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Forum de RP 18+ - Personnage masculin obligatoire - Monde fantastique à domination vampire - Humains & Hybrides esclaves ou êtres libres
 
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« To be Agony » +18 [Ivo&Nayan]
Vampire odieux
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Vampire odieux
MessageSujet: « To be Agony » +18 [Ivo&Nayan]   Ven 14 Juil - 21:43

Les gémissements ne ressemblent à rien ; des morceaux de souffle qui se décomposent dans l’atmosphère étouffante de la pièce. Tu caresses la chevelure moite du jeune humain en hochant lentement la tête, parfois, le regard fixe vers l’avant, vers le vide. Tu hoches la tête comme pour répondre par l’affirmative à ses râles de douleur qui s’élèvent, de temps en temps, et de moins en moins souvent – comme le temps devient lent dans les agonies. Tu hoches la tête, pris dans tes propres pensées, bien que l’esclave ne dise rien, ne demande rien, ne puisse plus rien.

« Je sais… je sais. » que tu articules doucement et continuant ton geste répétitif et ta contemplation aveugle. « Moi aussi, je me suis dit qu’il reviendrait. »

L’humain bouge à peine, avec peine. Mais ce n’est rien comparé à ta douleur à toi. Est-ce qu’il le sait ? Ils ne savent rien, personne, personne ne sait rien. Tes doigts glissent avec plus de conviction entre les mèches humides – le petit corps meurtri près de toi (il est près seulement parce qu’il n’arrive pas à s’éloigner) produit un son plus concis. Un mot, peut-être ?

« J’ai attendu, je l’ai attendu. Tu sais, j’ai même acheté la maison en pensant qu’il reviendrait là-bas, s’il revenait. »

Caresses, caresses. Méditation sourde.
Tes pupilles dilatées comme deux trous noirs absorbent tout de cette chambre ; la lumière, l’envie, les heures, la sanité.

« ll n’est pas… venu. »

Tes phalanges explosent sous la contraction de tes muscles et tu lui serres la tête, tu le serres si fort qu’il finit par couiner. Après, il respire mal, il respire mal comme un malade, ça l’a épuisé. Sur les draps souillés de sang brun, un faible « pitié… » s’échappe. Sa bouche bouillonne, toute rouge, toute brisée. Tu baisses la tête vers lui.

Tu es surpris, on dirait. Brusqué. Tu es brusqué. Ton visage se tort de façon grotesque, épouvantable, et de façon horriblement lente – ça fait se fendiller la fine couche de sang là où elle a eu le temps de sécher, au coin de ta gueule d’animal, au coin de tes yeux comme des gouffres enfoncés dans leurs orbites.

« C’est aussi ce que j’ai répété quand j’ai compris… - regard fixe, démence, besoin, fond (fond de gouffre) – pitié. » Tu frissonnes dans toute ta longue carcasse, te penches vers l’esclave éploré, prend son visage à deux mains, en coupe. Tu le prends en coupe. Il ferme les yeux. On dirait qu’il veut mourir ou qu’il veut pleurer.

CONNARD.

Il pourra jamais aussi mieux mourir ou pleurer que toi ! Tu secoues sa petite tête, tranquillement au début, en lui chuchotant « pitié, pitié, pitié, comme ça que j’ai fait, pitié… » puis de plus en plus fort, alors que tous dans ton faciès éprouvé et éprouvant se contracte, se déforme. Masque de cartilage, masque dramatique, crac ! crac ! (bruit mou bruit d'os engloutie humide mouillé sous la chair), le masque de l’humain est celui qui est en train de céder le premier.

Et plus l’esclave hurle, crescendo, plus tu lui sors ton « PITIÉ, PITIÉ, NAYAN PITIÉ, PITIÉ » en lui compressant le crâne, en criant plus fort que lui, pour la douleur, pour toute cette douleur insupportable seule et seul à seul et PITIÉ, TAIS-TOI !

… Longtemps après, encore, tu l’agites. Sous ton corps relevé comme une ombre qui l’a fauché. Et t’en peux plus de pleurer, et t’en peux plus de lui broyer les os, et t’en peux plus de tout ça, t’en peux plus de plus te pouvoir.

Decrescendo.

Doucement, voilà, très tranquillement. Tu l’agites de moins en moins, voilà, tu le poses, tu le couvres, comme s’il dormait, tu te rassoies tout près. Tu attends. Un hoquet, un autre gémissement, mais enfin, il a fermé sa gueule. Ta main retourne caresser sa chevelure – les cheveux vont continuer de pousser, maintenant, avant de tomber un à un, maintenant. Maintenant… tu continues ton histoire comme une histoire pour endormir un enfant, une histoire avant d’aller au lit. Sur ce léger des rêves, ce ton pour les fées.

« Il avait des yeux, c’était de l’or. Il vivait dans la forêt, avant… »


« Salut Ivo ? C’est Mat. Ça fait longtemps… rappelle-moi dès que tu peux, j’ai des nouvelles pour toi. Tu seras pas déçu. »

« Salut, c’est encore moi. J’espère que tu prends tes messages. Le Centre a dû t’appeler ? Je serai de garde toute la semaine, on devrait se croiser ! »

« … Ivo, c’est Mat. Décroche ton téléphone putain. Ton esclave est ici depuis trop longtemps, ça va lui pourrir le cerveau. Écoute… fais juste retourner nos appels, s’il-te-plaît. Si tu veux pas le récupérer j’peux comprendre. Mais il faut nous avertir. Bon… j’attends ton coup de fil. Prend soin de toi. »


T’es devant le Centre, hagard.

T’es hors de ton corps et à l’intérieur en même temps.

Tout petit dans un recoin que tu ne connaissais même pas.

Tu marches comme dans un rêve. Ça avance sans effort et tu passes la porte, passes la réception, passes les couloirs aux éclairages crus. Un préposé t’accompagne et te dresse l’état de Nayan depuis les dernières semaines. Tu n’écoutes absolument rien. Tu n’entends rien. Que le bourdonnement des néons – ou alors c’est un bourdonnement qui vient de ta propre boîte crânienne, lourde et creuse.

Tu es désincarné. Tu es mort. Tout le monde est mort ici, sauf lui. Et quand le préposé te pointe la cellule sombre, reculée de toutes les autres, isolée, tellement trop noire tellement trop irréelle, tu t’immobilises devant et n’arrive même pas à toucher les barreaux. Si tu touches quoi que ce soit d’autre que son corps à lui, tu vas mourir de ta mort, une bonne fois pour toute.

Une voix fragilisée crépite dans l’oxygène de la cage. Une voix que tu as réussi à pousser, rauque, tremblante, une voix qui vient de toi mais on ne dirait pas. Le simple fait d'appeller son nom t’arrache une partie du corps.

« Nayan … »

Le préposé s’est éloigné. Son malaise te glisse dessus sans même t’effleurer. Tu n’as plus aucun champ de vision. Le monde est un tunnel et il converge vers la bête tapis dans le fond de cette cage, ta bête à toi.
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तेंदुआ [Tendua]
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MessageSujet: Re: « To be Agony » +18 [Ivo&Nayan]   Ven 14 Juil - 23:07

HRP:
 

Je ne sais plus quand je suis arrivé ici. Le Temps n’a plus d’importance, le corps reprend ses droits. Ici je ne suis qu’un corps, ils veulent détruire mon esprit, comme lorsque j’étais petit, me briser, me faire ployer…Dès que j’entends une voix monter d’où qu’elle vienne à moins de dix mètres je gagne le fond de la cage où je croupis, trop petite, trop sale, trop froide, et je me recroqueville comme si ça allait m’aider à sortir de là…Ils ne me font rien. Ils attendent. Je ne sais pas ce qu’ils attendent mais ils passent des heures à tourner autour des barreaux, à m’aiguillonner de leurs questions, de leurs rires, de leurs regards. Les miliciens qui m’ont amené là n’ont pas été aussi cléments…Mes jambes et mes bras sont couverts de bleus qui sont autant de marques noires sur une peau déjà trop sombre, et une entaille me traverse l’œil droit, fendant la paupière et le sourcil. Désormais j’aurais une cicatrice de plus. Un coup de couteau quand j’ai voulu arracher une tête avec les dents…ça n’a pas fonctionné. Ils étaient nombreux, ils avaient l’avantage du terrain, j’ai été saisi comme un vulgaire lapin.

Ils ne me font rien, les gardes et les dresseurs, parce qu’il n’y a rien à tirer de moi. Mais c’est encore pire de regarder mon sort danser dans le feu noir de leurs yeux morts, c’est encore pire d’être à nouveau le petit garçon qui avait peur de sa cage, dans sa cage, qui mourrait dans sa cage. Les crises sont violentes, je crois que je me jette contre les barreaux pour essayer de sortir de ma propre enveloppe charnelle, quand la lutte avec mon esprit devient vaine. Je veux m’arracher de là, je veux hurler mais ma gorge crève et suffoque de terreur.
Laissez-moi sortir, LAISSEZ-MOI SORTIR…tout... TOUT mais pas ça !! Ramenez-moi à Ivo, laissez-le me tuer mais ne me laissez pas dans cette boîte qui se resserre autour de moi, me tient au collier, me coupe la circulation, me prive des derniers fragments de mon humanité brisée...

J’ai dormi. Un peu. Même le sommeil n’est plus un refuge, et quand j’ouvre les yeux je vois trouble, refusant de manger et de boire, attaquant tout ce qui s’approche de moi.
Ne vous approchez pas de moi, ne me touchez pas…
Le dernier qui a essayé m’a giflé si fort que j’ai craché mon sang, parce que je lui ai mordu l’avant-bras. Le fauve en moi cherche désespérément la sortie, il me fait tenir le coup. Quand est-ce que tout a basculé comme ça ? Quand était-ce…Quand ai-je eu la sensation d’être heureux pour la dernière fois ? Je revois Oyajit au bord de la rivière dans la grande forêt de Dornia, je n’aimais pas trop cette forêt, maintenant elle me manque. Je revois Ivo mangeant une pizza sur le canapé, je n’aimais pas Ivo, j’ai appris à l’aimer, maintenant il me manque…Mais c’est moi qui suis parti. Il n’y aura plus personne pour me sauver la peau, maintenant. Je vais crever ici ou me laisser crever ; j’ai tiré un trait sur ma liberté. De toute façon les séquelles que je suis en train de me faire seront probablement irréversibles, j’ai encore assez de lucidité pour m’en rendre compte.

- Eh, Sa Majesté des Mouches, t’as de la visite aujourd’hui.

Aujourd'hui ? Aujorud'hui ne veut plus rien dire. C’est vrai. Il y a des mouches dans ma cage. Je pue. Mes plaies s’infectent. Mon œil est gonflé, boursouflé. Je bouge à peine, leur tournant le dos. Ma queue a perdu de sa vigueur, j’économise mes forces pour hurler la journée quand ils vont se coucher, ou leur bouffer la gueule quand ils essaient de me soigner. On me tâte le flanc avec un bâton. Je retrousse les babines et feule sur l’inconnu, couché sur le côté, les membres lâches. Je vois mal son visage, mais il n’obtiendra rien de moi que de l’ignorance et de la rage. Le bâton envoie une décharge électrique directement dans mes côtes et je bondis, me cognant au sommet de la cage très basse ; en réalité elle ne me permet pas de me tenir debout. Je rugis et mon grondement s’écorche tant ma gorge est sèche, alors ils se moquent de moi et me donnent des surnoms stupides. Je les amuse bien. Qu’ils attendent, qu’ils attendent je vais sortir, dans cette vie ou dans la prochaine, et leurs cendres serviront de litière aux éléphants…

- Tiens-toi bien, ton maître vient te chercher.

Je couche les oreilles. Je n’ai pas de maître, je n’en ai plus. Je suis parti et il doit être furieux ou bien il m’a remplacé. Notre lien était « spécial », un jour en haut, un jour en bas. Alors je doute que le vampire aux cheveux noirs ne se montre ici comme ils le prétendent. Mais c’est sans compter un regain de mon instinct démoli quand la terrible odeur me parvient. Le garde va ouvrir la porte de la cellule d’isolement, mais je l’ai déjà senti. Pour de vrai. Trop tard. Mon cœur s’affole, s’emballe, mon sang me pique de partout comme si j’allais pouvoir déguerpir dans la seconde. Je ne vois pas son visage, uniquement ses chaussures. Noires. Sales. Il ne prend plus soin de lui ? Son pantalon, jusqu’à ses genoux, avant qu’il ne se baisse, que ses mains ne se posent sur ses genoux et qu’il incline son visage dans ma direction, vers les ombres de la cage. Ivo. Ivo est là. Un bruit bizarre m’étrangle et je me mets à trembler comme une feuille, réceptif à sa présence, à ce que cela signifie, et peu importe ce que cela signifie, il est là, que ce soit pour me punir ou non, me tuer ou non. Le bruit bizarre est un miaulement réitéré, suppliant. Mes yeux me piquent, de lourdes larmes montent bientôt à l’assaut de mes paupières et roulent sur mes joues, de mon œil blessé, s’écrasant misérablement sur le béton. Il n’y a plus rien autour, ni barreaux ni détention. Il prononce mon nom, comme avant, comme toutes ces fois où j’étais trop dur avec lui, où je l’ai repoussé. Il dit « Nayan », et c’est la seule chose qui compte dans le fond. « Nayan » résonne en moi, je suis Nayan. Je suis le léopard de Varanasi, et Ivo est mon maître.

Mes mains ont des griffes plus longues que lors de nos adieux, et mes doigts se nouent aux barreaux. Je suis muet, blotti dans son regard. Lui aussi a souffert, souffre, son aura vibre. Qu’a-t-il traversé par ma faute ?... Je veux l’appeler, lui dire que je suis là, que je lècherai ses blessures avant les miennes, lui dire de m’emporter, mais je n’y parviens pas. Mon corps est un cercueil de douleur qui se rappelle à moi, respiration sèche, hématomes, griffures, fractures...

- On ne peut pas l’approcher pour le soigner, ça fait des semaines qu’il est dans cet état. Il refuse de manger ou de boire, alors si vous pouviez le reprendre au plus vite ça nous épargnerait des complications. A ce stade on est censé l’envoyer directement dans l’Incinérateur. La Banque n’en veut pas.

Je m’en fous, je m’en fous ! Je me fous de mon sort ! Ivo arrache-moi, arrache-moi d’ici. Mes yeux hurlent, ma langue noire tombe sur mes crocs jaunes, bouche ouverte.

Emporte-moi…

Pitié.

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Vampire odieux
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Vampire odieux
MessageSujet: Re: « To be Agony » +18 [Ivo&Nayan]   Mer 26 Juil - 21:24

Mais qu’est-ce qu’il a, ton chaton. Pas même capable de parler, là à te communiquer ce qui ne porte même pas de mots en miaulant de façon pitoyable. Ses griffes ripent sur les barreaux de métal que ses mains tachées agrippent, les vibrations de sa voix brisée ripent aussi, elles, dans le fond de ta cage thoracique enflée. Qu’est-ce qu’il pleure, ton amour meurtri. Ce n’est pas certain que tu le remarques, ce n’est pas certain. Tu le regardes avec un désemparement total, mais tes yeux semblent voir au-delà de sa peau sombre criblée d’hématomes plus sombres encore, tes yeux fixent quelque chose à travers la chair du léopard, à travers lui, à travers le temps.

Ce qui fait mal, ce n’est pas juste Nayan. C’est toi aussi. C’est tout ça, autour. Le Centre le dressage les défaites les incompréhensions l’injustice les questions sans les réponses et encore et toujours ce petit papillon dans ta tête qui refuse de se poser…

« … peut pas l’approcher pour le soigner… refuse de manger ou de boire, alors si vous pouv… on est censé l’envoyer directement dans l’Incinérateur. La Banque n’en… »

Écoute, Ivo, on te parle. Ton félin hurle sans un bruit, ça t’assourdit, alors tu n’écoutes que lui, vraiment. En dardant tes billes noires dans les vagues dorées de ses yeux, tu pourrais presque oublier d’écouter ailleurs. Presque, oh, mais tu ne vas quand même pas… laisser passer cette opportunité de t’assouvir. Dans tes pupilles – si minuscules d’un coup, qu’on dirait qu’elles vont se fendre verticalement comme celles d’un crotale -, il y a un trait de lucidité soudaine. De la lucidité violente, comme un soubresaut animal, tu comprends.

Tu te déploies, aussi rapide que la maîtrise de ton immobilité, la seconde d’avant. Et la seconde d’avant, le préposé discourait sur des Incinérateurs et des Banques ; il tient désormais un propos on ne peut plus concis qui se traduit, grosso merdo, par un cri aigu de surprise, puis un étranglement embêté, lorsque tes doigts tremblants s’enfoncent, pinces glacées, dans sa trachée. Ton autre main se ferme sur la nuque et tu approches le visage saisi du vampire près, tout près de la cage, en tournant le tien vers Nayan, oh mon Nayan…

« … C’est lui, c’est lui qui t’a fait ça … ? »

Même si tu sais bien que ce n'est pas lui, particulièrement. Que c'est tout le monde, que c'est toi, que c'est votre société malade, que c'est tout ce que tu ne pourras jamais changer alors tu t'y plies, tu en joues, de cette dignité humaine qu'on piétine depuis tout le temps, jusqu'à ce que ça te ravisse ton rêve le plus fou, ton Nayan. On dirait que tu vas te mettre à chialer. Mais pas de la bonne façon, oh non – et tout le frémissement dans le fond de ta voix et des tes gestes et de ton visage qui se déforme tranquillement sous la folie lucide et douloureuse donne l’impression que ta peau va se déchirer dans un grand rugissement pour laisser surgir une bête complète ; complètement intraitable, complètement venu du creux de tout ton Toi. Le préposé pousse un gargouillis, il s’objecte, mais déjà ta main va recouvrir son visage avec une force qui ne laisse rien supposer de plus sur tes intentions. Ouverts et noirs à la grandeur, à ta grandeur, tes yeux tentent d’arracher un ordre à ton esclave.

« JE LUI ARRACHE SON VISAGE MAINTENANT NAYAN SI TU ME LE DIS, DIS-LE MOI, JE VAIS LE PELER COMME UNE ORANGE ! »

Sous ta main comme une serre mécanique, ton comparse de Nuit hurle – son cri se perd dans ta paume, tu l’étouffes, tu le serres, tu attends les mots de ton fauve comme pour un paroxysme de ta propre horreur. Les bras et les jambes du vampire te poussent et te frappent et tentent, dans une pure panique, de te faire abandonner ta folle entreprise. Mais tu ne bouges pas, pris là comme par l’ensorcellement d’un démon puissant qui ne te fait plus rien sentir, si ce n’est toutes les souffrances qui te sont extérieures. Un égarement sans fond dans une empathie démentielle, ta démence, un besoin inassouvissable de s’apaiser les tourments en les créant partout ailleurs.

Un mécanisme de défense, ancré là depuis plus longtemps que toi, veut que tu puisses contempler d’un œil externe cette psychose qui dévore tes pensées, toujours un peu plus profonde, toujours un peu plus engourdissante. C’est lui, on dirait, qui te fait dire soudain, avec la voix trop différente, trop posée, trop chuchotée : « Ouvre cette cage. » Tu lâches le visage du vampire sans baisser tes yeux de celui de ton léopard. Dans son énervement post-trauma, post-Ivo, le préposé enfonce maladroitement la petite clef informatique dans le verrou de la porte. Ça bip, ça s’ouvre délicatement.

Le rescapé se tire sans un mot, sans un respire. On n’entend que le bruit précipité de ses pas qui courent vers le coin du couloir. Tu l’as lâché, sans y réfléchir, car à vrai dire… tu n’as plus rien envie de tenir si ce n’est Nayan. La porte s’ouvre, alors ; tranquillement d’abord, pendant qu’elle glisse sur ses gonds, puis brusquement ensuite, comme avec un grand coup d’ouragan. Ta pensée vient de la balayer avec violence et le métal claque alors que tu te rue dans la cellule étroite.

De l’extérieur, on penserait que tu vas le broyer. Acculé dans le coin de sa cage, ton félin dans les derniers retranchements de sa survie. Tu l’encercles de tes bras et là, là, tu pourrais si bien l’achever, mais si on s’imagine que tes pensées brutales s’écouleraient aussi sur ce dernier protégé, alors c’est qu’ils n’ont rien compris. C’est délicatement, alors, que tes biceps se referment autour de ses épaules, que ton visage approche du sien, que ton corps lui fait une couverture d’ombres. Tu l’enveloppes, agressif, protecteur, désolé, et ça lui fait une aura malveillante prête à écarteler quiconque approcherait en même temps qu’une aura bienveillante, surprenamment, qui s’enquiert de son état à mi-voix…

« Tendua… je suis là… m-… Nayan… »

La dernière syllabe semble te faire mal. Ton visage se fripe, tes paupières se ferment en frémissant, tu humes son odeur… son sang, son sel, sa saleté, sa peur, son musc, et tu te fendilles de partout, à l’intérieur, à l’extérieur – tes bras ne peuvent résister à l’enserrer davantage même si tu sais qu’il n’aime pas, normalement, mais plus rien n’est normal, oh Nayan, laisse-moi juste te serrer un peu, pardon, pour les contusions, pour les phobies, mais je dois… t’avoir contre moi.
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तेंदुआ [Tendua]
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MessageSujet: Re: « To be Agony » +18 [Ivo&Nayan]   Dim 30 Juil - 17:23

C’est sa voix, sa violence, sa fureur, son amour, je connais tout ça, et pour la première fois je n’en ai pas peur car ce n’est pas tourné vers moi. Oh tu peux le tuer Ivo, je n’ai plus vraiment de compassion ou de pitié pour quiconque, excepté moi-même. Lui, ou les autres, comment savoir qui a commencé, qui a donné le premier coup ? Mais toi tu es le bâton pour les battre et ils s’en mordent déjà les doigts. Ce n’est rien, tu m’as pris ma vengeance, mais je sais que tu en prendras soin.
« JE LUI ARRACHE SON VISAGE MAINTENANT NAYAN SI TU ME LE DIS, DIS-LE-MOI, JE VAIS LE PELER COMME UNE ORANGE ! » La voix qui tonne et éclate ne m’arrache pas un frisson, pas une once de panique, c’est comme si j’étais à l’abri de l’orage, je suis « dans » l’œil du Cyclone et rien ne m’arrivera. En revanche ce n’est pas certifié pour les arbres qui sont plantés là autour de ma cage et qui se demandent sérieusement s’ils ne vont pas appeler leurs supérieurs. Probablement. Mais Ivo sera déjà parti, avec ou sans moi, il échappera à la sentence des lois. Pas comme moi. Je regarde la scène sans m’en cacher, sans éprouver du dégoût ou de l’appréhension. Il pourrait bien le peler ou lui faire jaillir les yeux des orbites…ce ne serait jamais que le quart de ce qu’ils m’ont fait.

Mes pensées engourdies s’animent sous le courroux et la présence du vampire aux cheveux noirs, et l’inespéré se produit quand je l’entends ordonner d’ouvrir la porte. La porte. Cette porte qui me prive de tout, qui m’éloigne de tout et de moi-même. Je feule et me lèche immédiatement les lèvres comme désolé de cette réaction quand le métal hurle sur lui-même et laisse le champ libre à l’ombre. Ivo n’est pas la lumière à laquelle j’ai longtemps aspiré, mais son obscurité est tout ce que je désire en cet instant fatidique et oppressant. Je le revois, droit, immaculé dans la forêt de Varanasi, me sauver d’une proie plus grosse alors qu’il n’avait aucune raison de se compromettre, et nous précipiter dans la cascade. Aucun frémissement, aucun recul quand ses bras noueux m’embrassent comme lors de cette terrible chute. Tant de choses passent par sa peau, tant de sentiments me traversent.

Envie, protection, négation, colère.

Je réponds comme je le peux encore, forçant ma queue à quitter son immobilisme et l’entourant autour de son bras. Je t’ai fait mal Ivo…pardon…je ne voulais pas, je ne me rendais pas compte que tu pouvais avoir mal toi aussi.  Et tu es là ? Tu ne m’en veux pas ? Pourquoi es-tu là ?
Cette question me taraude. Je dois le rassurer, il ne peut imaginer à quel point…au milieu de mes cauchemars éveillés je suppliais les Grands Éléphants de me laisser partir, égoïste léopard. Et je ne pensais pas que mon sort pouvait avoir de l’importance pour quelqu’un d’autre qu’Oyajit. Mais lui est entre de bonnes mains, il survivra, sans séquelles, il sera plus heureux si je me tiens à distance de lui.

« Tendua… »

Ce mot plein de douleur me fait fermer les yeux contre lui, signe ultime d’abandon. Je n’ai pas de raison de lutter, mes phobies sont mortes ici, je sens encore leur vieille odeur au fond de la cage. Est-ce qu’il s’en est rendu compte ? Oui, c’est certain, il ne me serrerait pas si fort. Pourtant je suis répugnant de saleté, de sang et d’infections, son nez doit souffrir de cette proximité. J’essaie de ronronner mais la machine est cassée, enrouée, elle déraille, produit quelques sons fichus avant de s’arrêter. Je déglutis ma salive, désolé, j’aurais aimé qu’il entende le son de ma reconnaissance, ce petit os qui sait si bien vibrer dans ma gorge. Doucement, faiblement, pitoyablement, je me redresse et tends les mains vers ses beaux cheveux sombres. Ivo sent bon, je veux nicher mon nez sous son aisselle. Ce que je fais en caressant de mes griffes tremblantes sa nuque ployée sur moi. Il fait bon contre lui, bizarrement il n’est pas froid comme je l’imaginais. Est-ce que son manteau y est pour quelque chose ?

- Ahem…Navré de vous déranger mais si vous voulez bien signer la décharge pour le récupérer… ?

Retour à la réalité. C’est vrai, je suis juste un numéro sur un bout de papier.

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MessageSujet: Re: « To be Agony » +18 [Ivo&Nayan]   Jeu 17 Aoû - 21:46

Ton fauve ferme les yeux, s’appuie contre toi, s’abandonne – ce n’est pas une lutte qui s’échappe, ou une fatigue, bien qu’elle soit présente. Nayan s’abandonne à toi parce qu’il le veut. Tu en restes hébété, dans ton silence, dans ta caresse. Quel chemin, ah mais quel chemin vous a mené ici ; un chemin que même sa jungle noueuse d’Inde ne pourrait imiter, que personne ne connaît, même pas vous, à vrai dire… Tu maintiens le bouclier de ton corps lorsque le front de ton fauve vient s’apposer sur ton épaule, que ses griffes s’enfoncent doucement dans ta nuque de marbre blanc. Tu humes son odeur, forte, mais familière, pendant qu’une réalité germe à ton esprit, quelque chose qui te rend légèrement morose, interdit, anxieux. Ta main froide caresse le dessus de sa cuisse contusonniée, Nayan, nous devons parler, depuis longtemps, et même après tout cela, je ne suis pas certain d’avoir la capacité de formuler ces mots que tu attends.

Signer la décharge.

Ta tête se redresse, à peine, pour laisser les doigts de ton esclave errer dans ton cou. Au travers des barreaux, tes pupilles sombres fixent l’employé du Centre qui semble insister d’un mouvement embarrassé pour qu’elles se fixent plutôt sur les documents officiels qu’il tend là, dans une attente pressante. Ta main excerce une pression sur le genou de Nayan avant de le quitter – tu sors. Agrippes la décharge d’un geste étrangement agressif dans sa lenteur, puis le stylo, de la même manière.

Tu signes, Ivo, et la première lettre de Cersten comme une arabesque, car Louis a toujours aimé que son patronyme soit inspirant. Tu attends avant de redonner le tout, même que tu ne regardes pas le préposé et que tes yeux s’attardent sur la magnifique silhouette de ton fauve, car même dans cet état…

« Bien, vous pouvez… y aller. »

L’employé reprend les papiers avec une délicatesse empruntée et toi, tu glisses le stylo dans sa poche avec un sourire évasé, bien grand et bien large, piranha. Les néons font deux petites étoiles jaunâtres dans le charbon de tes iris.

« Au plaisir. »

Je plaisante. L’employé se tire d’un pas sec et rapide – tu lisses tes mèches comme de longues plumes de corbeau, le teint hâve, en observant Nayan. Tu ne souris plus. Mais tu n’es pas fâché. Juste attentif, rassuré, fatigué, encore un peu ébranlé, pensif…

« Où veux-tu aller ? »

C’est lui qui décide. Parce que tu sais déjà de ce que toi, tu vas décider pour lui, plus tard. Au matin. Voilà. Tu te donnes la nuit. T’as le spleen au ventre, tellement que t’as plus faim, mais avec cette envie de mordre qui réside – s’il savait, surtout, comment tu as envie de le mordre, avec lenteur, et tellement de douceur qu’il se demanderait qui tu es, et pourquoi, et toi, encore, tu n’es pas certain d’avoir les mots.
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तेंदुआ [Tendua]
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MessageSujet: Re: « To be Agony » +18 [Ivo&Nayan]   Jeu 17 Aoû - 23:43

Aller. Où je veux aller ? Est-ce que je suis encore capable de décider de quelque chose ? Quand Ivo s’éloigne, je m’agrippe mais mes griffes ripent et finissent par heurter le béton. Encore. Je tremble de froid en levant mon seul œil encore valide sur sa silhouette haute et hautaine qui signe les papiers qu’on lui demande. Pourquoi est-ce que j’ai froid seulement maintenant ? Je n’avais pas froid avant qu’il ne m’étreigne…lui dont la peau n’a rien de chaleureuse. Je suis épuisé. C’est tout. Et le fait d’avoir enfin un soutien à 100% me fait relâcher mes efforts de survie. Ce serait bête de perdre connaissance maintenant, et ça n’aiderait pas Ivo à épargner tous les bourreaux autour de la cage.

Où je veux aller. Je veux rentrer. A la maison. Ma maison. La sienne. Notre maison. Je veux rentrer… Je tends le dos, sors sans grâce, à quatre pattes. Aveuglé par les néons glacés contre lesquels mon toit de béton me prémunissait, je place le dos de main contre ma paupière battante et ma pupille met un temps fou à s’habituer à cette violente source de lumière. J’ai l’impression d’avoir traversé mille et une nuits. Si je me lève ce n’est que par souci de montrer à Ivo ma bonne volonté, de ne pas rester la larve que j’ai été pendant toutes ces semaines, au fond de mon trou sale que l’on ne nettoyait de mes déjections que pour que j’y couve mieux ma douleur. Évidemment je suis nu, et si ça ne m’a jamais posé de problème auparavant, ce soir je suis plus que vulnérable et mon sexe livré aux regards me gêne. Je le cache, me tiens où je peux, queue en pièces, cheveux sales, loin de leur blanc neigeux. Je crois qu’on me laisse de l’espace pour faire mes « premiers pas », pas ceux d’un nouveau-né, ceux d’un presque –mort, sauvé in extremis.

Tous les mouvements de mon corps et de mon esprit sont pour le vampire aux cheveux noirs qui me demande de choisir alors que c’est ce que l’on m’empêche de faire depuis toujours. Je suis un esclave, Ivo, et tu veux que je choisisse ? Tu ne vas pas encore souffrir de mon choix ? On ne va pas en souffrir tous les deux… ?
Je grimace quand un garde me tend un de ces pantalons que l’on donne aux autres quand ils doivent quitter leur cage. Je le passe maladroitement, il n’y a pas de trou pour ma queue, je dois forcer un passage dans le tissu sommaire qui ne résiste pas longtemps, et je n’ai pas plus d’allure ainsi.
Rentrer. Ça devient un besoin, urgent, fort, irrépressible. Je rejoins Ivo, tenant debout par je-ne-sais quel miracle, cherchant à monter plus haut cette queue si basse pour lui faire honneur, lui faire « la fête » comme font les chiens quand ils retrouvent leur maître après le travail. J’ai envie d’une pizza sur le canapé, d’un peu de la chaleur des énormes coussins qu’il avait achetés pour Oyajit et moi, de sa non-douceur s’il veut, de ses crocs sur moi…s’il veut.

Un regard, juste un regard et nous sortons. A un moment il me semble qu’il met son manteau sur mes épaules, comme si j’étais quelqu’un d’important – j’ai vu ça dans les films sur internet – son amant ? C’est chaud, ça sent « lui », ça me fait avancer. La lente remontée vers la surface est une épreuve supplémentaire que je peux ajouter à mon existence remuante. Des portes, des médecins, des esclaves, encore des portes, des laisser-passer, des gardes, des codes, des portes, puis LA porte, énorme. Blindée. L’air est doux. C’est l’été et je prends une petite bouffée d’oxygène comme si j’avais peur que ça me tue, maintenant. Idiot de léopard. Ça me brûle les poumons mais j’en reprends, je bombe le torse, je m’anime, marche petit à petit plus vite comme si la liberté me guérissait. Mais mon corps me rappelle vite à l’ordre et je ravale un grondement douloureux, ralentissant, restant au niveau d’Ivo, levant les yeux sur lui. Comment pourrais-je jamais lui rendre la pareille ? Je ne sais pas s’il le voudrait, mais je ne pourrais pas vivre – quoi 10, 20, 25 ans encore ? – en sachant que je l’ai laissé sur le seuil de sa maison, dans son canapé, sans jamais lui avoir dit combien il comptait pour moi ? Car c’est ce qu’il va se passer. Nous n’y arriverons pas, je le sens, c’est ce que ses yeux disent.
Alors je m’immobilise, oreilles pouilleuses mais droites et rivées sur lui, tout son être. Attentif félin. Docile félin. Je l’appelle. En chat je l’appelle, en miaulant. Ça veut dire « Attends ! » ou bien « Ivo ? » ou bien « Regarde-moi. » Il n’est pas surpris, il attendait ça ? Les mètres nous séparant sont avalés par mes pas. A moi d’aller vers lui. Je lève les mains comme devant une autre bête sauvage, lentement, respectueusement, et viens caresser ses joues, yeux d’or contre prunelles charbonneuses. Du bois consumé, mais pas entièrement. Il y a des étincèles dans ces yeux. Ma laideur ne se reflète pas dans leur miroir, il n’y a que…

- Si je n’avais pas perrrdu autant de forrrrces et de poids, tu m’aurrais morrdu, Ivo Cerrsten. Ça aurrait été un honneurr.


Oui, j’aurais pu lui faire ce cadeau. Pour toute cette souffrance que j’ai mise dans ses yeux, en plus de celle qui y coulait déjà des dalles noires. A nouveau mes griffes retrouvent leurs récentes marques sur sa nuque et je rentre le ventre pour me hisser parce qu’il est plus grand que moi.

- J’ai un autrrre cadeau alorrs.

Le voici, je ne sais pas quelle sera sa réception mais c’est ce que me dicte la chaleur dans mon ventre, et j’ai raison de l’écouter quand j’embrasse cette bouche que je croyais si dure. C’est la première fois, mon premier baiser pour un homme et un maître que j’ai haï tout comme je hais sa race, mais plus rien n’a de place en cet instant. Le feu mouille, la neige brûle. Je me pends à lui comme à ma branche, ne sachant comment m’y prendre, mon corps cassé contre le sien. Ne sentant aucune réponse de sa part, je me recule, oreilles couchées.
Aurais-je commis un impair… ? Est-ce que je ne peux pas dire « merci » comme ça ? Est-ce que je ne peux pas lui dire…que je l’aime, comme ça… ?

Il ne se passe rien et je ne veux pas qu’il m’abandonne, pas après qu’il vienne de souffler sur les cendres…pas maintenant ! Je me rue sur lui et mon anneau cogne dans sa bouche avant que je ne gagne celle-ci comme un forcené, tremblant sur mes bases mais priant qu’il ne me lâche pas. Je n’ai plus peur de lui, j’ai simplement peur que l’avenir me confirme que j’aurais dû continuer à avoir peur de lui, car la peur n’a aucune odeur, aucun goût. La peur ne fait pas mal.


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MessageSujet: Re: « To be Agony » +18 [Ivo&Nayan]   Ven 8 Sep - 15:30

Il y a toutes ces procédures et tous ces protocoles où tu observes, tantôt Nayan et tantôt ceux qui le manipule avec une fébrile précaution, puisqu'ils te sentent bien pesant sur leurs épaules. Puis parfois, tu ne sembles observer rien de tout cela ; tu regardes plus loin, un avenir que tu prévois et qui se dessine déjà, à mesure que la lune baisse dans le ciel.

Ton fauve fait des efforts, tellement d'efforts, si surhumains que ça va finir par te donner la nausée. Il faut qu'il arrête, et surtout avec ce que tu lui prévois, il faut vraiment qu'il arrête - pourtant tu le laisses faire, en appuyant même son brave esprit de combattant par un léger signe de tête, parfois, lorsque ses billes d'or se lèvent doucement vers toi.

Il te rend fier.

C'est un sentiment si étrange, quand tu es occupé à l'expérimenter toi même au lieu de le faire vivre aux autres, que ça te laisse complètement muet, contemplatif de ton propre état. Une fois à l'extérieur, ta veste de cuir va couvrir les épaules un peu basses du léopard ; tu sais à quel point la Nuit peut sembler froide, lorsqu'on est blessé, mais aussi à quel point elle peut devenir réconfortante, lorsqu'on a l'occasion de la passer en compagnie des bonnes convictions.

Tu le sens qui s'arrête, mais tu oublis de l'imiter, trop dans ton automatisme, trop dans tes pensées. Il miaule. Ça te fend le coeur, comme une petite aiguille - tu saignes goutte à goutte. Et te retourne, les yeux bleuis d'un chagrin horriblement ravalé depuis tellement, tellement d'années, depuis bien avant les fauves, les jungles, les nuits. Ivo sent qu'il est même né avec, parfois. À la première naissance, celle où il avait encore la peau chaude.

Nayan avance. Tu as comme une envie soudaine et ridicule de reculer. Tu le crains, lui et tout ce qu'il agite en toi, maintenant que ta décision est prise. Ses mains rêches et brulantes se posent sur tes joues, tu fermes les paupières... Nayan tu ne sais pas ce que j'ai été obligé de faire durant ton absence, tu ne sais pas.

« Si je n’avais pas perrrdu autant de forrrrces et de poids, tu m’aurrais morrdu, Ivo Cerrsten. Ça aurrait été un honneurr... » ses griffes qui t'aggripent à nouveau, son corps puissant et fatigué qui se presse contre le tien, mais Nayan, de quoi est-ce que tu parles, de quoi, j'ai envie de t'enlacer encore, arrête « ... J’ai un autrrre cadeau alorrs. »

Tes yeux sont restés clos, mais tu as senti bien avant ce qui s'en venait ; l'humidité de la jungle et le sel de la mer d'oman. Tu ne peux pas bouger - ça te consume, sur place, dans la seconde, et quand tu vois ce visage penaud avec ces oreilles plaquées, quand il recule... Ton immobilité te fait mal. Et vous vous regardez, comme ça, comme ce premier jour, lui sur sa branche, toi sur son sommeil, il ne suffirait que le ciel pleure un peu pour que toi aussi tu t'y mettes et qu'enfin tu te sentes aussi déraciné qu'il a pu l'être.

« Nay-...»

Tu as raison de ne pas m'écouter, j'ai trop à te dire. Cette fois, tu accueilles sa bouche empressée avec la même urgence, celle de le garder. Tes bras entourent et enserrent, tu tiens sa tête, sa tignasse emmêlée, avec ta grande main qui attire pour ne plus laisser repartir - il faut, pourtant ! Cette bouche a un goût un peu amer, métallique, de chair, d'envie ; tu la dévore comme il te la donne, complètement, seuls sur le grand parking sombre, personne ne vous regarde, mais même s'ils le faisaient, ils ne verraient rien des choses qu'ils faudrait réellement voir. Tu l'as pour toi, tout entier, et franchement, c'est trop, parce que dans sa première cage déjà, Nayan avait dit vrai ; jamais tu ne le possédera. Tu sais qu'il veut se donner tort, juste une fois, mais tu n'as jamais eu aussi mal d'avoir raison, et pendant qu'il griffe ta nuque, tu passes lentement ta langue sur ses dents pour tenter de l'apaiser sans l'éteindre. En le tenant toujours, tu souffles contre ses lèvres un « tout va bien », pour lui, pour toi, pour la panique animale que tu sent monter et qui ne le quittera jamais réellement - c'est dans sa nature.

Puis te le guides vers la voiture, habile, comme si tu ne le lâchais pas - et pourtant si -, car te voilà derrière le volant et lui assis à côté, ton aura affamée et protectrice le collant plus certainement au siège que n'importe quelle ceinture de sécurité.

Nous rentrons.




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