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/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

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Ce n'est pas comme à la maison, c'est mieux ! [Pv : Raimbert]
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MessageSujet: Ce n'est pas comme à la maison, c'est mieux ! [Pv : Raimbert]   Dim 6 Aoû 2017 - 22:07

Welcome !
Chaque nuit commence de la même manière. Le téléphone qui sonne sur une musique joyeuse pour me forcer à sortir de mon sommeil de marmotte. J'ouvre les yeux en ronchonnant, fais chier. Vraiment. Je prend mon téléphone pour couper la sonnerie et réalise. J'ai faillit oublier que quelque chose d'important arrivait cette nuit. Damn, ça serait dommage. Heureusement que je l'ai noté sur l'agenda de mon téléphone qui s'empresse de me le dire « Arrivée de... ». Le reste est caché par la petite taille de l'écran, mais je sais très bien de qui nous parlons ce soir. Un invité de longue durée et de marque. Allez débilos, lève ton cul et va te faire beau ! Je quitte mon lit en m'étirant longuement, craquant mes vertèbres. Est-ce que je me fais vieux ? Bien sûr que non ! J'ai juste eu un jour mouvementé... Hu hu, je ne m'étendrais pas sur les détails. Je regarde vite fait mes mails. Pas grand chose d'intéressant. Juste un de lui : « Merci encore d'avoir accepter. » . Je lui répond vite fait un de rien avant d'éteindre mon téléphone et me préparer. Direction la salle de bain. Se débarbouiller un coup, un semblant de coiffure et ça iras très bien. C'est pas mon mari non plus. Et ouais, j'sais, j'en ai pas ! Un jour peut-être.... Bref ! Je m'égare totalement.

Je remonte à ma chambre après avoir rappeler à Shaya l'arriver de notre invité. Bien sûr, il a tiré la tronche, mais je m'y habitue. Tant qu'il ne se fâchent pas, tout iras bien. Ouverture de la garde-robe, que mettre ? J'allais quand même pas mettre mon costume dit du pingouin. J'hausse les épaules et opte pour la chemise blanche pantalon noir, combo classique, parfait. Ai-je bien remis mes lentilles ? Oui bien sûr, je n'y manque jamais ! Eh bien je suis parfait ! Mais est-ce que la demeure l'est ?... Je panique soudainement et court comme un idiot vers la salle à manger où traînait encore les sachets de chips et les cadavres de bouteilles vidés pendant le visionnage d'un DVD tout récemment. Je devrais vraiment faire davantage le ménage. Un peu plus et ce spectacle serait devenu la première vision de l'état de la villa. Mauvais pour l'image, clairement très mauvais. Bon, je reconnais, lors de notre première rencontre, j'avais fait roulé discrètement un... truc en plastique en forme de saucisson sous le canapé. Allez savoir si il est passé inaperçu.

Je vérifie mes sms. J'ai donné mon numéro à cet homme a notre première rencontre. Il semble être sur la route, je n'ai que peu de temps pour vérifier que tout est parfait. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour l'esclave d'un ami ? Raimbert, j'ai réussi à retenir son nom. Il appartient à une connaissance qui s'est tourné vers moi pour le garder pendant un exil. Un ambassadeur qu'une rumeur dérangeante à pris pour cible. Et je ne pouvais rien faire pour lui, pas cette fois là. Il a donc choisit l'exil sur une terre promise qui n'aurait pas accepter son fils. Alors j'ai accepter de prendre soin de ce petit. Enfin, petit, il est plus vieux que moi d'un point de vue humain. Mais peu importe. De ce fait, il sont déjà passés par chez moi pour régler quelques détails et faire connaissance. Mais c'est aujourd'hui qu'il va poser ses valises. Les conditions sont claires, tout devrait bien se passer. J'ai plutôt confiance sur ce coup là.

En attendant qu'il arrive, je me suis posé sur le canapé du salon, quelques dossiers du travail en main pour les consulter et réfléchir déjà aux solutions. Rien de bien compliqué en soi, mais le temps passe si vite quand on se lance dans ce genre de réflexions. Tout est prêt, je remplis mes quelques documents avant de m'attaquer à mes propres projets. De nouveaux hybrides possibles ou des évolutions possibles dans ceux déjà conçus. Le Projet Selachi avait déjà atteint un excellent niveau, je me tournais vers autre chose maintenant, quelque chose de plus félin. Oh oui tiens, un hybride félin vraiment fait pour le combat, faudrait que je vérifie dans les archives du bureau. Du bordel de mon bureau devrais-je plutôt dire. Ça sonne à la porte de la villa, déjà. Comme quoi que le temps passe vite. Je remet bien ma chemise pour lui ouvrir. C'est bien lui, mon invité à qui j'adresse mon plus beau sourire :

« Bonsoir Raimbert ! Entre, tu sais que tu comme chez toi ici ! »

Il avait déjà eu l’occasion de faire le tour de la demeure et localiser sa chambre toute prête rien que pour lui. Je me décale pour le laisser entrer, refermant la porte derrière lui tranquillement.

« Ça été le trajet ? Bah, si tu es là, c'est que oui ! »

Je m'étire de nouveau et craque encore mon dos. Restez assis me réussis clairement plus du tout. Mais peu importe, je garde mon attention sur cet humain relativement passionnant je dois l'admettre.

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MessageSujet: Re: Ce n'est pas comme à la maison, c'est mieux ! [Pv : Raimbert]   Dim 6 Aoû 2017 - 22:53

"Bon. Bah. Voilà."

Oswald contemplait ce vivant, fiérement encadré par les deux valises qui contenaient toute sa vie. Il ne comprendrait jamais ce que Sir Hopkins trouvait de si fascinant chez lui mais il devait avouer que l'humain en avait dans le pantalon. Passer deux ou trois ans à la charge d'un autre maitre et ne même pas se plaindre ou gémir... Le discours bien rodé qu'il avait préparé en prévision de cet instant lui échappait un peu plus à chaque fois que ses yeux se perdait sur cette figure souriante. A quoi bon lui souhaiter bon courage ?

"Bah salut alors... ?"

La longue berline s'en alla dans un ronflement de moteur, laissant là Raimbert. Tête inclinée et sourire en coin, celui-ci regarda le véhicule s'éloigner puis disparaitre au détour d'un virage.

Bien.

Il porta/traina ses valises jusqu'à la porte où, après avoir pris quelques secondes pour remettre d'aplomb sa cravate, il sonna. Il ne fallut pas longtemps avant qu'une boule d'énergie ne vienne lui ouvrir : Jack A Spaltter lui-même, le vampire connu de tous comme génie émérite, membre du conseil et premier consommateur du cinéma pornographique dornien.

"Merci de l'accueil. J'espère ne pas trop vous déranger ?"

Sans faire mine de cacher son sourire, Raimbert pointa du menton le ventre de son maitre temporaire. Les pans de sa chemise sortaient de son pantalon. Le vampire avait cette dégaine naturellement débraillée-tendance bordélique mais après ce que Raimbert l'avait vu pousser discrétement du pied sous le canapé lors de sa précédente visite, il ne pouvait s'empêcher de suspecter une autre cause à cet accoutrement.

Cette idée ne l'empêcha nullement de pénétrer dans la maison - après tout, chacun ses vices et Raimbert n'avait pas à les juger. Ses souliers sur mesure claquèrent sur le parquet de chêne dont la teinte brune réchauffait l'entrée.

"Et vous ? Aucune difficulté à sortir du lit ? Je vous aurais pourtant cru du genre lève-tard. Me serais-je trompé ?"

Langage presque chatié mais sourire légérement coquin, moquerie cachée sous la politesse ; Raimbert ne craignait pas le vampire et ne se privait pas pour le montrer. Jamais Sir Hopkins ne l'aurait confié à quelqu'un de mauvais, il en était certain. Arrêtant là pour le moment les assauts de politesse, l'humain commença une phrase : "Puis je aller instal-" qu'il arrêta bien vite en entendant marcer au dessus de sa tête. Qui était-ce donc ?

"Voulez-vous que je me détourne le temps de faire sortir votre amant du placard, monsieur ?"
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas comme à la maison, c'est mieux ! [Pv : Raimbert]   Lun 7 Aoû 2017 - 20:55


Welcome !
Le voilà comme prévu, ce que j'avais moins prévu, c'est que c'est un fin observateur. Je m'étais pourtant bien habillé, ça doit être la ruée vers le ménage qui a tout ébranlé ma tenue. Il est taquin, bah, c'est pas comme si je lui en voudrais pour ça. Au contraire, j'apprécie ce genre d'humour. Au moins quelqu'un avec qui plaisanter ! Alors qu'il allait me poser une question évidente, voilà que j'entends des bruits au plafond. Est-ce Shaya qui joue avec ses amis rongeurs ? Je ne voyais pas vraiment qui d'autre en fait. Je ne pouvais m’empêcher de rire en entendant la remarque de Raimbert, il en a des bonnes ce petit là.

« Ah ah, il est partit depuis un moment en fait. Il n'aime pas se faire voir ~ »

Je le prenais bien. Ma réputation est faite. Même si je suis en couple, ça ne se sait pas, et je ne compte pas faire en sorte que ça se sache. Alors même si je suis devenu fidèle, autant continuer le jeu du collectionneur d'amants. Peu importe, je remis ma chemise à peu près bien avant d'hausser les épaules :

« Ce doit être Shaya, tu as dû l'apercevoir lors de ta première venue. Il viendras peut-être te dire bonjour. Tu peux allez t'installer, tu connais la route ! »

Ai-je simplement dit avant de prendre la direction du canapé, m'effondrant dedans avant de m'étirer en baillant, sortant de nouveau la chemise du pantalon. Bah, tant pis, je ne suis plus à ça. Je sortis ce qui j'avais caché sous le canapé. En vrai, c'est un champ de bataille là dessous. Il étai donc là le canard en plastique ? Il couine quand j'appuie dessus. Ah mais... c'est à Moustache ! Le voilà qui déboule à toute allure. Fichu berger allemand, il sait se faire oublier, mais c'est bien le premier à vouloir jouer ! Le voilà qui vient me lécher la tronche avant d'attendre son jouet. Je soupire. L'ai-je nourrit ? Bonne question.

Après avoir jeter le canard qui couine pour l'occuper, je suis aller nourrir la bête poilue. Il pue... Faut que je le lave. Fais chier. Je devrais avoir le temps, Raimbert n'auras pas fini de sitôt. Bon allez, direction la salle de bain. Laissant la porte de ma chambre ouverte ainsi que celle de ma salle de bain personnelle, je retroussais mes manches avant de mouiller l'animal domestique, chantonnant simplement. La vie est simple quand on ne pense à rien. Puis je remarque :

« QUELQU'UN PEUT ME RAMENER LE SHAMPOING DU CHIEN ?! »

Ca allait dur de le rendre propre sans produit adapté. Et le lâcher maintenant est une très mauvaise idée. Ce bon petit me croqueras pas, mais il serait capable de filer tout mouillé.

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MessageSujet: Re: Ce n'est pas comme à la maison, c'est mieux ! [Pv : Raimbert]   Lun 7 Aoû 2017 - 22:20

La remarque fit rire le vampire. Un sourire franc illuminant son visage, Raimbert exécuta une petite révérence afin de saluer son public réduit à une seule personne. Le rire était son allié et il n'hésiterait pas à l'utiliser dans cette maison-ci. Si l'humain avait un petit reproche à formuler envers son Maitre, c'était ce flegme tout anglais qui le poussait à ne répondre que par un regard tristement blasé à ses plaisanteries. Fort heureusement, son tuteur semblait plus relaxé à ce niveau-ci ; la cohabitation en serait simplifiée.

Les valises lourdement chargées butèrent plus d'une fois contre les marches de l'escalier alors qu'il grimpait à l'étage. Sa chambre se trouvait dans le corridor juste à droite, voisine de celle qui abritait Shaya. La porte menant aux appartements de l'hybride était close, l'humain se garda bien d'y frapper. Lors de leur dernière rencontre, un seul regard du benjamin avait suffi à faire comprendre à Raimbert toute l'aversion que sa présence lui inspirait.

Sa chambre était vaste et accueillante, bien que chichement meublé. Ne se laissant pas démonter par le mobilier simple mais de bonne qualité, l'esclave entreprit de défaire ses valises. Quelques minutes lui suffirent pour ranger ses quelques habits dans l'armoire, poser ses affaires de toilette à l'endroit adéquat et stocker ses quelques effets personnels dans la commode. Sir Hopkins était un ancien militaire, Raimbert avait été à bonne école en matière de rangement.

Petite surprise néanmoins : il n'était pas seul dans cette chambre. Délicatement, il se pencha et cueillit entre ses mains la portée de souriceaux nouveaux-nés tapie dans le coin du tiroir. Que faire de ses petites bêtes ? Il ne pouvait pas les laisser courir en liberté dans cette maison. Une fossette triste déforma sa joue alors qu'il penchait la tête, réalisant qu'il allait devoir se charger du problème...

Mais un cri lui fournit l'excuse idéale pour remettre cette décision à plus tard. Un curieux cri d'ailleurs, doublé d'éclaboussures et d'aboiements étouffés. Les petits furent remis dans leur nid temporaire tandis que l'humain ressortait de sa chambre à grandes enjambées. Il n'eut qu'à passer deux portes, marché sur un pouic en caoutchouc pour trouver la source du tapage : une baignoire d'eau mousseuse. En plissant les yeux très fort, on pouvait distinguer sous les bulles un quadrupède imposant et un humanoide en train de le ceinturer.

"Vous faites une soirée mousse sans moi ?" demanda Raimbert en levant un sourcil, moqueur et impeccable - juste avant que l'affreuse bête ne s'échappe de la baignoire et ne lui saute dessus, l'envoyant au tapis sous le poids. Sale bête ! pensa l'humain, alors que le canidé tout propre se campait sur lui et se décidait, malgré ses tentatives pour se dégager, à lui laver tout le visage - de la langue autant que de la mousse.

Il fallut l'aide d'un abominable homme de mousse pour que l'humain réussisse à se redresser. A partir de cet instant là, étant donné que sa chemise était de toute façon foutue...

Le nuage de mousse reprit de plus belle, formée cette fois-ci d'un quadrupède et de deux humanoides. La suite mêla nombre aboiements, rires et coin-coin issus d'un canard pour le bain visiblement pourvu de piles. Lorsqu'ils en eurent terminé, la salle de bain évoquait plus un champ de bataille après le passage du déluge qu'un lieu de détente - et ça, c'était avant que le chien ne décide de s'ébrouer avant de filer ailleurs.

"Rassurez-moi : il ne doit pas être lavé tout les jours ?" fit l'humain tout en essorant au maximum sa veste au dessus de la baignoire désormais vide. La mousse était en grande partie séchée sur sa peau - à l'exception de sa lèvre supérieur, y dessinant une improbable moustache de savon séchée telle qu'aurait pu la tracer un enfant farceur.
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas comme à la maison, c'est mieux ! [Pv : Raimbert]   Mer 9 Aoû 2017 - 10:32


Welcome !
Les secours arrivèrent rapidement en la personne de Raimbert. Alléluia nous sommes saufs ! Ou presque. L'animal sauvage, content de voir une nouvelle tête, s'est défait de mon emprise pour se ruer sur le pauvre humain soudainement aplati par une masse trempée et moussue. Oups. Je me suis hâté de récupérer la sale bête mais le mal était fait, Raimbert était désormais aussi trempé que moi et le chien. Bon bah, tant pis. On a finis de nettoyer la boule puante et de mettre un bordel monstre dans ma salle de bain. On était trempés, couvert de mousse et le carrelage une vraie patinoire. Eh bien. Mais au moins on a bien rigolé ! J'observe l'humain essorer sa chemise du mieux qu'il peut et ricane avant de répondre :

« Non, je le nettoie quand vraiment c'est une infection. Très belle moustache mon cher, ça vous va à ra-vir ! »

J’enlevai aussi ma chemise pour aller l'essorer, mais dans l'état actuel des choses, il valait mieux se changer intégralement. Stupide cabot ! Bien comme son maître qu'on dirait. Après avoir essoré ma chemise, je regarde l'état du sol et soupire grandement :

« Tu devrais aller te changer je pense, si tu veux te laver, y a déjà tout ce qu'il te faut dans la salle de bain de ta chambre... Je vais m'occuper de nettoyer tout ce bordel ! Il y a de quoi te faire à manger dans les placards et le frigo, tu peux te faire plaisir. »

Je n'avais pas eu le temps d'avoir la politesse de lui proposer de quoi se restaurer un peu. Non pas que Hopkins l'ait mal nourrit, mais on sait jamais, mais la faim m'est désormais qu'un lointain souvenir. Ça m'arrive encore de manger des cochonneries ou un bon petit plat, mais ce n'est pas comme si c'était vital. Et ça, c'est le top. L’ambassadeur m'a décrit son protégé comme quelqu'un de très autonome, je ne me fais pas spécialement de soucis. J'entrepris donc d'éponger toute la flotte laissé par l'animal sauvage sûrement partit faire un petit somme dans son panier, bien installé dans un coin du salon. Mais je suis pas fou, il bougeras au moindre pouet de travers. Au moins il infesteras pas la maison !

Après une bonne demi-heure de ménage intensif, tout était comme au départ, nickel, je suis tranquille. Je mis un simple T-shirt bleu marine avec une séquence ADN imprimé sur le dos. Je crois que c'était un cadeau, je sais plus. Re pantalon noir, sec cette fois. Puis un petit détour par le bureau pour prendre quelques dossiers et descendre au salon y travailler. M'installant sur la table à manger, j'ai commencer à regarder les dossiers médicaux de divers enfants. Certains sont très prometteurs et j'allais devoir les surveiller. Bah, ce n'est pas comme si c'était vraiment un soucis ! J'entends gratter au plafond, fichus rongeurs. J'allais encore devoir appeler la dératisation. Mais comme à chaque fois, des survivants cachés par un certain fennec allait relancer la production. J'en soupire déjà.

Bah, tentons d'oublier et de penser au travail. Ces dossiers nécessitent vraiment toute mon attention, même sur ce jour de repos. Enfin, jour de repos, plutot jour de travail à la maison. Parce que le téléphone ne se retient pas de sonner et je ne me retient pas de répondre. Des demandes, des confirmations, des explications. Seigneur. Quand pourront-ils se débrouiller comme des grands ? Je répond encore et encore au téléphone tout en écrivant dans mes dossiers. Me voilà presque au bureau. A l'exception que personne de physique ne vient s'en prendre une... Ou m'en mettre une. Tout dépend de quoi on parle. Peu importe, je continue à bosser comme un acharné au lieu de profiter de chez moi et finit par me lever, direction la machine à café. Oui, ma cafetière, on s'est compris. Mais à force de recevoir des appels, je n'ai pas le temps d'appuyer sur le moindre bouton, finit par faire demi-tour et marcher dans toute la pièce en parlant encore et encore. Enfin ça s'arrête et je souffle :

« Je peux enfin avoir mon café maintenant ? Dieu merci. »

J'en avais totalement oublié que j'avais un nouveau venu chez moi et que la théorie voudrait que je me soucis qu'il se sente bien ici. Et merde.

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MessageSujet: Re: Ce n'est pas comme à la maison, c'est mieux ! [Pv : Raimbert]   Mer 9 Aoû 2017 - 19:25

L'avantage de s'être vautré dans la mousse, c'est que la toilette en était d'autant avancée. Il n'avait fallu que quelques minutes à Raimbert pour filer à sa chambre et terminer le travail en rinçant le savon, moustache comprise. La seule ombre au tableau apparut lorsqu'il revint à sa chambre, encore en train de s'essuyer : sa porte était ouverte, son tiroir mal fermé. Un regard lui suffit à confirmer ses soupçons : on avait récupéré les souriceaux. Il s'habilla d'un pantalon noir et d'un simple haut blanc, partagé entre un certain soulagement - il n'aurait pas à s'en débarrasser - et un énervement légitime à l'idée qu'on puisse aussi facilement fouiller dans ses affaires. Sitôt arrivé et voilà qu'il allait devoir réclamer un verrou... Qu'allait penser de lui monsieur Spaltter ?

La cuisine l'aida à apaiser cette tension. D'aussi loin qu'il se souvienne, Raimbert avait toujours aimé cuisiner. Dans son enfance, il se contenter de trancher les tubercules comestibles à l'aide du couteau de son père avant de les faire bouillir dans la marmite familiale ; aujourd'hui, il prenait un malin plaisir à user des couteaux, spatules, fouets et de tous les ustensiles que lui offrait la civilisation. Comble du bonheur, la maison disposait d'un lave-vaisselle qu'il mit en marche sans remord après avoir préparé et avalé son omelette au jambon et champignons. Nulle instruction ne lui avait été donnée quant à l'usage de son temps aussi l'humain se mit-il en quête de la bibliothèque des lieux - et il en aurait sans doute profité si sur le chemin son pied n'avait pas écrasé ce qui lui sembla être une girafe en plastique.

Pouic.

Ouaf !

La scène qui s'ensuivit fut riche en léchouille et bave. Impossible de lire dans ses conditions ; l'esclave fit sortir le chien et lui lança la baballe, et le bâton, et le truc qui fait pouet, et celui qui fait pouic, dans l'espoir d'épuiser la bête et d'avoir enfin la paix. Il lui fallut beaucoup de temps et d'envoi de joujou avant que le chien, devenue carpette à la langue tirée, ne le laisse rentrer en paix dans la maison.

Un café : Raimbert en avait vraiment besoin. Lorsqu'il mit le pied dans la cuisine dans l'optique de s'en servir un, un Jack agité y faisait déjà les cents pas. Bien trop poli pour l'interrompre, l'humain entreprit d'aller mettre en route la cafetière et, juché d'une fesse sur le comptoir, observa le scientifique aller et venir et venir et aller, très absorbé par la discussion téléphonique. Nombre de mots échangés n'avaient aucun sens aux oreilles du jeune homme, profane en matière de science, mais il ne doutait pas qu'il s'agisse d'une conversation de travail. Le Jack qui creusait de ses pieds le carrelage à force d'allées et venues avait une toute autre apparence que le Jack adolescent tout bulleux que le cabot avait trainé dans la salle de bain.

Enfin, le téléphone fut raccroché. Raimbert avait déjà eu le temps de se servir son café et le savourait, tranquillement assis sur la table, jambes pendantes et tête, coude appuyé sur une cuisse. Deux doigts dépliés posés contre sa tempe et le pouce sous le menton, il attendait que son maitre temporaire prenne conscience de sa présence.

- Dieu ? C'est un surnom auquel je pourrais m'habituer, prenez garde.


Sa voix lui revint, léger écho dans cette cuisine spacieuse alors qu'il descendait de son perchoir d'un geste souple pour servir Jack. Café, lait, sucre... il nota ses préférences tout en le préparant silencieusement et posa à coté un biscuit, suspectant la gourmandise de son hôte. Sir Hopkins aurait sans doute soufflé du nez face à ce manquement au sacro-saint thé anglais, songea-t-il avec un léger sourire au coin des lèvres. Ca aurait tout à fait été dans le caractère de ce vieux bougon.

- Avez-vous quelques minutes à m'accorder monsieur, ou êtes-vous attendu dans votre bureau ? lui demanda-t-il en tendant sa soucoupe d'une main ferme, la tasse posée en son creux plus stable qu'on n'aurait cru possible.

La réponse de Jack lui arracha un léger acquiescement suivi d'un remerciement. Ils s'installèrent à la table, côte à côte, toute trace de décorum effacée si on ne tenait pas compte de la déférence, légére mais toujours présente que Raimbert montrait en présence d'un vampire. Tasse au creux de sa main, chaude du café dont il s'était resservi, l'humain se laissa aller au fond de sa chaise et se tourna légérement vers son nouveau maitre. Ses lèvres se relevèrent encore un peu en s'apercevant qu'il voyait cette chevelure ébouriffée du dessus, quelques mèches mal peignées encore humides de leur récente douche. Il se sentait comme un grand frère en train de gourmander son petit frère.

- Je vous remercie de m'accueillir ici monsieur mais j'aimerais savoir ce que vous attendez exactement de moi ?
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas comme à la maison, c'est mieux ! [Pv : Raimbert]   Jeu 10 Aoû 2017 - 20:34


Welcome !
Je n'avais même pas remarqué sa présence, mais quelle honte. Faut dire que la commande des échantillons demande toute une concentration pour se souvenir des codes de chaque animal-cible. A force de faire des tours dans ma cuisine en fixant le sol, je n'avais pas ressentit sa présence. Pourtant c'est loin d'être un fantôme. Une belle preuve que le travail me prend tout l'esprit. L'humain dans un élan d'attention me servit mon café noir pour mon plus grand plaisir. Puis il voulait discuter. Sur le coup, j'ai été surpris. Il y avait déjà un soucis ? J'espère bien que non. Alors on s'est installé à table pour parler. Je l'ai écouter me poser au final une simple question. Je fis les yeux ronds avant d'éclater de rire et croquer dans mon biscuit. En voilà une sacrée question. Je n'avais pas vraiment de réponse à lui prodiguer, mais on allait broder quelque chose :

« Pour être bien honnête avec toi, je n'attends pas quelque chose de particulier. Je t'ai accepter dans ma demeure pour dépanner Sir Hopkins, pas dans l'idée de t'utiliser. Et à vrai dire, j'ai prévu de t'apprendre quelques petites choses. »

Je souris légèrement. Je savais les intentions de l'ambassadeur envers son protégé. Je savais très bien ce qu'il allait devenir et je comptais l'aider à trouver sa place. Il était bien éduqué, très intelligent, il a sûrement une idée pour son avenir d'immortel. Je pris mes dossiers tranquillement et les rouvrit, reprenant mon stylo pour griffonner tout en sirotant mon café. Rien ne vaut de la caféine pour se donner du tonus, surtout après une bataille contre un téléphone fou. Je tourne quelques pages avant de reprendre parole :

« Tu connais mes professions n'est-ce pas ? Je suis sûr qu'Hopkins t'en as parler. Dis moi, tu t'intéresse aux hybrides, à la génétique tout ça tout ça ? Ça peut paraître complexe, mais c'est suffisamment fascinant pour se faire pardonner de te briser le cerveau. »

Je ricanais légèrement, un peu fier de cette description de ce que je considère presque comme un art. L'art de créer des vies différentes, plus belles, plus fortes, plus spectaculaires. Tout ça pour notre plus grand bonheur. Je suis souvent fier de mes bébés. Parfois je fais des paris à la con et ça donne des trucs cheloux. Le dernier fut une limace, pauvre garçon. Et au fond, c'est un peu grâce à moi que Shaya existe, lui et son pelage tout doux, une bénédiction. Je m'égare, je tris quelques feuilles et sort une feuille de projet concernant un hybride... panthère noire ? On a déjà fait ça voyons. Ah, avec du lion. Qui a fumé en écrivant ça ? Je souris un peu et regarde l'humain :

« On s'amuse pas mal par chez nous, ça adore concevoir des nouveautés, surtout depuis l'arrivée de la double hybridation. Même si parfois on est pas encore trop au point. Tu en penses quoi de tout ça toi ? »

Je lui parlait comme à un ami, un être en qui je pouvais parler en toute simplicité. Il n'était pas un esclave à mes yeux, seulement un humain qu'on a placé sous ma garde. Un humain qui n'allait peut-être pas le rester bien longtemps, alors je me permettais déjà de lui parler comme à un pair. C'est ce que son maître attends aussi de moi, je le sais bien. Et je n'avais pas l’intention de décevoir un camarade. J'allais pour reprendre un peu de café, mais ma tasse s'avérait finalement vide et mon biscuit dévoré. Je gonfle les joues en ronchonnant. Merde. Écoutant en même temps sa réponse, je me lève pour aller me servir, prenant garde au jouet du chien. Même si il semble épuisé par je ne sais quoi, autant ne pas le réveiller.

Je reprend un peu de café, il est vraiment bon cette fois. Et je me tourne vers l'humain en prenant ma nouvelle dose en silence, attentif à ses paroles, tout sourire.

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MessageSujet: Re: Ce n'est pas comme à la maison, c'est mieux ! [Pv : Raimbert]   Jeu 10 Aoû 2017 - 21:43

La pluie de fines miettes que produisit le vampire en lui répondant poussa Raimbert à légérement dévier le visage. Un bref instant, il imagina la tête qu'il aurait eue, couvert de bave et constellé de crumble de biscuit mais laissa l'idée fuir sans la verbaliser. L'humain avait eu l'occasion à plusieurs reprises de dépasser le seuil d'humour tolérable par les vampires et il ne tenait aucunement à en subir les conséquences. Peut-être une autre fois, lorsque les limites et attentes de Jack seraient connues...

Il n'avait donc rien prévu pour lui en tout cas. L'idée était assez déconcertante. Sir Hopkins, malgré toute l'affection qu'il lui vouait, avait toujours pris garde à ce qu'il continue son travail à ses cotés sans craindre de le réprimander s'il venait à mal le faire. C'était ainsi : tant que Raimbert serait humain, il devrait accomplir les tâches ingrates des vampires - et Raimbert trouvait cette façon de faire tout à faire justifiée. C'était une rétribution adaptée au logis et couvert qu'on lui fournissait.

- Je trouverai de quoi m'occuper pour récompenser votre gentillesse, ne vous inquiétez pas.

Mentalement, les tâches s'accumulaient sous son crâne. Vu la superficie de la maison, il faudrait tant de temps pour la nettoyer ; le chien demanderait au moins une heure de promenade ; la cuisine, s'il devait la faire pour lui ce serait - non, pour deux, il ne devait pas oublier Shaya ! Machinalement, il claqua des doigts en corrigeant l'erreur et continuant de tenir son agenda.

Mais Jack continua de parler, tout sourire - le même qu'arborait Sir Hopkins lorsqu'il se lançait dans le récit de ses aventures d'ambassadeur. Tractations et diplomatie n'avaient plus de secrets pour le jeune homme, mais la génétique restait un domaine obscur pour lui - son maitre n'éprouvant qu'un amusement légérement méprisant pour tout ce qui relevait de la "mécanique des choses". Il savait que quelque chose dans le corps des gens était écrit à la naissance et leur donnait leur forme mais guère plus...

Le scientifique gonfla les joues tel un enfant déçu devant sa tasse vide et se releva pour se servir. Par pur réflexe, l'humain tira lui aussi sur sa chaise - mais se rassit bien vite, voyant au pas décidé de Jack qu'il ne comptait pas sur lui pour jouer les serveurs. Nouvelle maison, nouvelles règles. Cela lui laissa le temps de trouver une manière polie de formuler sa pensée.

- Je sais ce que vous faites, mais pas comment vous le faites,
finit-il par avouer au Jack, tout sourire, qui attendait sa réponse.

Ses doigts tapotèrent sur la porcelaine de sa soucoupe, léger cliquetis doucereux, vite rejoint par le contrepoint de sa cuillère contre le rebord de sa tasse.

- Je vois les hybrides comme les automobiles. Je sais les conduire, je sais apprécier leur beauté mais j'ignore tout de la façon dont leurs plans sont dessinés, dont leur moteur est créé, dont leur intérieur est composé. Je ne peux qu'admirer la bête une fois terminée et m'ébahir devant ceux qui ont pu mettre cette merveille au monde.

Son admiration n'était pas feinte, son incompréhension non plus. Quelque part, créer quelque chose ainsi à partir de rien lui semblait magique, presque divin - bien plus que la conception humaine, toute faite de chairs et d'hormones. Il se tut une seconde, repoussant du bout des doigts une méche vagabonde. Ses yeux croisèrent le regard de Jack, lui transmettant une nuance d'excuse pour son ignorance toute humaine.

- Je trouve les hybrides magnifiques. C'est... difficile à expliquer. Ca vient de l'idée qu'ils sont tous voulus. Si un hybride nait, c'est que quelqu'un, quelque part, l'a désiré suffisamment fort pour le créer. Les hybrides ne sont jamais quelconques ou inutiles, ils ont tous un sens dans leur vie : accomplir le but pour lequel on les a créés.

Les mots roulaient sous sa langue, un peu hésitants. Raimbert n'avait pas l'habitude de dévoiler ses pensées ainsi, occupé qu'il était à agir en tout sens. L'idée véhiculée était là mais un peu à coté, un peu floue, bien moins nette que dans son esprit et il s'en agaçait comme le montrait cette fossette au creux de sa joue. Si seulement on l'avait conçu pour transmettre cette idée et effacer cet à peu près ! Avec un léger soupir, il laissa tomber sa tête en avant, front appuyé sur le bout de ses doigts.

- C'est juste fascinant, conclut-il d'une voix un peu lasse de son manque d'élocution. Je ne sais pas comment vous faites mais... si je vous remercie pour tout ça, ça va sembler étranger non ?

Sa tête tourna légérement pour affronter le regard de son nouveau maitre, figure légérement souriante. La situation lui semblait plutôt ridicule mais il en avait l'habitude, petit humain perdu dans un monde de géants.

- Qu'avez-vous prévu de faire de moi alors ? Un gentil petit homme-chat, ronronnant au retour de son maitre ou un homme-lion, crinière volant au vent ?


Avec un rire, il rejeta la tête en arrière et lâcha un semblant de rugissement dans la cuisine pour lui montrer à quel point il pouvait être terrifiant - du moins, autant que pouvait l'être un lion au rugissement digne d'un chat dont on a écrasé la queue.
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas comme à la maison, c'est mieux ! [Pv : Raimbert]   Ven 11 Aoû 2017 - 20:42


Welcome !
Il me fait sourire ce petit là. Il semblait intéressé par mon art, si je pouvais le dire ainsi. Je souris encore en écoutant ses paroles. Visiblement oui, l'hybridation était quelque chose qui pouvait l'occuper, le passionner. Tiens donc, peut-être que... Je mis cette idée dans le coin de mon esprit en buvant mon café. Me remercier pour ça ? C'est étrange, pourtant il est humain, loin d'être concerné par la question. Puis il me demanda ce que je ferais de lui. Je rit cette fois, transformer les humains en hybride une fois né était une drôle d'idée et c'était même impossible. On ne modifie pas le code génétique d'une personne, c'est impossible. Je reviens vers lui calmement et caresse sa joue d'une main douce, reprenant la parole :

« Ni l'un ni l'autre mon cher. Je peux faire de toi un homme capable de travailler avec moi. Si les hybrides te fascinent tant, je peux t'apprendre. T'apprendre comment on les conçoit, comment ils naissent, comment on s'en occupe, ce genre de choses tu vois. Ça t'intéresse non ? »

Je retourna m’asseoir en face de lui, posant une main sur mes dossiers pour les amener à moi, les ouvrant d'une main et fouillant pour un cas pas trop complexe qui pourrait servir de début. Je finis par trouver un projet pas trop mal que je pourrais lui décrire sans difficulté, un hybride conçu pour assister les miliciens, avec des gênes venant de mon propre chien. Je souris légèrement, il n'était même pas encore dans l'éprouvette celui-là. Je lui tend la feuille avec tout les détails et lui décrit pour l'aider à comprendre :

« Tiens lui, il n'est même pas né. Nous aimerions concevoir un hybride capable d'aider les miliciens à dénicher certaines choses. Il lui faut donc un bon odorat, une certaine agilité et surtout une grande docilité, c'est pour cela que l'on compte prendre des gènes venant de chien comme Moustache. Mais il faut choisir les bon, particulièrement pour le nez. Il nous faut l'odorat, mais pas la forme. Analyser donc la carte génétique et prendre le bon élément est un sacré travail et les généticiens peuvent y passer du temps. »

Je me rendais à peine compte que j'aurais pu faire un monologue de plusieurs heures et lui décrire l'intégralité de la carte génétique jointe au dossier du projet. J'hausse les épaules, me disant qu'il serait temps que j'arrête de lui assommer le crâne avec mes bêtises. Je devrais le tester indirectement tiens, voir si il a déjà des idées. Alors je commence à chercher. Un projet à son départ, pour lui faire travailler les méninges. Puis finalement, je pris une feuille blanche, un crayon coincé entre les feuilles et lui tendit le tout, souriant légèrement :

« Tiens, choisit toi un animal, et décrit moi l'hybride que tu aimerais voir avec cet animal. Avec des mots, ou des dessins, fait toi plaisir. »

Je finis mon café calmement, allant ensuite nettoyer la tasse et la ranger pendant qu'il commence à cogiter dessus, je voulais voir si il avait déjà des idées et surtout, sa véritable vision de l'hybride. Je voulais comprendre, tenter de me projeter dans un futur où il accomplirait ses rêves. Je souris encore, et reprend la parole simplement :

« Pour moi, les hybrides qui naissent au QG sont comme des fils. Nous qui ne pouvons avoir de descendance, c'est comme en avoir une, une grande famille composée d'êtres tous différents mais que j'aime tous. Je m'en souviens de pas mal. Selachi, Kleim, Maxwell, Plume et bien d'autres. Au fond de moi, je les appelles fils. Même si c'est loin d'être le cas. Et la plupart me détestent ou ne me connaisse même pas. Le destin est parfois cruel, mais je l'ai accepté. »

Je soupire doucement et prend finalement la chaise à coté de lui pour m'installer à ses cotés et non en face comme avant. Une certaine manière de nous rapprocher amicalement alors que je fais tourner un stylo dans ma main, attendant de voir ce qu'il avait en tête.

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MessageSujet: Re: Ce n'est pas comme à la maison, c'est mieux ! [Pv : Raimbert]   Sam 12 Aoû 2017 - 10:46

La réponse amusa Jack sans que Raimbert comprenne pourquoi, le poussant à se rapprocher de lui. Contre sa joue ses doigts étaient froids mais, loin de les chasser, l'humain tendit légérement la tête pour profiter du contact. Son petit coeur appréciait la proximité physique et les compliments ; pourquoi aurait-il fait mine de rejeter l'approche ?

Apprendre, comprendre... il ne fallait guère plus pour attirer l'attention de Raimbert. Sa curiosité naturelle le poussait à vouloir tout comprendre et apprendre - une façon de plus de s'éloigner de son statut d'humain-victime pour devenir un vampire-acteur. Il se pencha sur les dossiers à son tour, à la fois ravi et décontenancé à l'idée que cette épaisse liasse de papier concerne un être vivant pas encore né. Fallait-il qu'on le souhaite pour se donner tant de mal ! Comme il serait bon une fois grand ! Ses yeux volèrent, grapillant ici et là des détails mais ne sachant vraiment comment les agencer par manque de base. Les mots de Jack, il les enregistrait mais sans en concevoir le sens : ADN, gène, carte génétique ? Si seulement il n'était pas si bête...

Il continua à fouiller des yeux les données tandis que Jack se levait, s'attardant sur les graphismes incompréhensibles comme autant de hiéroglyphes avant de revenir à ce qu'il lui avait dit. S'il pouvait créer un hybride, que ferait-il ? Le stylo glissa, esquissant quelques lignes toutes en fluidité : un homme dont le dos portait de grandes ailes qu'il hachura afin d'évoquer leur couleur sombre.

- Si j'ai bien compris ce que vous dites, les hybrides sont des bébés humains auxquels on ajoute des éléments animaux ?


Sa langue claqua, agacée de son manque de vocabulaire. Non, il savait que c'était des "avant-bébés" mais ne disposait pas du mot dans son vocabulaire anglais. Jack le corrigea ; Raimbert répéta avec application le terme. "Embryon" : la sonorité lui plaisait, toute en voyelles chantées. Le stylo pointa son dessin tandis qu'il poursuivait son explication.

- De là où je viens, la marche est difficile et la surveillance aussi. Ce sont des montagnes, des rochers, des sables qui vous engloutissent. Alors si on voulait créer quelque chose pour se déplacer là dedans, il faudrait un hybride léger qui puisse éviter les reliefs. Comme un oiseau. Avec des grandes ailes pour prendre le vent et filer d'une montagne à l'autre ou voler haut dans le ciel pour mieux voir fondre sur sa proie ! Mais des ailes qu'il pourrait replier pour pouvoir aussi marcher, pas comme les albatros.

Ses deux bras s'étendirent, doigts tendus comme un danseur et avec grâce se replièrent, mimant la façon dont il imaginait les ailes se replier dans le dos de l'hybride. On aurait dit un enfant expliquant à son père le magnifique rêve qu'il avait eu pendant sa sieste et l'image n'était pas totalement fausse tant l'humain se trouvait enthousiasmé par l'idée de créer un tel être, à la fois beau et adapté.

-Je ne sais pas ce qu'on peut trouver dans la "carte génétique" articula-t-il, de mémoire. Peut-être qu'on pourrait lui donner les yeux de l'aigle pour qu'il puisse voir très loin, ou la vitesse du faucon qui fend les cieux, ou... ou... ou ou le chant du canard !

Sa conclusion fut lâchée, le faisant rire alors qu'il ne trouvait pas d'autres oiseaux à citer. Il y'avait tellement de possibilités que son cerveau ne savait plus que choisir ! Son sourire s'atténua alors qu'i regardait son maitre. Sa main se posa sur la sienne, l'empêcha de continuer de jouer avec son stylo.

- Ca serait possible de créer un hybride pareil ?

Ses yeux fouillaient les siens, à la fois plein d'une puérile innocence et d'une sagesse toute adulte. Il avait vu que les vampires pouvaient faire beaucoup alors pourquoi pas ça ? Pourquoi pas un homme-oiseau - un vrai, un qui volerait et vivrait et pas une de ces petites créatures aux ailes atrophiées qu'on exhibait dans les salons.

- Un être pareil, je ne vois pas comment on pourrait ne pas l'aimer...
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas comme à la maison, c'est mieux ! [Pv : Raimbert]   Jeu 17 Aoû 2017 - 4:13


Welcome !
Il semblait vite comprendre, vite intéressé, l'esprit plein d'idées et de projets. C'est très bien, tout pour me plaire ! Je pressentais de grandes discussions à venir ! Je souris en écoutant son explication de son idée folle. Un homme-oiseau. Un projet que nous avons tous eu à nos début et paradoxalement le plus impossible de tout nos rêves. Il me décrit les éléments qu'il aimerais voir dans sa création et je ris. Le chant du canard ? En voilà une bonne que je n'aurais probablement pas pensé par moi-même ! Il m’empêche de jouer avec mon stylo, attendant une réponse de ma part. Oui ou non pourrait-il voir sa création devenir une réalité. Je me mis à vraiment réfléchir, ça serait une tâche complexe. Assez complexe pour que personne ne s'y risque en tout cas. Du moins c'est ce que je crois me souvenir. Je décide de ne pas le torturer :

« Je l'ignore. Ça donnerais beaucoup d'éléments animal, peut-être au delà des 15 pourcent que nous nous autorisons. Rien qu'avoir de belles grandes ailes fonctionnelles serait un challenge. Il faudrait que cet hybride ait l'ossature légère des oiseaux, ce qui le rendrait fragile. »

Ai-je simplement dit tout en réfléchissant au problème. Concevoir une sorte d'ange serait un sacré défi, mais quelle fierté si on pouvait y arriver ! Je réfléchissais aux autres facteurs importants. La docilité, un hybride comme ça aurait de nombreuses opportunités de fuite. Et si il tente de se faire la malle à chaque fois, il va finir abattu comme un canard un jour de chasse. Comment ne pourrait-on pas l'aimer ? En le rendant exécrable j'ai envie de dire. Je lâche mon style et reviens caresser sa joue, puis je réalise un détail :

« De là où tu viens ? »

Une simple question, un peu idiote. Mais je venais de réaliser qu'au fond, je ne connaissais rien de lui, de ce cher Raimbert. Alors je vais prendre ce temps, mieux le connaître. Après tout, on en as pour quelques années ensemble. Une zone rocheuse ? Cette seule information ne m'aiderais pas à deviner son lieu d'origine alors autant lui demander. Je regarde son croquis. Pas mal, aurait-il eu le luxe d'apprendre à dessiner ? Voilà une question pertinente.

« Je réalise que je n'ai pas pris le temps d'en savoir un peu plus sur toi. Alors raconte moi d'où tu viens, et je te parlerais de la terre qui m'a vue naître et de son époque. »

Je lui parlerais volontiers des opéras, des leçons du tuteur que je martyrisais. D'ailleurs en y repensait, je maltraite le conseil un peu de la même manière. Le temps passe, les victimes changent mais pas les méthodes. Des blagues d'enfants à celles un peu plus osées -Je dois revoir mon coup du sceau d'eau d'ailleurs -, rien ne m'arrête vraiment, pour mon plus grand plaisir. Je vais sûrement me faire tuer par eux un jour, mais la vie en vaut-elle la peine si on ne prend pas le temps de rire ? A quoi ça sert de rester coincé dans la lassitude de l'éternité ? Moi je rend ma vie plus belle, tant pis pour eux. Je pense faire une blague de ce genre à Raimbert un de ces jours, pour rigoler un bon coup. Lui au moins ne me poursuivras pas avec une lame en argent en gueulant des trucs en... mandarin ? Je n'ai jamais compris en quelle langue m'insultant Yi-Jun. Bah peu importe !

Prêt à écouter le récit de l'humain, je me lève pour aller regarder à la fenêtre. C'est une belle nuit étoilé ce soir, magnifique, typiquement le genre de temps où j'irais me promener ou piquer une tête dans la piscine. Ou allez bronzer aux rayons lunaires ? Ah la la, on dit de moi, mais j'en connais qui en racontent des belles aussi. Une épaule contre le mur proche de la fenêtre, je continue d'admirer l'urbain paysage. Puis je me tourne vers mon nouveau colocataire :

« Un tour du quartier pour me raconter tout ça, ça te dit ? Nos cerveaux ont bien chauffés, ça mérite une pause au grand air ! »

Je souris encore, assez satisfait de ma proposition. Plus qu'à voir si ça tentait à l'humain.

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MessageSujet: Re: Ce n'est pas comme à la maison, c'est mieux ! [Pv : Raimbert]   Jeu 17 Aoû 2017 - 10:17

- Pourquoi se limiter à 15 % ? demanda aussitôt Raimbert sans chercher à donner l'illusion de fuir le contact ou la proximité. On ne peut pas faire plus ?

Quinze pourcents... jamais il n'avait compris pourquoi se limiter à ce sacro-saint chiffre magique. A dire vrai, lors de son arrivée en Amérique, il avait mis quelques temps à comprendre qu'il s'agissait d'une donnée chiffrée et pas d'un seul terme magique : kinsepoursent. Jack saurait-il lui donner plus d'explications à ce sujet que Sir Hopkins ?

Mais sitôt l'explication donnée, son nouveau maitre changea de sujet, préférant s'enquérir de ses origines. Ce n'était pas chose commune pour l'humain, à qui on demandait bien plus d'informations sur son maitre que sur lui-même le plus souvent. Après tout, il n'était encore qu'un humain - et en tant que tel, quantité négligeable. A son tour, ses doigts se saisirent du stylo et le firent tourner du bout des doigts avec sa délicatesse et sa souplesse habituel.

- Vous êtes prêt à entendre l'histoire d'un malheureux humain libre jeté en servitude par les vilains vampires ?


Du sourire tant que du ton de sa voix, tout chez Raimbert démentait la pseudo-révélation dramatique qu'il annonçait. Cabotin, l'esclave aimait user de l'effet de style pour rendre son histoire, à la fois courante et pourtant si rare, encore plus marquante.

Son récit commença donc dans la cuisine. Un récit plein de montagnes, lissées par le temps comme des couronnes érodées et d'un fleuve tumultueux qui se faisait tantôt torrent meutrier tantôt ruisselet. Celui qui n'était pas encore Raimbert vivait là avec son clan - un clan de bric et de broc, composé tant d'humain que de chevaux. Pas des beaux chevaux, non : des rosses malingres et boiteuses qu'on traitait pourtant avec révérence. Le clan n'utilisait pas les chevaux ; le clan était composé des chevaux.

- Probablement la survivance des coutumes cosaques, m'a expliqué Sir Hopkins bien plus tard,, fit l'humain tout en débarassant la table du peu de vaisselle sale qui l'encombrait. En vivant avec les chevaux, ils conservaient un peu de leur passé oublié - avant les russes, avant les envahisseurs, avant les Vampyrs.

Le reste de son enfance fut rapidement ébauché en même temps qu'ils enfilaient de quoi rester au chaud pendant leur promenade. La majeure partie de ses souvenirs consistaient en des sensations plus que des pensées - le soleil tapant sur la robe marbrée de Nadiedja, la grande jument ; les aboiements rauques de l'ataman ordonnant de dresser le camp ; le fil lisse, à peine piqueté de rouille, de la Chachka que son père avait hérité du père de son père de son père de son père. Le pire - qui composait pourtant son quotidien - il ne l'évoqua que par un euphémisme : "Ce n'était pas facile tous les jours.". A quoi bon évoquer la famine larvée qui lui fouissait dans le ventre chaque jour un peu plus, la crainte de la fièvre-qui-fait-délirer et de la jambe cassée, les terreurs nocturnes lorsque les loups et les lynxs de la région laissaient entrevoir leurs iris réfléchissants au détour d'un buisson ? Les morts restèrent enfouis dans sa mémoire ; il préféra leur rendre hommage d'un sourire léger au détour de quelques mots.

- Et puis un autre clan m'a pris et emmené avec lui.

La phrase vola, égale, à peine entrecoupée du staccato de ses pas sur le trottoir. C'était tout. Des deux ou trois années qu'il passa avec eux, il ne dit rien, choisissant de faire comprendre sa gêne d'un simple haussement d'épaules. C'était une période de sa vie qu'il préférait oublier, en toute franchise.

Le silence dura quelques secondes. Nullement gênant pour Raimbert, occupé à répérer les lieux. Quelques heures ou jours après, il devrait sortir seul pour vaquer à ses occupations d'esclaves ; mieux il connaitrait les alentours, plus ce serait simple. Si son nouveau maitre avait des questions précises, il y répondrait sans problème.

- Des chasseurs les ont repérés un jour. Le chef m'a poignardé puis envoyé mourir plus loin dans l'espoir que cela attire les vampyrs loin d'eux.

D'un léger sourire, il entreprit d'apaiser la possible inquiétude de Jack. C'était du passé. C'était fini. Cela faisait bien longtemps qu'il avait fait son deuil de l'humanité. Nonchalamment, sa main droite vint se plaquer au dessus de la hanche du même coté comme pour protéger la plaie fantôme, puis se laisse glisser jusqu'à revenir en poche.

- Ca a marché. On m'a emmené en centre de dressage, formé, acheté par Sir Hopkins. Et voilà tout.


La rudesse de la fin de son histoire, il la contrebalança d'un soufflement de rire, souffle chaud dans l'air frais. N'était-ce pas amusant, de voir à quel point la petite vie d'humain ne tenait à rien ? Un caillou qui dégringole, un cheval qui hennit, une lame d'acier qui s'enfonce dans la chair... Risible, hasardeux, aléatoire. Ridicule. Il s'arrêta là, laissant son regard se perdre sur les maisons - où plutôt, les manoirs - qu'ils dépassaient au fil de leur promenade. Son léger sourire seul montrait qu'il n'était pas en train de se perdre dans les abysses de la déprime. Non, il était juste amusé.

- Et vous ? Racontez-moi ce que c'était pour vous, d'être humain.
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas comme à la maison, c'est mieux ! [Pv : Raimbert]   Dim 27 Aoû 2017 - 1:06


Welcome !
Alors que nous étions en train d'errer dans le quartier résidentiel, je l'écoutais me parler de sa vie d'antan, d'avant les vampires. J'essayais d'imaginer ça, avec difficulté pour être honnête. C'était vraiment une toute autre forme de vie, loin de ce que j'ai pu connaître. J'imaginais les paysages dont il me parlait, tentant d'imaginer ses clans qui y vivent de façon ancienne. Ce doit être un tout autre monde que je ne connais pas. Alors je l'écoute, d'une oreille attentive, retenant du mieux que je peux. C'est passionnant en quelque sorte, j'ai bien fait de lui poser cette simple question. Il semblait trouver tout ceci banal, ordinaire et pourtant. Il ne se doutait pas du trésor que constitue son passé. Que constitue les passés de tout ceux qui ne sont pas nés dans les murs d'un laboratoire. On erre encore un peu, je tâche de me souvenir où l'on va, ce sera dommage de se perdre ! Mais il sourit, malgré tout, il est heureux, du moins il a l'air heureux. Et voilà de quoi me rassurer. Puis c'est à mon tour. Je réfléchis, par quoi commencer ? Je suis déjà un vieux vampire, mais mon humanité fut courte. Très courte, peut-être pas assez pour être vraiment un homme. C'est sûrement vrai ce que dit souvent de moi Yi-Jun, je ne suis qu'un enfant. Et alors ? Au moins suis-je heureux, au moins suis-je un homme accompli et j'estime avoir réussit. Presque. Au fond de moi vit encore des ambitions, des projets. Dornia n'en a pas fini avec moi, malheureusement pour cette ville. Je souris à cette pensée, puis décide enfin de répondre à l'humain :

« Je suis né en 1917, la première guerre mondiale frappait le monde mais moi, ma famille, s'en fichait. Mon père était un brillant médecin, connu et reconnu. Mais c'était aussi un profiteur, manipulateur qui se faisait un maximum d'argent sur le dos de ses patients en faisant durer les traitements. Et il n'avait aucun respect pour les moins riches que lui. J'étais donc un petit prince pompeux, cuillère en argent dans la bouche. Un gamin insupportable qui a très vite pris les manies de son père. L'irrespect, l'égoïsme... Ma mère n'était pas vraiment mieux soi dit en passant. »

Ce qui forge un homme, un enfant, c'est surtout ses parents, son éducation. Et j'ai été élevé comme le Roi d'Angleterre. Je reprend doucement notre marche à travers les rues et sourit encore :

« J'avais un tuteur, un homme pour tout m'apprendre de a à z. Pauvre homme, je lui en fait baver. Il était ma première victime de mes farces douteuses. Sceau d'eau, farine, punaise sur le fauteuil, il a tout eu ! En enfant de bonne famille, j'allais à l'Opéra, au théâtre, au cinéma même ! Les films muets, ah c'était quelque chose. Mais j'aimais surtout les concerts. Le piano, oh si tu savais ce que je donnerais pour reposer mes mains sur un bon piano ! »

Ce que je donnerais pour avoir le temps et le talent d'être un bon pianiste. Mais je suis bien trop occupé à emmerder le conseil et concevoir des limaces et des méduses. Et faire des câlins à Moustache, ça c'était le plus important aussi. Quand il n'est pas là, ça va de soi. J'ai continuer à marcher tout droit pendant ce temps, et je n'avais pas vraiment fini mon récit.

« Quand je suis devenu ado, les choses ne sont pas vraiment allé mieux. J'étais le portrait craché de mon père, un insupportable génie qui même ses parents ne pouvaient plus supporter tant j'étais devenu pire qu'eux. Le pire, c'est qu'ils avaient réalisé que je n'épouserais jamais une femme et qu'ils n'auraient donc jamais de descendants. J'ai commencer à boire, a faire la fête avec des camarades apprentis médecins. D'ailleurs c'est à la suite d'une beuverie que j'ai... perdu la vie. »

Je me stoppe de nouveau et ferme les yeux, les souvenirs reviennent et je chantonne un petit air tendre :

« Drink with me
To days gone by
Sing with me
The songs we knew
Here's to pretty girls
Who went to our heads
Here's to witty girls
Who went to our beds
Here's to them
And here's to you! »


Je rigole doucement et tourne le regard vers l'humain en me frottant la tête, reprenant :

« Nous chantions ça quand nous voulions refaire le monde, jeunes insouciants que nous étions. Sans savoir que la guerre reviendrait, que les vampires allaient arriver, prendre nos vies, nos libertés, notre mortalité pour les plus chanceux... »

Je me mord la lèvre... Où est passé ce bon vieux temps ? Où sont passés les rires, les nuits perdues à parler d'un monde qu'on ne verra jamais en charmant celles et ceux qui passaient par là ? Ce temps est révolu... Et il me manque. Sûrement est-ce pour ça que je continue à être heureux, à embêter les quatre autres, à emmerder mon monde. Je rêve de ce jour où nous serons ensemble, à rire comme des vieux amis. Je réalise qu'au fond, je me sens si seul. L'amour est présent dans mon cœur, mais... Où est l'amitié ? Ce si beau soutien, cet autre royaume de sentiments, de sensations, d'aventures... Je le sais, ils me voient tous comme autre chose qu'un ami. Un casse-couilles, un patron, une connaissance, un fou. Mais pas comme un ami avec qui on irait boire un coup en parlant du monde qui tourne encore et encore sans nous attendre. Je dresse le regard vers les étoiles et tente de sourire à nouveau :

« Je te souhaite de ne jamais être seul Raimbert. Je te souhaite que ton immortalité soit légère à porter et que les siècles passent comme de simples années. En bonne compagnie. En attendant, je tâcherais d'être un bon gardien. »

Je passe mon bras autour de son épaule pour le rapprocher de moi en gardant un éternel sourire. J'étais sûrement en train de me réconforter moi plus qu'autre chose, mais peu importe. Je l'aime bien ce petit là. Je glisse une main dans ses cheveux pour les ébouriffer et lui dit alors :

« J'espère que mon récit ne t'as pas ennuyé. Qu'aimerais-tu entendre encore comme histoire ? A moins que tu ne veuilles rentrer ? Ou boire un coup dans le coin ? Dis moi tout mon cher. »

La nuit n'as pas fini de passer.

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MessageSujet: Re: Ce n'est pas comme à la maison, c'est mieux ! [Pv : Raimbert]   Lun 28 Aoû 2017 - 0:32

Les lampadaires défilèrent et rythmèrent les mots de Jack, ombres et lumières en alternance. Raimbert avança à ses cotés, mains dans les poches pour se protéger du froid. Les mots bercaient ses pensées, sa respiration se calait sur le tempo de ses paroles, dessinant à chaque expiration un nuage de goutelettes d'eau devant son visage - nuage qu'il fendait de son nez tranchant au pas suivant. Ses traits se trouvaient comme adoucis et ses yeux attirés par Jack, magnétisme vampirien.

Raimbert étaitt curieux de tout mais obtenait rarement toutes les réponses ; pour une fois qu'on les lui accordait, il ne comptait pas en perdre une miette. Il accepta tout, termes comme émotions, et les rangea dans le vaste fatras ordonné qu'était son cerveau. Les événements racontés par Jack paraissaient si lointains - et pourtant si vrais. Encore une fois, il fut frappé par la puissance de ces êtres qui avaient traversé plus de 400 ans comme on traverserait un fleuve tranquille - le fleuve du temps qui laisse passer les vampires mais tourbillonne et aspire en son sein les humains qui tenteraient de faire de même. Le tableau que brossaient ses mots était tel un coloriage d'enfant, joyeux et idyllique, auxquel on aurait surrajouté au crayon gras les ombres de l'âge adulte : regret, remords, nostalgie. La chanson elle-même collait à l'image et Raimbert sentit le rythme passer de ses oreilles à sa tête puis à ses doigts, un rythme féerique qu'il retrouverait dans ses rêves plus tard, il le savait.

Jack s'arrêta et perça la bulle de son passé en lui adressant un souhait de longue vie en bonne compagnie. Il l'attrapa ensuite par le cou, lui frotta le cuir chevelu et de ce simple geste, fit s'envoler toute la magie résiduelle de l'instant. Cela ne gâcha pas le sourire de Raimbert qui savait depuis bien longtemps que de tels moments n'étaient que de fugaces rêveries impossibles à conserver.

-Et moi, j'espère être un prisonnier à la mesure de son gardien.


La main de l'humain remonta nonchalamment et s'accrocha à celle de Jack, posée sur son épaule. Raimbert avait toujours aimé la proximité physique ; que Jack reste ainsi ne le dérangeait pas. Si en plus cela pouvait le rassurer sur la "bonne compagnie" qu'il représentait, tout sera pour le meilleur dans le meilleur des mondes.

- La nuit est jeune et l'air froid. Connaitriez-vous un bon bar ? Je rêve de vous entendre me parler un peu plus du passé, un bon verre d'alcool devant chacun d'entre nous.

Tout à fait délibérément, Raimbert fit remonter son autre main pour à son tour décoiffer le vampire. Ainsi, il ressemblait à un jeune chien fou, un Moustache sur deux pattes prêt à sauter après n'importe quelle baballe en caoutchouc et la ramener ensuite, queue frétillant entre les pattes. La réaction de Jack le fit sourire - et derrière ce sourire, il cacha la crainte qu'il avait eu à un moment que Jack se soit laissé envahir de regret pour cette période bénie où son coeur battait comme le sien. Un bon verre de whisky, cela ne pourrait que lui faire du bien.

- Mais j'espère que vous avez votre carte d'identité sur vous, jeune homme, sinon vous n'aurez le droit qu'à la limonade.


Et c'est avec un éclat de rire que Raimbert se laissa guider vers un lieu plus chaud ou finir la nuit en bonne compagnie.
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Ce n'est pas comme à la maison, c'est mieux ! [Pv : Raimbert]
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