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/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

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Lá breithe sona ! "Joyeux Anniversaire !" [Memphis] [clos]

Blue rhapsody

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Blue rhapsody

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MessageSujet: Lá breithe sona ! "Joyeux Anniversaire !" [Memphis] [clos]   Mar 27 Juin 2017 - 21:06

28 ans figés sur un visage jeune à la peau pâle à cause du climat irlandais, mais cette année je fête – si je peux employer ce mot – mes 441 ans. C’est stupide, c’est une idée de Kagame. Les vampires ne fêtent pas les anniversaires comme les humains, car le temps ne se décline pas de la même façon, ça tombe sous le sens, et il y a bien longtemps que je suis né, trop longtemps que je suis mort. Je n’accorde pas d’importance à son enthousiasme même s’il me contamine malgré ma volonté de rester stoïque. Les événements heureux…ces dernières années justement, n’ont pas été au rendez-vous. Soudain le portable relié à Talos sonne et je sors de sous la douche en courant, manquant de m’étaler en attrapant une vague serviette pour ceindre mes hanches trempées. Je m’essuie les mains à toute vitesse, chasse les cheveux de mes yeux et décroche. C’est si rare que l’on m’appelle, et mon cœur se serre à l’idée que ce soit mon fils.

- Ohh James…tu…oui j’étais à la douche. Tu vas bien ? Cela fait si… ah.

Il est pressé, toujours pressé, pourquoi ne peut-il prendre le temps de me souhaiter un bon anniversaire ou simplement me dire qu’il m’aime, qu’il pense à moi. Au lieu de cela, il m’annonce qu’il ne sera pas présent ce soir, que son mari a prévu pour eux une soirée, et je n’ai pas mon mot à dire là-dessus.

- Tu sais si tu veux renier ton père, ce serait plus facile de le faire directement plutôt que de nous donner respectivement l’espoir que notre relation s’améliore.


Il se retient, je le sais, de me balancer ses vérités, celles auxquelles il s’accroche depuis la disparition de sa mère, de sa tante, depuis que je l’ai changé à mon image pour le garder près de moi. Pas dans un souhait égoïste de conserver un pied dans la réalité, d’avoir ma famille à mes côtés, mais simplement parce qu’il avait peur, qu’il craignait de ne pas y arriver tout seul. Je l’ai mordu, je l’ai fait, et aujourd’hui et depuis cet instant précis où mes crocs ont diffusé leur poison,  il n’a cessé de s’échapper. Il me déteste parce qu’il déteste le lien du Créateur, et moi je l’aime parce qu’il est mon fils.

- James…je ne te demande pas de ranger tes rancœurs à mon égard, j’aimerai juste…juste pouvoir te voir de temps en temps, plus d’une fois par décade…


Je me suis laissé tomber dans la douche, glisser le long du carrelage froid qui glace toute la peau de mon dos humide. Il ne trouve rien à redire à ça, parce qu’il n’y a rien à dire. Je n’ai pas le temps de lui dire que je l’aime, il a sans doute oublié qu’il voulait me souhaiter un bon anniversaire, la conversation est coupée. Il a raccroché.
_____________________________

- Vous êtes très beau, Lawrence.  

- Tu n’es pas réputé pour ton objectivité, Talos.

Je dis en souriant, ajustant ma cravate bleu nuit avec pour seul repère le geste de l’habitude, cent fois, mille fois, dix mille fois répété, et l’appréciation du moniteur pour les couleurs et les ensembles. Depuis la venue de Cidhe, Talos communique beaucoup plus « intimement » avec moi, nous avons presque des conversations ; il ne l’a pas seulement remis en marche, il l’a amélioré, et je dois dire que je suis époustouflé par son travail. L’IA a gardé sa voix mais des accents plus chauds et plus humains ont été développés, désormais il équipe mon portable et possède une sorte de scan qui lui permet de me guider dans mes essayages, ainsi qu’une version transportable que j’emmène dans mes déplacements, comme cette semaine où je suis à Dornia chez Kagame.

- Je ne suis qu’une machine, Lawrence, mais je suis quand même capable d’effectuer une recherche sur le bon goût et la beauté dans ma base de données.


Je me mets à rire et ferme les derniers boutons, fais les derniers ajustements de manchettes, vérifie les ourlets et la droiture du col.

- Kagame a décidé de m’emmener dans un …bar, je crois, où des esclaves donnent des prestations. Je ne suis pas sûr d’être à la hauteur de ce genre de…personnages, dans ce genre de…milieu.


L’IA émet un léger ronronnement.

- La majorité des personnes vivent en couple. C’est un état de fait depuis la Préhistoire. Votre condition de vampire ne vous tient pas à l’écart de cette loi.


- Ai-je seulement envie d’obéir aux lois, Talos ?

- Il semble que non, Lawrence. D’après le contenu des textes enregistrés dans ma mémoire, vous manquez de confiance en vous.


- Merci pour cette analyse toute en finesse.

- De rien, Lawrence.

Bon sur le plan tact et présence d’esprit on repassera. Je grimace un peu et mets le moniteur en veille. Je n’ai pas besoin de portable ce soir, Kagame fera l’intermédiaire entre le monde extérieur et ma perception. Je le rejoins après avoir glissé mes papiers dans la poche de mon veston noir et nous voilà déjà partis pour le centre-ville. Il tient à garder notre destination secrète et je lui dis que c’est de toute façon ridicule puisque je ne peux pas tricher là-dessus. Cette réponse l’amuse et il serre mon bras dans ses doigts. Je ne connais pas bien Dornia, je n’y séjourne que pour mon ami et Créateur, mais je ne m’intéresse pas à cette ville, contraste saisissant avec mon hygiène de vie plus portée sur le calme et l’isolement.

La rue est peu fréquentée, pavée donc piétonne, et bientôt mon Créateur nous fait arrêter devant une lourde porte de chêne qu’il pousse pour me laisser passer mais mes doigts ne peuvent se retenir d’effleurer le bois honorable. L’odeur principale est tout à fait saisissante, un mélange des parfums des différents humains et hybrides présents dans le personnel, les consommations luxueuses, le marbre dense qui trône autour de nous, tout ceci me met dans de bonnes dispositions. Pour le moment. Une présence se rapproche, féminine dans le déplacement, féline dans l’odeur, délicate quand elle saisit mon bras libre. Je penche doucement la tête avec un sourire un peu intimidé.

- Bienvenue aux Petits Plaisirs, messieurs. Si vous voulez bien me suivre, la maison offre les premières consommations pour vous accueillir.


Cette créature possède de toute évidence un appendice de chat et je me laisse guider tandis que Kagame m’emboîte le pas, lui aussi – sans doute – charmé par les premiers moments.
L’hybride est tout en sensualité et vient prendre nos vestes, je me retrouve donc parfaitement vulnérable en chemise et cravate assis sur un tabouret haut, vérifiant bien mes appuis pour ne pas risquer de tomber. La voix du barman me parvient alors que je me remets à peine des sensations qui m’agitent, me rendant compte que je suis bien plus réceptif que je ne me l’avoue à ces présences masculines qui pourtant sont là pour ça, là pour cet effet qu’elles font, et c’est injuste et faible d’y céder. Mais si agréable.

- Détends-toi, ça va bien se passer. Prends ce qui te fait plaisir, ce soir c’est moi qui offre ! Mon grand garçon va.


- Arrête ça je n’ai plus 100 ans.

Je dresse un peu le dos et me moque gentiment de lui. Il me caresse l’épaule et commande un Nikka Whisky, et moi un Black Velvet, même si ce n’est sûrement pas leur spécialité, ma terre me manque.

- Law’, tu vas me tuer mais…je t’ai réservé une séance privative dans une alcôve avec la star du moment.

Il lâche ça comme ça et je tousse dans la mousse de ma chope, ouvrant les paupières sous la surprise.

- Et tu espérais quoi de cette…révélation ?! Tu veux me jeter dans les bras du premier venu et…ohhh bon sang Kagame je ne suis pas…


- Pas quoi ? Pas comme ça ? Tu te trompes sur le compte du « comme ça », et sur ton propre compte. Moi ce que je vois c’est que tu as 441 balais et que tu ne profites pas de ce genre de plaisirs. Ils sont là pour ça, laisse-moi te faire ce cadeau. Profite, ouvre tes chakras et profite. C’est tout.


Il glisse une main sur ma joue pour me faire relever le visage, et je ferme les yeux, instinctivement. Je sais qu’il n’a pas besoin de rentrer dans ma tête pour savoir ce que je pense, ce qui me tracasse. Son geste est bienveillant, aimant. Et la douceur de sa main me caressant me fait comprendre qu’il s’inquiète, malgré les années, il s’inquiète toujours.

- I should have lost you at Carrowmore.

Dis-je avec un fort accent irlandais volontairement appuyé, signant ainsi ma reddition.

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Dernière édition par Lawrence Grisandøle le Dim 9 Juil 2017 - 21:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Lá breithe sona ! "Joyeux Anniversaire !" [Memphis] [clos]   Mar 27 Juin 2017 - 23:25


Carmen est un vampire admirable.
Après avoir reçu un appel qui avait pour but de me réserver toute la soirée avec un client, il me prit à part et me renvoya chez moi afin que je puisse me reposer en début de nuit et me préparer à ma guise, avant de revenir à l’heure convenue. Je l’ai, bien entendu, remercié chaleureusement pour sa prévenance, assurant que je pouvais être aussi flamboyant avec ou sans repos, cependant il insista pour que je ne revienne qu’en fin de nuit, pour mon client. Je dois reconnaître qu’il me sera plus aisé d’être parfait si l’on m’accorde du temps en amont.
Je suis donc retourné à l’appartement de maître Emanuel afin de me plonger longuement dans un bain parfumé au jasmin et à la fleur d’oranger. Puis je me suis enduis d’un crème au karité et au miel, préférant mélanger les fragrances avec subtilité sur ma peau au lieu d’utiliser du parfum. Ainsi, chacun de mes gestes exhalera cette odeur. Mes cornes sont lustrées, mes cheveux nourrit à l’huile d’argan et mes ongles parfaitement taillés. Il est presque l’heure de me rendre au club lorsque j’ai enfin terminé ce long rituel de beauté, mais cela en valait la peine : il me semble que je suis retourné, pour quelques heures, dans les bains embrumés du palais de mon prince. Ne manquent que les rires et les conversations de mes camarades.

Lorsque j’arrive, il y a foule. Cette nuit, Les Petits plaisirs va faire de belles recettes. Je passe, la tête haute, à travers le hall d’entrée et me dirige droit vers les vestiaires et les loges, là où m’attend ma tenue de créature divine. Des bracelets viennent orner mes poignets ainsi que mes chevilles, j’habille d’or et de joyaux mon cou, mes épaules, mon torse et mes cornes afin d’attirer la lumière sous tous les angles. Je m’émerveille toujours de la générosité de mon prince qui m’a permis de garder autant de trésors en guise de souvenirs. Sans doute savait-il à ce moment-là que de cette manière, il ne pourrait jamais quitter tout à fait mes pensées.
Je sors paré de mes plus beaux atours de danseur pour aller préparer l’alcôve moi-même. Il me reste une petite heure pour cela, un délai amplement suffisant. J’y installe des coussins supplémentaires, fait brûler un peu de papier d’Arménie, et m’assure que les rideaux tombent bien. L’un des employés a eu la gentillesse d’apporter une cithare, afin que je puisse jouer si le cœur m’en dit. J’apprécie l’attention, bien que j’en laisse rien paraître.

Arrive bientôt l’heure où mon client devrait montrer le bout de son nez. J’attrape un serveur au passage et lui demande, avec autant de superbe que de flegme, de m’avertir lorsque la personne concernée se sera montrée. Je ne peux pas gâcher la surprise en restant au milieu des tables, parmi les convives, on risquerait de m’aborder et de croire que je suis disponible.
J’en profite pour accorder mon instrument. Environs dix minutes plus tard, un des esclaves du club vient me chercher pour me prévenir que mon client est enfin là. Très bien, il est plutôt à l’heure.

— C’est une surprise normalement, donc il sera peut-être un peu gêné. Il est assis au bar, là-bas. C’est le grand blond à côté de l’asiatique.

— Bien. Des doléances ?

— Rien n’est mentionné dans la commande. Mais je crois qu’il a un problème aux yeux… Ils ont un peu voilé, comme s’il y avait du blanc par-dessus.

Je hoche simplement la tête et me désintéresse de mon comparse, trop occupé à observer celui avec qui je vais passer la soirée. Il n’est pas courant que je puisse m’offrir ce petit temps d’observation qui n’appartient qu’à moi, aussi je profite de chaque seconde. Son ami semble enjoué tandis que lui a le dos un peu voûté, comme s’il voulait disparaître. Peut-être sait-il ce qui l’attend ?
Après une longue et lente inspiration, je me redresse correctement et me fraye un passage dans la foule, accompagné par le léger tintement des trois minuscules grelots à ma cheville droite. Mon arrivée semble attirer l’attention de certains clients, j’offre par ici un regard et par là un sourire, sans m’arrêter cependant. Finalement, me voilà près de mon maître pour cette fin de nuit. En douceur, je pose ma main sur son bras afin qu’il note ma présence. Lorsqu’il tourne son visage vers moi, je remarque alors ses yeux éteints. Est-il complètement aveugle ? Mais alors, il ne pourra pas m’admirer ? Quelle valeur aura notre rencontre s’il n’est pas capable de voir mon éclat ? Vite, je range mes inquiétudes tout au fond de moi.

— Tu m’attendais, maître ? J’espère que je n’ai pas été trop long. J’ai préparé un endroit confortable où nous pourrons parler.

Malgré moi, je cherche son regard qui pourtant reste vague et semble fixer quelque chose au-dessus de mon épaule, loin derrière moi. C’est étrange cette impression d’être complètement transparent. Je crois que je n’aime pas ça. Après tout, je n’existe que pour être admiré ! Mais lui il ne peut même pas me voir ! Que dirait mon prince, s’il savait ? Il était toujours si sage et si prompt à me rassurer… Peut-être dirait-il que le divin est au-delà de ce que peuvent voir les yeux. Et si je suis né pour être une incarnation lointaine du divin, alors je dois être capable de m’épanouir dans la lumière du regard des voyants autant que dans les ténèbres de ce regard aveugle. Oui ! Il dirait sans doute cela ! Je dois être parfait, qu’importe si l’on me voit ou non.
Cette fois, je lui prends le bras à deux mains et m’approche d’un pas de plus. S’il ne peut pas voir le velours de mes yeux, il faut que ma voix soit de la soie.

— Je m’appelle Memphis. Tu peux me demander ce que tu veux, excepter de monter dans une des chambres avec toi… Mais je suis certain que nous allons passer de très bons moments malgré cela !

Je sais qu’il ne peut pas entendre mon sourire, mais je souris quand même.

Le lendemain est un espoir, pas une promesse.

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MessageSujet: Re: Lá breithe sona ! "Joyeux Anniversaire !" [Memphis] [clos]   Mer 28 Juin 2017 - 13:52

Kagame est persévérant, sans pour autant être encombrant. A sa place je me ferais également du souci, mais je suis seul depuis si longtemps que je ne cherche plus à combler cette solitude. Comme une vieille mare trop asséchée, je ne suis plus capable – du moins le crois-je – de recevoir de l’eau.
Le cocktail est délicieux et m’enivre rapidement. J’en demande un second, n’ayant aucune notion de l’heure ni de ce qui est sensé m’arriver. Mon Créateur m’explique sans entrer dans les détails le rôle des esclaves qui travaillent ici, et je réalise que je vais me retrouver en tête à tête avec une de ces créatures dans un faux jeu de séduction. Clairement, je ne suis pas à ma place, et je dois mobiliser tout mon savoir-vivre pour ne pas déguerpir quand…
Sous la surprise j’ouvre mes paupières et le regrette bien vite. Mon hôte du soir est juste à côté, embaumant l’air de flagrances exotiques et très anciennes, qui ont jadis dû servir aux plus grands souverains de pays dont je ne peux que rêver. Il s’est très légèrement raidi, sans doute en constatant qu’il n’y avait nul reflet dans les deux saphirs morts que sont mes yeux. Mais l’éducation prend vite le dessus et il se présente. Quelle voix mélodieuse, et si je ne peux discerner ses traits mon cerveau compose rapidement un schéma potentiel de visage correspondant à ce timbre de voix. Il porte de nombreux bijoux qui me renvoient leur délicat écho et je m’appuie au comptoir d’une main pour descendre de mon tabouret et faire face.

- Je suis Lawrence. En…enchanté Memphis.

Gauche en séduction et en rapports humains de manière générale, je suis bien plus mal à l’aise que lui et ça il n’en a probablement pas conscience. D’autant que tout ceci est factice, notre « relation », si tant est qu’on puisse appeler ça comme ça, n’aura de raison d’être qu’entre ces murs, que dans ce contexte, et ce n’est pas ce que je recherche. Du moins si je recherche seulement quelque chose... Malgré cela, je ne peux m’empêcher d’être impatient, excité. L’idée d’avoir quelqu’un rien que pour moi ce soir ne me laisse pas indifférent, et j’ai toute confiance dans les goûts de Kagame. Je tends la main, cherche doucement le bras de l’homme et acquiesce avec un sourire tendre.

- Ne m’appelle pas « maître », je ne suis rien de cela, et je n’aime pas…cette appellation.

J’entends Kagame qui rit dans sa barbe alors que nous nous dirigeons vers ce qui est probablement une alcôve, celle préparée par Memphis. L’endroit sent divinement bon et a tout d’un écrin d’intimité. Je le sens qui me contourne, passe à la fois au large et suffisamment prêt pour que sa chaleur corporelle traverse mes vêtements. Lui ne porte presque rien, je sens, j’entends à peine sa peau glisser dans ses mouvements.
C’est le moment d’être viril c’est ça ? De prendre les choses en main ? Et bien je crois que c’est raté, je ne sais pas me comporter comme tel, étant naturellement et profondément respectueux de toute vie sur terre.

- C’est…mon anniversaire et mon Créateur a décidé de me faire une surprise. Ne te vexe pas si je suis un peu…gêné ou froid, je n’ai pas l’habitude de ce genre de pratiques, je ne veux ni te déplaire, ni te mettre mal à l’aise…


Debout au centre de la petite pièce, je garde les paupières closes pour ne pas l’effrayer.

- D’autant que je ne pourrais pas admirer ta beauté…du moins pas comme tu l’entends. Est-ce que...je peux ?

Mes doigts se tendent vers sa voix, et j'espère qu'il me laissera étudier son visage, même si cela est toujours difficile quand on n'a jamais rencontré d'aveugle de sa vie.

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MessageSujet: Re: Lá breithe sona ! "Joyeux Anniversaire !" [Memphis] [clos]   Mer 28 Juin 2017 - 15:07


Je dois avouer que je reste un peu étonné par ce vampire, il ne ressemble à rien que je connaisse. Je n'ai jamais tenu compagnie à un aveugle et je n'ai jamais été accosté par une personne aussi douce. Il me fait penser à un agneau. Son accompagnateur me fait signe que je peux l'emmener avec moi. Je resserre un peu ma prise sur son bras, que mes mains n'arrivent pas à entourer entièrement et l'entraîne doucement à ma suite.

— Alors je t'appellerai Lawrence, si tu préfères. Suis-moi, nous serons plus au calme là-bas.

Ce n'est pas poli, mais je l'observe tandis que nous traversons la salle. Il ne voit pas où il va, il est obligé de me faire confiance, et pourtant il avance sans retenue, sa démarche est aussi fluide que la mienne. J'en reste admiratif. Le malaise est passé, je suis à présent curieux de découvrir mon client et je ne doute pas avoir des idées pour le tenir occupé. Finalement, ma cithare sera peut-être ma meilleure alliée ce soir.
Nous passons sous le dais de tissu et les bruits du club sont tout à coup étouffés par les épais rideaux. Nous voilà dans un cocon où la rumeur des autres conversations n'est qu'un bruit sourd, facile à oblitérer. Je lâche le bras du vampire sans penser qu'il pourrait avoir besoin que je lui montre où s'asseoir. Médusé par ses excuses, il me faut une seconde pour comprendre ce qu'il me demande. Pour ma défense, je n'ai pas l'habitude que l'on me présente des excuses.

— C'est ton anniversaire ? Merveilleux ! Faisons-en sortes que ce soit une belle soirée, alors ! Et permet-moi de te souhaite un joyeux anniversaire, Lawrence.

J'aime les occasions exceptionnelles. C'est une excellente raison pour moi de déployer des trésors d'efforts pour plaire à mon client. J'approche d'un pas et lui prend les mains en y entrelaçant mes doigts. Bien sûr qu'il pourra découvrir mon visage en me touchant, mais est-ce qu'il ne serait pas mieux installé parmi les coussins qui environnent l'alcôve ?

— N'ai pas peur d'être toi-même, c'est à moi de te mettre à l'aise, non l'inverse. Approche, installons-nous pour que tu puisses me voir à ta façon. Il n'y a pas de siège ici, seulement des coussins au sol et des tapis. Encore un pas... Voilà, tu peux t'asseoir.

J'accompagne ses mouvements et m'agenouille entre ses jambes tandis qu'il laisse son dos appuyer contre un pouf bien rembourré. À nouveau il me tend les mains et à nouveau je les guide pour les poser en premier lieu sur mes cornes. Il hausse les sourcils, étonné, ce qui me fait glousser malgré moi. Tout le monde remarque mes cornes au premier coup d'œil, c'est amusant de voir qu'il ne les remarque que maintenant. Pour qu'il n'ait pas à tendre trop les bras, je m'approche encore un peu de lui, m'appuie doucement à deux mains sur son torse tandis que je sens ses paumes descendre vers mes tempes et mes oreilles.

— Si tu n'as pas l'habitude de venir dans ce genre d'endroit, alors dis-moi, que fais-tu habituellement pour ton anniversaire ? Y a-t-il quelque chose qui te ferais plaisir ?

Ses doigts passent sur mes pommettes et sur mon nez. Ça me chatouille un peu, je ris à nouveau en espérant ne pas le vexer. C'est original de faire connaissance de cette façon. Lorsque ses doigts effleurent mes cils, je cligne doucement des yeux comme pour le caresser au passage. Il est si précautionneux dans ses gestes que je ne crains pas qu'il puisse me faire du mal, même sans le vouloir !

Le lendemain est un espoir, pas une promesse.

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MessageSujet: Re: Lá breithe sona ! "Joyeux Anniversaire !" [Memphis] [clos]   Mer 28 Juin 2017 - 17:01

C’est un si beau visage que mes doigts redessinent. J’ai rarement touché des traits si purs, aux lignes si délicates, comme s’il avait été façonné par la main d’un dieu avide de faire régner sur Terre un peu de la splendeur divine. Je sais, c’est un peu lourd dit comme ça, mais Memphis a toutes les raisons d’être admiré. En revanche rien ne m’avait permis d’envisager qu’il soit un hybride, et en explorant ce qu’il me laisse découvrir de son corps, je découvre une infinie paire de cornes dures et fines, deux oreilles soyeuses et des nattes qui pleuvent sur ses épaules. Son faible poids appuie sur mon torse et j’ai l’impression d’être ensorcelé. En frôlant ses paupières, je sens du fard sous la pulpe de mes doigts et me retire, évitant ainsi de mettre à mal tout son travail de préparation, et c’est avec un frisson que sa queue longue et douce vient rencontrer ma cuisse.

Je sais combien cela peut être déroutant de se faire sonder de la sorte, mais je n’ai d’autre moyen de me figurer une personne. Et c’est un soulagement quand je peux mettre quelques images, même incomplètes, sur mon interlocuteur.
Je ne descends pas plus bas, par respect, pudeur, car son corps ne m’appartient pas. Doucement je me laisse aller dans l’énorme coussin qui fait office de fauteuil et de lit à la fois, appréciant les matières moelleuses et les drapés veloutés. Je me sens comme un pacha, une sorte de prince qui n’a rien à faire là, et pour lequel on a prévu un confort et une compagnie exceptionnels. Je baisse un peu la tête à sa question avec un sourire mélancolique.

- Je ne fête pas mes …anniversaires. Aujourd’hui j’ai 441 ans mais ça ne change pas grand-chose. Quand on devient…immortel, on n’accorde moins d’importance à ce type de…cérémonies. On ne m’a jamais trop fait de cadeaux non plus, alors je ne peux que te dire que ta simple présence est déjà en soi un bien précieux. Comment es-tu arrivé ici, à faire ce travail ?


Un léger goût de champagne me tanne la langue et j’aurais bien bu un peu plus avant d’entamer une telle conversation. Je ne me sens pas du tout à l’aise et c’est légèrement crispé que je cherche une position confortable dans cette atmosphère exotique, déjà mordu du parfum de Memphis.

- D’où vient ton petit accent ? Oh pardon de l’avoir remarqué, j’ai l’oreille…assez précise.

Je ris, dégage quelques nattes de son épaule pour apprécier la chaleur de sa peau ainsi que sa texture ronde et lisse. J’espère ne pas commettre d’impair à travers ce geste, je ne souhaite pas lui imposer quoi que ce soit, mais comme nous sommes là pour passer un bon moment, je m’efforce de me détendre et j’ai toute l’envie du monde de le découvrir, même s’il n’est pas là pour ça. Ce n’est pas de ma faute, je ne peux m’empêcher de le voir autrement que comme ce qu’il est censé être. Ma race a créé des créatures de rêve qui doivent dormir entre leurs griffes, sans jamais voir autre chose que ce pourquoi elles ont été conçu.

- De quelle couleur sont tes yeux, Memphis ?

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MessageSujet: Re: Lá breithe sona ! "Joyeux Anniversaire !" [Memphis] [clos]   Mer 28 Juin 2017 - 18:16


Je m'appuie un peu plus contre lui lorsqu'il se laisse aller en arrière. J'y suis obligé puisque je m'allonge un peu plus en avant. Le vampire a l'air encore troublé par ma présence, mais puisqu'il ne me rejette pas, je suppose que je peux bien rester un peu à son contact. De plus, ses mains sont douces sur mes épaules, elles font parfois tinter les chaînettes qui les recouvrent.
Pourquoi ne fête-t-il pas son anniversaire chaque année ? Les siècles ont autant d'importance que les décennies à mes yeux et mon prince organisait chaque année une immense réception pour son anniversaire malgré ses trois cent ans.

— Je trouve cela très triste que tu ne reçoive pas de cadeau... C'est une bonne chose de fêter le jour de ta naissance, même si elle remonte à plus de quatre cent ans. Si tu n'étais pas né, nous ne nous serions pas rencontré aujourd'hui, n'est-ce pas ?

Il faut que je sois parfait pour mes clients et habituellement, c'est en étant discret et secret que j'y parviens le mieux. Cependant, il me semble que pour Lawrence il vaille mieux que je sois un peu moins Memphis et un peu plus Apis. C'est à la fois déroutant et agréable, car je n'ai pas l'habitude. Mon corps s'allonge encore un peu plus contre lui, les mains remontent jusqu'à se poser sur ses épaules.

— Je viens d'Egypte. Mais j'ai appris l'anglais depuis que je suis enfant. Je parle aussi d'autres langues. Mon maître est américain, il a souhaité que je travaille ici pour ne pas être seul toute la nuit lorsqu'il part.

La vérité serait plutôt qu'il souhaite que je lui rapporte autant que je lui coûte, mais ça ne serait pas très gentil de ma part de le présenter de cette façon. Je ne veux pas que l'on pense que mon maître ne se soucie pas de moi. Ce n'est d'ailleurs pas tout à fait un mensonge : grâce à ce travail je suis effectivement occupé presque toutes les nuits et ainsi, je ne m'ennuis pas.

— Mes yeux sont à la fois bleus et verts... Ils ont la même couleur que certains étangs. Mais il y a aussi de l’orange, à cause de mon hybridation. Un cercle orange autour de ma pupille.

En douceur, mes mains se posent de part et d’autre de son visage. Pourquoi garde-t-il les yeux fermés ? Est-il sensible à la lumière ? Je suis pourtant certain de l'avoir vu ouvrir les yeux un peu plus tôt. Ils sont comme l'a dit mon camarade : très bleus avec un nuage blanc par-dessus.
Mais quel idiot ! Je me redresse un peu à nouveau, en me rappelant que je n'ai rien offert à boire ou à manger à mon invité ! Je lui propose un vin que j'ai sélectionné moi-même, un rouge très doux. En quelques pas je rejoins la petite desserte où se trouve la bouteille et verse deux verres car je sens que cela le mettrait mal à l'aise d'être le seul à boire. Contrairement aux apparences, ma tolérance à l'alcool est très élevée. Mes hanches chaloupent tandis que je reviens vers lui, cette fois pour m'asseoir entre ses jambes, le bas du dos appuyé contre l'une de ses cuisses. Il me présente une main ouverte pour que j'y pose le verre.

— Toi aussi tu as un accent, n'est-ce pas ? Tes R, on dirait qu'ils râpent sur ta langue. Tu veux bien me raconter d'où tu viens ? En échange, je te jouerai de la cithare.

Étrange comme je me sens à mon aise... Peut-être est-ce justement parce que lui ne l'est pas, parce que je me sens ici sur mon terrain de prédilection tandis que lui découvre avec prudence ? J'espère qu'il aimera malgré tout la soirée. Si je me blotti plus contre lui, c'est un peu comme s'il me voyait, non ? Ainsi il saura où je suis, dans quelle position et ne se sentira pas trop perdu.
Je suis si absorbé par mes réflexions que j'en oublie de surveiller ma langue.

— Est-ce que tu peux ouvrir les yeux sans avoir mal ? Je voudrais les voir, s'il te plaît.

Immédiatement, je regrette cette demande et me rattrape :

— Pardon ! Je divague. Je ne voulais pas, maître. Tu peux garder les yeux fermés, ça ne me dérange pas.

Le lendemain est un espoir, pas une promesse.

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MessageSujet: Re: Lá breithe sona ! "Joyeux Anniversaire !" [Memphis] [clos]   Mer 28 Juin 2017 - 19:30

- En effet, et je n’aurais jamais connu ce sentiment intense de fascination.

Oh Lawrence tu te lances dans une entreprise de compliments n’est-ce pas ?
C’est un peu trop pour une entrée en matière mais il en faudra bien plus pour déstabiliser le jeune taureau, de toute évidence il est habitué à être le centre de l’attention et le point de convergence de l’admiration générale. Et c’est au milieu de mes pensées qu’il me cueille, son corps se faufilant contre le mien jusqu’à ce que ses mains ne viennent se poser en douceur sur mes épaules. Nous sommes si proches, et des inconnus pourtant, mais c’est le jeu qui veut cela on dirait.

- C’est plutôt bienveillant de la part de ton maître de te laisser travailler, même si…ce n’est pas un métier que je laisserai exercer par le mien, si j’en avais un. Mais je n’en ai pas alors je n’ai pas le droit de juger mes semblables.


L’Égypte. Je n’y suis jamais allé. Mais des camarades de l’armée s’y sont rendus quand j’étais en mission au Japon, et je sais combien ce pays est fabuleusement mythique. Comme Memphis. Il est intemporel, je veux dire qu’il n’a pas l’air de venir de notre époque. Tout chez lui respire les paradis antiques.

- Tu parles très bien l’anglais, c’est remarquable quand on sait combien ces deux langues sont différentes.

Je l’écoute me décrire son regard et un frisson descend le long de ma nuque, et je cherche à m’en défaire d’un rond de tête en arrière, inspirant sans bruit. Kagame a vraiment, vraiment dû lâcher un gros chèque pour cette soirée. Et dire que je le laisse tout seul au bar…mais il l’a voulu pas vrai ? Mes lèvres sourient quand il me fait remarquer mon propre accent.

- Je suis Irlandais, mais j’ai la double nationalité américano-irlandaise, seulement un accent c’est quelque chose qui vous colle à la peau et qui ne disparait jamais vraiment.


Nos sourires s’effleurent, je le sens et je sens aussi ses doigts bouger et palpiter contre mes trapèzes. Le voilà qui se blottit encore, un peu plus, encore…Joue de la cithare, Memphis, envoûte-moi, fais-moi planer au-dessus des montagnes. Et quand sa remarque surgit des flots azurs, je ne tique pas le moins du monde. C’est un des effets que produit mon handicap. Curiosité ou bien dégoût. Apparemment Memphis répond au premier penchant.

- Ohh, et bien, ne sois pas effrayé, c’est tout. Je les garde fermés la plupart du temps pour …parce que les gens n’aiment pas ce qu’ils y voient. Je ne leur reflète rien, ce qui les rend nerveux. Mais ça ne me fait pas mal, ne t’inquiète pas.


Je tâtonne et saisis ses mains pour les amener à toucher mes paupières tièdes, et petit à petit, le laisser entrevoir la vérité. Deux sphères bleues, autrefois saisissantes, aujourd’hui pleines d’une douce tristesse. C’est ce que disent Kagame et Sam.

- Ne sois pas gêné, nous sommes seuls, personne ne viendra te reprendre, sois toi-même, d’accord ?

Nous trinquons et je bois le vin avant de m’exclamer : « Délicieux ! » à la fois étonné par ses multiples talents. Il sait choisir le vin, jouer de la cithare, se rendre indispensable à l’existence en quelques secondes, que sait-il encore faire qui puisse me transporter à des années lumières de cette pièce ?

- Sois toi-même, je t’y encourage. Au moins avec moi.

Déjà l’idée germe  en moi de revenir le voir, alors qu’au loin les minutes défilent à toute allure.

- Est-ce que…je peux caresser tes cornes ?

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MessageSujet: Re: Lá breithe sona ! "Joyeux Anniversaire !" [Memphis] [clos]   Jeu 29 Juin 2017 - 22:12


Lorsqu'il ouvre les yeux, je me tiens prêt. Il a dit que je ne devais pas avoir peur, n'est-ce pas ? Alors c'est qu'il y a quelque chose à redouter sans doute. Pourtant je suis déçu et soulagé en même temps, rien ne me choque dans ce regard. Il semble simplement... Triste. Mes mains, qu'il a posé sur son visage, glissent sur ses joues pour les caresser, mes pouces passent sur ses pommettes avant que je ne descende le long de sa mâchoire. Mon maître ce soir a un très beau visage, très symétrique et très bien taillé. En fait, toute sa personne est belle, même à l'intérieure, je crois. Ce n'est pas si fréquent.

— Ils ne font pas peur, tes yeux. C'est comme un ciel d'été avec des nuages blanc dedans. Et on dirait que tu regardes quelque chose que je ne peux pas voir. Comme s'il y avait un grand paysage juste derrière moi.

Je me retourne, juste pour vérifier qu'il n'y a rien. L'alcôve est toujours là. Ma propre bêtise me fait glousser et je reviens à mon client, qui mérite toute mon attention. Sa demande me fait rire à nouveau.

— Oui, autant que tu en as envie, Lawrence. Tout ce qui est au-dessus de ma ceinture est à toi. Et ma ceinture, elle est ici.

J'ai pris sa main libre et je l'ai posée juste au-dessus de ma hanche, là où comment le tissu et où l'on devine le pli de l'aine, qui descend discrètement plus bas. Il a de grandes mains avec des gestes mesurés, c'est un peu différent lorsqu'il me touche, j'ai l'impression qu'il explore au lieu de prendre tout de suite. Mais j'aime ça. Il me donne l'impression d'être une pierre précieuse dont on caresse à peine les arêtes pour le faire briller à la lumière.
Bien sûr, je ramène sa main à mon visage, dépose au passage un baiser dans sa paume et le guide ensuite jusqu'à mes cornes. Puis je me laisse glisser contre lui jusqu'à poser mon menton sur mes mains jointes, sur son torse.

— Ce sont des cornes faites pour porter le soleil. En Egypte il y avait un dieu, Apis, qui portait le disque solaire entre ses cornes. C'était un taureau sacré que l'on vénérait il y a longtemps. Mon premier maître, le prince, voulait vraiment que je lui ressemble. Pour que je puisse lui apporter le soleil sans qu'il ne le brûle.

Mes yeux se ferment tout seuls, sous les gestes qui vont et viennes sur ma tête. Je ne sens rien sur les cornes elles-mêmes, mais je sens le mouvement qu'on leur imprime et qui résonne jusque dans ma nuque.

— En arrivant à Dornia, j'ai eu peur de brûler mon maître. Et tous ceux qui venaient au club. Le soleil en Egypte est trop chaud pour ici. Alors je l'ai mangé.

Sourire sur mes lèvres. Je le sens intrigué pour mon histoire impossible. Alors je rouvre les yeux et lui prend le poignet pour porter une de ses mains à mon cou. Là, ma peau est très chaude et palpite au rythme de chaque battement de cœur.

— Tu vois ?

Sa main reste sur mon cou, mais la mienne va jusqu'à son poignet et suit son avant-bras jusqu'au coude et reste là, par-dessus la chemise, à dessiner des ronds sur sa peau à travers le tissu.

— Est-ce que tu vis en Irlande ? Comment est-ce ? Je n'ai jamais été en Europe. Et pendant que tu me racontes, je vais chercher la cithare et je joue, d'accord ?

Le lendemain est un espoir, pas une promesse.

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MessageSujet: Re: Lá breithe sona ! "Joyeux Anniversaire !" [Memphis] [clos]   Ven 30 Juin 2017 - 9:15

« Quelque chose que je ne peux pas voir… »

C’est le cas d’une certaine façon, à la manière des poètes antiques pour lesquels la vue avait laissé la place à une vision bien plus totale que celle des sens, je vois, perçois plutôt, le fourmillement de la vie dans la moindre de ses manifestations, et mon cerveau est si frustré de ne pouvoir se figurer les couleurs qu’il les fabrique avec une précision d’appareil photo, tandis que mon toucher sait identifier un grain de peu juste par effleurement.
Les caresses de Memphis m’apaisent et je repose le verre de vin, puis il fait descendre mes mains le long de son corps et je profite de l’occasion pour étendre mon portrait de lui, qui s’arrête sur la crête des hanches, non sans une légère attente de ma part. Mais tout est vite balayé par la bienséance. Ma main droite frissonne lorsque ses lèvres y déposent un baiser et je sens quelques papillons s’envoler derrière mes oreilles, siège de ma sensibilité tactile. Je m’avachis davantage et le laisse choisir une position bien plus entreprenante qu’elle n’en a l’air, si l’on omet que c’est son travail et que je suis bon spectateur.

- Ton maître était assez ambitieux pour vouloir copier les dieux.

Je referme les paupières, empruntant ce terme auquel je ne crois nullement. Il n’y a aucun dieu, et il n’y en jamais eu, sinon le monde ne serait pas dans cet état et n’aurait pas connu tant de tragédies, ce raisonnement n’a pas besoin d’une lourde argumentation pour tenir debout. Son histoire m’amuse et pourrait très bien figurer dans un livre pour enfants, si les enfants lisaient encore de leur propre chef. Ses cornes sont un véritable bijou de la génétique et après avoir épousé chaque détail de leur courbe si particulière, ainsi que leurs pointes, je redescends dans les somptueux cheveux du jeune homme. A-t-il conscience qu’il n’est que le fruit d’un fantasme ? Peut-être qu’il n’a pas envie de voir plus loin, ou peut-être qu’il en joue ? Il est si impliqué dans son rôle que je ne sais quoi penser. Et je ne veux pas le vexer avec mes suggestions. Pourquoi est-ce que je veux toujours rétablir la vérité ?! Je ne peux pas me contenter d’apprécier ma soirée ? Kagame si tu m’entends…aide-moi…Je ne sais pas quoi répondre, alors j’acquiesce pour la cithare et profite de son éloignement provisoire pour engloutir le vin et me resservir histoire de me détendre un peu plus, ce qui n’est pas une mince affaire ; ce corps est résistant aux effets de l’alcool et je lui en veux mortellement pour ça !

- Peut-être que si tu portais le soleil en Irlande, il y ferait meilleur.

Je souris en appuyant ma tête dans une paume, mon oreille s’éveillant aux premières notes comme un enfant lève les yeux sur un sentier nouveau dans la forêt.

- Il faut un cœur endurci pour vivre là-haut. Toute ma famille y a vécu, je n’envisage pas d’aller ailleurs, mais tu n’aimerais probablement pas. Il y pleut plus que souvent, les nuits sont emplies de tempêtes, et la mer gronde. Tout cela est bien loin de l’Égypte brûlante que tu connais, mais…l’Irlande est magique.

A mon tour de me lancer dans une petite histoire, et je le sens pendu à mes lèvres, ce qui n’est pas pour me déplaire.

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MessageSujet: Re: Lá breithe sona ! "Joyeux Anniversaire !" [Memphis] [clos]   Dim 2 Juil 2017 - 1:59


La cithare est parfaitement accordée, je l'ai vérifiée avant que mon client n'arrive. On ne peut pas proposer de jouer d'un instrument si on sait qu'il n'a pas été accordé. Pour l'auditeur, devoir subir le grincement des cordes que l'on tente d'ajuster n'a rien d'agréable ou de relaxant, ça aurait été une terrible faute de ma part de ne pas y penser avant. Après être allé chercher l'instrument un peu plus loin, je m'installe en tailleur à côté de Lawrence et commence à jouer. Mes doigts connaissent le chemin par cœur, ainsi je peux me concentrer sur les histoires du vampire, en l'interrogeant parfois. Qu'est-ce qu'un troll ? Pourquoi les Dame blanches font-elles peur ? Comment l'orage peut-il mettre le feu à quelque chose alors qu'il pleut en même temps ? S'il y a toujours des nuages, comment fait le soleil pour faire pousser les plantes ? Est-ce que ce n'est pas un peu contraignant de devoir toujours prendre un parapluie ?
Je le laisse me raconter quelques légendes et lui en redemande car j'aime trop les histoires pour laisser celles-ci me passer sous le nez, il me parle de la mer, de l'alcool, du vent et des chevaux. Je ne sais pas quelle couleur à l'Irlande, à quoi ressemble ses paysages, mais j'ai l'impression de la sentir un peu... J'aime la façon de parler de ce vampire et l'amour qu'il met dans ses mots pour son pays. Les dernières notes s'éteignent alors qu'il termine de me raconter une promenade à cheval le long de la côte.

— J'aimerais bien voir l'Irlande.

Je pose l'instrument et me rapproche, reste agenouillé à côté de lui et lui prend la main pour qu'il sache où je suis. Peut-être que ce n'est pas nécessaire, habituellement je ne suis pas aussi... Permissif, en termes de contacts, pour une première rencontre. Mais Lawrence n'a pas ses yeux pour me voir et moi j'aime sentir la paume de ses mains sur moi. C'est égoïste, n'est-ce pas ? Pourtant il m'a dit d'être moi-même, pour pouvoir apprécier pleinement ma compagnie...
Je lie mes doigts aux siens.

— J'aurais sans doute froid là-bas, mais j'aime beaucoup les histoires et c'est un pays qui en a plein ! Cela vaut d'investir dans un parapluie.

Je glousse et me rapproche encore. On ne m'a jamais proposé d'être moi-même, mais je remarque qu'il m'est très facile de sortir du moule. Après toutes ces années et l'extraordinaire éducation que l'on m'a offert, j'aurais plutôt parié que cela soit difficile de montrer à un client ce qu'il y a sous le masque que je présente d'habitude. Est-ce que cela veut dire que je suis plus attaché à faire plaisir au maître que je sers qu'à l'image que j'entretiens ? Ou est-ce que c'est uniquement parce que ce soir, c'est Lawrence qui me le demande ? Il ne ressemble à personne que je connaisse, parce que je ne connais que des gens habitués à venir dans ce genre d'établissement, à avoir le genre de compagnie que je dispense. Comme lui il ne sait pas faire, alors il fait à sa façon, et moi je me laisse entraîné par le courant.
Cette fois, je m'assois au même niveau que lui plutôt qu'entre ses jambes, mais je l'incite à passer son bras autour de ma taille. En faisant bien attention à mes cornes, je pose la joue contre son épaule.

— Lawrence, tu me dis qu'il y a souvent des tempêtes chez toi, est-ce que ça ne te fais pas peur ? En journée, c'est déjà effrayant quand le vent se lève fort, comme s'il voulait t'arracher du sol, mais quand il fait nuit et que l’on n’y voit rien... Tu as quelqu'un pour te tenir compagnie chez toi, n'est-ce pas ? Pour pouvoir t'aider quand il fait trop mauvais dehors.

J'essaye de m'imaginer ce que cela doit être d'entendre le tonnerre et le vent contre les murs de ma maison alors que je ne peux pas y voir. Juste du noir et des bruits effrayants. Il a forcément des esclaves pour l'aider, simplement ils ne sont pas ici ce soir parce que ce n'était pas pratique de les emmener partout. Ils doivent être bien traités. Cet irlandais à l'air aussi attentif que mon prince, ça me rend un peu envieux, bien que je ne puisse pas me plaindre vraiment de mon propre maître.
Du bout des doigts, je joue avec le bouton de sa pochette de chemise. Il doit bien le sentir, sur son pectoral gauche. Est-ce mon imagination ou y a-t-il vraiment autant de muscle que je le crois sous ce vêtement ? Memphis, attention... Tu commences à devenir trop curieux.
Le lendemain est un espoir, pas une promesse.


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MessageSujet: Re: Lá breithe sona ! "Joyeux Anniversaire !" [Memphis] [clos]   Lun 3 Juil 2017 - 13:21

Autant de questions qui sortent de sa bouche, et c’est avec bienveillance que j’essaie d’y répondre, inventant parfois, imaginant d’autres fois, essayant de nous faire évader l’un l’autre de ce boudoir qui ne nous ressemble pas. La musique est reposante, légèrement mystique, et je me laisse porter par d’autres ailes. Je lui dis que l’Irlande est un pays accueillant quand on a su braver le froid, que les pubs sont plein d’aventures et d’odeurs délicieuses de cakes et de whisky pure malt, que les maisons sont chauffées au bois, qu’on peut entendre mugir le vent sur les prairies en galopant, que la mer ne permet pas de se baigner mais que si on tend l’oreille, elle nous murmure des merveilles, des secrets profonds, car l’océan est plus ancien que les montagnes et gardien de mystères insondables pour les hommes.

- Tu as raison. Pour ma part j’évite le parapluie car je me déplace le plus souvent à cheval, tu comprends que c’est compliqué. Mais si un jour ton maître t’emmène aux alentours de Siglo, tu pourrais venir me rendre visite, et je t’attendrais avec un parapluie…arc-en-ciel.


Je souris, radieux à cette pensée. Chacun sait qu’elle est impossible, irréalisable, mais qui viendra me l’ôter ? Quand il cherche à se blottir plus intimement contre moi je reste quelques secondes un peu raide, ne sachant guère comment lui faire bon accueil et éviter de passer pour le novice que je suis. Son parfum me parvient et je le savoure en approchant mon visage du sien.

- Les tempêtes qui sévissent au-dehors ne sont pas les plus terrifiantes.

Dis-je d’une voix de confession, comme auprès d’un feu. Saura-t-il déceler l’allusion inconsciente au mal-être qui me ronge ? Je ne veux pas que l’on s’apitoie sur mon sort, mais c’est bien malgré moi que ces mots sortent.

- On ne peut rien contre le vent, et s’il veut nous arracher du sol il n’y a rien que l’on puisse faire. C’est toujours la nuit pour moi, alors ça ne change pas grand-chose tu sais.


Mes doigts sont montés caresser son bras, puis son épaule, de gestes longs et lents, comme si nous nous connaissions depuis longtemps déjà.

- Ce que je ne vois pas ne peut me faire de tort, c’est ce qui est…à l’intérieur, le plus dangereux, le plus…imprévisible. Alors que c’est ce que l’on connaît le mieux. La logique voudrait que je craigne le vent qui veut m’arracher du sol, mais en réalité s’il pouvait m’arracher à moi-même…


Silence.

Je suis allé trop loin. Ces propos n’ont pas lieu d’être le soir de mon anniversaire, en pareille compagnie. Memphis n’a sans doute pas envie d’entendre son client se plaindre, ou évoquer des sentiments mélancoliques. Mes doigts s’arrêtent sous ses cheveux. Je ne réponds plus.

- As-tu encore des rêves, Memphis ? Si tu en as, tu dois les réaliser, ne pas attendre qu’on te les efface, que quelqu’un te les prenne, ou que le Temps ne les rende ternes. Je sais, ce sont les paroles d’un vieil homme qui a vécu ta vie de nombreuses fois, mais…


Pourquoi est-ce que je me sens le devoir de le protéger ? Est-ce que j’aurais la prétention de le prémunir contre la violence extérieure ? Contre sa propre position d’esclave ? Je ne suis pas un héros…Son sort lui sied, je n’ai pas le droit d’intervenir. Il a un maître. Mais c’est dans ma nature profondément tournée vers les autres. J’ai vu trop de morts cruelles pour garder…les yeux fermés. Le Destin s’est un peu moqué de moi de ce côté. Le dos de ma main vient caresser sa joue si douce.

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MessageSujet: Re: Lá breithe sona ! "Joyeux Anniversaire !" [Memphis] [clos]   Lun 3 Juil 2017 - 18:08


Il ne répond pas vraiment à ma question et d'habitude cela ne me dérange pas que les maîtres évitent mes questions. C'est souvent parce qu'ils ne sont pas à l'aise avec le sujet ou parce qu'ils ne souhaitent pas me répondre et sont assez polis pour simplement esquiver. Moi je dois alors trouver un autre terrain et ne plus les relancer pour éviter d'être désagréable. C'est la règle. Mais avec Lawrence, j'ai l'impression d'avoir ouvert une boîte de Pandore et que son contenu se déverse à l'extérieur à cause de ma curiosité. Il m'a l'air tout à coup très triste. Vraiment très triste.
Il fête aujourd'hui plus de quatre cent ans d'existence et j'imagine à peine toute l'expérience qu'il peut avoir accumulé, les mauvais souvenirs et les désillusions, mais il a l'air d'être beaucoup plus affecté que les autres vieux vampires que je connais. Voir les gens malheureux me remue toujours beaucoup. Mon précepteur me disait que c'était une bonne chose d'être sensible à la détresse des autres, mais qu'il ne fallait pas que cela affecte mes capacités à servir mon maître. Je m'y suis employé autant que possible, mais dans ce cas précis, je pense pouvoir allier les deux, n'est-ce pas ?
J'hésite un instant, puis je bouge à nouveau. Me mets à califourchon sur les cuisses du vampire et lui prend doucement le visage entre les mains, pour pouvoir poser mon front contre le sien.

— Il ne faut pas être inquiet pour moi. Je suis ici à ma place et c'est réconfortant de savoir que l'on accompli ce pour quoi on a été destiné. Ici je suis précieux et utile.

Je me laisse aller contre lui pour partager mon soleil et essayer de chasser la pluie que je devine tout au fond de ses mots. Il faut qu'il me prenne dans ses bras et qu'il me serre, qu'il se réchauffe et qu'il s'abrite au lieu de penser aux mauvaises choses. Je veux l'aider. Mes bras passent autour de son cou et c'est moi qui l'enlace le premier pour essayer de lui prendre un peu de son fardeau.

— Tu es une belle personne, Lawrence. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Je ne sais pas ce qui te rend triste, mais tu ne mérites pas d'être malheureux, surtout pas ce soir ! Je suis désolé, c'est de ma faute si tu as des pensées grises, je pose trop de questions.

La façon qu'il a de me tenir... Est-ce que je suis précieux pour lui aussi ? Est-ce qu'il veut vraiment mon bien à ce point ? Ce n'est pas un toucher qui dit "à moi" ou "je veux", j'ai l'impression qu'il dit "tu es à l'abri". Et effectivement, je me sens en sécurité. Pourtant on ne m'a jamais fait de mal, on ne m'a même jamais menacé. Tout à l'heure, j'irai me changer et j'attendrais l'employé de maître McAlister, il me raccompagnera à l'appartement avant de rentrer chez lui. Je serai tout seul, je me ferai à dîner quelque chose de simple, sans doute devant une série quelconque, puis j'irai dormir dans un grand lit, derrière une porte qui se ferme à clé. Je ne crains rien, ma vie est paisible et je reçois toute l'attention dont j'ai besoin au quotidien grâce aux clients du club. N'est-ce pas ? Je suis bien dans cette vie, pas vrai ? Alors pourquoi ai-je l'impression d'être capricieux en voulant toujours plus ? En espérant avoir ce que je n'ai pas, alors que l'on m'accorde déjà tellement ?
J'aimerais que l'on me tienne comme ça tous les jours. Que l'on s'inquiète pour moi tous les jours, pas juste parce que je ne pourrais plus faire mon travail, mais parce que mon bien-être serait le soucis de quelqu'un. J'aimerais pouvoir rentrer et qu'il y ait de la vie à la maison, ne pas devoir dîner tout seul et ne pas dormir tout seul.

Cela ne se fait pas réclamer aux maîtres et je ne dois pas faire de caprices d'enfant. Alors je ravale tout ça très vite, au fond de moi avant que ça sorte. Ce n'est pas de moi que l'on parle, jamais. Ce n'est pas moi le client.
Je m'écarte juste un peu, juste assez pour que nos nez se frôlent.

— Je t'aime bien, Lawrence. J'ai envie que tu souri, comme quand je suis arrivé près de toi. Et j'ai envie de te faire un cadeau, pour ton anniversaire, mais je ne sais pas ce qui te ferai plaisir. Alors s'il te plaît, demande-moi ce que tu veux, je te l'offrirai ! J'ai envie que tu sois heureux à nouveau.

Et je sens mon cœur s'alléger rien qu'à cette pensée. Il a parlé de rêve et je ne suis pas certain de savoir ce que ça doit être, mais est-ce que ça compte comme accomplissement de le faire à nouveau sourire ?
Le lendemain est un espoir, pas une promesse.

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MessageSujet: Re: Lá breithe sona ! "Joyeux Anniversaire !" [Memphis] [clos]   Dim 9 Juil 2017 - 21:30

« C’est réconfortant de savoir que l’on accomplit ce pour quoi on a été destiné ! »

- Lawrence ? Tout va bien ? Tu n’as pas dit un mot depuis qu’on est parti…

Ah ? Mon attention vient de se reconnecter et je reviens sur terre, dans la rue, avec Kagame. Il s’est mis à pleuvoir et inconsciemment je sens une vieille tristesse poindre dans ma poitrine. Mes doigts serrent son bras et j’incline la joue pour effleurer son épaule un peu plus basse.

- Merci pour ton cadeau, Kagame. Je crois que je devrais sortir plus souvent.

- Tu n’es pas si associable, fils !

Je souris, guidé par le tap, tap ! que produisent ses talons sur les pavés. Mais les mots de Memphis résonnent encore en moi, me laissant un amer goût de défaite et d’incompréhension. Il est donc heureux de sa captivité ? J’ai toujours eu du mal avec les métiers…serviables. On me reprochait de ne pas toucher les prostitués dans la brigade, ni des mains ni du regard. J’aimais Leila, et j’ai été père très tôt, et j’avais toujours la désagréable sensation d’être en face d’une personne qui n’avait pas choisi son destin. Memphis a été conçu pour les plaisirs qu’il dispense, et si sa musique est un enchantement, elle serait bien plus belle hors de la cage dorée dans laquelle on conforte son sentiment d’utilité.

- Avec moi, il…

- Lawrence…tu ne peux pas désirer sauver tout le monde. Il n’a sans doute pas envie d’être sauvé, il ne comprend probablement même pas ton point de vue sur lui. Tu sais que je tiens à toi, mais ta façon de penser ne colle pas à notre système…


Sa main libre vient caresser le dos de ma main humide de pluie. Mes cheveux me tombent sur les paupières, l’eau fraîche ruisselle sur mon visage et m’apaise quand je lutte intérieurement contre des injustices que je semble être le seul à voir. J’acquiesce. Kagame s’arrête, me prend par les épaules et se hisse sur la pointe des pieds pour embrasser mon front. C’est sa manière de me dire que je suis un bêta mais qu’il m’aime, et il a le mérite de ramener le soleil sur mes traits.

- Tu ne pourras pas m’empêcher de croire que je pourrais changer tout ça. Memphis est…il est troublant. J’avais l’impression qu’il ne me jugeait pas, pas une seconde.


C’est là le peu que je puisse souhaiter, moi qui ai si peur d’être rejeté par un compagnon que je choisirais…un jour.
« Tu es une belle personne, Lawrence…tu ne mérites pas d’être malheureux ! »
Je ne crois pas être malheureux, je fais souvent le point, je ne me laisse pas envahir…mais certains souvenirs sont plus puissants qu’une volonté d’orichalque, et les faire taire m’est presque impossible. Il ne comprendrait pas si je lui expliquais, si je lui racontais, et ce ne serait pas une faiblesse d’intelligence, ce serait simplement l’illustration de la distance temporelle qu’il existe entre lui et moi. Parfois j’aurais préféré disparaître au lieu d’errer comme je le fais.

Kagame monte rapidement se coucher, quant à moi je finis par m’endormir sur la tablette que Cidhe m’avait offerte en venant à Siglo, et mes rêves ne sont pas angoissants ce matin-là, ils sont peuplés de tendresse, de mots murmurés dans une langue que mon cerveau se permet d’inventer…de l’égyptien ? Memphis se colle encore contre mon torse, mon cadeau d’anniversaire…car pour moi il ne pouvait y avoir rien de mieux qu’un peu de sa chaleur, quand je suis incapable d’admirer sa beauté.
Il a chanté, encore, doucement, comme une berceuse pour un enfant malade, et j’ai gardé les paupières closes.

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Lá breithe sona ! "Joyeux Anniversaire !" [Memphis] [clos]
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