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/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

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[+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]
Amduscias le Blanc
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Amduscias le Blanc
MessageSujet: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Sam 26 Aoû 2017 - 10:58

Les griffes d’argent du chat-à-neuf-queues arrachent des petits copeaux de chair bleue et noire dans ton dos et tu ravales tes crocs dans un gémissement partagé entre excitation et appréciation de cette douleur salvatrice. Tes pensées ont dépassé le cadre strict des méandres charnels autorisés par la voix de Bélial. Tu as fantasmé, tu le confesses, sur ce corps svelte et blanc aux cils immenses qui ne daignait te contempler. Tu l’as voulu, profondément, et pour cela tu devrais, tu dois le tuer. Ta nuque ploie, tes lèvres sont ouvertes après ce nouveau coup que tu t’infliges. Le bruit violent de l’arme sillonne l’air. Ta chair crépite, brûle en endroits partiels, petites écailles soulevées par la morsure du fouet jusqu’à former une toile, un réseau complexe qui cicatrise de moins en moins bien. On ne peut pas dire que tu sois doué pour la régénération, tes pouvoirs sont ailleurs. Il y a du sang sur le marbre blanc de la minuscule salle à ouverture zénithale qui te sert de lieu de pénitence et d’exorcisme, mais il y a si longtemps que tu n’y as pas ployé le genou. Tu sens que tes cheveux collent le long de ta colonne, nuée souillée. Il y a un cap à ne pas franchir, au-delà de dix-sept coups si tu ressens encore ce désir qui te mord les reins, tu devras passer…à l’étape supérieure. Mais tu es rassuré, au bout de dix coups ton cerveau t’envoie une décharge de soulagement ; tu soupires et ta chair frissonne. Il n’y a plus trace de tes obscures et terrestres envies.
Il va te falloir un peu de sang frais pour reprendre tes esprits, et quand tu te lèves ton corps en peine te fait éprouver la satisfaction d’un effort physique intense accompli. Arno t’attend derrière la porte capitonnée et enveloppe ton corps nu couvert de sang dans un peignoir de coton ample. Nul besoin de mots pour préciser que tu es affamé, cet acharnement t’a coûté beaucoup d’énergie, Arno s’empresse de te ramener une tasse de sang pur et chaud dans ta chambre pendant que tu te nettoies minutieusement, centimètre par centimètre.

- Croyez-moi Monsieur, je n’ai jamais voulu vous nuire…je me suis contenté d’imaginer que cette coïncidence vous satisferait…


Tu noues tes cheveux en une queue lâche pour les essorer entre tes mains, Arno essuyant tes jambes puis ton sexe et ton ventre dans une serviette moelleuse.

- Il ne s’agit pas d’une coïncidence, et tu es stupide de croire que le monde s’orchestre de son propre chef. Non, ce sont les hommes et les dieux qui établissent les liens entre les éléments. Cet esclave est un jouet, mais je ne sais pas encore dans quelle mesure cela peut me concerner.


- Vous devriez sonder son esprit ?

C’est vrai, il faudra que tu sois sûr avant de l’envoyer sur l’autel pour te servir de nourriture suprême. Mais pas ce matin. Tu aspires à retrouver les vagues éternelles des océans fusionnés de tes rêves, là où rien ne te parvient. Debout devant la cheminée, entièrement nu et sec, tu bois ton « café » rubis. Tu ne te sens plus troublé, ta conscience a recouvré sa vivacité et dans tes yeux aux sclères empoisonnées luit un éclat prédateur.


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Travail de longue haleine. Dans ton petit atelier-bureau, tu façonnes le moule en cire perdue qui servira de structure à la pièce principale : le chaudron. Il s’agit d’une sorte de réceptacle pour le vin ou le sang composé d’un chaudron de la taille d’une soupière et supporté par trois nâga masculins aux crânes pourvus seulement d’une queue haute aux côtés entièrement rasés. La base sera en cristal, et les nâga auront une structure extrêmement fine et discrète en or blanc en guise de squelette, sur laquelle viendront se greffer les centaines de minuscules diamants qui les dessineront. Tu as déjà manié le cristal plus jeune, aussi tu n’as qu’à solliciter les souvenirs de cette expérience pour donner vie à ta création. Il te faudra aller au laboratoire pour souffler le cristal, mais pour l’instant tu te contentes de sculpter la cire brune, lunettes sur le bout de ton nez. Tu y passes une bonne partie de la nuit et quand tu as terminé tu quittes la petite pièce pour aller prendre un encas au salon, Arno terminant le ménage.

- Je vous ai laissé le dossier sur la table basse. Vous sortez Monsieur ?

- Bien. Oui. Je vais passer voir notre invité surprise. Selle mon cheval tu veux.

- Bien Monsieur. Avec la selle de chasse ?

- Celle de course suffira.

Ton majordome acquiesce, un torchon plié sur l’avant-bras et déjà tu t’éclipses vers l’étage, feuilletant ledit dossier en accéléré, tes bottes de monte claquant sur le carrelage tandis que tu noues le flot noir qui ferme le col de ta chemise sous un gilet en cuir retourné, noir. La porte se déverrouille sur ton ordre dans un cliquetis soigneusement graissé et te laisse pénétrer l’espace qui n’a pas été aéré et qui hume toutes les odeurs corporelles du jeune homme. Les reliefs d’un repas de viande et de riz blancs sont posés sur une table de nuit. Pour des raisons techniques et olfactives, tu ne donnes pas « n’importe quoi » à manger aux futurs sacrifiés… Il s’est levé à ton approche, visiblement il ne s’attendait pas à ta venue. Tu es soulagé de constater que tu n’as plus ces bouffées d’excitation en l’observant, mais tu lui intimes une distance à respecter avec ta personne. Le dossier tombe sur le fauteuil.

- Pourquoi ai-je le sentiment que tu sens trop bon pour être comestible ? Ton dossier est impeccable, totalement satisfaisant, mais j’ai pour habitude de me méfier des choses trop lisses, trop superbes. La perfection a des revers très sales. Je sais de quoi je parle. Qu’en penses-tu ?


Demandes-tu dans une posture statuaire, rôdant autour des fenêtres de son esprit. Déjà ton puissant bras invisible examine les possibilités d’entrée, et tu ne découvres rien qui puisse t’arrêter. Pour l’instant.

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Dernière édition par Charles Asmodeus d'Ozran le Mar 3 Oct 2017 - 19:09, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Sam 26 Aoû 2017 - 16:38



Je ne m'étais extirpé des voiles rouges du baldaquin que pour me nourrir du repas que le majordome m'avait apporté, avant d'y retourner, cette fois ci allongé de tout mon long, le regard rivé au plafond. Je sentais l'attente, l'inaction et le manque d'occupation me ronger, et, lorsqu'à nouveau la porte de la chambre s'ouvrit, je me redressais pour définir l'identité de mon visiteur. Grand, blond et visiblement parfaitement imperméable, c'était Charles d'Ozran en personne qui se tenait là, devant moi.

Je ne sortais toutefois pas de la maigre protection des voiles entourant le lit, m'asseyant simplement sur mes talons pour lui faire face. Sa silhouette, parfaitement découpée dans la lumière jaune, était immobile et je ne pouvais m'empêcher d'imaginer les ectoplasmes de son esprit rôder autour de moi. J'étais préparé à une éventuelle intrusion, mais je ne pouvais me prémunir entièrement de la peur. J'avais peur de la violence dont il pouvait être capable et dont j'ignorais tout.

Malgré sa question, je m'accordais un moment de silence. Arno s'était montré fort mécontent de mon débit de paroles, aussi hésitais-je à répondre de la façon qui m'était usuelle. Lorsque le décompte mental que je m'étais accordé s'acheva, je dû toutefois proposer une réponse.

« Je ne puis répondre, Monsieur, j'aurais beau me mordre ou me lécher pour estimer moi-même mon goût, nul serpent n'est nocif pour lui-même... Doutez-vous de ma pureté, Monsieur ? Je vous assure pourtant qu'elle est intacte... A mon grand désarroi. »


Sous son regard, que je devinais oppressant plus que je ne le vis réellement, je baissais le menton, avec le pressentiment terrible d'avoir glissé du mauvais coté du terrain. Peut-être aurais-je dû m'en tenir au silence. Peut-être sa question ne m'était-elle en réalité pas adressée. Par prudence, sentant mon esprit trop inquiet pour maintenir le vide, je commençais à remplir mon cerveau de scènes rouges et dégoulinantes, de gémissements agonisants et de silhouettes démembrées...



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Dernière édition par Samael le Mar 29 Aoû 2017 - 14:30, édité 2 fois
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Amduscias le Blanc
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Amduscias le Blanc
MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Lun 28 Aoû 2017 - 22:01

- Te mordre et te lécher, que voilà de drôles d’idées. Sache qu’en ma qualité je me dois d’être le sceptique par excellence, mais je ne doute pas de ta très immaculée virginité. C’est une chose que je peux sentir, aucun homme n’a posé ses mains sur toi, c’est une certitude qui te ronge. De plus, ton dossier stipule que tu n’es jamais tombé malade, que pourrais-je espérer de mieux ? N’est-ce pas…

Ton ton descend dangereusement dans les graves tandis que tu t’incarnes auprès de la créature reptilienne assise sur le lit. Cette position n’est pas commune, les esclaves se prosternent devant toi ou bien se ruent pour te frapper, chose qui leur est impossible dès lors que tu les tétanises d’une pression du pouce dans leur très, trop faible cerveau.

- Une chose encore me chiffonne et la voilà, toute simple : ton nom. Il est inusuel voire désuet de nommer un esclave par le patronyme d’un Dieu Démon, et je ne parviens pas à saisir pourquoi tu porterais une telle marque de préciosité. Qui a bien pu le faire.


Cela t’agace, ne pas savoir, être le dernier maillon de la chaîne, celui qui réceptionne le mystérieux colis, car il est évident que cet humain a plus de valeur que tu ne lui en donnes actuellement. As-tu seulement le droit de le sacrifier ? Si Bélial se rendait compte que tu as éventré une créature portant le nom de son fils alors…tu pourrais perdre tous tes pouvoirs ? Tu ne sais pas, cette extrémité ne t’est jamais venue à l’esprit, il n’y a jamais eu de dilemme ou de complexité dans le sacrifice humain, jusqu’à présent. Ton regard est si dur qu’il broie tout sur son passage, notamment cette frêle silhouette dont le kimono lâche dégage une épaule de lait.

D’une main gantée du cuir de la monte, tu saisis son petit menton entre pouce et index et lui fais lever le visage vers toi, tournant sa tête de droite à gauche sans ménagement pour le forcer à te regarder et à te dire la vérité toute la vérité s’il la cache encore, et tu ne résistes pas à l’idée de vérifier par toi-même. Ton puissant pouvoir de charme l’engourdit presque dans la seconde qui suit et tu sens s’amollir son port dans ta poigne, ses yeux ciller beaucoup plus longuement et son corps s’avachir sur son assise éduquée. Doucement, oh combien doucement tu pousses la porte pas même close de son esprit et te faufiles, serpent sournois, dans les salles de ce vaste et nouvel endroit. Au premier abord tu ne rencontres aucune difficulté mais un curieux sentiment te saisit… il n’y a rien. Comme si on avait volontairement tout effacé, tout mis hors de ta portée. Ce qui te rend furieux. Tu forces toutes les portes mais l’organisme auquel tu t’attaques est préparé, il riposte et te voilà pétri de confusion au centre d’une nuée de scènes de massacres qui n’appartiennent pas à l’hôte. Ce ne sont pas des souvenirs, ils n’ont ni leur odeur ni leur forme, ce sont…des images fabriquées pour te chasser de là et t’empêcher d’accéder aux portes du fond. Parasité, tu frappes violemment dans cette fange sanglante avant de t’extirper comme le Diable sort après une possession.
Tu es légèrement « essoufflé » et tu as laissé des traces rouges sur le si joli visage en face de toi. Tes yeux se plissent davantage, tu es une menace à part entière maintenant que tes crocs sont sortis, preuve de ta colère.

- Où as-tu appris à faire ça… ?

Il devra répondre vite à cette question s’il ne veut pas recevoir une violente gifle mentale. Après tout si tu ne peux accéder à ses souvenirs et à sa conscience, tu peux toujours le soumettre à ta volonté.

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mar 29 Aoû 2017 - 16:11



L'apparition de la statue d'opale, sévère figure s'imposant entre les voiles, me fit retenir mon souffle. Je supposais, à la tessiture descendante de sa voix, que l'agacement naissait en son âme, et je m'appliquais donc à agir avec d'autant plus de déférence envers lui, me laissant manipuler comme une chose, tâchant de me montrer souple dans les mouvements de tête qu'il m'imposait. Il ne fallut que peu de temps pour que je détecte, sous mon crâne bien propre, la présence d'une volonté étrangère, et je laissais Charles d'Ozran effectuer sa première visite dans mon esprit. J'étais bien incapable de l'en empêcher, encore moins dans l'état un peu mou et étrange que m'imposait certainement son pouvoir.

En silence, la tête un peu plus appuyée contre les deux doigts gantés qui me tenaient le menton, je patientais calmement le temps que le félon termine sa promenade impalpable, certain que la fouille se déroulerait sans encombre... Jusqu'à ce qu'un grand coup soit assené au creux de mon esprit, me faisant rouvrir les yeux dans un soubresaut pour faire face au visage déformé du vampire. Troublé, il me fallut un temps pour remettre mes idées à leur juste place car, l'espace d'une seconde, la violence avec laquelle Charles s'était extirpé de moi m'empêcha de former une pensée claire.

Je me retenais de porter une main à mon visage où l'empreinte des doigts gantés me chauffait la peau, et rivais mes yeux sur l'abominable faciès de marbre craquelé dont l'impassibilité semblait quelque peu céder la place à une émotion des plus dangereuses, compte tenu de celui qui me faisait face. C'était la première fois que je voyais un vampire tourner ses crocs vers moi, et, si je peinais à décrocher mes yeux de ces deux appendices, la voix grave de Charles me détourna de la contemplation de son visage.

Répondre, vite. La question était simple, elle faisait partie de celles auxquelles j'avais été préparé. Toutefois, bien malgré moi, je perdis un peu d'aplomb dans la manœuvre. Sans doute la faute à l'infâme pouvoir de charme que possédait cette créature de pierre pâle, je sentais, sous ses yeux aberrant, le rouge me monter aux joues, et je me retrouvais incapable de soutenir son regard plus de quelques secondes.

Je baissais lentement le menton, et crispais légèrement mes doigts sur le tissu blanc de mon kimono, sur mes genoux. Ma voix était parée d'une teinte honteuse, que Charles pouvait tout à fait attribuer à l'aveu qui allait suivre. Pourtant, il n'en était rien : mon embarras trouvait sa source dans le trouble déplacé qui m'agitait, face à l'impie.

"Pardonnez-moi, Maître, j'ai toujours eu très mal au crâne quand quelqu'un rentrait dans ma tête, et j'ai, depuis tout jeune, très vite essayé de trouver des moyens pour minimiser l'impact de ces... agressions. Peu de gens aiment ce que vous avez vu, et mes instructeurs, las de s'infliger mes... penchants, ont fini par espacer leurs visites, pour finalement les arrêter. Il m'est impossible de me défaire de cette habitude... Peut-être puis-je y travailler, mais je crains que chaque visite surprise de votre part ne déclenche ce genre de... désagréments."

Je marquais une pause, pour relever mon regard sombre vers lui, avant de continuer, profitant du temps de parole qui semblait m'être accordé.

« Quand à mon nom... Si l'entité qu'il vous inspire vous indispose, Maître... Pourquoi ne pas le changer ? »

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Dernière édition par Samael le Mar 29 Aoû 2017 - 23:10, édité 3 fois
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Amduscias le Blanc
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Amduscias le Blanc
MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mar 29 Aoû 2017 - 22:14

Ton acquisition n’est peut-être pas si stupide que ça au final, en t’appelant « maître » avec ce timbre de voix parfaitement engagé dans la soumission, elle pourrait presque gagner quelques points sur la très rigoureuse échelle de ta magnanimité. L’histoire qui t’est servie te laisse encore plus songeur, tu n’as jamais entendu parler d’esclaves luxueux vendus avec des problèmes à ce niveau, d’autant qu’Arno et Romero après lui savent que tu as une nette préférence en ce qui concerne l’intrusion mentale. Le dossier ne stipule pas cette « faiblesse » et ce délire que tu as rencontré derrière les yeux sombres de la créature. Tu suis du regard ses trois cornes, de leur base à leur pointe légèrement recourbée ; en quelle matière sont-elles ? En kératine ? En os ? Tu es distrait, mais tu ne perds pas une miette du débit de phrasés de l’hybride. Il n’a vraiment rien pour te plaire : ce n’est pas un humain pure souche, il est brun, son dossier te semble volontairement évasif sur ses origines et son suivi, et il est apparemment atteint d’un sérieux trouble qui fait jaillir des montagnes d’immondices sur le trop-curieux démon que tu es. Tu n’en finis pas de questions tues, de sous-entendus du regard. Finalement tu as relâché ce visage exquis et tu vas vers la fenêtre à barreaux de la pièce.

- Je n’ai encore jamais eu affaire à de telles visions, mais qu’elles soient un réflexe ou un mécanisme appris, je percerai leur mystère. C’est une certitude.


Rien ne résiste à ton esprit n’est-ce pas ? Matière ou non. La fenêtre s’ouvre au gré de ta main, bien physique celle-ci, tu n’es pas doué pour la télékinésie, elle te fatigue rapidement. L’air frais de la nuit caresse ton visage et vient atténuer le florilège d’odeurs trop humaines qui ont envahi la pièce depuis le soir. La masse neigeuse de tes cheveux ondule paresseusement, et quand tu te retournes, tes yeux sont plein de désir chaud, brûlant. La morsure du fouet est comme un tiède souvenir au-delà de ta perception, et pour la première fois depuis fort longtemps ton bel équilibre statique est effleuré par une brise que tu ne maîtrises pas.

- Quant à ton nom….
– ta vitesse te permet d’être à lui dans la seconde, ton gant pressant ton pouce contre sa bouche qu’ainsi tu peux éprouver. – il est hors de question d’imaginer t’en séparer. Maintenant sois gentil, Arno t’expliquera les raisons de ta présence ici sous peu.

La porte claque sur tes talons de cavalier, il n’y a nulle raison pour que tu t’attardes davantage. Samael, O Samael, quelle ombre fais-tu donc planer sur cette maison si tranquille.

---------------------------

- Monsieur, Monsieur Leodor a appelé, il souhaiterait vous rendre visite afin de marquer le jour de votre anniversaire. Il a un présent pour vous a-t-il dit.


Tu es tout à ta lecture sur ta tablette tactile, tes petites lunettes de joaillier sur le bout du nez, en soie rouge ouverte sur tes jambes musculeuses quand Arno s’adresse à toi, portant ton éternelle tasse de sang chaud accompagnée de son macaron au café. Disons que c’est là le seul « repas » que tu daignes prendre dans la journée entre les cérémonies qui chargent ton pouvoir au maximum. Ton index à la chevalière glisse pour faire défiler les articles ; une étude d’un brillant archéologue ayant étudié l’importance des bijoux funéraires dans les rituels païens.

- Je doute que son opération séduction porte ses fruits. La cérémonie a lieu demain, concentrons-nous davantage sur cette priorité.


- Mais…sans vouloir insister, Monsieur, il n’a pas demandé votre confirmation…Si j’ose dire il s’est invité lui-même, vous savez comment il est.


Tu fermes les paupières pour vider ton esprit qui commence à se remplir de contrariété.

- Notre hôte t’a-t-il parlé ?

Arno n’a pas l’air de comprendre ton changement de direction, mais il s’y plie, de toute façon il n’aime guère Empuse non plus. Il tourne méthodiquement une cuillère dans ta tasse, debout à ton côté.

- Il n’a dit que des choses banales, Monsieur. Il n’a pas l’air d’être effrayé à l’idée d’être amené sur l’autel demain, il n’a pas posé de questions, il…


- Il ?

- Il a demandé après vous, naturellement.

Tu rouvres les yeux et tends la main pour saisir la petite tasse en porcelaine de Chine. Les vapeurs te font du bien, les nuits sont éprouvantes ces temps-ci.

- Naturellement.

Lorsque tu bois, tu imagines plonger profondément une lame dans sa gorge délicate. Elle s’ouvrirait comme une fleur de lys sur un matin confiant, abandonnée, vierge. Toute cette impie méditation t’éloigne de tes sens et tu n’entends pas les pas de pieds nus dans le couloir, pas qu’un Arno trop imprudent aura laissés filer au-delà de l’espace dédié. Une porte aurait-elle été mal fermée ?...

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mer 30 Aoû 2017 - 11:03



La fenêtre ouverte par la main de Charles laissa entrer un courant d'air qui parti s'enrouler aux voiles qui m'entouraient, substituant le vampire à ma vue à intervalles irréguliers et imprévisibles. Plus imprévisible encore fut le retour du félon vers moi, le cuir couvrant ses doigts l'autorisant à me toucher. Hypocrite créature qu'il était, le Comte d'Ozran, avec ses yeux d'or allumés d'une flamme pécheresse qu'il n'aurait pas dû s'autoriser, avec son pouce contre mes lèvres qui trahissait une envie répréhensible.

Hypocrite et couard, puisqu'il tourna les talons sans me donner la chance de le retenir, me laissant là, sur mon lit, empourpré par l'injuste chaleur qui me grignotait le corps.

Bien heureusement, l'arrivée du chauve ne tarda pas, et me dévia l'esprit de la terrible obsession qui menaçait de s'y enraciner. De quoi aurais-je l'air si, en voulant à nouveau naviguer dans mon esprit, Charles d'Ozran se trouvait confronté à une vision de lui-même dans une position fort peu acceptable par sa religion ?...

¤

Seul dans la chambre sans âme que j'habitais, je songeais à l'immense détresse que devaient ressentir les innombrables sacrifices qui se voyaient annoncer leur destin par Arno. Si je m'étais montré sagement résigné à mon sort lorsque le chauve me l'avait décrit, certain à ce moment là que Charles d'Ozran ne saurait se résoudre à me trancher la gorge, à moi qui avait été conçu pour lui, je commençais toutefois à éprouver une pointe d'anxiété, bien cachée tout au fond de mon esprit.

Charles d'Ozran n'était plus venu me voir.

Une journée entière s'était écoulée sans qu'il ne daigne réclamer ma présence, alors, lorsque Arno m'apporta mon déjeuner, je fis tout ce qui était en mon pouvoir pour le déranger dans sa routine et lui faire oublier de verrouiller la porte de ma chambre. Si Charles d'Ozran ne voulait pas venir à moi, ce serait donc à moi d'aller à lui : ma survie en dépendait.

Pieds nus, vêtu du seul vêtement que je possédais, les cheveux réunis dans une tresse lâche qui roulait sur mon épaule, j'interrompais mes étirements. J'étais déjà bien assez souple, et l’élasticité de mes muscles ne me serait plus d'aucune utilité si j'étais amené sur l'autel. Alors, à pas feutrés, je m'approchais de la porte de ma chambre et y collais mon oreille blanche pour essayer de détecter les pas du sévère majordome. N'entendant rien, je posais une main sur la poignée en arabesques cuivrées pour l'ouvrir, y mettant toute ma délicatesse pour n'en tirer le moindre bruit.

L'instant d'après, j'étais dehors, humant l'air du couloir. Je ne connaissais que le chemin de la salle de bain, celui menant au grand hall ainsi que le couloir qui m'amènerait à passer devant le salon où j'avais vu Charles d'Ozran pour la première fois. Par aucun de ces chemins je ne pouvais être assuré de croiser le maître des lieux et, pire encore, j'estimais avoir de fortes chances d'y être surprit par le majordome avant même d'avoir pu atteindre Charles. Je partis donc dans le sens inverse à celui qui m'était familier : à ma droite.

Sur la porte des pieds, je marchais lentement afin de minimiser au maximum l'impact de mes pas sur le sol, et, tout en scrutant les détails des portes, j'avançais dans le long couloir, passant un coude qui m'amena devant une porte, à l'extrémité de l'élégant boyau. Mes yeux passèrent sur la poignée qui, par la légère inclinaison qu'elle avait vers le bas, me sembla être utilisée quotidiennement. Je baissait davantage le regard pour observer le pas de la porte, et, aux petites égratignures qui décoraient le cuivre au sol, j'estimais qu'un passage régulier était fait à cet endroit.

Etais-je devant la chambre de Charles, ou devant celle de son majordome ?...

Rien ne me permettant de le deviner en restant planté au milieu du couloir, je m'avançais pour ouvrir la porte, et la refermait doucement derrière moi, dans un infime cliquetis. La pièce, plongée dans la pénombre, ne portait aucune trace d'odeur corporelle qui me soit possible de détecter. J'avançais prudemment, le temps de m'habituer à la pénombre, et trouvais un interrupteur mural qui, à son activation, me dispensa de l'obscurité, au prix d'un léger crépitement électrique. La lumière me dévoila une chambre qui, par ses couleurs et les quelques objets qui la peuplaient, ne laissaient aucun doute sur son propriétaire.

Charles d'Ozran, de part les teintes de sa chambre et celle du peignoir de soie dans lequel je l'avais vu, semblait fortement épris de la couleur rouge.

Mon regard s'attarda sur le collier d'animal qui scintillait au sol, avant de venir se poser sur les moulures de son lit. Un mince sourire m'étira les lèvres devant les moulures serpentaires, et je me penchais sur le grand lit aux draps luxueux, défaisant l'épaisse couverture qui le recouvrait pour plonger mon nez dans les oreillers moelleux. Les doigts enfoncés dans la texture molle, j'inspirais profondément, à genoux sur le lit de Charles d'Ozran, avant de relever la tête d'un air fort déçu.

Cet homme était-il vraiment fait de marbre, pour ne laisser derrière lui que si peu d'effluves ?

Me redressant, je tapotais légèrement les oreillers pour les remettre en ordre. Je n'avais plus qu'à attendre le retour du vampire, et faire en sorte qu'il m'accorde la parole.



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Amduscias le Blanc
MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mer 30 Aoû 2017 - 11:49

Ta chambre est ton sanctuaire, une sorte de barrière imaginaire y flotte, juste sous la porte, aussi si quelqu’un y pénètre qui ne soit pas Arno, ton esprit s’anime comme si on y tirait une sonnette d’alarme. C’est ce qui se produit à l’instant même où tu termines ta tasse bouillante. Ton majordome l’a senti aussi, s’il le pouvait il s’encastrerait dans le mur pour éviter les insultes en Langue Noire que tu profères tout bas à son égard et dont tu sais qu’elles lui font plus de mal que des coups bas psychiques. Ta langue siffle des menaces qui terrent ton homme de main dans le mutisme extrême, tandis que comme un éclair sanglant tu quittes le confort de ta cheminée et de ton fauteuil pour gravir en un coup de canon les marches de l’escalier séculaire, cognant le mur sous l’effort et le virage mal négocié une fois à l’étage. Le manoir tremble, écho de ta colère. Tu passes devant la chambre-cellule : vide, la porte est ouverte et les effluves de Samael te dessinent un chemin tout tracé, si…provocateur. Tes pas se transforment en orage quand tu arrives devant ta propre chambre, claquant le battant de bois une fois à l’intérieur. La créature est sur ton lit, les draps sont ouverts, les oreillers dérangés malgré le soin qu’on aura mis à faire comme si de rien n’était, son regard se pose sur toi en dépit de la crainte qui s’imprime en frissons sur sa peau. Tu veux le tuer. Sur le coup tu veux le tuer brutalement et sans prévenir, mais tu n’obtiendrais pas la satisfaction tant attendue. Les morts rapides sont douces-amères, l’agonie prévaut. Ton peignoir n’a pas résisté à l’ascension mouvementée des salles du manoir, il est largement ouvert sur ton torse, entre tes cuisses, ta peau lacérée de balafres bleues et noires - selon le stade de nécrose qu’elles avaient atteint – n’est plus dissimulée.

Que vas-tu faire, Charles ? Tu ne laisserais personne te mettre dans une telle rage, si ce n’est…Drake. Ton chien. Il n’est plus là, oublie-le. Ta clémence à son égard n’a fait que favoriser sa fuite. Ton chien…

Samael ouvre la bouche et reçoit sa sentence. La gifle mentale est acide, elle le met directement à genoux. C’était facile, Drake était nettement plus résistant à ce niveau, tu t’amusais plus longtemps, mais tu n’as pas envie de t’amuser ce matin, tu veux être obéi. Deuxième claque, puissant courant électrique dans sa tête, et le temps qu’il riposte avec ses chimères dégoulinantes tu es sorti et tu l’as jeté sur le lit comme on se débarrasse d’une mouche agaçante du revers de la main. Ça y est, tu te défoules, les mots reviennent.

- Beaucoup ont avant toi essayé de s’échapper d’ici, mais c’est chose vaine. Plus encore quand tu commets l’insolente bêtise de venir te vautrer dans mon propre lit. Tu n’aurais pas pu trouver meilleur endroit pour dévoiler ta présence.


Tu es trop patient, il va falloir que tu prennes tes esclaves tout juste la veille des cérémonies ; tes dernières acquisitions te causent bien du souci. Debout près du lit, les formes insidieuses du serpent sous son kimono défait rappellent tes fantasmes réprimés dans le sang et ta faiblesse te répugne. Pour cela tu mords à pleines dents dans sa chair, lui donnant l’illusion palpable d’attaquer le blanc de sa cuisse après avoir arraché son unique vêtement, ce que tu fais pour de vrai, découvrant alors son insupportable beauté.

- J’ai le sentiment que tu ne fais rien par hasard, cependant…Ou bien es-tu un petit inconscient décérébré ? Je peux t’ôter facilement tout état de conscience si tu continues de te montrer aussi intrusif


Ta voix se fait caverneuse sur les derniers mots, decrescendo d’outre-tombe, mais déjà tu en révèles trop sur l’effet que produit ton colis piégé sur toi.

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mer 30 Aoû 2017 - 13:41



De l'ouragan doré et noir, je ne distinguais que la silhouette, enveloppé de rouge. Je n'eus nullement le loisir de m'attarder sur lui, bien que la soie qui le couvrait soit suffisamment défaite pour me donner fort à voir. En d'autres circonstances, la vue de ce corps mi-dévoilé m'aurait poussé vers des pensées bien indécentes. Cependant, j'eus à peine le temps de m'étonner de l'attraction que je pouvait éprouver pour un corps si abîmé, que déjà un vaste déchirement se faisait sentir dans mon esprit. Mis hors d'état de nuire en moins d'une seconde, je remplissais mon esprit d'infâmes créatures avec un temps de retard, et m'affalais sur les draps, le corps prit d'un terrible frisson.

Incapable pourtant de dévier mon regard de celui du grand dévoreur qui m'accordait ses mots.

Durant les quelques secondes de répit qui me furent accordées lorsqu'il prit la parole, j'échouais à esquisser le moindre mouvement, et comprenais alors que l'effroi m'avait saisi bien avant que Charles d'Ozran n'ouvre la porte de sa chambre. Peut-être m'avait-il neutralisé dès lors que le martèlement infernal de la course du vampire était parvenu à mes oreilles.

Fin de l'entracte.

Dans une ombre qui me fit cligner des yeux, je vis la main d'ambre du vampire se refermer sur le tissu de mon Kimono. Celui-ci me fut arraché de la plus violente des façons et, alors que je me tordais pour m'en extraire sans être blessé, j'entendais les coutures céder. L'amertume n'eut pas le temps de m'empoisonner le cœur car, alors que je repliais une cuisse sous mon ventre pour tenir mon entrejambe à l'abri du regard fou, je sentis la brûlure cuisante de quelque chose qui s’enfonçait dans ma chair.

En baissant mes yeux sur l'endroit concerné, mes yeux s'écarquillèrent sous la terreur. Je voyais, pour la première fois, la couleur de mon sang couler sur ma peau, et seule la peur paralysant ma gorge me préserva de pousser un cri.

Pitoyable et écrasé par l'impalpable aura de Charles d'Ozran, un bras toujours prit dans mon vêtement emmêlé, la dernière menace du vampire me secoua suffisamment pour me faire réagir, et je pris la parole dans la précipitation. Mes oreilles apprécièrent le dégradé grave de la voix du félon sur ses derniers mots, et je n'osais esquisser le moindre geste pour le moment, restant ainsi, la joue enfoncée dans l’édredon. Je ne bougeais qu'à peine la tête, pour poser mes yeux sur le visage d'opale, dépouillé à présent du stoïcisme qui aurait dû former ses traits.

« Maître ! Maître d'Ozran !... Je n'ai pas le désir de me soustraire à mon destin ! Ce n'est pas la fuite qui motive ma présence dans votre chambre... »

Entendant la voix déformée par laquelle je m'exprimais, je me mordis les lèvres, honteux des infâmes coassements qui trahissaient ma détresse. Sous le regard anxiogène de Charles d'Ozran, j'osais me redresser légèrement, et je déplaçais lentement mes doigts pour les poser sur ma cuisse souillée de mon sang, tout en reprenant la parole d'une voix que je voulus plus maîtrisée.

« Vous avez décidé de l'heure de mon trépas, et il ne me reste qu'une journée à vivre, Maître. Vous n'êtes pas revenu me voir, alors j'ai pensé... Je pensais venir à vous pour que... J'imaginais que peut-être, si je m'y préparais, vous pourriez pénétrer mon esprit sans être assailli par... Vous savez. Vous avez dit vouloir percer cette barricade. Vous ne pourrez plus le faire, quand je serais mort. »

Je terminais dans la hâte, tout en glissant un regard vers mes doigts. Alors que je les relevais et les amenait à ma langue dardée hors de ma bouche, un tressautement agita mes lèvres et je contenais difficilement un rictus. Aucun goût. Il n'y avait pas de sang.

Cette morsure n'était qu'une illusion.


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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mer 30 Aoû 2017 - 17:15

- Je ne crois pas que tu éprouves le moindre plaisir à me sentir dans ta tête, quel intérêt aurais-tu à m’y attirer ? Tu te moques de moi effrontément, tellement effrontément. Je ne suis ton maître que pour quelques heures encore, et je ne suis pas « ce genre de maîtres », tu en es informé. Tu n’es là que pour alimenter le sabbat.

Plus tu t’avances dans ta répartie tranchante comme une dent de dragon, plus tu réalises que l’extrémité à laquelle tu le voues te distance. Vas-tu réellement te séparer de cette créature de rêve dont le mystère te chatouille comme une plume tordue dans un oreiller ? Tu as si peu de distraction, ton existence est si millimétrée, si ordonnée que le chaos auquel il t’invite est une tentation d’autant plus douloureuse. Bélial est aveugle, heureusement, il ne doit pas « voir » ton âme noire se teinter de rouge désir. Tu commettrais l’irréparable ? Le parjure et le blasphème ? Tu te compromettrais pour satisfaire ta soif de ce corps, de cette âme dont tu voudrais vérifier qu’elle est bien divine ? Le ferais-tu, Charles… ? Tu n’es pas si faible, tu n’as jamais fait preuve de concupiscence, oh si peu, mais tu as fait disparaître les preuves, par l’eau, par le feu, par la terre.
Nul ne saurait te dénoncer qui n’aurait pas lui-même péché.

Tu aimes qu’il t’appelle « Maître », « Maître d’Ozran », cela sonne comme une supplique libidineuse et tu n’y es pas si sourd. Tu montes un genou sur ton lit et Samael se retient de bouger. Tu n’as pas besoin de charme pour le clouer aux draps, ses yeux de serpent vibrent de fascination terrorisée. Tu aimes cela. Tu es excité à la simple idée qu’il craigne ton prochain acte, ta prochaine parole. Ta main droite aux ongles longs remonte sur sa cuisse, celle que tu as mordue en illusion.

- Tu n’es pas un cadeau. Samael n’était pas un cadeau pour son père, mais un fardeau considérable, et l’assurance qu’il se ferait détrôner par sa propre chair. Alors, ne songe pas même à la possibilité de me faire basculer, tu tomberais avec moi.


Le toucher est une brûlure, tu ôtes ta main comme si tu venais d’être en contact avec de l’argent liquide et regarde ta paume. Elle est blanche, intacte, pourtant tu as mal. Dans le petit chevet ouvragé tu attrapes tes gants et les enfiles précautionneusement puis tu soulèves par le bras l’esclave désormais nu qui se raccroche à quelques lambeaux de kimono. Tu les défais, lui imposant la nudité avant de le conduire à travers le manoir jusqu’à Arno qui a fini par monter en te sentant te mettre en branle. Tu tiens ta proie par le poignet et siffles comme un serpent à ton majordome.

- Nourris-le puis attache-le en bas. Nu. Sans lumière. Et s’il parle bâillonne-le. Notre petit compagnon a besoin qu’on lui rappelle qu’il n’est qu’une bouchée apéritive dans ce monde.


Tu lui jettes l’humain dans les pattes et il acquiesce pour obtempérer. Arno n’aura guère de punition aujourd’hui, tu ne peux pas être ingénieux sur deux supplices à la fois, et cette agitation t’a fatigué.
Mais avant d’aller dormir tu vas devoir expier…les queues à pointes d’argent font résonner un râle de plainte étouffé par la porte capitonnée derrière laquelle tu subis ta déviance.

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mer 30 Aoû 2017 - 20:31



J'ai eu de nombreuses heures pour ruminer mon échec, de trop nombreuses secondes ont fissuré la haute estime que je me portais jusqu'alors. Nu et frissonnant, recroquevillé dans l'un des angles de mon cachot, je m'étais réfugié sur une minuscule parcelle pavée moins humide que les autres. Mes dents avaient fini par cesser de claquer entre elles, scellées par l'amère humiliation qui figeait mes traits dans une expression dure. J'avais échoué à ma tâche, et ce avec une rapidité extraordinaire : en deux entrevues des plus brèves, j'avais réussi à me faire jeter dans un lieu où je n'avais plus aucune chance de croiser le chemin de Charles d'Ozran.

Cette infâme félon s'était montré bien plus suspicieux que prévu et, malgré les quelques signes d'attrait que j'avais cru déceler dans son regard de métal précieux, il ne m'avait pas laissé le moindre interstice où m'engouffrer pour le charmer.

J'allais mourir comme le plus insignifiant des insectes.

Cette certitude fit bouillir mon sang dans mes veines, tant il me semblait injuste qu'un être tel que moi voie son existence avortée, et j'expérimentais, pour la première fois de ma vie, une puissante envie sanguinaire. Je n'étais que haine, colère, orgueil... et le bouillon noir de mes humeurs ne fut dilué que par l'arrivée du majordome chauve. Qu'il était laid, lui et son crâne dégarni, son vieux visage fripé et sa ridicule carrure de gorille sans grâce ! Assuré de mon trépas imminent, je lui crachais mon venin au visage dès lors qu'il me releva par un bras pour me traîner à la salle de bain.

« Quel genre d'animaux êtes-vous, pour traîner votre repas dans la boue avant de le consommer ? »

Je ne récoltais, pour toute réponse, que son silence sévère et un regard de haut. L'instant d'après, alors qu'il me poussait vers la cuvette des toilettes, je fus gratifié d'une dose d'humiliation supplémentaire en comprenant qu'il attendait que je me vide les intestins, et ce sous sa surveillance. Furieux et rouge comme une tomate trop mure, je persiflais pour me donner contenance.

« Que craignez-vous, à rester planté là ? Que je m'échappe par le siphon ? Que je m'étouffe avec du papier triple épaisseur... ? »


Mon insolence ne me valu pas davantage d'intimité, mais je reçu un savonnage plus poussif et décapant encore que lors des précédents bains qu'il m'avait fait prendre, et je me focalisais sur ma colère.

Pour ne pas fondre en larmes.

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mer 30 Aoû 2017 - 21:33

Tu tombes presque dans ton lit après ton expiation, ta chair a du mal à se refermer tant tu as fracassé ton dos ; les crochets du chat-à-neuf-queues sont encore couverts de sang mais c’est Arno qui s’en chargera. Arno qui vient te nettoyer, appliquer un onguent cicatrisant sur tes blessures…le sabbat arrive à point nommé, tu as besoin de forces, et pourtant…ta décision ne t’aidera pas à en recouvrer. Le dos bandé, les yeux cernés, tu t’effondres dans un sommeil profond et sans relief autre que celui de tes vagues et de leur berceuse monotone. Arno reste à ton chevet, il sait que tu t’apprêtes à faire une bêtise, une bêtise en ton seul nom, aucun dieu n’est mêlé à ce choix, tu veux seulement satisfaire la frustration de 90 ans d’existence enfin remuée par une toute petite chose lotie dans ton cachot.

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Armand – Empuse de son nom de cérémonie -  t’a offert une voiture. Une Dodge custom de 1946, la belle allemande. Une de plus dans ta collection mais à vrai dire tu te contentais de la française et de ses atouts. L’allemande devra faire ses preuves. Tu n’aimes pas la nouveauté ou le changement, tu as tendance à n’aimer que ce que tu as choisi, et ce qu’on t’offre te laisse toujours en marge de la parfaite satisfaction. Vous ne vous aimez pas et ce depuis toujours, et pourtant vous buvez un « café » ensemble dans ton salon. Tu ne « bavardes » pas, tu n’es pas le grand patron des conversations, surtout chez toi, surtout contraint ; tu n’as rien à prouver à cet homme qui a manipulé ton père sans se révéler et qui l’a poussé à se décrédibiliser au sein du culte. Tu le hais cordialement, mais il ne faudrait pas grand-chose pour que tu supputes le tuer.

Ce n’est pas un jour que tu considères comme spécial en dehors de la lune rousse qui brille dehors. Tu as beau être né ce jour, ta mère est morte pour te donner la vie, et tu n’as jamais fêté ton anniversaire, ou si petit que tu n’en as guère de souvenirs. Ton père ne voulait pas t’attacher à des rites stupides en sachant que tu deviendrais bien vite immortel. Alors les heures s’écoulent froidement, grains de glace pilés.

Quand la comtoise du salon se réveille, il est 23h. Les « invités » vont bientôt arriver et tu dois encore te préparer. Tu proposes à Empuse de se changer dans une des chambres de l’étage, celle qu’il a pu occuper par le passé, et tu t’éclipses afin de prendre une douche. Tu fermes ton esprit, fais le vide, te concentres sur l’essentiel : le crime que tu t’apprêtes à commettre et que rien n’effacera. Tu le fais par égoïsme, mais également car tu crois intensément que c’est un message personne que t’adresse ton dieu : prendre soin de son « fils ». Mais il y a mieux, tu vas leurrer ce ramassis d’aveugles, leur donner une leçon, leur offrir un tour qu’ils ne sauront lire, et ça n’a pas de prix. Propre et parfumé, tu enfiles le manteau rouge par-dessus une longue tunique noire, ainsi que tes gants de velours. Brille le diamant de ta chevalière. Il te reste une dernière chose à faire, et pour cela tu gagnes la chambre-cellule où un serpent survolté t’attend, il ne manquerait plus qu’il se mette à siffler et le tableau serait absolument cocasse. Alors qu’il ouvre la bouche tu le fais taire d’un tour mental en glissant ton index devant tes lèvres closes. Non, tu n’as pas envie de regretter ton choix en l’entendant jacasser qu’il voulait telle ou telle chose. La toge blanche longue le rend plus angélique que jamais, lui qui porte un nom de démon, et tu franchis les pas qui vous séparent sans aucun autre bruit que celui du tissu et que tu ne contrôles pas. Ce même index qui voilait tes lèvres un instant plus tôt échoue sous son menton et le force à lever la tête pour te regarder, toi qui ne cilles jamais.

- Ne gâche pas tout maintenant. Je ne veux surtout pas t’entendre déblatérer. Mais le plus important : n’avale pas.

Doucement tu soulèves le bas de ton gant au niveau du poignet, avec les dents, et tu mords dans ta veine pour en extraire une gorgée, juste une petite gorgée. Tu gardes en bouche le précieux liquide dont tu fais cadeau à Samael par le biais d’un baiser qui te brûle les lèvres. Le sang passe, tu sens l’écœurement agiter sa luette et plus profondément son estomac, mais s’il est trop faible pour supporter cela, alors il mourra, et tu te seras trompé. Une goutte écarlate perle à sa commissure et tu viens l’essuyer du pouce, vérifiant qu’il n’a pas l’air d’un vulgaire hamster qui cacherait quelques graines. Ses joues sont rouges, et tu es ravi qu’il ne puisse protester.
L’heure est venue à présent.

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Jeu 31 Aoû 2017 - 12:56



Propre et drapé dans le vêtement le plus sobre qu'il m'avait été donné de porter jusqu'à ce jour, j'attendais le retour du chauve qui m'avait ramené au cachot en attendant que vienne l'heure de me faire descendre sur leur maudit autel sanglant. Je me tenais debout, ayant résisté à la tentation de me rouler au sol pour saboter le travail de propreté qu'Arno avait effectué sur ma personne, au beau milieu de la cellule. Je me refusais à mourir sans panache, comme un lâche, en suppliant vainement et nez contre terre que l'on m'épargne. Je quitterais cette terre sans larmes et sans cris, sans donner à Charles d'Ozran la satisfaction de me voir dépouillé de la fierté qui m'habitait.

Je préparais quelques piques cinglantes à envoyer au majordome, et quelle ne fut pas ma surprise lorsque ce fut l'abondante chevelure blonde de Charles d'Ozran qui se présenta à moi, au lieu d'un crâne dégarni. J'ouvrais la bouche pour tenter un dernier acte de charme, mais le doigt qu'il posa sur sa bouche de pierre m'intima le silence, sans efforts. Quelque chose d'inavouable me cogna dans la poitrine, et, alors qu'il imprimait sur mes rétines l'abominable couleur de ses yeux, j'échouais à conserver le visage fermé que je gardais pourtant sans efforts en la présence d'Arno.

Les mots, les crocs, le rouge du sang d'Ozran.

Un baiser, que je ne puis apprécier car, à peine les lèvres froides du vampire se plaquèrent-elles contre les miennes, je sentis couler contre ma langue quelque chose de chaud que mon corps se refusa à avaler, conformément à la demande de Charles. L'une de mes mains se releva pour effleurer le vêtement cérémonieux dont s'était vêtu mon bourreau, et je cillais en refermant précipitamment la bouche lorsque la sienne me quitta, pour ne pas répandre son sang sur mon menton.

Une fois de plus, mon visage se para de pourpre : en moi s'agitait l'espoir de survivre. Quelque chose dans l'attitude du vampire d'opale me donnait un ridicule et honteux sentiment de complicité, et je maudissais alors les mécanismes de mon cerveau, près à tout pour adoucir mes derniers instants. J'ignore encore aujourd'hui si Charles d'Ozran utilisa son pouvoir de charme à ce moment là, mais je me fis docile et, hochant doucement la tête, réduit au silence, je baissais les yeux pour lui confirmer que je m'en tiendrais au calme.

Le savait-il, Empuse, que le félon charmait les serpents ?

¤

Peu après le départ de son maître, le sinistre majordome refit son apparition. Il sembla surprit de me trouver si calme, ma bouche close ne déversant sur lui aucune claque verbale et mon regard suivant stoïquement ses mouvements alors qu'il vérifiait que mes ongles étaient bien propres, mes cheveux lisses et ma peau sans crasse. Il frotta la plante de mes pieds pour les chausser de fines sandales en corde, brossa une dernière fois ma toge et fronça les sourcils lorsqu'il m'ordonna de le suivre et que je m'exécutais étrangement sans broncher.

Persuadé que j'avais en bouche le moyen de rester en vie, je gardais mes lèvres scellées.

Je fus envoyé, seul, traverser un boyau de pierre mal éclairé. Je marchais sans hâte, prenant le temps de vérifier chacun de mes pas afin de m'éviter une chute sur l'une des marches étroites et antiques. Quelques mètres avant d'arriver dans la salle sacrificielle, des chants sectaires parvinrent à mes oreilles, et un long frisson me lécha l'échine, froid comme les mains de Charles d'Ozran.

La fin du tunnel m'apparut, à la lumière archaïque de dramatiques chandelles piquées sur de hauts chandeliers. Au fond de la caverne, grise et voûtée, trônait l'aveugle figure de Bélial. Il semblait veiller sur ses fidèles, près à planter le fer de sa lance dans le cœur des impies. Sans plus m'attarder sur la contemplation des lieux, j'avançais dans le passage que les sbires noirs m'avaient laissé, pour rejoindre la silhouette rouge que je savais être celle de Charles. Seul le vide instauré dans mon esprit me permit d'avancer, et je stoppais mes pas devant l'autel de pierre dont les rainures sombres portaient les traces sanglantes des précédentes cérémonies.

Deux êtres s'approchèrent de moi, et, en un glissement de tissu sur ma peau, je fus mis à nu, laissé avec l'immonde évidence que je n'étais, en ce lieu, qu'un vulgaire objet. Le regard rivé sur le bloc de pierre, je restais planté là, stoïque mais incapable d'y grimper de mon plein gré.

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Jeu 31 Aoû 2017 - 21:59

Son corps nu est ta faiblesse, difficile de chasser cette vision que chacun, tous contemplent sous le rang de capuches noires. Tu ne devrais pas être le seul à te flageller ce soir. C’est ce qu’il ressort de la présence de Samael : un violent désir qu’il faut réprimer violemment. Tes « frères » te rejoignent au bord de l’autel et emportent le vêtement qui sera brûlé après la cérémonie. L’humain a toujours ton sang dans la bouche qu’il garde fermée consciencieusement ; il n’est peut-être pas si idiot que cela au final, peut-être même va-t-il te surprendre en incarnant son propre rôle à merveille, car il n’y a qu’un seul et unique but au fond à cette manœuvre sordide : pouvoir le posséder, l’avoir à tes côtés sans enfreindre les lois du culte, puisqu’il sera mort, et aura survécu, puisqu’il porte le nom du fils de ton Dieu, trois cornes, et qu’il cache de toute évidence son jeu tout habilement. Cette rareté n'appartiendra à nul autre que toi.

Sous ta capuche tes yeux étincèlent, murmures d’or figés dans un écrin de ténèbres. Dans la lumière des chandeliers et des torches murales tu invites Samael d’une pression mentale à se hisser sur l’autel et à s’y allonger, la tête au centre de l’étoile à sept branches, ses cheveux formant une cascade de jais à l’extrémité de la structure sacrificielle. Un jour, tu laisseras tes doigts éprouver la fluidité apparente de ce merveilleux attribut, mais pour l’heure, tu dois bluffer. Tu sens le poids du regard d’Empuse sur tes larges épaules, il ne perdra pas une miette de tes gestes, lui qui rêve de t’arracher ta place si prestigieuse, place que tu lui as prise à la mort de ton père. Ton pauvre père.
Samael te regarde, cherche ce que tu lui as déjà donné : l’assurance de rester vivant, tant qu’il obéit à ta toute petite consigne.

De tes mains gantées tu lui passes les chaînes en or aux poignets, aux chevilles et une plus grosse autour du cou. Tu les serres afin qu’il ne puisse pas se débattre, car telle sont la procédure et ton plaisir. On t’apporte le petit réceptacle de peinture rouge et le chœur des fidèles monte progressivement en une litanie que tu connais depuis, il te semble toujours. Tes propres lèvres se mettent à réciter, plus intimement les vers en Langue Noire, que l’on ne saurait traduire sans prendre le risque de connaître une, des malédictions…

« Le souffle soulevé du Souverain et Marquis est notre ciel, faisons-en notre miel, en son Nom et sa Grâce indicibles, traçons les sillons de son glaive dans le corps de nos moutons, plantons sa lance dans le cœur des agneaux, car sa Volonté est telle qu’elle fait de nous l’héritage des Ages Sombres, lui qui a régné, règne, règnera sur les cercles et les cercles d’enfants de la Nuit.
Marque-le, notre Amduscias immaculé, marque le choix pour le sabbat et révèle son sang et son cœur et ses entrailles. Marque-le, notre Amduscias immaculé, choisi de Bélial, Marquis de la Nuit… »


La transe trouve dans ton âme une terre fertile pour ses racines tandis que tu appliques les signes runiques sur ce corps tremblant. C’est le moment où tu sens monter le plaisir, la jouissance…

« Le souffle soulevé du Souverain et Marquis est notre ciel, faisons-en notre miel, en son Nom et sa Grâce indicibles… »

De l’encens enveloppe les têtes encapuchonnées qui ressemblent bientôt aux mânes d’une autre époque où d’autres dieux avaient leur place sur et sous la terre, et de ta manche sort la lame terne qui a ôté tant et tant de vies par ta main, celle de ton père, de ton grand-père, de tes ancêtres et de leurs ancêtres avant eux. Si cette lame pouvait absorber la force vitale, elle serait toute puissante.
La peinture coule, tache cette peau si blanche et tu le sens retenir son souffle, ses narines frémissent. Il te fixe et tu lui rends son regard avec l’intensité de la Mort au moment où elle cueille. Tes frères gardent la dernière note, entêtante, grave quand le couteau au manche en os taillade à partir de la gorge, lentement, comme une araignée glacée qui descendrait jusqu’au nombril, au pubis. Les mains cherchent la pierre et s’y agrippent sans que tu n’achèves ton œuvre. Tu vois son cœur, ses poumons sous ses côtes et ton excitation atteint son paroxysme quand les premières vapeurs de sang chaud enivrent ton nez.

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Ven 1 Sep 2017 - 13:50



Il me fallut l'aide psychique de Charles d'Ozran pour trouver la force de monter sur l'autel. Je m'y allongeais en tâchant d'imaginer que je ne faisais que m'installer pour une sieste particulièrement inconfortable et, alors que je me tournais pour poser mon fessier contre la pierre froide, mon regard attrapa un visage que je ne connaissais que trop bien. Barbe brune et fournie, nez droit et visage strié de rides, j'avais, juste à la gauche, l'homme pour qui je me trouvais ici aujourd'hui.

Empuse.

Je n'eus guère plus d'une demi-seconde pour m'attarder sur lui avant que les entraves d'or ne se referment sur moi. Figé de stupeur, je n'esquissais pas le moindre geste pour me soustraire aux mains de Charles qui s'assuraient de mon immobilité en resserrant le métal autour de ma gorge. Toutes mes pensées allaient vers Empuse, et, condamné à devoir fixer les yeux dorés de Charles si je ne voulais pas regarder le plafond, j'échouais à maintenir le contrôle sur mon esprit.

L'incompréhension me coula dans la cervelle. Pourquoi Empuse se trouvait-il ici, pourquoi ne faisait-il rien pour me venir en aide ? N'étais-je pas assez précieux à ses yeux, n'était-il pas assez puissant pour faire un geste en ma faveur ? Pourquoi n'avais-je surpris aucune compassion, aucune contrariété ni la moindre once de tristesse dans son regard, lorsqu'il avait croisé le mien ?

S'était-il joué de moi ?

Lorsque l'acier tranchant pointa vers ma gorge, je ne possédais déjà plus aucune emprise sur moi-même, prisonnier de l'effroi, de la rage, de l'angoisse et d'un infâme sentiment de trahison. Lorsque ma chair fut tranchée, j'utilisais tout ce qu'il me restait de contrôle pour avaler le sang du félon, avant de serrer les dents dans un vain désir de me contenir. Futile tentative puisque, à peine mon corps fut-il éventré sur quelques centimètres supplémentaires, je poussais le cri le plus bestial de toute mon existence. Rendue grave par la haine, ma voix résonna contre l'immense voûte de pierre avant de retomber sur les têtes encapuchonnées dans des éclats plus aigus, modulés par le calvaire de la lame qui traçait son chemin dans mon torse.

J'étais alors convaincu de mon trépas. Mes ongles raclaient la pierre dans une vaine tentative de m'accrocher à la toge de Charles, pour pouvoir accéder à sa peau et la lui arracher avant de mourir. Lui ôter ne serait-ce qu'une infime parcelle d'épiderme m'aurait satisfait mais, solidement retenu par les menottes en or, ma frénésie ne fit que tâcher mes mains de mon propre sang, ma peau s'écorchant sur les aspérités froides de la pierre.

Il me sembla que mon corps se tordait, prêt à se rompre ou à se déchirer s'il le fallait pour échapper au supplice mortifère qui continuait son chemin vers mon ventre, et je laissais mon esprit se remplir d'une unique pensée. J'étais bien incapable de me soucier de l'éventuelle intrusion de Charles dans mon esprit, et, avant que mon cerveau ne décide de disjoncter sous l'ingérable douleur que je subissais, je glissais mon regard vers ma gauche pour saisir une dernière fois l'image de l'homme que je haïssais à présent autant que je l'aimais.

EMPUSE !


L'esprit et le corps rompus, je sombrais vers une inconscience tapissée d'or.

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Ven 1 Sep 2017 - 22:49

Dur pour un mortel ou un non-initié de comprendre ce plaisir auquel tu t’éveilles quand la chair offre tous ses reliefs aux sens, quand le sang perle, ruisselle le long des flancs, du ventre, dans la toison pubienne, et que les yeux se ferment pour toujours. Tu es un fanatique, sans doute, c’est ainsi que l’on doit te qualifier à l’extérieur.
Un calice vient recueillir le sang coulant de la béance et tu bois le premier avant de faire passer à tes frères ce breuvage qui vous rendra à tous force, beauté, vigueur. Le sang de Samael. Profond. Intense. Ample. Il occupe pleinement et longuement ta bouche. "Chair", plein, dense, tant de qualificatifs te viennent à toi l’œnologue du sang. Tu prends ton pied et tu n’as cure du hurlement, à tes oreilles c’est une mélodie qui fait partie du décor, elle ne t’apporte rien, si ce n’est une pointe d’excitation et la sensation de savourer encore plus le breuvage promis. Mais tout ne se passe pas comme prévu et ta précieuse pièce maîtresse passe dans le monde complexe de l’inconscience. Tu te risquerais bien à aller le rechercher mais les regards deviendraient alors suspicieux et tu n’as pas de comptes à rendre, enfin techniquement si, tes frères partagent le sang avec toi après tout, mais tu t’es toujours gardé une intime part de libre-arbitre, aussi pratiquant sois-tu.
Une goutte de ton sang perle à la commissure de l’humain sacrifié et ses lèvres s’ouvrent, vides. Il faut quelques secondes pour que le processus de régénération s’opère et les bords largement ouverts finissent par se refermer dans un bruissement de chairs jusqu’à la gorge, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les traces rouges de l’hémoglobine mêlée à la peinture autour d’une lacération symétrique qui ne restera pas. Les yeux se rivent sur toi avec stupeur, tes frères ne comprennent pas, plus encore ils sont inquiets face à cette manifestation. Doucement tu défais les chaînes en or et soulèves le corps nu et inerte de Samael, pourtant son cœur bat très faiblement et tu ne doutes pas que chacun s’en rende compte.

- Notre mouton était en réalité un agneau dont le nom doit tous nous faire incliner l’échine. Il est Samael, Premier Fils de Bélial, Ange-Poison, Celui qui fait se lever les vents de feu, Celui qui chevauche le Bouc et le Cheval et porte une couronne de lumière noire. J’ai toutes les raisons de croire que c’est son enveloppe corporelle que nous avons offerte ce soir, et qu’il nous a ressuscité pour nous prouver sa présence. Cette cérémonie n'avait pour autre but que de vérifier cette théorie.


Le silence accueille ta parole respectée. Tu en profites pour dévisager l’impassible Empuse dont tu laisses l’esprit libre par politesse en cette circonstance exceptionnelle. Il se pose des questions c’est indubitable, mais sait-il seulement que tu bluffes ? Très certainement ; il n’est pas idiot. Le corps remue dans tes bras et tu poses un regard presque tendre sur l’humain.

- Dès à présent je me charge de la sécurité de l’agneau Samael, il ne doit pas être laissé entre des mains inexpertes, Bélial nous en retirerait sa Grâce…éternellement.


La cérémonie est terminée, tu prononces en Langue Noire les quelques vers qui permettent de clôturer le rituel et de remercier ton Dieu. Tu sors le premier, laissant le soin à tes frères de souffler les bougies et de verser le sang restant sur les pieds de la statue en offrande. Arno t’attend au sortir du boyau et tu lis le désarroi plus que la surprise sur ses rides. Il ne te fera aucun reproche, sa griffe de lion plissée le fait pour lui. Le regard que vous échangez est plus que significatif. Il s’incline et s’occupe du reste des frères qui remontent peu après toi afin de se changer et de prendre un rafraîchissement dans le salon pendant que tu snobes totalement tes obligations d’hôte pour t’occuper de ta désormais très personnelle acquisition, certain que personne ne pourra te reprocher cette possession après une telle démonstration.
C’est sur ton lit que tu déposes son corps, étendant la couverture jusqu’à ses épaules afin qu’il ne se refroidisse pas plus, et d’une main tu écartes les cheveux qui se sont emmêlés de sueur sur son front, éprouvant pour la première fois la matière dure de ses cornes. Tu te concentres puis pénètres dans sa chambre mentale. Tout est calme, et tu ne te fais pas agresser par les monstres sanglants, ce qui te conforte dans l’idée qu’il ne s’agit pas tant d’un mécanisme de défense mais bien d’une action menée de front et uniquement consciemment. Les portes sont fermées mais pas inviolables, pourtant tu te contentes d’aller effleurer sa conscience dont la forme est celle d'un grand serpent métallique enroulé sur lui-même, en lui intimant de reprendre le contrôle sur le corps. Il ne te faut que quelques secondes pour que Samael ouvre les yeux et se précipite dans les tiens, yeux au cœur desquels tu peux encore voir ton propre reflet figé : le toi qui l’as tué.

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Dim 3 Sep 2017 - 20:47



Je sortais des méandres de l'inconscience, poussé par un procédé qui n'avait rien de naturel et qui chatouillait légèrement les parois de ma boîte crânienne. Pris dans un sarcophage moelleux, les bras allongés le long de mon corps, j'ouvrais lentement les yeux pour me faire écraser sous un regard d'ombre et de lumière. Il était la dernière chose que j'avais vue avant de sombrer, et la surprise de le retrouver si vite surpassa celle d'être encore en vie. Toutefois, l'énergie me manqua, et je fus bien en peine de manifester le moindre émoi. Je ne perturbais aucunement le calme de la pièce, gardant mes yeux rivés à ceux de mon bourreau : nous étions ainsi semblables à deux statues sans vie, condamnées à se regarder sans pouvoir s'approcher, immobiles et froides dans un riche jardin.

Peut-être que si j'attendais assez longtemps, j'aurais le plaisir de voir le visage de Charles d'Ozran se couvrir d'une épaisse couche de mousse verte.

Lentement, je bougeais mes doigts pour les amener à mon ventre. Ma main glissa le long de mon torse, s'extirpa des draps pour continuer jusqu'à ma gorge... J'étais intact, refais d'un seul morceau. Sur ma peau, le bout de mes doigts étaient glacés. Le long de mon torse persistait l'impression fantôme d'être ouvert en deux. Je cillais, refusant un instant d'être celui qui briserait le contact visuel. Mon regard chuta le long du nez droit et blanc, puis sur les lèvres marbrées de Charles qui étaient, me semblait-il, d'une couleur plus vive que...

C'était la couleur de mon sang. Ce que Charles m'avait fait n'avait donc rien d'un rêve : il m'avait donné son sang puis m'avait éventré, m'octroyant par son offrande... le droit de vivre. Empuse... Empuse ! Il m'avait vu, il ne pouvait pas m'avoir manqué, et pourtant... Il m'avait laissé mourir.

Je fermais les yeux, écroulé de fatigue, incapable de me pencher sur les remous sombres qui remuaient en mon âme. Je me laissais le temps d'une profonde inspiration, faite lente de peur que ma poitrine ne s'ouvre en deux sous un afflux d'air trop brutal, et je passais mes doigts tachés de sang sur mes lèvres avant de rouvrir les yeux.

« Ma survie signifie-t-elle que d'autres supplices me seront infligés, mon Maître ?... »


Mes sens me revenaient peu à peu, et un coup d’œil un peu mou autour de moi m'informa que je me trouvais dans la chambre dont l'accès m'avait précédemment été interdit. Charles d'Ozran n'avait pas quitté son vêtement cérémonieux, cette longue robe d'un rouge auquel le vampire semblait vouer une adoration toute particulière... Ce fut dans les plis de ce tissu que mon regard se perdit, et ma voix se fit basse, s'échappant de mes lèvres pour monter jusqu'aux oreilles de Charles, comme une volute de fumée.

« Pourquoi suis-je en vie... ? »

J'étais faible comme un homme aux portes de la mort, mou comme un batracien en manque d'eau. Mon esprit était bien loin de toute préoccupation sérieuse et, lorsque je relevais les yeux vers le visage du vampire d'opale, je n'avais toujours pas assez d'énergie pour être glacé d'effroi par ma proximité avec lui. Bien au contraire, la serpillière qu'était alors mon cerveau se fit capricieuse, et je divaguais vers des spéculations plus futiles, inoffensives et agréables.

Quel goût aurait son baiser, à présent que ses lèvres portaient les effluves de mon sang ?

Mes doigts se levèrent à peine, pour partir à l'assaut d'une mèche de cheveux blonds et onctueux.

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Dernière édition par Samael le Dim 10 Sep 2017 - 12:52, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Lun 4 Sep 2017 - 19:03

Il y a un plaisir indicible dans tes yeux posés sur le moindre sursaut de vie de la toute première créature à échapper au sacrifice. Mais rappelle-toi, il s’agit d’un choix réfléchi de ta propre initiative. Dès qu’il ouvre les paupières tu peux sentir combien son corps lui est étranger et douloureux mais tu préfères garder un éventuel second élan de « générosité » pour plus tard, il ne faudrait pas brûler tes cartouches en une seule fois, ce serait gâcher. Ses doigts explorent son torse sur lequel il y a encore quelques minutes tu pouvais admirer l’entaille parfaitement symétrique qui l’avait laissé ouvert en deux, et tu ne peux t’empêcher de trouver ce geste particulièrement érotique. Tes lèvres désormais pleines, d’un noir d’encre et luisant peuvent esquisser ce qui a l’air à l’horizon d’un sourire que tu aurais puisé dans les tréfonds de ton âme sinistre. La question de ton hôte ne pourrait te rendre plus impatient.

- Sans aucun doute.

Réponds-tu sans relâcher ton attention maniaque sur ses moindres faits et gestes, sur le fil de ses pensées que tu sens se dérouler, se perdre au-delà de ton pouvoir, en dehors de ton champ d’action et pourtant cette nuée étincèle dans ton ciel, car rien qui ne se trame dans un esprit ne traîne bien longtemps hors de ta portée.

- N’est-ce pas l’évidence ? Si je t’avais perdu ce soir sur l’autel, il m’aurait été impossible de percer le mystère que tu représentes. Et ce qui m’est impossible n’existe pas. Il n’était pas temps pour toi de servir de repas à mon dieu, pour l’instant tu m’as juste servi de repas. A moi.


Prévisible, ta petite créature fébrile cherche un point d’accroche afin de se rassurer très probablement sur la pérennité de son existence, et tu te dois t’intercepter cette main curieuse et balbutiante qui monte vers les mèches neigeuses encadrant ton visage. Tu ne supportes pas les contacts que tu n’as pas engendrés, ils sont tant une agression qu’un franchissement des limites de ton territoire et de ton espace vital, et si Samael ne représente pas une menace directe pour toi, tes murailles psychiques se hissent d’un seul tenant pour te protéger. Nul ne saura ce qu’elles dissimulent, ce qu’elles tiennent à l’écart du monde. Ton gant tient fermement le poignet pâle encore tremblant, bien que ton sang coule dans ses veines, un don unique en son genre semblerait-il.

- Ce qui est amplement suffisant.

Tu portes le tranchant de cette main fine à tes lèvres qui s’écartent très distinctement sur une langue toute aussi sombre, désireuse de recueillir le sang restant sur l’auriculaire. De bas en haut. Caresse tiède. Puis la tête de l’annuaire et les autres doigts, un à un comme un chat paresseux qui ne voudrait pas perdre une miette d’un festin d’exception, tout en convoquant du plaisir dans la tâche. Tes orbes reprennent sans tarder possession de celles du serpent et tu laisses retomber cette main sur les draps non sans accompagner le mouvement jusqu’au bout.

- Je t’interdis de me toucher sans en avoir soumis l’idée auparavant. Dès que tu auras repris tes esprits, habille-toi et descends. Les frères ont besoin de savoir que tu es bel et bien vivant et en bonne santé.


Ta silhouette s’est déjà glissée vers ton armoire pour en sortir un peignoir noir que tu déposes sur le lit, à ta taille cependant, mais il fera l’affaire pour ton humain privilégié ; tu lui demandes juste de paraître pour apaiser les esprits. Comme dans une conclusion à la fois inquiétante de récurrence et facile, tu t’évapores, colonne de feu rouge. C’est vrai que tu aimes ménager des effets.

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Dim 10 Sep 2017 - 16:00



Je ne sais toujours pas pourquoi, à cet instant étrange où la langue noire de Charles d'Ozran s'enroula autour de mes doigts, j'échouais à trembler de peur ou à esquisser le moindre geste pour retirer ma main de ce contact humide. Enfoncé dans les draps, je tournais un peu la tête contre l'oreiller soyeux et, sans quitter des yeux le visage du vampire, je laissais la légère odeur qui émanait de son lit tapisser mes narines. J'avais toujours été sensible aux parfums des corps, trouvant là un maigre palliatif à l'absence de contact auquel j'étais astreint depuis tout jeune. Il m'était arrivé à quelques reprises de voler des vêtements appartenant à Empuse pour me tenir compagnie le soir...

Là, les doigts contre l'appendice sombre de Charles qui glissait comme un serpent le long de mes phalanges, je ne pus retenir un mince sourire en réalisant à quel point la chair m'attirait, fut-elle bardée de cicatrices grises, fut-elle celle du félon, fut-elle chaude comme sa langue d'ébène ou froide comme comme le cuir qui couvrait ses mains.

Fallait-il que je sois particulièrement affaibli pour laisser mon esprit divaguer ainsi, face à un homme dont la dangerosité ne pouvais plus être niée. Je remerciais intérieurement Charles de m'avoir quasiment vidé de mon sang, sans quoi mes pensées vicelardes m'auraient certainement valu une manifestation fort peu élégante au niveau de l'entre-jambes. Je doutais fort qu'une telle chose eut été au goût du vampire à la réputation frigide.

Je notais chacun de ses mots dans mon esprit, me promettant d'y revenir plus tard pour analyser le sens de ses paroles, appréciais fortement qu'il ne laisse pas tomber ma main comme un vulgaire chiffon et l'observais sortir un long vêtement de son armoire. Fluide et élégamment chatoyant, le peignoir confirma le goût du vampire pour les soieries.

Je n'eus guère le temps de hocher de la tête que déjà, Charles disparaissait : il n'avait nul besoin de ma confirmation pour savoir qu'il serait obéi.

Il n'avait toutefois pas posé de contrainte temporelle, aussi pris-je le temps de me retourner lentement dans les draps. La manœuvre visait à tester mes muscles et à faire l'inventaire des forces qu'il me restait. Lorsque je fus tourné sur le ventre, je commençais à me redresser, prenant appui sur mes deux mains dont les éraflures avaient disparues. Mes bras tremblèrent légèrement mais tinrent bon, jusqu'à ce que la couverture me glisse des épaules et ne laisse le froid me mordre la peau du dos. Sous l'assaut glacé de l'air de la chambre de Charles, je vacillais. Cela fut assez pour que mes coudes plient, et je m'échouais pitoyablement sur un grognement piteux, le nez dans l'oreiller.

J'avais la vivacité d'une larve.

Soit Charles et ses hôtes s'armeraient de patience, soit il me faudrait ramper jusqu'au salon. J'avais davantage d'attrait pour la première option : après tout, quelle importance avaient quelques minutes, lorsque l'on était immortel ?

Fort de cette idée, je louvoyais contre le matelas pour disparaître à nouveau sous l'épaisse couverture, emmenant avec moi l'oreiller qui portait l'odeur du vampire d'Opale. Les effluves étaient plus douces que l'odeur d'Empuse, un mélange végétal qui me rappelait les senteurs de certains baumes dont Arno m'avait enduit le corps à mon arrivée. Je fermais les yeux, emmêlais mes jambes dans les draps, serrais l'oreiller dans mes bras et pressais mon bassin contre le matelas, assommé par la chaleur que je produisais. Je coulais vers des songes sulfureux teintés d'or et de sang, jusqu'à ce qu'un claquement de doigts gantés de cuir noir résonne dans mon esprit, dans un rappel à l'ordre impossible à ignorer.

Fruit de mon imagination ou avertissement mental lancé par Charles, je ne saurais dire d'où provint ce son qui suffit cependant à me réveiller complètement. Ne sachant pas si je m'étais endormi une minute ou une heure, je m'extirpais des draps et me dépêchais d'enfiler le peignoir sombre pour fuir le froid qui déjà me léchais la peau. J'avais connu meilleur état physique, mais je me sentais mieux, tout du moins il me semblait à ma portée de descendre jusqu’au salon.

Charles d'Ozran était un homme adulte, que la nature avait doté d'une taille bien supérieure à la mienne, qui était encore celle d'un garçon. Je caressais le doux espoir de grandir davantage, mais pour le moment, j'étais inférieur au vampire... D'au moins une vingtaine de centimètres. Son peignoir de soie, une fois passé sur mes épaules et ceinturé à ma taille, frôlait le sol au lieu de s'arrêter à mes mollets.

J'abandonnais l'idée de jeter un œil à mon reflet dans le miroir, fort peu désireux d'observer mon teint de cadavre et mes cheveux défaits, et sortais de la chambre. Pieds nus, j'avançais à petits pas, profitant du trajet pour resituer la situation. Un détail obscur me préoccupa, à présent que la lucidité avait reprit quelque place dans mon esprit : comment Charles d'Ozran avait-il pu justifier ma survie ? Nul n'était censé se relever de l'autel. Empuse avait veillé à me le préciser maintes fois.

Quelques instants plus tard, j'arrivais au milieu des silhouettes sectaires que j'avais précédemment rencontrées dans le sous-sol. Le salon était grand et, immobile sur le pas de la porte, je le balayais du regard à la recherche d'Empuse. A mon grand regret, je le trouvais : je n'avais pas été victime d'une hallucination en le voyant, dans le sous-sol.

Mes yeux ne commirent pas l'erreur de s'arrêter sur lui, et mon regard se posa sur Charles. Il se tenait fort loin de moi et, n'ayant aucune indication sur ce qu'il attendait de moi, je m'avançais de quelques pas. Il me sembla qu'à chaque mètre supplémentaire que je franchissais, les paroles se firent plus basses, jusqu'à ce que leur son soit couvert par les crépitements du feu de cheminé. Étant laissé libre de mes mouvements, je me dirigeais vers celle-ci, et m'arrêtais devant l'une des tables de bois vernis.

A un pas d'Empuse.

Je posais une main sur le plateau aux bords sculptés et, sans tourner la tête vers Empuse, j'ouvrais la bouche sur deux simples mots dictés d'une voix claire. Depuis mon arrivée à Dornia, je ne m'exprimais qu'en anglais et, malgré la tentation de partager la langue d'Empuse, je continuais ainsi.

« Hissez-moi. »

Il me fut fort savoureux de donner un ordre à cet homme qui jamais n'avait cédé aux caprices le concernant, et plus savoureux encore de sentir ses mains agripper ma taille pour me soulever et m'asseoir sur la table. Il avait obéi. Ainsi, je ne m'étais pas trompé en observant les yeux de ces fous : ils avaient pour moi un regard teinté du même respect dévot que celui qu'il m'avait été donné de voir dans les yeux d'Empuse lorsqu'il me décrivait son culte.

Parfaitement imperturbable, Empuse ne demeura pas à mes cotés, préférant rejoindre ses frères qui se tenaient au silence tandis que, du bout des doigts, je dénouais la ceinture sombre qui prenait ma taille. La soie du peignoir, presque assez fluide pour en devenir liquide, ne sut se maintenir sur moi lorsque je roulais légèrement des épaules, et glissa le long de mes bras, découvrant mon torse jusqu'en dessous de mon nombril. Blanc et encore tâché de sang, les jambes pendant dans le vide, je posais une main sur l'une de mes cuisses, l'autre sur le bois de la table, à plat.

Mes lèvres s'étirèrent sur un sourire aussi neutre que fin, et j'observais tranquillement l'assemblée tout en appréciant la chaleur du feu qui crépitait dans mon dos.


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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Dim 10 Sep 2017 - 17:44

Tout le monde ne vit pas une existence aseptisée et dépourvue des plaisirs simples comme toi, aussi tu as demandé à Arno de préparer des amuse-bouche et quelques perles culinaires pour satisfaire l’appétit ouvert de tes hôtes. Bouchées de foie gras et figues fraîches, samoussas de viande hachée aux piments, petites verrines de tartare aux oignons jeunes, la table fourmille de brochettes de fruits, de toasts grillés, de tout un tas d’autres bouchées au chèvre et à la poire, de confits de canard aux olives ; autant dire que tu sais recevoir même lorsqu’il s’agit d’un modeste apéritif dînatoire. Les conversations sont basses, tu présides dans ton rouge sanglant impérial, une flûte de sang de vierge à la main tandis qu’Arno passe avec la discrétion de l’araignée au travail entre les frères pour faire le service.
Ta colère est retombée, tu te sens d’une humeur joueuse, appréciable, et une lueur vivace invite ceux qui pourraient croiser ton regard à jouer avec toi, pour perdre bien entendu. Les minutes s’égrainent, ton petit animal fait durer le plaisir et autour de toi tu n’entends plus parler que de lui et de sa « résurrection ». Tu en as fait ton ours de foire, ta préciosité exotique, ton messie, et nul autre que toi n’éprouve plus de plaisir à l’instant où il daigne enfin se montrer à l’assemblée.
Le noir le sublime, tu poses un regard sacré sur sa silhouette dont l’élégance et l’équilibre demeurent encore un mystère pour toi qui considères toute l’imperfection du genre humain. Tu comprends mieux la défense de ton majordome quant à son choix, à présent que tu le contemples de loin, comme une chose inaccessible alors que tu viens de lui baiser les doigts dans ta propre chambre, au creux de tes propres draps qui sont désormais parfumés de son odeur impie.
Empuse est sa victime ; tu te délectes de son initiative, il ne sait pas à quel point tu jubiles derrière ta flûte en cristal, sous tes cils blancs. Le volume sonore tient dans une paume quand le vieux vampire doit se soumettre et l’installer sur l’extrémité de la table de dîner après avoir dû pousser quelques verres. Arno n’approuve pas, tu n’as pas besoin de le regarder pour humer sa désagréable désapprobation qui pue comme un chien mouillé. Oh Drake n’a pas eu le temps de te donner autant de satisfaction que ce petit serpent qui se prend au jeu dans une pose à cheval entre la suffisance et l’exhibition. Il ne s’est pas lavé cela te saute aux yeux et tu le grondes du regard ; tu auras tout le loisir de le fesser à présent qu’il t’est légitimement acquis. Votre échange de regards est long et intense, et dans le silence de tes lèvres noires tu lui promets d’une suggestion dans sa petite tête, que tu lui feras ravaler son sourire fier et assuré. Très bientôt. Qu’il profite.

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Le vendeur t’a reconnu et son hystérie te donnerait volontiers des boutons si tu pouvais encore avoir de tels élans dermatologiques. Une pichenette dans son crâne de piaf et il tourne les talons pour vaquer aux occupations que tu viens de lui insinuer, complètement égaré, pendant que tu attends devant la cabine au rideau rouge en velours qui dissimule ton petit animal en plein essayage.
A ta montre ornée de diamants il est 2h30 du matin. Tu remets patiemment en place ta cravate prune et lisse les manches noires de ton costume aux entrelacs végétaux argentés incrustés dans le tissu et ne se révélant que selon une certaine lumière. Tes cheveux sont domptés en un catogan ample qui épouse parfaitement l’austérité séduisante de ton visage et de ton port de tête.
Tu entends l’esclave soupirer et s’agiter derrière, sans doute empêtré dans les tissus que tu l’obliges à porter : de superbes et luxueuses soieries asiatiques car tu n’envisages pas d’en faire une banale figure en pantalon et petits hauts. Tu aimes sentir son corps ondoyer dans la soie, le satin, tu aimes le regarder marcher de dos de la nuque aux pieds ; c’est ton petit vice et tu t’en soignes par le sang et le fouet.

- Si tu me mets en retard je t’attache en bas et je m’occuperai personnellement de ton matricule…

Souffles-tu contre le rideau de ta voix basse et rauque. C’est sans doute une qualité chez toi, tu gères les choses sans intermédiaire si l’on omet Arno que tu considères comme le prolongement de ton bras. Si une fourmi te gêne tu l’écrases toi-même.
L’annonce d’une sentence qui s’appliquera sans délai s’imprègne aussitôt dans l’attitude du serpent mais il n’est pas assez rapide pour toi.
« J’ouvre », et le rideau de faire pâle figure quand tu l’arraches presque pour trouver l’humain emmêlé dans les nombreux boutons de côté qui composent le qipao écarlate que tu as choisi. Tes yeux se plissent et tu vois ses pommettes chauffer dans l’intimité de la cabine. Ton dos large masque toute lumière venant du magasin, il n’y a plus que la petite ampoule Led du miroir mural qui vous éclaire. Il n’en est même pas à la moitié des tenues que tu as sélectionnées et tu as rendez-vous dans moins d’une heure à ta boutique de Dornia pour livrer la commande spéciale…dans un élan violent tu lui saisis le poignet et le soulèves presque du sol pour l’approcher de toi, crocs sortis, et lui murmurer fermement de se dépêcher.

Quand tu ressors tu fais craquer ta nuque dans un geste de délassement, essayant de chasser le voile de pulsions qui tente de s’abattre sur ton esprit si bien rangé.

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mar 19 Sep 2017 - 10:14



Deux semaines passèrent, diluant peu à peu les souvenirs sanglants de la sinistre cérémonie sacrificielle orchestrée par Charles d'Ozran. Empuse profita de l'hospitalité de son cadet honnit pour s'attarder deux jours en sa demeure, et si je pus le recroiser quelques fois ce ne fut cependant jamais seul. Nous n'échangeâmes rien de plus que de brefs regards, hautains pour moi, faussement révérencieux pour lui. Le devoir l'appelant en France, et l’amabilité de Charles à son égard étant visiblement fort limitée, Empuse reparti donc sans avoir pu m'adresser le moindre mot personnel, me laissant là avec mes troubles et mes incertitudes.

Il n'avait pas cillé en me voyant être ouvert en deux, et, malgré l'amertume que me procurait cette réalité, je ne pouvais qu'admettre que je ne devais ma survie qu'à Charles. Si je crus dans un premier temps avoir charmé le félon, si l'idée que je lui plaisait suffisamment pour qu'il veuille sauver ma vie me traversa l'esprit, la discussion qu'il eut avec moi le lendemain de la cérémonie me ramena violemment sur terre.

Je n'étais pour lui que l'instrument d'une farce, l'accessoire lui permettant de faire plier le genoux de l'assemblée de ses frères. Charles me forçait à endosser une imposture supplémentaire en me donnant le rôle du fils de Bélial incarné sur terre. Il ne fut pas avare de détails, décrivit avec attention l'attitude qu'il me faudrait avoir en présence des membres de sa secte, et n'eut guère besoin de préciser que mes faux pas seraient punis pour que je prennes en compte ce fait.

Et ce fut tout. Je passais les jours suivant dans la solitude, occupant mon temps à vagabonder dans la vaste maison, à épuiser les réserves d'eau chaude et de shampoing ou à fixer le plafond, allongé dans le lit qui était désormais le mien pour une durée indéterminée. Lorsque Charles partait travailler, je sentais la vigilance d'Arno se faire plus épaisse, et je prenais un plaisir certain à commettre quelques petites infractions de faible envergure, pour passer le temps. Me prélasser dans l'énorme fauteuil de Charles faisait partie de mes favorites, et j'avais éprouvé une grande satisfaction en voyant le maître des lieux froncer le nez en y prenant place pour faire sa lecture du soir habituelle : du velours tapissant le siège émanaient encore ma chaleur et mon odeur.

¤

Étant bien en mal d'occupation divertissante, j'accueillis la sortie en boutique avec un enthousiasme honnête bien que discret. A ce rythme, j'allais mourir d'ennui avant même d'avoir pu égratigner l'intégrité ou la raison de Charles d'Ozran.

La boutique était luxueuse, les vêtements raffinés pliés sur de belles étagères de bois ciré étaient faits de tissus d'une qualité bien supérieure à ceux que j'avais portés jusqu'ici. J'avais bien vite compris que je ne possédais guère le choix de mes parures, aussi je m'étais simplement contenté de m'asseoir dans une cabine en attendant qu'y soient déposés les effets au goût de Charles. Les patères accrochés aux murs de la cabine ne tardèrent pas crouler sous les étoffes précieuses. Lorsque le rideau se referma, me laissant seul sur mon pouf en cuir, mon sourire s'effaça, comme fauché par l'étonnement, et je levais un sourcil dubitatif.

Etais-je censé m'habiller seul ? Moi qui, de toute ma vie, n'avait porté que des kimonos ?

Je ne pus réprimer ma mauvaise volonté, traînant la patte en soupirant jusqu'à ce qu'un premier avertissement ne m'encourage à y mettre davantage du mien. Ma bataille avec les vêtements serrés et truffés de boutons, de liens et d'attaches complexes se solda par une ouverture de rideau me donnant à voir le visage grisâtre de Charles : j'étais bien évidemment trop lent pour cet homme qui pouvait se mouvoir avec la rapidité de l'éclair. Je stoppais tout mouvement, immobilisé par la haute silhouette sombre de Charles, et je ne repris ma respiration que lorsque le rideau fut à nouveau tiré.

Grinçant des dents, je m'extirpais du vêtement rouge trop serré et agrippais le suivant sans me préoccuper d'en froisser le tissu. Une émotion mauvaise m'agitais les tripes et lorsque je la reconnus comme étant motivée par le manque d'attention que l'on me portait, le rouge me monta au joues. Furieux envers moi-même, je remontais vivement la fermeture éclair de la tunique noire que j'avais enfilé, d'un geste sec et rapide. Mon manque d'habileté m'arracha un couinement étouffé, et je baissais précipitamment la fermeture vers le bas pour me soustraire à la douleur : tout le long de l'arrondi de mes hanches, ma peau s'était coincée dans l'invention infernale. Quelques gouttes de sang perlaient déjà, imprimant dans ma chair le motif de la fermeture à glissière.

La tunique glissa le long de mes jambes puis fut envoyée valser contre le lourd rideau. Je réprimais une insulte acide à l'encontre de Charles, préférant inspirer profondément avant d'attraper le vêtement suivant pour le tendre devant moi, l'étudiant un instant. J'avais entre les mains une longue robe sans manches, faite d'un tissu similaire à celui des vêtements que portait souvent Charles : sombres et ornés de motifs ton sur ton. Une pièce superbe, mais qui avait le défaut de se fermer dans le dos par une immense rangée de petits boutons impossibles à sceller soi-même.

Un coup d’œil à mon reflet m'informa qu'une goutte rouge roulait le long de ma cuisse, et je pivotai sur moi-même pour entrouvrir le rideau d'une main et jeter un coup d’œil à l'extérieur. Charles n'était pas loin. Amorçant un pas en dehors de la cabine, la robe sombre toujours dans une main, je glissais une jambe en dehors du rideau, dévoilant la petite traînée de sang qui me roulait à présent jusqu'à la cheville. D'une voix basse et désolée, j'appelais le vampire pour qu'il daigne tourner vers moi sa figure marbrée.

« Maître d'Ozran... Puis-je emprunter votre mouchoir ? »


La nudité ne faisait monter en moi aucune gêne, mais je tenais pourtant le rideau contre mon ventre : il faisait froid.


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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mar 19 Sep 2017 - 17:52

Tu comprends tout de suite pourquoi l’attention des mâles en présence se fait fébrile. Ils ne se tournent pas par politesse mais la tension de leurs auras mêlées dans la même direction est palpable. Tous ploient vers cette jambe sanglante qui passe de l’autre côté du rideau, et tu montes immédiatement au créneau.
Ce n’est pas après tes semblables que tu en as, mais après cette chose dénuée de bon sens et bourrée d’érotisme qui t’adresse une énième demande d’une voix discrète que tu sais calculée. Ta masse se déploie et tu le pousses dans la cabine tandis que la gifle part, bien réelle et toute physique sur son visage vierge. La cascade noire de ses cheveux vole en désordre et tu reprends un souffle que tu n’as jamais eu. Céder à la violence matérielle te sied mal, tu contrôles davantage les hordes de serpents de ton esprit, voilà pourquoi il a désormais lâché le vêtement et tient sa joue brûlée, rouge vif. Tu plisses les yeux et tes crocs sont tout sauf amicaux.

- Tu n’es pas marqué

Le mot courbe l’échine sous le poids de l’accusation et tu es si proche de lui que tu peux sentir son souffle erratique et sa colère poindre sous les rougeurs qui enflamment ses joues jusqu’à ses oreilles.

- Par conséquent te pavaner avec une blessure n’est pas la chose la plus judicieuse que tu puisses faire…J’ai beau déployer des trésors de ruse, il n’est aucun vampire qui t’ignore dans ce magasin après ce que tu viens de faire !

Se mordre les lèvres ne t’impressionne ni ne te fait céder du terrain, bien au contraire, tu as envie de recommencer, une autre gifle, d’autres rougeurs, le défi masqué avec tant d’effort dans ses yeux.
Tu sors le mouchoir blanc délicat que tu gardes toujours en poche interne et qui porte les initiales de ton père : T. B. O pour Thècle Basileus d’Ozran.
Avec la majesté d’une statue en colère tu poses un genou dans l’air pour te baisser et étudier l’origine de la blessure. Ton index ganté tâte la plaie causée par une fermeture éclair dont s’échappe le fameux liseré rubicond. Tu essuies la cheville, le mollet et le derrière du genou, puis tu remontes vers la hanche et le rein mordu à sang, parfaitement calmé comme si ton tonnerre n’avait jamais éclaté. Quand tu te redresses il se dérobe mais tu le bloques et refermes la chair d’un simple baiser. Tes lèvres humidifiées suffisent à la cicatrisation, ton regard suffit à dire que tu n’as plus envie de lui faire d’autres sillons dans la peau, et pas hasardeux ceux-ci.

- Evite…de me mettre en colère.

Tu dis, ta main caressant sa gorge et y laissant la tiédeur de ton gant de velours. Fasciné par ce que tu es en train de faire, sentant ta force, sa faiblesse au bout de tes doigts, tu lui fais lever le visage et tes crocs se rangent lentement.
Il te fait sortir de tes gonds, il fait exploser tes ardeurs et tes fureurs, il ronge ta méthode et des années de self-control, mais tu penses encore pouvoir faire taire cette bouche d’insolence. Ses larmes n’ont toujours pas perlé, tu en es presque frustré.

- Laa, ne suis-je pas en train de t’offrir les plus beaux atours que tu porteras jamais ? Tu me mets en retard et tu t’exhibes, il est normal que je te punisse. Hmmm. Au lieu de te ramener je t’emmène avec moi.


Voilà qui est dit. Tu ramasses le qipao par défaut de télékinésie et tu te glisses dans son esprit comme une caresse vénéneuse pour lui intimer d’écarter les pieds. Le vêtement gravit les centimètres de peau jusqu’à laisser ses bras nus et tu le fais tourner délicatement de manière à avoir la main mise sur les minuscules boutons qui ferment l’habit sur la ligne cambrée de son dos.
Un. par. Un. Tu maîtrises l’art des pressions, boutons, nœuds à la perfection, gantés ou non tes doigts l’habillent en quelques secondes. Bien. Il sortira ainsi. Il te faudra acheter le très fin kimono de cachemire noir aux manches cousues de dorures et d’oiseaux blancs  pour lui couvrir les épaules ; ce n’est pas comme s’il faisait si chaud.

Dans la Citroën traction tu mets le chauffage en voyant des frissons s’imprimer sur ses cuisses nues dans l’échancrure du qipao et tes mains glissent sur le volant de cuir dans la courbe du rond-point. Fermes. Sensuelles.

- Le culte interdit tout contact charnel, de l’effleurement à la copulation. Je transgresse mille lois anciennes en te gardant auprès de moi, car nul ne doute que tu sois une tentation terrestre par cent aspects trop adaptée à mes goûts. Et je ne m’explique toujours pas la coïncidence. Peut-être pourrais-tu me fournir une explication ? Comme par exemple sur le fait que ton cerveau se transforme en charnier si je m’approche de la section de tes souvenirs ? Oh, nous en avons déjà parlé. Bien sûr. La réponse d’alors ne m’avait pas satisfait.

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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mer 20 Sep 2017 - 19:17



Pour moi, qui ai vécu toute ma vie sans que quiconque ne soit autorisé ne serait-ce qu'à poser le petit doigt sur moi, la gifle eut l'effet d'un boulet de canon. Ma tête valsa sur le coté dans un craquement de nuque, et le choc me donna l'air d'une truite hors de l'eau alors que je tournais le visage pour retrouver le terrible regard de Charles, tout en posant une main sur ma joue. Si le miroir de la cabine ne m'avait pas assuré de l'intégrité de mon faciès, j'aurais juré que les doigts du vampire avaient arraché ma peau sur leur passage.

Mais j'étais intact. Avec le recul, je sais aujourd'hui que ce qui me fit monter les larmes aux yeux à cet instant trouvait moins sa source dans la douleur que dans ma fierté bafouée. Et, malgré l'indéniable danger que représentait alors Charles, tous crocs dehors et bien plus que mécontent, ce ne fut pas un regard de bête blessée que je lui adressais. C'était celui d'un opposant. Un regard qui ne tarda pas à retrouver le voile de la soumission, mais qui avait trahi, l'espace d'un instant, des pensées bien loin de la loyale docilité que j'aurais dû éprouver.

Pourtant, sous l'épaisse couche de colère qui ravageait mon teint, mon cerveau entendit quelque chose. Quelque chose qui résonna méchamment dans mon esprit, un son qui m'était désormais familier. C'était le tintement accompagnant la sensation de trahison qui me brûlait le crâne à chaque fois que l'amour -que je croyais pourtant indéfectible- que j'avais pour Empuse perdait quelques grains d'affection.

J'ignorais tout de cette histoire de marquage.

Cela semblait important. Pourquoi Empuse ne m'en avait-il rien dit ? Quoi d'autre avait-il omit de m'apprendre ?

Charles s'abaissa devant moi, sans toutefois que son mouvement ne soit teinté du moindre ersatz de soumission. Mes yeux, noircis par une colère qui ne refluait pas assez vite, suivirent le mouvement du vampire. Et bien malgré moi, je me perdis dans la contemplation de ses boucles blanches, somptueuse chevelure de nuages qui roulait sur ses larges épaules.

J'étais jeune, et idiot en plus d'être avide d'attention. Aussi je confondais la méthode précise et sans brusquerie dont faisait preuve Charles pour essuyer mon sang... avec de la douceur. Sans y prendre garde, le rythme effréné de mon cœur se calma, ma respiration s'apaisa et ma main se décrocha de mon visage dont les rougeurs n'étaient plus liées à la gifle que je venais de recevoir.

J'avais Charles d'Ozran, à genoux entre mes jambes et j'étais... toujours... nu. Bien que l'homme soit une créature terrible et mortifère, l'image qu'il m'offrait et l'effleurement de son mouchoir occupèrent mon esprit par des pensées bien plus agréables que le souvenir de sa main main gantée cuisant la peau de ma joue. Ma langue se chargea d'humidifier mes lèvres tandis que je priais d'obscures divinités pour me préserver d'une érection qui ne manquerait pas d'aller aimablement saluer le front du vieux vampire. Fort heureusement pour ma survie, cet infâme félon ne conserva sa position que l'espace de quelques instants... Et ma main, qui déjà descendait vers sa tête pour se poser contre ses admirables cheveux, n'eut pas le temps d'achever son geste que déjà Charles se redressait.

Mon souffle s'était coupé, et, étant certain que mes pensées étaient écrites sur mon visage, j'eus, dans l'espoir de me soustraire aux yeux abominables de la statue balafrée, un geste de recul qui fut avorté par sa poigne.

Maudit sois-tu, Charles d'Ozran !

Vociféra une partie de moi quand les lèvres mouillées du vampire se posèrent contre ma hanche. L'autre partie, en revanche, n'aspirait qu'à une chose : se couler contre Charles, embrasser sa triste figure striée de balafrée bleues et peut-être, du bout des lèvres, du bout des dents, lui grignoter la peau. Lorsque sa main couverte de cuir me fit relever le menton, il n'y avait pus dans mes yeux la moindre once d’agressivité. Le voyait-il, cet homme sans désir, pouvait-il deviner à me respiration retenue, à mes pommettes empourprées et à mon regard ne décrochant plus de sa bouche...

Le savait-il, que j'avais envie de l'embrasser ?

Mon supplice prit fin lorsque je fus enfin habillé. Dos à Charles, j'avais fermé les yeux et porté une main à ma bouche, soulagé de ne pas être face au miroir. J'étais horrifié. Pas par cet homme, qui savait manier la baguette et la caresse avec assez d'expertise pour me faire oublier qu'à peine deux minutes plus tôt il avait manqué de me décrocher la tête. Non. L'horreur qui m'accablait et me tenait au silence provenait de la couleuvre qui s'agitait dans mon bas-ventre.

Charles d'Ozran était censé me désirer, j'étais censé rester de marbre tout en l'enflammant l'air de rien. Et non l'inverse.

¤

J'avais fait profil bas, balbutiant à peine un mot d'excuse à Charles avant que nous sortions du magasin. Il n'avait pas lésiné sur les moyens pour m'habiller, et je ne pouvais qu'avouer apprécier mes nouveaux attributs. Le coffre de sa vieille et sublime voiture croulait sous les paquets, que ni Charles ni moi n'avions bien évidemment pas prit la peine de porter nous-même. Alors que je m'installais dans le fauteuil passager en faisant crisser le cuir sous mes fesses, je travaillais toujours à calmer mes ardeurs, les sourcils légèrement froncés. Mon habilleur avait posé un manteau sur mes épaules, et je m'étais empressé d'enrouler ses manches autour de mon cou : le tissu était doux.

Lorsque la voix du vampire s'éleva à nouveau, peu après avoir démarré, elle avait retrouvé sa tessiture habituelle. Je coulais un regard vers lui, sans bouger la tête, laissant glisser mes yeux sur sa main posée sur le levier de vitesse puis sur sa comparse câlinant le volant.

Une nouvelle vague de pourpre enflamma mon visage et je manquais la moitié des mots qu'il prononça pourtant impeccablement. Je détournais la tête vers la vitre, me penchant légèrement à ma droite pour y coller mon épaule et soufflais, à voix basse pour éviter que mes mots ne tremblent...

« Vous pouvez entrez, il n'y aura point de charnier. Je vous l'ai dit, mon Maître... c'est une réaction aux intrusions violentes et forcées. »

Je savais pertinemment ce que trouverait Charles dans mon esprit si il décidait d'y pénétrer à cet instant. Il n'y aurait que lui, et moi. Je doutais fort qu'il apprécie de se voir nu dans mes bras, à bout de souffle et les cheveux collés de sueur. J'étais certain que, même en pensée, il détesterait me voir passer mes mains sur sa peau...

Mais après tout, n'étais-je pas Samael, le fils de son dieu dédié au vice ?

Qu'il ait décidé ou non de venir visiter mon esprit, je murmurais d'un ton éteint par une culpabilité sincère. Une culpabilité qui s'adressait plus à Empuse ou à moi-même, mais sincère malgré tout.

« Je suis désolé, vous me plaisez aussi... »




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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Jeu 21 Sep 2017 - 18:42

On te parle toujours doucement, on s’efface, on s’écrase, on cherche ta tolérance sans savoir que tu ne te soucis pas des mouches qui volètent autour de tes aiguillons de rosier sanguinaire. Point de charnier si l’intrusion n’est pas violente ? Allons bon, tu ne demandes qu’à essayer. Créature douée tu parviens à conduire sans perdre cap ni concentration tout en focalisant ton esprit sur un point d’entrée, et en effet, nul violence visuelle et sensorielle quand tu pénètres la grande salle de son cerveau. Tu te fais doux, tu te faufiles, marches sans bruit, sans brasser l’air impalpable ; tu sais le faire, bien sûr que oui, comme tu sais rendre la terre stérile à tout jamais. Les portes ne sont pas fermées à clés, et tu demandes à la plus proche de s’ouvrir car c’est derrière celle-ci que sa trouvent les pensées et les émotions les plus récentes de ton serpent d’esclave divinisé. Tu restes sur le pas de cette porte, observant le spectacle bien trop impliqué pour être une provocation. Tu n’es guère surpris, tu as déjà « vu », toi aussi, ces choses sous tes paupières avant de rejoindre les mers lointaines où tu reposes ton pouvoir de marionnettiste.

Tu pourrais reprocher à la scène son trop grand érotisme : tu ne « baises » pas. Tu ne seras jamais le Charles qui rutile dans les bras du mortel. Mais tu apprécies l’effort d’imagination. Ta commissure émet un bref clignotement amusé et tu te détournes, fermant la porte. Tu en as assez vu, et les quelques mots de Samael quand tu reviens tout entier dans la voiture te laissent une amertume en bouche.

- Aussi ? La réciproque est-elle seulement envisageable ?

La voiture s’engage dans une avenue très chic, pavée et illuminée par de somptueux lampadaires victoriens où la moindre boutique vaut des millions.

- Je suis ravi d’être le centre névralgique de tes fantasmes sans même avoir eu à te séduire. Tu es si jeune encore, il te faudra apprendre encore longuement que je vais te briser le cœur. Que je devrais déjà l’avoir fait…

Oui. Cela a le mérite de plonger tes yeux noirs dans une intense perplexité. Ta propre attirance est néfaste, elle te pervertit, exactement comme ton père te l’avait appris, alors que tu as tant fait pour pouvoir lutter contre l’invasion lente du vice quand tu le rencontrerais… La portière claque. Tu descends ouvrir à Samael comme un coup de vent et lui prend la main bien trop élégamment. Gentleman aux cils blancs frangeant des yeux d’or dur. Il ne s’attend pas à ce que tu le tires dans ton giron de ce geste incessant dans lequel tu le hisses presque dans le vide pour approcher son visage du tien si haut, le tordant à ta merci, le ployant sous ton regard. Tes lèvres s’ouvrent mais ne parlent pas, tu glisses un mot dans son esprit, là, comme on dépose un fruit pourri sur un perron avant de s’enfuir.
« Je ne baise ni ne copule, je ne nique encore moins et ne fais pas l’amour. Mon rang au sein des frères me l’interdit, mais je n’aurais aucun scrupule à transgresser les lois de ma propre famille. Toutefois, savoir que tu te languis de moi me donne encore plus envie de délaisser ta chair. Etre vierge peut parfois devenir une torture…si douce, si terrible torture de faire mordre la poussière à ton imagination. Fertile petit démon. »
Une caresse immatérielle fleurit sur sa joue encore rougie par la claque, une caresse de cuir fait, du dos de la main.

La boutique derrière vous a la plus chic vitrine de la rue, dans le charme ancien à la française avec une enseigne en fer forgé figurant une main masculine à l’annuaire orné d’un superbe diamant ovale, ainsi qu’une petite phrase comme cousue sur un faux tissu : « Ozran’s gold : La voix des diamants. »
Tes goûts ne sont pas conventionnels, c’est un secret de polichinelle. Les devantures de tes homologues ont le fade apanage du moderne et de l’aseptisé quand tu fais trôner les têtes squelettiques de trophées d’animaux en guise de supports. Les têtes, les bustes, les encolures mortes et magnifiquement ornées d’un lustrant noir de cerfs, de chevreuils, et d’autres cervidés massifs et majestueux. Les cornes ou bois ont été remplacés par leur équivalent en or massif et servent à accueillir bracelets, pendentifs, quand un autre squelette plus en arrière supporte les montres ; c’est un serpent enlacé autour d’une colonne de cristal.
Tu pousses la porte et laisses passer ton humain-démon, suivant le mouvement de ses cornes avant de lui emboîter le pas. Une petite cloche retentit, légère, suffisante pour attirer à vous le responsable de la bijouterie qui quitte son comptoir. Un homme d’une quarantaine d’années humaines, au col haut, aux vêtements stricts et aux yeux perçants derrière de petites lunettes en demi-lune. Il a été choisi pour sa capacité à conclure des affaires et pour ses connaissances précises en matière de pierres précieuses et d’ornement. Une perle. Il te salue, tu réponds courtoisement en inclinant ta tête neigeuse. Dans tes mains, le précieux ouvrage que tu as conçu en solitaire pour la plus grande partie des détails.

- Je suis désolé Monsieur D’Ozran, votre client a appelé à l’instant, il est dans les embouteillages. Il ne saurait tarder.

Les yeux bleus se posent sur ta chose, tout soupçon merveilleusement bien dissimulé à tel point que tu daignes faire semblant de n’avoir rien remarqué.

- Puis-je ?

Demande-t-il en souhaitant te « débarrasser » de ta livraison. Tu acquiesces ; tu vas t’en charger. Tes pas te mènent au comptoir, à côté d’une armure ancienne de chevalier suédois du XVIème siècle, hache et écu aux poings, dont la structure est incrustée de diamants bruts. Autour de son cou, une pièce unique semblable aux moyenâgeux colliers des rois à médaille, lourd, large comme un pectoral, composé de lys en or entrelacés les uns aux autres et d’une médaille à tête de lion. L’homme de fer aux articulations sous-vêtues de laine rouge est dans ta famille depuis toujours. Il appartenait à un de tes très lointains ancêtres ; c’est – on peut le dire – une attraction et un prétexte de visite pour de nombreux acheteurs internationaux. Unique lui aussi. Tu lui caresses l’épaule affectueusement et déposes le paquet contenant le chaudron aux nâgas.

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Dernière édition par Charles Asmodeus d'Ozran le Mar 26 Sep 2017 - 18:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Ven 22 Sep 2017 - 19:50



Charles d'Ozran était une immense contradiction. Un instant il m'assurait de son total désintéressement à mon égard, le suivant il me couvrait d'attention : d'abord il m'envoyait dans un cachot humide et sans confort puis me couvrait de vêtements somptueux et dédiait une salle de bain pour moi seul ; d'abord il me giflait puis il caressait ma peau avec cette drôle de fascination dévote ; d'abord il me rejetait puis il m'attirait à lui... Pourtant, pour communiquer directement avec mon esprit, il n'avait nul besoin de tant de proximité.

Charles d'Ozran, en plus d'être félon, tu es un hypocrite.

Sur la pointe des pieds, je veillais à garder bien sagement ma main libre le long de mon corps malgré la grande envie que j'avais de l'utiliser pour lui tirer les cheveux. Le contrôle qu'il avait sur lui-même m'agaçait au moins autant que les mots qu'il faisait couler dans ma cervelle pour le moins refroidie. Je soutins son regard en faisant mon possible pour ne pas y mettre trop d'aplomb, me drapant dans ma fierté piétinée comme une pimbêche de roman l'aurait fait. Malheureusement pour ma crédibilité, lorsque le dos de sa main effleura ma joue sans vraiment s'y poser, je ne pus m'empêcher d'avaler ma salive un peu trop bruyamment, et je fermais les yeux en signe de réédition.

J'avais perdu cette bataille, sans même que le vampire n'aie besoin de faire le moindre effort pour s'assurer ma défaite.

Je n'en avais pas encore conscience, mais ce fut sans doute cet instant qui amorça l'aliénation de ma mission.

¤

Mon manque de répartie auprès de Charles se solda par mon silence, et ce fut sans plus de mésaventures que je me dirigeais vers la boutique portant son nom. L'homme qui y était en poste -vendeur, concierge, homme de ménage ou larbin, qu'importe?- n'eut le droit qu'à un bref hochement de tête de ma part en guise de salutation. Laissé libre de mes mouvements, je fis quelques pas vers l'aile droite du magasin, fort désireux de me faire oublier pour quelques instants. Avec un peu de chance, la vieille cervelle nécrosée de Charles d'Ozran oublierait les honteuses paroles et pensées que j'avais eu.

Même pendant les deux années que j'avais passées auprès d'Empuse, je n'avais guère eu le droit ni l'occasion de sortir à l'extérieur de sa maison. Je n'avais jamais fait de shopping ni eut le loisir de faire des achats en-ligne -l'accès au web m'était interdit : Empuse jugeait sa colossale bibliothèque suffisante pour m'occuper au moins pendant les 300 ans à venir-, aussi je découvrais avec un plaisir certain les chatoiements des bijoux exposés en ce lieux. Malgré la forte envie de prendre entre mes doigts les rivières de diamants qui formaient certains colliers exposés à l'air libre, je m'abstenais : j'avais fait assez de bruit pour aujourd'hui.

Cette petite promenade circulaire me ramena près du comptoir où se trouvait à présent Charles. Monté sur la petite estrade derrière le meuble, il paraissait plus grand encore, et je me promis de faire un sérieux travail sur moi-même afin d'être à l'avenir moins impressionné et captivé par la simple vue de cet homme infect. Mon regard ne s'était posé sur lui qu'un instant, et se détourna pour se fixer sur l'homme de fer qui se tenait fièrement à coté du comptoir. Je haussais un sourcil en m'approchant, mes yeux se plissèrent légèrement et, lorsque je ne fus plus qu'à quelques centimètres de l'armure, quelque chose de froid se déversa dans mon esprit.

Levant une main vers le torse d'acier, je traçais le contour de la décoration dorée, sans pour autant y poser mes doigts : la gravure était unique, impossible à ne pas reconnaître pour quiconque l'aurait déjà croisée. Il ne me fallut qu'un instant pour l'identifier : elle était la dernière de ses semblables, la dernière pièce à avoir été confectionnée ainsi, au prix de moyens financiers gargantuesques. Elle n'avait pas de descendance. Ma bouche s'entrouvrit et je portais ma seconde main devant celle-ci pour couvrir le son des mots que j'échouais à retenir, pourtant à peine murmurés.

« Que fait l'armure d'Eric de Suède, ici... ? »

Je ne saurais dire précisément quel genre d'émoi provoqua en moi la vue de cette chose vieille de 800 ans, mais les larmes me montèrent aux yeux, brûlantes, sans que je ne puisse les retenir. Qui avait osé dénaturer ainsi cette figure grise et dorée ? Qui avait troué son âme pour y incruster pierres précieuses et diamants ?

Un sanglot m'échappa et une main sur mon épaule m'amena hors de la zone de vente, me faisant passer derrière quelques rideaux épais et m'asseyant sur une chaise sans que je n'en ai réellement conscience, trop occupé à pleurer pour une raison que je peinais à saisir. On déposa un mouchoir devant moi, puis je fus laissé seul, et mon cerveau dériva jusqu'à s'arrêter sur une pensée étrangement précise.

Ces armures luxueuses ne quittaient jamais leur famille natale.

Qui était Charles d'Ozran ?

Pour quelles raisons Empuse voulait-il se débarrasser de lui... ? Parce qu'il était un félon ?

Mes larmes finirent pas sécher, et je reprenais doucement conscience de mon environnement tout en m'essuyant les yeux. J'étais dans un atelier que les rares lumières allumées peinaient à éclairer. Assit sur un tabouret d'orfèvre, je me trouvais devant un plan de travail bien rangé. Divers ustensiles y étaient disposés ainsi que quelques petites boites remplies de pierres. Des feuilles de papiers et une armada de crayons de bois étaient à la portée de mes doigts.

En silence, j'attrapais une feuille vierge, une mine de plomb, et commençais à tracer les lignes des gravures que je venais de voir sur l'armure, et qui m'avaient tant perturbé.

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Amduscias le Blanc
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Amduscias le Blanc
MessageSujet: Re: [+18 "viol" + violence] Sur le sentier de la gloire [Partie 2] [Samael & Drake]   Mer 27 Sep 2017 - 19:18

Ton serpent ferait-il dans le mélodrame ? Tu ne comprends pas son élan pathétique et pire encore cela te plonge dans l’agacement. Bien, il est cultivé, et tu ne peux qu’apprécier la chose, mais de là à avoir l’air de dire que l’armure a été « volée », tu pourrais te vexer. Toi, voleur ? Tricheur, sadique, usurpateur oui, mais voleur, hors de question ! Tu as bien trop le sens de la propriété et tu sais combien certaines choses peuvent être précieuses. Ton employé se charge d’éloigner la fontaine de l’armure de ton ancêtre et tu lâches un soupir en faisant rouler tes yeux dans leurs puits de noirceur. Vous étudiez les dernières retouches sur le « chaudron » en cristal et diamant à l’aide d’un pinceau à poussière, et tu lui montres les facettes étincelantes avec le petit « œil de Lyncée » que tu portes pour travailler et qui n’est autre qu’un cul de verre pour joaillier. La perfection. Si elle n’est ni humaine ni vampire, elle est dans la nature, dans le sable brimé par le temps, dans les minéraux choyés par la terre, dans les préciosités que tes doigts magiques aident à révéler.

Le téléphone sonne, c’est celui de la boutique aussi tu laisses ton vendeur s’en charger pendant que tu glisses le voile de soie sur la soupière fantastique. Quelques instants plus tard le client fait retentir la clochette de la porte d’entrée, accompagné au bras d’un jeune esclave japonais fraîchement acquis puisqu’il ne porte aucun marquage. Tu serres poliment la main qu’il te tend, et tu flaires : yakuza, tatoué dans le dos, indiscipliné, le cadeau n’est pas pour lui, pour le chef du clan, arme à la ceinture. Quelques mots en japonais, tu n’as pas l’intention de fidéliser, après tout chaque pièce est unique, chaque pièce trouvera son porteur. Ton accent est impeccable, tu l’invites à venir dans le petit salon à l’arrière, à côté de l’atelier, pour partager un verre avec lui et signer le chèque ainsi que la garantie. Tu prends le temps, le temps de lui expliquer pour son maître le cheminement que tu as suivi avec tes ouvriers pour forger l’œuvre. Il t’écoute tout en caressant la colonne du chat qui se retient de ronronner ; on l’a averti que tu détestais la racaille hybride. N’aurais-tu pas oublié ton serpent à cornes dans la pièce à côté pour dire ça ?

Il s’écoule une heure avant que le yakuza ne choisisse de s’éclipser, et que la boutique n’accueille un couple de vampires en phase de se fiancer. Ils sont ravis de te rencontrer mais hélas tu commences à avoir ta dose de société et tu t’excuses poliment avant d’aller récupérer ton démon. Dans la rue, la fraîcheur de la nuit te calme ; tu n’es décidément pas fait pour la ville et ses loups. Tu es le loup de ton bois, mais tu n’empièteras pas sur celui des autres, ton esprit conquérant est limité.
Samael n’a pas dit un mot, tu le ramènes à la voiture, lui ouvrant la portière.

- Eric XIV est un ancêtre lointain. L’Histoire a tendance à oublier des détails gênants et il n’y a aucune fierté à révéler que je suis un bâtard. Ou du moins le descendant d’un bâtard.


Les rois n’ont jamais été fidèles, les alliances allaient avec les tentations, les tentations avec les alliances. Les Ducs de Lorraine n’ont connu que tard cette union, et ceci explique certainement pourquoi vous êtes tous blonds tout en étant incroyablement français.
La Citroën roule sur les pavés luisant de bruine et tu remets le chauffage, l’émotion n’ayant pas laissé ton humain en un seul morceau. Ses cuisses sont couvertes de chair de poule et il y a quelque chose là-dedans qui te met en appétit. Tu ne saurais dire si les lunes sont plus difficiles pour toi depuis que ton manoir sent l’humain de toutes parts, ou si tu es juste fatigué ces temps-ci à cause de ta dernière commande. Mais celle-ci livrée tu vas pouvoir prendre un peu de repos, et pourquoi pas des vacances...

--------------------

Tu ne fermes pas l’œil. Pourtant tu devrais. Tu es cerné, plus que de coutume, et pour t’apaiser ton esprit te rappelle que la prochaine cérémonie est pour bientôt. Le dos de ta main glisse de tes paupières jusqu’à tes lèvres sèches que tu humidifies d’une caresse de langue, les yeux ouverts dans le noir et les flammes de ta cheminée. Le manoir dort et tu te lèves, ne prenant pas la peine de fermer ton peignoir écarlate, descendant dans la cuisine te faire toi-même une tasse de sang de vierge mais…horreur ! Le réfrigérateur est vide ! La mégarde d’Arno te met en colère, depuis quand oublie-t-il tes besoins nocturnes ? Certes ponctuels, mais existants ! Il dort profondément dans sa chambre et tu retiens un élan de cruauté qui le verrait faire d’atroces cauchemars de vaisselle sale et de cheveux dans la bonde de la douche. La tasse se brise dans ta poigne ; tu n’as pas envie de descendre à la cave, tu n’as pas envie de faire dans la dentelle et tes pas t’emportent comme un ouragan jusqu’à l’étage où tu passerais volontiers sous les portes si ce pouvoir était réellement applicable par ceux de ta race. Tu es chez toi aussi tu n’as pas besoin d’être « invité » pour franchir une porte. La porte. Sa porte.

- Arno ! Pourquoi n’y a-t-il plus rien à boire…

L’homme aux yeux glacés se dresse dans les draps comme mu par l’appel du devoir et passe une main sur son crâne.

- Monsieur…je suis vraiment désolé, je ne voulais pas vous inquiéter mais la livraison habituelle a été retardée par des problèmes de douane…Je ne pensais que vous auriez soif aujourd’hui…Je ne…


Tu tournes en fauve, faisant voler le bas du peignoir autour de tes jambes nues. Tu chasses d’un geste ses paroles.

- Ce n’est pas suffisant ! La présence de cette créature me rend plus nerveux que d’habitude et mon métabolisme brûle d’importantes quantités d’énergie pour me maintenir dans des conditions décentes.


Arno s’assoit et vient aussitôt te ramener dans le monde sensoriel. Tu t’égares, tu pourrais te perdre, fais attention, ses grandes mains sur tes joues, c’est ce qu’elles disent.

- Personne ne vous demande d’être décent, Monsieur. Soyez vous-mêmes.

Tu retrousses les lèvres sur tes crocs sortis et lâches un sifflement reptilien. Vos yeux se croisent et tu vois tout l’amour qu’il te porte, depuis toujours, depuis que tu es entré dans sa vie. Lui, si vieux, si conciliant quand tu le réveilles en pleine nuit par faim, quand tu le maudis et le fustiges quand la cuillère n’est pas droite dans le café…

- Je vais les appeler, Monsieur.  Vous devriez aller vous recoucher. Je m’en occupe.

La fraîcheur de ses doigts, et quand elle te quitte tu as l’impression de tomber dans un gouffre glacé où tes souvenirs t’attendent comme autant de Charybde et Scylla. Mais il y a longtemps que tu n’écoutes plus ton père et vas te recoucher sagement. Quelques portes plus loin tu t’échoues, la poignée se tournant d’un crochet mental. On se dresse dans le lit à ton intrusion, et cette odeur qui monte à tes narines... Il tend la main pour allumer la lampe de chevet que tu écartes de sa portée, t’approchant comme un ivrogne, bancal, haletant, furieux, affamé. La porte ne fait aucun bruit en se refermant et tu sens son corps se tendre dans le noir où il n’y voit rien quand tu vois tout. La peur sur son visage, l’incompréhension, ses cheveux défaits, ses épaules nues. Une main invisible lui saisit la gorge fermement et le fait ployer dans les draps quand tu t’approches encore et poses le premier genou sur le lit à baldaquin de Samael. La lampe de chevet se brise au sol.

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