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/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

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Banana emergency [Varuna] [Terminé]
I am the law
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MessageSujet: Banana emergency [Varuna] [Terminé]   Sam 1 Juil 2017 - 16:53



Une agitation fort peu habituelle secouait les traits d'Ulysse, alors que son pas se faisait de plus en plus pressant. Envolé, le flegme anglais, évaporé, le sang froid immortel. Le Leader de Dornia parcourait les rues , téléphone portable en main depuis qu'il avait quitté « Les petits plaisirs ». L'appel qu'il avait reçu venait de l'antiquaire chez qui André, son domestique, avait prit un rendez-vous pour remeubler son salon. André était un jeune vampire, embauché à temps plein par Ulysse pour s'occuper de lui, de sa maison et de son emploi du temps. André était un jeune vampire très dévoué, qui ne décevait jamais les attentes d'Ulysse. André était un jeune vampire ponctuel, consciencieux et appliqué ; Il ne connaissait pas le retard, et n'annulait jamais un rendez-vous.

M.Kingsman, l'antiquaire, l'avait attendu une heure avant de finalement décrocher son téléphone pour appeler André. Plusieurs appels, plusieurs messages, et aucune réponse... M.Kingsman, jugeant la situation tout à fait anormale, avait ensuite cru bon d'en informer Ulysse.

André avait disparu.

André était un jeune vampire. André était faible. André était l'une des personnes les plus proches du Leader, mais aussi la plus vulnérable d'entre toutes.

Bien trop vieux pour s'imaginer que son domestique avait simplement oublié son rendez-vous, ayant déjà bien trop vu la couardise dont pouvaient faire preuve les humains, Ulysse contractait la mâchoire aussi fort qu'il écrasait son téléphone dans sa poigne. Il s'attendait à quelque chose, et son attente fut brève. Son téléphone sonna à nouveau, affichant le numéro d'André sur l'écran à la luminosité agressive. L'anglais interrompit son hymne national, prenant l'appel sans décrocher un mot.

Inconnu : « Oh ! Vous savez déjà ! Kingslay ? Leader ? Allô ? Allôôô ? Ohoh ! Est-il furieux, ou est-ce une panne de réseau... ? Allô ? Je ne vous entends pas, je vais raccro... »

Ulysse : « Je suis là. »

Inconnu : « Ah ! Vous êtes là, Messire Kingslay ! Comme je suis heureux de l'entendre !... Heureux et soulagé, car voyez-vous... »

Le haut parleur grésilla, laissant chuinter un bruit d'os qui se brise, puis un cri se fit entendre, suivit d'un sanglot sans retenue. La voix déboula dans les tympans du vieux vampire, qui fronça davantage les sourcils et stoppa sa marche. C'était le timbre d'André.

Inconnu : « … votre domestique ne fait que perdre ses dents ! C'est tout à fait terrible, elles tombent comme des prunes trop mûres, vous devriez voir ça, c'est un spectacle vraiment... »

Ulysse : « Que voulez-vous ? »

La voix du Leader grondait comme un orage. Il avait cessé de marcher, et serrait les dents à s'en faire péter l'émail. Dans son téléphone, il entendait le bruit d'une dent rebondir sur un sol métallique.

Inconnu : « Ah ! Toujours droit à l'essentiel ! Hé bien hé bien, mon cher Leader, tu sera ravi d'apprendre que je vais TRANSFORMER TON SBIRE EN STEACK HACHE ! C'est ce que veut la justice, œil pour œil, dent pour dent ! Tu as envoyé Etienne à la banque de sang, mon doux Etienne, avec ses petites oreilles de panda... Je te prends ton major... »

André : « Le hangar à bananes ! Ulysse ! »

Inconnu : « Toi ! Tu ! Sale petit !... Respire un grand coup, ça va... »

Bip... Bip... Bip...

S'il n'avait pas été un précieux outil de communication, le téléphone portable de l'anglais aurait été réduit en miettes dans la paume de son propriétaire. Le sang qu'il avait ingurgité quelques heures auparavant lui tapa violemment dans les tempes, et il calcula rapidement le temps qu'il lui fallait pour courir jusqu'au hangar à bananes.

Beaucoup plus de temps qu'il n'en faudrait à l'autre pour découper André en morceaux.

Ulysse tourna la tête à droite, à gauche, s'accorda une minute de réflexion tout en jaugeant le véhicule qui stationnait devant la petite maison, un peu plus loin... Pourquoi n'avait-il pas apprit à conduire, comme tout le monde ?...

Ah.

N'était-ce pas le nom du psy qu'André avait voulu aller voir une fois, qu'il voyait là, gravé sur la plaquette argentée de la bâtisse ?...

« Varuna ! VARUNA ! Ouvrez, for god's sake ! »
Hurla-t-il après avoir enfoncé son doigt assez fort dans la sonnette pour la mettre hors d'usage. « Dépêchez-vous, dépêchez-vous... »

S'impatienta-t-il, planté devant l'entrée. Lorsqu'il vit la silhouette du vampire se dessiner dans la vitre de la porte, Ulysse sautillait presque sur place. A peine Varuna eut-il ouvert sa porte que le Leader lui saisissait le coude pour l'attirer vers son véhicule, au plus vite.

« Affaire d'urgence capitale, je vous expliquerais en chemin, conduisez-moi au hangar à bananes... Vous pouvez écraser des humains ou des hybrides, mais ne perdez pas de temps sur les passages piétons ni aux feux rouges. Roulez, et vite. »

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“L'excès de sévérité produit la haine. L'excès d'indulgence affaiblit l'autorité. Sachez garder le milieu et vous ne serez exposé ni au mépris ni aux outrages.”


Dernière édition par Ulysse Kingslay le Dim 9 Juil 2017 - 6:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Banana emergency [Varuna] [Terminé]   Dim 2 Juil 2017 - 15:13

Minuit, l'heure du crime. Les vampires rodent à la lueur des lampadaires, humant l'odeur du sang frais et de la peur tandis que des humains, libres - mais pas toujours - se terrent à leur approche, retenant souffle et battement de coeur profond, bien profond dans leur poitrine. Souvent, au matin, lorsque le brouillard se dissipe et que le lumière froide du jour éclairent les impasses miteuses, le béton est gris et propre - souvent, mais pas toujours. Personne n'a envie de tirer le mauvais numéro, personne - et c'est à minuit qu'il a le plus de chances de sortir alors tous à l'abri mes petits.

Minuit, l'heure du crime et tu t'apprêtes à commettre le pire de tous : manger des sushi avec de la mayonnaise. C'est du moins ce que t'a dit ton dernier patient avant de sortir, entre autres considérations sur les graisses insaturées de l'huile de palme et l'inconvenance de mélanger Chateau-Neuf du Pape et Limonade. Oui, il te laisse un peu perplexe le Vicomte, comme tu le surnommes, mais une chose est certaine : tu ne discuteras jamais plus gastronomie avec un de tes patients. Et puis t'aimes bien. Tu peux bien avoir un vice ou deux, non ? En dehors des boissons gazeuses, des coups d'un soir, de... Peut-être plus qu'un ou deux vices. Mais tu doutes que la mayonnaise soit quand même le pire.

Baguettes, bouillon de to-fu et sushi prennent place sur ton bureau impeccablement rangé mais à peine as tu ouvert le pot de condiment que résonne ta sonnette - bruit habituel - puis le bruit sourd d'un mur qu'on enfonce de la main - moins habituel. Petit bruit difficile à décrire - Splof peut-être, ou Cruooccc ? mais que tu identifies bien maintenant. Le vampire moyen ne régule pas sa force lorsqu'il est énervé ou en pleine crise. C'est la troisième fois cette semaine que ça arrive - et seigneur, soupir, le maçon va encore revenir, clin d'oeil aguicheur et proposition de payer en liquide.

Du bout du pouce et de l'index, tu te masses la base du nez. Dring dring dring - serait-ce un code en morse ? Sonnez treize fois pour oui, quatorze pour non. Cela a intérêt à être une réelle urgence parce que sous ton crâne se dresse le spectre de l'agacement - celui qui est capable d'utiliser les mots pour faire mal au lieu de soigner. Chaise poussée, pas lourds, verrou poussé -

- et on te tire, on t'attire, on t'aspire main sur le bras, noyé dans un flot de paroles. Tu tires en arrière et te dégages, agacement se muant en frayeur avant d'arriver à identifier l'intrus. Mémoire photographique, tchac tchac tchac, les pages défilent et s'ouvrent à l'index "personne de confiance". Encart, photo, nom . Ulysse Kingsley, relié à André Aberline. Avis neutre à son sujet - mais ton cerveau trombine, turbine, combine et Varuna + urgence + for god's Sake = André en danger. Stress intense, yeux braqués sur lui, tu cherches. Qui quoi où comment mais ou et donc or ni car ? Tu sais pas, il sait - mais ce que tu sais, c'est que s'il arrive quoi que ce soit à André à cause de toi...

Stress, et coup sec de la main vers ta voiture. Deverrouillée d'une pointe d'esprit. Pas besoin de clef quand on peut user de télékinésie. Tu passes devant lui, pantin se désarticulant sous la vitesse, lui lâches deux mots lapidaires - "Montez devant" et jamais derrière, jamais, tu ne laisses jamais ton dos à découvert - et te glisse derrière le volant. Clef, contact, portière qui claque, manoeuvre - et la voiture s'arrête, bip bip bip "Vous n'avez pas attaché votre ceinture". Seigneur.. Ce n'est qu'une fois attachés que vous pouvez vous mettre en route. Le hangar à bananes... c'est seulement là que l'incongruité de la demande te monte au cerveau. Tu tiques, mais tu prends la direction de la zone industrielle. Tu ne sais pas exactement où c'est - pour l'amour du ciel, pourquoi devrais-tu savoir où se trouve le hangar à bananes ?! - mais vous allez trouver. Clignotant à droite, tu tournes sur l'avenue Stoker. Peu de circulation, tant mieux ! Tes mains sur le volant tremblent un peu alors que tu restes les yeux rivés sur la route, louvoyant entre les auto.

- Racontez-moi tout.

Et il ne lui faut que quelques mots pour te convaincre de passer la quatrième.
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MessageSujet: Re: Banana emergency [Varuna] [Terminé]   Dim 2 Juil 2017 - 18:18



Quasi téléporté sur le siège passager, Ulysse bénissait intérieurement la docile vivacité de Varuna, tout en enfonçant frénétiquement sa ceinture dans son boîtier, réitérant l'opération brutale jusqu'à ce qu'un clic atteste du verrouillage. Le Leader se lança dans une brève explication pour clarifier la situation -Kidnapping, torture, ça va saigner- qui fut rapidement interrompue par un GLING sonnant l'arrivée d'un SMS.

Il contenait une photographie sombre, où l'on pouvait distinguer une dentition complète... tirée hors des gencives de son propriétaire. André avait été édenté, aucune de ses dents n'avait échappé à la pince de son bourreau. Ulysse souffla tout son air par le nez, dans une tentative fort peu concluante de contenir sa colère.

« J'ignore qui est ce boucher, j'ignore s'il est seul, mais son destin m'apparait limpide. »


Grogna-t-il entre ses dents tout en agressant l'écran tactile de son téléphone pour y trouver le GPS. Bien loin des airs maîtrisés qui lui étaient souvent prêtés, Ulysse portait sur son visage les traces d'une profonde colère qui, à chaque seconde qui s'écoulait, se teintait des couleurs de la peur. L'angoisse lui tordait les tripes et lui fit manger ses mots, qui ne furent pas compris par le GPS.

« Hangar à bananes, zone industrielle, Dornia ! »

Finit-il par rugir assez fort pour faire trembler la vieille tôle qui recouvrait la voiture du psychologue. « Arrivée dans six minutes ! », estima joyeusement l'appareil, visiblement désireux d'écourter sa durée de vie. Ulysse grinça des dents dans un bruit sinistre, ne desserrant les mâchoires que pour donner de brèves indications au brave Varuna.

« Varuna, enfoncez votre pied au fond de cette maudite pédale ! »

Vitre grande ouverte, le Leader donnait des indications sèches et précises, millimétrées : « Prochaine à droite, tournez au feu, grillez ce stop ». Lorsqu'ils entrèrent dans la zone industrielle, Ulysse, par acquis de conscience, envoya un message à Yi : « Envoie trois hommes au hangar à bananes, j'ai besoin de nettoyeurs. »... Et sursauta vivement lorsque la vieille voiture de Varuna racla contre un muret en pierre en prenant un virage un peu trop serré.

« VOUS L'AVEZ DEPASSE ! »

S'étrangla-t-il, en envoyant au placard l'élégance qui animait d'ordinaire sa verve, lorsqu'il vit l'enseigne du hangar passer sous ses yeux. Réactif, le psychologue improvisé chauffeur fit marche arrière illico presto et réussi à garer sa voiture avant que l'Anglais n'en saute à pleine vitesse. Il fila à toute allure en direction de l'entrée, mais attendit que son cadet ne le rejoigne avant d'y entrer. Le hangar en tôle était immense, bâti sur le modèle standard des infrastructures du genre : tôle, poutres en métal et grandes vitres carrées.
Lorsque Varuna fut à sa portée, Ulysse posa une main sur son épaule, rassemblant brièvement ses esprits pour ne pas se jeter tête baissée dans le hangar en hurlant le nom de son domestique.

« Aidez-moi, Varuna, je vous en prie. J'ignore si cet homme est seul ou en groupe... Couvrez mes arrières, je saurai m'en souve... »

Un cri étranglé, un beuglement poisseux et un craquement mortifère interrompirent le Leader, qui déverrouilla la porte d'entrée à distance, avant de s'y engouffrer.

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MessageSujet: Re: Banana emergency [Varuna] [Terminé]   Lun 3 Juil 2017 - 15:19

Le trajet est tendu - un peu comme ton esprit en l'écoutant. Kidnapping, torture... L'idée du sang, de la douleur te met plus que mal à l'aise. D'y être confronté. De vivre ça - ou de le revivre par le biais d'un autre. Mais tu dois rester froid, froid d'acier, froid d'Argent - stoppe cette pensée maintenant ! - juste froid pour André. Pour les autres. Tiens le coup - et tes pouces s'enfoncent dans le cuir du volant, un peu trop. C'est pour cacher les tremblements - de peur ou de rage rentrée ? Parce que ce sont les deux qui montent et tu ignores lequel est le plus effrayant. En tout cas, tu restes focalisé sur la route, ruban d'asphalte du même noir que tes pensées. Les six minutes promis semblent des éternités avant que vous arriviez.

Le métal se plie, s'arrache et ton pied finit au plancher. Brusquement - peut-être trop. Pendant une brève seconde, tes yeux se rivent sur le volant et tu l'imagines s'ouvrir, l'air-bag se déployer et vous deux rester empêtrés là dedans comme de ridicules insectes englués dans l'ambre. Vision délirante - un rire désespéré se coince dans ta gorge, sort en quintes. Tu deviens fou - non, tu l'étais déjà, tu le montres juste un peu plus. Recul recul recul - stop, feux rouges sur obscurité. Une portière qui claque - et Kingsley s'en va. Soulagement. Deuxième portière qui s'ouvre, se referme, et battements de ton coeur mort toujours absents. Mais ? Que ? Tu ne devrais pas, vraiment pas y aller. Il va y avoir du sang, de la Douleur, de l'Argent et si tu lâches, si tu te laisses aller, si tu - oui mais si tu n'y vas pas et si à cause de toi André se perd là où tu t'es naguère perdu et si ... T'avances, esprit en bataille, t'avances sous le regard agité et absolument pas Froid, dieu merci, de Kingsley.

Le hangar est d'un gigantisme qui confine au cauchemar. Immense, sombre et à l'intérieur, tu le sais, oh oui, les cris doivent rebondir d'une paroi à l'autre tels des échos de douleur palissante. La porte, t'es à coté - et tu touches le mur. Froid. Acier. Pas de bois, pas comme le Chenil - et tu souffles avant de presque hurler lorsqu'une main se pose sur ton épaule. La voix est pressante et la poigne légérement tremblante, c'est tout ce qui te convainc de ne pas t'enfuir en courant. Tu ne peux pas laisser André - laisser Kingsley - les laisser dans cet état là. Hochement de tête. D'accord. Tu... vas essayer.

Mais il ne t'a pas vu. Tant pis. Tant mieux. Au hurlement, l'homme se rue dans le hangar alors que toi, tu recules sous la force du Cri. Il a mal. Ca fait mal. Dans ta tête. Ca remue, et quelque part en toi une partie bestiale remue, s'agite, prête à arracher à coups de dents des gorges pour ne plus jamais revivre ça. Tu hyperventiles et c'est con, c'est très con, parce que tu n'as pas besoin de respirer et c'est drôle et c'est triste et le rire que tu vas lâcher sera un Aboiement tu le sais -

PAN

La déflagration du coup de pistolet déchire le voile de tes pensées, décompose le temps en minces tranchettes d'éternité.

Hurlement de rage et douleur mêlée - tes dents se serrent mécaniquement comme pour t'empêcher de Mordre.
Chute au sol - Kingsley à terre.
Rire dément, moquerie - tu pensais m'avoir tout seul ? Tu pensais gagner ? Regarde toi, admire mon oeuvre, admire ta chute, admire moi...

Tu devrais bondir à sa rescousse - mais tu ne le fais pas. La Bête en toi te l'interdit, ton esprit aussi. L'une te rappelle l'horreur du Fer et de l'Argent dans ton corps, l'autre te signale qu'en contrejour comme ça, tu ne seras qu'un lapin à tirer. Veux-tu mourir Varuna ? Vraiment mourir ? C'est le moment de te décider. Avance d'un pas, un seul, et d'une balle ta non-vie sera arrachée. Juste un pas...

-U'yche !

La voix est rauque, métamophosée par la douleur et la terreur, hachée. Presque trop pour être reconnaissable - mais pas assez. Pas assez. Tu as déjà entendu ce genre de défauts d'élocution, de hurlement inarticulé. La panique se teinte de l'obscure nuance du souvenir de l'Arrachage, devient une boule dure de hargne et rage et souffrance. Elle pulse dans ta poitrine et empoisonne tes membres, les rendant fébriles, malades, avides d'empoigner et casser et arracher. Tu es venu pour André, mais c'est pas lui qui te rend comme ça. C'est toi. C'est toujours toi. Toi qui te sers des autres pour avancer.

Stop. Ne pense plus. Tu n'avances pas. Tu recules. Dans l'ombre, tapi. Personne ne t'attend mais toi, tu attends. Tu attends que le Chasseur s'approche de sa Proie. Tu attends qu'il soit à portée.

Tu attends de lui faire payer.

Payer Tout.
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MessageSujet: Re: Banana emergency [Varuna] [Terminé]   Mar 4 Juil 2017 - 9:36



Dès qu'Ulysse s'avança dans la lumière synthétique du hangar, son regard fut happé par la silhouette d'André, ramassé au pied d'un poteau, droit devant lui. Des horreurs, il en avait vu par le passé, mais il existait une différence énorme entre observer des inconnus souffrir, et être exposé à la douleur d'un être cher. La vision lui ôta toute raison, et il s'élança vers son domestique.

PAN

Focalisé sur André, l'Anglais n'avait pas vu partir le coup. Réagissant trop tard pour dévier la balle d'un trait de télékinésie, Ulysse ne put que remercier ses vieux réflexes qui, en entendant la détonation, avaient amené son corps à se baisser à une vitesse instinctive. La balle évita son crâne, mais se logea amoureusement dans son épaule, arrachant une plainte haineuse au Leader qui goûta aux saveurs de l'argent pour la première fois depuis longtemps, malgré la réduction de la douleur que lui apportait son âge.
A terre, une main plaquée sur son épaule qui brûlait de l'intérieur, Ulysse releva le visage un instant vers André, n'entendant les mots de son aggresseur que de très loin. Un instant seulement, qui fut suffisant pour lui coller la terrible image sur les rétines.

André aux vêtements déchirés, imbibés de sang qui allourdissait les pans de tissus. André et sa bouche charcutée, trou béant que peinaient à recouvrir ses lèvres brulées à la poussière d'argent. André dont les longs cheveux blancs étaient tâchés de rouge poisseux. André et sa peau de porcelaine, ravagée par les larmes. André dont le corps penchait dangereusement en avant, retenu uniquement par ses poignets enchainés au poteau en béton. André dont le dos se courbait, André dont les doigts tranchés et les dents arrachés étaient disposés en ligne devant lui. André qui souffrait assez pour désirer la mort.

Où était Varuna ?

Prenant appui sur une main, raclant ses genoux sur le béton du hangar, Ulysse se redressa légèrement et tourna le visage vers... Impossible de se rappeler de son prénom. C'était un vampire, dont il se souvenait vaguement avoir dû envoyer l'esclave à la banque de sang après qu'il ai commis des infractions à répétition. Un type insignifiant...

C'était toujours ceux-là qui pétaient les boulons.

Inconnu : «  Ah ! Ah ! A terre, Leader ! Ne bougez pas, j'ai encore une balle pour vous ! Kingslay ? Vous m'entendez ? Hé ! HE ! Vous avez un bien beau domestique, il vous plaît ? Je... hein ? Bleurgl... ahhrr... »

Fit le bruit du canon s'enfonçant dans la bouche du kidnappeur. Furieux, les traits du visage tordus pas la haine, Ulysse se releva, utilisant ses pleins pouvoirs pour réduire en bouillie la volonté de son ennemi. La cervelle en compote, celui-ci s'enfonçait son propre revolver dans la gorge, les yeux exorbités sous la terreur alors que ses doigts appuyaient sur la gâchette.

PAN


La deuxième balle d'argent parti se nicher dans la trachée du criminel dont le corps tomba à la renverse. Ulysse se pencha sur lui, écrasant son talon contre sa gorge avant de prendre son arme pour la jeter au loin.

« Ton père ne t'as pas appris à te renseigner sur tes ennemis ? Tu es loin d'avoir assez vécu pour t'opposer seul à moi. »

Dit-il sèchement avant de repartir vers André, lançant derrière lui un vampire dont la trachée portait le motif de ses semelles. Lorsqu'il tendit la main vers son cadet qui semblait être tombé dans les pommes, un énorme boucan lui fit faire volte face.

« Varuna ! »

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Dernière édition par Ulysse Kingslay le Jeu 6 Juil 2017 - 7:55, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Banana emergency [Varuna] [Terminé]   Mar 4 Juil 2017 - 17:38

Tu attends, fondu dans l'ombre. Yeux rivés sur l'homme au sol, muscles tendus comme des ressorts. Salive amère au point de remplir le monde, le bruit des pas sur le sol emplit ton crâne et rebondit en écho fou, l'air - et le sang, l'odeur du sang ! -passe monte enfle et te brule de l'intérieur. Régression. Tu retournes à l'état d'avant, d'instable, de Chien et tout est trop fort. Tout renforce ton envie de t'arracher la peau pour que l'univers cesse de s'assaillir, tout te pousse à te rouler en boule et geindre qu'on t'achève, stop, stop, laissez moi mourir en paix - mais ce qui te tient debout c'est la Soif, c'est le Sang, c'est l'instinct tenace qu'une fois rassasié tu pourras te vautrer dans l'hémoglobine et t'en faire un abri, un manteau, une seconde peau et oublier un instant comme le monde fait mal. Le Rouge dégoulinera, comblant le Blanc, arasant le Noir.

Tu attends alors qu'il se relève. Instinct de bête - et peut-être autre chose qui tape et cogne à l'intérieur de toi, tape et cogne aussi fort que le reste de la création contre ton corps. Attente parce que ce n''est pas maintenant le bon moment. Pas encore. Pas alors que tu ne vois pas l'autre, celui qui a l'Argent, celui qui fait mal. Ton sang ne t'apaisera pas. Tu le sais, tu l'as déjà vécu. C'est celui des autres qui te sauvera - et ta main se resserre autour de ton autre poignet, écrase entre ses doigts le fantôme de ton tatouage, bruit d'os compressé et douleur familière.

Tu attends alors qu'ils se rapprochent - et leurs voix te poignardent, minces éclats de verre en plein coeur, en plein cerveau, des éclats transparents à travers le monde un court instant semble distordu. Plus calme et plus violent, plus aigu et plus lointain. Ca fait mal. Ca fait penser - et tu veux pas penser, tu veux pas savoir, tu veux pas te voir, tu veux juste oublier oublier oublier qui tu es, ce que tu es, ce que tu fais - et crisse des dents, et te noie dans le bruit, et comble le silence de ce coeur mort à jamais.

Tu attends - et tu sursautes et tu recules à la déflagration, au corps qui tombe. Coup de Feu. Argent. Terreur lointaine et si proche à la fois mais tu ne peux pas fuir. Tu ne peux jamais fuir.

Tu n'attends plus. Tu avances, silhouette de fumée sur lumière platine plombé. Pas droit, pas devant parce que corps trop lourd, trop mort, trop autre - et contrepoids de la jambe alors que le pied gigote et poignet cassé sur bras cliqueté - pantin désarticulé et incontrolé. Dans le dos d'un désarmé - d'un pas-Lui, d'un attaquable déjà blessé. Tu avances et -

Et lueur de lune, reflet blême sur flaque de sang.
Et larmes de sang, sueur de sang, sang de sang.
Et osselets rangés, lustrés, triés, présentés intercalés de digitales pliées.
Et corps pendu, tracté-torturé.


Et ça cogne en toi. Ca résonne. C'est personne, c'est une personne, c'est toi, c'est eux, c'est tout.
Ca cogne. Ca hurle. Ca perce presque tes instincts, tes besoins.
Presque.

Tu avances presque. Bientôt. Dès que la lune repartira, dès que tu pourras ne plus voir, ne plus savoir, ne plus penser. Dès que tu pourras oublier - et la chose qui hurle en toi l'écraser. Presque. Tu attends d'avancer. D'attaquer. De t'abreuver.

Et d'un coup , mouvement. Rugissement. Déplacement. D'instinct tu te tournes vers le bruit - et une masse te percute, te jette au sol.

T'attends plus. Tu avances plus. Tu te débats juste. Tu te débats entre un nom jeté qui ranime ce quelque chose en toi et la pulsation de ce coeur chaud tout contre toi, cette peau puant la peur et l'agressivité, ce sang si près de toi - et pourtant si loin si loin si loin, séparé de toi par cette barrière de peau si frêle, si fine, regarde comme tes doigts marquent et comme tes ongles raclent et comme le sang jaillit et comme tu cries de douleur autant que de besoin et qu'il hurle en écho, s'accroche pour t'écraser, t'étrangler, te fracasser et que tu continues de plus belle parce qu'un peu de douleur dans cet océan qui te submerge c'est rien rien rien

Non, en fait tu te débats pas.
Certaines choses ne peuvent pas être retenues.

Tu le massacres juste et peu importe dans quel état il te laissera.
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MessageSujet: Re: Banana emergency [Varuna] [Terminé]   Jeu 6 Juil 2017 - 8:33



« Ne le tue pas ! Varuna ! »

Hurla le vieux vampire dont les yeux s'écarquillèrent devant la boule de chair, de bras, de jambes et de couinements que formaient Varuna et l'hybride taureau. Les yeux figés sur les deux créatures distillant une odeur de terreur jusque dans ses narines, les engrenages d'Ulysse se mirent en marche à tout allure. Combien de fois avait-il déjà utilisé ses pouvoirs ? Déjà trop, et la balle en argent, toujours nichée dans son épaule, aggravait son état déjà fatigué. Continuer sur sa lancée était à la limite du raisonnable, mais lorsqu'il vit la mâchoire hystérique de Varuna s'apprêter à déchirer la gorge de son assaillant, le pic de télékinésie parti tout seul.

L'hybride DOIT rester vivant.

Fut la pensée qui se placarda en rouge sur les parois du crâne du jeune vampire, épinglé au sol comme un papillon de collection par son Leader. Celui-ci se jeta immédiatement sur l'hybride taureau, le gratifiant de son légendaire crochet du droit qui lui avait valu bien des sifflements admiratifs, du temps de son humanité. Pif, Paf, Poum, bilan : André dans les pommes, Varuna au sol, un vampire poussant d'immondes gargouillis pour essayer d'expulser la balle en argent fichée dans sa gorge. Un hybride à cornes au tapis, la mâchoire déboitée. Et un Leader pas au mieux de sa forme.

Ils n'étaient pas loin du désastre.

Le sang-froid lui revenant peu à peu, le Leader se concentra pour detecter un bruit, une respiration, une odeur ou le moindre indice lui indiquant la présence d'une autre créature hostile. Rien. Certain que l'hybride ne leur causerait plus de soucis pour le moment, l'Anglais coula son regard vers son cadet, mentalement cloué au sol, les bras écartés de son corps, paumes vers le ciel. Il relâcha progressivement la pression, jusqu'à ce que le jeune vampire puisse retrouver son libre arbitre, puis il lui attrapa une main pour le redresser sur ses fesses. Ulysse s'agenouilla, le visage assombri par la gravité, et jaugea du regard l'âme perturbée de Varuna tout en amenant l'une des mains de celui-ci à son épaule.

« Varuna. Varuna, écoutez-moi. Je sais que vous êtes blessé, mais j'ai besoin de vous. J'ai une balle en argent dans l'épaule gauche, il faut que vous me l’ôtiez. Pas avec vos doigts, avec votre esprit. »

Son dernier repas remontait à un peu plus de cinq heures, et il avait utilisé ses pouvoirs bien plus que raisonnable. Sa gorge desséchée demandait déjà à être apaisée avec bien trop d'insistance pour qu'il ne se permette d'utiliser le moindre trait d'esprit supplémentaire.
Se jugeant hors de danger, le pragmatisme reprenant sa digne place dans son esprit, Ulysse avait tempéré l'inquiétude hors normes qu'il avait ressentie pour André. Il était un vampire, et, malgré sa jeunesse, il en faudrait davantage pour le tuer.Pour être efficace, il fallait procéder dans l'ordre.

Et se débarrasser de cette balle en argent.

« Varuna. »

Appela-t-il un peu plus fort, la voix grave, tout en affirmant sa pression sur la main de son cadet pour le faire réagir. Sceptique, Ulysse fronça les sourcils, se demandant quels genre de problèmes ce gamin pouvait cacher derrière son joli minois.

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“L'excès de sévérité produit la haine. L'excès d'indulgence affaiblit l'autorité. Sachez garder le milieu et vous ne serez exposé ni au mépris ni aux outrages.”


Dernière édition par Ulysse Kingslay le Sam 8 Juil 2017 - 17:14, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Banana emergency [Varuna] [Terminé]   Sam 8 Juil 2017 - 8:24

Rouge sang, rouge douleur - mais c'est le rouge volonté qui te rejette en arrière. Panique, impossible de bouger, de se débattre, de s'échapper, panique si forte qu'elle appuie, appuie, appuie sur tes pensées jusqu'à percer et rejaillir de l'autre coté. Un instant t'es comme hors du corps, tressauts internes contre immobilité forcée, puis t'y retournes de force - et Paf, rivé à la chair, rivé à maintenant, rivé à ici. Là, t'es, et tes yeux se perdent au plafond. Haut, fer, silencieux - ni bois ni gémissement ni implacable enfermement alors chut, du calme. Ecoute le nom de Varuna et love toi dedans, répéte le encore et encore et encore comme un abri contre ce que tu es - non, ce que tu peux être. Varuna, juste Varuna, ce "v" presque chuinté dans la bouche de Kinglay qui annonce toute la fatigue que tu lui imposes. Tu ne veux pas le décevoir, tu ne veux pas lui faire mal alors calme...

Volonté revenue, mais pour combien de temps ? Elle oscille et flageole, sur le mince fil de fer de ta raison. La tension, le souvenir, le toi la déséquilibrent. Déjà qu'en temps normal tu crains de sombrer dans les abimes de l'instinct mais là... Respire, pense au nom. C'est temporaire - mais l'éternité aussi est temporaire, un temporaire qui ne s'est juste jamais arrêté. Oui, respire, retiens toi, sois prêt à réagir, vite. Un geste de trop, un mot de moins, et tu chuteras alors anticipe, replie toi. C'est ce que tu fais ? C'est bien. Corps relâché, en repli, qui se laisse faire. Tiré, redressé, et yeux sombres contre l'écran de fumée dissimulé au creux de tes pupilles. Une voix qui stabilise, Varuna en tête mais qui manque te faire chuter ensuite. Argent. Il a dit Argent. Tu comprends à retardement ce qui se trouve à quelques centimètres à peine de ta peau, ce métal dont le simple nom te carbonise la gorge - Non ! Yeux qui s'écarquillent, entrailles qui se tordent et tu tentes de reculer, d'éloigner ta main de l'Argent que son épaule renferme. Non ! Pression sur le dos de ta main, Il veut que tu restes - et tu le repousses, lambeau de souvenir autant que chair présente. C'est seulement lorsque tu ne le touches plus que l'équilibre est retrouvé et ton souffle totalement inutile apaisé. Du calme. Du calme. Respire.

Mais le reste du monde ne veut pas que tu te calmes. Un atroce gémissement rebondit contre les murs d'acier et ta tête tourne vite, si vite afin de voir d'où vient le danger. Y'a un corps à terre, mains cramponnées par spasmes autour de sa gorge - gorge arrachée, brulée, ouverte. Balle d'Argent dans la gorge - ah, la douleur. Elle te submerge, te noie, te vole ton air et presque l'esprit. Tes propres mains se referment sur ton cou en protection, phalanges d'os sous la chair appuyant contre ta trachée. Sens la dureté, sens le présent - et écrases-en l'atroce brulure du métal, réduis à néant l'acide qui courait dans tes muscles morts et t'écharpait en lambeaux de peau frémissants, oblitère jusqu'au souvenir de l'agonie sans cesse renouvelée irradiant en toile d'araignée mortelle. Os, dureté, maintenant ! Tu t'étrangles presque - non pas presque, tu t'étrangles mais tu t'en fous, tu respires plus - jusqu'à ce que ça passe. Ca, le malaise, le souvenir, le gémissement, c'est pareil.

Tu relèves la tête, des larmes sanglantes au bord des paupières. Qu'est ce qui est le pire ? Attendre de l'entendre et de souffrir ou t'approcher de l'Argent ? Ton corps répond avant ta tête, recule en arrière, rampant presque. Non, tu peux pas t'en approcher mais... mais il va regémir. Tu ne peux pas t'en approcher non plus. Pas s'il a une balle en Argent dans la gorge. Et tu peux pas t'enfuir, t'es pas en état - et tu peux pas, souffle une partie de ton esprit désespérément logique et égoiste, parce que si tu le fais tu les entendras tous gémir au creux de ton oreille nuit après nuit, Kingslay, André, l'autre, et que le fardeau sur tes épaules s'alourdira encore.

Tu ne vois qu'une solution. Dents serrées mais regard fixe, toute ta volonté un instant concentrée en pointe, tu appuies de l'esprit sur l'épaule de Kingslay - et la balle en Ce-Que-Tu-Ne-Veux-Pas-Penser s'enfonce, déchire, fore. Ressort de l'autre coté. Schlurp. Elle rebondit une fois, deux fois, te fait vaciller sur l'arête du souvenir tout autant avant de s'immobiliser au sol, engluée de sang poisseux.

T'es à bout. Couvert de sueur, le corps torturé de l'intérieur, t'es terrifié. Juste un mot, juste une plainte de trop et tu tomberas pour de bon, tu crois. Tu veux pas. Tu ne sais pas si tu arriveras à revenir à Varuna alors à genoux, yeux clos, tu supplies Kingslay d'empêcher ça.

- Faites le taire... par pitié...
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MessageSujet: Re: Banana emergency [Varuna] [Terminé]   Sam 8 Juil 2017 - 16:32



Le regard de Varuna lui semblait fou. Plongé dans des abysses mentales que lui-seul pouvait voir, le jeune vampire rappelait au vétéran les nombreuses scènes de guerre qu'il avait déjà vécu. Ulysse ne lui fit malheureusement pas le plaisir de le laisser tranquille tout de suite, mais laissa le psychologue à la fragile psyché récupérer sa main. S'ensuivit une douleur brûlante et acérée, et l'anglais devina l'écartèlement forcé que subissaient ses chairs. C'était cuisant mais tolérable, et sa vieille carcasse vampirique en avait vu d'autres. Il se souvenait avoir eu bien plus mal lorsqu'une plaque de tôle lui avait transpercé un poumon.

L'état de son cadet était tout à fait inquiétant. Semblable à une bête sauvage acculée au fin fond de ses retranchements, sa détresse semblait suffisamment forte pour lui faire perdre l'esprit. Crispé, tremblant et suant, le jeune vampire préoccupa suffisamment le Leader pour lui faire froncer sévèrement les sourcils et barrer son front de rides graves. Il se releva sans tarder, et attrapa Varuna par le coude pour le redresser sans douceur. Sa voix était ferme, demandant implacablement à son cadet de revenir sur terre.

« Bouchez-vous les oreilles, Varuna, et venez avec moi. »

Absolument pas désireux de laisser l'autre se ratatiner au sol pour aller se vautrer dans ses cauchemars, Ulysse attrapa les deux mains de Varuna et les lui plaqua sur les oreilles. Le jeune homme avait entendu sa demande concernant la balle en argent, mais il n'était pas certain que sa voix fasse encore son chemin dans une cervelle aussi brouillée que la sienne. Le tirant en avant, l'anglais enroula un bras autour de sa taille pour le tenir fermement contre son flanc et lui imposer un chemin, droit vers la sortie du hangar. Il ne pouvait faire cesser les borborygmes du vampire échoué au sol, mais il pouvait en revanche, en éloigner suffisamment Varuna pour que les sons qui le perturbaient tant ne lui parviennent plus aux oreilles.

Ils furent dehors en quelques pas, mais Ulysse jugea bon d'amener Varuna à faire quelques mètres supplémentaires. De l'air frais et du vent ne pouvaient pas lui faire de mal. Il continuèrent ainsi jusqu'à arriver au bord du terrain vague, de l'autre coté de la route, et l'anglais libéra son cadet de son emprise de Boa Constructor, pour le faire asseoir dans l'herbe fraîche. Accroupit à ses côtés, le visage dur où ne filtrait que peu d'inquiétude, Ulysse dû décrocher lui-même les mains du traumatisé. Il amena doucement Varuna à poser ses mains à plat sur le gazon froid et irrégulier, avant de lui englober le visage dans ses propres paumes, rugueuses, noueuses, mais qui pourtant savaient exprimer la douceur plus facilement que sa langue. De ses pouces, il tira un peu la peau contractée du jeune vampire, et ramena en arrière ses cheveux collants de sueur.

« Varuna. » Appela-t-il une première fois, d'une voix calme où ne perçait aucune urgence. « Varuna. Reprenez vos esprits, c'est terminé. Je m'occupe du reste, attendez-moi ici. Les secours vont arriver. »

Il espérait que les accents placides de ses mots aideraient à tempérer les émois du jeune homme. Et puis, ayant déjà trop longtemps fait attendre André, il reparti en arrière pour enfin venir au secours de son protégé.



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MessageSujet: Re: Banana emergency [Varuna] [Terminé]   Sam 8 Juil 2017 - 20:06

Se laisser tirer, se laisser emmener, se laisser partir : par ta supplique, tu l'as autorisé à agir et par conséquent, tu n'as plus rien à dire. Tu suis donc, tiré, emmené, parti. T'es entre les mains de quelqu'un d'autre littéralement, quelqu'un qui te guide, un pas après l'autre, jusqu'à sortir. Assis, la terre tourne autour de toi, tu la sens - et c'est lui qui te maintient un instant d'aplomb sur ce manège fou, mains sur tes paumes. Ce qu'il dit, tu ne captes plus trop à part le ton. Une question, un espoir... Oui, oui, opine et il lâche, il se relève, il s'en va, clap clap font ses pas.

Te voilà, Varuna. Juste toi. Là.

De l'herbe sous les doigts, tu laisses ta tête tomber en arrière. L'obscure clarté qui tombe des étoiles, tu t'en gorges. De l'air, de la lumière, du silence... Ca te nourrit - ou plutôt, ça ne t'esquinte pas comme leurs opposés le font. Non, n'y pense pas, pas avant d'avoir pleinement retrouvé ton équilibre. Les paupières tombent, rideaux de théatre, tu souffles longuement.

C'est fini, c'est ce que souffle le vent à tes oreilles. Une fin aux sonorités de feuilles bruissantes et de crissements de pneu au loin. Fin ouverte - et c'est pas totalement faux parce que tu te sens aussi ouvert. Tout passe au travers de toi, vent comme obscurité comme passé comme pensée et rien ne s'arrête. Transpercé, trop fragile et ça te plait autant que ça t'effraie, de tout laisser passer. Oublier peut-être - mais en tout cas, laisser voler au vent la sueur rance qui poisse ta peau, laisser s'envoler ces immondes gargouillis qui collent à tes tympans. Laisser tout court pour juste rester -

Lumière aveuglante. Quoi ? Tes yeux se rouvrent par réflexe, tu cilles, main levée en protection. Sur la route, des phares t'aveuglent bien avant que le bruit du moteur ne te parvienne, porté en sens inverse par le vent. Voiture, grosse, massive, qui se gare non loin. Trois hommes en sortent, costauds, le regard méfiant, qui te repèrent immédiatement. Dans leur regard se voient deux choses : ce n'est pas toi qu'ils cherchent et ils s'attendent à du grabuge. Tu sais de nouveau additionner deux et deux et d'une main tremblante tu leur indiques le hangar.

"Kingslay est là-bas."

La suite est floue - et c'est très bien comme ça. Tu laisses faire, mollement installé sur un des sièges arrière de leur voiture, suivant mollement des yeux les allées et venues de l'autre coté de la vitre. Tu ne veux pas savoir qui, quoi, où, comment. Tu veux juste qu'on te dise qu'André ira bien, que l'hybride est vivant, que tu peux retourner chez toi et aller te coucher - et tant pis pour les sushi-mayonnaise.
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