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/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

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Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]
Smooth bucking
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MessageSujet: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Jeu 29 Juin 2017 - 12:11

Gnagnagnagnagna ! Non mais comment il me parle celui-là ?! Il en faut peu pour que ma susceptibilité soit atteinte mais lui il pète tous les records. Me reprocher ma délicatesse, ma politesse, etc ; il avait qu'à me laisser ronfler au bar et casser la gueule à tous les abrutis qui passaient à ma portée ! J'hallucine et couche les oreilles comme si j'avais vu un serpent entre mes sabots. J'émets un sifflement mécontent et tourne les talons alors qu'il disparait. Pète-sec le gars. Pas étonnant quand on voit la bâtisse et le tempérament de sa femme de ménage, ils sont tous coincés du cul ici. Agacé je fouette l'air avec ma queue et fouille sans ménagement dans la commode qu'il m'a désignée pour en sortir un bas de pyjama qui n'est évidemment pas percé pour mon appendice. Il est vraiment bête ou quoi lui ? Mais je ne me laisse pas dégonfler, histoire de lui souligner mon mécontentement et mon obstination et ramène une paire de ciseaux de la salle de bain adjacente. Là, je m'installe sur le lit pour trouer proprement l'arrière du vêtement et après quelques tests un peu ratés il s'avère que j'arrive à l'enfiler, sans grande conviction quant à mon reflet dans le psyché, mais je n'ai pas d'autre choix si je veux passer la nuit avec quelqu'un.
Gros bébé. Oui je suis un gros bébé du sommeil ET ALORS ? humm ? Pour l'instant je m'en sors pas trop mal et on a tous un pet au casque.
M'attendant à devoir à nouveau partir en quête de ladite chambre du maître guindé de ces bois, je reste comme deux ronds de flan quand il débarque tout frais peigné avec un bouquin...en robe de chambre ! Sur ma vie je ne savais pas que ce truc existait encore ! Mais qui porte ça ?! Charlize serait effondré, pour ma part je retiens péniblement un rire viscéral, surtout en voyant sa tête parfaitement indisposée quand j'essaie d'arborer une expression contrite.

- Et bien quand Sa Majesté va au lit ce n'est pas rien. Vous avez si peur que je fasse une gaffe dans votre plumard ? Je reconnais quand même que vous faites un effort-là, venir ici...


Je m'approche et monte doucement sur le lit, ouvrant la couette de mon côté sans le quitter des yeux. Je n'ai respecté la règle qu'à moitié, préférant dormir torse nu. Avec mes bracelets. Je ne les quitte jamais, même aux entraînements.

- ...avec moi alors que je vous déplais tellement, mes manières déplacées, ma façon de parler. Y a quand même quelque chose qui m'intrigue chez vous, c'est cet air supérieur ça cache un truc. Mais vous verrez, vous me regarderez différemment. Je sais être adorable quand on s'occupe de moi. Ce que vous avez fait. Faites.

Mes yeux se ferment et mes oreilles frémissent de sommeil quand je m'installe sur le côté, face à lui comme si nous partagions quotidiennement le matelas. Je l'observe m'ignorer avec classe et ris avant de marmonner quelques mots en portugais.

_________


J'ai rêvé d'Owen. On faisait l'amour dans la piscine et c'était putain de génial. Malheureusement au réveil tout s'évapore trop vite et je me prends une nouvelle claque. Pas de gueule de bois c'est déjà ça, la machine a fait son travail. Je soupire, et me sens étonnamment bien installé contre...contre Niels. C'était à prévoir je l'avais dit, j'avais dit que j'étais une glu ! Mimant le sommeil aussi bien qu'un opossum pas loin des serres d'un aigle, je niche mon nez sous son bras, une main en travers de son ventre. Je lui tiens chaud, il me rafraîchit, tout ça gratuitement, elle est pas belle la vie ? Pour le moment du moins, parce que quand il va me réveiller je vais me faire trucider, mais je ne pense pas encore à ça, ni à mes très probables appels en absence, ni à l'heure, ni à ma journée de boulot demain. J'ai juste envie de rester dans un giron rassurant et de ne rien affronter du tout dans les dix prochaines minutes.

- Hmmm...

Je crois que j'ai dû envoyer bouler mon pantalon de pyjama dans la journée...ça aussi, c'était inévitable, et j'aime sentir le drap sur mes fesses nues.

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Sa Majesté Obéron
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Sa Majesté Obéron
MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Jeu 29 Juin 2017 - 13:52



J'ai veillé jusqu'à une heure avancée de la matinée avant de finir par m'effondrer de fatigue. Je n'ai eu le temps que de poser mon livre et me glisser dans les draps avant que Morphée ne vienne me prendre dans ses bras. Ma nuit est paisible, la fatigue m'écrase de tout son poids et me fait dormir profondément. Si je rêve, je ne me souviens de rien.
Le réveil se fait très en douceur. Tout d'abord je note la chaleur du lit et la caresse des draps sur mon torse alors que ma robe de chambre s'est sans doute complètement défaite. Puis il y a l'odeur un peu âcre de relents d'alcool et celle plus poivrée d'une peau qui n'est pas la mienne. Je soupire et fronce les sourcils, un poids sur le matelas, tout contre moi, m'empêche de bouger librement. Ma première pensée va à Sigvald. Puis je la chasse immédiatement : ce n'est pas son odeur, ni sa corpulence, sans parler du fait qu'il est chez lui à l'heure actuelle. Je remue un peu, grogne, encore embrumé par la fatigue et le sommeil. La personne grommelle à son tour et se colle un peu plus à moi.

Toujours sans ouvrir les yeux et sans vraiment réfléchir à ce qui se passe, je lève une main dans l'intention de me frotter les yeux, mais elle heurte au passage quelque chose de doux. C'est vivant, je sens que ça palpite faiblement entre mes doigts, la chair est rigide, couverte d'un poil court et très doux. Par jeu, mes doigts en font le tour pour que doucement une forme se dessine dans mon esprit. On dirait... Une oreille. Une oreille animale. Un peu comme...
Toute la mémoire me revient et j'ouvre les yeux. Corso s'est complètement lové contre moi et me tient d'un bras passé en travers de mon ventre. Ce que je tiens en main est effectivement l'une de ses oreilles équines, qui frétille dès que je la lâche. La situation est plutôt gênante, de mon point de vue, cependant je suis si anesthésié par ma journée de sommeil que je ne bondis pas immédiatement du lit en poussant de grands cris. Après tout, je suis celui qui a accepté ce ridicule partage de matelas. Avant d'ouvrir les yeux, je profite de ces instants de paix et de silence pour inspirer profondément et m'étirer. Ma robe de chambre est effectivement grande ouverte, ce qui me laisse torse nu et une épaule à découvert tandis que le blondinet à côté de moi est... Complètement nu. Dans mon souvenir, il portait un pantalon de pyjama et s'était endormi le premier, alors par quel miracle... ? Peu importe. Mieux vaut que je ne me pose pas trop de questions pour commencer cette journée. Je suis de repos, j'ai des plantes qui attendent d'être inspectées dans la serre et un tableau à poursuivre dans la dépendance, ce n'est pas maintenant que je vais gâcher tout ce temps libre en me mettant de mauvaise humeur.

Sans tenir compte de la sangsue qui refuse de se retourner pour aller dans son coin du lit, je me redresse sur un coude et bâille avant de passer une main dans mes cheveux pour les rabattre en arrière. Un café. Il me faut un café. Gayle doit encore dormir, sinon je sentirais déjà l'odeur du petit-déjeuner. Ma première mission, sortir des griffes de l'hybride endormi pour rejoindre ma cuisine. Je commence par soulever le poids mort en travers de mon ventre, puis je me glisse hors du lit et l'y laisse avec la couverture remontée jusqu'aux oreilles. Je suis libre ! Complètement dépenaillé, mais libre. Je vais donc, pieds, nus, jusqu'à la porte de la chambre dans l'espoir de me faire un café bien serré et de préparer quelques toasts sur fond de Prélude et fugue de Bach.
Dehors l'orage gronde, le tonnerre roule sourdement et la lumière d'un éclair passe à travers les persiennes. La pluie bat toujours le toit avec force et il va peut-être falloir s'attendre à ce que cela dure toute la journée. Au lieu de peindre, un feu de cheminée serait le bienvenu. Connaissant Gayle, si je m'installe dans le canapé pour regarder un film ou lire, il viendra se scotcher à moi, enroulé dans sa couverture spéciale cocooning et si d'ici là Corso n'est pas parti, il n'est pas exclu qu'il fasse l'enfant et ne se ventousera à ma personne pour faire contre-poids. L'idée de me retrouver entouré de la sorte me fait grommeler. Mais je crois déceler également au fond de moi une étincelle de tendresse amusée.


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MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Lun 3 Juil 2017 - 9:48

Je n'ai jamais vu quelqu'un se soustraire aussi subtilement du lit d'un amant ! A part moi peut-être. Et j'avoue être un peu décontenancé quand la grande blonde s'éloigne à pas de loup avec sa chemise de nuit débraillée comme si l'acte avait eu lieu. Quand il a quitté la pièce je me redresse et m'étire de manière toute féline malgré ma masse musculaire, et attrape tous mes cheveux sur le côté pour les nouer rapidement en une tresse du matin. Mes oreilles se tendent vers l'extérieur ; on dirait qu'il pleut tiens. En allumant mon portable un coup de tonnerre me fait lever le nez ; j'ai l'habitude des conditions météo tragiques, je suis né libre, mais c'était il y a bien longtemps. Deux appels en absence. Charlize a essayé de me joindre et m'a laissé deux messages vocaux assez inquiets. Je le rappelle et il me hurle dessus au téléphone, et là je remercie le dieu des étalons - si cet abruti existe - de ne pas avoir la gueule de bois. Il veut savoir où je suis, alors je lui donne simplement le nom de Niels. Oberyn ? Ouais ça doit être ça. D'ici 1h il passera me chercher, et je ne sais pas si je suis content ou non de cela. Je laisse tomber mes pensées sans issue et vais me peigner et prendre une petite douche pour ôter l'odeur nocturne de ma peau. Mes vêtements de la veille sont pliés et propres dans la salle de bain et je me demande si ce n'est pas le petit larbin trop cute qui est à l'origine de ce geste. Enfin il l'a sûrement fait sous la contrainte mais c'est toujours ça de pris. Seigneur merci je ne sens plus la tequila !
Une fois paré du minimum, je vérifie mes bracelets et cherche le propriétaire, finissant par déambuler sans raison ni but dans l'immense demeure. Je suis une vieille trace de parfum qui me conduit devant une porte fermée, sans doute sa chambre, et ne désirant pas m'attirer davantage ses foudres, je redescends et le trouve devant la cheminée, affairé avec des toasts et du café, et la bonniche vient visiblement de le rejoindre puisqu'encore en pyjama.

- Bonjour. Merci pour les fringues trésor, ça sent divinement bon !

Je jauge mon pouvoir de séduction sur lui et il rougit, sans doute plus d'agacement que de réjouissance, ce qui me fait rire.

- Mon boss vient me récupérer d'ici une heure. Il vous dédommagera de ma compagnie et des heures que vous avez passé à vous occuper de moi.


Sourire un peu désolé à l'attention du grand manitou qui n'a pas encore tourné les yeux vers moi mais qui le fait en entendant ces mots.

- Je peux exiger un petit kawa ? Je vais me faire mi-nu-scule vous en faites pas. Du moins je peux essayer.

Autre sourire d'une toute autre gamme, celui-ci est d'une sincérité renversante. Niels n'est sûrement pas du genre à se laisser amadouer, il m'a tout l'air d'un vampire assez âgé, respectable, pas du tout le genre de maître que je pourrais envisager d'avoir s'il est aussi austère au lit que planté là sur son fauteuil. Je m'appuie à la cheminée et bat doucement de la queue en observant ce quotidien qui n'est pas le mien, ne le sera sans doute jamais.

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Sa Majesté Obéron
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Sa Majesté Obéron
MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Ven 7 Juil 2017 - 22:19



Après avoir rejoint ma chambre et m'être changé - il ne me vient pas à l'esprit de rester en pyjama très longtemps, plus depuis Sigvald - je descends préparer de quoi sustenter toute la maisonnée. Habituellement, nous prenons tous nos repas dans la cuisine, attablé autour du grand comptoir américain, afin de profiter de la vue sur le jardin par les baies vitrées, cependant il fait un temps à rester au chaud et j'ai envie d'un feu de cheminée. J'en allume donc un et tandis que les flammes tentent de prendre d'assaut le tas de bûches dans l'âtre, je me fais un devoir de lancer la machine à café et les tartines.
Je sais qu'il n'y a pas de différences entre des tranches de pain de mie carré ou des tranches triangulaires, mais j'accorde souvent beaucoup d'importance à des détails de présentation. En l'occurrence, j'ai le souvenir que l'une de nos cuisinières au manoir nous préparait toujours les toasts de cette façon et il m'est inconcevable de ne pas lui rendre hommage en faisant de même. Gayle s'est mis à le faire également, sans doute pour me faire plaisir, mais je ne lui en tiens pas rigueur lorsqu'il me propose un repas préparé selon ses propres méthodes. L'intéressé descend d'ailleurs alors que je m'installe avec une tasse de café et quelques toasts beurrés dans mon fauteuil de salon, prêt à lire les nouvelles du soir sur la tablette.

— Bonsoir Gayle, bien dormi ?

— Bonsoir Niels. Je pensais que ton invité ferait plus de bruit, mais comme il a été silencieux j'ai plutôt bien dormi. J'ai lavé rapidement ses affaires. Elles sont dans sa chambre.

— C'est très prévenant de ta part. Merci. Il y a assez d'eau dans la machine à café et des toasts chauds sous la cloche en verre.

Mon jeune ami semble d'illuminer à la mention de la nourriture et sautille presque jusqu'à la cuisine pour y prendre de quoi se sustenter. Pour lui ce sera tartines de confiture et au moins trois sucres dans son café. Je peux le sentir depuis le salon. Le nez plongé dans les dernières nouvelles de Dornia, j'entends le pas assuré de l'étalon descendre l'escalier derrière moi et s'approcher. Il n'aura pas fait la belle au bois dormant comme je m'y attendais. Inutile de lever les yeux pour sentir mon jeune domestique se raidir d'indignation sous l’appellation "trésor", qui personnellement me ferait presque sourire. Je redresse en revanche le nez lorsque mon invité parle de la personne qui viendra la chercher. Cela m'arrange grandement de ne pas avoir à me soucier de son retour. Inutile de lui dire que je refuserai la moindre compensation monétaire.
Je réponds à son sourire par le mien, très léger et très poli, pour ne pas lui donner trop de prise. Je me souviens encore parfaitement de la veille lorsqu'il a souhaité s'inviter dans ma propre chambre.

— Bonsoir Corso. Vous ne pouvez rien exiger entre ces murs, en revanche je vous invite à aller vous servir en cuisine autant qu'il vous plaira. Il y a dans le frigo de quoi combler vos désirs, si ce qu'il y a sur la table ne suffit pas. Joignez-vous donc à nous. J'espère que vous avez passé une bonne nuit.

Je replonge dans ma lecture, tasse en main. Va-t-il oser me faire une remarque charmeuse (ou grivoise) à propos de sa nuit en ma compagnie ? Je tendrais plus à dire qu'il se plaindra de ma froideur et de mon départ cavalier. Dans tous les cas, j'entendrais Gayle s'étouffer avec sa bouchée de pain, à la fois outré et stupéfait d'apprendre que j'ai pu partager le lit d'un parfait inconnu qui s'est mis à vomir, à peine arrivé chez nous.
Ma vie privée n'est pas aussi déserte et solitaire que beaucoup s'accordent à le dire, mais je préfère généralement éviter de ramener mes partenaires chez moi. Ils ne sont jamais assez impliqués dans ma vie pour mériter de voir mon cadre quotidien et je préfère épargner le sentiment de malaise qui habiterait mon esclave en découvrant ces hommes ou pire, en nous entendant batifoler.

— Je serai ravi de m’entretenir avec votre responsable. Pas pour vous blâmer, cela dit, ne vous inquiétez pas.


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Dernière édition par Niels J. Oberyn le Lun 10 Juil 2017 - 23:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Lun 10 Juil 2017 - 19:37

Et bien quel accueil ! Entre le maître guindé et la duchesse Cerbère me voilà en proie au dilemme de savoir lequel je vais me farcir en premier. Hm, le petit brun n’est pas mal, farouchement farouche mais pas mal du tout. Je hausse les épaules, puisque je ne dois rien exiger, je vais me servir moi-même. Ma défunte mère m’a fait des bras et des jambes, ce n’est pas un café qui va me résister ! Mes oreilles pivotent, je renifle discrètement et finis par trouver la machine à café, une tasse à la main.

- Disons que vous ne tenez pas spécialement chaud, mais j’ai bien dormi. Si on peut espérer bien dormir avec 3 grammes d’alcool dans chaque bras. Hmm ce café est délicieux la vache !


Ma queue s’anime soudainement et je savoure ce petit moment. Le café ça réveille, ça nettoie, c’est un deux ou trois ou quatre en un et c’est le meilleur remède contre la morosité et l’hystérie. Je zieute le dénommé Gayle qui ose à peine lever les yeux sur moi, hésitant entre l’agacement que lui dicte son instinct et une sorte de fascination que j’exerce sur toute personne franchissant la barrière des deux-cent mètres avec moi. Ma commissure s’étire dans un sourire de Conquistador.

- Il est mignon votre petit frac. Mais il me déteste !

Je ris et croque dans un toast croustillant à souhait. La matière grasse m’est défendue, et je vais déjà me faire défoncer par Charlize pour avoir pris une cuite alors autant éviter des représailles, même si j’ai toujours le dernier mot.

- Vraiment vous n’aimeriez pas, il est complètement stressé comme gars. Il ne supporte pas que j’aie des comportements à risque et… oh !


On vient de sonner. Je frétille, me mets en branle, sans me soucier de ne pas être chez moi. Il pleut des cordes dehors mais aucun cheval n’a jamais craint d’être mouillé si ?

- Eh ça fait pas une heure !

Je dis en tapotant mon poignet où trône un bracelet d’or à la place d’une quelconque montre. Il est flanqué de Tom et Leo, le premier tenant un parapluie arc-en-ciel.

- Cretino ! Mi sono preoccupato ! MI FAI IMPAZZIRE !!!!! [Crétin ! Je me suis inquiété ! TU ME RENDS FOU !!!!!]

Et voilà les grands airs de retour. Je lève les yeux au ciel et ouvre les bras, mains en l’air comme un vrai portugais.

- Eu sou bem, puta ! Olhe ! [Je vais bien, putain ! Regarde !] Eu perdi um olho ? um testículo ? [J’ai perdu un oeil ? un testicule ?]


- Cristovaaaaaaaaaaaaao ! Tu ne peux pas disparaître comme ça pour la journée, surtout pas chez le docteur Oberyn…

- Le docteur Oberyn ? pourquoi il est connu ?! J’en savais rien moi merde à la fin ! Il m’a chopé par le col pour me ramener parce que je vomissais dans les fleurs…


Tom soupire et c’est ce moment que mon sauveur choisit pour apparaître. J’assiste alors à un étalage d’excuses et de prières à la fois en italien et en anglais tant la confusion de Charlize est grande. La grande blonde lui plaît, wahou je savais pas qu’il pouvait trouver quelqu’un sexy ! Je me frotte les mains intérieurement : ça y est je tiens un petit point faible de mon boss !

- Docteur, est-ce que nous pouvons vous dédommager de quoi que ce soit ? Corso est un peu déboussolé ces temps-ci, il n’a jamais vraiment de pudeur mais s’introduire dans votre domicile de cette façon c’est…


- MAIS N’IMPORTE QUOI C’EST LUI QUI M’A INVITE !!!!!!!!

J’hallucine c’est quoi cette magouille de connerie ?! Il se paie ma tête ! Je couche les oreilles, ne comprenant pas bien où cette conversation va nous mener…Je reste en retrait, dans le giron de Niels.

- Officiellement il n’a pas de maître. Je m’arrange pour tenir en ordre son dossier et lui fournir des papiers le temps qu’il retrouve quelqu’un pour lui garantir un équilibre psychologique. Si je puis me permettre vous avez le profil parfait. C’est un tempérament fort et il semble déjà vous avoir adopté ! Jusqu’à présent il vit à l’œil chez moi mais vous pourriez aisément vous voir reverser tout le pourcentage de son salaire si…


- O QUE ?!! Tout le pourcentage ?!!!! Seu… [Espèce de …]

Je suis en train de me faire entuber, largement, tellement largement que j’en ai mal au cul. Je secoue la tête, recule, manque de m’affaler dans les escaliers et me fait saisir les épaules par l’armoire à classe que représente Leo. D’habitude j’aime bien ça, mais là…

- Je suis pas une marchandise, je vous emmerde tous ! Je fais encore ce que je veux de ma vie et je n’ai pas envie d’appartenir encore à un sale égoïste qui va me délaisser ! Je suis très bien dans ton lit avec tes peluches Charles !!! En plus il s'est tiré du lit en se réveillant sans me toucher une seule seconde, c'est bon signe ça ?!!!

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Sa Majesté Obéron
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Sa Majesté Obéron
MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Lun 10 Juil 2017 - 23:54



Les babillages de Corso me font sourire, malgré moi, par-dessus ma tasse de café et si je ne lève pas le nez de la tablette, je n'en perds pas une miette pour autant. Comme prévu, Gayle s’étouffe avec son breuvage lorsqu'il entend parler de ma nuit en compagnie de l'étalon et accuse même ce dernier de calomnie. Ces deux-là s'entendent comme larrons en foire, ma parole. Je soupçonne cependant mon jeune ami d'être complètement déboussolé face au charme solaire et sensuel de notre invité. Je ne l'en blâme pas, il est encore très jeune, très inexpérimenté et facilement impressionnable. Même s'il a une fierté à toute épreuve et qu'il cherche à donner le change, cela se voit comme le nez au milieu de la figure qu'il ne peut pas détacher ses yeux de l'hybride.

La sonnette retentit et interromps cet échange haut en couleur. Le temps que je lève le nez de mon paragraphe, le parfaitement bronzé Cristovão caracole déjà jusqu'à la porte, comme s'il s'agissait d'une habitude bien ancrée dans la vie de cette maison. Je ne suis pas très favorable à l'invasion de mon espace privé, ce qui comprend ma maison et mon quotidien personnel, cependant cet énergumène à une façon de le faire tout à fait singulière qui, au lieu de me hérisser le poil dans l'instant, me fait plutôt sourire. Des voix s'élèvent sur mon perron, Gayle me regarde en quêtant une instruction et si je ne comprends pas le portugais, je sais assez d'italien pour saisir ce que lui dit l'inconnu venu le récupérer. À moi de me présenter, je suppose.
Ma tablette prend ma place dans le fauteuil et après avoir fait signe à mon petit protégé de resté à sa place, je rejoins moi aussi l'entrée pour découvrir que se tiennent devant ma porte deux énormes molosses en costume ainsi qu'un homme brun, plutôt bien fait de sa personne mais visiblement très anxieux et en colère. Il se présente rapidement et commence alors toute une série d'excuses à propos de Corso, de son comportement et de dédommagements.

Silencieux, j'attends d'avoir le fin mot de l'histoire avant de hausser les sourcils avec un certain étonnement, mais sans me départir de mon sourire poli. Adopter la super star, rien que ça... Son ancien maître serait donc celui qui lui a brisé son petit cœur (ou plus probablement son ego) et se serait débarrassé de lui par la même occasion ? Quel imbécile, vraiment.
Mon regard passe de Charles à Corso, puis de Corso à Charles. Me voilà dans une bien bien étrange situation, ma foi. Les injures de l'étalon me font cependant pincer les lèvres et je décide que le perron n'est pas le meilleur endroit pour avoir cette discussion. Mon bras s'étend jusqu'à la tête de mon invité récalcitrant et je lui attrape une oreille pour la pincer et la tirer, comme le faisait ma mère avec moi lorsque je n'étais pas obéissant. Il proteste, puis serre les dents et penche la tête en bougeant le moins possible, réagissant comme le ferait toute personne normalement constituée.

— Corso, pour commencer vous allez surveiller ces gros mots qui sortent de votre bouche à mon encontre et à l'encontre de votre manager qui a eu l'extrême gentillesse de venir vous chercher. Ensuite, vous me ferez le plaisir de garder votre langue derrière vos dents lorsqu'il s'agit de parler des personnes avec qui vous avez partagé un lit, en particulier s'il s'agit de moi.

Je lui fais une leçon de morale mais jamais mon ton ne se hausse et je relâche son oreille immédiatement après, un vague sourire sur les lèvres. Il est grossier et n'a aucune pudeur, mais il m'attendrit. Contrairement à ce qu'il dit, il est effectivement une marchandise, cependant je peux comprendre que ce ne soit pas très délicat de parler de son sort devant lui sans l'impliquer ni lui demander son avis.
En hôte bien élevé, je m'efface de devant l'entrée et fait signe à mes invités de venir s'abriter. Il pleut à verse, ça ne serait pas confortable ni raisonnable de rester sous dehors plus longtemps.

— Je vous en prie, passez donc au salon. Il me semble préférable de parler de cela calmement et tous ensemble.

Corso entre après les trois compères, ce qui me permet de poser brièvement la main sur son épaule et lui dire à demi-mots :

— Ne soyez pas trop prompt à réitérer les abus de langage en ma présence, c'est un véritable gâchis de devoir vous pincer les oreilles, elles méritent un traitement plus doux. Et ne vous affolez pas pour votre situation, je compte vous faire participer à la conversation.

Nous retournons tous dans le salon, déserté par Gayle qui doit avoir honte de se montrer en pyjama, et je fais signe à tout ce petit monde de s'installer à la table rectangulaire en bois ancien qui permettra de tous nous accueillir. C'est ce moment que choisi mon protégé pour réapparaître, habillé très simplement mais très efficacement. Je lui demande de bien vouloir faire du café pour tout le monde avant de reporter mon attention sur le dénommé Charles.

— Votre demande est très inattendue, je ne vous le cache pas. Je vous mentirais si je disais que j'envisage de prendre une nouvelle personne à ma charge. Cependant, je ne suis pas fermé à l'option. Bien que nous n'ayons pas eu l'occasion de beaucoup parlé, je sens plus d'intelligence sous cette crinière blonde que ne veulent bien le dire les tabloïdes, un détail qui a toute son importance à mes yeux. De plus, il me semble que vous soyez un homme indépendant, ambitieux et plutôt assuré, Corso. Me trompe-je ? Ce sont des qualités, à mes yeux.

Gayle revient avec un plateau et une tasse de café pour chacun. Je sais qu'il a tout entendu et il n'est pas difficile de deviner, à ses lèvres pincées, qu'il n'est pas ravi d'envisager avoir un colocataire. Il se targue d'être le seul et l'unique capable de satisfaire mes exigences, alors devoir partager la vedette avec une véritable icône au caractère de cochon ébranle quelque peu ses certitudes. Face aux invités en présence, je préfère ne pas l'inclure dans la conversation, cependant je n'hésiterai pas à lui en toucher un mot en privé lorsque nous le pourrons. Je ne tiens pas à alimenter de sentiment d'insécurité.
Mon attention revient sur Charles et l'hybride concerné.

—Tout d'abord, j'ai besoin d'en savoir plus si la situation de votre pouliche de compétition, les raisons de son abandon aussi soudain qu'incompréhensible pour moi, ainsi que sur les activités qu'il mène sous votre férule. Ensuite, j'aimerais connaître votre opinion sur la question, Cristovão. À chaud, elle a semblé plutôt négative, mais je vous demanderais d'y réfléchir tout à fait. Dites-moi également quelles sont vos attentes. Je ne prendrais pas la décision de vous accueillir chez moi si vous êtes absolument certain de ne pas souhaiter vous trouver sous ma responsabilité, ni en ma compagnie.

Ma tasse quitte sa coupelle tandis que j'y trempe mes lèvres, laissant à l'assistance juste assez de temps pour assimiler les paroles et réfléchir promptement avant de reprendre la parole. Je demande beaucoup en peu de temps, aussi dois-je être prêt à donner tout autant, aussi rapidement et aussi précisément que possible.

— Afin de vous aider dans votre opinion, permettez-moi de vous donner quelques informations à propos de moi ainsi que de la vie dans cette maison. Mon patronyme complet est Niels James Oberyn, je suis médecin, botaniste et également président directeur général de Night Genetics. Il est très probable qu'au cours de votre vie à Dornia vous ayez utilisé un de nos produits, qu'il s'agisse d'une aspirine, d'un autobronzant ou de stéroïdes. Nous versons dans de très nombreux domaines pharmaceutiques et médicaux. Je suis assez occupé, malheureusement, cependant je rentre chaque matin ici et m'octroie au moins une journée de repos dans la semaine. Vous risquez donc de me trouver plus souvent que vous ne le croyez chez moi car il m'arrive aussi de travailler depuis mon bureau. Concernant mes revenus, ils peuvent sans problèmes vous assurer un niveau de vie très au-dessus de la moyenne, bien que je veille à ne pas être outrancièrement dépensier. En échange, ces économies servent à partir en vacances tous ensemble, soit moi et Gayle pour le moment. Je n'exigerais jamais la totalité de ce que vous touchez, quinze pour-cent seront bien assez pour couvrir vos frais alimentaires, le reste sera entièrement à votre disposition, mais également de votre responsabilité. Je ne donne pas d'argent de poche supplémentaire. Pour terminer, bien que j’aie noté votre nature expansive et débridée, je vous demanderais de prendre en considération que je suis aujourd'hui âgé de 456 ans et que mon éducation a été celle d'un noble au début du vingtième siècle en Angleterre. De plus, cela ne fait que trois ans que je partage ma vie avec un être vivant. De cela il résulte que je ne tolère pas l'intrusion et plus encore le désordre dans certaines pièces très particulières de cette maison, à savoir ma propre chambre, la petite bibliothèque à l'étage qui se trouve être mon bureau personnel, ainsi que la dépendance qui me sert d'atelier. Ah, et il y a certaines plantes extrêmement toxiques pour les chevaux dans mon jardin, alors abstenez-vous de les brouter comme un sauvage. Si vous pensez pouvoir respecter ces espaces privés, je saurais être plus... souple et permissif quand à vos lubies dans le reste du manoir. Toutes proportions gardées, bien entendu.

Voilà qui met fin à mon long monologue. Je suis un conférencier, habitué à exposer à un parterre de spectateurs parfois novices des sujets complexes et soporifiques. Cette élocution n'était pas préparée, mais malgré cela il me semble avoir été à la fois complet, précis sur les points essentiels et aussi concis que possible.
Je reprends donc ma tasse de café à la main pour en boire une gorgée.


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MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Mar 11 Juil 2017 - 10:09

- Ma langue est bien plus douée ailleurs que derrière mes dents, Votre Majesté …et arrêtez de me tirer les oreilles comme ça me donne la trique…

Je pourrais feuler si j’avais 15% de greffier en moi, mais le cheval a plutôt tendance à ruer. Enfin, je ne vais pas lever la patte et latter Raspunzel comme un vulgaire baudet. Surveiller mes gros mots ?! Mais ils font partie intégrante de mon vocabulaire, c’est vraiment injuste ! Pour le moment je fais profil bas et le laisse me faire une leçon de morale comme si j’étais un gosse. C’est pas désagréable d’avoir toute l’attention comme ça, même dans ce sens-là. Charlize me balance un de ces regards quand Niels nous invite à entrer et je reste à proximité de Tom pour lui ordonner de l’assommer s’il dit encore des trucs débilement insensés. A ce moment je suis loin, trèèèès loin de me figurer que se faire chuchoter à l’oreille par Niels Oberyn peut être aussi bandant…
« C’est un véritable gâchis de devoir vous pincer les oreilles, elles méritent un traitement plus doux… »
Plus doux ? Ah oui tu penses à quoi chéri ? Ma queue se tend en un magnifique panache et je le regarde prendre la tête du cortège en m’entendant dire que je vais pouvoir la ramener. Chouette ! Les vampires sont si prompts à rétablir les droits des esclaves…

Mon cul trouve une place confortable contre le mur près de la cheminée, histoire d’avoir une vision d’ensemble de cette conspiration, et quand je vois Charlize sortir mon dossier je manque de hurler en portugais mais un regard avec Niels me rappelle notre « deal » et je fulmine en ruminant, les oreilles abattues comme si elles allaient me rentrer dans le crâne.
Je – suis – en train – de – me – faire – BAISER !!!!
De l’intelligence sous cette crinière blonde ? Non mais tu m’as pris pour un kinder ou quoi ?! J’ai la plastique ET la cervelle. Sinon comment je serais arrivé jusque-là hm ? Mais je ne me manifeste pas, pas encore. Charles acquiesce, visiblement flatté et tout à fait professionnel. Ce qu’il m’agace celui-là… Je croise les bras avec une insatisfaction outrée, et puis c’est à moi.

- Pouliche ? Je suis pas une pouliche putain… J’ai pas d’attentes, j’en ai plein le cul des vampires qui pensent qu’à leur gueule, et ça n’a rien de personnel Niels. Je suis un coureur mais j’aspire à un peu de stabilité dans mon quotidien, rentrer quelque part où je suis attendu, ce serait déjà pas mal.


Charles me regarde mais je lui en veux trop pour tourner la tête. Niels semble écouter ce que j’ai dit avant de s’engager dans un monologue hallucinant qui nous décroche presque à tous la mâchoire. Ce type a une telle classe quand il cause… Et il est loin d’être le dernier paysan du coin. Son palmarès a le mérite de me tirer de ma grognerie et mes oreilles pivotent dans la direction de sa voix – putain j’aime trop cette voix qui me colle des frissons – tandis qu’il explique son emploi du temps et ses propres attentes. Il me laisserait la quasi-totalité de mes gains…alors que Charlize empochait quasiment tout jusqu’à présent, ce qui me donnerait une vraie liberté à ce niveau…Je fronce les sourcils. C’est carrément trop généreux…méfiance. Je tique de la langue. Le voilà qui me jette des préjugés de merde à la figure et j’ai envie de lui vomir sur les pieds quand il parle de « brouter des herbes dans le jardin », mais mon estomac va nettement mieux.

- J’ai passé l’âge de faire caca sur les tapis vous savez…

Je dis sur ce ton ironique qui me va si bien en restant dans la même veine de blagues pourries que lui.

- Corso est invasif mais si vous savez vous imposer à lui, il respectera tous vos commandements. La preuve, il se retient de nous insulter depuis tout à l’heure.


KSSsssssss !! Je souffle par le nez et zieute Gayle qui a l’air de vouloir lui aussi vomir mais pour de vrai. Pauvre petit bout, la pilule est pas facile à avaler.

- Toute façon c’est déjà décidé c’est ça ? Donc pas touche la chambre du boss, pas touche la biblio, le bureau, l’atelier, pas manger les plantes, je peux au moins draguer le frac ou ça aussi c’est défendu ?

Sorti de mon refuge près de la cheminée, je m’approche du fauteuil dans lequel Niels est installé et me penche sur lui, parlant tout bas. Nous avons presque les mêmes cheveux, c’est assez étonnant. Quoi que les siens soient plus clairs.

- Toutes proportions gardées, bien entendu…

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Sa Majesté Obéron
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MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Mar 11 Juil 2017 - 15:49



Je ne m'attendais pas à des remerciements, c'est certain, en revanche j’espérais un peu plus de bonne volonté de la part de cette tête de mule. Visiblement très contrarié de sortir de l'illégalité de se balader sans avoir de maître, il semble estimer que mes quelques revendications sont encore trop de carcans pour lui. Malheureusement, il faudra faire avec car je ne compte pas lui céder plus de terrain. Il faudra également qu'il prenne l'habitude de s'entendre dire "non", ce qui risque d'être aussi agaçant qu'intéressant à observer.
Lorsque l'égérie se penche sur moi, je ne recule pas dans mon siège ni ne tourne la tête pour lui échapper. À mon âge, on est assez alerte et rapide pour ne pas se faire voler de baiser ou se prendre de coup de boule à cette distance. Mon crâne est de toute façon bien plus solide que le sien.

— Arrangez-vous avec l'intéressé. Tant que je ne vous retrouve pas en train de forniquer bruyamment sur la table de la cuisine, d'étaler vos fluides dans toute ma maison ou en train de brailler pour une dispute ridicule juste devant mon bureau, je me fiche complètement de ce que vous entreprendrez ensemble. Je ne suis pas ici pour régler chaque détail de votre vie et comme vous l'avez souligné, vous avez passé l'âge d'être chaperonné.

Je sens un sourire à la fois amusé et taquin étirer les commissures de ma lèvre. Ma réponse à au moins pour effet de faire se redresser l'hybride, me permettant ainsi de revenir à son manager.

— Bien, puisque l'idée de vivre désormais ici semble convenir à toutes les parties en présence, même dans une moindre mesure, je pense qu'un acte de vente peut être rédigé. Charles, j'imagine qu'à l'avenir nous seront régulièrement en contact ? Bien sûr, je ne compte pas priver Corso de son activité, s'il souhaite toujours l'exercer, et puisque vous le connaissez si bien, il me parait évident que vous resterez son agent. Je souhaiterais tout de même avoir une copie de tous les contrats de travail en cours, ainsi que ceux à venir.

Peut-être que ce détail a échappé à mon sémillant ami équidé, mais je m'y connais moi-même en termes de contrats et arrangements. Bien qu'il soit libre de mener sa vie, je ne conçois pas de ne pas avoir de regard sur les closes qui le lient à toutes ces marques. Peut-être son ancien maître n'en avait-il cure, cependant je ne suis pas cet ancien maître, qui qu'il puisse être.

— J'imagine que vous avez aussi beaucoup d'affaires à déménager, Corso ? Gayle va vous montrer les chambres disponibles à l'étage, choisissez celle qui est le plus à votre goût et nous verrons ensemble comment l'aménager pour que vous puissiez vous sentir à votre aise ici.

__________________________________________________________


••• GAYLE •••

Le jeune homme, jusqu'à présent en retrait par rapport à la table où se tenait la discussion, pinça les lèvres et s'avança vers l'hybride d'un pas en lui faisant signe de le suivre. L'idée de devoir partager la maison et son maître avec cet énergumène le révoltait et l'inquiétait beaucoup. Niels se montrait surpenamment tolérant malgré la grossièreté évident du personnage, lui passait ses caprices de diva et venait même d'accepter de l'acheter sur un coup de tête ! C'était à n'y rien comprendre.
Mais en tant qu'esclave, il n'avait rien à dire et se cantonnerait à son rôle, en le tenant parfaitement comme toujours et en mettant si bien en évidence la différence entre lui et le canasson que Niels serait bien forcé de le renvoyer d'où il venait.

— C'est par ici, maugréa-t-il en faisant signe de le suivre.

Sans savoir si l'étalon était d'accord ou non, il sortit du salon et prit le grand escalier en bois qui menait à l'étage. Il y avait en tout trois chambres libres. Deux se trouvaient dans le tronçon de couloir où Gayle avait ses propres appartements, l'autre était dans le petit corridor perpendiculaire, à côté de la grande chambre de Niels et de sa bibliothèque. Parmi ces trois pièces, il y avait bien évidemment celle qui avait accueilli Corso quelques heures plus tôt.

Si les trois chambres étaient relativement de la même taille, elles avaient cependant chacune leur particularité, que le jeune homme exposa d'un ton parfaitement neutre, peut-être même un peu froid, à son désormais nouveau colocataire.

— La chambre beige est, comme vous l'avez remarqué lorsqu'on vous y a installé, orientée vers l'avant du manoir, dispose d'une douche et de deux fenêtres hautes. Elle n'est pas très meublée, ce qui vous permettra de l'arranger à votre goût. La chambre bleue, juste à côté de la mienne, n'a qu'une fenêtre mais un dressing intégré au mur va du sol au plafond, ce qui permet de stocker beaucoup de vêtements. La chambre rouge est juste à côté de celle de Niels. Elle donne sur le jardin, possède un minuscule balconnet ainsi qu'une porte-fenêtre et comme la beige, a sa propre petite salle d'eau. Pour les baignoires, il faut aller dans la grande salle de bain commune au rez-de-chaussée.

Il fronça le nez et croisa les bras en imaginant les boules de cheveux et de crin qui devaient se former dans les évacuations d'eau. Répugnant. Et quelque chose lui disait que ce serait à lui de nettoyer la saleté derrière Corso.

— Je vous déconseille la chambre rouge. Niels a parfois des insomnies et se met alors à jouer de la flûte. Et il lui arrive d'avoir des crises de cauchemar très violentes qui pourraient vous réveiller dans la nuit. Mais surtout, votre présence bruyante et ennuyeuse risque de le déranger au quotidien, alors si vous avez un peu de respect, vous irez ailleurs.

L'animosité dans son ton était si flagrante qu'il s'en voulu un peu de sembler impoli, mais c'était plus fort que lui : il trouvait la situation injuste et révoltante. Pourquoi ce type ? Il était arrivé en vomissant ses tripes et en sentant mauvais, il ne respectait rien, ne se montrait même pas poli et abusait de la patience de tout le monde. Il devait penser être le roi du monde, que tout lui était dut et qu'on s'agenouillerait devant lui en lui offrant ce qu'il réclamait ! C'était injuste.
Gayle, pour plaire à son maître, avait travaillé dur. Il s'était rendu indispensable, avait un bon pedigree, ne l'encombrait jamais, suivait ses directives et ne rechignait pas. Pourquoi est-ce qu'un arriviste qui ne voulait même pas vivre dans ce manoir, pourtant superbe, devait se voir offrir les mêmes privilèges que lui ?


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MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Mar 11 Juil 2017 - 18:25

Tout sourire je remue du popotin en l’imaginant imaginer que je puisse malmener les jolies fesses de son larbin. Cette pensée me met de bonne – meilleure du moins – humeur, jusqu’à ce que l’on passe à l’acte de vente. Ces termes me dérangent, comme tout esclave je présume, mais ayant été habitué à driver un peu les gens autour de moi, vampires compris, je n’aime pas qu’on me rappelle que je ne suis qu’une marchandise. Une marchandise chère, avec beaucoup de chance et de libertés, mais une marchandise. Le système toque à ma porte et je lui fais un fuck. Niels est vraiment pro’ et soucieux, il va jusqu’à demander à Charlize mes actuels et futurs contrats, et je me dis que je suis peut-être tombé sur un type pas trop idiot qui saura prendre soin de moi…Je les laisse signer les papiers et discutailler de mon sort, mensurations, obligations patati patata, jusqu’à ce que…
« J’imagine que vous avez aussi beaucoup d’affaires à déménager, Corso ? »
Sur le point d’ouvrir la bouche je me fais devancer par Charles qui fait un signe de tête à Tom et Leo. Quoi…Quoi encore ? …

- Justement, à ce propos, ne le prenez pas mal Monsieur Oberyn, et toi grand dadais ne la ramène pas ! Mais j’avais bon espoir que vous acceptiez cette offre. En prévision, j’ai fait charger toutes les affaires de Corso. Il y a une dizaine de valises dans la voiture, de quoi vous désespérer mais il est ordonné une fois qu’il a fait sa place.


Je tombe des nues. Sur le cul. Bouche ouverte, les oreilles en équerres. PU-TAIN ! Nous échangeons un regard. Il fronce les sourcils avec l’air de dire « Mais quoi ? C’est pas ce que tu voulais ?! Regarde je te mets aux petits oignons chez un type génial hyper friqué tu vas pas encore te plaindre ! » Bien sûr que si ! Rien que pour le principe d’être la dernière roue du carrosse et de m’être fait coiffé au poteau de la sorte ! Charlize, O Charlize, tu ne perds tellement rien pour attendre… Tom m’adresse un de ces sourires sexy qui d’habitude me font craquer et je lui grogne au nez en battant l’air de ma queue. C’est bon ils m’ont tous soulé ces enfoirés… Je hausse les épaules et suis le petit Gayle jusqu’à l’étage, le poil hérissé et une envie de meurtre flottant comme une auréole au-dessus de ma tête.

Bon, me voilà avec le Petit Chaperon Noir qui me tire la gueule parce que je lui ai volé son petit confort, mais qu’il s’en fasse pas je ne compte pas lui piquer la vedette, à vrai dire je m’en fous tant que Niels m’accorde un peu beaucoup de considération la semaine et des papouilles le week-end…ouais ok, ça va faire trop c’est ça ? Je lui coupe la parole, je m’en tape de tout son descriptif d’agent immobilier, je veux pas acheter les locaux bon sang ! Il siffle le serpent, quand je passe un bras à côté de son visage et l’accule au mur du couloir. C’est le moment de mettre les choses au clair.

- Arrête de bouder t’es vraiment pas à croquer quand tu fais la gueule. Je vais pas te le voler ton maître chéri, j’ai d’autres chats à fouetter. Mais j’ai pas envie d’avoir un ennemi quand je vais rentrer tous les jours, alors ce serait pas mal qu’on s’entende toi et moi. J’ai pas l’habitude de partager, mais les conditions sont un peu différentes actuellement. J’ai pas le choix, je dois rentrer dans le moule sinon ça pourrait mal finir pour mes fesses. Alors sois gentil, et je te ferai la vie fastoche, promis.


La bise claque contre sa joue et sans prendre le temps d’apprécier l’effet produit, bon ou mauvais, j’ai déjà filé mains dans les poches pour regagner le bas.

- Oh et je prendrai la chambre beige ! Ce sera mieux, parfois je rentre tard !

-----------------

Vous êtes en droit de vous demander pourquoi je porte des bracelets aussi lourds et aussi énormes aux poignets et aux chevilles. Vraiment, judicieuse question. Parce que cela donne plus d’impact à mes coups, et qu’ainsi je ne suis pas confronté à mon code barre toutes les cinq minutes. Je suis passé du bronze à l’or, je compte bien garder ma place chèrement acquise. Je sais que Gayle regarde ces parures avec une certaine incompréhension, Niels lui a juste eu à lire le dossier pour comprendre d’où je venais, qui j’étais vraiment. D’ailleurs tous les papiers sont en ordre, le courrier est arrivé hier : ça y est, je suis l’étalon municipal. C’est bizarre, ça me réjouit pas tant que ça. Après Sisco, après Owen, j’ai gravité pas mal et ma confiance est ébréchée alors qu’elle était si facile. Je suis méfiant, moins assuré, mais ça ne va pas m’empêcher de vivre bon sang de vache !

Cela fait une semaine et demie. Toutes mes fringues sont rangées dans un dressing que Niels m’a laissé acheter et installer – je suis pas encore un assisté -  et qui trône dans le fond de ma chambre. J’aime bien l’odeur de la lessive, j’arrive à dormir seul, pour le moment…mais j’ai souvent envie de me lever et de rejoindre Niels dans sa chambre, sauf que le deal c’est que j’ai pas le droit d’y aller. Alors la plupart du temps je finis dans le plumard de Gayle, qui va s’échouer par terre roulé dans la couette quand il a assez de force pour me fuir.

Je vais bosser, les affaires tournent bien, et je dois même bientôt partir pour un court-métrage érotique en France ; un truc bien cliché mais qui nécessite un peu de sang exotique. Niels est prévenu, je serai accompagné de Charles et des jumeaux, comme toujours. Ça va me faire drôle de pas rentrer au manoir pendant une semaine…Mine de rien j’ai pris mes marques, j’adore le jardin, j’y passe des heures à courir, m’entraîner, en évitant ÉVIDEMMENT de piétiner les bordures ou de massacrer les fleurs. J’aime aussi la cuisine où Gayle nous prépare – oui j’ai dit nous ! Eh je fais partie du délire maintenant ! – de bons petits plats, et je m’improvise goûteur même si ça le fait enrager de me voir plonger les doigts dans la sauce, le chocolat fondu ou la pâte à pain. Ahhh mon petit larbin comme tu cuisines bien et comme tu portes bien le tablier de cuisine…

Ce soir-là, je suis rentré assez tôt, j’avais juste une manucure et des essayages à faire pour la rencontre de demain avec mes fans, autographes, conférence et tout le toutim. Ah oui, j’ai oublié de vous parler de ce problème MAJEUR qui me ronge depuis une semaine…le sexe ! C’est la première fois de ma vie que je ne couche pas PENDANT UNE SEMAINE, presque plus maintenant ! Et si l’adaptation a ralenti le processus, je commence sérieusement à être à cran, surtout quand le buffet est si savoureux, tant par l’odeur sucrée et le regard du maître de maison que la farouche attitude du brun de service. Alors j’exulte, je me bourre la gueule à fond dans le sport.

Il pleut des cordes ce soir et je fais un footing sévère dans le domaine, cheveux nattés, débardeur et bas de course moulants. Je pète la condition physique, c’est un moindre mal quand on ne peut mettre personne dans son lit…

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MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Mer 12 Juil 2017 - 3:10



L'installation de Corso fut aussi rapide qu'efficace. Je dois admettre qu'au petit matin, une fois que tout le manoir fut redevenu calme et que chacun était installé dans son propre lit, je pris un long, très long moment pour réfléchir à cet achat complètement insensé que j'avais fait. Rien ne me prédestinait à prendre un nouvel esclave, encore moins une diva bravache et irrévérencieuse comme Cristovão. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il savait mettre de l'énergie et de la vie où qu'il passe...
Malgré le prix outrageusement élevé que m'avait présenté son manager en début de négociation, je suis parvenu à le faire descendre de façon conséquente en lui rappelant que c'était lui l'instigateur de cette démarche, que cet vente allait le débarrasser d'une situation gênante et qu'il ne trouverait pas beaucoup d'autres acquéreurs. Bien sûr, il n'avait pas sauté de joie, mais mes arguments avaient été assez percutants pour que cette dépense surprise ne soit pas aussi faramineuse qu'elle aurait dut l'être. En échange de quoi, j'achetais à mon nouveau poulain de quoi meubler et un peu décorer sa propre chambre. Qu'il refasse les peintures s'il le souhaitait, tant qu'il conservait en l'état le plancher qui était d'époque ainsi que les poutres apparentes au plafond. La suite de la semaine s'était déroulée plutôt normalement, chacun s’acclimatant doucement au nouvel écosystème qu'était devenu ma maison.

Gayle m'avait longuement parlé de ses inquiétudes, il avait fallu le rassurer et lui accorder à plusieurs reprises des moments rien qu'à lui, dans mes bras en fin de nuit ou pendant que je lisais, l'accompagner au moment de se coucher pour échanger quelques mots, lui adresser parfois un geste de plus en guise de reconnaissance. Ce n'était pas foncièrement désagréable, mais je n'aime pas cette petite guerre qu'il semble vouloir livrer à Corso, ni les regards qu'il lui lance parfois, comme pour le narguer en profitant de ce petit traitement de faveur. Les choses sont donc revenues à la normale il y a un jour ou deux à peine.
J'ai hésité à appeler Sigvald pour lui demander ce qu'il pensait des gestes tendres et des attentions quotidiennes envers les vivants, puis je me suis souvenu qu'il avait demandé à son esclave de l'épouser, ce qui me suffit comme réponse. Que l'on s'entende bien, j'ai beaucoup d'affection pour Gayle et contrairement aux apparences, je n'ai pas un cœur de pierre. Cependant il n'y a jamais rien eut entre nous qu'une sorte de relation père-fils entachée par le travail que je lui demande de faire en temps qu'esclave domestique. Je ne souhaite pas qu'il se méprenne sur mes intentions à son égard et je crains que cela ne soit le cas si je multiplie les démonstrations. Sans compter que ce serait terriblement injuste pour notre nouveau compagnon de vie qui réclame, à sa façon énormément de mon énergie et de mon attention.

Lorsque Corso est dans la même pièce que vous, impossible de passer à côté. Il irradie littéralement de sa propre lumière, parle d'une voix forte, s'installe là où il pourra prendre le plus de place et attire forcément le regard. Je sens toujours une sorte de réticence à s'ouvrir, peut-être un mécontentement d'être chez moi, mais j'ai bon espoir que cela se dissipe avec le temps. Comme l'avait prédit Charles, il se montre très raisonnable sur les limites que je lui aie imposés puisqu'en échange, je lui laisse beaucoup de libertés. Cet arrangement nous convient à tous les deux. Et lorsqu'il revient de ses journées de travail, nous prenons toujours quelques instants pour converser et apprendre pas à pas à nous connaître, même si ce n'est que de loin pour le moment.
Le voyage en Europe ne m'enchante pas beaucoup, en particulier parce qu'il s'agit d'un voyage pour tourner dans une production érotique, mais ayant promis de ne pas m'opposer à sa carrière, je lui ai donné mon accord sans rechigner. Cette semaine de répit permettra à tout le monde de prendre la température et me laissera le temps de me pencher sur son palmarès. J'entends bien mettre mon nez dans cette histoire et porter l'hybride plus haut qu'il n'a jamais été afin de lui assurer un avenir à long terme dans ce milieu où le feu des projecteurs, plutôt que de le brûler, le fait briller comme un galion d'or. Quelques idées me sont déjà venues, mais rien de véritablement défini pour le moment.

¤¤¤

Aujourd'hui le temps est affreux. Il fait presque froid, il pleut fort et de gros nuages cachent le ciel, obligeant tout Dornia à ne compter que sur l'éclairage électrique. Pour moi qui suis en journée de congé, cela ne change pas grand-chose étant donné que mon programme ne me conduira pas dehors. En revanche, je vois que mon étalon préféré dépense une énergie folle dans mon jardin malgré le déluge ! Inquiet, je le regarde à travers la baie vitrée près de la piscine avant de décider, en tant que médecin, que ce n'est pas une conduite très saine.
Un immense parapluie rouge à la main, une longue sur le bras, je sors malgré le temps de chien et détrempe le bas de mon pantalon pour le placer sur le parcours du mannequin. Malgré ma volonté de resté stoïque, quelque chose comme de l'inquiétude doit se lire dans mon regard. Lorsque Corso arrive à ma hauteur, je l'interpelle et lui fait signe d'approcher.

— Ce n'est pas raisonnable ce que tu fais là. Tu t'es déjà beaucoup entraîné ces derniers jours, ce n'est pas la peine de t'épuiser de la sorte sous la pluie. Tout ce que tu vas récolter, c'est de la fièvre et une bronchite.

La serviette s'enroule autour de ses épaules et je le frictionne de force en l'abritant sous le parapluie. De petits nuages de vapeur se forment devant sa bouche à chaque expiration.

— S'il te plaît, j'aimerais que tu rentres. Que tu prennes une douche chaude et que tu cesses de courir sous la pluie. Il faudrait également que nous ayons quelques mots à propos de Gayle et des nuits qu'il a passé sur le plancher de sa chambre.

Je ne souhaite pas gronder ma pouliche, après tout j'étais parfaitement prévenu. Mais je ne veux pas que ce soit mon jeune protégé qui fasse les frais de ma décision de faire vivre l'étalon avec nous.
Forçant un peu la main à mon hybride, je passe mon bras autour de ses épaules et le pousse quelque peu vers le manoir, en l'accompagnant avec mon parapluie toujours bien en main. Je ne m'y connais pas assez en chevaux, il faudra que j'aille voir Sigvald pour qu'il m'aide à avoir une idée bien précise de la nature de Corso ainsi que des particularités médicales qui vont avec son hybridation. Car il semble que je me fasse facilement du souci pour le bien-être des habitants de cette maison, même lorsqu'ils sont tout récemment arrivés et qu'ils ne dorment presque jamais dans leur propre lit.

— Je voudrais que tu n'ailles plus le déranger dans sa chambre si tu n'as pas son accord au préalable. Mais j'entends bien que tu n'arrives décidément pas à dormir seul, aussi je suis prêt à passer un marché avec toi.

Nous arrivons sur la terrasse.


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MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Mer 12 Juil 2017 - 11:28

Ma vue est assez mauvaise, surtout par un temps pareil alors je mets un peu de temps à capter que quelqu’un se tient tout près avec un énorme parapluie rouge – je remercie la génétique de me faire voir les couleurs correctement – et ce quelqu’un n’est autre que Niels. Ayant du mal à cacher mon enthousiasme je le rejoins au pas de course avec un large sourire mais c’est pour m’entendre dire que je ne suis pas « raisonnable ». Je piaffe un peu et me secoue.

- Y en faut quand même plus que ça pour que je chope une douille, tu sais.

Ah oui, je ne vous ai pas dit : je le tutoie maintenant. Oh bien sûr « toutes proportions gardées » - j’adore répéter cette expression ! La première fois il a fait une drôle de tête et j’ai savouré ce moment, mais il s’est habitué je crois, et ça nous a rapprochés. Il me frictionne avec une serviette que je finis par attraper pour me sécher la tête et les cheveux, les essorant avant de rentrer dans le manoir ; pas envie de me faire engueuler par la midinette en frac.

- Gayle ? Qu’est-ce que j’ai fait encore ?

Je sens que je vais encore me prendre des reproches…Il est allé balancer quoi cette fois ? J’ai beau faire profil bas avec lui je me fais toujours pincer pour un rien : il ne me supporte pas. Je hausse les épaules quand Niels m’explique qu’il s’agit de l’affaire « plancher de chambre ». Je suis trempé alors j’évite de m’asseoir dans le salon mais je vais me dorer le cul près de la cheminée, un truc que j’aime vraiment dans cette baraque.

- Il te voue un culte c’est vraiment flippant. Il a toujours pas saisi que j’en avais rien à cirer de lui « piquer » sa place, et il me fout la vie chiante parce que j’existe. Il devrait se trouver un mec ça le détendrait. Quant à moi l’abstinence ça me rend un peu dingue, alors j’imagine que j’ai mes torts aussi. Fait chier…

Je croise les bras et fixe le grand manitou sous mes immenses cils foncés. « …passer un marché avec toi. » Hein ?!

- Un deal ? Avec toi ? T’es sérieux ? Tout ça pour que je laisse Blanche-Neige dormir tranquille ?

Le mystère Gayle reste entier : comment est-ce que ce type peut autant me détester et rougir dès que je le surprends à me mater en sortant de la salle de bain commune ou descendre en caleçon dans la cuisine le matin – quand Niels n’est pas là – pour prendre un encas ? Il me kiffe et il accepte pas que son attention se porte sur quelqu’un d’autre que son cher maître ? Ou alors il veut juste ma mort. Je soupire. Le mystère Niels est lui aussi intéressant, quoique beaucoup plus épineux et dangereux. Je ne connais rien de lui au final, juste son rôle de PDG, ses manières de noble, sa voix douce et sa bonne odeur qui flotte toujours sur son passage. C’est tout.

- Vas-y je suis prêt à tout entendre de toute façon, et j’ai pas vraiment le choix…

Mes oreilles se font dos, signe de mon attention et des prémices de mon agacement à l’idée que son marché ne me plaise pas du tout.

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MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Jeu 13 Juil 2017 - 11:50



Je ne saurais dire si Corso est à ce point mauvais pour interpréter le comportement des gens ou s'il feint de ne rien voir, mais je le trouve bien dur avec Gayle. Il reconnaît tout de même avoir une petite part de responsabilité dans cette affaire, ce qui me rassure. Le parapluie rouge replis ses ailes et va déverser son humidité dans le portant prévu à cet effet. Moi voilà bon pour changer de pantalon et de chaussures.

— Il ne me voue aucun culte. Mais comme la grande majorité des vivants nés dans des centres, il n'a pas connu son père et cette absence lui a beaucoup pesé durant toute sa vie. Je ne suis pas son géniteur, mais je veille sur lui et lui apporte la protection et la discipline qu'un parent doit enseigner à ses enfants. C'est suffisant, à ses yeux, pour faire de moi un substitut. Ton arrivée signe la fin de notre tête-à-tête, l'on peut comprendre que cela le rende un peu inquiet. Il s'y fera.

Je poserais bien mon séant sur le canapé, mais il faut encore que je me change. Je ne m'assois donc que pour retirer mes chaussures ainsi que mes chaussettes.

— J'ai bien compris que dormir seul est une véritable épreuve pour toi. Je ne sais pas pourquoi et cela n'a pas vraiment l'importance, à ton âge il est déjà difficile de se défaire de ses habitudes. Mais étant donné que c'est à moi de veiller sur la santé ainsi que le bien-être de toutes les personnes vivant sous ce toit, je ne peux pas te laisser ruiner les nuits de Gayle.

Mes chaussures détrempées restent au sol tandis que je me redresse et avance vers Corso pour poser une main sur son épaule. Il n'aime pas qu'on lui mette des barrières sur son chemin, mais à caracoler dans cette direction risque de causer beaucoup de mal à long terme. Je ne pensais pas que gérer deux esclaves pourrait être si compliqué.

— Il est jeune, Corso. Tout juste vingt ans et il n'est d'aussi bonne constitution que toi. Si je me passe de lui en matinée c'est parce qu'il se couche très tôt. Il a besoin de dormir pour rester concentré et en bonne santé. Hier encore il a lâché une assiette alors qu'il rangeait la vaisselle, a trébuché dans le couloir et s'est presque cogné dans le coin d'une porte. Sans parler de son humeur qui ne s'améliore pas à ton égard. Aussi, à partir de maintenant j'aimerais que tu évites d'aller le déranger et que tu choisisses plutôt de venir vers moi. J'accepte de te laisser entrer dans ma chambre, à la seule et unique condition que tu ne le fasse que lorsque j'y suis. Puisque tu ne ronfles pas, ta compagnie ne me dérange pas.

Ma main glisse de son épaule et je vais ramasser mes chaussures pour les mettre à sécher ailleurs avant de m'engager dans l'escalier, prêt à monter me changer. Je lance tout de même par-dessus mon épaule :

— Ne te sens pas obligé de faire voeux d'abstinence parce que tu as changé de maître. Si tu as des fréquentations en ville ou que tu souhaites sortir et découcher après avoir rencontré, je n'y vois pas d'inconvénients. Penses simplement à m'envoyer un sms pour que je ne m'inquiète pas pour toi.

Je ne suis pas un tyran tout de même et je comprend bien qu'on puisse avoir besoin de se défouler de façon plus ou moins régulière. Personnellement je n'ai pas beaucoup d'attentes dans ce domaine depuis que je me suis séparé de Sigvald, et s'il m'est arrivé de partager mon lit et mes journées avec d'autres vampires de temps à autre, cela ne représente pas une urgence pour moi comme elle a l'air de l'être chez ma pouliche de concours. Je préfère ne pas m'interroger sur la raison d'un besoin si pressant : génétique ou habitude ?
Une fois à l'étage, je prends la direction de ma chambre. C'est une grande pièce, décorée avec de nombreux objets anciens et venus de pays lointain. Un masque africain, quelques papillons aux ailes irisées sous verre, plusieurs flûtes, des livres aussi anciens que moi, un service à thé japonais, une mappemonde du 18ème siècle, un petit bureau avec des carnets de voyages, des croquis, de l'encre et une plume ainsi que des aquarelles, quelques cadres photo, dont une où Sigvald et moi sommes enlacés et souriant avec en fond la tour Eiffel ainsi qu'une autre où Owen et moi sommes à cheval dans la campagne anglaise, une corne de narval posée sur un support au mur, deux fleurets, une bombe et une cravache... Tout ce joyeux bazar ancien est parfaitement ordonné et donne un aperçu de ce qu'a pu être ma vie : des voyages, de nombreuses occupations, de beaux souvenirs qui commencent doucement à prendre une teinte sépia. J'aime cette pièce et j'aime mes souvenirs, mais il est temps de m'en faire des nouveaux. Du moins, c'est l'envie qui me taraude depuis que j'ai tourné la page sur la période la plus triste et morne de ma vie.

J'abandonne mon pantalon ainsi que mes chaussettes sur le radiateur et, prit d'un frisson, décide de quitter la chemise pour enfiler un pull. Mon dernier repas commence à dater... J'espère qu'il reste du sang au frigo, je ne veux pas mordre Gayle alors qu'il manque déjà de sommeil. Peut-être Corso accepterait-il de se laisser faire ? Bien sûr, je ne laisserais aucune marque sur sa peau, cela nuirait à son image. Je vais l’attendre dans le salon et le lui demander lorsqu’il reviendra de sa douche.


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MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Jeu 13 Juil 2017 - 13:45

L’histoire de Gayle est assez commune, elle pourrait même servir de prétexte à la mienne pour expliquer pourquoi je ne peux pas dormir tout seul...On pourrait d'ailleurs croire que c’est un caprice, mais ce n’est pas le cas. Je sais pas ce qu’il en est, et j’ai pas super envie de me pencher sur une auto-analyse psychologique qui n’aurait pour effet que de me rendre encore plus stressé et névrosé. Je me contente d’acquiescer sans piper mot. C’est bon je ferais gaffe s’il est si fragile que ça le bébé frac…je suis pas un monstre. Toutefois je me laisse surprendre par la nature du deal avec Niels : il m’autorise à aller dans sa chambre quand il y est, et  ce même la journée ! Tant que j’emmerde plus Gayle. WHAT ?!! Je croyais qu’il détestait partager son lit ? Vu la première journée que nous avons passé…on ne peut pas dire que c’était tendresse et confessions. Il aurait quand même pu m’épargner l’excuse du « tu ronfles pas », merci c’est délicat. Quant à son rappel sur mes droits je m’en serais passé aussi, le souci c’est que j’ai envie de consommer local moi !!!
Mais cette maison et ses habitants sont complètement miro ! Ahhhh… Je soupire en regardant Niels quitter le salon pour gagner sa chambre. Je reste quand même en bonne position avec cette histoire de « lit partagé », et je m’en veux après coup de ne pas l’avoir remercié pour ça. Au lieu de ça, j’évite de détremper le sol et monte chercher des affaires propres. Ce matin ce sera bain !

En redescendant torse nu, mes habits de sport sous le bras, je tombe nez à nez littéralement avec Gayle qui sort de la salle d’eau. Je me stoppe net et le vois rougir, mes oreilles attirées par cette manifestation physique d’autant que je suis un peu à cran. Mais la voix de Niels me tire de là et j’ai l’impression qu’il me triture l’oreille comme on le fait à un gosse.

- Eh. Niels est venu me parler. Tu pourras dormir tranquille, je viendrai plus te faire chier…Je mets mes affaires au sale, merci.


Je lui adresse un sourire, sourcil levé, guettant une réaction positive mais le petit animal déguerpit tout apeuré. Je suis pas carnivore il est au courant ? Je dois m’y prendre comment avec lui ?! Baaaah.
Je fous de l’eau brûlante et mes onguents dans la baignoire avant de m’y glisser dans un gémissement totalement impudique. Bordel ça fait tellement de bien mes cuisses commençaient à geler à force d’être martelées par la pluie ! Nuque ployée je détache mes cheveux qui touchent le carrelage et suis sur le point d’appeler mon masseur mais…je ne suis pas au studio. Tant pis, c’est déprimant mais tant pis. Bridé je suis bridé…comme une vieille mule !

Une fois propre comme un sou neuf, vêtu d’un pull gris à col en V et d’un pantalon noir droit qui me fait un cul infernal, je gagne le salon pour profiter d’un petit moment au chaud avant le dîner. Mes cheveux sèchent naturellement, formant des ondulations qu’il est rare de pouvoir observer. Je me vautre dans le fauteuil de Niels et allume ma tablette pour lire un peu les informations et zieuter le travail de mes concurrents. C’est ce moment que choisit le maître des lieux pour refaire surface,  changé, tant dans son accoutrement que dans l’expression de son visage. Je connais ce regard, il n’échappe pas à la règle. Plissant les yeux je pose ma tablette sur mes cuisses, comprenant ce qu’il s’apprête à me demander.

- T’as la dalle hein ? Je suis pas débile je sais quelle tête ont les vamp’ quand ça leur prend. Une belle tête de feuille d’automne, oh même si tu restes terriblement séduisant.


Je suis tout à mon aise, pas du tout effrayé ou intimidé, amusé serait plus exact, car sa solution EH ! Bin c’est moi en cet instant ! et je suis meilleur que toutes les bouteilles qu’il pourra jamais avoir dans sa cave ou son frigo. Étant donné mon alimentation très stricte, il risque d’y prendre vraiment goût. Depuis très jeune j’ai été habitué à donner leurs repas aux vampires, notamment à mon premier maître, tout comme à Sisco. Si le premier était assez violent, ce n’était pas pour autant un moment déplaisant. J’ai toujours été au clair avec ce que l’on attendait de moi, et si j’étais tombé un jour sur quelqu’un me voulant vraiment du mal, j’aurais été tout disposé à mettre en place de cruels stratagèmes pour l’empoisonner.
Mais loin de moi l’idée de priver un maître aussi bon de sa vitalité. C’est aussi dans le contrat qui me lie à lui. Je dégage les cheveux de mon trapèze gauche et un des anneaux de mon serpent se révèle dans la lumière des flammes.

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MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Ven 14 Juil 2017 - 18:04



Il m'étonne, encore et toujours. Je n'ai eu qu'à m'avancer pour qu'il note les cernes un peu prononcées sous mes yeux et peut-être mon teint quelque peu cireux puisque cela fait plus de 24h que je n'ai pas mangé convenablement. Je ne suis généralement pas aussi tête en l'air, mais un dossier a retenu mon attention la veille et j'ai passé une bonne partie de la nuit d'aujourd'hui à le clôturer, ce qui m'a fait perdre la notion du temps.
Un sourire s'égare sur mes lèvres, en remerciement pour ce don volontaire que Corso me fait. Il ne semble ni surpris ni apeuré, ce qui me soulage grandement. Bien sûr, j'ai déjà forcé des vivants à être mordu, mais je n'aime pas devoir composer avec un esclave qui se débat. Gayle est aussi très docile à ce sujet, c'est une des composantes qui m'a poussé à le garder.

J'avance jusqu'au fauteuil où s'est avachi l'étalon, pose un genou sur l'assise, contre ses cuisses, une main sur l'un des accoudoirs et l'autre se glisse tout naturellement contre la joue de l'hybride, pour qu'il puisse s'y reposer s'y le souhaite, pour que que soit aussi confortable pour lui que pour moi. Un repas dans de bonnes conditions est toujours plus agréable pour les partis en présence. Mon corps, trop grand pour Corso, se penche sur lui dans une gracieuse courbe du dos. Je n'éprouve aucune gêne ni aucune honte à regarder un homme dans les yeux à cette distance, je suis même tout à fait capable de rester de marbre.

— Très aimable à toi.

Le murmure s'échoue sur les lèvres de l'étalon tandis que je me courbe encore, jusqu'à pose la pointe de mes crocs contre sa peau. Inutile de faire traîner en longueur, mais j'aime prendre mon temps lorsque je découvre un nouvelle saveur. Je mords d'une traite, sans forcer et sans m'arrêter jusqu'à ce que je sente le sang remonter dans ma bouche. Un soupir de satisfaction m'échappe.
Corso est une superbe créature, difficile de l'imaginer avec un sang impropre à la consommation. Malgré tout, je ne m'attendais pas à une saveur aussi riche et délicate. Je me laisse porter par le flux épais et chaud de sang qui s'écoule le long de ma langue et soupire de nouveau en fermant les yeux. Outre la saveur tout à fait enchanteresse, mordre l'étalon me procure une sensation bien différente de celle ressentie lorsque je mords Gayle. Mon jeune protégé est bien plus délicat, bien plus petit entre mes mains, je m'efforce toujours de pas trop prélever et de ne pas le serrer ou l'écraser. Cette fois-ci, je sens que je peux m'appuyer plus, prélever plus, et le corps sous le mien me semble aussi dégager plus de chaleur, ce qui est toujours un grand réconfort pour un vampire dont la température est en chute libre par manque de nourriture. Ma main, qui s'appuyait sur l'accoudoir, glisse contre le cuir sombre jusqu'à rencontrer le bras de l'hybride et venir se serrer autour du biceps gonflé.

Lorsque mon appétit ainsi que ma gourmandise sont comblés, je lèche avec application les deux plaies dans le cou de l'étalon jusqu'à ce que la chair se résorbe un peu et qu'il n'en sorte plus une goutte de sang. Ma poigne se relâche en même temps que mon dos se redresse. J'ai repris des couleurs, je le sens.

— Merci beaucoup Corso. J'espère que ce n'était pas trop ? Le dîner sera bientôt prêt, je t'apporte à boire pour éviter la déshydratation. Si plus tard dans la matinée tu te sens un peu étourdi, prends le temps de t'allonger et préviens moi. Je prélèverais moins la prochaine fois.

Avec un hochement de tête pour l'assurer de mon retour, je gagne la cuisine où Gayle s'affaire. L'odeur est divine, je reconnais un poulet au lait de coco et noix de cajou. Alors que j'ouvre le frigo pour y prendre un jus de fruit, il me rappelle que je n'ai pas encore bu et que cela fait longtemps.

— Merci de t'en souvenir, je viens de mordre Corso, je lui apporte de quoi se refaire une santé.

Il semble déçu et je me retiens de lever les yeux au ciel. En prenant un verre pour servir la boisson, je profite de ma proximité avec Gayle pour passer ma main, désormais chaude, dans son cou.

— Ne le prends pas contre toi. Tu dors peu dernièrement et cela t'affaiblis, il vaut mieux ne pas t'anéminer en plus. De plus, en dehors de ta condition actuelle, il est normal que je prélève également sur Corso puisqu'il est désormais partie intégrante de cette maison. Varier les donneurs est une meilleure chose pour tout le monde. Essaye de le voir comme un allié et un atout supplémentaire plutôt qu'une charge, il pourrait avoir des choses à t'apporter, si tu lui en laissait l'occasion.

Le petit brun se renfrogne mais n'ose pas me contredire et je laisse couler cette bouderie infantile. Il a entendu ce que j'avais à lui dire et je sais qu'il fera de son mieux pour s'améliorer sur ce sujet. Le verre à la main, je retourne dans le salon et le pose sur le petit guéridon à côté du fauteuil où est installé Corso.


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MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Sam 15 Juil 2017 - 10:32

Je le laisse se mettre en place et m’autorise à humer son parfum si particulier. Mais qui sent aussi bon sérieux ?! Même pas moi ! Je m’enfonce confortablement dans le fauteuil et suis bientôt baigné dans l’ombre du maître des lieux. Il n’y a aucune violence, aucun empressement dans ou son attitude, non, il est concentré, classe dans tous ses mouvements, j’hallucine, il me fous des frissons là où il faudrait pas. Son haleine me caresse la bouche et la seconde d’après il est contre ma gorge. C’est une grosse tique mais une grosse tique délicate. Je me crispe en me sentant pris, réflexe de survie, avant de gémir en ouvrant les jambes et de me détendre parfaitement. C’est bon. J’aime ça, me sentir essentiel, être le nerf de la guerre. Et visiblement il apprécie tout autant le moment vu comme il soupire. Je ricane.

- C’est l’pied hein ? Hmm…

A croire qu’il aime vraiment ça, mordre, et pas que pour se nourrir, je me trompe ? Mon sous-entendu me fait sourire, d'autant qu'à ce moment il aspire un peu plus fort. Son corps pèse lourd contre le mien mais mes muscles entre en conflit avec sa masse, il m’agrippe, prédateur, cherche à m’immobiliser ou bien s’ancrer dans son office. Je ne bronche pas, vais même jusqu’à lui tenir la nuque en respirant profondément histoire que le débit soit régulier et agréable pour lui. Quand il est rassasié je ne nie pas être un peu frustré. S’il est aussi sensuel au lit ça me donne vraiment envie de progresser vers cette étape…seulement il m’impressionne énormément. Les minuscules plaies se résorbent et je me masse nonchalamment le cou en encaissant l’affaire. Il a bu beaucoup, mais j’ai l’habitude. Sisco était un grand buveur aussi, je suis plutôt entraîné, mais cela n’empêche pas des fourmillements d’agiter mes jambes.

- Ça ira, t’en fais pas, c’était sympa. T’es toujours aussi sexy quand tu mords ?

Je me mords la lèvre en le regardant partir et me snober. J’adore quand il fait ça, enfin quand j’ai la certitude que le message est passé, validé ou non. Oui. Je sais bien que cet homme-là, je vais avoir du mal à le séduire, mais le challenge me galvanise. Niels n’est pas un vampire comme les autres. De base, il ne parle pas comme les autres, et ne nous regarde pas, Gayle et moi comme les autres. (Voilà que j’inclus le petit frac dans mes histoires, non mais franchement…). Il dégage une prestance que je n’ai encore jamais côtoyée, et la mienne à côté n’est qu’une pâle copie. Il ne semble pas s’en rendre compte, ou bien il en joue volontairement ? Dans tous les cas je ne peux pas l’aborder comme je le fais avec mes conquêtes basiques. L’escalade sera longue, semée d’embuches, d’échecs et de rebondissements, mais je ne peux empêcher la fascination qui me rend tout à fait docile en sa présence de s’exercer, jusqu’à me faire baisser d’un ton. Est-ce que c’est ça le « vrai » maître ? Celui que l’on reconnaît naturellement, qui s’impose naturellement ? J’aimerai que ce soit vrai, que ce soir lui, que je puisse me poser, et faire ma vie sans me soucier du lendemain.

Je pique la paille et sirote le jus de fruits après un très extatique merci. L’odeur délicieuse du poulet coco me parvient ; Ahhh Gayle je t’aime et je te botterai bien le cul à la fois !
Le sucre me passe dans le sang et je sens que mes guiboles se calment, il fait suffisamment bon dans le salon pour que je ne grelotte pas mais je vais quand même me coller les fesses au feu, ondulant de la queue gracieusement malgré ma masse musculaire. Niels s’est assis, son visage est plus beau que jamais, ses lèvres rebondies…Comment un homme pareil peut-il être célibataire ? Est-il seulement célibataire ? J’ouvre les lèvres pour parler, mais quelque chose me dit que c’est un sujet que je ne devrais pas aborder. J’agite mes oreilles, frustré de me contenir de la sorte ; j’en ai pas l’habitude !!

- Je…je suis bien ici.

BAM !
Corso, roi du subtil et de l’impro’. Il ne lève pas les yeux.

- Je veux dire que même si j’ai rechigné, c’était par dignité, j’aime pas passer pour un paquet de linges. Mais je suis bien ici, avec toi. On s’est pas vraiment choisis, Gayle va certainement empoisonner mon blanc de poulet pour se venger, mais j’ai enfin une maison. Alors s’il-te-plaît, s’il-te-plaît ne me dis pas dans trois mois que tu t’es trompé, que je vais retourner chez Charles, que tu t’es lassé…Je vais bientôt passer la date de péremption, je suis pas comme toi, beau pour toujours, et je veux pas finir en pochettes surprises…


Mon regard s’assombrit en songeant à tout cela, me rappelant avec une violente évidence mon plus profond désir…Désir que je dois taire, encore, si je veux espérer qu’un jour, Niels puisse m’aider à y accéder.

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MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Sam 15 Juil 2017 - 14:26



Le bel étalon semble ravi d'avoir pu aider, d'avoir été le centre exclusif de mon attention durant quelques instants. Il est vrai que je ne lui accorde pas autant d'attention qu'il aime en recevoir, mais est-ce que cela ne rend pas les moments où je ne regarde que lui encore plus précieux ?
Après m'être assis sur le canapé, je prend ma propre tablette et vais rapidement consulter ma messagerie, pour être certain de ne rien avoir manqué. Je n'ai pas d'alerte sur mon téléphone en cas de nouvel e-mail, je préfère avoir la paix lorsque je suis chez moi et choisir lorsqu'il temps de se mettre à jour.

La voix de Corso attire immédiatement mon attention, cependant je poursuis ma lecture. Je suis apte à réaliser deux choses en même temps, après tout. Pourtant, la suite de son discours me fait lever le nez du mail rédigé par le responsable des équipes marketing concernant les produits cosmétiques anti-âge que nous produisons. Cette fois il n'y a ni plaisanterie, ni insolence dans sa voix, cette fois il est tout à fait sérieux. Je dirais même qu'il y a derrière ces mots une angoisse latente que je décèle pour la première fois. J'abandonne ma tablette et mes mails, me lève en dépliant mes longues jambes, m'avance.
Oh Corso... J'ignorais que tu pouvais avoir ce genre d'inquiétude. Ou peut-être n'ai-je tout simplement pas été assez attentif jusqu'à présent ? Aurais-je dû comprendre, lorsque tu t'es insurgé contre les vampires égoïstes, que tu souffrais de tes précédents abandons ? Malgré toutes l'attention que te porte la foule, malgré tout l'amour et toute l'admiration, crains-tu que ton destin soit de terminer à la banque du sang ? Ma main se lève d'elle-même vers son visage, lui caresse la joue d'un revers tandis que je détaille chacun de ses traits pour les graver dans ma mémoire.

— Nous ne nous sommes pas choisis, c'est certain. Néanmoins, les plus belles rencontres de mon existence n'ont jamais été celles que j'ai choisi de faire.

Owen était mon frère, nous n'avons pas choisis de naître dans la même famille. Sigvald était mourant, foudroyé par la morsure d'un serpent à quelques mètres de mon poste d'observation pourtant perdu en pleine jungle amazonienne. Alors peut-être que Corso, abordé dans un bar au hasard, dans un état misérable et adopté sous l'impulsion d'une tierce personne, sera une autre merveilleuse rencontre. J'aime donner sa chance au hasard, il a souvent fait des choses surprenantes pour moi.

— Tu es encore jeune Corso. Et tu seras toujours beau. La vieillesse n'est pas une malédiction, elle ne t'enlaidira pas. Tu ne devrais pas t'inquiéter de cela à ton âge, tu n'as même pas fait un tiers de ta vie.

Mon sourire fleurit doucement, presque timidement, comme s'il craignait de se montrer trop vite. Je ramène une mèche dorée derrière son oreille.

— Je peux comprendre ton inquiétude, le milieu que tu fréquentes n'est pas des plus tendre. Cependant, laisse-moi te faire une promesse : je vais veiller sur ta carrière et la faire s'épanouir comme personne ne s'y attend. Et lorsque tu seras lassé des projecteurs, cette maison sera toujours ton foyer. Je serai heureux de t'y trouver plus souvent.

Cette fois, je me penche pour déposer un baiser sur sa tempe. Peut-être est-ce lié à mon âge, ou peut-être est-ce lié à mon éducation, mais il m'a toujours semblé évident qu'en adoptant Cristovão, je m'engageais à veiller sur lui jusqu'à la fin de ses jours si tel était son souhait. À notre époque, les engagements n'ont plus la même valeur qu'à celle où je suis né, l'on se lie et se détache des gens, des biens, des projets, on ne prend plus la peine de faire des efforts pour entretenir les choses ni les relations. C'est une tristesse de voir si peu de volonté mobilisée pour que certaines choses perdurent. Je refuse de me laisser emporter par ce courant.
La voix de Gayle nous appelle pour prévenir que le repas est prêt, brisant ce charme fragile entre nous. Je m'écarte d'un pas et fait signe à l'étalon de passer le premier, lui emboîtant le pas. Le dîner nous attends, ne faisons pas trop patienter notre plat.

¤¤¤

Allongé dans mon lit, un livre à la main et ma lampe de chevet allumée malgré la lumière du jour qui commence à filtrer à travers les volets, je me demande si ce matin j'aurais de la compagnie. Le dîner était délicieux, la compagnie agréable et malgré sa fatigue, Gayle s'est montré presque aimable avec son colocataire. Bien sûr, j'ai salué l'effort silencieusement. Nous avons fait la vaisselle à trois, bien qu'il fallut pousser Corso pour qu'il s'acquitte de cette tâche sans trop se plaindre, puis notre cadet est monté se coucher tandis que je m'attellais à répondre aux e-mails déjà lus. Une heure et demie plus tard, ce fut mon tour de gravir les marches pour aller faire un brin de toilette et me mettre au lit.
Lorsque je suis dans ma propre chambre, je ne dors qu'en sous-vêtements. Inutile de faire des manières, je suis dans mon domaine et j'aime être à l'aise, comme n'importe qui je présume. Mon hybride ne m'a pas fait part de sa volonté de m'accompagner, mais peut-être choisira-t-il de se montrer plus tard. Pour une fois, je n'ai donc pas complètement refermé ma porte, tenant parole quant à notre nouvel arrangement.


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MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Dim 16 Juil 2017 - 18:09

Ma joue se heurte d’elle-même à cette main qui vient la cueillir. Je n’aime pas trop qu’on lève la main sur moi d’ordinaire, même pour des caresses – c’est quand j’ai décidé le plus clair du temps – mais là j’ai vraiment besoin de me donner de la consistance et d’exister. Est-ce qu’il est sincère ? Est-ce qu’il tient un tant soit peu à moi ? Je ne doute pas qu’il se soit attaché ou qu’il puisse m’apprécier, surtout au vu des efforts que je mène sous son toit. Les plus belles rencontres ? Est-ce que je dois y voir un sous-entendu ? Une perche tendue pour essayer d’entrevoir les mystères qui embrument ce passé qu’il conserve si précautionneusement ? Quelque chose me dit que je m’ajoute à une liste qui lui tient à cœur ; y aurait-il un ancien amant dans celle-ci ?... J’imagine difficilement Niels au bras d’un autre homme, et pourtant il n’est pas asexué, pas vrai ?

Je garde un regard dur, blessé ; il ne peut imaginer ce que cela représente pour moi. Ma beauté a toujours été la seule chose qui m’a conduit dans ce monde, elle m’a ouvert des portes, des bras, rendu célèbre, rendu indispensable, le jour où elle se fanera je perdrai tout ce pour quoi j’ai œuvré durant ma maigre existence. Je ne suis déjà pas cent pourcent moi-même, je veux dire par-là que je n’ai pas choisi les gènes qu’on a fusionnés avec mon ADN, ni cette apparence. Je ne suis pas comme lui, je ne suis pas maître de moi-même, ni de mon destin, alors ses paroles me semblent bien plates. Ne pas m’inquiéter à mon âge, j’ai quand même 26 ans, disons que jusqu’à 35 ça peut aller, je reste potable, en revanche après… Je devrai laisser ma place à plus jeune, et malgré toute sa gentillesse, Charles m’enverra bouler parce que je ne suis plus assez frais, plus aux normes, plus tendance, on se sera lassé de l’étalon sulfureux et musclé, on voudra une autre image, une autre star, une autre couleur, une autre aura…MA place ne sera plus. Qu’est-ce que j’espérais, qu’est-ce que je croyais franchement ? Que ce serait différent pour moi ? Parce que j’ai du caractère et que je m’en suis pas trop mal tiré depuis tout ce temps ? Mais je savais ce qui allait se passer, j’ai sciemment mis les pieds dans ce milieu. Les conséquences me frapperont comme n'importe quel autre mannequin.

Je ferme les yeux, attrape la main de Niels et m’y agrippe. Je veux d’autres choses, des choses concrètes, je veux un avenir, la sécurité du lendemain, un homme à aimer, je veux être sûr de là où je poserai les pieds. Niels ne peut comprendre cela, du moins tant que je garde cela secret, tant que je garde ce fardeau en moi.
« Me mordras-tu ? Me permettras-tu de surmonter toutes mes angoisses ? Égoïste cheval que je suis qui place tant d'espoir en toi… »
Cela ne me ressemble pas, je ne dois pas me laisser engluer par mes rêves, vulgaires fantasmes qui ne portent pas plus loin que le bout de leur ombre. J’ai toujours vécu martel en tête, sans guide ni personne, je ne dois pas me mettre en position de faiblesse, de soumission, être dépendant…ce doit être insultant…et si merveilleux à la fois…

Le baiser sur ma tempe n’a pas la saveur que je lui avait prédite. Il est fade, paternel, et pourtant son pouvoir opère ; il me soulage. Un peu. Je ne peux pas en demander plus, il est déjà d’une générosité déconcertante, tout en étant rigoureux et exigeant, son charisme n’en est que décuplé.

La voix de Gayle appelant pour le dîner coupe court à toute possibilité de réponse de ma part ou d’enchaînement de la sienne, et puis je crève de faim ! Je viens quand même de galoper pendant deux bonnes heures dans le parc du manoir. Le poulet est délicieux et je ne me gêne pas pour complimenter le petit frac qui n’a pas l’air de me prendre au sérieux. Tant pis. Si je fais des efforts c’est pour Niels, pas pour toi si tu n’es pas capable de me supporter. Je bois un peu de vin, une bouteille française très agréable et la rondeur du raisin me roule sur la langue, sensation que j’adore, même si je préfère nettement le champagne. Un bref instant, je revois les soleils énormes du Portugal…et les vignes dans la terre dorée. Je garde la tête baissée dans mon souvenir, mais il y a longtemps que je n’ai pas eu ce genre de « vision ». Est-ce que ça a un quelconque sens ? J’en sais rien.
Quand on me demande de faire la vaisselle je me mets à rire à gorge déployée avant que ce même rire ne se transforme en gémissement étranglé.

- Regardez vos têtes c’est pas sérieux...

Mon dieu ils sont sérieux ! Je grimace, essaie de fuir discrètement quand Niels a le dos tourné mais sa voix me rappelle à l’ordre et je couche les oreilles, bien trop docile quand cette voix m’interpelle. C’est comme si elle était moulée pour moi, Charlize avait raison au moins là-dessus cet enfoiré. Je refuse de toucher l’éponge dégueulasse et me contente d’essuyer sans casser d’assiettes : mission accomplie après une poignée de minutes ! Je découvre les joies de la vie quotidienne, voilà une chose dont je peux encore me passer une bonne quarantaine d’années, d’ici là je serai vieux voire mort, hourra ! Comment est-ce que Gayle fait pour torcher nos fringues et préparer notre bouffe H/24 ?! Je commence à regarder un peu différemment ce petit gars et me dis que ma condition d'esclave n'est pas encore totalement insupportable à côté de ça. Tant que je suis sur une lancée positive, je passe un coup sur la table pour la nettoyer et file ensuite dans ma chambre. Avec ma garde-robe désormais intégrée, je ne suis plus obligé de découper les vêtements que Niels me prête pour passer ma queue sans encombre. Je me démêle les cheveux puis les lisse avec un onguent nourricier au miel et à l’huile de jojoba, et m’occupe de mes ongles rapidement avant d’enfiler un caleçon rouge. Je n’ai pas l’habitude d’être seul, et le soir est le moment le plus délicat. Assis en tailleur sur mon grand lit, dans tout le confort qu’on puisse rêver, j’ai juste envie de dégager de là et de me pelotonner contre…Eh ! Quelques secondes plus tard j’arrive à peine essoufflé devant la porte de la chambre de Niels. Je toque, entend vaguement une réponse et pousse le gros bâtant de bois sculpté.

- T’as dit que je pouvais venir… alors je suis là. Tu l'as dit.

C’est le deal, presque un reproche. Pas touché Gayle, dodo Niels. Malgré son accord et le fait qu’il m’ait laissé entrer, je reste méfiant, la queue basse, mon oreiller à la main, pour le reste simplement vêtu de mon caleçon et de mes bracelets, ainsi que de mon tatouage. Eh je suis dans la chambre du boss, intimité maximale, intimidation maximale... Il était en train de lire, torse nu. C’est la première fois que je le vois dénudé, et je suis tellement pas déçu. Il est magnifique, autant de visage que de corps, même si la couverture lui remonte sous les pectoraux qu'il a fins. Je fais un pas vers le lit, léger, puis un autre, cuisses bandées comme des arcs.

- Tu lis quoi ?

En version Corso sous-titrée anglais : "J'peux te rejoindre ?"

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MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Dim 16 Juil 2017 - 22:47



Je l'entends approcher dans le couloir. Oh, on ne peut pas dire qu'il fasse beaucoup de bruit, mais à cette heure-ci le manoir est très silencieux et moi j'ai une très bonne ouïe. Aussi, j'ai le temps de terminer la phrase que je suis en train de lire avant qu'il ne toque à ma porte.
Sa formulation me fait sourire. Il a l'air aussi déterminé à venir se coucher avec moi qu'il est mal à l'aise de se montrer sur le pas de ma porte et je suis plutôt satisfait qu'il comprenne que cet espace est le mien, qu'il est privé, intime, et que ce n'est pas à la légère que j'y invite quelqu'un.

— Oui, je l'ai dit. Entre.

Il me faut produire un gros effort pour ne pas rire en voyant le grand et séduisant Cristovão s'inviter avec un de ses oreillers dans les bras, comme s'il transportait un doudou ou un ours en peluche. Le contraste entre son sex-appeal et ce comportement est aussi attendrissant qu'hilarant.
Je referme mon livre en marquant la page et m'écarte de ma place centrale dans le lit pour lui laisser la moitié du matelas, ouvrant le draps pour qu'il se sente accueilli. Après tout, je lui ai dit qu'il pouvait venir, ce n'est pas pour lui donner l'impression qu'il est indésirable en ces lieux.

— Viens, installe-toi. Je coupe le chauffage en journée et tu n'es pas très couvert.

Je ne suis pas amateur de revues sexy ni de films pornographiques, je n'aime pas l'image qu'ils donnent des corps masculins. Bien entendu, il faudra sans doute que j'en voit un ou deux pour voir quel est le travail exacte demandé à mon étalon, mais pour le moment, il me semble plus agréable de le contempler tel qu'il est à présent. Dénudé presque entièrement, certes, mais avec son oreiller sous le bras, le crin de sa queue qui bruisse contre ses mollets à chacun de ses pas entre le seuil de ma porte et le lit. Je préfère le voir avec cette assurance un peu factice mais bien plus authentique qu'avec une expression extatique sans doute dictée par un metteur en scène en train de cadrer l'acte en cours.
Il se glisse dans mes draps sans savoir qu'aucun autre ne l'a fait depuis au moins soixante ans, puisque je veille à ne jamais ramener personne chez moi. Je le laisse lire le titre sur la couverture de mon livre : "Mythes et légendes d'Europe, volume II"

— C'est le premier livre que j'ai lu à propos des vampires. Il est plein d'incohérences, mais à l'époque de ma transformation, je n'avais que cela pour me guider dans ce qu'il était en train de m'arriver. En dépit de ses nombreuses erreurs, ce volume est bien écrit. On prend goût à le lire.

Le livre reste entre mes doigts, posé que la couverture qui nous recouvre. Fermé.

— Je sais qu'il n'est probablement pas l'heure de parler de cela, mais je préfère aborder le sujet avant de l'oublier : j'aimerais t’ausculter, dans les jours à venir. Bien sûr, j'ai lu ton dossier, mais j'aimerais pouvoir t'examiner moi-même afin d'être certain de savoir ce qu'il convient de faire en cas de problème. Ne t'inquiète pas, il ne s'agira que d'un check-up de routine.

Mon regard s'attarde alors sur ses oreilles. Ces petites oreilles mobiles et couvertes de fourrure qui pivotent au sommet de sa tête. Elles trahissent facilement son humeur. Il me semble m'être réveillé, le premier soir, en tenant l'une d'elle entre mes doigts. Comme il serait très déplacer de préciser que j'ai fais de l'équitation durant longtemps, je m'abstiens d'en faire la mention, en revanche, une question me vient, sans doute guidée par mon esprit scientifique :

— Corso, m'autoriserais-tu à toucher tes oreilles ? J'ai conscience qu'elles doivent t'attirer beaucoup de caresses de ce genre, mais je t'ai vu les bouger comme si tu pouvais entendre par elles alors que tu as des oreilles humaines et parfaitement fonctionnelles. C'est très intriguant.

Je reconnais que cette curiosité n'est pas entièrement scientifique. En vérité, je suis réellement curieux de savoir comment fonctionne son système auditif, mais je suis plus curieux encore de le toucher. Enfin, de toucher ses oreilles ! Dans un premier temps. Ne me regardez pas avec ces yeux là, je ne suis qu'un homme et j'ai eu plus d'une semaine pour observer Corso déambuler, parfois presque entièrement nu, dans ma maison. Je ne suis pas fais de marbre inerte.



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MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Lun 17 Juil 2017 - 11:16

Quand il ouvre la couette tout son parfum naturel me parvient, ainsi que la bonne odeur de son shampoing chic quand je le rejoins et frôle son oreiller. J’ai connu des entrées plus sexy dans un lit, mais pour l’instant je suis en phase d’observation. Pas très couvert ? Oh ça fait rien, il croit que je suis en sucre ou quoi ? Instinctivement je bombe le torse quand il me fait la réflexion ; je suis loin d’être frileux ou même de me plaindre du temps et de la température, j’ai vécu des années dehors et ça ne m’a pas tué. Répondant à ma question il ferme le livre pour que je puisse lire la couverture. Je ne m’attendais pas du tout à le voir bouquiner un truc aussi vieux !

- Je pensais pas que tu étais du genre à lire ce genre de trucs. Est-ce qu’il y a encore des choses que tu ne sais pas à ton âge ?


Loin de moi l’idée de le vexer mais c’est vrai qu’il n’est plus tout jeune, d’après ce que Charlize a pu me dire sur lui qui refusait de le faire. Il se contente d’une mine légèrement amusée et je comprends que non, il ne sait pas tout, même s’il doit en connaître un rayon pour être capable de critiquer la construction et le contenu d’un bouquin. Je positionne mon oreiller et me couche sur le côté, face à lui, tirant la couette jusqu’à mes hanches. Mon stress s’est envolé, j’ai l’impression d’avoir dormi dans ce lit toute ma vie. Je cligne longuement, fixant Niels, chaque détail de son visage, son grain de beauté sous l’œil, ses sourcils arqués avec une espèce de perfection dingue, son nez droit et sa belle bouche…Mon oreille droite tilt et se dresse vers le son si calme et autoritaire de sa voix. Vas-y parle-moi encore comme ça…Mon échine frissonne et je serre un peu plus le coussin entre mes bras.

- Je m’inquiète pas. Tu prends soin de moi, je vais pas te chier dans les bottes. Est-ce qu’il faudra que je me mette à poil pour ton…auscultation ?

Sourire d’impudique fatigué. Mon corps commence à ralentir dans ses fonctions de base et je comate en imaginant mon maître retenir un regard de pure envie au moment où… Mes oreilles ?! C’est pas la première fois qu’il les tripote, dans mon souvenir la première nuit qu’on a passé ensemble s’est soldée par ses doigts m’effleurant l’écoutille ! Alors cette requête me laisse un peu perplexe. Pourquoi ? Ah oui, il souhaite étudier une autre bizarrerie de ma nature. J’aurais préféré qu’il évite le côté scientifique, j’aime pas passer pour un monstre… Je me redresse sur un coude, les oreilles – justement – basses.

- Je peux entendre oui. Mieux. Elles me permettent de pallier à la faiblesse de mes oreilles humaines, mais c’est surtout « pour faire joli », y paraît. La plupart du temps elles relaient mes émotions. Comme une queue de clébard. C’est plutôt chiant. Je tiens ça de mon père j’crois. Il était hybridé aussi. J’ai au moins la chance de pas avoir été bidouillé en Centre, même si mon paternel l’a été avant moi.


Entré dans la confidence, je hausse un peu les épaules, ne sachant pas si mon explication convient à mon maître ou non. Il veut toucher alors ? Comme un gosse ou comme un médecin ? Une chose est sûre, il n’a pas envie de me tripoté pour envoyer valser la couverture, contrairement à moi. Quand je me hisse sur mes bras aux muscles gonflés, mes cheveux cascadent en coulées d’or sur mes épaules et mes pectoraux. J’entoure le torse de Niels de ma silhouette, le surplombe mais rien ne semble pouvoir effrayer ce vampire au regard cristallin. J’ai la queue qui traîne, lasse, entre mes mollets, et les deux petits appendices pelucheux sur mon crâne vibrent sous mon ordre. J’incline la tête vers son aisselle et ferme les yeux en attendant le contact.

- Si t’aimes les énigmes, je te conseille de te pencher sur ton cas, tu m’rends nerveux à rester de marbre devant toutes mes avances...c'est la première fois qu'on me résiste ? Enfin en supposant que tu résistes.

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MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Lun 17 Juil 2017 - 16:29



Il accepte et s'approche, prend ses aises, se hisse presque sur moi. Je n'en éprouve aucune gêne ni aucun dégoût, au contraire je l'accueille sans sourciller comme s'il était parfaitement normal que nous agissions de la sorte. J'ai posé mon livre à côté de moi, pour ne pas le froisser plus qu'il ne l'est déjà et et mes mains trouvent sans peine le chemin jusqu'aux petites oreilles triangulaire qui vibrent parfois que sommet du crâne de l'étalon. Sa remarque me fait rire, elle est aussi honnête que charmante.

— Plus les énigmes sont anciennes et plus elles sont compliquées à résoudre.

J'ai conscience que cette remarque ne l'aide pas, mais je n'ai aucune envie de lui donner toutes les clés dès à présent. La situation me convient telle qu'elle est pour le moment.
Une main sur chaque oreille, je caresse du bout des doigts, en dessine la forme et test même leur réactivité en chatouillant les poils qui en sortent. Elles fouettent l'air et je sens Corso me lancer un regard un peu agacé.

— Pardon, c'était bien trop tentant.

Ma curiosité première est assouvie, je délaisse les petits appendices duveteux pour passer mes mains dans l'incroyable crinière ensoleillée de mon hybride. Elle est fournie, souple et lisse malgré que je sache qu'elle ondule doucement lorsqu'elle est humide. Je perds une minute, peut-être même deux, à passer mes doigts dedans en passant sur le visage et dans le cou de l'étalon. Un silence religieux s'est installé, seulement troublé par le froissement de draps, de temps en temps, la respiration de Corso et le bruit de ses cheveux qui cascadent entre mes doigts comme des fils d'or pur. Je crois qu'il espère une réponse à l'énigme que je lui impose, ou du moins un début de réponse. Peut-être puis-je lui offrir des indices pour se sentir moins déconsidéré ?

— Je ne te rejette pas. Mais j'ai eu assez, ces dernières années, de relations d'une journée pour combler les décennies à venir.

Sans doute trouvera-t-il cela vieux jeu. Lorsqu'un vieux vampire dit qu'il souhaite s'investir dans quelque chose de plus solide qu'une aventure sans lendemain, cela doit sembler très arriéré comme façon de voir les choses, surtout pour un jeune et fougueux étalon qui ne manque pas de conquêtes.
Je délaisse ses cheveux pour prendre son visage. Il est vraiment très près, je peux sentir chacune de ses expirations caresser mon visage. Il n'est semblable en rien à Owen ou Sigvald. Il est unique en son genre. Une nouvelle grande première pour moi, je ne me souviens pas avoir tenté de me rapprocher de quelqu'un d'aussi sûr de son pouvoir de séduction tout en étant aussi fragile dans son assurance.

— Il est temps de dormir, Corso.

Je me fais une place dans son esprit avec la légèreté d'une brise et souffle la flamme de son énergie pour qu'il sombre dans une profonde léthargie. Je le vois battre des cils, s'affaisser un peu. Je n'ai aucun mal à me hisser jusqu'à ses lèvres pour les embrasser. Les secondes s'égrainent. Il est à peine éveillé lorsque je m'écarte pour l'attirer contre moi, car il se laisse complètement tomber sur moi dans un soupire.

— Dors, je veille sur toi maintenant.

La lumière s'éteint alors que je sens mon nouveau protégé s'enfoncer dans un profond sommeil provoqué par l'hypnose. Il m'en voudra sans doute au réveil, mais aura aussi de quoi réfléchir. Je l'enserre pour le tenir correctement et caresse sa nuque du bout des doigts. Je ne souhaite pas l'enchaîner à moi dans une relation qui serait exclusive. Il aime trop galoper librement et passer d'un amant à un autre, ce serait cruel de ma part de lui demander un tel effort. Nous pouvons nous connaître, nous apprécier et partager de bons moments, cependant je ne me connais que trop bien : tomber amoureux me rend jaloux, fusionnel et quelque peu excessif. Corso ne mérite rien de tout cela.
Mon livre vient flotter devant moi sans que j'ai besoin de plus de lumière pour le lire qu'il n'y en a déjà. Je passe au chapitre sur les centaures, ce qui m'arrache un sourire tandis que l'étalon se repositionne dans son sommeil et m'enlace comme si j'étais une peluche. Je soupire, l'embrasse sur le sommet de la tête et reprends ma lecture.

— Bonne nuit Cristovão.


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MessageSujet: Re: Territoires et concessions [Niels J. Oberyn] [CLOS]   Lun 17 Juil 2017 - 18:07

Oui, c’est bien ça l’histoire, tu ne me rejettes pas mais cela ne t’empêche pas de te montrer très prudent dans la démarche, sans pour autant être vexant. L’avantage d’être vieux, on est tout en politesse et en finesse, j’imagine, même si Silvio était plutôt du genre brute assoiffée de sexe sans une once de cervelle et qui adoooooore voir ses petites créations s'entretuer salement dans une parodie romaine…Non bon ok ma règle a des exceptions. Je ne réponds pas, me laisse bercer, choyer, caresser, découvrant une nouvelle façon de me laisser aimer. Niels a de longs doigts d’homme de sciences, d’intellectuel – sans entrer dans des clichés débiles – et ceux-ci perdent un peu de leur froideur pragmatique quand il les passe dans mes cheveux, sur le haut de mon front, le long de ma nuque…Je frissonne, rouvre les paupières pour ne surtout pas le quitter des yeux. Ce moment est suspendu, à la barbe de mes habitudes et de l’extérieur de cette pièce.

Ce n’est pas ce matin que j’en saurais plus sur l’énigme Niels James Oberyn, puisqu’il joue la traîtrise en invoquant son pouvoir. JE DE-TESTE çaaaaaaaaaa !!! Les vampires qui coupent court à des conversations ou des situations en tentant l’hypnose…..je n’ai le temps de rien, ni de protester, ni de grogner de mécontentement que déjà je suis mou et dépossédé comme une carapace de crabe rognée par un goéland. Au travers de mes cils la réalité est distordue, confuse, mais je ne perds pas une miette du baiser que je viens de gagner sans quasi aucun effort. Je suis incapable d’y répondre, trop shooté, mais je savoure et m’endors comme une masse contre le torse de mon maître, les bras autour de lui, délaissant l’oreiller-doudou que j’avais pris sous le coude avant de venir. Vaguement, je crois qu’il me parle, baise mon front paternellement cette fois.

Eh, faudrait savoir, j’ai pas envie de coucher avec mon père !


Next !

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