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/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

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La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ
Amduscias le Blanc
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Amduscias le Blanc
MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Dim 11 Juin 2017 - 12:02

Tu perçois des regards sur toi, des murmures sur toi, on te hume, on t'estime, on se compare à toi, inutile de dire que tu attires une attention détournée et discrète, parce qu'on n'ose pas t'aborder, te déranger, et cela te satisfait. Tes semblables ont une sorte de respect natif pour toi, parce que tu es un dominant parmi les dominants, et qu'il faut avoir plus que le pantalon rempli pour t'interrompre dans tes pensées, dans le roulis des vagues infinies de tes rêves. Tu fermes une seconde les yeux et le temps se distend comme tordu par les mains d'un dieu, avant qu'on ne te tire de là où tu t'évadais sans prévenir.
Les parasites. Ils sont si nombreux. Ils rongent tout, les pieds de table, les os et même ta nervosité que tu as tant de mal à calmer, même si cela reste profondément secret. Tu ne montres pas ton impatience de le voir déguerpir. Quelle idée va-t-il donc te soumettre et qui vaille la peine qu'il prenne le risque de te solliciter ? ...
Oh. Tes jambes se décroisent. Ton oreille s'ouvre à cette conversation unilatérale. Mais ce qui te fait tiquer au-delà de l'intolérante audace, c'est ceci, cette petite ...phrase : "Il m'a confié que vous n'étiez pas certain d'apprécier sa présence". Ohh le vilain chien. Aussitôt, ton cerveau happe la conscience du cabot, tu te faufiles en lui sans même le trouver du regard, connaissant parfaitement le chemin, et tu lui glisses une idée, une toute petite idée, murmurée, là, contre son oreille interne... : "Je te laisse un peu d'avance. J'espère que tu cours vite."
Puis tu sors comme tu es venu, doucement, serpent subtile et sinueux. Tu sors tes crocs tout en te levant, ton visage démoniaque aux yeux incrustés de pierres de colère quand tu piétines l'espace de sécurité de ce "Sato-san", et tu te plantes devant lui, comme si tu allais le pulvériser d'une seule pression de tes sourcils entre eux. Mais tout au contraire, tu finis ta flûte, et la casse dans ta main. Le bris attire l'attention mais ça ne fait rien. Cette soirée part en vrille. Le japonais hésite entre te craindre et siffler ses homologues, car il est mafieux ça ne fait aucun doute. Seulement il éprouve un respect fasciné pour ta violente nature. Le cristal te déchire la paume et ton sang noir goutte, goutte...goutte sur l'herbe. Puis tu cicatrises, immédiatement.

- Cher Monsieur Sato, vous comprendrez que je ne cède rien. A personne. Et que ce que je désire faire ou ne pas faire, tolérer ou ne pas tolérer de cet esclave, me regarde et n'intéresse que moi. Alors avant d'importuner un pauvre propriétaire avec vos sottes propositions, vous devriez vérifier que votre égo est à la hauteur. Bonsoir.

Tu disparais. Tout ceci n'a que trop duré. Drake a apparemment compris la menace, après tout, il a tenu son engagement, la soirée est finie. Et tu as grand appétit. C'est trop facile. Tu sors dans la cour, passe les pavés énormes et glisse ta silhouette sous le torii rouge du portail. La rue est là, immense, et la ville tout autant. Pourtant tu le flaires, tu te gaves de son odeur, et tu sourirais presque en sentant les bords de son esprit que tu ne peux pas encore atteindre, pas tant que tu n'auras pas adopté une allure plus vive. Une allure de vampire. Tu défais ta cravate or, la laisse choir, et tu t'élances. La chasse est ouverte.

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MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Dim 11 Juin 2017 - 15:10




J'ai mangé, j'ai bu, je me suis même reposé dans l'avion. Autant dire que je suis au top de ma forme, à l'heure actuelle. Et ça tombe bien, parce que quand les quelques mots de Charles me griffent l'esprit, je me sens de taille à lui filer entre les doigts. Sale connard de merde, toutes les excuses sont bonnes pour me torturer.
Je quitte l'attitude décontractée que j'avais adopté jusque-là et me redresse pour quitter mon poste d'observation, direction la porte principale pour sortir d'ici. Exit le gentil chienchien d'appartement, il est l'heure de ressortir les instincts de chasseur et de prendre la tangente. Je franchis le portail en parvenant à maintenir une allure raisonnable et puis je file. Je pars que quart de tour, direction les grands boulevards. Mon nez est encore plus efficace que mes yeux et je sais qu'il rivalise sans peine avec le flair des vampires. Alors je sais d'expérience que noyer sa trace au milieu de millier d'autres est la meilleure façon de ralentir son adversaire. C'est comme dérouler un ruban dans un tas d'autres rubans, ça rend les choses plus compliquées.

Je trace et arrive très vite là où il y a de la foule, je me faufile entre les gens, parmi la circulation et je choisi une rue au pif. Mes yeux fouillent le décor tout autour, j'ai la truffe en alerte et les oreilles grandes ouvertes. Ici c'est pas comme en forêt, mais ça présente quelques avantages quand même. Rapidement je tombe sur des stands à ciel ouvert, des boutiques sur le trottoir où on vend de tout. C'est parfait ! Je mets moins d'une minute à trouver celle qui propose des outils de bricolage et j'emprunte une grosse pince pour sectionner mon collier électrique. Une petite impulsion d'adieu me fait grimacer et je suis enfin libre ! Vite, faut repartir au galop. Bien sûr, je laisse la pince sur place mais j'emporte le collier pour le jeter dans la première bouche d’égout que je trouve sur mon chemin. Pas question que quelqu'un mette la main dessus et s'en serve pour me traquer.
Le fantôme d'une présence m'effleure l'esprit et me fait l'effet d'un coup de fouet dans le dos. Je bloque ma cervelle, ferme tous les accès et j'accélère, tourne dans une ruelle, saute par-dessus une porte grillagée et renverse des poubelles sur mon passage. Pas que ça masque mon odeur, mais ça rend l'endroit sale et difficilement praticable. Pour être honnête, je ne sais pas de quoi est capable le corps de Charles, mais j'ai bon espoir qu'il ne soit pas aussi athlétique que moi malgré ses super pouvoirs de vampire. Donc logiquement, si je rends le parcours difficile, je m'assure de garder une longueur d'avance. Pour ce qui est de lire dans mon esprit, même s'il y arrivait, il ne pourrait pas déterminer de schémas pour ma fuite, tout simplement parce que je suis putain de paumé ! J'ai aucune idée de là où ch'uis !

Bizarrement j'ai l'impression qu'un truc est juste sur les pas et ça me rend nerveux as fuck. Je tiens la distance, mon souffle est régulier et j'entends mon cœur qui cogne dans ma poitrine comme un taré, mais j'me sens aussi vivant. Ça faisait longtemps que j'avais pas cavalé comme un dingue, dépensé mon énergie à un truc qui a du sens. J'ai passé trop de temps enfermé dans ce putain de manoir, trop de temps à être sage !
Mon front se mouille de sueur et je m'essouffle un peu. C'est que ça fait un moment que je cours et saute et esquive les gens sans savoir quelle direction prendre. Par réflexe, je m'enfonce de plus en plus dans les coins un peu craignos, là où il y a moins de monde mais plus de portes fermées, de cul de sac et de choses à escalader. Je passe par les cuisines d'un petit resto miteux, je bouscule un type qui fumait sa clope, je griffe mon beau costume sur la grille d'un entrepôt dans lequel j'entre.

Mon souffle est lourd, rapide, me fait haleter alors que je ralentis pour passer au trot et prendre le temps d'analyser les options. Je suis environné de hangars et de matériel de déchargement. Si je traverse pour passer le mur d'enceinte au sud, ça obligera Charles à faire pas mal de sport pour me rattraper ou un grand détour pour éviter d'entrer. Solution avantageuse donc, je valide. Je reprends la course.
Sauf que j'aurais sans doute dut penser qu'il y aurait un peu de surveillance. Par "chance", je me fais bloquer la route par deux esclaves. Des putains d'armoire à glace qui ont l'air de pas trop aimer que je traîne par ici. Merde, cassez-vous à la fin, j'ai pas le temps de sucer la queue pour vous amadouer ! Je grogne, ils montrent les dents, me balancent un truc en japonais, je les insulte en anglais. Le premier a l'air humain, l'autre il sent le félin. Je jette sur le côté et recommence à courir, du coup ils se lancent à ma poursuite. J'entre dans un hangar ouvert et remplis d'un tas de merdier. L'humain a l'air de galérer pour y voir, mais pas son pote qui me fonce dessus. On roule au sol, on se chope au cou, aux épaules, à la gorge et on essaye de cogner ou de griffer. Il me lacère la face du front jusqu'à la pommette mais je lui colle un pain dans la gueule qui le sonne. Du coup j'en profite pour lui mordre l'avant-bras, le premier truc qui passe à portée, et le goût du sang me descend sur la langue. J'essaye de l'étrangler, il se débat mais je le lâche pas et j'me retrouve au-dessus de lui à lui frapper la tête par terre. Aucune idée de si ça l'assomme ou le tue, je m'en cogne. Tout ce que je sais c'est qu'une fois qu'il arrête de résister je me lève et je repars en courant en essuyant le sang qui me coule sur les yeux. Dans mon dos j'entends l'humain gueuler et je vois le faisceau d'une lampe torche, mais il est trop occupé à s'occuper de son pote pour s'inquiéter de moi. Alors je sors comme un dingue du hangar et je cours jusqu'au fond de la zone de déchargement pour sauter par-dessus le mur grâce à une benne à ordure. J'ai perdu trop de temps, fais chier !

Charles est peut-être loin, ou alors il peut être juste sur mes traces et alors je suis juste mort. Il va me défoncer la gueule s’il me met la main dessus.


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Amduscias le Blanc
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Amduscias le Blanc
MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Dim 11 Juin 2017 - 17:05

Ton corps n'a pas l'habitude de se livrer à des activités physiques, mais l'avantage c'est que tu n'en ressens pas de vraie difficulté. Drake est loin, tu sens son flux mental t'échapper, mais ça n'a pas d'importance. Tu n'es qu'une ombre parmi les autres, zébrée, blanche, noire, une pensée qui frappe, qui court, qui cherche, excitée, agacée, acérée. Par simple réflexe, tu appuies sur le petit boîtier relié au collier mais aucune réponse. Évidemment il a déjà brisé ses chaînes. Tu fulmines, au summum de l'extase parce que cette traque urbaine te met le feu aux reins. C'est toi qui l'as provoquée, toi qui as ordonné au chien de fuir, mais tu as tellement hâte de le retrouver pour le punir d'avoir osé mendier sa cause auprès d'un autre, et si tu ne connais pas le fin mot de l'histoire tu t'en fiches : l'action seule t'intéresse. Pour le moment. Habitué à ce que l'on te serve tes proies sur un plateau d'argent, l'exercice est complexe pour toi qui dois déceler les filets de centaines de milliers de personnes. Vampires, humains, hybrides, aux odeurs plus perçantes les unes que les autres. Tu ne parviens pas à étendre correctement ton emprise mentale, c'est trop bruyant, toutes ces têtes sur ton passage, autour de toi, ton pouvoir est considérablement réduit mais cela ne t'empêche pas d'arriver dans une ruelle miteuse où des poubelles ont été jetées en travers de la route. Tu sors un mouchoir et essuie tes lèvres ouvertes. Le col de ta chemise est vague, tes cheveux emmêlés, tu ruisselles de sensualité prédatrice quand tu te remets en marche, bondissant sur les murs, chauve-souris d'apparence humaine.
Il va vers le port, les docks. Sa trace est plus forte maintenant qu'il s'éloigne des foules et des commerces engorgés. Tu lances ta toile, elle rate, une première fois puis atteint juste sa nuque. Tu le sens tressaillir mais tu perds ensuite le lien. Patience. Tu cours encore, plus vite, pénètres un entrepôt désaffecté dans lequel tu peux suivre des marques de sang frais. Deux esclaves sur ton chemin et tu leur violes le crâne pour savoir par où ton chien a fui. Par là. Le mur. Il lui reste peu d'avance. Peut-être juste assez pour que tu lui pardonnes de t'avoir mené par monts et par vaux.

....

Charles avait raison. Il n'avait pas fallu mille prétextes ni mille occasions aux siens pour le suivre et se mettre à pister ledit esclave dont ils avaient tant entendu parler, et donc ils avaient senti la présence au Manoir. Ce n'était pas la première fois qu'ils "nettoyaient", nombreux sont les membres qui faiblissent en vieillissant et prennent un esclave, mais Charles, ça c'était un mystère pour tout le monde. Lui le grand manitou, l'insensible, le cruel, on avait encore du mal à comprendre ce lien qui les unissait, si lien il y avait. De toute façon, c'était interdit, la répression aurait lieu dans le sang, et la mauvaise influence du chien ne serait plus qu'un souvenir lointain : on espérait que Charles retrouve ses esprits après cela. Empuse ne s'était bien sûr pas déplacé personnellement, mais trois vampires locaux se chargeaient déjà de suivre la bête à queue. Et la soirée finissant au mariage par un concours de circonstance avait joué en leur faveur. Charles n'était pas loin, mais ils avaient le temps d'agir. L'un d'eux sortit de l'ombre d'un conteneur et attrapa le chien au collet, le retournant et le plaquant au mur tandis que les deux autres lui attachaient les poignets en évitant les coups de griffes et de crocs de la furie, puis bandaient ses yeux en lui tirant les cheveux en arrière. Un coup de genou dans le ventre conclut la séance.

- Shikushoooo... Junbi ga kanryō !! [Putain fait chier...il est tout prêt !]

- Konjônashi ! Damare... Sâ. [Pauvre sans couille va ! Ferme ta gueule...on s'arrache.]

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MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Dim 11 Juin 2017 - 20:07



Oh putain de merde !
Ce frisson, c'était clairement pas un courant d'air ! Charles est dans les parages et moi je suis dans la merde jusqu'aux yeux si j'accélère pas. Cette baston m'a fait perdre mon temps, si j'avais pu tracer sans me retourner je suis sûr qu'il m'aurait perdu de vue. P't'être même que j'aurais piqué une tête dans l'eau pour être certain qu'il puisse pas me retrouver.

Mais au lieu de ça, je me suis fait intercepter comme un ballon de rugby par trois types que j'ai été assez con pour pas sentir venir. Trop occupé à penser à mon adorable propriétaire, j'ai été distrait et voilà le travail. Même pas le temps de comprendre, je me fais chopper dans l'ombre et maîtriser avant de pouvoir me défendre correctement. Les mains attachées dans le dos, un bâillon en travers de la bouche, un autre sur les yeux, je rue comme un damné pour me libérer mais on me traîne en profitant que je sois aveugle pour me déséquilibrer. Je gronde, je tente de mordre, d'appeler, en vain.
L'odeur de Charles me picote le nez, il est pas loin. C'est son idée tout ça ? J'ai pas l'impression... Et ça m'inquiète un peu en fait, qu'on puisse déployer autant d'efforts pour une sale bête comme moi. Est-ce que c'est les types dont il m'a parlé l'autre jour ? Je pige toujours pas pourquoi on m'en veut à ce point.

Comme je fais encore trop de bruit, on me donne un autre coup dans le bide, qui me plie en deux, et on me charge sur une épaule large qui me secoue comme un sac. J'entends le bruit d'une portière qu'on ouvre, on me jette comme une merde sur un sol métallique et on referme. Moteur. Embrayage. Le van où je suis démarre à toute vitesse et moi je me cogne à chaque tournant.
Aucune idée de combien de temps ça a duré. Des heures peut-être ? En tout cas, aucun de ces gars n'a l'air de parler anglais et aucun ne porte l'odeur de Blondie, même un peu. Donc ils n'ont pas été en contact et ça exclu pour de bon l'hypothèse que tout ça ce soit une idée à la con du vampire. Ils me sortent brutalement après avoir coupé le moteur et me remette sur pied le temps que je titube jusqu'à cogner dans une chaise, sur laquelle on me fait m'asseoir. Rebelote, me voilà attaché.

J'entends les conversations mais je comprends rien. Ça sent le métal oxydé, l'huile de moteur et la graisse. On doit être dans un vieux garage et à entendre l'écho, ça doit être bien vide. J'admets que je flippe un peu. Qu'est-ce qui se passe, bordel ? Où je suis ? Pourquoi on me traîne ici ? D'habitude quand c'est la milice je sais ce qui va se passer, mais cette fois c'est différent.
Le bruit de pas d'une paire de chaussures à talonnette me fait lever la tête et on me retire le bandeau que j'ai sur les yeux. Un vampire s'approche, bien habillé et l'air aussi accueillant qu'une porte de prison. Je gronde et le fusille du regard. Pff, tu crois que j'ai peur de toi le vieux ? Il se penche et me chope le menton, m’observe et prend une mine dégoûtée. C'est ça trou du'c, tu crois que j'ai pas l'habitude ? Si je suis aussi dégueulasse que t'as l'air de le penser, tu m'expliques pourquoi tu t'es donné autant de mal ?

— C'est vraiment ridicule... Tu dois avoir des talents bien cachés pour qu'il se soit donné la peine d'enfreindre le règlement de cette façon. Tu ne brilles pas par ton physique, mon ami.

Je lève les yeux au ciel avec l'air de m'emmerder. C'est pour m'insulter qu'il m'a kidnappé ? Bravo champion.
Le type se désintéresse de moi pour aller parler avec ses acolytes. Je ne sais pas de quoi ils causent, mais ça doit être en rapport avec moi et ça me rend nerveux de pas comprendre.

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Amduscias le Blanc
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Amduscias le Blanc
MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Dim 11 Juin 2017 - 21:34

La place est vide. Vide. Pourtant tu l'emplis de ta frustration, et l'odeur du chien et de sa transpiration te gave le nez. C'est un fumet si intense, si complet, un grand cru, tu es obligé de reconnaître que cette odeur te met en transe. Mais tu es seul. Personne. Ni chien. Ni rien. En tournant sur le béton froid, tu trouves des traces de lutte et ton cerveau habile refait la scène sans mal. Il s'est bien débattu. Mais ils étaient plusieurs. Tu ressens deux, non trois auras, pas très puissantes, pas très expressives. Des secondes mains, dénuées de charisme et de grade, des sbires. Ce que tu redoutais est arrivé. On te l'a ravi, et tu n'as qu'un nom à la bouche sans avoir pourtant d'autres preuves que celles que ton instinct te soumet. Empuse. Qu'il soit là ou non physiquement, il s'est appliqué à ruiner ton séjour et à te rappeler le droit chemin, qu'il estime. Que tu n'estimes que quand il t'arrange, et si tu es un rigoureux maître de cérémonie, tu ne tolères pas que l'on t'empêche d'expérimenter, que l'on se mette au-dessus de toi. Il l'a déjà fait, il a cherché tant de fois à t'évincer. Ton père te protégeait, puis tu es devenu plus fort que lui mais il ne l'a jamais accepté. Sans entrer dans des considérations freudiennes, tu es certain qu'il fait un complexe d'infériorité.
Tu rabats tes cheveux en arrière. Ils sont toujours soyeux mais nettement moins blancs à cause de la poussière de la ville. Tu peux te targuer désormais d'être une sorte d'aventurier moderne, et ton chien est une sorte de trésor qu'on t'aurait volé.

Des marques de pneus font résonner en toi l'écho de leur crissement passé et tu te mets à les suivre. Ce manque de discrétion, de délicatesse, tu ne peux t'empêcher de te demander si tout cela n'est pas fait pour te traîner dans un piège ? D'ordinaire c'est toi qui tends les pièges, l'araignée tapie, c'est toi. Pour cette fois, tu seras le scorpion qui pique et qui détruit le nid.

Combien de temps cours-tu ? Pourquoi cours-tu ? Pourquoi te donnes-tu autant de mal pour ce chien ? La question reste suspendue. Tu es le dépossédé de cette affaire, et rien ne t'échappe tant que tu ne l'as pas décidé. Voilà ta motivation. Incomplète réponse. Il te plaît, c'est l'évidence. Ton pied s'enfonce un peu plus durant cette impulsion dans le sol, créant un semblant de cratère. Tu n'as pas le pied leste d'Achille, Charles. Tu dois compter sur ta détermination à frapper. Frapper fort.

La camionnette est là, comme si elle t'attendait. Ta veste t'étrique, tu la laisses sur le rétroviseur ; la chemise te colle au corps, à cette peau noire, bleue. Tu voudrais faire dans la dentelle en pénétrant le garage, mais tu as trop envie de savoir ce qu'on t'a réservé, ce qu'il se trame. Tu entends parler japonais, quatre voix. Une de plus que ce que tu avais cru comprendre. Te voilà, réceptacle de la remise en question du chef du petit groupe, groupuscule ridicule. C'est ça leur façon de te faire céder ? Tu ris, au plus profond de toi.

- Ce qui est ridicule, c'est votre entêtement à me contraindre à des règlements que mon propre sang a mis en place. Bien avant votre misérable existence. Qui êtes-vous pour dire si mon chien brille ou non dans le noir ? Qui êtes-vous pour me soustraire mon bien ?


Ta voix, intense. Orageuse. Sublime. L'homme en costume te surpasse en tenue mais pas en majesté sombre. Drake est là, attaché comme le chien qu'il est. Tu vois sa pomme d'Adam déglutir, mais tu ne te signales pas, de toute façon tu n'es pas son prince charmant, tu viens juste récupérer ta propriété.

- Tu ne peux pas toujours jouer la carte que jouait ton père, Charles, tu n'es pas ton père.

Qui peut donc te parler ainsi, on croirait entendre Empuse lui-même, et quand tu apparais dans la lumière fadasse des néons, tu reconnais un de ses chers petits chatons. Tu sais que ce ne sera pas facile immédiatement, qu'il sait sans doute tes capacités à l'hypnose, mais tu n'as pas le temps pour les fioritures et la politesse. Tu ne vois qu'une sentence. Tu te rues sur lui, l'emporte, mais sa force est supérieure à la tienne, ce qui n'est pas une surprise. Tu mords, il te frappe aux côtes. Vous aboyez tous les deux, l'un sur l'autre.
Qu'il te parle de ton père te rend furieux, qu'il soit l'envoyé de ce prévaricateur te rend furieux, que Drake soit ligoté par quelqu'un d'autre que toi te rend furieux.
Un combat de vampires n'est pas une chose anodine. Les murs souffrent, tombent par endroits, jusqu'à ce que tu parviennes à briser sa concentration, alors tu lui démontes la conscience, en fait des miettes et l'achèves en détachant sa tête de son corps. Du sang sur ta chevelure, du sang sur ta chemise, tes mains.
Tu n'es pas un gentleman, tu préfères le terme de "purificateur". Il en reste trois. Trois obstacles qui tremblent sur leurs positions.

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MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Dim 11 Juin 2017 - 22:48



Je sais pas comment il a fait pour arriver aussi vite, mais ça fait moins de quinze minutes que j'ai le cul sur cette chaise que déjà le big boss se ramène. Il a l'air d'avoir dépensé pas mal d'énergie pour me rattraper... Ça me fait bizarre. Je sais pas si on peut dire que ça me fait plaisir de constater qu'il se donne du mal pour moi, mais j'aime bien. En fait, j'aime bien être autre chose qu'un truc dégueu et indésirable. J'aime bien qu'on me courre après, qu'on se donne un tout petit peu de mal, comme pour le repas dans l'avion ou le buffet au mariage. J'aime bien avoir l'impression d'avoir un peu de valeur, même si c'est juste utilitaire. Il s'est fait chier à me retrouver alors qu'il aurait pu juste se fatiguer et me remplacer, du coup même si c'est con de penser ça, je suis plutôt content de savoir qu'il s'est cassé le cul à me suivre au lieu de m'oublier et de me remplacer par quelqu'un de plus accommodant. Après y a une partie de moi qui flippe carrément de la punition que je vais recevoir pour m'être taillé. C'est lui qui a donné le top départ, mais faut pas rêver : c'était juste pour le plaisir d'avoir une fausse excuse pour me réduire en bouillie.

Quoi que pour l'instant, c'est l'autre vampire qui se fait réduire en bouillie. J'ai jamais vu deux immortels se tataner la gueule pour de bon et je dois dire que c'est plutôt impressionnant. Ça quelque chose de fascinant de les regarder se déchirer en réduisant le décor en poussière. Heureusement, je reste pas inactif trop longtemps et profite de l'occasion pour essayer de me défaire des cordes à mes poignets. Elles sont bien serrées mais comme je tire dessus comme un bourrin, j'arrive à donner du jeu au nœud.
J'ai pas assez de temps pour me libérer cela dit parce que un des types remarque mon manège et donne un coup de pied dans la chaise, ce qui m'envoie au tapis. Du coup de m'attaque au bâillon avec les dents, histoire de pouvoir brailler un peu. Avec mes crocs, d'arrive a déchirer le tissu assez facilement, surtout qu'il est poisseux de bave vu que je le porte depuis un moment. Cela dit, je m'arrête de mâchouiller juste un moment en voyant l'adversaire du boss se faire décapiter comme une poupée de chiffon. Un vieux frisson pas très agréable me descend dans le dos. Putain, ça pourrait être moi à la place de ce pauvre type, un de ces jours... J'avoue, ça me flanque la trouille en même temps que ça m'impose un genre de respect admiratif. Je vois le sang tantôt noir quand il est trop épais, tantôt rouge quand il est sur les cheveux et la chemise de Charles. Ça lui donne une allure pas commode toute cette hémoglobine, mais par l'opération du Saint Esprit sans doute, il reste très classe. Peut-être qu'il est né avec le gène de la Classe en lui ?

Les trois blaireaux se pissent dessus et échangent un regard. Deux sont d'accord, le dernier beaucoup moins. Du coup ils ne sont que deux à se jeter en avant pendant que je troisième profite de l'occasion pour se tirer. Peut-être qu'ils comptent sur le nombre pour surpasser Charlie ? Je m'attarde pas là-dessus, je continue de déchirer mon bâillon maille par maille jusqu'à pouvoir m'en débarrasser. Les deux sous-fifres se jettent en avant, toutes griffes dehors et essayent de prendre en tenaille le patron. Ils arrivent à lui déchirer la chemise je crois, je sais pas s'il saigne. L'odeur ferrugineuse du sang est partout maintenant, sur moi à cause de la bagarre, sur lui à cause de son meurtre, sur les deux autres débiles parce qu'ils se font rétamer. L'odeur de la cendre aussi, vu que le cadavre du vampire décapité s'est désagrégé après quelques instants. D'ailleurs Charles le piétine sans considération, ça me fait marrer intérieurement.
Finalement, un des deux gus se fait arracher le cœur et l'autre décide qu'il vaut mieux se tirer rapidement. Charles Asmodeus - 2, sbires - 0. Reste à savoir si je vais faire un score négatif maintenant.

Je tire comme un dingue sur mes cordes malgré mon poignet gauche écrasé sous le côté du dossier de la chaise qui a basculé, mais c'est peine perdue. Le bâillon est par terre déjà, pourtant je préfère pas trop gueuler, j'ai peur que la Bête se tourne vers moi et décide de m'achever dans la foulée. Non, au lieu de ça, je le toise en grondant un peu, la queue entre les jambes et je tire sur les cordes. J'ai pas envie de savoir ce qu'il va me faire...
Le voilà qui s'approche, après avoir lâché le cœur qui s'est lui-même réduit en cendres. Il a la tronche barbouillée de sang, les mains tellement rouges qu'elles ont l'air de briller et je sais pas trop s'il est défoulé ou toujours furieux. Je m'agite et on entend les cordes crisser dans mon dos. Je dois lever les yeux pour le regarder, vu que je suis par terre. Ça doit lui plaire de voir son chien attitré incapable de se relever et devoir lever le regard vers lui.

— Yo Charlie... Rassure-moi, arracher le cœur des gens c'est pas ta façon de dire que t'es contrarié, si ? Nan parce que j'aime bien te contrarier, mais j'aime encore plus garder mon cœur là où il est, tu vois...

Ouais, c'est un peu pathétique, mais là tout de suite, si j'étais vraiment un chien, je serais couché au sol, les oreilles plaquées contre le crâne et la queue collée contre le ventre. Et je crois que ça se voit dans mes yeux.

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MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Lun 12 Juin 2017 - 14:14

Tu n'es pas le roi des démonstrations de force, ton point fort est tout aussi expressif mais beaucoup moins visible. Mais tu te défends bien, pourtant il y a longtemps que tu ne t'es pas battu de la sorte, si sauvagement, en te souciant si peu de ta tenue, de ton style. Non, tu arraches, pourfends, frappes, tailles, assommes avec bestialité. Et quand les pleutres quittent l'assemblée, tu te retrouves pantelant, du sang même sur ta bouche foncée, l'air hagard. Des cendres volent autour de toi. Ce n'est pas bon, ce genre de catharsis n'est pas bon pour toi. Tu te sens nauséeux, mais la voix de Drake te ramène sur terre. Tu le regardes, chancèles jusqu'à lui. Il baigne dans sa salive, et heureusement qu'il ne baigne pas non plus dans son urine, sinon tu l'aurais sans doute laissé ici. Enfin peut-être...après avoir fait tout ce chemin pour lui...Tu te serais bien gardé des derniers obstacles. Maintenant tu as froid, tu as faim et tu te sens véritablement sur le point de vomir. C'est là l'effet du sang souillé sur toi, même appartenant à tes semblables. Une allergie psychologique, on pourrait appeler ça comme ça.
Ton chien te parle mais tu ne comprends pas. Ton oreille est fermée. Tu as clairement besoin de repos. La course, l'usage de ton pouvoir à répétition t'ont épuisé, et tu as beau être immortel tu as besoin de sommeil, de retrouver ton océan éternel sans rive. Tu glisses dans sa tête comme une épée dans son fourreau, là, tu te sens un poil mieux à partager ta souffrance. Ça ne fait rien qu'il le ressente, c'est de sa faute. De la tienne avant tout, mais de la sienne après tout. Ta voix éthérée lui murmure des mots en français qu'il ne saisit sans doute pas, et tu le détaches, le mets sur pied dans le chaos que tu as créé. C'est sans doute le moment idéal s'il souhaite disparaître pour de bon, tu es trop affaibli pour lui courir encore après, ou même lui violer le crâne. Tu te tiens face à lui, miroir fatigué de ta splendeur habituelle. Tes vêtements sont bafoués, en miettes, mais tu trouves encore la délicieuse manie de lancer tes cheveux blancs en arrière.

- Je serais bien incapable de faire quoi que ce soit de ton coeur. Alors il vaut mieux que tu veilles tout seul dessus. Ce soir était un avant-goût d'une vérité établie : ils en ont après moi. Et de sa plus directe conséquence : ils vont chercher à t'éliminer. Sans doute pour m'affaiblir. Alors sois gentil, rentrons maintenant.

Tu sais qu'il n'a plus son collier, et rien ne l'oblige à obéir. Rien, hormis peut-être la considération requise pour celui qui vient de lui sauver plus que la vie. Ton dos large à la chemise broyée est désormais la seule chose dans son champ de vision, et déjà tu t'éloignes.

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MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Lun 12 Juin 2017 - 15:36



Je pensais pas voir un jour Charles dans un état pareil. Il a l'air complètement à plat, en plus d'avoir une tronche à faire peur. Il entre dans ma tête et je le laisse faire, j'lui fais même un bon accueil et même si je comprends pas un mot de ce qu'il me dit, ça sonne bien à mes oreilles. Alors comme ça il parle aussi français ? J'imagine qu'il est assez vieux pour avoir appris pas mal de langues. J'ai le poids d'une fatigue qu'est pas la mienne sur les épaules, mais ça c'est sans doute sa faute.
Ça fait du bien de pouvoir enfin se lever et j'en profite pour me faire craquer les épaules, que j'ai un peu endolories après avoir été tirées en arrière trop longtemps. Je sais pas qui est ce "ils" qui lui en veut autant, ni pourquoi on essaye de l'atteindre, je sais pas pourquoi c'est forcément par moi qu'ils essayent de passer ni en quoi ma disparition pourrait affecter Charlie, mais je vais pas faire ma tête de con et me contenter de le croire sur parole pour l'instant. En plus c'est pas trop désagréable de savoir que je suis le point faible du boss. Ouais, ça flatte carrément mon ego, et vu qu'on a passé des années à lui rouler dessus, il en a bien besoin de ce petit coup de pouce.

Voilà que sa Majesté se remet déjà en route. Pas le temps de nettoyer ou de m'engueuler, j'imagine qu'il est trop vanné pour ça. Moi aussi je suis un peu crevé, mais pas assez pour pas me rendre compte que c'est le moment si j'ai envie de me tailler. Les ennemis sont à terre, mon proprio est hors circuit, c'est ma chance ! Suffit que je me remette à courir, que je tienne jusqu'au lever du soleil et que je me casse de la ville pour disparaître en campagne. Pourtant, là tout de suite, un truc bien caché au fond de ma tête m'interdit de juste me tailler au galop. Ch'ais pas, peut-être que je suis curieux de voir ce qui va se passer ensuite. Ou alors j'ai pas envie d'essayer de me perdre dans un pays où je connais pas la langue ? Ou bien c'est de la gratitude à la con. Comme je suis pas trop certain de savoir mais que je fais confiance à ce qui relève plus ou moins de l'instinct canidé, je me contente de mettre les mains dans les poches et de lui emboîter le pas.
Je marche à côté de lui, juste une demie-enjambée en arrière. Bizarrement, ça me va bien d'avoir toujours un peu sa présence accrochée à un coin de ma cervelle, comme si j'étais sa béquille mentale pour l'instant. Ok, c'est lourd à supporter et je me tape l'impression de fatigue et une nausée lointaine, associée à un dégoût qui vient de je sais pas où, mais comme c'est pas à moi, tout ce merdier, j'arrive à faire avec. C'est un peu ma façon de lui dire merci d'être venu me chercher alors qu'il aurait pu me laisser tomber, parce que faut pas rêver, je lui dirais jamais en face.

On rejoint une rue passante et je prends les devants en arrêtant le premier taxi qui passe. Heureusement, en partant du garage j'ai chopé la veste de costume de Blondie et je lui ai mise sur le dos, parce que en pleine foule avec sa dégaine c'est pas le top. Autant couvrir un peu les dommages. Moi aussi j'ai envie de rentrer me coucher plutôt que d'aller au poste de police. Un taxi s'arrête, on grimpe à bord et le boss donne le nom de l'hôtel que je suis incapable de prononcer. Le conducteur est pas con, il pose aucune question et se met en mouvement. Durant tout le trajet je garde un œil sur le vampire, histoire qu'il me tombe pas dans les pommes au pire moment. On arrive à bon port plutôt rapidement, je sors le premier et je pousse même le vice à aller ouvrir la portière à sa Majesté pendant qu'il paye le chauffeur. Un vrai larbin N°2.
Notre petite baraque privée à des allures de refuge paradisiaque après cette course infernale et le kidnapping surprise. C'est naze d'être l'esclave de quelqu'un, mais de temps en temps il arrive que ça ait des bons côtés, surtout quand le quelqu'un en question est un type plein aux as. Le confort, c'est pas dégueu. Je reste au pied, sage et silencieux, un peu méfiant quand même, des fois qu'il décide de s'énerver après moi à la dernière minute.

D'après ce que j'ai compris, ici on dort sur des futons qui sont roulés dans le placard et qu'on doit installer le matin pour aller se coucher. Du coup, c'est placement libre. Je veux bien, pour cette fois, installer les deux futons au lieu de juste m'occuper du mien, mais c'est vraiment juste pour aujourd'hui ! Et j’ai aucune idée d’où je suis supposé les mettre.


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MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Lun 12 Juin 2017 - 18:03

Ta veste, il l'a récupérée et elle trône sur tes épaules. Tu ne dis rien, apprécie le fait qu'il ne te touche pas en la passant sur toi, et dans le taxi tu écris à Arno. Il faut impérativement qu'il vérifie que tes réserves personnelles sont en livraison, tu ne peux prendre le risque de consommer sur place et n'importe quoi. Pour le voyage, tu as préféré éviter d'emmener un esclave en chair et en os, tu te contenteras donc de bouteilles sous scellé expédiées peu après ton départ, même si tu ne pensais pas en avoir besoin si vite...Normalement une inhalation par moi te suffit, et quelques apéritifs, mais tu as dépensé énormément d'unités psychiques et si tu ne bois pas tu risques de devenir fou. Tes yeux sont déjà cerclés de veines mauves, noires, qui à vrai dire ne ressortent pas tant sur ta peau si particulière, si fragile, mais ta chair semble se rétracter comme si elle séchait, et l'effet est assez angoissant, d'ailleurs le taxi ne perd pas de temps à vous ramener au pavillon 5 étoiles.
Drake est toujours là, et tu demeures dans sa tête comme s'il était l'appui dont tu avais besoin pour rester debout, tout en faisant la sourde oreille à ses pensées te concernant. Tu le laisses s'empêtrer avec les futons, tu te fiches bien de tout ceci, à ce stade tu es capable de dormir dans la douche comme un païen. Tes vêtements...et bien tu peux les jeter, tout juste récupérer les boutons de manchettes à crânes humains en or. Alors tu dépouilles de ces fioritures déchirées, disloquées, et les laisse pour l'instant dans un panier haut à cet effet dans la salle de bain. Tu repasses la tête par le shoji ocre et parles dans la tête de Drake, toujours affairé avec les futons.

"Pas très efficace. Tu cours mieux que tu n'organises la chambre à coucher. Autre chose, j'attends une livraison urgente, réceptionne-la pour moi tu seras tout à fait charmant."


Aussitôt dit, tu fais couler le jet brûlant sur ton front et ressens la lente pression qui te quitte par les cuisses, les genoux, les pieds, à mesure que l'eau te lave, te purifie. Tu ouvres les lèvres, nuque ployée en arrière, paumes appuyées sur le carrelage devant toi.

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MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Lun 12 Juin 2017 - 18:50




Je me renfrogne un peu à la remarque. Ben s'il est assez en forme pour me faire des tacles dans ce genre-là, il est peut-être assez en forme pour s'occuper de son pieu lui-même non ? D'ailleurs je comprends pas pourquoi je me casse le cul pour cet enfoiré, il est jamais content ! Alors pour la peine je lâche un bon gros soupir excédé et lui balance un "ouais, ouais" rapport à la livraison. Je veux pas savoir quel genre de colis il attend, je vais juste me contenter de le ramasser avant de prendre mon tour à la douche et de me pieuter.

En fin de compte, j'arrive à déplier les futons et les couvertures. Celui du patron il sera peu ou prou au centre de la pièce, le mien est complètement collé au mur près de la terrasse, histoire que je puisse garder la porte coulissante ouverte et avoir la tête et les épaules au frais. En plus avec cette disposition, je me retrouve assez loin de Charles pour être confortable. Ma corvée terminée, je me débarrasse de tous mes vêtements et fait un tas devant la salle de bain puisque sa Majesté squatte encore la douche. Un bout de serviette noué à la taille ça suffira en attendant de pouvoir me laver.
On s'annonce alors à la porte d'entrée. Je comprends toujours pas le japonais, mais je devine que c'est un truc du genre "désolé de vous déranger, livraison pour vous !" et que c'est un équivalent oriental à notre sonnette européenne. Parce que toquer à une porte à moitié en papier c'est sans doute pas recommandé. Comme je suis "tout à fait charmant", je vais ouvrir sans traîner les pieds et je me retrouve avec une petite caisse en bois où il y a vraisemblablement deux ou trois bouteilles. Le type me fait signer un bout de papier, je me contente d'un D majuscule avec une croix (vous croyez qu'on s'est déjà fait chier à m'apprendre à écrire ?) et j'emporte la bibine du patron à l'intérieur.

Puisque je n'ai pas eu d'instructions en particulier, je déballe le tout, colle deux bouteilles au frais dans le mini bar et la troisième je la laisse dessus, à l'air libre. Les étiquettes stipulent :

J'imagine que c'est très rare et très cher, mais je suis pas sommelier alors il se démerdera avec la bibine qu'il considérera comme la plus fraîche. Sérieux, du sang de vierge... C'est quoi la différence entre le sang de quelqu'un qui a déjà baisé et le sang d'un gamin qui connait rien au sexe ? Est-ce que la masturbation ça compte comme du sexe ? Si oui alors j'ose pas imaginer l'enfer que c'est d'être un donneur régulier pour ce genre de firme qui mette de l'hémoglobine en bouteille.
Un peu impatient de pouvoir faire trempette moi aussi, je toque un peu à la porte de la salle de bain, mais j'évite surtout de passer la tête à l'intérieur. Je tiens pas à ce qu'elle se fasse arracher.

— Charlie, ton colis est déjà arrivé.

Inutile de lui préciser que je ne vais pas lui servir un verre comme un gentil larbin, c'est pas mon boulot ça. À la place, je vais plutôt aller prendre l'air sur la terrasse où se trouve la grande baignoire en pierre. Adossé à l'encadrure de la porte que j'ai ouverte en grand, je ferme un moment les yeux et cherche à somnoler en gardant une oreille vers le vampire, histoire de me réveiller quand je pourrais aller me laver.

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MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Lun 12 Juin 2017 - 20:34

Sa voix. Vaguement. Tu n'es presque pas là. C'est ton corps et ses sens qui te rappellent au monde terrestre, toi qui aspires à tellement plus haut. Ton repas est donc arrivé, ton estomac ne se montre pas conciliant de son côté, et tu dois te laver plus vite que tu ne l'aurais souhaité. Ta nuque est vite dégagée par un chignon encore mouillé en léger désordre, tes mèches enroulées les unes sur les autres pour préserver ce bouclé d'enfance qui te va si bien, et le kimono de soie noire fournie par l'établissement trouve une place austère sur tes épaules larges, mettant ta stature fatiguée mais stoïque en avant. Le shoji vers l'extérieur es légèrement ouvert, Drake prend certainement l'air et tu ne cherches pas à l'importuner, tu as grandement besoin de te revitaliser. Tu envoies un sms à Arno pour le remercier et l'avertir de la bonne réception du colis et en prenant la bouteille restée sur la caisse, tu flaires l'odeur des mains chaudes du chien. Il ne te faut pas longtemps pour comprendre qu'il est allé jusqu'à mettre le reste dans le petit frigo auquel tu te rends pour déboucher une bouteille plus fraîche, même de quelques minutes. Un verre plus tard, deux verres plus tard, trois verres...plus tard...quatre, flûte la bouteille y passe. Ce n'est pas que ce soit excessif, tu n'es pas ce que l'on pourrait appeler excessif, mais le harassement de cette longue nuit se mêle au plaisir d'un sang préservé des impuretés qui te monte doucement à la tête. Il y a peu de choses que tu fasses dans ces cas-là, mais comme toute créature, il peut t'arriver de glisser dans quelque chose de plus doux. Enivré, tu t'étends sur le futon, un bras en travers des yeux, ton kimono tout juste noué, ouvert, fendu sur tes jambes musclées et longues.

- Drake...bon chien...bon chien...

Ton esprit tisses par à-coups une petite toile qui s'étend lentement dans la tête de ta bête noire, et un peu ressourcé que tu es, tu lui insinues des images bien plus chaudes que ce que vous avez vécu aujourd'hui. Comme ton steward avait l'air de lui plaire, tu l'invites à se prélasser dans ton illusion et chauffes doucement ses sens d'une morsure que tu ne lui appliqueras sans doute jamais dans la réalité. Tu es une sangsue, un parasite qui vit la chair par procuration, un saprophyte à tes heures néfastes. Ta paupière est à peine ouverte sous ton bras que tu le fixes avec l'intensité d'une éruption solaire.

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MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Lun 12 Juin 2017 - 21:21



L'odeur du sang revient me chatouiller le nez, mais elle ne me dérange pas. Peu d'odeurs arrivent à me déranger vraiment, en fait. Je suis plus sensible à la corrosivité de l'arôme d'un produit chimique qu'à l’écœurement provoqué par un relent de chair pourrie. Personne ne s'est jamais attardé à savoir pourquoi, pas même moi. L'important c'est que ça fait de moi un pisteur efficace et que la vie aux côtés des vampires ne m'agresse pas tant le nez que ce que l'on pourrait croire.
Charles s'enfile une sacrée quantité de bibine pour immortel. Le prix à payer pour avoir dépensé autant d'énergie, j'imagine. Et après il me fait la morale que mes besoins primaires ? Tss. Il va s'effondrer dans son futon et je tourne légèrement la tête vers l'intérieur de la chambre pour le suivre des yeux, à la lisière de mon champ de vision. Il a les cheveux attachés mais défaits, le kimono fermé mais en bordel. Est-ce qu'il est ivre ? Pourtant je ne sens aucune trace d'alcool dans sa bouteille.

Il me regarde et je le regarde en retour. Lui par-dessous son bras passé en travers de son visage, moi par-dessous la frange de mes cils. Je ne suis pas certain du message qu'il cherche à envoyer. En fait, ça aurait été n'importe qui d'autre, j'aurais capté tout de suite, mais là on parle de Charles Asmodeus d'Ozran. Y a rien qui fonctionne normalement avec lui. Mais comme il a l'air alanguis et peu décidé à me faire du mal, je me détends un peu, glisse sur mon assise et laisse ma curiosité l'emporter. Mon regard descend sur les plis de la soie, sur la peau qui se laisse voir entre les pans du tissu, sur ses jambes qu'il a plus fermes et solides que je croyais. Foutez-vous de moi si vous voulez, mais je vous jure que c'est vrai quand je vous dis que depuis tout ce temps, même si je le vois régulièrement à poil, je l'ai jamais vraiment reluqué. Du coup je découvre un peu, c'est la surprise.
Ses mots me collent un frisson dans tout le corps et j'hésite sur la signification que je dois lui donner. Je lève un peu le menton, par défi, mais je ne nie pas. C'est vrai, j'ai été un bon chien cette nuit. Du coup ma récompense c'est les images que je vois défiler dans ma tête ? Je n'essaye même pas de m'y opposer.

J'ai l'impression d'entendre et de sentir aussi, même si ce ne sont que des souvenirs. Et il m'encourage, le salaud. Merde. Je suis fatigué et ça me plaît bien ce terreau qu'il me propose pour mon imagination. Ma cervelle prend le relais sans me demander mon avis, modifie les traits du gamin de l'avion pour les changer en quelqu'un que je connais. Ou du moins que je connaissais. Blond, ma taille, un poil plus jeune peut-être, une cicatrice sur le visage et des yeux très bleus. Je dois avoir un truc avec les blonds, je suis incapable de voir la vraie couleur de leurs cheveux mais je cède toujours plus facilement à eux qu'aux bruns, va savoir pourquoi. Un nouveau frisson me dévore les reins, mon cœur s'emballe un peu et j'inspire profondément. Une odeur florale pas vraiment identifiable vient baigner la scène dans un premier temps. Les détails du décor... On s'en fout. Tout ce qui compte c'est le souvenir des baisers, du goût et de la texture de sa peau quand je la mort à l'épaule et le contact de ses mains sur mon ventre.
Mes paupières frémissent et je cligne des yeux en sentant que mon membre se dresse sous la serviette. Et ben voilà le résultat... C'est ça qu'il voulait ? Il a dit qu'il me toucherait pas. Jamais. Alors qu'est-ce qu'il veut ? Que je le fasse à sa place ? L'idée est aussi chelou qu'excitante. Putain, je dois vraiment être crever pour adhérer à son délire. Je soupire, les images continuent de se dérouler dans ma tête. Ma main glisse à l'intérieur de ma cuisse, en superposition à celle du fantôme de mes fantasmes. Je glisse un peu plus sur mes fasses, me retrouve presque allongé alors que je m'empoigne, les yeux à demi fermés. Ça se fait plus bruyant dans ma tête. J'ai un peu trop chaud. La serviette s'est ouverte comme une fleur au soleil et repose bêtement sur le sol sans plus rien couvrir. J'inspire à nouveau, par à-coups, la bouche ouverte sur une exclamation qui ne viendra jamais.


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MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Lun 12 Juin 2017 - 22:02

Le message est clair, sans intermédiaire. La réponse, sans appel. Tu ne doutais pas qu'il serait facile de lui soumettre l'idée de son plaisir que tu vas prendre à 50%. Il t'aide dans ta construction mentale, y intègre des souvenirs, tu le comprends à leur forme plus dure à modeler que de simples fantasmes. Les souvenirs ont une écorce, une enveloppe qu'il faut gratter, faire craqueler avant d'en apercevoir le noyau, ces diapositives mordorée si précieuses avec lesquelles tu aimes tant composer. Et lui sans le savoir te livre cela sans rechigner. Qui est ce blond aux yeux bleus ? Vu la netteté du souvenir, il doit être important, ou du moins a été important. C'est sans doute un archétype essentiel de son esprit. Tu le laisses se mettre en confiance, jouer les premières notes puis tu donnes un petit coup de fouet, ta patte personnelle, ardente, l'obligeant à se caresser. La serviette s'écarte, et tu fermes les yeux une seconde, bien loti dans son crâne à l'observer, le savourer en train de s'abandonner à toi sans en avoir conscience. Ta voix cherche un timbre qui lui soit familier, pour que l'idée, l'illusion soient parfaites. Tu accèdes à quelques bribes de la voix du blond, car la garde de ton chien est suffisamment baissée pour te permettre de te faufiler jusqu'aux strates plus profondes.
Des caresses, des murmures, des incitations. Tu déroules en toi l'éventail des sensations de ton chien, de son plaisir qui monte, te chauffe toi aussi, mais tu sais contrôler tout ça. Tu ne vas pas jusqu'à bander, tu synthétises, comme une plante carnivore. Et quand il jouit tu inspires bouche ouverte les effluves de son haleine qui te gorge, finit de te gorger. Ton bras retombe totalement sur tes paupières, tu quittes sa tête, le laisses se remettre de vos émotions en partage.

- Tu as baissé...ta garde. C'était intéressant. Qui est...hmm ce charmant jeune homme à la balafre ?

L'effet étourdissant du sang pur est encore présent dans ton corps comme dans ta voix, et tu tu éteins mentalement la lumière qui peine à t'obéir. Décidément, tu t'épuises vite...

- Si je te garde, je vais devoir agrandir ma cave, tu brûles mes réserves comme un feu de forêt.

Il faut dire qu'à tout juste 90 ans, tu n'es pas encore au summum de tes capacités vampiriques. Petit jeunot.

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MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Mar 13 Juin 2017 - 0:42



Je me perds dans mes propres pensées, poussé par une voix que je connais mais qui n'est pas de mon fait. Charles fait bien son travail, il va fouiller au fond, cherche à déterrer des choses précieuses, des pépites qu'il exploitera plus tard si ce n'est pas tout de suite. Je m'en fous, il peut bien prendre dans ces souvenirs là, ce ne sont pas les plus importants. Et comme pour le moment il alimente mon objectif autant que le sien, j'ai autre chose à penser que lui fermer la porte au nez.
Je tarde pas trop à achever, dans un soubresaut et un grognement, de lui donner le spectacle qu'il attendait avant de relâcher mes muscles de la tête aux pieds, un peu haletant et un peu poisseux, mais tellement satisfait de ce plaisir cotonneux qui vous envahit après avoir jouit. Dans l'idéal je me serais envoyé en l'air avec quelqu'un, c'est nettement plus délassant, mais on va pas chipoter. Sa majesté a l'air complètement groogy elle aussi.

— Un type que tu rencontreras jamais. Avec qui je serais volontiers resté beaucoup plus longtemps. P't'être bien le seul avec qui j'avais pas envie de me tailler.

Je sais qu'il est plus dans ma tête pour fouiller, mais je referme ma coquille mentale quand même, bien serrée pour baigner encore un peu dans la brume un moment et ne pas lui donner ce qu'il voudrait. Le voir décortiquer mes souvenirs avec l'oiseau chanteur ne me tente pas du tout.
Au prix d'un effort doublé d'un grognement, je me lève et m’essuie un peu avec la serviette avant de m'approcher de Charles. Il est toujours étalé sur son futon, sans avoir daigné entré sous la couverture et il a l'air de se sentir bien. Tant mieux, quand il est de bonne humeur, il ne me cherche pas de poux et notre relation n'en devient que plus intéressantes.

— Pas la peine de mettre du conditionnel après ton caprice de tout à l'heure, qui a coûté la vie à deux enfoirés et à ta chemise. Cherches déjà un bon fournisseur, j'adore vider tes réserves, Charles.

Je me penche sur lui. J'attrape la flûte où il reste un fond de sang et me redresse pour aller la poser sur la tablette près du mini bar et ranger la bouteille ouverte au frigo. Et maintenant, direction la douche. Je suis vannée. La lumière reste éteinte, j'ai pas besoin d'autant de clarté pour me frotter avec du savon et me rincer. Une nouvelle serviette me sert à être juste assez sec pour pas en mettre partout et je retourne dans la chambre. Le patron ne dit plus rien, il a l'air de dormir. Tant pis s'il chope froid, je vais pas non plus le border, faut pas déconner. Je le traîne jusqu'à ma paillasse à moi et m'enroule comme un maki dans la couverture.
Un bâillement plus tard et me sens déjà sombrer dans un sommeil profond, un peu lourd même, mais ô combien réparateur.

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MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Ven 16 Juin 2017 - 19:49

Il est si près, tout près, trop près, penché sur toi, ses yeux gris t'évitant tandis que tu réfrènes la poussée maligne de ton instinct qui veut encore glisser dans sa tête. Tu l'as assez fait pour les prochains jours, il te faut dormir à présent. Tu n'émets qu'un son étouffé en te redressant pour attraper la couverture, te recouvrant pour mieux sombrer lourdement, bercé par les vagues. Tu as mangé, tu as soulagé le poids du vice sans utiliser tes sens, et Drake s'est lavé. Même au fin fond de ton utopie tu sens le shampoing qui imprègne les poils de sa queue et le duvet du haut de sa nuque.

Le lendemain au soir, tu te lèves tôt. Tu es un gourmand de sommeil mais tu as à faire, et emmener Drake avec toi ne serait pas vraiment quelque chose de judicieux, voire constructif. Il dort si profondément en boule comme un chiot, l'air si tranquille que tu as presque envie de lui sauter dans le cerveau pour le réveiller en sursaut. Mais ce serait trop peu satisfaisant, et tu n'as plus de collier pour lui. Tu veux faire l'expérience de sa fidélité, encore très fragile tu en as conscience, avant de décider définitivement si tu le relâches ou si tu l'enchaînes à toi pour toujours. Bien sûr que tu as ce droit, comme tous les autres. Tu ne te demandes pas si tu ferais un bon maître, car ce qui est bon est loin de toi.

Tu l’as acheté, la seule chose qui vous lie c’est un paquet de billets, un petit pactole qui ne représente rien sur l’échelle de ta fortune, mais Drake a visiblement de la valeur pour quelqu’un qui a enchaîné les propriétaires. Assis en tailleur, tu ouvres pour la première fois son dossier, et tu as un peu l’impression de le connaître de cette façon. Tu constates que tu es loin d’être le premier, mais serais-tu le dernier ? La liste est longue, tu reconnais vaguement quelques noms, d’autres te sont formellement inconnus. Tu n’as pas encore renvoyé les papiers signés pour son adoption, après tout, c’est un chien à l’essai n’est-ce pas ? Il bouge dans son sommeil et tu refermes la serviette noire avant de filer.

Tu es absent une bonne partie de la nuit. En patron exigeant, tu viens inspecter l’unique boutique japonaise de ta maison et qui se situe en pleine galerie de luxe à Tokyo. Tu vérifies les comptes, le pourcentage, l’exposition des bijoux, le rapport des deux employés à la clientèle, les commandes récentes, les meilleures ventes, et tu entres toutes les informations sur ordinateur avant de t’accorder le privilège du boss : te lover dans un fauteuil jambes croisées et regarder comment ils exécutent la procédure habituelle. Le tempérament de ton personnel japonais est idéal, c’est une boutique qui fonctionne bien, et comme tu fabriques une grande partie des bijoux de tes propres mains, on te craint avec révérence. Vers 2h du matin tu commences à t’impatienter et tu ne parviens plus à chasser ton chien de ta tête ; c’est insupportable comme il se rappelle à toi sans cesse ! On te salue et tu décides de rentrer à pied. Tu tiens à ta silhouette, et puis tu as envie de marcher. Comme tu n’as pas envie de commander au pavillon, tu t’arrêtes devant une petite roulotte traditionnelle dans une avenue commerçante et tu commandes des ramen au bœuf et une bière Nama-chi, le vendeur a l’air surpris que tu puisses consommer ce type de nourriture et tu ne lui dis pas que ce n’est pas pour toi. Tu prends drôlement soin de ta bête, pour tout le souci qu’il te cause. Arno serait mécontent même s’il ne dirait rien. D’ailleurs il t’appelle : il y a eu une fuite. Une des proies de la prochaine Pleine Lune est parvenue à s’échapper pendant la toilette, mais en bon professionnel Arno ne l’a pas abîmé. Tu fermes les yeux, assis sur un banc noir laqué comme si tu posais pour un photographe invisible. Ces proies coûtent cher sur le marché noir…tu ne peux te permettre d’en perdre une, ou de la présenter blessée ou endommagée à une cérémonie. Par respect pour la qualité que tu engages, et pour tes dieux. Ce rappel à l’obscurité qui t’habite te redonne une certaine contenance et tu rentres d’un pas élancé au pavillon. Avant même de pousser le shoji et de retirer tes chaussures, tu humes son odeur. C’est un mélange sanguin d’insolence et de plaisir. Tu déposes la nourriture sur la console Edo et te dépouilles de ta veste et de ta serviette. Il ne faut pas longtemps pour que vous vous croisiez, combat de regards. Lui chien, toi loup.

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MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Sam 17 Juin 2017 - 20:54




Quand je me réveille, le vieux a disparu. Partis faire sa vie, j'imagine. Ses affaires sont encore là donc je suppose qu'il ne m'a pas abandonné tout à fait. Puisque le chat est aux abonnés absents, moi je me paye une petite grasse matinée bien méritée. Je me rendors pour au moins deux bonnes heures avant d'émerger pour de bon. Toujours personne dans les parages. Bien sûr, je peux toujours me brosser pour avoir un mot ou une explication.
Mais de quoi je me plains moi ?! Je n'ai plus de collier, il n'y a personne pour me surveiller et personne pour me punir en se faufilant dans ma tête ! C'est le moment de se barrer ! Je fais un saut par la salle de bain et enfile rapidement un froc, prêt à sauter la clôture pour me faire la belle. Et puis, en ouvrant la porte de la terrasse, ma cervelle se remet en marche et je me rappelle que je suis en fait bel et bien surveillé. Les types de l'autre soir, peut-être qu'ils sont encore là. Je fais un rapide calcul : dans un coin du ring, Charles et ses manies de psychopathe, son obsession tordue pour moi et le plaisir évident qu'il prend à me torturer mais sans me frapper, en face de lui, un adversaire inconnu qui essaye de me choper pour avoir un moyen de pression sur Blondie et qui se débarrassera sans doute de mon corps une fois que l'autre frappé aurait annoncé qu'il se fiche que je vive ou que je meurs. Ajoutons à cela que je me trouve dans un foutu pays étranger que je connais pas, dont je parle pas la langue et où je vais en chier pour survivre si j'arrive à échapper à l'un et à l'autre.

Mouais.
Peut-être que c'est pas une idée de génie d'aller courir la campagne tout de suite, finalement.
Je veux dire, ok, Charles est un enfoiré de première et qu'on se le dise, je le déteste. Il aura beau répéter que je l'ai choisi, que c'est moi qui suis allé vers lui, ça ne change rien au fait qu'il m'ait attaché dans une cave, torturé mentalement à plusieurs reprises et qu'il cherche sans cesse une excuse pour me faire du mal. MAIS ! Ça fait des semaines qu'on vit ensemble, sous le même toit, à dormir dans la même chambre et à échanger des politesses par télépathie. Du coup, on peut dire que je commence à le connaître et sans doute qu'il me connait, ce qui fait qu'il est toujours moins dangereux que les allumés qui m'ont enlevé hier soir. Une fois qu'on sera rentré, je pourrais trouver une autre occasion de me tirer et au moins je serai en terrain connu.
Du coup, l'escapade n'étant plus au programme, je m'installe sur la terrasse pour prendre l'air et attendre. J'attends une heure avant que mon estomac ne se manifeste bruyamment et que je ne décide d'aller voir à l'accueil s'il y a moyen de commander à manger. Pas de chance, à moins d'avoir un accord signé de mon maître, on ne me donnera rien. J'enrage, je retourne dans notre chambre et je passe mes nerfs sur une chaise qui termine en tas d'allumettes. Je refourgue le tout dans le petit jardin, au pire ça fera toujours un bon feu de camp.

La dalle me poursuit jusqu'au retour du salaud qui a attendu qu'il soit au moins quatre heure du matin pour remettre les pieds ici ! Je me sens prêt à tuer quelqu'un rien que pour un regard de travers. La famine ne me rend pas aimable du tout, en particulier lorsqu'elle est causée par quelqu'un d'autre.
Je le toise, l'air mauvais, il me rend mon regard avec ce petit air supérieur qui me rend chèvre. Je gronde, retrousse les lèvres sur mes crocs.

— Ça va connard ? T'as passé une bonne journée j'espère ? T’arrive juste à temps pour me voir réduire ta penderie en lambeaux, p'tit veinard. C'est sympa de t'être taillé sans prévenir et d'avoir oublié de laisser un mot comme quoi je pouvais acheter à manger. Parce que c'est pas du tout comme si je pouvais CREVER LA DALLE !

Je n'ai pas mangé depuis le banquet de la veille, soit il y a plus de douze heures, et entre temps j'ai quand même tapé une course à pied en ville et subit un enlèvement. Alors pardon si mon pauvre petit corps de mortel ne se contente pas de haine et d'eau fraîche ! En plus j'ai la très désagréable impression de m'être fait avoir et d'avoir manqué une belle occasion de me tirer. Je me suis fait méchamment chié, ici, tout seul, pendant que lui il allait s'éclater je sais pas trop où. Si m'emmener avec lui ça veut dire m'abandonner dans l'hôtel toute la journée, c'était vraiment pas la peine !
Ah merde. Dis comme ça on va croire que j'ai envie de l'accompagner. On dirait un chien qui boude parce que son maître l'a laissé tout seul à la maison... Raaaah, ça fait chier ! Merde ! Putain ! CONNARD !

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MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Sam 17 Juin 2017 - 22:05

Tu es tellement de choses dans cette bouche injurieuse, mais ça n'a pas d'importance, tu n'es pas allé lui chercher à manger pour obtenir une quelconque reconnaissance, tu essaies juste de tenir ton rôle de maître même dans les aspects les plus triviaux, et puis ainsi tu auras toutes les raisons du monde - même si tu n'as pas besoin de ça - pour lui rappeler que tu peux très bien le tenir à la gorge, et de très près. Dommage, tu étais presque de bonne humeur, mais te faire aboyer dessus te rend moins enclin à la tiède douceur dont tu t'es montré capable dernièrement. Au dernier "CONNARD !" qui vibre même en dehors de sa tête, tu lâches les chevaux de Poséidon. La marée déferle dans son crâne, des vagues de pétrole le noient, pénètrent sa bouche, le font couler à pic jusqu'à ce que tu sois sûr de maintenir la bonne pression pour le jeter au sol, et quand tu es sûr, sûr et certain que le souffle lui manque et que son cerveau est en train de suffoquer par la simulation de manque d'oxygène que tu lui infliges, quand tu es satisfait de sa posture prostré devant toi, seulement à ce moment précis tu ravales l'ouragan qui disparaît aussi brutalement qu'il est apparu.
D'un geste un peu aristocrate, tu chasses une mèche tombée sur ton nez et passe à côté de lui pour aller ouvrir les shoji de la terrasse. Tu n'es pas hautain, pourtant c'est méprisant que tu t'adresses à lui.

- Ton flair est-il donc si engourdi par la paresse que tu es incapable de remarquer que j'ai eu la décence, que dis-je la délicatesse de te ramener un repas...Imbécile de chien. Ton estomac parle pour toi c'est écœurant...et tu t'adresses de manière tout à fait déplacée à ton maître. Si je te gardais pour ta politesse, je crois que je serais le premier des abrutis.


Tu es las, tu te détournes pour aller ouvrir une bouteille d'Excellence dans le frigo et te sers un verre.

- Le connard a passé la journée à travailler, à gérer des comptes, vérifier des commandes et consulter le cahier des charges de la mine japonaise qui travaille pour lui, checker le personnel et s'assurer que sa société tourne rond, mais il aurait peut-être dû t'emmener avec lui et t'attacher au pied de sa chaise pour avoir le plaisir de dévorer des yeux ton visage humilié. Car c'est tout ce qui marche, n'est-ce pas ?

Tu t'es penché sur lui alors qu'il peine à se relever. Tu l'as piétiné. Bien piétiné. Tes mains gantées de velours hissent son visage plus haut que le sol, mais nulle caresse n'émane de toi. Sans la protection que te confèrent tes gants, tu ne pourrais pas avoir un tel geste. Et pendant que tu fais chavirer sa conscience dans les méandres de tes yeux d'or dont il ne discerne pas la couleur, tu glisses un superbe collier de cuir noir autour de son cou, orné de petits pics en or. Il se ferme sur cette nuque massive, droite, aux cheveux courts, par le même système que le coffret dans lequel tu transportes les diamants. Bien sûr, s'il le souhaite, il lui suffit de sectionner le cuir à l'arrière, mais c'est un si beau cadeau.

- Dépêche-toi de manger, dans 15 minutes je dois repartir pour un rendez-vous. Et cette fois je t'emmène.

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MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Dim 18 Juin 2017 - 2:26



J'ai la super impression de m'étouffer moi-même et qu’un semi-remorque percute ma tête de l'intérieur. Ça m'éclate la cervelle et ça roule dessus, encore et encore. Tellement fort que je crois que je perds la vue pendant un moment tellement mon cerveau doit gérer de choses. Je m'écroule comme une masse, les mains sur la tête et j'entends un gémissement d'agonie sortir de ma gorge. La torture me semble durer des heures et pourtant il ne doit s'agir que d'une minute ou deux. Dès qu'il se retire, je retrouve la vue, mais c'est plutôt maigre comme réconfort après ce que je viens de subir.
Merde, est-ce que je sais encore comment marcher ? Je crois que j'ai arrêté de respirer pendant un long moment, j'ai le cœur qui bat à toute vitesse et envie de vomir, sans doute à cause de la faim. Et mal, tellement mal à la tête ! Mais je capte quand même un "ton maître" qui me fait formuler un vague "t'es pas mon maître" en réponse, comme un réflexe de survie. Non, ce type est pas mon maître, j'ai pas de maître et j'en veux pas. Il a rien fait pour mériter que je veuille le suivre... Pas vrai ? Il est venu me chercher simplement parce qu'on lui a piquer ses affaires et que ça l'a rendu fou. C'est pas suffisant.

J'essaye de me redresser, mais ça tourne beaucoup et j'arrive tout juste à me mettre à genoux en me tenant d'une main au sol. L'odeur du sang me chatouille le nez, celle de la nourriture chaude aussi. Et je devrais dire merci pour quoi au juste ? J'ai crevé de faim toute la journée en plus de crever d'ennuis, et il faudrait en plus que je fasse un beau sourire quand il rentre simplement parce qu'il a amené de quoi me nourrir ? Hého Charles, redescends sur terre ! Ça c'est pas un geste de générosité, c'est normal de faire ça !
En plus voilà qu'il m'assomme un peu plus avec une liste longue comme le bras de ses activités de la journée. J'en suis fort aise monseigneur, mais je m'en bat les couilles. Ce que vous appelez flemme, moi je l'appelle inactivité forcée. En plus je ne suis pas resté les bras croisés, il m'a fallu au moins deux heures pour réduire en miette la chaise qui se trouve dans le jardin. J'articule avec peine un truc qu'il n’entend sans doute pas :

— C'est pas en m'attachant que t'arriveras à m'humilier, bouffon...

Lui il a peut-être une estime de sa propre personne assez fragile ou assez gonflée pour se formaliser d'être enchaîné au pied de quelqu'un, moi je m'en fous complètement. Je suis un clébard, je suis catalogué esclave et j'ai aucun pouvoir cheaté, alors qu'on m'attache ou non, je ne suis plus à ça près. S'il décidait de m'attacher façon bondage et de me coller un vibro dans le cul avant de m'exposer dans une vitrine, là je me sentirais un peu humilié. Mais ça serait décevant de le voir s'abaisser à tant de vulgarité.
J'ai la tête qui tourne encore, mais la nausée passe un peu. Je retrouve aussi mon souffle, un petit peu. Charles s'approche et je gronde faiblement, mais ça ne lui fait ni chaud ni froid et il me prendre le visage pour me faire lever la tête. Je croise son regard et quelque chose se décroche dans ma tête. Pendant quelques secondes je suis ailleurs, au milieu d'un champ de nuages d'un blanc brillant, comme ses yeux. Impossible de me reconcentrer. Et puis POUF ! Me revoilà dans mes pompes, de retour sur terre.

Par réflexe, je porte la main à mon cou et se tâte mon nouveau bijou. Pas de système électrique... C'est juste un collier de chien ? Mes jambes tremblent un peu et je tangue jusqu'à la salle de bain pour regarder le résultat. Et ben voilà, j'ai l'air d'un dogue haut de gamme, un garde du corps pour cocotte friquée. Est-ce que c'est une façon de dire que je suis adopté définitivement et que je suis son toutou que je le veuille ou non ? J'ai pas la force de lutter, plus maintenant, alors je soupire et je vais chercher mon repas. Assis sur le bord de la terrasse, je mange rapidement et ça me remet d'aplomb. Ma tête arrête de faire des loopings, j'arrive à me relever sans vaciller. Tadam, je suis prêt ! Il va falloir rester sage, sans doute, mais c'est toujours mieux que de rester à l'intérieur. Houla, il a vraiment frappé fort pour que j'en vienne à penser ça...

— Où est-ce qu'on va ? Encore dans une de tes boutiques bling-bling ?

J'ai pas envie d'avoir l'air de m'écraser, mais j'ai quand même les mains dans les poches et je préfère regarder la porte, dans un premier temps, que le regarder lui. C'est le côté cabot, que voulez-vous ? Ça se soumet à ce truc qui se flair pas mais qui se sent et qu'on appelle la dominance. Je suis plutôt borné dans mon genre, mais quand je me fais rouler dessus comme ça vient de m'arriver, je baisse un peu le museau quand même.


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MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Mer 21 Juin 2017 - 20:35

« Garde ta salive derrière tes dents. Tu en auras besoin quand on rentrera. Ici je n’ai pas le luxe, encore moins le droit de te faire hurler à la mort. Rassure-toi je n’oublie rien. Surtout pas quand il s’agit d’entacher mon égo. »

Mais peut-être que s’il se montre aussi surprenant et docile qu’au mariage, tu oublieras son ton, ses grognements, comme si tu avais la peste. Enfin c’est très probablement identique pour lui, comme pour toi. Tu plonges dans ton verre en faisant abstraction des bruits de déglutition et de nouilles mal mangées qui doivent lui rebondir sur la truffe. Tu gardes la destination secrète, et quand il a le ventre plein et que tu as fini de te reposer et de penser, vous vous mettez en route. Le taxi quitte la ville, se dirige vers la banlieue, la campagne, loin de l’urbanisation étouffante de cette époque. L’homme voudrait s’arrêter, demander un supplément pour la route plus longue que prévu, mais après un regard échangé dans le rétroviseur central, il comprend que ce n’est pas nécessaire, qu’il ne vaut mieux pas qu’il commette cette impolitesse. Tu paieras, de toute façon, tu n’es pas homme de dettes. Il change de route, emprunte un chemin blanc plein d’ornières à force que de lourdes machines d’exploitation y passent. Pas d’habitations ici, juste la forêt à quelques centaines de mètres, mais d’ici à ce que le gisement soit épuisé, elle aura repris ses droits.

Ce n’est pas un caprice, tu visites tes sites. Tout à l’heure tu as consulté le cahier des charges, maintenant tu t’improvises en visiteur. Avec ton chien. Les ouvriers japonais sont organisés, pas pris au dépourvu, mais tu les impressionnes, et ils se questionnent sur la présence d’un tiers, surtout un tiers à ton côté. Avec un collier de cuir.
Le chef du chantier arrive et vous échangez quelques salutations, quelques paroles. Brèves. Il te conduit vers l’entrée de la mine. Une nouvelle veine a été ouverte récemment et s’avère prometteuse. Tu es chanceux. Ceux qui ont pu mettre la main sur des « Jager » sont une poignée durant les derniers siècles et peut-être plus. Bien sûr le filon ne contient pas que des perles rares, c’est à toi de le déterminer. Tu es là pour ça. Le maître de chantier vous amène dans l’ascenseur qui descend dans les profondeurs de la terre et il tend un casque à Drake, que tu lui incites fortement de mettre. Toi tu ne crains pas pour ton chef, et tu n’as pas envie de soumettre ta chevelure à pareil exercice. Les ténèbres ne sont pas totales. Des braseros flambent quand vous ne croisez pas des hommes armés de lampes frontales. Marcher ne t’accommode pas. C’est un peu comme un bond dans le temps, même si cela t’évoque une époque que tu n’as pu connaître. Vous descendez le long des rails et arrivez dans un boyau beaucoup moins façonné. Une minuscule veine jaillit sur la droite, à peine éclairée, et comme le poète guidée par la Muse, tu t’engouffres en devançant ton guide, attiré par le magnétisme surnaturel  des pierres vierges, des pierres pures, qu’aucun homme, qu’aucun vampire n’a pu toucher.
Tu seras le premier.
Le premier à les dégager, le premier à leur parler. Le premier à faire parler ces sous-sols solitaires.

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MessageSujet: Re: La fable de Hachikō [Charlie] | TERMINÉ   Mar 27 Juin 2017 - 16:46



J'ai grimacé mais j'ai fermé ma gueule parce que quand Charles emploi ce ton, je sais que ça pue pour moi. Peut-être bien qu'il va falloir jouer les gentil chien le reste du séjour si je veux un peu l'adoucir et lui faire oublier mes conneries... Ma fierté est plus à ça près.
D'ailleurs, pendant qu'on prend le taxi je sais pas trop où, j'essaye de placer Charlie sur une échelle en termes de saloperie. Il est clairement au-dessus du lot. Même les connards des centres de redressement n'avaient pas ce côté sournois qui me laisse toujours présager le pire. Du coup, est-ce que c'est vraiment un déshonneur de se plier à ce que dit ce type ? C'est pas non plus comme si je lui léchais les pompes en permanence, du coup on peut dire que je garde quand même ma fierté, non ?

On arrive dans une de ses mines, un coin paumé et pas super accueillant mais qui doit attirer la convoitise étant donné ce qui en sort. Tout est super moderne par ici, personne ne se promène sans casque et sans gants, ça sent l'exploitation gérée d'une main de fer. La seule image que j'ai de la mine ça remonte à ces illustrations sur lesquelles j'étais tombé où on voyait les chercheurs d'or du 20eme siècle avec leur tronche barbouillée de saleté et leur salopette toute rapiécée. Clairement, on a passé une étape !
Je suis le mouvement comme une brave bête, je capte les regards curieux et parfois les haussements de sourcils sur mon collier ou ma queue. Ouais ouais, je suis un hybride et j'accompagne le grand manitou. C'est vraiment si dingue que ça ? Plus le temps passe et plus la conclusion de toute cette attention exacerbée autour de moi se dévoile : si ça se trouve, Charles n'a jamais eu d'esclave, de toute sa vie, et peut-être qu'il a toujours dit qu'il en prendrait pas. Du coup il s'est fait une réputation de mec sans esclave et maintenant que je pop de nulle part, ça les rend tous un peu dingo.
Ouais, je vois que ça pour expliquer...

On descend dans les entrailles de la mine, je pose mon casque sur ma tête et ouvre grand les yeux et les oreilles. J’y vois vachement bien, même si c'est un peu sombre, et comme les gammes de couleur sont pauvres, je sais que je ne loupe pas grand-chose. Mon nez capte une tonne d'odeurs nouvelles, je suis tenté d'aller explorer dans mon coin mais j'ai dans l'idée que ça va pas plaire à la marquise, du coup je reste bien derrière son cul sans me perdre.
Le pingouin qui nous fait visiter présente l'entrée d'un petit tunnel et mon boss s'engage tout de suite dedans. Il a l'air tout content, dis donc ! Une trouvaille intéressante ? J'entre aussi, même si le japonais me fait les gros yeux. Sur un des murs il y a une longue ligne un peu brillante, faite d'une pierre différente. Je flaire, me penche pour regarder et même si c'est brut, je comprends que c'est de la verroterie brillante qui doit coûter un très gros paquet de thune.
Charles passe sa main le long de la veine avec une sorte d'adoration fascinée, sans même plus me prêter attention. Je l'ai encore jamais vu bosser sur ses bijoux, mais si c'est la tête qu'il tire quand il le fait, je crois que je vais m'inviter dans son bureau plus souvent. Il a l'air un peu plus jeune et un peu moins flippant. Je crois qu'il m'a déjà regardé une fois comme ça, en se demandant peut-être quel genre de monture pourrait aller à une pierre brute comme moi.

Peut-être c'est un truc que je pourrais finir par admirer un peu chez lui : être capable de trouver le beau et le précieux même si c'est sous un tas de gravats.

[FIN]


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