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/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

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[+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]
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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Ven 29 Sep 2017 - 12:16



Après cette journée des plus détestables, j'aurais tant aimé pouvoir plonger dans un sommeil profond et rejoindre, ne serait-ce qu'en songes, l'homme à la barbe brune qui, ce soir plus que jamais durant ces quinze derniers jours, me manquait terriblement. Charles d'Ozran me paraissait inaccessible, solide comme un diamant, et une vague de découragement me trempait le cœur à l'idée de ne jamais réussir à accomplir ma mission et d'être réduit à vivre une existence misérable aux cotés de Charles jusqu'à ce qu'un jour où l'autre il décide de me tuer.

J'avais tourné en rond dans ma chambre, après avoir engouffré l'insipide bol de riz blanc qui m'avait servit de repas, frotté mes cornes contre les murs en égratignant la tapisserie, dessiné des arabesques de buée sur les vitres de ma fenêtre avant de me déshabiller en laissant trainer mon kimono par terre. Nu comme un ver et glacé comme l'était sans doute le cœur de Charles, je m'étais avachi sur le petit fauteuil près de ma fenêtre et, là, le regard perdu dans le noir du jardin d'Ozran, j'avais longuement laissé reposer mon cerveau. Organe serviable, celui-ci, au terme de son repos, me fit don de quelques réflexions.

Peut-être que mon attitude était désaxée. Peut-être que, tel que j'étais, je ne pouvais espérer approcher le félon de suffisamment près pour pouvoir lui crever le cœur. Peut-être qu'après tout, quelque chose dans mon attitude trahissais ma propre traitrise. Peut-être étais-je trop fébrile, trop empressé d'effacer Charles et de retrouver Empuse. Peut-être que chaque jour que je passais ici en ayant le sentiment d'être un objet fade faisait grandir mon désir de rentrer en France pour récolter le grand amour d'Empuse, sa fierté et son adoration...

Un sourire torve étira le coin de mes lèvres, et, agacé par l'auto-portrait que je m'infligeais, je me relevais pour m'étirer et hurler...

« Aaaaaaah ! N'y a-t-il donc rien à faire dans cette maison de fous ?! »

…Suite à quoi le chauve se téléporta dans ma chambre pour me gronder sévèrement, m'invitant sèchement au silence pour ne pas troubler le repos du Maître qui ne tarderait pas à s'endormir. Je lui répondit d'un sourire méchant qui dû certainement exprimer toute l'aigreur que j'avais pour lui et son tortionnaire bien-aimé, avant de lui tourner le dos pour aller vers mon lit. Sans un mot, j'en écartais les draps, me glissant entre eux en frissonnant à leur contact : ils étaient glacés. Une fois l'édredon remonté jusqu'à mon menton, je jetais un regard au majordome qui, visiblement satisfait bien qu'irrité, me laissa seul.

Et je ne fermais pas l’œil, bien évidemment. J'étais, comme chaque nuit, terrifié à l'idée que Charles d'Ozran ne décide de rentrer dans ma tête pour y fouiller comme un archéologue dans un tombeau égyptien. Cette éventualité suffisait à me tenir éveillé, la peur de me réveiller en ayant été dépossédé de mes souvenirs -ou même de ne pas me réveiller du tout- étant un stimuli bien assez fort pour m'accrocher à l'éveil. En contrepartie, je dormais dès que Charles s'absentait.

Lorsque la porte de ma chambre s'ouvrit sans prévenir, j'avais éteint la lumière depuis suffisamment longtemps pour pouvoir distinguer la silhouette de cauchemar qui s'avançait vers moi. Son atroce déhanchement et sa respiration de bête échouèrent de peu à ce que mes yeux sortent de leurs orbites tant la vision de cette chose me terrifia. Je me redressais avec la ferme intention de quitter mon lit et pourquoi pas de me jeter par la fenêtre, la panique me privant de toute lucidité quand à la futilité d'une tentative de fuite.

Mais l'effroyable apparition ne m'en laissa pas le temps, et, lorsque sa main se serra autour de ma gorge, mon cœur fit un bond douloureux dans ma poitrine, comme s'il cherchait à sortir de moi pour partir à tout allure, hors de portée du prédateur qui grimpait sur mon lit. Lorsque mes épaules furent repoussées dans les oreillers, l'envie retenue que j'avais de hurler maintenait tout mon corps dans une tension douloureuse, et quelques uns des traits du vampire se révélèrent à moi, à présent qu'il était bien trop rapproché pour que sa présence soit niable.

Avec ses cheveux décoiffés et ses traits malmenés par... dieu seul sait quel genre de manque, sa respiration d'habitude inexistante et ses crocs immanquables, il ne ressemblait plus en rien à l'image de superbe créature que j'avais de lui. Et il était, ainsi déformé, bien plus terrifiant.

J'avais peur de mourir, à nouveau. Mais cette fois-ci, je n'étais couvé ni par l'espoir de pouvoir survivre par le sang de Charles, ni par la colère de voir Empuse rester de marbre face à ma mort. J'avais peur, juste peur.

Pourtant je parvins à balbutier quelques mots.

Sous l'effroi, je me trompais de langue et les prononçais en français.

« Mon maître... Est-ce une illusion que vous m'envoyez là, pour me punir de ma mauvaise conduite ?... »

Oh, si c'était le cas, j'étais prêt à tout pour le persuader de ma culpabilité, tout pour qu'il daigne éloigner cette chose cauchemardesque de moi.

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Amduscias le Blanc
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Amduscias le Blanc
MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Sam 30 Sep 2017 - 18:32

Plus d’illusion quand ta poigne imaginaire devient réelle, fichée sur sa gorge fine et étroite qui déglutit et cherche de l’air. Point de gant, rien que ta chair noire et bleue qui l’étrangle jusqu’à ce qu’il ne puisse plus dire un mot, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus dire « Mon Maître », ou te supplier.
Ta respiration est rauque, animale, il y a de l’envie dans ces râles, du désir et de la révolte envers toi-même, mais pour le moment tu n’y songes guère, il y a cette soif à assouvir. Tu n’as pas besoin de le dévêtir car il est déjà nu dans les draps glacés. De toute façon tu n’aurais fait qu’une bouchée de tout tissu considéré comme une entrave. Ton corps pèse sur le matelas, puis sur son propre corps quand ta bouche s’écrase sans caresse ni tendresse sur la sienne, le réduisant à l’état de stupeur brute et de suffocation. Peut-on réellement parler de baiser quand tu es le seul à prendre ? Tu n’as rien à donner, tu n’as qu’une idée en tête : le compromettre, et peut-être, oui, le punir de sa mauvaise conduite, le punir de l’effet qu’il te fait, de la tension dans ton dos quand tu le regardes marcher souplement, de la dureté que tu t’imposes en masque dans le regard quand tu l’observes manger, boire, parler, simplement. Chaque geste qu’il accomplit et que tu peux percevoir te remplit d’une frénésie que tu n’as encore jamais connue. Tu violes son esprit et lui intimes de se taire aussi longtemps qu’il en sera capable ; tu ne serais pas avare d’une gifle s’il te posait à nouveau une ou des questions.
D’une clé de bras dans le bas du dos tu le retournes après l’avoir laissé respirer pour mieux lui écraser le visage dans l’oreiller, ton peignoir ouvert sur une érection aussi violente qu’impressionnante. Il y a deux faims, l’une spirituelle, l’autre bien physique. S’il a compris l’issu de l’entretien, il n’y a aucune courbure de hanche de son côté, il rentre le derrière et ses cornes crissent contre le bois du lit. La pénétration est douloureuse, autant pour toi que pour lui puisqu’il s’arrache un cri pendant que tu lui attrapes les cheveux en t’enfonçant complètement, amenant ton visage contre son oreille, ta main libre contre sa bouche qui salive entre ses doigts. Souillure. Vice. Sexe. Tu partages tes fluides avec un humain, Oh pas n’importe lequel mais bel et bien un humain. Samael, fils de Bélial, tu oses le croire une seconde, pour te …rassurer ? Qu’es-tu en train de faire, Charles ? As-tu donc oublié que ton dieu ouvrait cent paupières sur ton dos mouvant et que son pardon n’était pas celui du Dieu des hommes ? Tu ne gémis ni ne prends de plaisir, il n’y a que son humiliation, le sang coulant de son orifice et ses pleurs…

C’est ce que tu lui montres. Lentement. Insidieusement. En détails. Penché au-dessus de lui comme un loup aux crocs frémissants. Ta main ne l’a jamais tenu réellement, tu n’as jamais enfoncé son visage dans l’oreiller ni ta chair dans la sienne. Tu te tiens là, connaissant tes limites et celles-ci sont atteintes. Mais tu n’es pas un barbare, ni un violeur. Peut-être. Tu saisis sa main et ouvres son index sur sa propre bouche. "Silence". Tu ne veux rien entendre. Mais son cœur tambourine, insupportable batterie mélodieuse pour tant d’autres. Tu préfères le son des cimetières et des ossements. Son ventre tendu forme un creux sous les côtes mais tu ne regardes pas. L’envie d’y plonger tes crocs est puissante. Ton peignoir est totalement ouvert sur ta nudité quand tu achèves la distance dans un nuage de parfum nocturne, et…

- Monsieur…je ne devrais pas me permettre mais…

Tu suspends ton geste, bouche ouverte, ravale tes dents et sèche tes lèvres. Tu n’as pas besoin de te tourner vers la porte pour voir la lumière entre les jambes de ton majordome. Son irruption fait retomber un peu la tension entre toi et ton serpent. Vous échangez un regard.

- …vous ne devriez pas…Monsieur, je ne veux pas encore vous voir vous flageller…

- Arno.

- …Non je vous empêcherai de vous laisser corrompre. C’est moi qui l’ai amené ici, tout ceci a assez duré, laissez-moi l’éloigner de vous…Monsieur…je vous en prie, ne m’obligez pas…

Son ton. Il ne t’a jamais parlé ainsi. Jamais. Ton oreille est sensible aux fluctuations dans sa voix, hésitante et bienveillante quoiqu’un peu autoritaire. Il oserait ?...

- Sors d’ici. Tout de suite.

Siffle ta voix à toi désormais. Tu sens les crépitements de la rage affluer au bout de tes doigts.

- Il est en train de vous détourner de votre foi…

- Ma foi est mise à mal parce que tu n’as pas été prévoyant et que je meurs de faim ! Le seul fautif dans cette maudite pièce c’est toi ! SORS D’ICI !

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Lun 2 Oct 2017 - 13:53



Prisonnier d'une volonté qu'il m'était impossible d'altérer, pris entre des draps glacés et un corps de pierre froide, je me tordais, impuissant entre les mains de l'horreur. La souffrance en guise de cocon, le cou tordu jusqu'à m'en couper le souffle et la salive me coulant de la bouche comme pour attester de la fonte de mon cerveau, je fixais le mur qui me faisait face pour tenter d'évacuer mon esprit de mon corps. Je ne voulais pas vivre ça.

A mesure que ma chair se déchirait et que la bile tapissait ma gorge, je sentais mon âme se vriller, vibrer dangereusement comme une plaque de verre exposée à des ondes trop fortes. Le cœur battant un tambour frénétique, je fermais les yeux, défait.

Et les rouvris lorsque quelque chose se posa sur mes lèvres. Doux, chaud, tendre, sans m'écraser la bouche... Ce n'était que ma peau, celle de l'un de mes doigts, amené là par la main de Charles enroulée autour de la mienne. Le voile psychique du vampire se leva, son incarnation monstrueuse s'évapora dans une brume grise et mes yeux se posèrent dans ses yeux d'or sale.

Le silence était d'or et je n'eus guère besoin d'être motivé davantage pour m'y tenir. Mon souffle s'évacua lentement de mes poumons trop gonflés dans un sifflement léger, ma langue passa entre mes lèvres dans un geste reptilien pour aller caresser mon propre doigt avant que mes dents n'en altèrent la surface. De l'extrémité de mon doigt coula une goutte rouge qui, capturée par ma langue, fut ramenée au creux de ma bouche. Le goût du sang.

Je n'étais plus prisonnier des illusions de Charles.

Lorsque sa belle figure bardée de cicatrices se pencha vers moi, je ne bronchai pas d'un iota. Qu'il veuille un baiser ou mon sang, peu m'importais : ce qu'il m'avait fait subir en illusion m'avait rempli de haine et de dégoût à son égard. Si je l'avais désiré, malheureusement avec sincérité, je ne voulais à présent plus rien de lui. Et je ne lui donnerai rien non plus. Je me tenais raide comme une planche de bois, fermé, hermétique.

Arno.

Oh, ce vieux majordome chauve. A l'entendre je caressais l'idée savoureuse de pouvoir assister à sa rébellion. Mon regard glissa vers lui, délaissant celui du félon sans perdre une miette de leurs paroles. Lorsque la voix de Charles tonna dans un ultime avertissement, j'observais avec un intérêt tout particulier que le chauve ne bougeait pourtant pas d'un pouce, enraciné dans le sol du pas de porte.

Ah... ?

Serpent pervers que j'étais, je tournais ma tête sur l'oreiller pour planter mes yeux dans ceux d'Arno. Ma langue darda à nouveau hors de ma bouche, pour me lécher les doigts d'un geste obscène dans une provocation très loin d'être dissimulée. D'un mouvement de reins, j'ondoyais sous Charles, levant mes hanches vers lui sans pourtant l'effleurer, offrant un sourire malfaisant au majordome qui ne décrochait plus ses yeux de moi. Mes prunelles noires, activées de méchanceté, brillaient d'une lueur qui pouvait sans doute être confondue avec de la luxueuse dégoulinante.

Allez, Arno, n'est-ce pas insupportable de voir ton Maître ainsi ? Approche donc, corriges le avec tes poings... Si tu pouvais le tuer par mégarde dans la manœuvre, ce serait... Vraiment... Fantast...

Je n'eus pas le temps de voir sa silhouette bouger, ni même le temps de cligner des yeux, que la poigne du majordome se refermais sur mon biceps pour m'arracher au lit. Charles fut envoyé bouler de l'autre coté et j'entendis mes draps se déchirer sous sa tentative de se maintenir sur le matelas. Une seconde plus tard, je traînais au sol, à l'endroit exact où s'était tenu Arno un instant plus tôt, pendu par un bras à celui-ci.

Arno : « Monsieur, je n'aurais jamais dû vous l'amener... »

Les yeux écarquillés de stupeur, je peinais à comprendre la tournure des événements et restais là, bouche ouverte sur le silence de l'étonnement. Mes cheveux traînaient au sol en y formant des rubans sombres, je refermais finalement ma bouche et mes épaules commencèrent à s'agiter. Puis un rire mauvais m'échappa sur une note aiguë qui contrasta avec le ton de ma voix qui se fit bien plus grave qu'à son habitude. J'étais furieux, glacé de méchanceté, et peut-être bien que le mensonge de Charles à propos de mes origines démoniaques me montait à la tête car, à cet instant, il me semble que j'étais tout à fait persuadé de la véracité de mes mots.

« Ah... Pour qui me prenez-vous... ? Avez-vous oublié qui je suis... ? »

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Amduscias le Blanc
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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Lun 2 Oct 2017 - 18:35

Ta main s'attarde sur la lacération que le bois vient de faire dans ta joue alors qu'Arno usait de sa force de bien cinq fois supérieure à la tienne pour t'écarter du lit. Tu n'as pas "mal". Ton corps est juste une enveloppe qui te sert de camouflage, toi, démon puritain, nocher des rêves et veilleur de cauchemars. Ce n'est pas un regard que tu lui lances mais une pluie de ténèbres. Tu sais ce que tu devrais faire, tu devrais le tuer, les tuer tous les deux, et peut-être que tu aurais un peu de paix, pas vrai ? Mais tu serais plus seul encore que jamais, et si ce n'est pas un sort qui t'effraie, tu craindrai l'ennui comme la peste. Drake...Durant une seconde ton esprit s'accroche à sa cou comme la tique que tu es. Mais lui non plus n'est pas là, plus là. Arno t'abandonne donc à son tour, quant à la chose qu'il a empoignée, tu n'as guère de compassion à son égard, il ne s'agit là que de ta nourriture spirituelle, quoique plus terrestre pour ce que tu comptais en faire jusqu'à lors.

Tu te mets lentement sur tes jambes, comme si tu prenais conscience de ce corps qui a toujours été le fardeau que tu ne pouvais voir, et dans la seconde qui suit tu cicatrises. Effrayant. Arno sent qu'il a commis l'irréparable ; te toucher, te frapper, t'écarter de ton chemin, il n'avait jamais encore pris le sentier d'une telle extrémité. Pourtant dans l'incompréhension qui fait s'écarquiller tes yeux d'or et de charbon, tu entrevois une étrange réponse. Il a dit vouloir te protéger... Prendrait-il trop à coeur son rôle de servant ? Ta main a gagné l'emplacement de ton coeur sans que tu aies conscience de ce geste, tu ne peux nier que cette trahison, peu importe le nom que l'on puisse lui donner, répand une insidieuse sensation de pourrissement en toi.

- Arno...comment oses-tu...

Les mots sont lourds, du plomb, du bronze sur tes épaules. Tu ne peux pénétrer son esprit qui s'est subtilement forgé au tien avec le temps, et s'il n'est pas pris au dépourvu ses défenses sont remarquablement érigées pour t'empêcher de nuire et de le faire se prosterner comme une chienne dans l'agonie et la destruction de toute chose heureuse en lui.

- Monsieur, je regrette...je regrette à un point que vous n'imaginez pas...mais pas de vous avoir frappé. Je regrette que cette chose vous fasse perdre la raison à ce point, jusqu'à compromettre votre foi, jusqu'à compromettre...vos choix...

- Mes choix. Ne regardent. Que. Moi. Et je choisis la violence.

Tu n'entends pas Samael le démon rire aux éclats, tu n'entends pas Arno désapprouver, suppliant, il te faudrait quelques trois-cent guerres pour te libérer de ta soif de sang et de meurtre, mais tu as devant toi la solution miracle à tous ces maux, n'est-ce pas ?
Ton torse enfle d'une vie factice, animée par un serpent aux os noirs. Comme toi. Tu vas le tuer. Sans hésitation. C'est ce qui va se passer, et que ton dieu regarde bien, qu'il regarde bien ce que tu fais à ceux qui te poussent loin de lui.


HRP:
 

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Lun 2 Oct 2017 - 22:12



J’me souviens que j’ai couru, sous la pluie. Ch’ais pas combien de jours, je sais juste que j’ai couru en dormant à peine, en léchant la rosée et en bouffant rien d’autre que des poubelles. J’ai couru et j’ai refait en boucle le putain de souvenir que Charlie m’a laissé, sans arriver à me le sortir du crâne. La colline, le ciel bleu, le gosse, le chien. Et on recommence. J’ai choppé la fièvre, une vilaine fièvre qui fait délirer et qui m’a rendu tellement pathétique qu’Ils m’ont trouvé facilement.

Je pieutais sous un arbre, juste hors de la ville et Y me sont tombé dessus au crépuscule. Au début, c’était juste une pluie de coups qui m’a réveillé et presque immédiatement assommé, mais comme j’étais en plein bad trip, je me suis levé et j’ai répliqué. Me suis acharné sur un pauvre type en hurlant comme un taré jusqu’à ce qu’on m’attache et qu’on me mette KO avec un taser.
Ils se sont pointé plus tard, j’étais déjà en cage. Je connais pas leur nom, je sais juste qu’Ils bossent au black et que c’est marche ou crève. Moi, comme je voulais pas crever proprement, on m’a fourré des médoc dans la gorge pendant deux jours et forcé à boire, jusqu’à ce que je me réveille avec les yeux moins vitreux. Ch’uis une putain de carne, faut croire.

Ensuite on m’a jeté dans une autre cage, une très grande, genre cellule de prison, avec six autres types. Fallait voir les tronches, j’étais tombé sur le Bataillons des Moches. Sauf que les Moches, ils aiment pas l’humour, ils aiment pas les grandes gueules, ils aiment juste cogner. Du coup c’est c’qu’ils ont fait, y m’ont cogné.
Jusqu’à ce que j’entre dans cette cage, j’étais persuadé d’être un dur, un corniaud qu’avait tout vu et tout enduré. Je pensais pas qu’on puisse faire vraiment pire. Maintenant je sais que l’enfer, c’est pas Charlie et ses fanatiques, dans leur maison proprette avec des capes en velours. L’enfer c’est le Marché Noir et la Meute.

Je vous laisse imaginer : des chiens dressés au combat, entraînés de force à coup de pompes dans la gueule, qu’on laisse crever de faim pendant des jours avant de les jeter les uns contre les autres en promettant de la bouffe au vainqueur. Le reste du temps à pioncer dans une cage avec d’autres clébards prêts à vous ouvrir les tripes pour les gober, tellement ils ont la dalle, à marcher dans sa propre pisse, à se battre contre celui qui aura perdu la boule avant toi. Vous imaginez un peu les bestiaux ? Ben maintenant, vous les remplacez par les hybrides les plus dégénérés qui existent et vous me comptez dans le lot.
Les premiers jours j’ai par dormi. Pas pu, après que ce taré d’alligator ait essayé de m’arracher une main pendant que je dormais. Le pauvre, ça faisait trois semaines qu’il bouffait plus rien. Il a perdu les pédales.
Après, j’ai appris à dormir qu’à moitié et si on s’approchait trop de moi, je me jetais à la gueule du type qui avait merdé. Au début je le cognais avec les poings. Quand ça a été mon tour de crever de faim, j’essayais de mordre pour arracher un bout. La viande c’est de la viande. J’ai choppé le doigt d’un gars, une fois, et comme ch’uis pas un salopard, je lui ai rendu les os.
J’ai fini par mériter mon graillon. Comment ? Ben en baissant la tête et mon froc. Me suis mis à obéir au doigt et à l’œil, je disais plus un mot, je posais plus de questions, je faisais juste ce qu’on me demandait. C’est p’t’être bien à ce moment-là qu’un truc a cassé dans ma cafetière. Ou alors c’est quand y m’ont jeté aux chiens, pour gagner de la place. Les chiens c’est pire que les hommes, soit dans le bon sens, soit dans le mauvais. Mais comme y a rien de bon au marché…

En seulement un mois y m’ont foutu en l’air. Je sais pas ce qui a déconné dans ma tête. Un truc est sûr, je me souviens plus trop parce que c’est mes 15% qui ont fait tout le taff. Moi, le vrai moi, il est resté dans un coin, tellement déglingué qu’y valait mieux pas qui sorte de là.
Mes souvenirs c’est des courses interminables dans les bois, à chercher des fugitifs, c’est le goût de la peau et du sang, l’odeur de la peur et de la pisse, la caresse du fouet ou du couteau et la rage. Juste la rage, tout le temps, envie de démolir tout le monde, de mordre, de frapper, de tuer.
Merde.
J’étais pas un méchant chien, juste un peu con et un peu chiant. Mais j’étais pas méchant.
Maintenant, ch’uis plus aux commandes de rien, c’est la putain de Bête qui dirige et qui nous garde en vie. Elle, elle est méchante, elle voit tout le monde comme une menace et sa solution ultime c’est de buter tout ce qui bouge. Pourquoi ? Ben parce que quand c’est mort, ça peut plus nous faire de mal. Le problème c’est que les vampires on peut pas les buter, c’est jamais mort. Du coup on a mal, tout le temps.
Je crois que ça va me rendre fou.
Je crois que je le suis déjà…
Merde.

¤¤¤

Comme d’hab, je pieute avec les chiens. Maintenant c’est eux ma Meute. On se bouffe encore le museau, on se grogne à la gueule et faut se battre pour la gamelle, mais c’est moi le chef. Les autres hybrides, on les utilise pour plein de trucs, nous on nous utilise juste pour la chasse. Y a deux connards croisés clebs avec moi, eux aussi ils savent que c’est moi le chef. Du coup je pionce mieux qu’avec les Moches.
Ça sent le corniaud, la paille, la pisse, la viande rance. Ça sent la sueur et le sang. Ça sent le Chenil. Et puis tout à coup, Ils entrent en braillant, frappent les barreaux, réveillent tout le monde. Les abrutis d’animaux se mettent à aboyer comme des dingues, les yeux fous, la bave aux lèvres. Moi je laisse faire la Bête, et la Bête elle ouvre juste un œil pour guetter les vampires. Y me veulent pour flairer des clients et checker qu’ils sont clean. Ça c’est un truc spécial rien que pour moi, c’est la récompense ultime pour avoir été un bon chien.

Je sors de la cage en tatanant un bestiau qui essaye de me suivre et je vais aux douches. On me lave à la brosse et au jet d’eau, j’ai presque pas le temps de sécher qu’on me jette des fringues trouées mais propres que je dois vite enfiler.
J’ai pas vu ma gueule dans une glace depuis des lustres, mais j’ai vu mon corps changer. Sur moi y a plus un pet de graisse. Tout est dur, nerveux, sec. Plus de muscle, mais du muscle tellement solide que ça donne pas envie de tâter. C’est pas pour faire joli, c’est du muscle pour résister aux coups, pour pas donner trop à arracher aux crocs. Avant j’avais des cicatrices un peu partout, maintenant j’ai des cicatrices en travers de mes cicatrices. Et le cuir dur.
On m’attache un collier étrangleur au cou et on me pousse vers la sortie. J’ai droit à une bouteille d’eau et un steak haché cru que je dois manger avec les doigts tout en marchant pour rejoindre la zone de commerce. Pour qu’on prenne goût au sang, Ils nous font bouffer de la viande crue et rien d’autre. La Bête elle s’en fout, moi je me retiens de pas gerber. Ce goût commence à me rendre un peu dingue, y me retourne les boyaux mais parfois la nuit, je me réveille avec tellement envie de l’avoir en bouche que je dois me retenir de pas buter un des chiens pour lui mâcher la moelle. Mieux vaut pas y penser…

Je reste debout toute la nuit, je flaire les gens de près, du cou jusqu’aux couilles s’il faut, j’en ai rien à foutre. La pudeur c’était déjà pas mon truc, mais la Bête elle s’en bat encore plus la rate.
Au début je l’ai pas reconnu. Faut dire qu’il a une gueule qui passe partout et son odeur je l’ai jamais vraiment mémorisée. Mais lui, il m’a reconnu. Y m’a vu, y s’approche. Trop vite à mon goût. Je montre les crocs et je grogne, la Bête à un sursaut comme pour le frapper mais le métal des pointes du collier me rentre dans la gorge quand le type qui tient la laisse tire un coup dessus. Je rentre dans le rang en fermant ma gueule. Arno s’approche et commence à causer avec les gars, moi je m’en cogne alors j’écoute pas. Il fini par se tirer en me jetant un regard bizarre.

Je replonge dans le brouillard habituel pendant des jours, peut-être même des semaines, je sais pas trop. J’ai l’impression d’avoir passé la moitié de ma vie dans ce putain de marche noir. Et puis une nuit, alors que je vais pour chasser, on me siffle. Merde, j’ai pas envie de me faire cogner tout de suite, j’allais courir là… Sauf qu’Ils me tatanent pas, ils m’emmènent à la douche. Ensuite y me mettent des bandages autour des mains, des poignets, des pieds et des chevilles. Ça pue, on dirait qu’Ils veulent que je monte sur un ring. Je suis pas un hybride de combat, pas pour une arène en tout cas. Pas assez costaud, grand, fort, trop teigneux, trop vicelard. Ch’uis meilleur à la chasse. Mais p’t’être qu’ils manquent de viande à attendrir pour les paris de ce soir ? Je la boucle et j’obéis, j’enfile des nouvelles fringues – merde, c’est pas celles que j’avais en me cassant de chez Charles ? – et je passe les godasses fatiguées qu’on me jette à la tronche. Ensuite on me bazarde à l’arrière d’un van et on démarre en trombe.

Le vampire en face de moi m’attrape par la mâchoire et attend d’avoir toute mon attention pour causer. On m’a acheté, super cher d’ailleurs. On m’envoie chez mon maître. Nan, pas un nouveau maître, MON maître. Un truc se décoince dans ma pauvre caboche toute fêlée. Des images, des bruits, des odeurs, des souvenirs que j’avais oublié exprès parce qu’ils me donnaient envie de hurler à la mort, même un souvenir qu’est pas à moi. C’est quoi ça ? Une colline, un môme, un chien, le ciel bleu…

¤¤¤

Ils se sont tirés après m’avoir jeté dehors. J’ai bouffé du gravier par terre et de la poussière quand y ont redémarré. Je me lève en grognant avant de me figer. La Bête est perdue, elle pige plus rien, alors je la pousse et je reprends les manettes. Le brouillard dans ma tête commence à se lever un peu, c’est flippant et soulageant en même temps.
Autour de moi je sens la nuit, l’herbes, les bouleaux qui bordent l’allée où a disparu le van. Je sens plein d’odeur dans le grand manoir juste devant moi, des odeurs connues. Je reste planté devant la porte comme un con pendant au moins deux minutes avant de monter les marches et pousser le battant. Le hall est comme je me souviens.
Je suis à la maison.

Tout à coup je pige plein de truc et les dernières heures repassent en accéléré. Les bandages, pas pour frapper mais pour couvrir mes blessures, parce qu’on cavale à poil, on se bat à poil, on mange à poil, on pisse à poil. Les fringues, pour pas me renvoyer chez moi comme une loque. Le van qui se barre vite, parce que le jour se lève et que les gars du Marché Noir peuvent pas être vu ici. Le type en face de moi qui me tient la gueule pour que je le regarde et qui me dit qu’on a payé super cher pour ma peau, parce que…
Parce que mon maître pète un cable.
C’est Arno qui l’a dit.
C’est Arno qui a appelé un peu plus tôt pour ordonner qu’on me livre vite, parce que c’est la merde ici.

J’entends les éclats de voix à ce moment-là. Mes jambes se mettent en mouvement toute seule. Je cours pas, j’avance juste au radar, comme si c’était un réflexe. La vieille blessure se rouvre au fond de moi, celle de l’Absence. Je l’avais refermée au fil de fer et cautérisée au fer à souder pour arrêter de morfler à chaque jour passé loin d’ici, mais maintenant elle se rouvre et pisse le sang comme pour mieux me rappeler que j’ai besoin de la refermer. Et pour la refermer, faut que je monte, que j’aille au bout du couloir, que je rejoigne les voix.

Je passe devant une grande glace sans me regarder. Si je l’avais fait, j’aurais vu mon visage émacié, mes cernes noirs, mes yeux, encore plus noirs, avec une lueur de Bête sauvage au fond, mes cheveux taillés très courts sur les côtés, laissés presque long pour faire une sorte de crète. Les bandages autour de mes mains et qui remontent jusqu’à la moitié de l’avant-bras, le t-shirt étiré, troué et fatigué qui tombe sur mes épaules, le jeans défoncé qui laisse voir mes genoux. J’aurais vu la démarche de prédateur, le muscle saillant sur l’angle de mes mâchoires serrées, le frémissement au coin de la lèvre, comme le chien qui va gronder sur un ennemi. Ou comme un sourire tordu. Si j’avais regardé, j’aurais vu que j’ai une gueule à faire peur, parce que je dégage un truc différent. Un truc méchant.
La porte restée entrouverte a l’air d’exploser sous le coup de pompe que je donne dedans. Elle s’écrase dans un vacarme pas possible contre le mur, laisse des marques dans les boiseries décoratives. Tu parles d’une entrée fracassante.

Je me tiens là, les mains dans les poches sans que je me souvienne à quel moment entre l’entrée et le couloir je les ai mises là, le regard par en-dessous, la tête pleine de vide. Les odeurs me frappent en premier. Arno. Charles. Un Autre. La Peur. La Fureur. Ça excite la Bête, qui essaye de reprendre le contrôle, mais je lui mets une putain de muselière et je reste calme. Je balaye la pièce du regard et je comprends vite. Le temps a l’air de s’être arrêté, personne parle, personne respire. Alors j’avance, droit vers Charlie.
Je me mets sur son chemin, histoire qu’il puisse voir que moi. Il est à poil avec juste un peignoir. Dans mon dos, Arno a un pyjama ridicule et je gosse inconnu est à poil lui aussi. Ça sent pas le sexe, mais c’est chelou quand même comme scène. Je m’arrête à deux mètres du vampire qui tire une tronche indéfinissable. On échange un regard, je me tourne vers les deux poireaux plantés derrière moi. L’œil morne.
Nan. L’œil faussement morne.

— Barrez-vous d’là.

Y bougent pas. Pas assez vite à mon goût. Je passe de morne à rageux, en un instant. Et j’aboie.

— CASSEZ-VOUS !

Arno a l’air de percuter, je reviens à Charles.
Je reviens toujours à Charles. À un moment dans ma vie, ce type est devenu le centre de mon monde. Je le déteste pour ça. Vraiment. J’ai envie de le tabasser comme j’ai jamais tabassé personne. Mais si quelqu’un fais rien que genre de vouloir le toucher, le lui arracherais la main. Si j’entends quelqu’un penser du mal de lui, je lui démoli la tronche.
Parce que Charles c’est mon centre du monde. Le pire qui existe j’imagine, mais c’est le mien. J’arrive pas à regarder ailleurs que vers lui.

— Fais-moi plaisir Blondie, frappe le premier.


Ch’ais pas quoi dire d’autre. J’ai pas l’impression que des mots ça suffise. Ça m’a fait trop mal de le quitter. Ça me fait trop mal de le retrouver.

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mar 3 Oct 2017 - 12:25



Oh qu'il me fut délicieux de voir l'abominable créature de pierre porter une main sur sa poitrine, là où devait se trouver son cœur fossile. Qu'il me fut savoureux de voir s'écarquiller son regard aberrant sous la révolte de son majordome. Le dos courbé vers le sol, j'avais relevé le menton pour dévorer son image, goulu et affamé. Il était blessé ! Je l'avais blessé ! Un poison à la douceur du miel me coula dans le cœur et fit battre mon sang plus fort dans mes veines.

Il avait mal ! Il avait mal !

Dans une parfaite illustration de la vilaine fascination que j'avais à voir Charles d'Ozran meurtri, un sourire dément me tira les lèvres et m'ouvrit la bouche en découvrant mes dents. Mon rire cliquetant et démembré fut l'accompagnement musical des paroles du vampire d'Opale et, fou que j'étais à cet instant, j'étais bien incapable de m'inquiéter de mon sort.

Pourtant la poussière lucide qui voletait encore dans mon esprit décrypta la mort qui s'annonçait dans les yeux de Charles. La mienne.

Un éclat de tonnerre de bois et de pierre interrompit mon rire méchant et je me tournais vers l'origine du vacarme qui me sembla être celui de la justice divine. Si ce ne fut pas une créature de lumière qui passa la porte, si l'homme en noir n'avait rien d'aérien dans sa démarche, si son visage n'avait rien de celui d'un ange, je ne pus retenir mon esprit de déformer son image en celle d'un sauveur.

En me tournant vers lui, je m'étais tordu le bras dans un angle douloureux, tendu à l'extrême. Lorsque cet inconnu au visage terne passa devant moi, je le suivis en adaptant ma posture pour rester dans son axe, le biceps presque broyé par le poing d'Arno. Lorsqu'il passa devant moi et que, sortant du dessous de son t-shirt, sa queue noire m'apparut, je m'étranglais presque de surprise.

Un chien ! C'était un chien !... Charles avait un chien ? Un chien ? Le meilleur ami de l'homme ? Le meilleur ami de Charles ?... Une créature qui avait une place toute chaude dans le cœur mort du vampire... ?

Ce fut cette fois sur une bouche close que mon sourire fendit mon visage comme une lame de rasoir, tordant mes lèvres dans une ignoble mimique mortifère, mon regard perçant, noir et sale collé sur les épaules rentrées du chien.

Il aboya, je fus emmené, mes fesses traînant au sol derrière un Arno qui m'arrachait presque le bras. Mon regard fixe sur un plafond que je ne voyais pas, j'éclatais ponctuellement d'un rire en éclats de verre et, lorsque le chauve me jeta finalement dans une chambre, j'avais tant pleuré que mon torse était trempé.

La porte claqua et je restai là, étalé au sol comme un morceau de viande. Au loin je percevais encore du bruit, des sons accessoirisant le petit film qui se déroulais dans les restes de mon esprit. Je voyais les retrouvailles chaleureuses d'un maître et de son chien, les mains de Charles passant dans les cheveux ternes de l'homme en noir, deux silhouettes symétriques aux couleurs opposées. Oh oui, j'imaginais Charles d'Ozran empli d'amour pour l'autre. Et... j'eus envie de tuer le chien.

Je bloquais sur cette idée, les yeux grands ouverts, secs, le visage défait et sans sourire. Puis j'eus  subitement très froid.

Mon regard balaya la chambre, semblable en tous points à celle qui m'avait été précédemment attribuée, froide, impersonnelle et dénuée du moindre objet divertissant. Je me traînais piteusement vers le lit, en arrachait édredons, oreillers et draps, tirait le tout vers l'armoire géante qui ne renfermait aucun vêtement, et me roulait dans les draps avant de refermer les battants de bois sur moi. Deux portes entre moi et les monstres ne seraient pas de trop.

Là, dans le noir, je restais éveillé longtemps, couvé par des émotions putrides, le nez dans une couverture qui n'avait l'odeur de personne. Les cheveux en pagaille, collés sur mon visage, dans mon cou et enroulés autour de moi, je pataugeais dans le marécage nauséabond de mon âme noircie.  J'étais dégoûtant, suintant de haine, d'envie de faire souffrir et de briser la moindre créature heureuse qui croiserait mon chemin.

Le nez dans ma morve, je lâchais un gémissement plaintif avant de sombrer dans un monde de cauchemars.

J'allais devenir un monstre.

Je ne voulais pas.

Au secours.

.
.
.
.
.
.
.

… Le chien... ?

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mar 3 Oct 2017 - 13:51

Tu ne le sens ni ne l'entends, tu ne repères pas son aura dans le parc ni sur le seuil ni dans l'escalier encore moins dans la chambre. Tu le vois. C'est tout. Trop obsédé, obnubilé par la scène sous tes yeux, obnubilé par la soif et la rage, obnubilé par la trahison et l'affront. Tu ne le vois que lorsqu'il se trouve sous tes yeux.

Ton chien.

Voûté comme une chose qui veut bondir pour massacrer et déchirer des chairs trop présentes à son esprit, tu te redresses, redeviens homme. Tes épaules reprennent leur place, tes mains descendent le long de ton corps, et ton regard se rive, s'arrime aux yeux charbonneux de l'homme aux vêtements trop usés qui te fait face. Oui. C'est lui qui te fait face. Pas toi. Tu subis cette confrontation, choqué. Profondément heurté par son retour que tu ne comprends pas, que tu n'expliques pas. Pas encore. Arno - trop pressé de quitter les lieux - est-il à l'origine de ce revirement de situation ? Savait-il que ce tête-à-tête te réduirait au silence de la contemplation intérieure ?

Comment est-ce arrivé déjà...?

Tu te rappelles. Oh si facilement. Saisi par un milicien, amené chez toi en citant simplement ton nom, pensant alors trouver pragmatique sortie à sa vie, le voilà prisonnier de ton gant de velours. Tu le malmènes, lui fait miroiter tes pouvoirs, la souffrance que cela implique de te contrarier. Si capricieux petit garçon aux cheveux de nuages. Il tient bon, tient tête, tu l'emmènes partout, le fais dormir au pied de ta cheminée sur une peau de loup blanche, afin de l'avoir près de toi, afin d'admirer la nature sévère et sauvage de ses traits, afin de détester cette queue noire qui battait le sol ou ses cuisses en cas de contrariété.

Ton chien...

"Fais-moi plaisir Blondie, frappe le premier."

Frapper ? Mais tu n'as plus de fourmillement dans les doigts, plus de hargne au poing, plus de cendre au coeur. Cette fois, tu as mal, un mal intense, comme si toutes les fois où tu aurais dû souffrir s'incarnaient en une seule. Là, maintenant. Tu ravales tes crocs dans un grondement, te retenant de porter à nouveau et cette fois consciemment ta main à ta poitrine. Les rôles s'inversent sans que tu puisses faire quoi que ce soit, à cause d'une petite, toute petite faute d'inattention et de contrôle sur toi-même ; te souviens-tu ? De ce souvenir livré sans mode d'emploi, mais en avait-il seulement besoin pour...comprendre...l'importance...de...sa présence...auprès de ...t...
Ton souffle est erratique, tu t'es approché entre temps et lui ne reculerait devant rien, évidemment. Une foule d'odeurs l'entourant t'assaillent et te dévoilent ce qu'a pu être sa vie depuis cette nuit de pluie où tu l'as regardé disparaître dans l'allée de graviers. Une vie de fange, de matraquage et d'ordres obéis, semblables aux tiens. Sa peau a l'air plus épaisse, ses yeux ont quelque chose de formidablement brutal qui te met au pas. Tu te fissures lentement, or massif soumis à l'intensité du froid et du chaud relayés.

- Tu es rentré...


HRP:
 

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mar 3 Oct 2017 - 14:24



Il me fait une drôle de tronche le patron. Il a l’air de se demander s’il est pas en plein délire. Soit j’ai l’air d’un fantôme, soit les choses sont devenues vraiment bizarres ici. ‘Fin disons plus bizarres qu’elles l’étaient à mon départ. J’ai pas encore jeté un œil au calendrier, je sais pas vraiment depuis combien de temps j’ai déserté, mais pour moi ça doit faire au moins des années. Ou c’est juste que j’avais commencé à oublier des détails, comme l’emplacement de ses cicatrices sur sa tronche de bourgeois.
Y a le bout de ma queue qui s’est mit à balayer mes mollets, un peu timidement, comme si elle savait pas trop si fallait se réjouir ou pas.

— Ouais, ch’uis rentré.

Putain, j’ai la voix qui dégringole dans les basses, on l’entend presque pas. Je le regarde à peine dans les yeux. Me jetez pas la pierre, c’est pas facile pour moi de regarder quelqu’un droit dans les yeux quand cette personne c’est mon maître. Question de respect instinctif j’imagine. Je lui sauterais à la gorge s’il m’agresse et j’aurais pas de scrupules à lui arracher un membre s’il le faut, mais je préfèrerais pas. Même la Bête a rangé ses crocs et attends de voir.

Ça fait des lustres que je bastonne tout ce qui passe à portée, j’ai tellement mordu dans de la chair encore vivante que j’ai le goût dans la bouche en permanence. J’étais à ÇA de devenir vraiment dingue, ou de perdre définitivement l’envie de reprendre un jour le contrôle. Alors maintenant que je suis à la maison, si je pouvais éviter de me battre tout de suite, ça serait cool. Je le ferais, mais pas vraiment de gaieté de cœur.

— C’était sympa le camping en solo, mais fait un peu frisquet dehors. Pis t’as dit que j’étais ton chien, nan ? C’est c’qu’ils font les chiens, ils reviennent à la niche un jour ou l’autre…

Je sais pas pourquoi, je me sens un peu con de m’être barré en courant. C’était n’importe quoi cette soirée-là, j’aime toujours pas les fanatiques, mais maintenant je sais qu’il y a pire. J’ai plus peur de grand-chose du coup. Et puis y a cette phrase que le type dans le van m’a dit, comme quoi c’était la merde ici, pour Charles. Moi quand j’étais dans la merde, il est venu me trouver et il a arraché la tête à un gus alors…

— Ça serait cool si… ‘Fin tu vois, si je pouvais rester. T’es un psychopathe qui bute des gosses dans sa cave, mais j’ai l’habitude de toi maintenant et ça me ferais chier d’avoir un autre proprio et tout recommencer depuis le début. En plus je crois que j’ai pas fait mieux dernièrement. M’enfin c’est pas un chien de salon dont t’as besoin, pas vrai ?

Par réflexe, je sors une main de ma poche et je me la passe dans les cheveux pour les rabattre en arrière. Cette fois je cherche ma réponse dans son regard en le soutenant un peu. Il a pas l’air super en forme. Ouais, ok, il est mort alors du coup être en forme c’est relatif dans son cas. Là je veux dire qu’il a l’air, pour un cadavre, d’en chier un peu. L’est tendu. Je le sens.


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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mar 3 Oct 2017 - 16:04

Chacun te quitte, tous t’ont quitté, un jour ou l’autre, par choix ou parce que tu les as réduits au silence. Aucun mort n’est jamais revenu, mais à vrai dire les vivants te fuient également. N’est-ce pas d’ailleurs toi qui ne leur souhaites que le mal et le pire ? Bien sûr que si. Alors ce soir, l’orage en toi est double. Mais qui d’autre que lui pouvait bien revenir…Tu le savais, avoue-le, au fond de toi tu savais qu’il te reviendrait, que ce lien du sang et de violence que tu avais tissé sans t’en rendre compte était plus fort que la fugue, plus fort que l’instinct. Les chiens sont fidèles.
Dragon l’était, à toi et rien qu’à toi. Il mordait ton père, il mordait Arno, mais toi il te léchait les doigts et te servait de cheval quand tu ne faisais pas plus de trois pommes sur un tabouret. Dragon n’est plus là, et tu n’as jamais eu d’autre chien. Tu voulais son pelage noir, tu voulais sa grande gueule cassée ruisselante d’écume, tu voulais ses gentils aboiements fidèles quand tu avais peur de grandir.

Drake est là.

Et tu entends à peine ce qu’il te dit. Sa voix est un bourdonnement lointain dans l’illusion d’un cœur qui bat – ton cœur ! – contre tes tympans sensibles. C’est douloureux. Plus douloureux que le fouet d’argent, plus douloureux que la désapprobation d’Arno, plus douloureux…que d’avoir tué ton père.

La nuit tient toujours lieu de décor dans cette chambre qui a l’air de flotter, et la lumière du couloir jette sa force chaude sur les traits tranchants de l’hybride aux yeux brillants. Tu t’es encore approché, sans aucun bruit, et tes doigts froids et noirs se glissent le long de sa joue que tu te prends à caresser du dos de la main…..et ce n’est pas une fabrication de ton puissant esprit, fatigué ceci dit en cet instant.
Tu peux le toucher. Il est sale, parce qu’il est humain, il sent fort. Le chien, rien que ça. Transpiration, phéromones, testostérone, ancienne urine, sang séché, chair abîmée, vêtements mouillés. Il sent fort. Ton chien. Mais c’est ainsi que tu l’aimes, n’est-ce pas ? ...
D’où te vient cette faiblesse que tu crèves de dissimuler mais qui te pousses vers lui ?
Des abysses de ta psyché, des sphères effacées de ton enfance, là où repose l’enfant qui n’a pas pu grandir. Mais tu te cherches des excuses…

Il y a cent choses que tu pourrais dire, mais tes lèvres restent muettes, s’ouvrant sur deux crocs blancs autour d’une langue sombre quand tu presses sa nuque dans ta paume, incliné vers sa gorge. Il n’a pas besoin de s’offrir, tu prends. Tu es épuisé, vieilli, transformé en un résidu du monstre que tu es d’habitude. Ta morsure n’a rien de douce, elle n’est ni tendre, ni sensuelle, et pourtant elle suinte de ton intense et indicible nécessité de voir ton vide comblé. La crispation des avant-bras que tu saisis pour qu’il ne recule ni n’avance, la palpitation réflexe du cœur pompé qui panique, et puis ce goût…cette page qui s’écrit sur ta langue. Tu lapes fermement, et pénètres sa tête. C’est comme fouler un jardin abandonné. Tu y retrouves tant de choses connues, et d’autres nouvelles qui ne te plaisent pas. On a voulu le rendre bête. Ton chien. On a voulu le briser. Et si certaines portes sont closes, tu te contentes de les caresser du doigt, comme pour dire : « Je reviendrai plus tard. » Pour l’instant, tu veux lui dire que sa niche n’attend plus que lui.
Oh combien son sang est merveilleux ! Comment as-tu pu te priver de cela...

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mar 3 Oct 2017 - 16:51



Je le laisse approcher, un peu sur mes gardes parce qu’il a l’air encore plus dérangé qu’avant, mais comme la Bête s’agite pas, moi non plus. On reste juste prudent. C’est la première fois qu’il me touche. C’est con hein ? Des mois qu’on a vécu ensemble, à se croiser à poil à l’heure d’aller dormir, on est même parti à l’étranger ensemble, et jamais il m’a touché. Jamais sans des gants en tout cas et juste du bout des doigts, avec un dégoût évident. Il me trouve sale, à ce qu’il dit.
Du coup, quand je sens sa main sur ma joue, je ferme ma gueule en attendant de voir la suite. Un peu comme quand les cabots rentrent la tête dans les épaules sous une caresse, en attendant qu’elle se transforme en claque. Mais pour moi, la claque ne vient pas.

Ses doigts sont un peu froids, mais ils glissent sur ma peau sans faire de mal. Ça fait des mois que le moindre contact se résume à une agression pour moi, j’ai un peu de mal à me détendre alors que c’est pourtant pas désagréable. Et puis quand il penche sa grande carcasse vers moi, je pige qu’il est à cran parce qu’il a faim.
Là on parle le même langage. La faim, je connais. Ça rend con, puis ça rend fou. Charles il est déjà complètement fou alors peut-être que ça le rend complètement con ? J’ai arraché la moitié du visage d’un type qui avait essayé de me sortir les tripes en croyant que je dormais, mais pour Blondie je veux bien donner un peu de ma personne. Faut ce qu’il faut pour arranger les choses après tout.

Je gronde un peu quand il mord, mais je crois qu’il s’en fout. C’est pas super plaisant, mais j’ai connu pire. La Bête remue un peu, m’interroge en même temps que je l’interroge, on calcule rapidement ce qui serait le mieux pour survivre. Pas question de mourir connement hein !
À cette distance je peux le sentir comme jamais, ça fait remonter des souvenirs à la surface, comme des bulles d’eau gazeuse. Il se glisse dans ma tête et je le laisse faire parce que de toute façon, c’est un champ de ruine. Tout ce qui appartient à la Bête, il pourra pas y aller sans risquer de se prendre une claque. C’est rempli de trucs dégueulasses ces coins-là, même pour lui. Tout ce qui m’appartient par contre, il peut se balader et fouiller les décombres. Tant qu’il met pas plus de bordel. Quelque chose me dit qu’il a pas envie de se battre pour l’instant, du coup on déambule mentalement côte à côte. Je sais pas pourquoi, mais je l’imagine dans un costume blanc, les cheveux attachés en catogan, à marcher sur les mauvaises herbes avec des chaussures italiennes super cher. Moi je suis le grand cabot à côté, tout noir, le poil court. Je sais aussi à quoi ressemble la Bête, mais elle est pas avec nous, elle se terre dans son domaine et veille à ce que personne franchir la porte, pour le bien de tout le monde. On fera les présentations plus tard j’imagine.

Il me sert fort les bras, j’aime pas trop ça alors je tire dessus, assez pour lui faire comprendre que j’ai pas besoin d’une laisse pour me tenir tranquille. Je me crispe, je le mets en garde en silence et il me lâche. Ça me détend tout de suite, de récupérer ma liberté de mouvement. Je monte une main jusqu’à son poignet, celui qui me tient encore par la nuque. C’est à mon tour de le serrer, pas pour qu’il décroche, juste parce que je me vois pas lui sauter au cou.

— …

La vache, il pompe fort le salaud. Et moi j’ai pas bouffé correctement depuis des semaines, je commence à avoir la tête qui tourne. Pourtant, je vacille pas. Mais ma tête roule un peu que le côté, jusqu’à appuyer contre la sienne. Dans les ruines de ma cervelle, le cabot est assis à côté des grandes jambes de Charles et il se laisse appuyer contre lui, fatigué, les oreilles juste sous sa main.
Bon chien.
Qu’est-ce qu’on a l’air con, tous les deux. Ah y sont beaux le maître et l’esclave, mutuellement ruinés par l’absence de l’autre.

Quand je sens les crocs qui sorte de ma gorge et la langue passer sur les blessures pour qu’elles arrêtent de saigner, mes jambes décident de me faire faux bond. Je suis essoufflé, la tête qui tourne un peu plus encore. Je tombe à genoux sans me soucier de savoir si ça fait mal et j’ai pas lâché le poignet de Charles. Du coup j’ai l’air super fin, avachis par terre, un bras levé pour rester accroché à lui comme si j’allais m’enfoncer dans le sol sinon. Je pose le front contre sa cuisse en fermant les yeux.

— Hey Charlie… J’peux… Prendre une douche et… Pioncer au pied du lit ?... Juré… Je t’emmerde pas… Pas cette… Nuit…

Je viens de capter que ma voix est toute éraillée, que ça m’arrache la gorge de parler. Parce que j’ai pas ouvert la gueule depuis longtemps. Mais j’ai envie de lui demander et qu’il dise oui pour une fois. Faut me comprendre : j’ai passé des mois à dormir entouré. Entouré d’ennemis, mais entouré. Je peux pas rester seul. Je sais pas ce que ça me fera, mais ça sera pas bon.


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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mar 3 Oct 2017 - 19:01

Tu n’as jamais bu du sang qui n’était pas celui d’un jeune homme vierge, même tout jeune vampire, quand ton père t’a formé tu buvais de la préciosité liquide, sans jamais connaître la corruption et le vice. Drake a tout cela dans la peau, son fumet est extrêmement complexe, mélange vif, ambré, rustique mais néanmoins rond sous la langue. Plus qu’appréciable et plus qu’un amuse-bouche, c’est une source d’apaisement pour ton corps et ton esprit saturés d’avoir lutté contre le manque, chose que tu ne sais à vrai dire pas faire. Tu as toujours tout à portée, quand tu le désires, quand tu lèves une paupière et ce soir, ce soir sans ton chien, tu arpenterais probablement seul, une à une, les salles de ton manoir en oubliant un cadavre et un tas de cendre dans une chambre.
Quand il t’intime de le lâcher tu le fais, lentement, comme pour dire que ce n’est pas parce que tu concèdes que tu consens. Tu n’aurais jamais cru goûter un jour à une telle potion de vigueur, ton inexpérience est vite rattrapée ceci dit, et les complexes imposés par ta foi se dispersent dans le plaisir et la force qui gonfle tes muscles, ravive la flamme dans tes yeux d’or, rend leur étrange beauté aux veines de marbre de ton visage.

Tu penses. A nouveau tu sais ordonner aux éléments de se mettre en place, colonnes, cercles, les formes fluctuent et tu manipules ta conscience réparée avec précaution, d’autant que tu es toujours dans la tête du chien quand tu le relâches, léchant la peau dure pour qu’elle cicatrise avant qu’il ne perde pied, accroché à ton poignet, suppliant sans être pathétique, épuisé. Son front vient appuyer contre ta cuisse nue sous le pan de peignoir ouvert, comme pour t’offrir encore un peu plus de fidélité, de servilité. Une sorte de satisfaction t’anime. Le soulagement de ne pas avoir tout à fait tout perdu…
Ta main, la même qui vient de le tenir par la nuque, frôle les pointes de sa crête noire, non pas hésitante mais évaluative, comme pour vérifier que tu ne vas pas te brûler ou te transformer en cendres parce que Bélial considère que tu as fauté. Mais il ne se passe rien de tel, alors tu approfondis le geste, éprouves les lignes de son crâne en fourrageant dans sa crinière sombre, te penchant pour le ramasser et le soulever sans effort.
Comme un enfant.
A son tour maintenant. Il t’a ramené de loin, très loin, tu peux te montrer gentleman, et plus encore reconnaissant de son retour, bien que rien de tel ne soit jamais formulé oralement. La posture est gênante pour le porté, mais il n’est plus l’heure de s’interroger sur les liens hiérarchiques entre lui et toi. Tu accèdes à sa requête, le conduisant à la douche dans laquelle – hasard ou non – Arno a déjà déposé des vêtements propres, neufs, repassés et chauffés sur le radiateur. Tu pourrais lever un sourcil et t’interroger sur le changement relationnel radical entre ces deux-là…Mais tu préfères déserter les lieux et sortir à l’arrière du manoir, sur la petite terrasse-véranda où tu aimes t’installer lors des nuits d’été. Le vent n’y court pas mais tu l’imagines s’engouffrer entre tes cuisses, enlacer tes abdominaux, remonter sous tes cheveux pour embrasser ta nuque. Tu fermes les yeux, étrangement calme alors qu’à peine quelques minutes plus tôt, tu fomentais un nouveau meurtre. Drôle de soirée. Et pour que tu dises cela, c’est que les dieux ne t’ont pas épargné.

- Monsieur…

Tiens le voilà celui-là.

- Aurais-tu quelque chose à te faire pardonner, Arno ?

- Je crois que c’est déjà fait, Monsieur, vous n’êtes pas d’accord ?

Le silence impose sa marque ; au loin tu regardes le vent dans les saules, les pins et les chênes du domaine. Une question pour une autre, tu restes de dos.

- Comment…l’as-tu retrouvé…

- J’ai mené mes recherches. Il vous expliquera lui-même s’il le décide. L’important c’est que vous ayez recouvré vos esprits.

- Tu savais.

- Je vous connais, Monsieur. J’ai commis une erreur, une grave erreur, mais heureusement il existait une solution.

- Drake…il me rappelle Dragon.

Arno ne te lâche pas du regard. Ça y est, le soleil se lève. Évidemment. Il sait cela, sinon il ne l’aurait pas ramené à tes côtés.

- Il me le rappelle aussi, Monsieur.

Tu soupires, daignes te tourner et ton majordome vient nouer le peignoir à tes hanches dans un réflexe de bienséance.

- Que comptez-vous faire ?

Il sous-entend « à propos du serpent hystérique et démoniaque », tu réponds de biais. C’est mieux, pour l’instant.

- Prendre des vacances à Château-Blanc. Tu resteras ici avec Drake. Et Samael. J’ai besoin…d’être seul.

Arno ne t’empêchera jamais d’aller dans ta patrie, de rendre visite à la tombe de ton père et de ton grand-père, de t’isoler, éternel exilé. Cela t’arrive quelques fois par an de disparaître à Château-Blanc, et d’y demeurer dans le recueillement et le silence du cimetière français.

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mar 3 Oct 2017 - 19:50




Je crois que je décroche pendant un moment, pas longtemps mais juste assez pour avoir un vide dans la mémoire. Me faire pomper du sang, c’était vraiment l’épreuve de trop faut croire. Je me retrouve dans la douche où je m’aide de l’épaule de Charles pour me remettre debout, avant qu’il disparaisse. À moi l’eau chaude, la vapeur et le savon. C’est tellement bon que j’ai l’impression d’une révélation.
Je traîne pas, malgré l’envie de rêvasser sous le jet qui me masse le dos. Je fais bien gaffe de frotter partout, pour pas laisser un seul grain de poussière. Certaines blessures se rouvrent parce que je frotte avec une brosse dessus, mais je m’en fous. Tout part dans le syphon : sueur, crasse, terre, croûtes, sang. Je sors de là propre comme un sou neuf, pas moins nauséeux mais clairement plus confortable. Face à la glace je me trouve une sale gueule, mais un truc me frappe : ch’uis vivant et ch’uis chez moi. Un rire un peu mauvais me secoue les épaules. Les connards du Marché Noir auront pas eu ma peau en fin de compte.

Une fois le calebute et le pantalon de pyjama enfilé, je traîne ma carcasse fatiguée jusqu’à la chambre de Charles. Il a pas dit non donc dans ma tête, ça veut dire oui. Mon corps est en mode automatique, j’ai l’air d’un vieux chien des rues qui vient de se trouver un coin tranquille pour finir ses jours, c’est dramatique. Rien qu’une bonne nuit de sommeil et un repas correct puisse pas arranger.
Maintenant que je suis rentré, tout va s’arranger. J’y veillerai.
La chambre est comme je m’en souviens, grande, pas très meublée, avec une cheminée et un lit gigantesque. La fourrure est toujours par terre, le fauteuil tourne toujours le dos à la porte, il y a toujours un grand miroir près de la commode. Instinctivement je flaire l’endroit, je cherche les odeurs que je connais et celles que je ne connais pas. Est-ce que le gosse un peu zinzin qu’Arno a évacué est déjà entré ici ? Est-ce qu’il a séjourné ici ? Pas l’impression. Tant mieux, je suis pas d’humeur à partager.

J’hésite pas trop entre le lit et la fourrure. Marre de dormir par terre. Je grimpe sur le matelas, ce territoire sacré que personne foule jamais en dehors du grand patron. Mais hé ! Je suis juste le clébard, rien de sexuel à ma présence, pas vrai ? La cheminée diffuse une chaleur agréable, les draps sont doux, l’odeur de Blondie imprègne même les murs et ça, ça me plaît. Mon cerveau a enregistré un truc depuis longtemps : présence de Charles = sécurité. Ouais, ce type est une ordure et il aime me torturer à l’occasion, mais en dehors de lui personne me touche parce qu’il est là pour veiller. Moi c’est ce que j’appelle la sécurité.
Je m’effondre au bout du lit, au pied, comme une brave bête. D’abord sur le ventre, puis je m’enroule sur moi-même en chien de fusil, la tête appuyée sur un bras replié. Je regarde le feu, comme ça le boss aura tout loisir de compter les marques dans mon dos. Mes paupières tombent doucement.

¤¤¤

Un bruit, tout près, et du mouvement. Je me redresse d’un coup en grognant comme un fou furieux, prêt à gnaquer celui qui essaye de me surprendre dans mon sommeil. Puis l’odeur me frappe à nouveau, la chaleur et je devine la silhouette de Charles. Mon cerveau se remet en veille, je marmonne son nom je crois et je retombe la tête sur les draps pour reprendre ma journée de sommeil là où elle en était. Le matelas bouge et s’enfonce un peu sous le poids d’un corps, les draps se froissent, je sens quelque chose appuyer un peu contre mon flanc. Je soupire.
Et mes rêves, peuplés de sang, de violence, de hurlement dans les bois, s’ouvrent comme un rideau pour me montrer un jardin. Juste un jardin, avec une jolie lune au-dessus et des grillons.

~RP CLOS~


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