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/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

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Sur le sentier de la gloire [Partie 1] [Charles] [Terminé]

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MessageSujet: Sur le sentier de la gloire [Partie 1] [Charles] [Terminé]   Mer 23 Aoû 2017 - 18:34



Mon voyage s'était fait sans encombre, Empuse avait payé cher pour s'assurer que j'arrive à bon port sans subir le moindre désagrément. J'avais, une petite heure après mon départ, sombré dans un sommeil qui m'était nécessaire afin de préserver mes forces, et je n'avais rouvert les yeux que de nombreuses heures plus tard pour voir, à travers les vitres de l'engin volant, les lumières scintillantes d'une immense piste d’atterrissage.

Malgré la pression qui pesait sur mes épaules, je n'autorisais aucune angoisse à venir s'enrouler autour de mon cœur, et je suivis mon escorte sans un mot jusqu'à la sortie de l'avion. Pas un mot ne me fut adressé, pas plus que je n'en accordais à l'homme qui m'accompagnait pour être certain que j'étais remis entre de bonnes mains. Il avait pour ordre de rester dans les parages jusqu'à ce qu'un mystérieux majordome nommé « Arno » ne daigne jeter son dévolu sur ma personne, ou Charles d'Ozran lui-même. Si un autre homme que l'un de ceux là faisait mine de vouloir m'acheter, mon escorte avait pour ordre de faire une offre gargantuesque pour m'acquérir et ainsi m'éviter de me retrouver bloqué avec un propriétaire lambda.

J'étais pour Charles d'Ozran. Personne d'autre.

Je n'avais, évidemment, aucune possession personnelle, mis à part le kimono blanc que je portais bien serré autour de moi à l'aide d'un large obi masculin, et je gardais mes mains à l'intérieur de mes larges manches tout en emboîtant le pas de mon gardien, l'air docile. Il ne me fit que peu marcher, et je n'eus que quelques minutes pour goûter l'air de ce nouveau continent avant de devoir m'installer dans une voiture noire. Sa compagnie, insipide et silencieuse, m'autorisa à me plonger dans le rôle que je devais tenir dès à présent et ce, jusqu'à l’exécution de ma mission.

¤

Ma vente au magasin d'esclave était déjà toute arrangée : j'étais la possession vierge d'un richissime chef d'entreprise qui, finalement, ne désirait plus s'encombrer de moi et me cédait au plus offrant. Les pistes avaient été brouillées pour ne pas pouvoir remonter jusqu'à Empuse. Empuse, lui, comptait sur la récurrence des achats qu'effectuait Charles pour alimenter ses besoins sacrificiels, pour que je lui sois bien vite confronté.

Alors que mon escorte terminait de signer quelques papiers pour me céder au marchand, j'étais conduit à l'étage des « hybrides de luxe, section intouchés ». Je répondais poliment à celui qui marchait à mes cotés, ma voix douce et disciplinée ne trahissant en rien l'impatience que j'avais de m'extraire de ce lieu médiocre...

J'eus à peine le temps de poser une fesse sur l'une des banquettes qui meublaient cet étage luxuriant peuplé de quelques chastes et timides créatures, que trois d'entre-elles s'approchaient de moi, sans doute pour effectuer un rituel de bienvenue solidaire. L'un d'entre eux avait la peau brune et des oreilles de singe tandis que les deux autres possédaient d'indéniables gênes félins, au vu de leurs queues tachetées et de leurs yeux dorés. Le singe s'assit à mes cotés, les deux autres à mes pieds, formant ainsi un petit cercle, et ils m'adressèrent quelques mots d'une voix basse et bienveillante auxquels j'allais répondre lorsque, dans l'angle de mon regard, je perçus le crâne chauve d'un homme au regard perçant.


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Dernière édition par Samael le Jeu 31 Aoû 2017 - 11:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sur le sentier de la gloire [Partie 1] [Charles] [Terminé]   Jeu 24 Aoû 2017 - 9:29

Arno était dans la famille depuis trois générations. Ça ne faisait pas de lui une créature très vieille, mais suffisamment ancienne pour avoir développé un sens aigu du devoir, en serviteur de qualité qu’il était, dévoué majordome de Charles Asmodeus d’Ozran, avant lui de Thècle Basileus d’Ozran et encore avant lui de Balthazar Octavius d’Ozran. Il pouvait témoigner : le grand-père était loin d’être aussi souple et poli que le petit-fils, son statut avait bien évolué depuis lors, il n’avait vraiment pas à se plaindre de sa position sociale, très bien payée cela dit en passant. La seule chose qui le rendait nostalgique et plutôt soucieux était le fait que Charles ne pourrait donner de descendance à sa famille. Il était le dernier maillon d’une chaîne qui allait se casser, même s’il daignait offrir le Don Obscur à un humain – ce qui n’arriverait certainement pas – son sang demeurerait tari à jamais. Son père en avait eu conscience, et peut-être que de toute façon, la maladie l’avait rendu stérile…Quoi qu’il puisse en être, en bon majordome, il s’inquiétait du devenir de son maître.

Charles était loin d’être loquace, mais il lui épargnait au moins ses intrusions mentales  - la plupart du temps - ce qui était une compensation à ses moments de caprices. Mais même en l’ayant épaulé depuis son plus jeune âge, Arno méconnaissait le jeune vampire, et cela n’était pas pour le rassurer.
Récemment il avait été fort surpris par les événements tournant autour d’un certain chien noir qui avait évité mille morts horribles par des procédés que le quinquagénaire ne parvenait pas à comprendre. Toutefois le chien était parti, et les choses étaient « rentrées dans l’ordre », s’il pouvait le dire de la sorte. Charles avait été extrêmement violent et introverti les semaines qui avaient suivi ce départ, plus encore qu’à l’accoutumée, et avait multiplié les sacrifices pour son compte personnel et les rendez-vous insolites dans sa chambre avec les meilleures « cerises » que le marché pouvait offrir. Des fruits au pédigrée soigneusement étudié, soigneusement conçus pour une clientèle ultra spéciale, ultra exigeante et qu’il était rare de trouver dans les boutiques dites légales. Charles d’Ozran consommait les perles vierges du marché noir, seules à même de ravir ses papilles intolérantes à toute forme de perversion du sang.
Et c’était l’objet de la sortie du jour pour le vieux majordome : acquérir une nouvelle figure pour cette fois une cérémonie importante : le sabbat de l’année, pour lesquels les premiers vampires offraient sept jeunes hommes à Bélial ; Charles lui, voulait prouver à ses fidèles qu’il était possible de rassembler sept âmes en une seule. Arno était désormais l’intermédiaire entre cette lubie et son accomplissement.

Ledit vampire ne porte jamais rien autre qu’un de ses mille costumes noirs parfaitement taillés par-dessus une chemise noire et une cravate blanche, ainsi qu’une paire de gants en cuir qui sert autant à faire le ménage qu’à manipuler sans les toucher les esclaves importés au manoir, bien qu’il utilise des gants en latex pour les laver et les purifier avant les cérémonies. Charles ne lui a pas laissé la Citroën traction, il a pris sa voiture personnelle, une Audi TT noire qu’il conduit prudemment et se gare dans le parking souterrain de la boutique ; un brin de discrétion pour les potentiels acheteurs de ce « genre d’endroits ». Sa stature très impressionnante et remarquable laisse le vendeur souriant. Bien sûr ils se connaissent, Charles « commande » très souvent ici. L’homme est tenu dans la confidence par la simple connaissance de son futur très proche s’il vendait la mèche. Arno lui donne une poignée de main énergique qui ne s’attarde nullement et fait vœu de son actuelle requête, expliquant rapidement le concept d’une âme pour sept. Romero a l’habitude, il connaît les goûts de Charles, aussi il emmène Arno à l’étage, lui signalant un « arrivage » tout frais avec une ardoise lisse et vierge comme un vase de porcelaine.

Les yeux bleus patients du majordome trouvent immédiatement l’objet de la conversation, assis au milieu d’hybrides sans grand intérêt autre que leur virginité, miracle immaculé au sein d’un nid de cloportes. Il l’a tout de suite vu, il a vu ses cornes. L’esclave aussi l’a vu, et d’une façon tout à fait étrange il y a une certaine familiarité dans leur échange marqué par le silence.

- Vierge, hybride vipère à cornes, 18 ans, peau de velours, grands cils noirs naturellement maquillés et…

- Il n’est pas blond.

La sentence tombe comme un couperet. Arno a des consignes strictes, il ne peut pas « tenter le coup » de la nouveauté sur sa simple curiosité. De plus son maître évite les hybrides d’ordinaire, jurant que leur part animale est une souillure. Pourtant la ressemblance est…frappante…
Allons bon, il ne devrait même pas penser de cette façon. Romero n’est pas déstabilisé pour autant et invite le jeune homme à se lever et à tourner sur lui-même dans son luxueux kimono blanc.

- Il n’est pas blond mais crois-moi il n’a pas besoin de l’être, il est superbe sous tous les angles, il a la peau tendre et …il est unique dans son hybridation. Un petit fantasme de son précédent maître, un bonhomme assez friqué qui voulait une créature de rêve suffisamment dangereuse pour mettre un peu de piment dans sa vie. Sauf que notre beauté est inoffensive, pas de crochets, pas d’écailles, par de sonnette, rien. R.A.S. C’est une petite poupée.


Le grand chauve au visage dur préfère éviter de faire remarquer au marchand qu’il vient de faire preuve d’une vulgarité déplaisante envers lui, et se contente de ciller à la mention du dernier mot. Unique. Il attend. Il veut que l’esclave fasse ses preuves avant de dépenser la confiance de Charles.

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MessageSujet: Re: Sur le sentier de la gloire [Partie 1] [Charles] [Terminé]   Jeu 24 Aoû 2017 - 15:37



Le grand homme au crâne lisse et aux traits fermes ne semblait pas ici pour faire une acquisition pour son propre plaisir. A mes yeux, il avait tout du sbire envoyé quérir quelque chose à la demande de son maître, et cette allure loyale du domestique désireux de faire appliquer les consignes de son maître à la lettre. Souple et fluide, je me levais, me soustrayant aux doigts des éphèbes qui semblaient apprécier la texture douce de mon kimono, et m'écartais d'eux d'un pas, un sourire mesuré aux lèvres, poli.

Je savais, par Empuse, devoir rester dépouillé de toute vulgarité, aussi je m'appliquais à me tenir éloigné de toute attitude provocatrice et grossière. Il y avait une chance pour que cet homme soit le majordome dénommé Arno, et, si je ne m'attendais pas à y être confronté si tôt, l'idée de ne pas passer plus d'une heure dans cette boutique me convenais parfaitement.

L'oreille concentrée sur les arguments avancés par mon vendeur, et les yeux récoltant attentivement les réactions du chauve, je pivotais lentement sur moi-même, retenant un mince sourire à certaines de ces remarques. Ils étaient vampires, quel danger aurais-je pu représenter, moi, un simple être mortel, quand bien même j'aurais été doté du plus létal des poisons ? Quelle maladresse de la part de cet homme. Sa tirade ne trouva comme réponse que le silence de l'homme que je supposais être Arno, et, face à son regard des plus droits, j’entrouvrais légèrement les lèvres, posais une main à plat sur mon cœur avant de m'incliner de quelques centimètres en avant, baissant les paupières en le saluant d'une voix calme.

« Monsieur. »


Point de surcharge cérémonieuse dans cette révérence, et je me redressais dans un froissement de soie pour poser mon regard sur lui. Le marchand esquissa un sourire comme pour m'inviter à prendre la parole, et je m'avançais d'un pas supplémentaire.

« Mon créateur m'a nommé Samael et, bien que me voulant poupée, a eut la bonté de me doter d'une âme. Il est bien au delà de ma portée de deviner quelles sont vos attentes à mon égard, mais la  volonté que j'ai de vous satisfaire, Monsieur, est sans faille. »


J'ignorais si, sous le silence et le regard perçant de cet homme, il se trouvait en réalité une autorisation à continuer mon monologue, aussi m'autorisais-je une brève œillade interrogatrice vers mon marchand. Celui-ci, d'un léger mouvement de tête, m'encouragea à continuer, et je ramenais donc mon visage vers celui du chauve, en m'humidifiant légèrement les lèvres pour feindre une très légère gêne.

« Je n'ai jamais été consommé, d'aucune façon que ce soit et je... Je ne reculerais devant rien pour vous plaire, Monsieur. »


Il m'étais aisé de faire naître une teinte rose sur mes joues pour simuler le trouble, à l'aide de quelques souvenirs et images que je savais apte à augmenter légèrement mon rythme cardiaque, et je bravais un instant le regard dur de l'homme avant de baisser les yeux. Tel un jeune homme honteux de sa hardiesse potentiellement déplacée, je déviais le regard sur le coté et lissais le col de mon kimono d'une main, attendant un mot du chauve pour savoir où me placer.

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MessageSujet: Re: Sur le sentier de la gloire [Partie 1] [Charles] [Terminé]   Jeu 24 Aoû 2017 - 17:50

Personne ne l’appelle « Monsieur », mais à part un froncement de sourcils déjà très inclinés, rien ne permet de connaître sa pensée profonde. Ohh Arno n’est pas aussi doué en la matière que son maître, mais à force de le fréquenter on peut dire qu’il s’est imprégné malgré lui de cet état de fait, et qu’il est passé habile dans cet art du camouflage facial et corporel. Il ne bouge pas d’un pouce et observe, ne demandant rien d’autre que l’assurance que l’argent de Charles soit bien dépensé. Il voudrait faire une affaire, il doit obtenir une âme particulière. Mais celle-ci est fort bavarde, voilà qui agacerait le bijoutier. Il n’aime pas le verbiage volant sous tous les vents, tous les climats, il ne veut ni cris, ni conversations intelligentes ; après tout, les esclaves sont voués au silence de la Mort.

- Bavard votre serpent à sonnette.

Dit-il de sa voix au timbre très bas, comme un écho des roches les plus profondes. Elle râpe, elle raccroche et elle n’a rien de chaud et de rassurant. C’est la voix d’un homme usé d’habitudes. Et il n’a pas pour habitude qu’un esclave parle autant. Le marchand se sent confus et obligé de repréciser que « Samael » est une vipère à cornes et non un serpent à sonnette. Dans sa bouche le reproche est palpable. Bien sûr, Arno sait ce que signifie ce prénom, et le garçon en kimono a peut-être ici et seulement ici marqué le point qui allait le rendre indispensable à la collection de son maître.
Un nom pareil, ce ne peut être une coïncidence. Impossible.
Arno regarde sa montre quand l’esclave cornu s’évertue à mimer des sentiments qu’il sait être factices et vilement séducteurs. Il va être en retard, ce qui serait intolérable, aussi il s’approche du jeune homme et ses yeux de glace en font un examen approfondi. Il n’a pas le droit à l’erreur, il ne peut se tromper, mais comment le pourrait-il, face à une créature – certes bavarde et hypocrite – si proche en tous points physiques des représentations les plus anciennes du Dieu de son maître…Le doute s’échappe.

Comprenant que l’affaire est dans la poche, Romero fait signe au majordome de le suivre légèrement à l’écart, mais celui-ci ne quitte pas des yeux la précieuse proie.

-Bien. Combien en demandez-vous ? Monsieur d’Ozran attend énormément de vos services, comme vous le savez, c’est une acquisition « spéciale ».



----------------------------------------------


Arno est de retour. Cela tombe bien, tu viens de terminer d’examiner les échantillons que l’on t’a envoyé de ta mine au Botswana, et de trier les pièces que tu pourras utiliser pour ta prochaine commande, un véritable bijou qui te passionne et pour lequel tu pourrais bien composer une copie pour ta propre "argenterie". Les plans sont sur le pupitre de ton bureau, esquissés de ta propre main à l’aide d’un fusain très fin, et pour l’instant tu n’es ni contrarié ni insatisfait, ce qui pourrait presque te rendre de « bonne humeur ».
Tes sens ne sont pas très bien développés mais pas assez insignifiants pour que tu n’entendes pas la porte d’entrée et le pas pressé de ton majordome ainsi que celui de l’esclave qu’il vient d’aller chercher, chez Romero, très probablement.
Les petites lunettes d’horloger aux montures en or délicat quittent l’arête de ton nez pour regagner leur fourreau dans le premier tiroir du bureau, et tu te lèves pour sortir de la pièce dans un superbe drapé de peignoir en soie rouge. Ta douche prise, il émane de ta peau bleue et noire une odeur de nard ancien et tes cheveux forment des boucles neigeuses assouplies par le soin à l’huile de jojoba. Pieds nus tu te diriges vers le salon où tu croises tes longues jambes dans l’échancrure du peignoir, assis en statue parfaite dans ton fauteuil de prédilection, devant la cheminée, et ce peu importe la saison. Que personne ne soit là pour contempler tes poses n’a aucune espèce d’importance. « Attends ici. » Ordonne la voix de ton majordome, chose peu commune puisque d’ordinaire il ne fait pas traverser le manoir aux esclaves, il passe directement par le couloir pour aller à la salle de bain et…

- Monsieur…pardonnez-moi je sais que c’est l’heure de votre « café » mais…

- Quelque chose te trouble donc pour que tu peines à trouver tes mots ? Va droit au but, j’ai soif.

Arno effectue une courte révérence, les yeux fermés. Tu n’es pas sûr de comprendre ce qui est en train de se tramer, et tu n’envisages pas d’être trahi par l’homme qui a servi ton père et ton grand-père. Tes yeux se plissent, frangés de cils corbeau, et ton index à la chevalière vient tapoter l’accoudoir.

- Et bien ?

- Voilà Monsieur, j’ai pensé…

- Je ne te paie pas pour penser mais pour obéir. Penser ne fait pas partie de tes prérogatives.

- Oui, Monsieur…

Ton cher serviteur est en train de se liquéfier à l’idée d'affronter ton courroux. Tant d'années de parfaits services et voilà qu'il commence à ne plus maîtriser aussi bien son sujet ? Cela ne lui ressemble pas, il ne prendrait pas le risque de te mettre dans de noirs états sans que cela en vaille...la peine ?

- Il vaudrait peut-être mieux que vous voyiez par vous-mêmes.

Tu sens tes crocs te gratter la gencive et le temps qu’il revienne tu as attisé les flammes pour occuper la frustration de ton encas refusé. Tu crois rêver, est-ce qu’il est en train de te présenter le « repas » du sabbat ? Tu le fusilles du regard et il baisse la tête, tenant l’esclave d’une main gantée sur l’épaule, main qui retombe bientôt.

- C’est une plaisanterie ? Aurais-tu oublié le protocole ??

Ta voix monte puissamment dans la colère, c’est un affront et ton humeur est en train de dégringoler le long des cercles infernaux. Tu t’es levé, massif et superbe dans ton aura de créature de la Nuit, et si tu n’es pas beau tu comptes bien inspirer la crainte. La gifle mentale qui atteint Arno le fait reculer en se tenant le visage ; tu es trop tendre avec lui, tu t’es…amolli. Mais alors que tu t’apprêtes à pénétrer l’esprit de l’esclave pour lui faire perdre connaissance et ainsi effacer ce souvenir, la voix d’Arno résonne à tes tympans comme un instrument désuet mais plein de promesses.

- Il se prénomme…Samael, Monsieur.

Ton « souffle » est coupé, harponné, son ton ne présage aucun mensonge. Tu veux en avoir le cœur net, aussi tu daignes poser les yeux sur l’humaine présence dont le nom t’évoque un respect qui est au moins aussi grand que celui que tu portes pour Bélial.
C'est...une plaisanterie...

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MessageSujet: Re: Sur le sentier de la gloire [Partie 1] [Charles] [Terminé]   Jeu 24 Aoû 2017 - 18:42



L'observation sur mon débit de paroles me fit baisser les yeux sur un rougissement cette fois sincère. Honteux de ce faux pas, je fis alors preuve de davantage de retenue tout en restant tout à fait disponible pour l'homme au crâne chauve. Profil bas et joues rosées, je retins difficilement mes yeux de s'écarquiller lorsque le nom de mon futur propriétaire parvint à mes oreilles. Ozran.

Mon cœur voulu s'emballer, mon visage fut tenté de se déformer, mais je tenais l'entièreté de ma personne dans un écrin de fer et me contentais d’emboîter le pas d'Arno lorsque celui-ci m'ordonna de le suivre. J'étais, dès à présent, en sérieux danger de mort, et toute mon énergie se consacra à protéger mon esprit d'éventuelles intrusions. Au terme du trajet, mon esprit était sur le qui-vive, près à se vider ou, à l'inverse, à se remplir instantanément de scènes infernales si je ressentais le moindre picotement précédant une intrusion mentale.

Je ne m'attardais pas sur le riche décor qui m'entoura dès que j'eus franchi les portes du manoir de Charles d'Ozran. Il me serait donné, plus tard, si je parvenais à survivre, d'admirer les fresques et moulures de l'endroit. Je fus laissé seul un instant, planté comme une statue de plâtre au milieu d'un hall immense, et patientais sans bouger ni toucher quoi que ce soit.

Puis je Lui fut présenté.

Le souffle me manqua, mon cœur se prit d'une brutale envie de rater un battement, et j'entrouvrais la bouche, stupéfait par la silhouette de l'homme que je savais être Charles d'Ozran. Qui d'autre aurait-il pu être, cet homme à la crinière de prince et aux yeux d'abysses ? L'habit rouge qu'il portait lui conférait une allure implacable, qui, combinée à sa voix puissante et lisse, me fit avoir un léger mouvement de recul, bien moindre comparé à celui de son majordome qui porta une main à sa joue, atteint par l'invisible courroux de son maître.

Il était là, juste devant mes yeux, le tourmenteur, le terrible Charles d'Ozran. Toute ma vie avait été orchestrée pour me préparer à ce moment précis et pourtant, lorsqu'il daigna finalement tourner son monstrueux visage bardé de cicatrices pour poser ses yeux sur moi, je ne pus me prémunir contre une terrible pensée parasite.

Il était magnifique.

La surprise légèrement effrayée m'avait figé un instant, les yeux ronds et la bouche entrouverte, et je fus incapable de baisser immédiatement le regard. J'eus le temps de rencontrer ses prunelles dorées baignées d'ombres irrégulières puis, après une éternité de retard, je scellais mes lèvres entre elles avant de faire chuter mon regard au sol.

Il était bien au-delà de tout de qui m'avait été décrit !

Respirant le plus doucement possible, je fixais mon regard sur ses pieds et enfermais mon trouble au plus profond de mon esprit. Je n'osais prononcer le moindre mot, persuadé que ma vie ne tenait qu'à un fil.

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MessageSujet: Re: Sur le sentier de la gloire [Partie 1] [Charles] [Terminé]   Jeu 24 Aoû 2017 - 22:01

Il est sublime. Ta plaisanterie est sublime. Comment…comment un être si insignifiant peut mettre un tel chaos dans tes pensées. Ton regard est éperdu, incrédule, profondément choqué. Samael. Samael. Samael. Face noire de Dieu, Ange-Poison, celui qui chez les immondes chrétiens s’incarna en serpent pour que les hommes quittent à tout jamais le Paradis, mais pour toi plus encore que ces contes malpropres de mortels, le premier fils de Bélial, celui qui fait se lever les vents de feu, celui qui chevauche le Bouc et le Cheval et porte une couronne de lumière noire…Samael, Ange de la Sagesse Obscure.
L’ignoble coïncidence te ferait courber l’échine si tu ne te reprenais pas immédiatement. La créature possède trois cornes violacées et les cils les plus magnifiques qui soient, et tu n’as nul besoin de sacrifier de ton pouvoir en violant son cerveau pour savoir qu’il est terrorisé à l’idée de croiser encore tes yeux si particuliers, des yeux que l’on ne voit qu’une fois, souvent avant de mourir. Il a baissé les yeux et tu ne le contemples que mieux ainsi, son teint de porcelaine, la richesse de ses vêtements, la finesse de ses oreilles dépassant d’une chevelure d’ébène, lisse et souple comme tu n’en as encore jamais vue.
Ton âme transpire. C’est un cadeau, un indubitable cadeau, qu’il soit incarnation ou simple copie, tu n’es pas encore en mesure de savoir précisément, mais tu es subjugué. Cependant ta méfiance ne dort jamais, c’est un serpent subtil qui ne se satisferait pas de gâteaux au miel pour baisser sa garde. Ta bouche forme quelques syllabes, quand penché sur la parfaite illusion de ton fantasme profond, tu scrutes Arno par-dessus son front.

- Où…l’as-tu trouvé ? Je veux son dossier.

- Chez Romero, Monsieur, comme d’habitude. Et je n’ai pas...

-JE VEUX SON DOSSIER !

Arno écarquille les yeux une seconde en te fixant, toi-même tu es surpris de ton élan autoritaire. Tu plisses les yeux et te grandis, glissant dans son esprit, ce qu’il déteste et que tu fais si peu mais il t’y contraint en ce moment. Que t’a donc fait cette nuit pour être si changée de ses sœurs ?

- Bien Monsieur. J’irai le chercher dès demain.

Soudain tu te sens intensément fatigué. Pas d’avoir crié, mais d’avoir brûlé tes rétines dans la contemplation. Rien que pour cela tu vas devoir te flageller, exorciser ces images qui flottent derrière tes rétines. D’un geste de la main tu chasses ton majordome, l’enjoins à emporter l’esclave avec toi.

- Lave-le, prépare-lui une chambre, hors de ma vue.

Te voilà seul, obéi, enfin. Tu te laisses tomber dans le fauteuil comme un saule ploie sous une brise capricieuse et appuie la coupe de ta mâchoire entre ton index et ton majeur, ne trouvant meilleur remède à tes émotions que la fabrique du feu avec lequel tu joues, entraînes ton psychisme. Tu as comme un pressentiment, celui que l’humain aux longs cils amènera le désordre dans ta maison.
Tu dois…t’en débarrasser au plus vite.

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MessageSujet: Re: Sur le sentier de la gloire [Partie 1] [Charles] [Terminé]   Ven 25 Aoû 2017 - 23:30



J'aurais pu crier au fiasco et au scandale, outré de m'être fait congédié ainsi sans même avoir récolté le moindre mot de la part de Charles d'Ozran. Mon orgueil aurait pu être piqué, mais je ne ressentais pourtant qu'une étrange pointe de soulagement coupable tandis que je me faisais emmener loin de la haute figure du propriétaire des lieux. Avant de passer les portes de l'immense salon, une avidité curieuse me poussa à ralentir mes pas et à me retourner un instant. D'un bref regard, je gravais sur mes paupières les moindres détails de ce que je pus alors voir de Charles d'Ozran. Je cru déceler, dans ses terribles prunelles et le plissement infime de ses sourcils clairs, un soupçon de surprise qui m'aurait parut d'excellente augure si je n'avais pas eu l'intime conviction que cet homme...

N'avait pas encore décidé de mon sort.

¤

Je ne possédais pas une odeur corporelle très prononcée, et ne n'avais pas une grande tendance à la transpiration, aussi une douche quotidienne suffisait-elle largement à me maintenir dans un parfait état de fraîcheur. Pourtant, sans jamais quitter ses gants, le majordome chauve s'appliqua à me décaper la peau comme si j'avais été le plus dégouttant des détritus, passant et repassant son éponge jusqu'à ce que mon épiderme ne change de couleur et que je ne puisse retenir un sifflement mécontent. Ce dernier me valu un haussement de sourcils sévère et réprobateur de la part du domestique, et je baissais les yeux en le laissant faire à sa guise malgré mon épiderme qui me démangeait.

Il me laissa ensuite tremper dans un bain dont la surface était rendue opaque par une épaisse couche de mousse, et s'attaqua à mes cheveux, armé d'une brosse et d'une myriade de produits capillaires. Je serrais les dents devant son manque de délicatesse, tentais de bloquer ma nuque pour empêcher ma tête de valdinguer à chacun de ses coups de peigne, et il me fallut toute ma volonté pour ne pas m'extraire de ses mains en lui hurlant que je saurais m'occuper de ma chevelure par mes propres moyens.

Mon calvaire s'arrêta lorsque je fus nu, sec et frissonnant. Après avoir gratifié ma peau d'un vigoureux huilage pour la rendre plus souple, brillante et hydratée, le chauve me fit don d'un peignoir avant de m'amener à travers quelques couloirs qui débouchèrent sur une chambre. Mes consignes furent les mêmes que celles qui m'avaient été données un peu plus tôt : ne pas bouger et attendre. La porte en bois lourd se referma sur le majordome et je restais là, impassible au milieu de cette vaste pièce, mon regard noir rivé sur la serrure qui cliqueta.

Enfin seul, les pieds glacés d'avoir marché sans souliers sur le sol froid, je m'autorisais enfin à porter mes mains à mon visage, cachant mes traits au creux de mes paumes. Un frisson me secoua les épaules, mes jambes ployèrent pour lentement m'amener vers le sol, et je serrais les lèvres pour retenir un gémissement plaintif ou un sourire dément. J'oscillais entre terreur et joie, et j'eus besoin d'un long exercice respiratoire pour retrouver un état plus stable.

Passé le choc de la rencontre, laissé seul, je repris petit à petit possession de mes moyens et observais davantage mon environnement. Le lit était spacieux, encadré par deux tables de chevets et une grande armoire y faisait face. Je l'ouvris, pour n'y trouver que du lingue de maison plié au carré, un pyjama et un long vêtement blanc, et la refermais en fronçant les sourcils. Du plafond pendait un grand lustre sobre mais scintillant, un gros fauteuil comblait l'un des quatre angles de la chambre, et plusieurs tapis visaient à préserver les pieds de l'occupant des lieux. Une grande fenêtre, au rebord assez large pour s'y asseoir confortablement, donnait sur l'extérieur que la nuit m'empêchait pour le moment d'observer.

Et c'était tout. Il ne se trouvait ici, nulle distraction. Cette chambre n'était pas destinée à un résident régulier.

C'était une chambre de sacrifice.

J'étais malheureusement bien en peine de pouvoir faire quelque chose pour arranger ma situation, tant que personne ne pointait le bout de son nez pour me voir. Aussi pris-je le parti d'allier l'utile à l'agréable, et je grimpais sur l'épais matelas qui avait certainement embrassé bien des jeunes hommes avant moi, et détachais les tentures foncées pour me feutrer au cœur du baldaquin, me mettant ainsi à l'abri de la lumière agressive du lustre. Je m'y asseyais en tailleur, les paumes sur mes genoux, et j'envoyais mes cheveux valser loin derrière moi, traçant des coulures noires sur les draps blancs. J'inspirais profondément, fermais les yeux, et attendis.

L'esprit vide, hors du temps et des émotions.

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Amduscias le Blanc

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MessageSujet: Re: Sur le sentier de la gloire [Partie 1] [Charles] [Terminé]   Sam 26 Aoû 2017 - 10:59

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