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/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

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Fresques irlandaises [PV Quinn]
Blue rhapsody
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Blue rhapsody
MessageSujet: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Ven 21 Juil - 22:34

Voix de Talos:
 

- Vous êtes très élégant, Lawrence, si je puis me permettre. Dois-je organiser un mémo’ pour votre soirée ?

- Non…non ça ira, Talos, merci. Tu es sûr pour le…col ?

Je me débats depuis une bonne heure avec des vêtements que je n’ai pas porté depuis mon mariage très probablement…Les costumes ce n’est pas mon fort, j’ai pris l’habitude des jeans et des chemises en laine, des gilets en cuir.

- D’après mes données, les hommes tout comme les femmes s'accordent sur le fait qu'il est séant de « suggérer ».

- Suggérer ?

- Votre virilité, Lawrence.

Cette fois j’éclate de rire. Talos n’appréciera pas mais je ne suis pas vraiment le genre d’homme qui cherche à suggérer quoi que ce soit, mon naturel veut que je suis légèrement timide mais franc.

- Je suppose que tes données prennent en compte le bon goût et la mode ? Cidhe a dû y veiller.

- Mon Créateur a rentré beaucoup de paramètres, dont ceux que vous venez de citer, Lawrence. Je suis très complet vous savez.

- Merci Talos. Passe sur le téléphone, je t’emmène avec moi.

- Bien, Lawrence. Passez une agréable soirée.

La petite tonalité si habituelle s’éteint sur le computer et résonne au haut-parleur de mon portable. Je le glisse dans la poche de ma veste bleue nuit et décide d’écouter les conseils de l’IA. Je laisse donc les deux premiers boutons de ma chemise ouverts sur mon torse, même si j’ai peur d’en faire « trop ». Quinn est là depuis presque un mois maintenant, et si j’en juge par son débit de parole à présent et son petit caractère plus assumé, il commence à faire sa place, ce qui me rassure. Contrairement à la première journée qu’il a passé avec moi, je préfère désormais lui laisser plus de champ libre et de possibilité de décision, d’organiser ses journées et ses nuits comme il le souhaite. D’ailleurs je l’ai déjà entendu sortir en plein jour, sans doute pour essayer de voir percer le soleil au travers de l’épaisse couche nuageuse qui ne se retire que très rarement sur la côte. Pourtant, nous avons quand même du soleil dans l’année, je peux le garantir !

Sa présence me fait beaucoup de bien, je me lève de bonne humeur et apprécie les moments que nous passons ensemble, que ce soit à cheval, réitérant les escapades pour les moutons ou bien de simples promenades à deux en forêt ou le long des ruines de vieux château bordant la côte plus au Nord. Il aime s’occuper des bêtes, s’habitue rapidement à son environnement, apprend vite, retient bien, adore les chiens. Et je sais ce que pense Sam. Il n’en dit pas un mot mais il voit bien la tendresse qui m’entoure quand je suis avec lui, quand nous parlons, quand simplement je lui sers son repas ou lui demande s’il ne manque de rien. Il me connaît assez pour ne pas me poser de questions, mais il se montre bienveillant à l’égard de ses sentiments naissants, quels qu’ils soient d’ailleurs. Nous n’avons jamais reparlé de ce matin où après avoir un peu trop bu, le sang de Quinn m’était monté à la tête, et j’avais bien failli le mordre. Enfin failli est un bien grand mot, mes crocs n’étaient pas sortis, et s’il avait eu les yeux ouverts il aurait sans doute compris qu’il n’y avait pas que l’expression d’un instinct prédateur derrière ce geste.

Ce soir, je lui ai proposé de venir dîner au restaurant à Siglo. La ville étant loin, nous passerons le jour à l’hôtel, et Sam profitera de l’occasion pour ramener Roy au manoir ; l’occasion était trop belle, et au final tout le monde est satisfait. Une boule d’appréhension me monte dans la gorge quand je parcours le grand couloir dont je sais le tapis épais et rouge flamboyant, ajustant mes boutons de manchettes, hérités de mon père. Je me suis parfumé, rasé de près bien que ma pilosité ne soit pas inquiétante, et mes cheveux sont rejetés en arrière. Quand je descends les marches en me tenant à la rambarde je me sens un peu comme le jour de mon mariage et c’est déroutant et assez gênant. Sam me prend le bras en bas et je le sens sourire largement.

- Tu es super sexy, Law’. Il va te tomber dans les bras le petit rouquin. Il est toujours pas sorti de la salle de bain… - ajoute-t-il plus bas pour nous seuls, si bas qu’aucune oreille humaine ne pourrait entendre. Mon sourire est stressé, je serre mes doigts autour de son poignet.

- Comment tu fais… ?

- Comment je fais quoi ?

- Pour aller voir Roy sans manquer de te liquéfier sur place…

- Oh ça, j’en sais rien, je dois être un peu dingue ! Tu verras, tu y arriveras toi aussi. Laisse le temps à votre relation de s’installer, ne va pas trop vite, tu as tout ton temps, Lawrence. Il ne va pas s’envoler
.

Je sens sa sincérité, il ne me toucherait pas que ce serait pareil. Sa bienveillance me touche énormément et je déglutis.

- Ok…je vais essayer de respirer !

Il m’a lâché et s’est éloigné pour aller chercher les clés et la mini valise que j’emporte pour l’hôtel quand il se moque gentiment :

- Tu es mort au cas où ça t’aurait échappé !

- Merci, je me sens beaucoup mieux avec cette information totalement inédite.

Je soupire, amusé. Il arrive toujours à me détendre cet idiot.

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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Sam 22 Juil - 1:06

Fresques irlandaises
Lawrence & Quinn


Un mois déjà.
Un mois que Lawrence m’a sauvé la vie lors de cette nuit de pluie torrentielle et que Kagame a pris une décision qui allait changer toute mon existence. Contrairement à mes craintes, personne ne m’a ramené là d’où je venais. Au contraire, j’ai été accepté à bras ouverts dans la grande famille que forment mon vampire, Sam et les animaux de la ferme. Parfois, je me réveillais en sursaut la bouche acide et la gorge serrée, persuadé d’être revenu dans une boutique quelconque, la joue râpée par le béton. Ces soirs-là je me levais tôt et prenais un peu d’avance pour aider Lawrence à dresser le petit-déjeuner que nous partagions en général avec Sam et d’autres fois, plus rares, rien que tous les deux.

Nous passions beaucoup de temps ensemble car, en dépit de ma fatigue et du rythme soutenu de Lawrence, je faisais de mon mieux pour le suivre. Il m’expliquait toujours avec patience et pardonnait mes erreurs avec bienveillance, même la fois où les canards et les volailles se sont échappés par ma faute et qu’il a fallu perdre une heure pour rapatrier tout le monde... Je m’en étais beaucoup voulu cette nuit-là mais jamais le vampire n’avait eu un mot plus haut que l’autre, ni un geste brusque à mon égard. Alors j’avais continué à courir dans ses jambes, à le poursuivre à la manière d’un jeune faon pétri de bonnes intentions et de maladresses.

Petit à petit, j’ai acquis quelques connaissances et suis à présent capable de monter Kaze au pas, au trot et même au petit galop sans tomber ! Je sais également panser et sceller les chevaux seul, même Tenmaru qui ne me terrifie plus. Les moments à l’écurie sont, du reste, mes préférés, suivis de très près par ceux que je passe au chenil à nourrir et à m’occuper des chiens. Les bébés bouviers grandissent à une vitesse hallucinante et je redoute déjà le jour où ils devront nous quitter pour leur nouvelle maison... Je ne sais pas si je pourrais m’empêcher de pleurer.

J’ai aussi pris mes petites habitudes en fonction de ce que je peux ou ne peux faire à la ferme. Même si je pense avoir déjà un peu pris en muscles j’avoue que ma lenteur et les efforts que je dois déployer pour curer un boxe quand Sam en nettoie cinq ou six dans le même temps m’a poussé à revoir mon planning. J’en profite donc pour me rendre dans la bibliothèque où je m’installe sur un coin du grand bureau ou dans un fauteuil pour lire. La seule chose que j’ai réclamé à Lawrence depuis mon arrivée a d’ailleurs été de me fournir des cahiers dans lesquels je trie, classe et répertorie les informations que j’estime les plus importantes pour chaque ouvrage. Un ordinateur serait évidemment plus pratique mais j’ai trop de respect pour le travail de Lawrence pour accepter qu’il dilapide son argent dans quelque chose d’aussi onéreux.

Ceci dit ma fascination pour Talos est sans borne... et j’avoue l'avoir un peu trituré avec la permission de son propriétaire. Déjà par pure curiosité et, secrètement, car je sais combien cet outil est indispensable à l’autonomie de Lawrence. S’il venait à tomber en panne je voudrais pouvoir l’aider.  En tout cas, cette IA est hallucinante et j’espère vraiment avoir un jour l’occasion de parler avec celui qui l’a créé.

Ma vie a Siglo est donc bien remplie et je manque de temps en une seule nuit pour faire rentrer toutes mes activités. Il m’arrive donc parfois de m’endormir dans la bibliothèque ou la cédéthèque, roulé en boule sur les coussins. Je ne crois pas que Lawrence cautionne beaucoup mes veillées, c’est vrai que la peau pâle sous mes yeux se cerne, mais j’ai gagné en assurance et n’hésite pas à contredire mon vampire surprotecteur.

Nous nous sommes rapprochés tous les deux, beaucoup et je me sens très à l’aise en sa présence. Cependant, nous n’avons jamais reparlé de ce jour où les choses se sont un peu emballée. Par pudeur ou timidité, je ne sais pas. Quoiqu’il en soit, nous en sommes restés là et Lawrence se contente de ses bouteilles de sang. Cela explique en partie mon actuelle et grande, très grande, nervosité. Ce soir, il m’invite au restaurant, en tête à tête. Et je suis enfermé dans la salle de bain depuis au moins deux heures avec une boule au ventre.

Le manoir étant un peu isolé nous avons convenu de passer la nuit là-bas, de sorte que Sam puisse nous déposer et lui-même profiter d’un petit week-end avec Roy. Visiblement ces deux là se fréquentent toujours et notre absence leur permettra de se voir au manoir alors c’est arrangeant pour tout le monde. Et puis je ne suis pas dérangé à l’idée de passer un peu de temps seul avec Lawrence sans aucune autre préoccupation que celle de profiter de sa présence.

Je suis lavé de frais, parfumé et habillé ! Pour l’occasion... j’ai osé demander un peu d’aide à Sam. Les vêtements que nous avions acheté pour moi étaient adaptés au travail en extérieure : confortables et solides, mais je ne pouvais pas les porter en soirée. Et puis je voulais faire un effort pour Lawrence... Toutefois, maintenant que je me regarde dans le miroir, je ne sais pas si c'était une si bonne idée, Sam en a fait beaucoup...peut-être trop.

Du fait de notre différence de taille, il a du faire des achats et il n’y est pas allé de main morte. Je porte une chemise fine et blanche, par dessus laquelle tombe une veste d’un beau bleu pétrole qui met en valeur mes yeux et la couleur de mes cheveux. Le moins que l'on puisse dire c’est que je ne passe pas inaperçu. Mais si Sam a choisi des coloris très adéquats, je sais que son choix s’est porté en priorité sur des textures raffinées et des tissus qui se marient à la perfection car c’est par le toucher que Lawrence pourra en profiter. Je lisse un peu mon pantalon et ajuste ma ceinture cognac, assortie aux chaussures de ville qu’il m’a déniché. Tout est parfaitement ajusté et je le soupçonne d’avoir discrètement fouiné dans mon dossier pour trouver mes mensurations. En tout cas... cela a du lui coûter une fortune et ça me gêne.

Dans une petite poche qu’il m’a remis quelques minutes plus tôt avant d’aller chercher Lawrence il avait même glissé un flacon de parfum... C’est la première fois que j’utilise quelque chose de ce genre et j’ose une pression un peu hésitante au niveau de mon torse. Je ne veux pas parfumer directement ma peau parce que...parce que je ne veux pas que les produits atterrissent dans la bouche de mon vampire. Je m’empourpre, je suis irrécupérable. Le parfum est frais, légèrement épicé et pour le peu que je m’y connais en odeur... il me plait.

Je n’ai plus d’excuse pour rester enfermé ici mais il me faut encore quelques minutes pour me décider. J’aurais aimé me coiffer mais mes cheveux sont impossible à discipliner. Je ne suis pas très à l’aise quand je m’avance dans le hall d’entrée, ma petite valise à la main. J’y ai mis de quoi me changer et mes affaires de toilette.

- Mh... voila, je suis prêt, désolé, je bredouille en regardant mes pieds, Lawrence est éblouissant et je vais me baver dessus si je me laisse aller à le contempler.

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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Sam 22 Juil - 10:56

Un merveilleux parfum le précède dans les escaliers et me monte à la tête. Comment s’est-il procuré un tel parfum alors que je l’ai toujours accompagné en ville ? Oh mais la réponse à cette question s’appelle Sam sans nul doute. Une fois de plus je suis bien entouré, on veut vraiment prendre soin de moi, « me mettre aux petits oignons ». Cette odeur me couperait le souffle si je respirais encore et je me demande s’il est conscient de l’effet qu’il a sur moi, d’autant qu’il ne camoufle pas sa flagrance naturelle bien au contraire : il la sublime. A croire qu’il est fait pour porter du parfum et ce parfum. Je lui offre mon bras et le réceptionne tout en douceur, comme si nous nous rendions à un bal prestigieux et qu’il était ma Lady. Je lui prends sa petite valise des mains et porte les miennes à ses poignets, remontant vers ses épaules.

- Du cachemire…tu m’impressionnes. Quelle couleur ?

Je souris, agréablement surpris quand il me parle d’un bleu pétrole, étudiant la forme du vêtement sur lui et apparemment rien ne dépasse, c’est un sans-faute. Mes doigts effleurent sa peau au niveau du col de sa chemise en coton raffiné. Ce contact nous surprend tous les deux et je m’arrête. C’est assez de le sonder…je ne dois pas être impoli sous prétexte d’essayer de savoir à quoi il « ressemble », quête tout à fait utopique au final. J’ai pris soin de me donner une haleine fraîche et mentholée, ce qui doit en révéler assez sur des intentions dont je n’ai connaissance qu’inconsciemment.
Ma tension est palpable, plus encore dans la voiture où nous avons plus que l’air d’un couple installés tous les deux sur la banquette arrière. Sam me décrit le croissant de Lune au milieu de filets de nuages argentés et je sens aussitôt sa lumière nacrée se déposer sur mes épaules, révélant certainement mon profil plongé dans de profonds souvenirs. Je sais pourquoi il me parle de la Lune, c’était en quelque sorte notre quotidien sur le champ de bataille, quand la nuit permettait que l’on prenne du repos, le fusil contre le flanc, le cœur inquiet et le cerveau rejouant sans cesse le tonnerre des bombardements même quand il n’y avait plus que le silence et le feu du bunker entre les hommes. Nous regardions la Lune, bêtement, pensant que ça nous sauverait de notre propre folie, mais nous ne pouvions nous en remettre à personne. La guerre ne fait que prêter les espoirs.

Doucement, je sens la main de Quinn se poser sur le dos de la mienne, comme pour me ramener du fond exilé de mes pensées. Ce geste me touche profondément et j’enlace tendrement cette main. Dans les ténèbres je suis souvent seul, il me faut toujours un guide pour me ramener, et il est parfois dur de revenir sans séquelles, comme si je devais subir encore et encore les affres de ma vie. Je sais qu’il m’a déjà entendu hurler et appeler dans mon sommeil. Heureusement Sam était au manoir, il a pu me calmer, il sait comment faire. Tristement, j’imagine que Quinn se sent démuni face à ces cauchemars, mais je ne lui demande pas de s’impliquer autant.

- Terminus Gentlemen ! Voici votre modeste boui-boui crasseux, comme tu peux le constater Quinn, c’est un endroit absolument moisi !

Sam est moqueur, et je sais qu’il veut mettre l’accent sur le fait que je sorte le grand jeu à mon protégé. Pour ma part je ne sais pas à quoi ressemble la bâtisse, Talos a seulement pu me la décrire, mais c’est un établissement de prestige, façade ancienne peinte de rouge et de vert aux reliefs de bois apparents et au toit en lauzes, alliant le rustique et le chic.

- Merci beaucoup Sam, passe une bonne soirée.

- Maiiiiis vous aussi mes beautés ! Dia Duit ! [Tchao !]

Nous voilà seuls, ma poitrine morte battrait volontiers d’un cœur fougueux pour se défouler. Je prends le bras de Quinn et un serveur – un frac certainement – nous invite à nous installer dans l’atmosphère feutrée où un orchestre joue en très léger fond des symphonies irlandaises. J’avais réservé une table proche de la vue sur le port, afin que Quinn puisse admirer le départ des pêcheurs et les lumières flottantes sur l’océan.

- Voici Lord Grisandøle, je vous amène tout de suite la carte des apéritifs.

J’acquiesce et cherche le dossier de ma chaise pour m’asseoir après avoir ôté ma veste que le serveur emporte avec celle de Quinn. Combien d’années, de siècles…que je n’ai eu de tête à tête ? J’ai cessé de compter. Mais mon éducation veut que je ne saute aucune étape et que je procède comme le dit la bienséance.

- J’espère que ce n’est pas trop…vieux jeu pour toi ? J’ai quelques soucis avec les tendances, mon âge et mon isolement en sont à n’en pas douter la cause.

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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Sam 22 Juil - 17:46

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Je lui parle du bleu pétrole de ma veste, c’est le terme qu’à utilisé Sam en me la donnant. Je me serais contenté d’un « bleu-vert ... foncé » assez approximatif pour la décrire et Lawrence se la serait surement moins bien représentée qu’avec le nom exact du coloris. J’ose enfin lui jeter un regard, ne serait-ce que furtivement. Il est très beau, très bien apprêté. Ses grandes mains me palpent, me détaillent. Je sais que c’est sa façon de me voir mais je ne peux empêcher mon cœur de battre fort à chaque fois. Il effleure la peau chaude de mon cou et m’arrache un frisson. Mieux vaut que nous en restions-là pour le moment.

Dans la voiture, Lawrence a à nouveau cet air lointain. Je sais qu’il porte le poids de son passé sur ses épaules et que le fardeau est difficile à supporter. Je l’ai déjà entendu, ce cri déchirant d’homme ou de bête à l’agonie lorsque ses cauchemars le rattrapent. Le vampire est un ancien soldat et les quelques livres que j’ai pu lire sur le sujet s’accordent sur le fait que les soldats ne reviennent jamais tout à fait entiers du front. Grâce à son âge réel j’ai retrouvé des textes qui racontent sa guerre mais je ne parviens pas à les lire. Je suis incapable d’avancer plus de quelques lignes à la fois sur les traces de ce qu’il a vécu.

Ma main trouve la sienne et ne la lâche plus jusqu’à ce que nous arrivions. La prochaine fois qu’il se réveillera en pleine journée, traumatisé par ce qu’il a fait ou vu, j’aimerais pouvoir être à ses côtés.

Sam nous dépose devant le « modeste boui-boui crasseux » et je souris en m’extirpant de la voiture. L’endroit est magnifique bien que n’ayant pas grand chose en commun avec les restaurants pompeux et rutilants de Dornia mais rien ne pourrait me plaire davantage. La bâtisse est élégante, majestueuse. Et je ne regrette pas de m’être autant habillé, ce n’est pas le genre de lieu dans lequel on peut se promener en chemise à carreaux et en baskets. Je salue Sam d’un sourire alors qu’il grimpe dans la voiture, je crois qu’il est pressé d’aller retrouver Roy. À nouveau seul avec Lawrence, je prends le bras qu’il me propose et caresse sans y songer le tissu luxueux de sa veste.

Un serveur en queue-de-pie nous accueille et nous installe à notre table, spacieuse et joliment dressée. Nous sommes à l’écart et le volume des conversations alentours est très bas, couvert par le fond musical léger. C’est très agréable et même si je ne suis qu’un humain, je me sens très à mon aise à la table de Lord Grisandøle. Il est magnifique dans sa chemise impeccable avec ses cheveux blonds coiffés en arrière et ses beaux yeux qui ressortent dans la lumière tamisée. On est loin, très loin du paysan qui se roule dans l’herbe mouillée avec ses chiens. Et pourtant j’aime autant l’une que l’autre facette.

- Pas du tout, c’est magnifique, my Lord, lui dis-je, un sourire dans la voix pour le taquiner. J’ai tendance à oublier tes lettres de noblesse.

Je me fiche bien des modes et suis simplement heureux de passer un moment avec lui. Je pense souvent  ce genre de choses mais les garde en général pour moi, ce soir je décide de me montrer parfaitement honnête avec le vampire qui a changé ma vie.

- C’est mon premier... rendez-vous de ce genre et je n’aurais jamais osé en espérer autant. Par contre, Je me mordille la joue et pousse du doigt l’une des trois fourchettes qui bordent mon assiette. Je n’ai pas été préparé pour ces soirées, j’espère que je ne ferais rien d’embarrassant.

La carte apportée, j’assiste à un petit moment de flottement de la part du serveur qui doit s’être effectivement rendu compte que son client était aveugle. Je pose instinctivement ma main sur celle de Lawrence, de l’autre côté de la table et lui sourit.

- Je pourrais peut-être la lire pour nous deux et tu me conseilleras, je n’ai sans doute jamais entendu parlé des trois-quarts des plats et des boissons qui sont écrits là dessus.

Je sais qu’avec Talos il n’a pas besoin de moi, ni même du serveur mais j’ai envie que ce moment reste le nôtre sans que la technologie ne s’en mêle. Et puis je ne mens pas en disant que j’ignore à quoi correspondent la plupart des choses qui sont proposés par l’établissement. Je vois bien que le serveur hésite, il ne s’éloignera que si Lawrence lui donne son feu vert. Il est vrai que je ne suis qu’un humain ici, mon geste et ma proposition sont peut-être indélicats pour un vampire comme lui. J’envisage de faire machine-arrière et retire délicatement mes doigts.

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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Dim 23 Juil - 14:35

- Il vaut mieux les oublier, elles n’ont plus tellement de valeur…

Le Temps a passé et mon titre désuet ne me donne plus tellement d’avantages ou de privilèges, c’était valable du temps de mes parents, et puis quand j’ai dû partir en Amérique avec Laty, tout ça n’avait plus vraiment de sens. En revanche le réaffirmer a été très utile pour racheter le manoir et retrouver les œuvres et les affaires qui avaient été volées au cours des décennies qui ont suivi notre exil. Aujourd’hui, c’est simplement l’occasion de forcer un peu le respect de mes semblables, même si je ne m’en sers pas. Le serveur a l’habitude de me voir venir dîner ici avec Sam ou Kagame quand il vient en « vacances », c’est ainsi qu’il m’appelle « Lord ». Mais dans la bouche de Quinn c’est bien différent, d’autant qu’il appuie légèrement dessus comme pour me flatter implicitement. Je glisse une main vers les couverts.

- Ça n’a aucune importance, et y être préparé ne te défendrait même pas de commettre un impair. Quand…quand j’étais petit, nous recevions un peu de monde au manoir, ma mère y tenait même si notre titre avait un peu souffert  depuis mes ancêtres, mais avec ma sœur…
- je souris – Laty essayait toujours de m’embarquer dans des bêtises, elle était la plus jeune et pourtant c’était elle qui me menait à la baguette. Nous sortions sous la pluie avec nos beaux habits de réception et nous allions jouer avec les chevaux...Ohh j’ai souvent été puni ! Je n’étais pas un garçon très docile…

Mon ton laisse sous-entendre que cela a évidemment changé, les obligations de la vie et mon passage à une condition d’immortelle m’ont rendu plus responsable, et plus réaliste. Fatalement. Le serveur se rapproche et s’arrête à mon niveau et je me saisis des cartes, m’apprêtant à sortir la version portable de Talos quand Quinn pose sa main sur la mienne. Je frissonne, ne l’ayant pas senti esquisser ce geste. Le serveur a l’air gêné et la proposition de mon protégé semble arranger tout le monde. J’acquiesce et lui confis ladite carte des apéritifs ainsi que celle des plats. Je peux ainsi congédier notre serveur laissé perplexe, sans doute par la confiance offerte par un vampire à un humain et à ses yeux : un maître à son esclave.

- Tu vas avoir de la lecture. Je connais un peu le carte des apéritifs, je pense que je vais prendre un Jameson. C’est un whisky, et je ne te le conseille pas…il est assez fort.
– dis-je non sans un certain souvenir au bout de mon sourire – Ils font un délicieux hydromel ici, c’est un vin à base de miel et d’herbes aromatiques, très agréable pour initier tes papilles. En principe c’est…une boisson de mariage, mais… - tu t’enfonces Lawrence… Je m’humecte les lèvres et fort heureusement mon teint pâle ne prend jamais aucune rougeur, du moins je l’espère. Je sens mon visage me chauffer mais c’est probablement une réaction normale, n’est-ce pas … ? – Enfin nous n’en sommes pas là…  - Chute pathétique. Je me masse la tempe du bout de l’index mais le mal est fait je présume. – Sinon ils ont de très bonnes bières, tu peux essayer la Tom Crean’s, ou même une simple Guinness. C'est ce que prend Sam le plus souvent. Il est plus amateur de bière que moi.

Ma main va chercher le médaillon dans ma poche et le serre.
Laty, donne-moi un peu de courage et de présence d’esprit pour ne pas tout gâcher je t’en supplie…

Médaillon avec le portrait de Laty à 12 ans:
 

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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Dim 23 Juil - 17:26

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Lawrence & Quinn


J’imagine une nouvelle fois un petit Lawrence au sourire mutin, couvert de gadoue après avoir crapahuté sous la pluie avec sa jeune sœur, tout aussi crottée. Je sais que Laty est un pan primordial de sa vie humaine, une partie douce-amère qui fait partie de l’énigme. Au fil des semaines le vampire s’est laissé aller à m’en parler avec moins en moins de retenue mais toujours avec cette nostalgie dans le regard. Je pense qu’il a particulièrement souffert de devoir affronter l’immortalité sans sa cadette.

- Je t’imagine très bien en petit garnement, je réponds d’une voix douce, un sourire aux lèvres.

Il  y a plus de tendresse dans mon timbre que je ne l’aurais voulu mais je ne m’en inquiète guère, cela n’est pas la première fois que je m’adresse à lui de cette façon. J’ai gagné en spontanéité et en confiance si bien que je ne veux pas me censurer, surtout ce soir.

Le serveur interrompt ce moment pour remettre à mon « maître » les cartes qui atterrissent au final dans mes mains. Je ne me prive pas d’un regard polaire à l’attention de l'employé dont je n’aime pas la façon qu’il a de nous dévisager. Je me contrefiche de ce qu’il pense de nous. Sur ordre de Lawrence, il bat en retraite et je tourne mes yeux gris vers le vampire. Il me taquine et je ricane un peu en ouvrant les livrets reliés.

- Non effectivement, je pense que tu seras seul à boire du whisky ce soir... Sauf si tu veux me voir ramper dans les couloirs de l’hôtel.

Depuis que nous avons terminé dans une posture...quelque peu délicate à cause du vin que j’avais consommé j’ai scrupuleusement évité l’alcool et Lawrence s’est bien gardé de m’en proposer à nouveau.

Je parcours des yeux la carte sans en comprendre tous les termes et laisse donc à l’irlandais le soin de me conseiller. Le blond me paraît tout à coup drôlement nerveux et je lève les yeux pour l’observer à loisir. Il parle vite, hésite et mon sourire s’étire : il n’arrive pas à se sortir de cette petite phrase que je devine pourtant prononcée avec beaucoup d’innocence. Je le laisse se démener, est-ce que ce sont des rougeurs sur son visage ou mes yeux me jouent des tours ? Ma main retrouve la sienne, celle qu’il a laissé sur la table, l’autre ayant disparu dans sa poche. Je caresse doucement le dos de ses doigts, frôle les phalanges qui m’ont sauvé la vie. Je suis calme pour nous deux à cet instant et lui sourit bien qu’il ne puisse voir mon expression. J’espère qu’il va s’apaiser un peu parce que sa nervosité va finir par me déteindre dessus.

- L’hydromel sera très bien.

Cela m'est égal que ça soit une boisson de mariage, je fais confiance aux conseils de Lawrence qui connaît de mieux en mieux mes goûts puisque c’est en général sa cuisine qui les façonne. J’adore le miel et ça me semble être une boisson tout indiquée. Et puis... j’attends avec patience de voir la tête que fera le serveur quand nous lui demanderons un whisky et une boisson de cérémonie. Elle vaut en effet le coup d’œil, il n’y a que son professionnalisme pour le sauver d’une œillade indélicate dans ma direction.

Avant son retour à notre table j’ai sollicité l’avis et les connaissances de Lawrence sur les plats que je ne connaissais pas et me décide pour un Irish roasted salmon. Cela me semble être le bon compromis entre découverte et prise de risque minimum. J’ai rarement l’occasion de manger du poisson au manoir et c’est un met que j’affectionne beaucoup, surtout depuis que j’ai découvert que le « poisson pané » n’en était pas vraiment. C’est aussi un plat dépourvu d’ail et d’oignon d’après la carte donc ça ne peut qu’être approprié, pas vrai ... ? Je m’empourpre un peu au moment de commander - comme si mes pensées indélicates s’étalaient sur mon visage.

Le serveur revient quelques instants plus tard avec le whisky de Lawrence et mon hydromel. Nous sommes à nouveau seuls quelques instants et j’ai encore l’impression que le vampire est un peu en retrait. Je ne sais s’il regrette de m’avoir amené ici ou s’il craint de faire une erreur. Je commence à redevenir anxieux mais prends sur moi pour lui proposer de trinquer au hasard qui a fait notre première rencontre.

L’hydromel est doux dans ma bouche et sa chaleur m’apaise. La soirée est encore jeune, nous avons tout notre temps. Pour patienter le temps que nos plats nous soient apporté, je grignote les petits amuse-bouches qui nous sont proposés.

- Dis, Lawrence, les chiots ont déjà tous trouvé une nouvelle maison ?

Rien ne le met plus à l’aise que parler de ses animaux, c’est son terrain de prédilection et je sais qu’une fois lancé rien ne l’arrête. J’ose espérer que cela détendra un peu l’atmosphère.

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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Lun 24 Juil - 16:37

Je relâche ma prise sur le portrait de ma sœur et la caresse patiente de Quinn me ramène à des moutons moins nerveux et mélancoliques. Allons ce n’est pas ce soir qu’il faut se laisser emporter par le vent de Nord, je m’étais résolu en me préparant à lui offrir le meilleur de moi-même, mais on dirait que c’est assez mal parti. Je commande donc un Jameson et un hydromel pour mon invité, ainsi qu’un carré d’agneau du Kerry avec ses frites maison en accompagnement, et je préviens tout de même Quinn que son saumon rôti l’est avec du whisky, mais en petites quantités, ce qui nous fait sourire tous les deux. A son initiative nous trinquons et je plonge mes lèvres dans le subtil alcool malté. Voilà qui va me donner un coup de fouet. Je connais l’hydromel et évidemment celui du restaurant, mais je ne résiste pas à l’envie de lui proposer de goûter respectivement nos boissons. Je lève mon verre dans sa direction pour lui signifier mon idée et sentant qu’il s’en saisit, je réceptionne le sien.

- Une gorgée ne te fera pas ramper rassure-toi, je te porterai si jamais tu t’affales dans l’ascenseur. Et il faut goûter au whisky au moins une fois dans sa vie !


Combien de fois en ai-je bu pour ma part… ? Nul besoin de commenter cela. D’ailleurs le soir où nous nous sommes rencontrés, c’était à base de whisky que mon haleine avait augmenté. Au bord de son verre épais, je cherche l’endroit où ses lèvre se sont posées, déposant une légère odeur de dentifrice. Est-ce pour mieux l’éviter ou bien pour y goûter ostensiblement, je ne saurais dire, mais je bois le liquide sucré qui me chauffe doucement la gorge. Nous reprenons nos verres quand le serveur amène quelques onion rings dans un petit ramequin à déguster. Ce sont de petits oignons frits à savourer avec une sauce au piment, un apéritif dont Sam raffole et que je ne manque pas de lui préparer. Je me sers du bout des doigts sans me soucier une seule seconde de mon haleine…et croque dans la panure qui laisse aussitôt le goût sucré de l’oignon monter en bouche.
Quinn en vient à me questionner sur les chiots comme pour combler mes silences trop longs, aussi je saisis l’occasion.

- Pour cette portée, oui j’ai réussi à tous les placer à des prix plutôt bons. La dernière portée n’avait pas eu autant de succès, et l’informaticien qui a créé Talos étant de passage à ce moment-là, il était reparti avec un des petits. Les deux autres sont toujours au chenil, mais passé un certain âge il devient difficile de placer les chiens…Les gens les veulent petits pour les dresser à leur image en fonction de ce qu’ils souhaitent en faire : chiens de compagnie, d’appartement, gardien de vaches ou de moutons… Ohhh. – je m’arrête, sentant sa main se retirer de son côté de la table en glissant sur sa serviette. – tu es déçu… ? Est-ce que…ça te ferait plaisir d’en élever un ? Il te faudra être un peu patient jusqu’à la prochaine portée mais…si tu en as envie, je peux en garder un pour toi ?

Mes sourcils se haussent légèrement dans l’attente de sa réponse. L’histoire de Shadow me revient alors en mémoire. A peine né il a attrapé une infection des yeux qui l’aurait condamné si nous ne lui avions pas administré un traitement aussitôt. En grandissant il a surpassé tous ses frères et sœurs en taille, poids et vigueur, et il me quittait jamais d’une semelle. J’allais le nourrir et le soigner toutes les nuits, et si je l’ai sauvé, il m’a lui aussi à sa façon préservé.

- Tu as dit que…tout cela était nouveau pour toi, et bien…pour moi aussi. C’est la première que j’invite un homme au restaurant en dehors de Sam. Enfin Sam n’est pas vraiment un homme, c’est un frère.


L’alcool aidant, je m’installe plus confortablement dans la chaise capitonnée, verre en main. Je n’ai aucune prétention en séduction, et pourtant j’ai laissé Talos me fait tout un monologue sur la « suggestion ». Inconsciemment je vérifie que l’ouverture de ma chemise n’est pas de trop et calme peu à peu les inquiétudes qui sont les miennes.

- Tout cela pour te dire que…


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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Lun 24 Juil - 19:36

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Nous n’avons de cesse de me chambrer, moi et ma piètre résistance à l’alcool. J’ose espérer que mon saumon ne m’atteindra pas au point de me faire ramper et ris de bon cœur quand Lawrence m’assure qu’au pire des cas il me portera. Je crois bien que je ne suis définitivement pas contre l’idée de voyager dans ses bras même si ce n’est que pour quelques étages. L’œil brillant j’accepte son verre et lui propose le mien en échange.

Le whisky est fort, ambré et rien que l’odeur me pique les naseaux. Je ne peux qu’admirer Lawrence pour arriver à boire un truc pareil pur. Je prends néanmoins une petite gorgée qui brûle ma gorge et me donne tout de suite chaud. C’est beaucoup trop alcoolisé pour moi mais... je préfère quand même au vin. Je me laisse aller et y trempe une deuxième fois les lèvres, passée la première brûlure c’est presque agréable... Je regarde le verre au fond épais et le rend à son juste propriétaire, mieux vaut que ça ne reste pas entre mes mains.

- Ça n’est pas fait pour moi, encore moins que le vin !

Je reconnais dans la petite coupelle de grès des onions rings, j’ai appris ce que c’était depuis mon arrivée à Siglo. Sam adore ceux que lui prépare Lawrence et j’en trouve très souvent à notre table. Puisque le vampire ne s’en prive pas je l’imite et en croque quelques-uns. Tant pis pour mon haleine, nous sommes venus ici pour manger en priorité. En revanche, j’évite scrupuleusement la sauce au piment. J’aime les plats épicés mais en trop grande concentration ils me donnent mal à l’estomac, sans doute parce que j’ai mangé du riz blanc et de la purée une grande partie de mon existence.

- Les tiens sont meilleurs, je commente tranquillement avant de boire une gorgée d’hydromel.

À mon échelle Lawrence est un cordon bleu et je le complimente régulièrement pour ce qu’il nous prépare. Non pas pour le flatter mais parce que j’aime vraiment sa cuisine, et pour le coup les onions rings du manoir sont peut-être un peu moins jolis mais je les trouve plus savoureux en bouche.

Nous discutons des petits chiens et mon cœur se serre même si je noie mon trouble dans mon verre.

- Je sais que je ne devrais pas m’attacher autant à eux mais ils sont adorables, je n’arrive pas à m’en empêcher. Je voudrais tous les garder mais ils vont grandir et tu ne saurais plus quoi en faire !

Je devais juste m’y habituer, tout comme je n’avais pas pu m’empêcher de fondre en larmes quand Lawrence avait abattu un des poulets pour que nous le mangions. Je n’avais pourtant fait que lui donner un peu de grain mais ça avait été un moment terrible. J’avais eu du mal à l’avaler ce poulet... Pour moi, la viande n’était qu’une tranche sous vide à attraper au supermarché, la confrontation avec la réalité n’avait pas été facile. Mais c’était une ferme et cela faisait partie de la vie de ferme alors j’avais surmonté mon trouble. Toutefois, s’il devait arriver quelque chose à l’un des chiens ou des chevaux... j’aurais du mal à m’en remettre.

D’un geste machinal je tripote la nappe épaisse entre mes doigts et secoue vigoureusement la tête :

- Oh non, je ne saurais pas m’en occuper correctement, j’ai encore beaucoup à apprendre et je ne veux pas négliger mon travail ni Kaze pour une adorable boule de poils.

Plus tard, peut-être. Je ne me sens pas prêt à assumer une telle responsabilité. Je fais déjà de mon mieux pour prendre soin de Kaze et ça n’est pas toujours évident, j’aurais vraiment trop peur de faire des bêtises avec un si jeune animal.

- Je préfère te voir à l’œuvre encore un peu, il avait après tout des décennies d’expérience à partager. J’aurais été bien bête de ne pas en profiter.

En face de moi Lawrence se laisse aller dans son siège et peu à peu je me détends à mon tour. La discussion est facile, je crois que l’alcool nous aide autant l’un que l’autre. Mon verre à la main, je savoure ma boisson à petites gorgées. Les bougies et les lumières tamisées dessinent le visage du vampire, son nez droit et sa mâchoire puissante, le col bien-mis de sa chemise, légèrement ouverte, lui qui d’ordinaire se boutonne jusqu’en-haut... Je me demande ce qui lui a pris tout en laissant mon regard s’engouffrer dans le mince interstice qui m’est offert. Est-ce que parce que lui aussi a voulu m’impressionner ? Peut-être qu’il a même voulu me plaire ?

Je suis pendu à ses lèvres qu’il trempe de temps à autre dans le whisky, que quoi ? Me dire que quoi ? Je n’ose pas l’encourager de peur qu’il ne s’interrompe et ne se rétracte comme un escargot dans sa coquille, ce qui lui arrive de faire lorsqu’il se laisse aller.

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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Dim 30 Juil - 22:18

Je ne peux que sourire quand il évoque implicitement son attachement pour Kaze. C’est vrai, je délaissais un peu cette jument qui ne m’est utile qu’une partie de l’année, alors que son tempérament est très conciliant. Instinctivement je me félicite d’avoir pu lui associer un cavalier en la personne de Quinn, et un protecteur, si je compte les heures qu’il passe à la panser ou à la sortir dans le paddock ou au manège pour apprendre, souvent grâce au concours de Sam ou même du mien si je suis amené à avoir une minute à moi.
C’est pourquoi prendre une soirée en dehors du manoir est un vrai bonheur et permet de décompresser même si j’adore mon « métier ».
J’allais…lui répondre mais le serveur, comme s’il avait saisi la nature de l’échange et ma probable future compromission, arrive avec nos plats sous cloche. Il dépose celle de Quinn puis la mienne et les soulève une à une, présentant les mets puis proposant une bouteille de vin. Ma commissure forme un rictus ; décidément le Destin souhaite faire boire mon protégé ! Je demande la bouteille recommandée par le chef ce qui renvoie notre serveur dans ses cordes, parce que je le trouve un peu trop « insistant » pour un employé.
Mais je ne suis pas un petit garçon, du moins je ne le suis plus depuis un temps presque au-delà de la mémoire, et ce soir je dois être un homme. Je me redresse, pose mon verre de whisky en veillant à ne renverser aucune goutte. Les glaçons tintinnabulent contre le verre épais. Profitant de la proximité de ma main je frôle les doigts de Quinn et le sent sursauter ou frémir ?

- Tout ça pour te dire que je suis ravi de passer cette matinée avec toi. Ta présence me fait énormément de bien même si…je suis un peu hanté. Ton âme est douce, Quinn de Dornia.


L’usage de cet mot me fait faire un sourire-grimace, je suis un vieux château, avec tout ce que cela implique, mais il m’est encore permis d’avoir des moments heureux, j’en connaîtrais sans doute encore beaucoup qui tenteront de tirer un voile paisible sur mes cauchemars et mes fantômes. Sa main se retrouve entre mes lèvres et je baise le bout de ses doigts le plus doucement du monde.

- Bain sult as do chuid ! [Bon appétit !]

Mon accent gaélique est un peu rouillé et puis je dois traduire dans la foulée mais cela a le mérite de nous mettre tous les deux en « appétit » justement !
L’agneau est excellent et je trempe quelques frites dans le reste de sauce au piment des onion rings. Quinn a l’air de déguster son saumon dont je peux deviner la parfaite cuisson rien qu’à l’odeur. Il accepte malgré tout de boire un peu de vin, et nous échangeons nos fourchettes pour goûter respectivement nos plats. Ce geste n’est pas anodin, et il laisse le goût léger de ses lèvres sur les dents en inox. J’aime ça. Sans doute parce que cela nous rapproche, et me donne l’impression d’être plus que l’homme qui l’a recueilli. L’avoir « acheté » en une fois ne fait pas de moi celui qui doit guider son existence, et je suis soulagé que le lien se soit fait si vite et si naturellement.
Nous prenons notre dessert et je me laisse bercer par la musique de l’orchestre quand nous cessons de discuter, et il n’y a pas silence plus confortable. Je m’y glisse sans aucune peur, ne m’arrachant à ma torpeur qu’une fois que nous sommes dehors dans l’air froid malgré l’été. Il a plu pendant le dîner, l’air est glacé et la bitume laisse monter une brume typique que je ressens en gouttelettes fines sur mon visage. Le matin se montre presque, soleil rouge sans doute étouffé au loin encore par les vents marins. Les pêcheurs sont rentrés, les lumières vont s’éteindre, et nous de gagner notre hôtel. Sam m’a laissé l’adresse, je sais qu’il donne sur le port, j’y ai déjà dormi, je demande simplement à Quinn de me donner les noms de rues. Son souffle tiède forme un vague nuage qui me parvient et je finis par passer ma veste sur ses épaules en bon gentleman je présume.

- Vous marchez tout à fait droit, jeune homme, gagneriez-vous en endurance ?

Je ris, lui frottant le dos, taquin mais doux. La tension des dernières heures et des premiers mots s’est dissipée.

- Est-ce que tu veux aller voir le lever de soleil sur la plage ?...Je peux t’attendre à l’abri. Il va faire beau aujourd’hui, quand le brouillard sera levé. Ce serait dommage de manquer cela, non ?


Atmosphère mystique qui embaume les rues, et son instinct lui dicte de se tenir dans mon giron puisque notre proximité ne s'est jamais autant manifestée.

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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Jeu 3 Aoû - 14:59

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Je ne sais si mon âme est vraiment douce, elle ne l’a jamais été avant notre rencontre. J’ai toujours cru n’être qu’amertume et ennui. Il n’y avait que depuis mon arrivée à Siglo que je me découvrais cette douceur. Et elle n’était que l’écho de celle dont Lawrence faisait preuve à mon égard à chaque instant que nous passions ensemble depuis qu’il m’avait recueilli. Ses doigts me frôlent et je ne peux m’empêcher de laisser ma peau se rafraîchir à son contact un peu plus longtemps que nécessaire. Je ne réponds rien mais quand il porte ma main à ses lèvres pour la baiser avec la délicatesse qui le caractérise je profite de sa proximité pour caresser la joue lisse qu’il a sans doute rasé de frais. Même lorsqu’il me lâche, je m’attarde sur les traits masculins de mon vieux château pour les redessiner.

- Pas aussi douce que l’est la tienne, Lawrencelui dis-je à voix-basse.

Même torturé par son passé, l’ancien soldat est toujours si tendre, si doux. Je me plais à penser que c’est dans son caractère mais également parce que je suis moi et pas seulement un humain en perdition qui lui a été offert. Ce qu’il m’avoue ce matin m’enveloppe, forme un cocon protecteur et apaisant autour de moi. Peut-être que je ne suis pas si bête d’espérer toucher un peu plus son vieux cœur malmené.

Le fumet délicat de nos plats respectifs nous ramène à la réalité de l’instant T et je lâche, à regret, mon vampire. Je goute alors le meilleur poisson qui eut jamais atterri dans mon assiette et c’est un gémissement gourmand qui m’échappe quand il fond sous ma langue. L’agneau de Lawrence est également un délice et je partage avec lui une bouchée de mon assiette même s’il a déjà surement eu l’occasion de tester le fameux Irish roasted salmon que j’ai commandé. Nous n’avons aucun problème, lui pas plus que moi, à partager nos couverts. C’est, au contraire, un geste qui me paraît très naturel.

Nous rions quand je manque de recracher ce que je prends pour des cornichons avariés mais que l’irlandais m’explique être en faîte des câpres. Visiblement ça n’est pas ma tasse de thé et j’ai tôt fait de les repousser dans un coin de mon assiette comme un enfant un peu trop gâté. Nous discutons de tout et de rien avec une facilité étonnante compte tenu du début de soirée un peu maladroit que nous avons eu. Le vin me monte un peu à la tête et je ris de bon cœur, même quand la discussion n’en mérite pas tant.

Le dessert est délicieux, sucré et raffiné, il parachève superbement le repas. Ma gourmandise m’a rattrapé et j’ai trop mangé, un peu sonné je profite de la musique. Le silence se fait à notre table et pendant un petit moment nous profitons juste de la présence de l’autre comme ça nous arrive parfois au manoir.

Il est déjà tôt quand nous sortons du restaurant et une brise froide balaye mes joues rosies. Galant, Lawrence me recouvre de sa veste et je n’ai pas le courage de l’en empêcher parce que son parfum est partout sur le vêtement. Je souris et resserre d’une main les pans soyeux, l’autre est posée sur le bras de l’ancien soldat. Je lui indique le nom des rues et il me guide en contrepartie jusqu’à notre hôtel. L’un sans l’autre nous serions incapable de nous déplacer et j’ai la sensation que ce moment, bien que banal, est une métaphore de ce que nous vivons désormais chaque jour.

Au loin, un soleil rouge tente de percer les épais nuages violacés et je m’inquiète un peu pour le vampire qui n’en supportera pas les UV.  

- Ou alors c’est parce que je suis à votre bras, mon cher Lawrence, mon sourire perce ma voix et je resserre ma prise sur sa chemise. Sa chaleur ne parvient pas à filtrer à travers le tissu et je devine qu’il boit toujours peu.

Machinalement, je lève les yeux pour fixer l’horizon. Le ciel se teinte des lueurs éclatantes de l’aube et j’imagine que le spectacle sera, en effet, magnifique mais quelque chose me retient. Mon regard dévie et se pose sur le visage harmonieux de Lawrence. Je sais qu’il ne verra plus jamais un levé de soleil, autant parce qu’il est aveugle qu’à cause de sa monstrueuse nature. Mes doigts descendent le long de son bras pour prendre sa main qui est fraîche.

- Oui, surement... Mais ce serait encore plus dommage de nous séparer maintenant. Ma voix est douce mais peu assurée, tout à coup je suis timide.

Je n’ai pas l’aisance de certains de mes pairs quand viennent ces moments-là. Mais je sais que je ne veux pas me séparer de l’irlandais maintenant pour admirer quelque chose que nous ne pourrons pas partager. J’aurais mille autres occasions de voir le soleil inonder une plage de ses rayons et cette soirée qui nous appartient est unique. La pulpe de mon index caresse sa paume et je le tire délicatement vers le porche de l’hôtel.

- Viens, Lawrence, je m’en voudrais que tu sois brûlé.

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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Jeu 3 Aoû - 19:47

Sa voix si douce. Pour me préserver du feu. Et la symbolique de cet échange me frappe. Nous ne pouvons ni ne devons être séparés ce matin, que ce soit sur la plus belle plage du monde devant le soleil le plus éblouissant de l’Univers, la seule chose qui compte c’est sa main dans la mienne. J’acquiesce doucement, ne sachant pas si j’attendais une telle réponse pourtant elle me convient. Quinn parle peu, mais ses mains en disent tant et pour moi c’est extrêmement important d’avoir une communication aussi intense et évidente à la fois. Il prend les devants, nous conduisant à l’intérieur de l’hôtel, et quand la porte se ferme sur mon dos je sens – vue de l’esprit ou non – la chaleur d’un soleil matinal.

- Que puis-je pour vous, Messieurs ? Ohh, Lord Grisandøle ! C’est un bonheur de vous voir ! Et vous êtes accompagné !

Finnian est un homme plus que respectable et admirable, ses visites au manoir par simple souci de s’assurer que le descendant d’une des plus vieilles familles de Siglo ne manque de rien en ont fait un ami, c’est pourquoi j’ai choisi sa maison ce matin. Je serre les épaules de Quinn contre moi et m’avance vers le comptoir.

- En effet, nous avions réservé une chambre pour deux à mon nom, vous m’aviez promis la 17 il me semble.

A la crispation de ses doigts sur son clavier d’ordinateur je sais immédiatement que le hic ne va pas tarder à atteindre mes oreilles. Sa bouche grimace dans un léger bruit humide et je sors mon portefeuille.

- Finnian…un souci ?

- C’est que…c’est mon apprenti que vous avez eu au téléphone, et il ne m’a pas renseigné la 17, elle est actuellement prise…Je suis vraiment désolé de cette grossière erreur, il ne reste que…
- il clique, à droite, à gauche, en haut à gauche – la 21. Vous y trouverez un lit deux places et une salle de bain ainsi que le petit déjeuner offert, elle est simplement moins… moins…

- Moins ?

- Moins glamour que la 17. Veuillez me pardonner My Lord…

- Ce n’est pas grave, nous allons prendre la 21, ce sera très bien.

Dis-je en tournant légèrement la tête vers Quinn resté à l’écart de la conversation.
Finnian se remet de ses émotions et je règle pour la chambre, puis un groom monte nos petites valises jusqu’au deuxième étage. Ladite 21 sent bon le propre, la lavande et la bruyère, et le sol est couvert d’un tapis moelleux donc je ne peux que supposer la couleur. On nous laisse et je dépossède mon invité de ma veste ainsi que de la sienne, les disposant sur deux cintres qui trouvent leur place dans la penderie murale. Il me faut quelques minutes et quelques phrases un peu bateau pour réaliser que c’est la première fois que nous nous trouvons en huis-clos de la sorte, nos âmes si proches que les battements de son cœur tintent à mon tympan sensible, et à mon appétit muet. J’ôte mes chaussures, tâtonne dans ma valise pour trouver brosse à dents et dentifrice et passe dans la petite pièce d’à côté pour me donner bonne haleine et faire briller cette paire de crocs, rangés. Pour l’instant. Heureusement, je sens poindre la fatigue charriée par l’alcool et les efforts pour tenir une conversation convenable toute la soirée en présence de Quinn. Je ne force pas, je ne veux juste pas le décourager. Parfois je me trouve bien sinistre.

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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Sam 12 Aoû - 2:35

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Devant le comptoir de bois, impeccablement ciré, Lawrence passe un bras par-dessus mes épaules et à cet instant précis, je sais. Je sais que quelques minutes auparavant j’ai fait un choix décisif et que c’était le bon, pour lui comme pour moi. Il m’enlace de façon si naturelle que j’oublie que c’est la première fois que ce geste, pourtant anodin entre nous, est si lourd de sens quand, après un dîner romantique, nous récupérons les clés d’une chambre d’hôtel.

Machinalement, je ne peux m’empêcher de dévisager l’irlandais qui nous accueille. Du fait de ma curiosité habituelle tout d'abord mais aussi parce que je m’attends presque à son hostilité pour avoir osé traverser son hall au bras de l’ancien soldat. L’alcool me rend aussi joyeux que belliqueux et je me sens tout à fait légitime contre Lawrence, suffisamment pour braver les regards de quiconque y trouverait à redire. Mes précautions sont, toutefois, vaines. Le dénommé Finnian est de toute évidence un ami. Je me détends. Silencieux, je comprends que nous avons eu un petit problème de réservation et laisse le blond s’en charger. Pour toutes sortes de raisons. Déjà parce qu’il n’a absolument pas besoin que je vienne mettre mon grain de sel, mais aussi parce que, ce soir, c’est lui qui mène la danse et il la mène si bien que c’est un plaisir de le laisser me guider.

Le petit couac est rapidement balayé et nous nous rendons dans la chambre 21, moins glamour que son homologue « chambre 17 » mais que nous partagerons néanmoins. Mon cœur bat un peu fort, je me demande si le vampire avait initialement choisi cette chambre pour sa décoration où s’il s’agissait d’un simple concours de circonstance ?

C’est troublé que je découvre finalement le lieu où nous passerons la nuit. C’est une pièce de belle taille, assez simple et je trouve à nos chambres au manoir un peu plus de charme que la chambre 21. Elle a cependant, sur mes lèvres et à mes yeux, une saveur particulière qui n’est pas seulement dû à son parfum délicat et frais que je ne reconnais pas. Tout comme moi, Lawrence essuie un moment de trouble où, l’un comme l’autre, nous avons une conscience accrue de notre étrange et soudaine proximité. C’est la première fois que nous nous retrouvons seuls de cette manière, destinés à passer la nuit ensemble. J’essaye de contraindre mon cerveau hyperactif de rester dans un flou rassurant même si mon imagination voyage d’hors-et-déjà sur le couvre-lit bleu roi, assorti au tapis sur lequel nous marchons.

Le temps que je rassemble mes pensées Lawrence a déjà disparu dans la petite salle de bain qui est attenante. C’est un confort peut-être anodin pour beaucoup mais en ce qui me concerne c’est une commodité vraiment appréciable. J’imite le vampire et c’est armé de ma brosse à dent que je pousse la porte laissée ouverte pour le rejoindre.

Le reflet du miroir me renvoi l’image, comique, d’un vampire de presque deux mètres penché sur un petit lavabo, en train de s’astiquer les ratiches avec application. Une partie de moi est très satisfaite de constater que nous avons le même attachement à l’hygiène buccale. L’autre, plus crétine et sans doute légèrement abrutie par l’hydromel que j’ai bu plie mes lèvres d’un rictus amusé. C’est la première fois que je le vois aussi humain et pourtant j’ai vu Lawrence faire des choses qu’un vampire banal n’aurait jamais osé faire. Comme retourner vigoureusement un bélier pour retirer une ronce prise dans sa laine, ou se faire lécher le visage par de petits chiots.

Sans mot dire je lui emprunte son dentifrice et bientôt la salle de bain n’est plus habitée que par le frottement caractéristique des brosses sur l’émail. Ma bouche rincée – et propre – je désigne la sienne de l’index et lui demande :

- Ça n’est pas douloureux ? Je veux dire, de les brosser ?

Les vampires parlent généralement peu de ce genre de choses aux esclaves. Je sais, pour ma part, quel rôle joue leur formidable dentition dans son alimentation, même si je n’ai jamais expérimenté la chose, mais je n’aurais jamais imaginé voir un jour un suceur de sang se … brosser les canines. Une petite voix me souffle que je ne suis sans doute pas très malin de manifester mon intérêt pour les crocs d’un vampire de cette façon mais depuis que je vis avec lui, j’ai pris le parti de ne jamais censurer ma parole à ses côtés. Et si ma spontanéité lui donne des idées nous verrons.


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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Sam 12 Aoû - 13:21

Je me rince la bouche et passe ma langue sur les canines que je fais sortir pour examiner leur propreté : je déteste avoir une pellicule sur l’émail, et puis ça n’a rien d’hygiénique. J’ai beau me servir très peu de ces attributs, je ne les délaisse pas pour autant. Le dentifrice laisse une sensation de fraîcheur sur mes gencives et je tamponne ma bouche du dos d’une serviette cotonneuse, m’écartant pour laisser Quinn se rincer.

- Douloureux ? Non je ne dirai pas ça, la gencive est plus sensible à cet endroit mais…les crocs de vampire sont exactement comme tes canines, c’est juste un peu…plus…sensible.


Cette phrase est trop longue. Beaucoup trop longue à sortir. Mais je ne peux lui expliquer que la morsure a quelque chose de terriblement érotique, les crocs étant nettement plus pourvus en nerfs, avec une pulpe plus grosse. La sensation est…digne d’un orgasme. Ou bien suis-je extrêmement sensible à cela, je ne saurais dire, je ne suis pas un pratiquant converti. Cela pourrait changer, évidemment…étant très exclusif, je ne pourrais pas passer du coq à l’âne, d’un partenaire à un autre. Celui que je mordrai sera l’homme avec lequel je partagerai sa vie, et un peu de mon éternité.
Je masse ma nuque, ma coiffure n’est plus ce qu’elle était avec la brise et le brouillard du matin, mais je n’ai pas pour habitude d’être trop apprêté, alors ça n’a aucune sorte d’importance si ce n’est le risque de passer pour un épouvantail auprès de Quinn.

Je me déshabille méthodiquement pour mieux enfiler le bas de pyjama gris en coton et le maillot sans manche qui me servent de pyjama, le tout bien évidemment fraîchement passé à la lessive au miel. Le costume termine plié soigneusement sur une chaise à cet effet et au moment de quitter la salle de bain pour laisser son intimité à Quinn, je me rends compte que nous nous comportons exactement comme deux personnes niant l’évidence. Je m’immobilise dans l’embrasure de la porte, une main contre le bois, paupières closes. Est-ce que…c’est toujours aussi magnétique entre deux êtres ? J’entends son cœur accélérer, pomper plus vite plus fort, par peur, par appréhension, par…impatience ?

- Je t’attends dans le lit.

Ma silhouette s’efface et il me faut un sacré paquet de secondes pour évacuer les sous-entendus en phase d’être assumés dans ma dernière phrase, et ce ton...atrocement sensuel. Je pousse ma valise, ferme le store électrique et cherche mentalement une source lumineuse à allumer avant de me glisser dans les draps de soie.
« Je t’attends dans le lit » …Les échos des réponses qu’il n’a pas eu le temps de formuler me parviennent, mon cerveau fantasme et je crois que j’ai un sérieux et profond manque d’affection…Inutile de faire semblant maintenant, cette soirée, le restaurant, la chambre, le lit pour deux, ce n’est pas qu’une succession de coïncidences et de circonstances, ce n’est pas que pour laisser le manoir à Sam et Roy. Un soupir. Je glisse un bras derrière ma tête, une jambe relevée, quand au flair je sens Quinn s’approcher. Son corps froisse les draps dans un bruit liquide de soie de qualité qui n’est pas sans décupler l’efficacité de mes sens. Son sang bourdonne à mes oreilles comme un millier d’abeilles folles. J’ouvre les lèvres pour parler, mais ne dis rien, tendant mon bras libre en soulevant la couette.

- Je ne vais pas…désobéir à mes engagements en me comportant comme un vulgaire Nouveau-Né, même si…je t’avouerai que tu es loin de me laisser indifférent…

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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Dim 13 Aoû - 4:50

Fresques irlandaises
Lawrence & Quinn


Ma question, bien peu délicate, charge l’atmosphère d’électricité. Je ne sais pas d’où elle vient ; de moi qui suis immobile devant le miroir, la bouche dégoulinante d’eau fraîche ou de lui, sa serviette encore dans la main. Je me retiens de lui demander « plus sensible comment ? » par un miracle que je n’explique pas. Ma bonne étoile sans doute, ou est-ce simplement par pudeur ? Je n’ai jamais été un allumeur et ça m’a souvent été reproché dans les nombreuses boutiques que j’ai visité. Au final, ce soir, je me sens un peu démuni vis-à-vis de l’attraction que je sens entre nous.

L’instant est rompu, Lawrence se détourne pour se déshabiller et je me fais violence pour m’occuper de mon côté. C’est quand je suis penché sur le lavabo de l’eau plein le visage qu’il me porte le coup de grâce. Sa voix est douce, sensuelle. Elle m’hérisse d’un long frisson.

Je me fige, le cœur au bord de l’apoplexie. Le temps de me redresser il s’est déjà éclipsé, enfui, vers la chambre. A-t-il au moins idée du ton qu’il vient d’utiliser ? De la caresse que ses mots viennent de me donner et du cataclysme dans lequel il m’a jeté ? Je n’en suis pas certain et reste un moment interdit dans la salle de bain. Mon débardeur et mon caleçon propres enfilés je me retrouve exactement dans la même situation que quelques heures plus tôt quand, au manoir, j’avais la trouille de rencontrer le vampire qui m’invitait à diner. À présent, j’ai peur d’affronter l’homme qui m’attend, dans le lit que nous allons partager. Le lit dans lequel il m’attend, moi. Moi qui ne suis rien ni personne sauf à ses yeux.

Il me faut un moment pour me recomposer et me convaincre que l’hydromel que j’ai bu m’enivre toujours et que c’est de son fait que je trouve le courage de rejoindre Lawrence. Le vampire est déjà couché. Sa silhouette est dessinée par la faible lueur d’une lampe de chevet qui jette des ombres délicates sur ses traits nobles. Je me glisse sous les draps tandis que le silence se prolonge entre nous, seulement troublé par les bruissements soyeux que je provoque. C’est un de ces moments suspendus où nous avons un choix à faire, un instant à saisir avant qu’il ne soit trop tard. J’ai peur de le laisser filer mais je n’ai pas la force d’âme nécessaire pour rompre la glace et me jeter dans une eau sombre que je connais si peu.

À ma grande surprise, Lawrence s’y colle et je ne l’en trouve que plus admirable. Dans ma poitrine je sais que mon cœur bat des records de vitesse. Je le sens battre à mes tempes, rougir mes joues. Je serais bien incapable de cacher ce genre de détails à un vampire, en particulier un vampire aveugle dont les sens excèdent largement tout ce que je peux imaginer. Je ne peux pas empêcher un sourire de fleurir mes lèvres, d’illuminer mes yeux. Après une brève hésitation je m’approche, glisse mes hanches sous le bras qu’il a levé pour faciliter mon arrivée.

Il y a des mots que je voudrais lui dire. Des mots que je voudrais mettre sur ce que je ressens, sur ce qu’il fait naître en moi quand il avoue que je lui plais. Je ne les trouve pas. À défaut, je pose ma main sur sa joue. Elle est toujours si fraîche… J’aimerais pouvoir lui communiquer ma propre chaleur. Finalement je parviens à murmurer :

- Tu te comportes très bien.

Je me demande où est le petit garçon désobéissant qu’il avait été il y a très longtemps. Si son passé n’avait pas été si rude… ce moment aurait peut-être eu une saveur différente, mais sans doute pas plus savoureuse. En dépit de mon cœur affolé, je suis bien, vraiment bien. Et je pense que je serais encore mieux si j’osais m’étendre complètement contre lui, dans ses bras qui m’y invitent à demi-mots. Oserais-je ?

- Si cela devait arriver, je ne t’en voudrais pas, lui dis-je dans un souffle.

Je m’autorise à caresser son visage comme si c’était un terrain conquis et dévie sur sa tempe, rejoignant sa crinière blonde, ébouriffée. Mon geste s’achève quand je rencontre le bras sur lequel sa tête est appuyée, obstacle entre mes doigts et le creux de sa nuque.

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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Dim 13 Aoû - 10:06

Son haleine fraîche me chatouille le nez, et le parfum à la fois délicat et masculin de sa peau et de ses cheveux me conforte dans l’idée que sa présence me fait un bien fou. Il est normal qu’il hésite à se blottir, nos précédents rapprochements ne sont après tout que des effleurements, des accolades ou quelques caresses de paumes quand je me tiens à lui pour trouver mon chemin. Alors ce matin, se trouver l’un contre l’autre, si près, si proches l’un de l’autre, alors que rien n’est encore dit, rien n’est encore fait, c’est aussi déroutant pour lui que pour moi qui n’ai pas tant d’expérience que l’âge pourrait le laisser supposer.
« Tu te comportes très bien »
Mon sourire est tendre, amusé aussi par l’inversion des rôles que nous opérons si souvent. Lui en adulte à me rassurer en permanence, quoique moins régulièrement depuis quelques semaines où je m’abîme à résister à la tentation de me dénigrer. Sa main est comme une bougie déposée sur une fontaine gelée et recouverte de neige. Elle me pique et me brûle, puis je m’habitue à sa chaleur merveilleuse. Depuis quand n’a-t-on pas touché ainsi mon visage… ? J’appuie ma tempe contre cette source d’amour et soulève légèrement la tête pour qu’il puisse la glisser le long de ma nuque. Des frissons me parcourent et je fais remonter ma main libre le long de son dos, changeant imperceptiblement de position pour qu’il puisse s’allonger contre et à demi sur moi. Là j’ai moi aussi accès à sa nuque où dansent de petits cheveux doux indisciplinés, en réalité comme le reste de sa tignasse.

- Tu as l’air si sûr de toi.

Dis-je en appréciant la chair de poule de son avant-bras contre ma joue. A-t-il seulement eu l’expérience d’une morsure ? Ou bien me fait-il confiance ? Je crois être capable d’être doux et calme, mais il n’en demeure pas moins que je ne suis pas un habitué et que j’ai toujours peur de ne pas exercer suffisamment de contrôle sur mon appétit.

- Je réprimerai autant que possible ce désir. Mes principes m’empêchent de lui céder, du moins autant que possible, et l’attraction que nous exerçons l’un sur l’autre ne m’aide absolument pas…
- je ris et me retiens de passer mes doigts sous son t-shirt pour sentir le grain de peau de son dos – J’ai commis des actes horribles, Quinn. – Je sais, ce n’est pas vraiment le moment d’évoquer ce genre de souvenirs, mais je veux être certain de la mise en garde, certain que c’est réellement une chose qu’il envisage, malgré ce que je suis, ce que je représente – J’ai pris des pères à leurs fils, des fils à leurs pères, des maris à leurs femmes…j’ai vu les pires horreurs dont les hommes étaient capables, dont j’étais capable moi aussi, pour une cause qui au final ne vaut pas grand-chose. J’ai vu les peuples, les races se déchirer pour le pouvoir et la gloire et plus encore, j’ai perdu ma femme, ma sœur, mon fils pour bénéficier du Don Obscur, et je n’ai vécu jusqu’ici que pour être l’éternel témoin de ceci : le meilleur des hommes peut se détruire si on le convainc que c’est ce qui sauvera le monde.

Je ne sais quel effet ont produit ces mots de l’écœurement, mais je ne leur donnerai pas plus de la valeur qu’il mérite. Celui qui me dirait prétentieux d’une quelconque connaissance mystique se méprendrait ; tout ceci n’est que la conclusion que j’ai tirée de ce que j’ai vu, et ce que j’ai – plus tard – voulu empêcher. Trop tard. Ma conscience se heurte à l’interrupteur de la lampe de chevet après quelques tâtonnements et l’obscurité artificielle tombe, tandis qu’au dehors le matin doit illuminer la baie du port.  

- Voilà pourquoi tu es si important…
- à mes yeux, allais-je dire, comme si j’étais incapable de déjouer les subtilités de la langue – tu es vierge de la main qui m’a façonné et m’a laissé tel que je suis, une sorte de réceptacle condamné à vivre et revivre ses tourments et ceux d’une autre époque. Toi, tu es le soleil que je peux toucher. – Pour illustrer mon propos je me redresse à peine et le bras qui me servait de coussin vient aimer les lignes harmonieuses de son visage, de la coupe de sa mâchoire à ses tempes, éprouvant encore et encore la sensation de chaleur qui me tiraille la pulpe des doigts à son contact. – Tu es comme la lumière derrière mes paupières fermées, un sursaut de beauté, un sursaut de détermination à améliorer tout ce qui t’entoures, moi y compris. Ne perds ni ne gâche cela.
De l’index je redessine son lobe droit.

- Quinn…

Si c’est une déclaration ? Je crois que oui. Précoce ? Peut-être, mais j'ai le sentiment d'avoir perdu assez de temps. Il en fera ce qu’il souhaitera, il prendra le temps qu'il lui faudra, je ne force personne à m’aimer. Mais il y a tant que je puisse donner, au fond de moi, je le sais, je ne suis pas si vide.

- …tu as un adorable grain de beauté derrière l’oreille droite. Juste…là.

Mon majeur passe sur la petite irrégularité de peau avec douceur.

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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Lun 14 Aoû - 2:09

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Il me laisse accéder à la chair tendre et fragile de sa nuque que je m’empresse de découvrir. Sa peau est douce, très souple quand je remonte à la naissance des racines. J’ai un faible pour ses cheveux et il n’y a qu’à l’horizontal que j’aurais l’occasion de les toucher alors je ne m’en prive pas. Le poids de son corps bascule, de l’extérieur c’est sans doute imperceptible mais dans la seconde je suis contre lui et nos jambes se mêlent pour que je puisse trouver mon équilibre. Au final, c’est très naturel et je réalise que je m’étais fait des films, effrayants, de ce moment pour rien. Entre nous chaque geste est si agréable, si juste.

Pourtant je sens que des barrières nous séparent encore. Des barrières qui sont autant de murs érigés par les années, les épreuves et la souffrance qu’il a traversées dans une solitude qui lui pèse encore. Je n’ai que mes mains nues pour les repousser, les abattre et me frayer un chemin jusqu’à l’être torturé qu’elles cachent. Je sais que Lawrence s’en veut terriblement et dans ses mots se mélangent les atrocités de la guerre et celles de sa vie d’immortel. Je l’écoute avec attention bien que je sache d’hors-et-déjà tout ce dont je dois avoir connaissance pour me forger un avis sur sa personne. Sa longue tirade terminée, la pulpe de mes doigts le réduit au silence. Ses lèvres sont douces, c’est la première fois que je les touche aussi directement et j’en suis presque surpris, tant et si bien que je me permets de les caresser quelques secondes.

- Je suis sûr de moi, Lawrence... J’ai été créé, élevé pour servir de gourde vivante aux tiens. J’ai toujours su que cette éventualité me pendait au nez. Ce que j’ignorais… c’est que je rencontrerais un vampire auquel je serais heureux d’offrir ma veine. Je sais ce que tu es et même si tu ne m’as sans doute pas tout dit je me doute de ce que tu as du faire... Que ça soit par nécessité ou parce que ta nature t’y a contraint et cela ne change rien à mon choix. Je sais qui tu es.

Parmi tous les vampires du monde je le choisis lui et peut-être que cette nuit, à demi-mot, je m’avoue à moi-même le choisir en tant qu’homme également. Ma voix est douce, même à mes oreilles et je rougis. Moi aussi j’ai peur d’en dire trop, de tomber à côté de la plaque et de briser l’instant fragile sur lequel nous avançons, pas à pas avec une hésitation touchante.

Mes doigts sur ses lèvres se déplacent sur sa joue pour lui laisser la parole. Nous sommes plongés dans le noir et je perds mes repères, chacun de mes sens tournés vers le vampire qui partage mes draps. Je m’empourpre à nouveau. Les compliments sonnent très inhabituels à mon oreille et même s’ils sont monnaie courante dans la bouche de Lawrence… ils ne manquent jamais de me perturber. Suis-je vraiment tout ça ?

Ses mains me caressent à leur tour et je faiblis à son contact, mes dents pincent ma lèvre inférieure. Non, je ne suis pas ce soleil qu’il décrit. Je ne rayonne que parce qu’il est là pour recharger mes batteries. Privé de sa présence je redeviendrais une coquille vide, un pantin inerte et froid qui attend son heure en silence. Mon mutisme se prolonge tandis que je tends mon visage à sa rencontre. Il n’a pas l’air de comprendre que si je suis important pour lui, je suis suffisamment malin pour lire entre les lignes à peine dissimulées qu’il trace, il m’est indispensable. Si demain il m’était enlevé, pour une raison ou pour une autre, je préférerais mourir plutôt que de replonger dans la gangue d’ennui où il m’a arraché depuis notre rencontre.

J’ai besoin de temps pour dire tout ça. Les mots se bousculent dans ma gorge nouée par l’émotion et je serais bien incapable d’exprimer ce maelstrom qui me secoue. En parlant je ne ferai que me parjurer.

Finalement il me tire un sourire, le rictus devient rire et je pose ma main sur la sienne pour sentir la zone qu’il me décrit.

- Ah bon ? Je l’ignorais. Tu as meilleure vue que moi on dirait, lui dis-je avec humour, sachant qu’il n’est pas du genre à prendre la mouche pour si peu. Avec ma couleur de cheveux j’en ai quelques autres.

Quelques autres en dehors de mes tâches de rousseur et qu’il découvrira peut-être plus tard, peut-être cette nuit car l’aube est encore jeune derrière les rideaux de fer. Il y a dans ma voix un sourire nouveau, malicieux. Serais-je en train de le provoquer ? Peut-être un peu. Je me demande s’il les trouvera tous adorables. À tâtons, je frôle son torse que je sais pâle de peau, remonte sur les clavicules dessinées, sur la gorge. Je cherche les siens, de grains de beauté, mais lui fait rapidement part de ma frustration de ne rien pouvoir découvrir à sa manière. Pourtant j’ai les yeux fermé et me concentre.

- Mh. Rien du tout, soit tu n’en as aucun… soit je suis vraiment mauvais, fais-je en souriant avec légèreté.

 
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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Jeu 17 Aoû - 13:47

Qui je suis. En si peu de temps il semble avoir cerné la complexité accumulée de mon éternité greffée sur une existence humaine chaotique, quoi qu’autrefois très douce, avant que mon père ne soit tué à cause de ses dettes. Je déteste cette expression : « gourde vivante »…et tout ce qui se rapproche de près ou de loin de la réalité du sujet, sujet que j’évite et qui n’est pas sans me répugner, même si je n’ai pas le choix. Il est plus qu’une simple veine, et je commence à croire que notre rencontre en pleine rue un soir de pluie n’est pas que le fruit d’un étrange hasard. Ses doigts tièdes et hésitants glissent de mes lèvres qui se sont refermées jusqu’à ma joue et y laissent une empreinte agréable qui déjà me fait l’effet d’une drogue dont je ne crois pas pouvoir me passer.

Quand sa main veut s’enfuir je la retiens, je le retiens, le sentant plein de retenue, plein de pudeur, de peurs et de questions. Tout comme moi. Je ne veux pas le presser, je ne veux pas qu’il panique. Nous n’avons rien à perdre, tout à prendre et à gagner, et je suis prêt à lui donner tout mon temps s’il le faut. Jamais je ne lirai dans ses pensées pour aller plus vite que ses mots, jamais je ne l’arracherai à la fragilité que je sens parfois dans sa voix, et dans les infimes mouvements de son âme.

-« Des mains pour voir », c’est ce que dit toujours Kagame. Ta peau est une mosaïque ultrasophistiquée sur laquelle je peux lire une multitude d’informations. Cela va de ta simple température, à ton humeur. Mais en général j’essaie de rester…poli. En ce moment tu es…plutôt taquin.

Je souris en coin, en même temps notre posture et l’atmosphère de la matinée et de la chambre ne vont pas dans le sens du raisonnable, j’imagine que cela est aussi vrai pour lui que pour moi. Vient-il de me lancer une invitation à découvrir les autres petites perles de peau qui le parcourent ? Ma main chute délibérément vers le bas de son dos, le serrant un peu plus.
Bien sûr, je conserve précieusement l’information dans ma mémoire, bien que n’étant pas forcément porté sur l’effeuillage. Il m’arrache des frissons sur le torse et je tends doucement le menton quand il se faufile sur ma gorge rasée de frais.

- Ils ne sont pas aussi évidents…j’en ai quelques-uns sur les épaules, très petits c’est pour ça que tu ne les as pas sentis, d’autres…sur les avant-bras
– ma main libre lui fait caresser la peau à cet endroit – et un autre dont l’emplacement ne doit pas être révélé…je suppose.

Un soupçon de malice s’est glissé dans ma voix et sur les rives de mon sourire quand le sous-entendu d’un grain de beauté en terrain inconquis nous enveloppe tous les deux. Je ne suis pas très porté sur la séduction ou l’étalage de mes probables qualités pour amener un partenaire à succomber. Quinn est mon compagnon, plus qu’un modeste partenaire de journée.

- Tu n’es pas mauvais, tu manques juste d’expérience, ce qui n’est pas un problème en soi.

Mes deux mains remontent à l’assaut de son dos, courant vers sa nuque et rebroussant les cheveux qui y tombent, adorant la chair de poule qui le couvre et lui réchauffe les oreilles.

- Tu souhaites sûrement dormir…

La bombe lâchée, je repasse un bras derrière ma tête tout en lui caressant la colonne vertébrale par-dessus son t-shirt. Moi aussi, je suis taquin.

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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Ven 18 Aoû - 2:36

Fresques irlandaises
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Son sourire en coin fait ressortir le garnement qu’il m’a déjà décrit et que je devine toujours présent sous la nostalgie et le poids des années. Sa voix me caresse, passe à rebrousse-poil, m’hérisse d’électricité comme il pourrait le faire avec un matou. Je n’ai qu’une envi : m’y frotter un peu plus, juste pour le plaisir de sentir le courant qui nous lie. Je ne saurais dire qui de son rictus ou de son timbre profond me séduit le plus. J’hausse un sourcil qu’il ne peut voir et ma bouche se plisse dans une réplique de son propre sourire. Je suis jaloux de l’aisance avec laquelle il manie les mots, j’aimerais en faire de même mais je doute savoir utiliser la langue de Shakespeare avec autant de politesse que lui en étant aussi taquin que je le souhaite.

Pris à mon propre piège je m’empourpre quand sa main dégringole sur mes reins que j’ai sensibles. Il est loin d’être le premier à y poser les doigts, les vampires, qui ont tendance à se croire tout permis, n’ont de cesse de pousser les humains dans le bas du dos. Pourtant, c’est la première fois que c’est si agréable et il n’est toujours que sur mon t-shirt. Je dissimule mon émoi en le caressant à mon tour même si je ne peux lui cacher l’aspiration précipitée que j’ai eu tandis qu’il me pressait un peu plus contre lui.

Sa peau est douce, je suis si proche que je sens sur elle les effluves de son eau de toilette et de sa mousse à raser. Pour moi c’est, au final, un parfum familier que j’ai déjà senti à maintes reprises au manoir et je le retrouve avec plaisir. Sur ses bras pas plus que ses épaules je ne sens les petits points colorés dont nous parlons. Il me faut ouvrir les yeux pour les découvrir.

- En effet, ils sont discrets… Mais en ce qui me concerne je trouve ton duvet blond bien plus adorable que tes grains de beauté, j’avoue sans lui dissimuler mes pensées.

Je rougis à nouveau quand il confesse posséder un dernier point de beauté… mon imagination s’emballe sur le sous-entendu. Lui aussi est taquin, soit, admettons, peut-être que le duvet ne peut pas rivaliser avec ça. Je n’ai pas encore l’assurance nécessaire pour demander, effrontément, à le voir de mes yeux. Qu’à cela ne tienne, je me promets de le trouver un jour.

Lawrence profite de mon trouble pour m’effleurer, ma peau se couvre de frissons. Je me demande s’il est toujours assez poli pour ne pas questionner cette réaction épidermique incontrôlable. Il est vrai que je manque d’expérience, je n’ai pas quatre-cent ans d’existence pour me prémunir contre ce qu’il fait naître chez moi. J’ose toutefois espérer que j’ai d’autres atouts en main.

Maintenant que je suis fébrile il se réinstalle très tranquillement sur ses oreillers. Oh Lawrence… qui de nous deux sera le plus malicieux aujourd’hui?

Je me penche un peu sur lui, le poids de mon corps reposant contre le sien. Mon souffle ricoche sur sa joue et je sens ma propre chaleur me chatouiller. À cette distance je sais que ses sens surdéveloppés ne lui épargnent rien, ni le rythme profond de mon cœur, pas plus que les battements presque langoureux de mes cils qui effleurent mes pommettes. Mon parfum est-il toujours présent ? Je ne le sens plus mais j’imagine que s’il en reste même un arôme infime, Lawrence le sentira.

- Pas vraiment et tu ne m’as pas l’air très ensommeillé non plus. Je secoue légèrement la tête, mon rictus aux lèvres. Tu sais que j’adore apprendre, penses-tu pouvoir remédier à mon manque d’expérience, Lawrence?

Je murmure, susurre presque. Je ne sais d’où cela me vient, mon audace me surprend mais je suppose que mon égo ne supporte pas qu’il soit le seul allumeur dans ce lit. Un jour ou ce soir, j'aurais du préciser un espace et un temps. Cela aurait été ma sécurité et sa solution de repli si nous allions trop vite. J'ai plongé sans filet et j'ai peur qu'à cause de cette erreur le jeu ne s’achève sur une fausse note. Mes dents pincent ma lèvre inférieure et me souffle se suspend sans que je ne m'en aperçoive.

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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Sam 19 Aoû - 14:34

- En effet.

Dis-je à demi-ton pour ne pas gâcher l’instant.

- J’ai cessé d’avoir un sommeil agréable et réparateur quand j’ai mis les pieds sur un champ de bataille, alors il m’arrive de veiller tard…je m’efforce pour m’occuper de transcrire tous les livres de la bibliothèque en braille, avec l’aide de Talos, une manière comme une autre de préserver mon propre patrimoine. Alors oui, je dors peu.


Je ne parle pas des cauchemars, il sait de quoi il s’agit, il a déjà probablement vu Sam courir dans le couloir et enfoncer ma porte pour me sortir de ces mauvaises passes, violentes, terribles, implacables. Oh bien sûr mon oreille fine a perçu le timbre joueur de sa voix. Cette conversation est une vraie partie de balle, mais je ne suis pas sûr que faire monter l’enchère soit une bonne idée. Quinn serait capable, peut-être malgré lui, de me provoquer pour simplement l’emporter, mais ce ne serait pas satisfaisant, du moins sur le long terme. « Tu sais que j’adore apprendre, penses-tu pouvoir remédier à mon manque d’expérience, Lawrence ? » Le genre typique de pic qui en présence d’un vampire moins attentionné transformerait l’échange en lambeaux de draps...
Mais je sens bien vite que son audace lui coûte cher en lui-même, il se pince la lèvre et son dos se tend sous ma paume. Le poids de mon silence mesuré achève de le rendre nerveux, aussi j’abrège le supplice en portant ma main libre sous son menton, déliant cette bouche fermée d’une caresse du pouce. En moi-même je frissonne au contact de cette pulpe tendre et ouverte qui laisse passer un souffle tremblant et chaud. Je sais que j’en ai envie, que l’instinct et la hardiesse me poussent vers cet horizon, mais la sagesse de mon cœur m’intime de rester modéré.
C’est encore tôt pour un vieux cœur pétri de ces propres romances qui naissent sous sa plume. L’échange dure, encore et encore, je parcours son visage pour mieux placer ses cheveux en arrière en un ultime geste d’amour.

- Il est peut-être préférable que tu manques d’expérience, mes lacunes te paraîtront sans doute ainsi moins amères…


J’ai froid. Toute la chaleur accumulée au cours de notre petite mise en bouche disparaît dans un nuage de poudre de glace et je tire la couette sur nos corps tandis que je quitte ma position assurée pour en choisir une autre beaucoup moins assumée. Je glisse sous la couette moelleuse et viens poser mon front contre le torse de Quinn, bien en deçà de lui. Je tire doucement ses mains autour de mon cou et ferme les paupières.

J’écoute son cœur, ba bam.
Mélodie tranquille. Ba bam.
Me menant vers un peu de paix. Ba bam.
Et pourtant… ba bam.
Son si proche du galop des obus.


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MessageSujet: Re: Fresques irlandaises [PV Quinn]   Lun 21 Aoû - 2:21

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