivée grotesque.

Après un silence de ma part, le siège à sa droite recule et se tourne dans sa direction sur une pression de ma volonté. Je ne le lâche pas des yeux et d’un infime signe de la tête lui somme de s’asseoir, ce qu’il ferait mieux de faire rapidement avant que je ne me ravise et ne change d’avis. Ce n’est ni une façon de demander, ni de se montrer à un entretien d’embauche. De ma poche je sors ma montre et consulte l’heure avant de reporter mon attention sur lui. Mes mains se croisent et du bout de mon pouce je caresse la chevalière frappée des insignes du régime pour lequel je me suis tant battu durant ma lointaine humanité.

J’attends qu’il s’explique, qu’il me convainc que je fais bien de lui accorder mon temps qui est si précieux. S’il est intelligent et s’il en vaut la peine... il comprendra de lui-même qu’il va devoir se montrer efficace.
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Dernière édition par Wolfgang J. Von Hertling le Ven 1 Sep 2017 - 14:29, édité 3 fois
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Le Geôlier
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Le Geôlier
MessageSujet: Re: Le chien errant du Capitaine [PV : Wolfgang]   Ven 1 Sep 2017 - 4:08



« La laisse du chien errant »

Pv Wolfgang Jürgen E. Von Hertling

Je reste patient pendant qu'il me juge du regard. Pas un mouvement, pas une autre parole. Prudent, calme, jusqu'à voir le fauteuil légèrement se déplacer et le capitaine m'adresser une très subtile approbation. Une étape de fait, je ne suis pas au cachot. Pour le moment. C'est un jeu dangereux, la moindre faute et c'est fini. Et je ne pouvais me le permettre. J'avais une chance, aussi infime soit-elle, il fallait que je la saisisse au vol. Je finis donc par m’asseoir après l'avoir remercier de cette autorisation. Il regarde l'heure, je comprend bien que le temps m'est compté et qu'il ne va pas passer la nuit pour moi. Une évidence, mais au moins c'était clair et net. Il ne dit pas un mot, il me juge encore du regard. C'est clair que pour lui, je dois avoir l'air d'un clodo parmi tant d'autres, d'un saltimbanque qui devrait croupir dans une cellule pour avoir attaquer ses hommes. Mais je suis là et je ne ferais pas marche arrière. Je reste assis correctement et voit sa chevalière. Un insigne militaire ? Voilà qui en expliquerait pas mal. Mais je ne connais pas ce symbole là. Il attends, je le sens. Alors je ne le fais pas attendre plus longtemps et prend la parole, prenant soin de bien choisir mes mots :

« Les plaines de l'Enfer ? Non monsieur, c'était pas l'Enfer. C'était juste l'Amérique. Une errance sans but oui. Un chemin sans fin sur lequel c'était moi, le démon. Je ne suis pas qu'une brute épaisse qui vit en tabassant le moindre individu qui passe. Oh que non monsieur. Mais il faut bien survivre avant tout. »

Je continue de le fixer, d'observer la moindre réaction qui échappe de la froideur qu'il émane. Je le ressens tout de suite, cet homme est d'une main de fer sans gant de velours. Et c'est sûrement pour ça que flotte une certaine forme de crainte dans la discipline de ses chiens. De sa meute. Et moi pourtant, ça ne m'atteint pas. Sûrement parce que je ne le connais pas, parce que je ne fais encore partit du troupeau d'animaux sauvages. Je garde un léger sourire et reprend mon monologue :

« Je suis là pour me trouver une vocation, une bonne raison de faire ce que je fait. Et si ce boulot implique de tuer, de torturer, de traquer, peu m'importe, je le ferais avec joie. Je m'en fiche d'être considéré comme une sale bête, un vulgaire monstre assoiffé de sang, c'est peut-être bien ce que je suis devenu. Je suis prêt à me salir la main, elle est déjà bien sale de toute manière. Puis hey, ce n'est pas comme si vous étiez des criminels. Non non, au contraire, c'est vos proies. Et ça me dérange encore moins de punir ceux qui ont pourris leurs chances. Leur chance d'être des individus immortel, puissant, qui ont le monde à leurs pieds. A ces gens là, je me ferais un grand plaisir de leur faire découvrir le goût des regrets. »

Je ne peux m’empêcher de ricaner en passant une main dans mes cheveux sales. Qu'est-ce que je donnerais pas pour une douche là maintenant. Mais il y a plus important, bien plus important. Je suis face à un juge, le pire des juges. Celui qui n'hésiteras pas à me trancher la gorge au moindre faux pas. Pourtant, je n'ai pas peur. Est-ce parce que je n'ai plus rien à perdre ? Oh oui sûrement. Je regarde mon bras sectionné et reprend un léger sourire :

« Vous vous demandez peut-être ce qui m'est arrivé. Une banalité. Mon créateur n'avait plus trop toute sa tête. Un beau jour il s'est dit que mon bras était un peu trop grand et il s'est occupé du problème avec une hache. »

Ça me pique encore au niveau des doigts malgré les années passés sans ce membre, malgré les quelques siècles à errer dans cette Amérique sauvage, à survivre misérablement en attaquant le premier venu, en volant une bouteille ou en arrivant par miracle à obtenir quelques pièces. Presque trois cents longues piges passées comme ça. Un miracle que je sois pas déjà mort, mais le casier judiciaire doit être long. Trop long. Cet homme en avait sûrement conscience, il a en face de lui un vulgaire meurtrier. Mais j'ai confiance en moi, envers le destin aussi. Il y a un monde entier entre lui et moi, mais je me sentais capable de l’enjamber sans difficulté. Je continue d'observer Messire Von Hertling, le terrible capitaine de la milice. Une laisse parfaite pour un chien errant et miteux qui a la rage. Je me permet de regarder la décoration du bureau. Des trophées équestres, intéressant, très. Ça me rappelle une lointaine époque. Mais pour le moment, j'ai bien assez parler et je laissais le juge réagir. Plus un mot, un silence mortel qui n'affecte pas ma patience. Je saurais être un bon chien si il le faut, je l'ai toujours été quand j'étais lié au créateur. Maintenant, il ne reste plus qu'une bête galeuse qui mord. Mais hey, on peut toujours sauver ce genre de débris.
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General Der Miliz
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General Der Miliz
MessageSujet: Re: Le chien errant du Capitaine [PV : Wolfgang]   Ven 1 Sep 2017 - 18:55

Faire le beau et obtenir une caresse
Jonathan Myers
« Exilé sur le sol au milieu des huées, ses ailes de géant l'empêchent de marcher.» Baudelaire


La politesse de Myers est son point fort, à ce stade c’est même son unique point tout court. Il ne se fait pas prier et s’explique, entame son histoire tandis que je le dévisage. Mon silence est religieux, l’espace de quelques minutes je lui accorde toute mon attention. Ce moment lui appartient, à lui d’en faire bon usage et d’en tirer parti. J’estime que la balle est dans son camp. Mains sagement croisées, j’écoute et prend mentalement note de tout ce qu’il a vécu. Ce n’est pas un vampire qui se tient devant moi, c’est une bête errante et dangereuse. Je n’ai pas à déployer mon aura de beaucoup pour savoir que dans le couloir mes hommes ont déjà commencé les paris. Myers ressortira-t-il d’ici les mains prisent dans un étau d’argent ? Va-t-il seulement survivre à notre entretien ? Une flamme amusée caresse mon regard. Je me demande si l’un d’eux envisage, ne serait-ce qu’une seconde, que Myers les rejoigne. Me rejoigne.

Sa locution n’est pas mauvaise même si ses petites exclamations parasites me chauffent les oreilles. Où a-t-il donc appris à parler de cette manière ? Dans les champs ? C’est une éventualité qui ne m’étonnerait guère, son accent est typique. Texan, peut-être. En tout cas ce n’est certainement pas un britannique. À aucun moment je ne l’interrompt, si immobile qu’on pourrait me prendre pour une statue de glace en dépit du lent battement de mes cils. Myers progresse sur un chemin dangereux, la moindre erreur le précipitera d’un côté où de l’autre de la barrière et je comprends aisément que s’il prend tous ces risques c’est parce qu’il n’a rien à perdre, tout à gagner.

Un frisson parcourt ma nuque, je n’ai pas seulement sa vie entre les mains, sa miséreuse et dérisoire existence de vagabond. Il y a, au bout de mes doigts la clé qui pourrait tout changer, qui permettrait un tournant radical à 360° que je suis le seul dans cette ville à pouvoir offrir. La décision est mienne mais elle n’en est pas plus évidente à prendre. Myers a attaqué l’un de mes hommes, et delà de ses crimes que je devine innombrables... il a longtemps mené une existence solitaire. La milice est une meute, ma meute. J’ai besoin de faire confiance à mes éléments et ils doivent pouvoir compter les uns sur les autres. Il est un mercenaire, un vieux chien fatigué qui fait le beau devant ma porte dans l’espoir que je le fasse entrer chez moi. Dans l’espoir que je lui offre cette vocation, cette stabilité à laquelle chacune de ses vieilles cellules aspirent.

Et pourtant, malgré la situation désespérée dans laquelle il se trouve, il n’y a pas de supplique dans son regard, pas de doute dans le poids qu’il insuffle à ses mots. Myers est sûr de lui et de ce qu’il vaut. Lorsqu’il se tait enfin je continue de le regarder quelques secondes avant de jeter un nouveau coup d’œil à ma montre.

- Je ne sais pas ce qu’il en était de votre bras, mais vous avez la langue bien pendue...Monsieur Myers.

Un sourire s’esquisse sur mes lèvres et plisse mes yeux, me donnant sans doute l’air d’un goupil sournois. Je me déplie en souplesse pour me lever et contourner mon bureau. Dans une commode je sors deux coupes en Crystal qui tintent agréablement à mon oreille lorsque je les pose sur le buffet. Je les remplis d’un liquide carmin épais et agréablement parfumé. Il y a bien longtemps que la nourriture humaine ne m’attire plus du tout et je choisis avec un soin tout particulier le sang qui me nourris.

- Les miliciens qui sont sous mes ordres ont été triés sur le volet, choisis expressément pour leurs aptitudes, excellentes, leurs dispositions mentales tout aussi bonnes et, en règle générale, sur la pureté de leur casier judiciaire. J’imagine que personne ne peut attester de vos... qualités et doit donc m’en remettre à votre propre parole.

Pourtant je lui propose l’une des coupes qui occupent le creux de mes mains et m’appuie contre mon bureau, à quelques centimètres du chien pouilleux que j’accepte dans ma maisonnée. Je ne lui donne aucune explication parce que je n’ai pas à justifier mon choix. Après quatre siècles de carrière militaire je sais reconnaître un profil prometteur quand j’en vois un. Myers n’est peut-être pas le meilleur et surement pas le mieux préparé mais il a dans les yeux une vaillance qui feront de lui exactement ce que je veux.    

- J’ai une sainte horreur des imprévus, monsieur Myers. Aussi...je vous conseille très vivement de ne pas me faire regretter votre présence ici, si ma voix est calme elle a un tranchant qui laisse présager mille souffrances que je me ferais un plaisir de lui infliger moi-même s’il venait à mordre la main que je lui tends. La confiance que je lui accorde est fragile, il devra la consolider et la choyer pour qu’elle perdure.

- Buvez. Si vous sautez à la gorge d’un de vos collègues vous ne me serez d’aucune utilité.

Je me lance en premier et avale quelques gorgées d’un sang doux et légèrement épicé avant de retrouver le confort de mon fauteuil. Nous avons encore quelques détails à régler avant qu’il ne puisse fêter sa nouvelle embauche.

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Le Geôlier
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Le Geôlier
MessageSujet: Re: Le chien errant du Capitaine [PV : Wolfgang]   Sam 2 Sep 2017 - 12:14



« La laisse du chien errant »

Pv Wolfgang Jürgen E. Von Hertling

Ah, bien sûr que je cause beaucoup. Faut bien que je défende mon bout de gras comme on dit. Ça n'allait pas être dans le silence que je ferais mes preuves. Et encore, c'est pas vraiment des preuves de mon utilité que je lui ais donné là. Plutôt une marque de ma conviction. Je l'observe se lever sans trop savoir ce qu'il avait en tête. Mais il semblait bien avoir une petite idée au fond de la cervelle. Il se dirige vers un buffet, sort deux coupes dont le son m'évoque une richesse, une bouteille dont l'odeur est alléchante. Il me parle des animaux de sa meute, gentils petits toutous impeccables, dressés à la baguette et qui ne savent rien de la mort, de la souffrance. Je ne peux m’empêcher de sourire en l'entendant parler ainsi de sa troupe de branquignols. Je suis pas comme eux, je ne le serais jamais. Je suis pas là pour faire des gentillesses, pour porter des médailles et faire le beau. Je suis une sale race, une bête sauvage, je suis là pour faire souffrir. Mais je reste silencieux à ses dires, observant simplement le Capitaine venir avec les deux coupes pleines et m'en tendre une. Je la saisis avec le plus grand soin et le remercie. Un imprévu hein ? Oh que oui, je suis le pire des imprévus possible. Un vieux loup amoché qui déboule à la porte de son bureau, en voilà une sacrée surprise. Mais je dois lui montrer qu'il y a quelque chose qui se cache sous le sang séché. Qu'il y a les qualités qu'il désire, un noble chien de chasse. Je bois, doucement, proprement. Ce sang est très bon. Un sang comme je n'en ai jamais goûté, loin des goûts gras ou salés de mes proies. Je ne bois pas tout d'un coup et repose avec délicatesse la coupe sur le bureau de l'homme.

« Merci pour ce nectar Monsieur, il est excellent. »

Puis je calcule ses paroles. Collègues ? Oh... Je ne peux retenir un léger sourire. On dirait bien que j'ai réussi la première étape du pari. Mais il y a encore beaucoup de chemin à faire pour qu'il me fasse vraiment confiance, je le sais bien. Je retourne le regard vers les trophées équestres. Ils sont magnifiques, loin des simples rubans que l'on pouvait avoir. Ça me rappelle la lointaine époque des concours westerns. Ah, c'était le pied ça. Qu'est-ce que je donnerais pas pour remettre mon cul sur un cheval et refaire le con. Bah, c'est sûrement fini pour de bon ça. Je retourne toute mon attention vers le capitaine. Mon capitaine même.

« Vous pouvez me faire confiance Monsieur. J'ai l'air d'une sale bête là maintenant, mais je connais toujours la vaillance et le respect. Pardonnez ma curiosité, vous êtes cavalier ? Ce sont des magnifiques trophées que vous avez là. Des Holsteiners si je ne m'abuse ? J'en ai déjà monté un quand j'étais encore humain, mon oncle en avait obtenu un et l'avait ramener à la ferme de ma famille. C'est vraiment une race fantastique. Chez nous, c'est plutôt les Appaloosas et les Mustangs, mais toutes les races ont quelque chose à offrir. Un peu comme nous. Si on est pas bon en quelque chose, on est meilleur en autre chose. »

Elle est loin l'époque où je montais pour aller poursuivre le troupeau de mon père, l'époque où apprenait à manier le lasso, où les jeux westerns animaient toute la zone tout les mois. C'est peut-être bien le seul regret que je porte au fond du cœur, d'avoir perdu tout ça. Je tente bien de tourner la page, mais chaque forme équine me ramène à cette période et à ses souvenirs. Je me permet de reprendre la coupe pour finir le sang qui s'y trouve en douceur avant de la reposer. Faudrait pas gâcher un tel nectar. J'ai peut-être un peu trop causé là, et d'un sujet qui n'avait rien à voir avec la raison de ma présence, mais c'était plus fort que moi, bah, que peut-il bien m'arriver ? Ce n'est pas comme si j'avais porter atteinte à cette noble passion. Je glisse une main dans mes cheveux et reprend :

« J'ai pas toujours été un animal sauvage. J'étais un cow-boy, au sens propre du terme. Ma famille a toujours été comme ça, grands troupeaux et chevaux fantastiques. C'était une belle vie, cliché, mais une belle vie quand même. Quand les vampires ont décidés de prendre le dessus, ils ont tout pris et j'ai laisser faire. S'opposer à ça, c'était la mort assurée... Alors je suis resté docile. Mon maître n'avait plus toute sa tête, mais j'ai rien dit. Quand il m'a transformé, il n'a pas réussit à m’empêcher de le tuer. Et depuis je traîne. Mais... il semblerait que vous ayez décidé de mettre fin à mon errance. Je vous en remercie Monsieur. Moi et mon seul poing on ne vous décevras pas. Ou devrais-je désormais vous appeler Mon Capitaine ? »

Je souris plus largement, sûr de moi. Oh que oui, le Capitaine ne regretteras pas d'avoir adopté cette bête errante que je suis. C'est la seule véritable chance que j'ai depuis près de trois siècles et je ne compte pas la laisser passer. Je reste sage, silencieux de nouveau, attendant la suite du programme, du test prévu par cet homme. Par mon nouveau maître.
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MessageSujet: Re: Le chien errant du Capitaine [PV : Wolfgang]   Sam 2 Sep 2017 - 17:46

La meute
Jonathan Myers
« Exilé sur le sol au milieu des huées, ses ailes de géant l'empêchent de marcher.» Baudelaire


Je hoche la tête en silence. Évidemment que ce sang a goût d’Ambroise entre ses lèvres, c’est presque une honte de faire glisser une merveille pareille dans une bouche aussi peu délicate. Il a au moins conscience de la chance qu’il a d’avaler un breuvage d’une telle qualité. Même s’il est, de toute évidence, mal nourri j’apprécie le respect dont il fait preuve autant pour ma vaisselle que son contenu. Il ne termine pas son verre. Pendant que mon approbation monte avec lenteur jusqu’à sa cervelle je lâche devant moi un long étui de cuir foncé, j’en extirpe une cigarette blanche que je tapote distraitement sur le bois de ma table. Le tabac bien tassé et ses aromes révélés, j’embrase sa pointe et la porte à mes lèvres. La nuit cédera d’ici quelques heures sa place à l’aube, l’aube et ses rayons mortifères dont je ne peux plus profiter.

Le regard de Myers se promène sur mon mobilier et je le vois s’arrêter sur les nombreux trophées que j’ai remporté, de mon vivant autant que de mon éternité. C’est donc sans surprise que je l’entends me parler équitation. Un mince sourire étire mes lèvres. Il me fait l’effet d’un enfant un peu trop curieux et pour une raison que je ne m’explique pas, je les trouve sympathiques, lui, sa grande bouche bavarde et ses yeux trop curieux. D’après ce que l’on m’a dit il n’est pas si jeune, loin s’en faut, et pourtant il a gardé cet aspect brut et râpeux qu’ont certaines pierres une fois extraites de la roche. Je décèle bien un éclat, quelque part derrière la couche de crasse et les arrêtes irrégulières. Myers a beaucoup à apprendre avant de devenir mon parfait exécuteur mais je ne doute pas de mes capacités à le former...ni des siennes à s’élever.

J’expire lentement une volute de fumée blanche qui s’empresse de former un tourbillon nébuleux. À mon tour je me perds sur les souvenirs savamment disposés sur mes étagères. Mes si précieux chevaux...Ils ont plus de valeur à mes yeux qu’un quelconque humain.

- Pure souche. La lignée remonte jusqu’au XIIIème siècle, monastère Uetersen où les premiers Holsteiners ont été faits naître. Toutefois...Ne vous méprenez pas, si le Holsteiner est, en effet, un animal fantastique, certaines...races ne sont bonnes qu’à nourrir les vers et les rapaces. Et cela vaut pour toutes les espèces.

Même parmi les chevaux il n’est pas question de mélanger les torchons et les serviettes. Je n’ai jamais possédé que des animaux valeureux au pedigree exemplaire. Monter un mustang... ne me traverserait même pas à l’esprit. Mes pensées quittent les plaines sauvages d’Amérique et reviennent sur l’ancien vagabond. Comme la plupart des hommes qui ont vécu la Grande Guerre il n’a surement pas eu une existence facile mais j’écoute son récit sans émotion apparente. Les Hommes n’ont eu que ce qu’ils méritaient et il doit s’estimer heureux de s’être vu offert l’immortalité. Le meurtre de son créateur m’arrache un froncement de sourcils et mes doigts se crispent sur ma cigarette.

Myers n’aura pas le droit à l’erreur ici. Je pardonne tous ses crimes, même le plus abject d’entre eux, mais il progresse désormais sans filet. Je hoche finalement la tête après avoir écrasé mon mégot dans un petit cendrier en argent auprès de quelques autres cadavres, résultats de mon addiction à la nicotine. « Mon capitaine », « Monsieur », « Général », qu’importe du moment qu’il s’adresse à moi avec le respect que je mérite. Pour l’heure il s’en tire à merveille et je n’ai pas à m’en plaindre.

- En effet, votre errance touche à sa fin, Myers... J’appelle mes hommes uniquement par leur nom de famille, une vieille habitude que j’ai gardé de la seconde Guerre Mondiale. J’espère que vous savez vous servir de ce poing car vous allez en avoir besoin. Terminez donc votre boisson.

D’ordinaire les nouvelles recrues passent d’importants tests pratiques puis écrits avant d’arriver dans ce bureau et de se présenter à moi. Myers ne fait rien comme tout le monde et la procédure ne serait d’aucune utilité dans le cas présent. Il a traversé tout l’état pour parvenir jusqu’à cette chaise et il a survécu près de trois-cent ans sans son créateur et sans son deuxième membre. Une petite prouesse qu’il a réussi a accomplir sans devenir une créature dégénérée que je me serais empressé d’abattre. Je sors un formulaire qui n’est autre qu’un contrat que je tourne vers lui et près duquel je pose l’un de mes stylos, c’est une bille lourde, massive, dont le manche a été ciselé et gravé à mon nom. Toutefois, ma main demeure en travers du document.

- Il y a quelqu’un que je veux que vous examiniez pour moi. Je le soupçonne de cacher des humains mais... c’est un tenace et mon temps est précieux. En signant, je vous considérerais comme l’un de mes hommes et vous irez presser sa petite cervelle comme un citron pour en extraire tout le jus qu’il refuse de livrer. Si vous échouez...dîtes à Collins qu’il peut vous enfermer dans la cellule adjacente. La balle est dans votre camp, Myers.

Je le regarde droit dans les yeux en prononçant ma sentence, puis, tout en douceur retire ma paume. S’il est lâche... il fera machine arrière. Mais je sais qu’il ne l’est pas, qu’il va prendre ce stylo et signer de son nom en bas à droite. Je me demande en revanche s’il sera capable de remplir sa première mission.

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MessageSujet: Re: Le chien errant du Capitaine [PV : Wolfgang]   Sam 2 Sep 2017 - 19:43



« La laisse du chien errant »

Pv Wolfgang Jürgen E. Von Hertling


Le contrat est à ma portée, le stylo aussi. Ça y est, ça va être inscrit sur le papier. La fin de mon errance. J'écoute le chef, mon chef. Et il continue le test. Comme prévu, rien de surprenant. Et je souris. Oh que oui mon cher, je vais vous offrir ce plaisir. Je hoche simplement la tête et prend le stylo pour apposer son nom. Myers, Milicien. Maintenant, je n'ai plus qu'à accomplir cette mission.  Tranquillement, je me lève du fauteuil et m'incline légèrement devant l'homme qui est désormais mon supérieur. Il n'attendais pas de moi des paroles, mais des actes. Direction la sortie. La porte s'ouvre sur plusieurs hommes surpris de me voir dans le même état qu'à l'entrée, si ce n'est mieux portant. Je leur adresse un large sourire empli de fierté. Eux par contre, je les entends presque grogner. Mais peu importe. Je m'en bat royalement les steaks d'eux, de leurs avis. Maintenant je suis de la meute et j'ai déjà une proie à torturer. Ça va être fascinant. Je regarde le fameux Collins et lui explique la situation rapidement. Ce dernier semble perplexe, mais est-ce que je me permettrait de mentir ici ? Bien sûr que non. Alors il accepte ce fait et me conduit à la salle d'interrogatoire où le fameux gars attends, les pieds sur la table. Oh, il a confiance le petit là. Ca me fait sourire alors que j'imagine déjà le traitement qu'il va subir. J'observe les lieux, banal. Mur gris, une table, deux chaises, et une caméra dans un coin. Le prisonnier me regarde et hausse un sourcil. Non clairement, il réalise pas. La porte se ferme et se verrouille sur nous deux. Plus que nous deux, avec un œil mécanique qui va admirer le spectacle.

« T'es qui toi ? »

La torgnole infligée du dos de la main part d'un coup dans sa tronche et le fait tomber de sa chaise. Les présentations sont faites maintenant. L'attrapant par le col, je le force à se redresser et le rassoit sur sa chaise. Sans le lâcher, je le fixe droit dans les yeux et lui adresse un premier avertissement :

« Écoute moi bien. Tu te crois à l'abri ? Tu te penses intouchable ? Tu penses que tu as des droits ? Oublie tout ça. J'suis pas comme ceux qui sont passés là pour toi et a qui tu as fait de la résistance. Tu es un faible et je vais me faire un plaisir de te le rappeler si tu ne me dis pas quelque chose d'intéressant. »

Il sourit et prend un air dédaigneux. Une sacrée tête brûlée oui. Il me crache au visage. Et je souris encore alors que je l'écrase le dos dans le mur. Puis je le bazarde dans le mur d'en face avant de m'approcher de lui, reprenant son col et le soulevant.

« Alors, où ils sont tes petits humains ? »

Il me répond du plus beau va te faire foutre que j'ai entendu depuis un bail. Mauvaise réponse. Je le dépose doucement sur ses pieds. Puis d'un coup, lui saisit la tête et lui éclate dans le mur proche. De quoi légèrement le sonner sans pour autant le décrocher de la situation. Son air sûr de lui a laissé place à un visage d'ahuri qui perd pied. Sa voix commence à trembler alors qu'il me dit de m'éloigner de lui. Il croit vraiment me faire peur ? Il a été drogué, ces pouvoirs sont inutiles face à moi. Ce n'est qu'un faible qui n'as aucun moyen de résister et clairement, il devrait déjà être en train de me supplier de mettre fin à son calvaire. Je me craque la nuque et le saisit par le bras pour le tirer et l'envoyer valser sur sa chaise. Finit de jouer maintenant, il a intérêt à l'ouvrir ou je m'énerve vraiment. Mais il s'acharne. Ah la la, pauvre petit chat, que j'ai pitié de toi. Je sors de ma poche un petit canif avec lequel je traîne depuis belle lurette. J'admire la lame, du simple acier, bien tranchant. Puis je lui enfonce dans la main. Il ne crie pas, sa résistance vampirique à la douleur est encore bien présente, ce qui explique sûrement pourquoi il me résiste. Bien bien, étape suivante. Profitant de la main immobilisé par le couteau. Je viens enfoncer avec force mon coude dans son os. Et crac le petit. Il fait déjà moins le fier.

- Et si je te les brisais un par un ?
- Vous n'avez pas ce droit !

J'ai tout les droits mon petit que je lui répond en lui foutant mon poing dans la tronche. Il commence à comprendre que je ne ferais pas de cadeau et panique alors que je reprend mon couteau et fait le tour de la chaise. Mais il n'y croit pas. Pourtant je le fais. Couteau entre les dents, je saisis sa deuxième main, la pose sur la table. Rapidement, prendre le couteau et l'enfoncer. Immobilisé. Et crac de nouveau. Lui aussi craque mentalement et balance l'adresse et le nombre d'humain qu'il planque. Ce petit choupinou me donne même le code du coffre fort. Bah voilà, pas compliqué. Je m'entaille le poignet avec le couteau et le force à boire mon sang. Dans quelques heures, il sera comme neuf. Rien ne se sera passé. Je regarde vers la caméra. Le boulot est fait mon Capitaine.
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MessageSujet: Re: Le chien errant du Capitaine [PV : Wolfgang]   Dim 3 Sep 2017 - 14:59

La meute
Jonathan Myers
« Exilé sur le sol au milieu des huées, ses ailes de géant l'empêchent de marcher.» Baudelaire


Myers comprend vite. La caméra n’est pas là pour faire jolie et je n’ai qu’un clic à faire pour l’observer en direct. Elle est le prolongement de mes yeux, de ma personne. J’adore ces petits jouets qui facilitent grandement mon travail. Confortablement installé dans mon fauteuil, un nouveau verre de nectar en main j’observe, mieux, j’admire. J’admire le déchainement de violence, la boule de brutalité qu’à façonné la vie et qui m’a été envoyée. Je n’y vois là qu’un signe de la divine providence. La surprise puis la peur dans les yeux de sa victime me fait frémir. L’instant où le prédateur devient proie, où il sent pour la première fois depuis très longtemps ses tripes se serrer. Je n’ai pas besoin de brancher les hauts parleurs pour deviner le son mat de sa tête contre le béton armé de la cellule, celui humide de la lame dans ses chairs et enfin, le doux craquement de ses os qui se brisent, emportant à chaque fracture un petit morceau de sa volonté.

Mon sbire est sublime dans sa cruauté. Il est méthodique et c’est ce qui fait sa réussite en tant que bourreau. Il n’a pas besoin d’agir pour que le traître anticipe déjà la souffrance qui sera bientôt la sienne. Chaque geste est une promesse que le cerveau, cette petite merveille, reconnaît instantanément. C’est de là que naît la peur, la peur de souffrir et, plus tard, celle de mourir. La technique manque de finesse mais il met du cœur à l’ouvrage. En ce qui me concerne j’ai une préférence pour des actes plus... chirurgicaux. Découper un homme, petit bout par petit bout, tout en le gardant aux portes de la conscience est un art qui demande doigté et une certaine subtilité. J’aime que le silence de la cellule ne soit troublé que par le glissement du scalpel sur la peau puis par les hurlements de mes victimes. Myers y viendra peut-être avec le temps. Les méthodes de torture sont surtout une question de caractère et ici, seul le résultat importe.

J’ai depuis quelques minutes cessé de contempler le spectacle, pourtant réjouissant, que m’offre Myers quand Collins me contacte. Gibson a craché l’information et il cachait un certain nombre de ces petits cancrelats que mes hommes vont s’empresser d’aller cueillir. Il ne m’est plus d’aucune utilité et je fais ordonner son procès dans la foulée. Je n’ai pas besoin d’un prisonnier à temps plein, plus vite il verra ses pouvoirs retirés et plus vite il pourra être vendu, utilisé et d’autres joyeusetés que je lui souhaite de tout cœur !

- Et pour...Myers ? me demande finalement Collins à l’autre bout du fil, sans doute nez à nez avec le chien galeux que je lui ai fourré dans les pattes.

- Fournissez lui un uniforme, section I.V, et accompagnez le jusqu’aux vestiaires qu’il puisse se rendre... présentable. Je le verrais dans mon bureau ensuite.

Le « bien monsieur » qu’il m’adresse est un peu crispé et je perçois aisément l’étonnement qui est le sien. Ce type qui est arrivé ici en criminel... va en repartir en tant que Milicien. Dès Lundi il aura officiellement intégré son service et je dois avouer qu’il est arrivé à point nommé. J’ai du travail pour lui. Trop nombreux sont les vermisseaux pensent pouvoir outrepasser impunément les lois Dorniennes du fait de leur immortalité. Mes hommes ont été pendant de trop nombreuses années astreints à des protocoles dénués de sens qui ont lentement émoussé leur mordant. Il était grand temps que quelqu’un reprenne les choses en main. Myers est un exemple parfait de la politique qui est la mienne, et, par extension, qui est celle de la milice désormais.

Pendant que je m’occupe de quelques dossiers qui s’éternisent un peu trop à mon goût, Collins conduit tranquillement son nouveau...collègue jusqu’à l’intendance où il lui fait remettre de quoi se changer puis l’accompagne aux vestiaires et aux douches qui y sont laissées à disposition.

- Le Capitaine vous attends, ne traînez pas. Et ne laissez rien dépasser, le code vestimentaire est stricte avec l’uniforme, dit-il, lui-même parfaitement attifé.


- Sergent, Steve Collins, division 3, Section “P”. Avant de partir il lui tend une main franche et le laisse à ses ablutions.

Quand Myers frappe à nouveau à ma porte je l’invite à rentrer et lui tend une liasse de documents. La bête furieuse a retrouvé figure « humaine » et si ce n’était grâce à son bras j’aurais manqué de ne pas le reconnaître.

- Division 5, section Infractions Vampiriques, sous les ordres d’Hendrick. Vous commencez Lundi, 7h. Vous irez à l'accueil en premier lieu pour récupérer votre badge et remplir les documents usuels. Des questions ?

S'il en a, c'est le moment ou jamais de me les poser. La plage horaire « Myers » de mon emploi du temps est écoulée, notre entrevue touche à sa fin.

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MessageSujet: Re: Le chien errant du Capitaine [PV : Wolfgang]   Dim 3 Sep 2017 - 21:59



« La laisse du chien errant »

Pv Wolfgang Jürgen E. Von Hertling

On dirait que le job a été fait comme le voulait le chef. Je le devine par le simple fait que personne ne se soit jeté sur moi pour me menotter et m'enfermer ailleurs quand ils sont venus chercher la proie amochée que je leur laisse. Le fameux Collins revient et me guide ailleurs, les vestiaires visiblement. Il me colle l'uniforme dans le bras et me dit que je suis attendu. Eh bien, ne faisons pas attendre le Capitaine, mais tâchons d'être beau pour l’occasion. Une bonne douche chaude, un bien que je n'avais pas ressentit depuis des lustres. Un petit coup de rasoir et je peux enfiler l'uniforme. Se débrouillez avec un bras n'est pas toujours chose facile, mais je tâchais d'être le plus parfait possible. C'est ce qu'il veut, un magnifique cabot qui a le poil brillant, mais les crocs acérés. Et c'est ce que je suis désormais. Je peux aller me présenter à lui après avoir vérifier que rien ne dépasse. Je peux entrer dans le bureau et apprendre ce que je suis devenu réellement. Un milicien, infractions vampiriques. Un large sourire se dessine sur mon visage alors que je prend les documents de ma main. Parfait, ce petit test va devenir mon travail quotidien, je ne pouvais pas demander mieux. Je sens vraiment que je vais bien m'entendre avec cet homme. Aucune question mon Capitaine que je réponds. Une petite courbette en guise d'en revoir et je file.

Deux semaines et une bonne quarantaine d'interrogatoires plus tard, j'étais à ma place dans la meute. Grâce à la prime de bienvenue, j'ai pu prendre un toit, un petit appartement dans un immeuble un peu moisi, me prendre du whisky et des cigares. Tout ce qu'il me fallait pour être heureux, en plus d'une bonne torture. Au moins avec ça je peux rester présentable. Et en bonne santé. C'était le principal. Le reste de la meute me grogne dessus à chaque pas que je fais, mais qu'est-ce que ça peut me faire ? Je suis à ma place ici, dans la violence et la pseudo justice. Ils se croient tous supérieurs à moi. Ils pensent tous que je n'ai pas ma place ici, que je suis toujours le chien galeux qui est arrivé là quelques semaines plus tôt. Mais j'ai bien changé. Je m'en fou de cette justice, je suis là pour obéir aux ordres du chef. Je ne pose pas de questions, j’obéis. C'est aussi simple que ça. On me dit, va faire cracher le morceau à celui là, j'y vais, et je lâche pas jusqu'à avoir la réponse. J'ai appris à bien faire les choses. D'abord doucement, tester le gibier, puis le briser de plus en plus fort. Tout ça avec une seule main, si ce n'est pas de l'Art. L'Art de faire souffrir des criminels. L'Art d'obtenir tout ce que je désire, peu importe si il s'agit de la vérité ou non.

Aujourd'hui encore, j'arrive dans le bâtiment à la même heure que d'habitude. Un peu en avance même. Je salue le secrétaire qui note mon arrivé et va à la salle d'interrogatoire. C'est devenu un peu mon territoire ici. Je me pose sur la chaise, les pieds sur la table et aiguise mon canif. A force de l'utiliser, il faut bien que j'en fasse l'entretien. Aujourd'hui, j'en ai encore un à cuisiner un peu. Un jeu d'enfant. Trafic de drogues nouvelles, rien de bien folichon, mais il faut faire les choses bien malgré tout. Je remet bien mon chapeau sur mon crâne en chantonnant. Ouais, j'ai craquer sur un chapeau de cow-boy pour me rappeler le bon vieux temps. Assorti à l'uniforme bien sûr. Puis j'ouvre le tiroir sous la table et fait le compte de mes accessoires. Tout est là, parfait. Quelques lames, dont un en argent. Je referme soigneusement le tout, vérifie l'état de la caméra. Nickel. Je peux enfin m'amuser.

Et une bonne heure plus tard, la proie en pleurs sur le sol avoua tout de son petit trafic, même jusqu'aux noms de ses complices. A lécher son propre sang comme un miséreux, je l'admire, le sourire aux lèvres. Pas une goutte sur moi. Je le repose sur la chaise, sort une fiole de sang d'hybride et le fait boire. Avec ça, il va guérir doucement et sûrement pour être présentable pour le jugement. L'avis du conseil concernant mon job pourrait être mitigé, alors autant faire qu'il n'y ait rien eu. Je rédige mon rapport comme d'habitude, nettoie soigneusement la pièce pour la rendre parfaite et sort rendre les rapports de la semaine au Capitaine. Lui et moi n'avons pas eu beaucoup de conversations depuis mon début, mais c'est normal. Il n'as pas de temps à perdre. J'arrive à son bureau et toque. Une fois le droit d'entrer accordé, j'ouvre la porte, rentre, la referme doucement et retire mon chapeau. Je sais très bien que le garder serait un blasphème. Je le garde sous le bras, les documents en main et vient me présenter devant le bureau :

« Myers au rapport mon Capitaine. Voici les résultats de cette semaine. »

Puis je dépose le tas de dossiers soigneusement rédigés sur le bureau. J'ai une écriture très brute, grossière, mais c'est lisible, c'est le principal. Je recule un peu ensuite pour retrouver une distance respectable et me contente de rester droit comme un piquet, attendant les ordres du chef de la meute.
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MessageSujet: Re: Le chien errant du Capitaine [PV : Wolfgang]   Mar 5 Sep 2017 - 16:04

La touche finale
Jonathan Myers
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La situation à Dornia commence doucement à s’améliorer et si je suis encore loin d’être satisfait...j’en éprouve tout de même une certaine fierté. La milice me fait l’impression d’un gros paquebot trop longtemps laissé à la dérive. Sa barre est rouillée, difficile à manœuvrer mais à force de persévérance je sais que je parviendrais à redresser tout à fait le navire, ce n’est qu’une question de temps. C’est la promesse que j’ai faite au conseil à mon arrivée. Je compte bien m’y tenir car ma parole est d’or et je ne reviens jamais sur une décision que j’ai prise. Ma réputation entière s’est forgée sur cette discipline à laquelle je m’astreins toujours avant de l’exiger de mes hommes.

Les nouvelles méthodes auxquelles j’ai recours depuis quelques temps ont rapidement fait le tour de la ville, les rumeurs filent comme le vent et j’avoue ne rien faire pour les endiguer. Un homme averti en vaut deux, les petites frappes n’ont guère envie de terminer sur l’une de nos tables...d’opération alors les petits poissons s’avèrent de plus en plus frileux. À force de gratter en surface je finirais par trouver la brèche qui mènera au cœur du trafic, brèche dans laquelle je m’engouffrerais en douceur pour tuer le mal à sa source, dans le ventre rond et gonflé qui l’abrite depuis trop longtemps. Un frisson d’impatience me parcourt à l’idée de curer cet abcès putride qui déséquilibre ma belle cité.

Ce soir j’attends le rapport des différentes sections afin qu’un bilan des dernières semaines soit réalisé. Depuis mon arrivée j’aime m’assurer régulièrement que nos efforts gardent une courbe ascendante gracieuse. Cela exige, bien évidemment, une certaine organisation qu’il n’a pas été aisé de mettre en place dans l’administration labyrinthique du QG mais c’est un surplus que j’accueille avec plaisir du moment qu’il sert nos intérêts. Parmi tous les documents qui me sont remis certains seulement doivent m’être rendus en main propre et ceux de Myers en font partie, du fait du caractère sensible des informations qu’il récupère.

Je lève le nez de mon écran pour pivoter tranquillement face au bourreau et m’emparer de ce qu’il m’apporte. Les nouvelles sont bonnes et cela me met en joie. Il transporte encore le parfum âcre de la peur sur ses vêtements pourtant exemptes de salissures, signe d’une affaire rondement menée dans les dernières heures.

- Merci, dis-je tranquillement, parcourant en quelques secondes les premières pages noircies d’une écriture brouillonne. Ce que ce petit peut mal écrir...c’est une horreur de le déchiffrer. Vous avez bonne mine Myers. Bien meilleure que la première fois que vous êtes arrivé dans ce même bureau. Asseyez-vous.

Mon timbre est posé mais c’est une invitation qui ne se refuse pas. Je perds rarement mon temps en discussions futiles avec mes hommes mais je n’ignore pas que le ciment qui les lient passe aussi par moi. Je me dois de toujours m’assurer de leur loyauté et cette loyauté se construit peu à peu quand je vérifie qu’ils travaillent dans de bonnes conditions. Myers a largement fait ses preuves depuis son arrivée même si sa section lui cherche encore des puces. Comment leur en vouloir ? La section IV est considérée comme étant la plus prestigieuse des sections d’intervention. Seuls les vampires ayant obtenus les meilleurs classements y sont admis alors que Myers n’a même pas passé de test pour gagner son badge. Il devra faire sa place comme les autres, cela ne me regarde ni ne m’intéresse tant que la situation reste sous contrôle.

- Vos résultats sont prometteurs, soldat.

Mais il peut et va faire mieux. Je lâche devant lui le schéma d’un prototype et un formulaire pré-rempli.

- Vous conviendrez néanmoins qu’un second bras vous serait utile, mes lèvres se plissent et dessinent l’ombre d’un sourire sur mon visage rasé de frais, un rendez-vous a été réservé la semaine prochaine avec le chirurgien-prothésiste auquel nous avons recours ici. Le devis a déjà été réalisé.

Près de quatre mille dollars de gadget et trois de plus pour lui faire poser les implants nécessaires, effectuer le branchement et le suivi postopératoire. Sept mille dollars que je fais passer en frais de service et qui ne lui coûteront que les déplacements. Je ne prends pas la peine de le lui préciser, il sait lire et tout est détaillé devant lui. C’est une offre à saisir car il ne pourrait pas se le permettre malgré la prime de bienvenue qui lui a été versée.  

- Ne vous méprenez pas, Myers. Ce n’est pas un « cadeau » de ma part, c’est un investissement que je fais pour le bien de la section. Il est possible que vous soyez bientôt missionné sur d’autres opérations qui nécessiteront l’usage de vos deux bras.

Mais quelque part... je dois m’avouer ravi de pourvoir ajouter la touche finale, la cerise sur la gâteau qui fera de lui une recrue tout à fait fonctionnelle.
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MessageSujet: Re: Le chien errant du Capitaine [PV : Wolfgang]   Jeu 7 Sep 2017 - 13:31



« Le chien devenu loup. »

Pv Wolfgang Jürgen E. Von Hertling

Quand il m'as dit de m’asseoir, je m'attendais à beaucoup de choses. Une réprimande pour ma sale écriture, une simple discussion, changement d'unité ou quoi que ce soit d'autre. Mais quand j'ai regarder les papiers qu'il a tendu dans ma direction, je n'ai pu m’empêcher d'être surpris. Un nouveau bras, pour moi ? Je regardais celui auquel il manquait un bout. Je tentais d'imaginer le résultat final et un sourire se dessina sur mes lèvres. Pas un cadeau, un investissement. Peu importe les termes qu'il utilisera, ce sera un présent à mes yeux. Pendant plus de trois cent piges j'ai dû me démerder avec une seule main, et maintenant, je vais enfin pouvoir redevenir complet. Redevenir un monstre au maximum de ses capacités. Pouvoir utiliser ses deux mains allait rendre la torture bien plus amusant et m'ouvrir tout un nouveau panel de jeu. Une forme d'impatience commençait à grandir en moi, je n'avais qu'une hâte oui, c'est de pouvoir jouer avec ce nouveau bras. Après avoir lu toute la paperasse et bien compris toutes les conditions, je redressais le regard vers mon supérieur et lui adresse un large sourire :

« Merci infiniment Capitaine. Je m'assurerais de faire de ce bras un outil pour la Justice. Votre Justice. »

Je savais bien que ce bras allait très vite tâter de la chair et des os qui se briseront à sa caresse froide. Je suis grandement satisfait et ne pouvait qu'attendre avec hâte le grand jour. Puis je réalisais aussi. J'allais sûrement pouvoir remonter à cheval. Bah, encore faudrait-il que j'en ai le temps et les moyens. Mais cette pensée me faisait déjà le plus grand bien. Je savais ce qu'il me restait à faire. Signez le papier et attendre le jour J. En attendant, je continue de faire mon devoir. Presser les citrons pour le dire joliment. A force, j'avais de quoi ouvrir une usine de citronnade. Sauf que la mienne, elle est rouge et excite mes papilles vampiriques. Et le jour J arriva, tout était parfaitement prévu, je n'avais plus qu'à aller là bas pour la pose. Je ne savais pas ce que c'était, une clinique, un laboratoire ? Aucune idée et au final, ça m'importait que peu. Je me suis présenté avec les papiers et autant dire que ça n'a pas traîner pour la prise en charge. Un mec en blouse blanche est venu m'expliquer le topo, comment ça allait se faire et pour m'expliquer que j'allais devoir rapprendre à faire fonctionner cette partie de moi trop longtemps absente. Bah, je devrais bien y arriver. En attendant, dodo.

Et sérieusement, je sais pas combien de temps ils m'ont fait pioncer, mais autant dire que j'étais dans les choux quand j'ai ouvert les yeux. Puis par réflexe, j'ai regarder sur ma gauche. Un large sourire se dessine alors que j'admire le fer désormais fixé à mon bras, ma nouvelle main. Magnifique, vraiment. Le motif de crâne était parfaitement adapté à mon métier. Le capitaine n'avait vraiment négligé aucun détail. Je suis resté allongé le temps que l'anesthésie cesse de faire effet, mais déjà je m'amusais à faire bouger cette partie de moi que je retrouve enfin. Et j'en ai une certaine facilité. Ah la technologie, ils ne se sont clairement pas loupés. Quand je me suis levé pour me rhabiller, l'infirmier tentait de me convaincre de retourner me coucher, qu'il fallait encore faire ma rééducation. J'ai ricaner. Ai-je l'air d'avoir besoin d'un coup de main ? Je pouvais déjà faire tourner mon arme de fonction entre mes doigts d'acier. Mais pour lui faire plaisir, je lui ais promis de repasser dans une semaine pour s'assurer que tout va bien. Même si j'ai pas vraiment l'intention de revenir. Je me sais attendu.

Et la nuit, même, me voilà parti, les mains dans les poches pour retourner au QG. Puis j'ai croiser une tête.. Attends, il me dit... MERDE ! Je l'ai choper au col d'un coup avec ma main de chair pour le retenir. Oh toi tu ne vas pas nous échapper plus longtemps ! Recherché depuis plusieurs semaines, il a pas eu de bol ce soir. Me croisez... Bien sûr, il résiste. Allez, tu vas avoir l'honneur de goûter à l'acier de mon bras le premier ! Et je lui ait collé mes phalanges froides dans la mâchoire, une fois, deux fois. Et sa mâchoire se déplace. Le voilà calmé et même sonné par la force de mon poing. Je crois que je ne remercierais jamais assez le capitaine pour ça. Mettant le recherché sur mon épaule, je cours jusqu'au QG pour déposer le paquet cadeau. Je le laisse tomber en plein milieu de l'entrée :

« Cadeau les gars ! Me remerciez pas, il était sur le chemin ! »

Puis je suis monté directement vers le bureau du chef. Toquez à sa porte, attendre l'autorisation, puis entrer en retirant le chapeau et lui adresser un grand sourire. Le salut obligatoire :

« Mon Capitaine, Myers au rapport. Je suis prêt à reprendre le service… Avec mes deux poings. »

Le vieux chien miteux est de retour. Mais cette fois, il a toutes ses pattes et il n'as plus la gale. Juste la rage et une obéissance parfaite à son seul maître. Au seul chef de la meute devant qui je me tiens. Droit comme un piquet, prêt à obéir. Prêt à attaquer.
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MessageSujet: Re: Le chien errant du Capitaine [PV : Wolfgang]   Dim 10 Sep 2017 - 22:03

La meute
Jonathan Myers
« Exilé sur le sol au milieu des huées, ses ailes de géant l'empêchent de marcher.» Baudelaire


Le chirurgien de la clinique m’appelle le jour même pour m’informer de la réussite de la pose. J’apprends aussi, sans réelle surprise, que Myers se porte à merveille après l’opération et que dès son réveil il a quitté le centre sans passer par la case rééducation en dépit des conseils, surement très avisés du médecin. Un sourire glisse sur mes lèvres pâles, évidemment qu’il n’a rien écouté. Je n’imagine pas Myers se plier gentiment à des exercices basiques quand il a, manifestement, tout appris seul. Se servir de son nouveau bras devait couler de source pour lui et lui paraître tout aussi naturel que de broyer quelques vertèbres. Je m’assure néanmoins qu’un nouveau rendez-vous a été fixé dans la semaine qui suit afin de vérifier que son corps accepte bien les branchements avant de raccrocher.

J’aime savoir que mon chien ne connait qu’un seul maître, que son obéissance m’est adressée en personne et ne connait pas d’intermédiaire. En quatre cent ans de carrière militaire j’ai remarqué qu’il existe deux types d’hommes et deux types de loyautés. Certains, les patriotes, sont fidèles à la nation pour laquelle ils œuvrent, ce sont de gentils toutous qui se plient à l’autorité en place parce qu’elle est la personnification de la patrie qui est la leur. D’autre, ceux dont Myers est issu, donnent leur loyauté à un être à qui ils offrent leur obéissance par choix et non par défaut. Évidemment, ce sont mais préférés même s’ils ont tendance, parfois, à me créer des ennuis. Je pourrais demander à Myers demain de torturer un de ses camarades milicien, il s’exécutera sans questionner ma décision là où les gentils caniches cacheraient leur petite queue touffue entre leurs pattes.

À peine sorti du bloc et le voila qui revient, tranquillement travailler. Pas de congés payés pour monsieur Myers, c’est un dur à cuir. Mon secrétaire m’informe avec son efficacité habituelle qu’il vient d’arriver... avec un colis que nous cherchions à coincer depuis quelques temps déjà. Solide, efficace. Parfait. Lorsqu’il pénétre dans mon bureau, toujours sur mon ordre je lui souris avec sincérité et le fait asseoir dans le fauteuil habituel.

- Voila qui fait plaisir à voir, comment vous sentez-vous maintenant que vous avez retrouvé vos deux bras, Myers ?

C’est une nuit tranquille, encore plus à présent qu’il a capturé ce cancrelat qui nous en a fait voir de toutes les couleurs depuis le début du mois. J’ai du temps devant moi, pour une fois, et j’escompte bien le mettre à profit avec mon nouveau favori. Si je ne me garde bien de le montrer, je sais que j’apprécie Myers plus que d'autres éléments. J’aime la bête féroce qu’il est devenu et j’aime encore plus savoir que les crocs acérés qui brillent dans sa gueule sont à mon service. Le bras métallique a plutôt fière allure, ce n’est pas un modèle luxueux mais je l’ai choisi pour son efficacité. Plus tard, s’il le désire, il pourra toujours en changer, cela ne me regarder guère.

- J’ai appris que vous l’aviez déjà étrenné sur le trajet. Pour être tout à fait honnête je n’escomptais pas vous revoir si vite. Pour une fois, je n’ai pas grand chose pour vous, quand vous aurez terminer d’interroger notre ami vous serez libre pour la nuit.

Je marque une courte pause pour sortir de mon tiroir mon paquet de cigarettes en prévision de la pause que je compte m’accorder dans quelques minutes, quand Myers aura quitté mon bureau.

- À ce propos, maintenant que vous possédez deux bras, à fortiori, parfaitement fonctionnel, il est dommage de vous cantonner uniquement aux interrogatoires. Vous me semblez tout à fait apte pour d’autres travaux. J’aimerais que vous suiviez un programme d’entraînement afin de vous mettre à jour sur nos méthodes, notamment en ce qui concerne la traque et l’interpellation des suspects. Que diriez-vous d’attraper directement vos victimes, Myers ?

Mes yeux perçants se posent sur lui, je le jauge. Jusqu’à présent il ne m’a jamais déçu, je suis convaincu qu’il ne faillira à l’avenir non plus. Les nouveaux objectifs que j'ai déterminé pour lui impliquent deux semaines d'entraînement intensif ici, au QG et aboutira notamment sur la délivrance d'un permis. Un permis qui lui permettra de sortir armé et de faire feu si sa mission l'exige. Ce sera, en quelque sorte... son tout premier diplôme.

by Epilucial



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Le chien errant du Capitaine [PV : Wolfgang]
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