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/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

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Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ
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MessageSujet: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Mar 23 Mai 2017 - 0:10



J’ai pourtant couru. Vite, très vite. Je m’étais éloigné le plus possible du quartier où on voulait me transférer, m’éloigner de la boutique, du vieux croulant qui me servait de « maître » depuis deux mois. Ce salopard ne pouvait plus me supporter, il avait arrangé ma revente auprès de la boutique la plus proche en espérant tirer de moi un peu de fric. Sale con. Mais pas aussi con que le type de la boutique qui a cru que j’allais sagement l’attendre. Il pensait sans doute qu’avec un collier de cuir autour du cou ça faisait de moi un clébard obéissant. Mais je ne vais pas trop me plaindre, c’est grâce à cette tête de nœud que j’ai pu m’enfuir. Me suffisait de tourner les talons et me mettre à courir.
J’aime bien ça, cavaler. C’est bon pour mes jambes, bon pour mes poumons, bon pour ma tête aussi. Alors cette fois-ci j’ai tracé comme jamais. Je suis passé par des petites rues, j’ai sauté des murets et une palissade, j’ai traversé des grillages et puis j’ai continué à courir en profitant que le soleil se pointe.

Mais c’est grand Dornia, c’est très grand. Et moi je ne suis pas increvable. Alors j’ai fini par m’écrouler dans un coin pour pioncer comme un sale jusqu’à la nuit. Ensuite je me suis planqué dans un coin et j’ai attendu que le soleil remonte dans le ciel. Mais pas de bol, il s’est pointé derrière les nuages. Terminé la tranquillité. J’avais la dalle, je n’ai pas fait attention et voilà qu’un vampire m’est tombé sur le râble. Un jeune, une recrue toute fraîche et pas encore très au point sur la procédure apparemment, parce qu’il m’a coincé dans une impasse après que je me suis tiré quand il m’a pris, le nez dans les ordures – Quoi ? J’avais la dalle j’vous dis ! – et plutôt que de me tabasser avant de poser des questions, il m’a demandé d’où je sortais.
Si ça c’était pas un appel au myto… Avec ma tronche fatiguée et un peu cradingue, mes fringues en vrac et ma fuite éperdue, je pouvais difficilement faire croire que je faisais quelque chose de légal. Mon meilleur atout, c’était de jouer la carte de l’esclave débile qui ne sait pas mentir, histoire qu’il tire la conclusion à laquelle je voulais l’amener, à savoir croire que j’étais en fuite mais pas bien méchant. Donc je me suis gratté la tête en regardant mes pompes et j’ai marmonné que je m’étais perdu, ce qui lui a fait dire :

— Ouais, bien sûr… Tu t’es perdu en partant de chez ton maître sans le prévenir, c’est ça ? Et maintenant t’es comme un con.

J’ai regardé ailleurs, ça donne toujours l’air coupable, mais je n’ai surtout pas oublié d’avoir cette petite mine de chien battu, prit en flagrant délit. Le type a soupiré avec un petit air supérieur. Sans doute qu’il se croyait super malin d’avoir résolu cette affaire si facilement. Bon ok, il m’avait quand même piégé en fin de compte, mais c’était uniquement par coup de chance ! Sans ça, jamais un débile pareil m’aurait mis la main dessus.
Bref, là je sentais qu’il allait me faire la morale et peut-être bien me frapper un peu, mais voilà qu’il me sort la question qui tue :

— Terminé la promenade, retour à la niche. C’est qui ton maître ?

Hallelujah ! J’ai cru que finalement c’était mon jour de chance. Il me laissait la main pour inventer n’importe quoi, elle est pas belle la vie ? C’était l’occasion. Je n’ai pas réfléchi, mon regard a accroché le nom d’une boutique à ma gauche, un peu en retrait par rapport au vampire. Une bijouterie, un truc bien chic et bien clinquant. Faut dire que j’avais mis les pieds dans un quartier plutôt friqué vu les façades et la taille des balcons. Dommage que ce genre de quartier ait des jolies allées piétonnes et marchandes qui se terminent en cul de sac ! J’ai pointé mon doigt sur la boutique et j’ai balancé, au pif :

— Ozran. C’est M’sieur Ozran mon maître.

Le milicien en face a haussé les sourcils et il m’a cru. Même pas il aurait vérifié mon tatouage, rien. Au lieu de ça, il sort les menottes et me fait signe de me tourner pour pouvoir me les mettre en me disant qu’il va se faire un plaisir de me ramener. C’est marrant comme le hasard peut être cruel, ou avec un sens de l’humour bien pété, parce que au moment où il m’a passé les bracelets, l’orage s’est mis à gronder.

— Et ben tu vois mon grand, je t’évite même de finir sous la flotte ! Je suis gentil, nan ?

C’est ça connard, rigole.
Maintenant j’ai mon cul vissé sur la banquette arrière d’une bagnole et mon chauffeur appelle sa centrale pour avoir l’adresse de mon bienheureux « propriétaire ». Avec du bol il sera con jusqu’au bout et va me laisser entrer tout seul dans un immeuble en croyant que je vais rentrer chez moi bien sagement. Ah tiens, les premières gouttes s’écrasent sur les vitres.
L’adresse donnée par le GPS se trouve plus loin, dans ce coin de la ville qui a presque l’air d’être en province tellement il y a des parcs privés, de jardins immenses et de baraques à se perdre dedans. On roule tranquillement, il ne me cause et moi non plus je ne lui cause pas. On a rien à se dire de toute façon. Moi je regarde dehors, je calcule à nouveau une évasion en m’imaginant passer de jardin en jardin, lui il regarde la route et la petite flèche bleue sur son écran.

Finalement, il entre dans une allée de terre battue, par un portail ouvert. Genre, un portail tellement grand qu’on dirait les portes de l’enfer. Je lui dis que c’est bon, je peux marcher tout seul, que j’ai pas envie qu’il me foute la honte devant mon maître et que de toute façon, maintenant je peux plus me tailler, mais il ne me répond pas et va jusqu’à l’escalier qui mène au perron. Merde alors, c’est grand ici. Je ne sais pas quel type j’ai désigné au pif, mais je commence à flairer les embrouilles. Or du flair, j’en ai toujours eu beaucoup.
Le moteur se coupe, le milicien descend et m’ouvre la portière avant de me tirer dehors. Je prends la flotte immédiatement, mon vêtement colle à ma peau et je déteste ça. En plus ma fourrure et mes cheveux vont être trempés et c’est nul ça aussi.
Le vampire me fait grimper les marches comme si j’étais un handicapé, ou p’t’être comme s’il avait peur que je m’enfuis encore, ce qui est pas tout à fait stupide de sa part pour une fois.

— Je vous jure, c’est bon, je peux sonner moi-même. Soyez sympa, je vais déjà me faire démonter, c’est pas la peine de me coller la honte en plus… Aller quoi…
— Dans tes rêves le clebs ! Je veux voir la tronche de ton proprio quand il va voir ce que je lui ramène.

Ah ça c’est sûr, tu vas pas être déçu de sa tête.

— Vous pourriez au moins retirer les menottes non ? Vous avez peur qu’il arrive quoi ? On est face à la porte et vous me tenez.

Il a l’air d’y réfléchir et puis finalement il accepte, juste après avoir sonné, ce qui a fait résonné un tintement un peu lugubre à l’intérieur des murs. Bon, j’ai ma chance quand l’autre viendra ouvrir. Prit par la surprise, ils vont rien comprendre et je n’aurais plus qu’à pousser ma baby-sitter dans les bras du bijoutier avant de me tailler vers le fond du jardin en courant. Le mur d’enceinte peut pas être aussi grand que ça à franchir.
Des pas approchent, je les entends même avec le bruit de la pluie. On a sans doute réveillé l’enfoiré qui vit ici. Non, je ne le connais pas, et alors ? Je l’appelle comme je veux. C’est un vampire, donc c’est un enfoiré, CQFD. La porte s’ouvre.
Oh merde.
Je sens ma queue entrer entre mes jambes malgré ma poker face inébranlable. Putain d’appendice canin. Faut toujours qu’il me trahisse. Brrrr, l’aura de ce mec me fait froid dans le dos… Je crois que j’ai fait une énorme connerie.

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Dernière édition par Drake le Ven 26 Mai 2017 - 13:46, édité 1 fois
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Amduscias le Blanc
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Amduscias le Blanc
MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Mar 23 Mai 2017 - 16:55

Les dieux façonnent. Ils fabriquent, conçoivent, étoffent, distribuent le pouvoir, la vie, semant par poignées des étoiles dans le ciel pour illuminer leurs progénitures, d’où qu’elles viennent. Tu es un façonneur, à ta façon justement, tu tires des entrailles de la Terre l’essence même de cette perfection que tu ne trouves nulle part ailleurs, qui n’existe qu’une fois passée entre tes doigts, quand tu déniches les pierres les plus rares pour en concevoir des parures dignes des divinités. Tu n’as pas pour objectif de satisfaire plus petit. Les rois, les princes, non. Bel et bien le summum de l’entité. Penché sur ta table lumineuse dans ton bureau de travail, tu dois avoir recours à des lunettes de joaillier, car ta vision est trop mauvaise, même pour un vampire. Ce n’est plus une gêne, c’est une habitude à laquelle tu t’es fait, que tu as apprivoisée, comme toute chose qui te pose problème. Mais les obstacles sont surmontés avec une étonnante volonté de supériorité ; constante.

Arno sait que c’est un moment de grande tension nerveuse pour toi, quand tu arraches à la nature son écrin d’impureté, ses failles, et que tu crées un joyau à partir d’une simple idée de ton cerveau. Cerveau de génie. Il toque doucement et t’apporte une tasse de thé noir : voilà de quoi te permettre de rester concentré tout en inhalant un parfum subtil et oriental.

Tu acquiesces sans fermer les yeux : si tu perds durant un millième de seconde la trajectoire de ton micro-laser, c’est fichu. Des mois de travail à la poubelle pour une miette de politesse, tu n’es pas assez fou pour y penser. Arno sort, et tu lisses une facette du diamant blanc qui trône entre tes mains bleues et noires, gantées de latex chirurgical. Ce n’est pas comme si tu pouvais laisser des traces sur cette merveille. Tu le fais tourner entre tes ongles, chiffre le temps qu’il te reste à passer sur cette commande spéciale à plusieurs millions de dollars – sinon pourquoi t’en chargerais-tu personnellement ? – mais ce n’est apparemment pas une matinée calme qui s’annonce. On sonne à la porte, et tu n’attends personne. Aussitôt tes sens élargissent ta perception jusqu’aux frontières du domaine, scannent, rétrécissent les possibilités dès que tu as trouvés les intrus sur le perron. Un chasseur et un cabot. On se croirait dans une fable mais ça ne te fait pas rire, pas quand tu travailles si sérieusement, pas quand tu es si passionné, en tête-à-tête avec tes obsessions.

Arno est allé ouvrir. Sa stature en frac est moyenne, mais son visage émacié et livide aux yeux émeraude et son crâne chauve en arrêtent plus d’un à son apparence déconcertante. Tu mises sur ça pour te préparer quand il sonne la cloche du bureau pour te faire appeler ; visiblement quelque chose qu’il ne peut résoudre sans ton autorisation. Les gants claquent et tombent sur le verre, tu ranges Sa Majesté dans son écrin de velours et éteins les lumières du laboratoire-bureau, enfilant sur le chemin du vestibule ta chevalière énorme ornée d’une sphère de Black Star. Du raffut dans l’entrée, cela t’agace. Tu accélères le pas, sourcils sombres, froncés sur un regard sombre, et le milicien se fait fourmi quand Arno s’écarte pour te laisser dominer le dehors éclairé par des lampes-dragons. Mais ce qui te frappe le plus c’est cette queue recroquevillée et l’odeur du chien. Comment peut-on créer un esclave qui pue autant ? C’est insensé. Tu masses ton index patiemment et tentes de mettre des mots sur la situation, interrogeant le chasseur du regard, qui semble déjà constater son erreur et sa bêtise.

- Monsieur…

- C’est « Comte ».

Ponctue Arno, fidèle à l’étiquette.

- Et bien, Comte d’Ozran…je vous prierai de m’excuser mais j’ai trouvé votre esclave en fuite et je pensais qu’il serait judicieux de vous le rapporter directement chez … vous ?

Ton expression n’a pas changé, tu es toujours figé dans une glaçante expectative, mais quelque chose passe et ton regard coule vers le chien.

- Que ferais-je donc d’un parasite plein de parasites ? N’avez-vous pas vu qu’il porte des puces en plus d’une queue ? C’est une blague à laquelle vous avez été pris, chasseur. L’animal doit tenir un peu du loup, son cousin noble.

Ton cynisme est froid, inhérent à tes paroles. Glace. Orage lointain qui pourrait vite se rapprocher. Cette voix n’a pas d’égale, elle sort de lèvres bleuies, roule sur une langue épaisse et rouge. Elle cloue sur place le vampire. Pas le chien. Tu te tournes vers lui, descends une marche. De toute façon tu es plus grand que lui. Tes cheveux blancs sont aériens quoiqu’épais et ondulés, ils te donnent un air plus intransigeant encore.

- Cette blague trouve toutefois une résolution positive. Laissez-moi vous débarrasser dudit farceur. Puisqu’il veut que je sois son maître, autant lui faire ce plaisir.

La partie s’est vite finie, Arno obéit silencieusement à tes directives et vient re-menotter le chien avant de le tirer dans le manoir, quand tu adresses une mimique polaire au chasseur. La porte se referme sur toi et déjà les protestations de l’hybride irritent ta tranquillité. Arno l’emmène par l’escalier de la cave, et tu le suis, tes bottes claquant sur la pierre ancienne.

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MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Mar 23 Mai 2017 - 17:09



Oh putain de bordel de saloperie d’enfoiré de merde !
Désolé, ça sort tout seul dans ma tête quand je me rends compte du merdier pas possible dans lequel j’ai mis les pieds. Je crois que j’aurais mieux fait d’avouer que j’étais en fuite pour aller au centre de dressage. Le type m’insulte avec classe, ça me fait gronder et montrer les crocs, mais je ferme ma gueule pour l’instant parce qu’il me fait flipper. Le milicien à côté de moi en mène pas large non plus et je crois que c’est ce qui me fait le plus baliser, pour le moment. Parce que si lui il a peur du grand schtroumpf, alors c’est que moi je suis vraiment très mal barré.
Pourquoi faut toujours que j’ouvre ma bouche quand je pourrais juste la fermer et attendre que ça se passer ?

Mais comme je suis encore plus con que vous pourriez le penser, au lieu de ranger ma fierté je relève le menton dans une expression de défi et je toise le type avec colère et mépris. Il est plus grand que moi et en plus il est perché sur un escalier, mais ça ne m’empêche pas de vouloir remettre en cause l’ordre de dominance. Me regarde pas de haut, connard ! C’est toi le parasite qu’à besoin de sang humain pour vivre, faudrait voir à pas l’oublier !
La sentence tombe et autant le milicien a l’air soulagé de se débarrasser de moi, autant de mon côté je sens qu’on est en train de me la mettre bien profond. Je me débats mais le milicien me balance un coup de poing dans le ventre qui me plie en deux, puis l’autre papy dégarnit vient m’attacher les mains dans le dos, encore, avant de me pousser vers l’intérieur. J’ai pas encore retrouvé mon souffle que je me met à aboyer :

— ME TOUCHE PAS CONNARD ! LACHE-MOI ! ALLEZ TOUS VOUS FAIRE FOUTRE, BANDE DE SACS À MERDE !

Je rue, se m’arc-boute, j’enfonce mes talons dans le tapis mais je ne peux pas lutter contre la force d’un vampire, même si c’est vieux croulant. Il me fait descendre un escalier en pierre, ça sent l’humidité et le froid et je sais déjà que ça va ressembler à une cave ou des catacombes. Je crois qu’il fait exprès de me pousser un coup à la fin de l’escalier, pour que je me vautre. Mes pieds loupent la dernière marche et sans mes mains pour rétablir mon équilibre, je tombe en avant, face contre terre.
Mais je me démonte pas et me retourne dès que le larbin approche, lui décoche un coup de talon dans le sternum et roule pour me remettre debout. J’ai mal à l’épaule, celle qui a amortit le choc. Le grand type avec les cheveux blancs me fixe, il a l’air sur de lui, alors je gronde comme un animal acculé. Parce que c’est ce que je suis.

— T’as pas l’droit de me garder ici, enfoiré ! T’as pas payé pour m’avoir !

Maigre défense, mais c’est pas comme si j’avais beaucoup d’arguments dans la poche.

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Amduscias le Blanc
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Amduscias le Blanc
MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Mar 23 Mai 2017 - 17:12

Enfoiré, sac à merde. C’est un vocabulaire que tu n’as pas l’habitude d’entendre, ne fréquentant pas les humains, et tu sais maintenant pourquoi tu les détestes tant. Ils savent si bien te rappeler leur infériorité, leur médiocrité. Mécanisme de défense pitoyable. Qui plus est quand ils sont croisés avec un animal soumis comme le chien. Arno s’impose, tu le laisses disposer comme il l’entend de l’esclave rebelle. La violence a l’air de lui convenir. Tu dois fermer la porte manuellement car ta télékinésie est un don qui n’a pas fait de racines en toi, mais ton esprit s’insinue dans la tête du chien qui se remet debout, et tu lui imposes de se mettre à genoux. Là. Telle est sa place, telle est la position qu’il doit adopter face à toi, et face à tous ceux de ta race.

Arno s’écarte, tu t’avances, et plus tu t’avances plus ton influence a de poids, elle pèse sur la volonté de l’humain, la broie, la flétrie, la pétrie comme une sphère d’argile. Tes mains sont dans sa tête, il montre les crocs, tu plisses les yeux. Il est entêté, mais il ne peut pas grand-chose contre cette force qui fait frémir jusqu’à tes semblables.

- Ne t’en fais pas pour le droit. Est-ce que je m’en soucie moi ?

Tu es au bas de marches et Arno remonte vers toi, prenant ses ordres en lisant dans tes sourcils et sur tes lèvres immobiles. D’ici une seconde, le chien sera à toi, quand il aura appelé la boutique qu’il vient de quitter. L’argent n’a pas de limites, tu n’es guère dépensier, alors autant dire que ton patrimoine te met à l’abri pour le prochain millénaire.

- Tu as sans doute voulu faire du zèle en te désignant comme ma potentielle possession, mais sache que tu me déranges. Et je sais traiter les gêneurs, les indigents, les profanateurs.


Ton discours est presque religieux. Tu le gifles mentalement en lui montrant ce qu’il pourrait advenir de lui, des images si minutieusement préparées qu’elles sont d’un réalisme poignant : l’errance, la solitude, l’abandon, le massacre des siens, son suicide. Tu ne parviens pas suffisamment profond dans les couches de son cerveau pour savoir ce qui l’effraie, pas encore, mais tu reviens à la charge et il se redresse comme un pantin, dirigé par tes mains invisibles, par sa propre volonté maquillée de la tienne, et se plaque contre le mur. Là tu emplis l’espace absolument, nécessairement. Cette queue te met au supplice ; il est si laid ainsi. Tu disloques les menottes qu’il porte aux poignets et l’attache au mur froid et suintant à hauteur d’hommes. C’est une cave, mais pas à vin, c’est plus un lieu pour t’entraîner à la manipulation mentale, quand les sacrifices du culte survivent quelques jours.

- Je suis le Comte Asmodeus d’Ozran, et je serai ton cauchemar.

Tu n’as pas besoin de trop de raisons, le simple fait qu’il se soit moqué de toi en prétendant t’appartenir te donne le droit d’en faire un prisonnier. De plus il a grand besoin de voir son discours reformé. Qui lui a donc appris un tel langage ? Lentement, comme une larve glacée, tu greffes ta vision d’horreur dans sa tête, un tourbillon de nuages noirs, de pensées empruntées, de terreurs conservées au fond de toi, celles de toutes les âmes que tu as connues, que tu as bues. Déjà il se débat. Ce sera sa volonté, contre la tienne. Tu t’éloignes mais tu n’es pas sûr qu’il t’entende quand tu lâches :

- Bienvenue chez moi. Personne ici ne t’entendra hurler, alors je te conseille de te familiariser avec la pierre.

Tes épaules franchissent la porte que tu refermes sur le cachot.

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MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Mar 23 Mai 2017 - 17:12



Je sens la pression, dans ma tête. Comme un grand étau autour de mon esprit, qui écrase peu à peu ma volonté jusqu’à créer une brèche. Et là, les filaments gluants du pouvoir de cet enfoiré entre et prennent le contrôle. Je tombe à genoux malgré toute la force que je mets à rester debout. Je connais le principe, j’y ai déjà goûté. C’est vraiment un coup de pute. Il me balance encore des insultes proprettes, sans doute en se croyant moins vulgaire que moi. Je gronde, je le menace dans un langage qui n’a pas besoin de mots, mais je suis lié par une force invisible. Je m’en vais lui balancer un truc en retour, mais je bouffe quelque chose qui ressemble à un coup, alors qu’il n’a même pas approché. Instinctivement j’ai un mouvement de recul et je ferme les yeux alors que des images traverse ma tête comme des fusées.
Qu’est-ce que c’est que ce merdier ? Il m’a pris de court, ce fumier ! Mais je sais que c’est pas vrai… C’est pas vrai tout ça, parce que ma famille elle est loin et moi je suis toujours vivant ! Et je vais pas laisser ces putains de parasites me pomper le sang jusqu’à la moelle ! Je suis vivant, je veux le rester, et je le resterai. Me tuer moi-même ? Tss, c’est mal me connaître. Je retrouve mon aplomb, mais pas le contrôle de mon corps.

Un pas après l’autre, je recule, me colle au mur sans qu’il ait besoin de s’approcher. Merde, je me sens sale de bouger sans faire exprès… Les menottes dégagent, mais elles sont justes remplacées par des fers, genre cachot du moyen-âge. Ça me dégoûte d’être aussi près de lui. C’est quoi ce type qui a une cave pour attacher des gens ?

— Espèce de taré ! Me touche pas avec tes mains dégueulasses de cadavre !

La pression se relâche et me voilà libre ! J’attends pas plus d’une seconde avant de me jeter vers lui en tirant sur les chaînes, quitte à me disloquer les épaules. J’ai envie de le buter ! De lui arracher la gorge avec les dents !

— Vas chier dans ta caisse, comte de mon cul ! Tu vaux pas mieux qu’les autres !

Lui, mon cauchemar ? Même pas en rêve ! J’ai plus de niaque que ça, s’il croit qu’il peut me briser c’est qu’il est plus con que je pensais. Je suis passé entre les mains de tellement de tortionnaires que j’ai l’habitude de douiller, je sens pas grand-chose de nouveau maintenant, quand on me tabasse. Toujours le même signal qui remonte au cerveau, plus aucune surprise. Alors c’est pas un guignol de plus qui va me faire flancher. Il me balance son nom, j’ai pas envie de le retenir. Et là, c’est la déferlante. Ça me tombe dessus sans crier gare et ça me la coupe direct.
Je tire plus fort, je me mets à gueuler, à balancer le plus d’insultes possible alors que je me retrouve dans le noir. Je sais pas combien de temps j’ai passé à brailler, trop sans doute vu que j’ai fini par plus avoir de voix. Pour le faire sortir de ma tête, je me suis tapé le crâne contre le mur et ça a rendu les pensées parasites un peu floues, mais ça m’a surtout fait mal. Au moins la douleur, je connais, je peux gérer. Je m’y suis accroché comme une puce sur un chien de salon bien gras. À partir de là, j’ai pu commencer à me battre vraiment. Fallait juste se concentrer sur un truc, une image ou une idée, un mot même. Alors voilà que j’me suis fait une liste, avec les prénoms de tous les membres de ma meute. Mon ancienne meute. C’est une putain de litanie soporifique, mais elle tourne encore et encore et encore, jusqu’à prendre toute la place.

J’ai mal à la tête.
J’ai faim.
J’ai soif.
Y fait pas complètement noir, mes yeux arrivent à capter quelques détails, mais j’arrive pas à savoir combien de temps s’écoule. Je pionce un peu je crois, me réveille avec mal partout et pourtant pas la force de me lever. Est-ce qu’on va juste me laisser crever là ? Raah et puis faudra que j’aille pisser aussi… M’enfin avec la déshydratation, j’vais bien finir par plus en avoir tant besoin que ça.
Un truc me remue les tripes. Une sensation désagréable, le présentiment que j’ai fourré mon nez dans un truc nouveau et vraiment, vraiment pas cool. Ça me fout les jetons. Alors je me réfugie dans le dernier truc auquel les vampires peuvent pas toucher, même avec leurs pouvoirs cheatés : l’instinct des 15% de clébard en moi. Ce truc en moi qui relève pas de la pensée, juste du mécanisme et de la génétique. Aller, boy, fouille un peu, retrouve le… Je suis pas un vrai chien, je suis surtout humain, alors les instincts je les réprime et je fais avec l’éducation qu’on m’a donné, du coup me faut le temps de creuser un peu pour retrouver le bousin. Je m’accroche à des souvenirs, des sensations, des trucs qui font remonter les réflexes involontaires. Putain c’est pas facile !

Je deviens dingue dans le noir et j’ai mal au bide à cause de la faim. Faire les poubelles ça remplit pas. Mais c’est bien, ça m’aide à creuser. Et je fini par mettre la main dessus. Aller roule ma poule.
Froid. Humide. Faim. Soif. Nécessité de combler les besoins primaires. Mal. Mal partout, dans les bras et les épaules et le dos. Seul. Seul. SEUL.
Je hurle à la mort. C’est même plus un mot, c’est juste un son, long et vibrant qui résonne sur la pierre froide, une lamentation viscérale de la bête qui se sent seule, perdue et qui a mal. Me laissez pas crever là putain ! Je hurle même si j’ai mal à la gorge, si ma voix est rauque et ma bouche sèche. Tu vas voir, fil de pute, si personne va m’entendre. Je vais devenir ta croix, ton fardeau, ton boulet à traîner. Fais-moi sortir de là !
Je hurle jusqu’à ce que j’entende des pas dans l’escalier. Jusqu’à ce que la porte s’ouvre et que la lumière me fasse mal aux yeux. Je hurle au visage du type qui s’approche. Si tu veux pouvoir dormir tranquille, mec, donne-moi à manger ou bute moi tout de suite.

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Amduscias le Blanc
MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Mar 23 Mai 2017 - 17:17

Cadavre. Cadavre. C’est tout ce que tu représentes pour les humains, ces misérables chenilles rampantes. Ça ne te touche pas, c’est de l’air qui glisse sur toi, ne se raccroche à aucun aileron rocheux, car tu es lisse. Arno raccroche au moment où tu remontes dans le salon. Son frac est un peu en désordre et il s’en excuse, ça ne lui ressemble pas, mais ce n’est pas grave, le chien est maîtrisé.

- C’est une carne, Monsieur, si je peux me permettre…

- Tu peux. Mais tout esprit finit par être maté. Il ne dérogera pas à la règle.

- Je l’espère, Monsieur. Je vous sers votre dîner ?

Tu acquiesces. Oui c’est l’heure, même si tu n’as pas réellement faim, tu te délecteras d’un calice de sang chaud épais cuit au chaudron, affalé dans le fauteuil énorme devant la cheminée. Mais ça tambourine dans le cachot, il n’est pas aussi bien isolé que le Temple. Tu lèves les yeux au ciel et mords doucement ton index, la chevalière noire envoyant des reflets magiques dans tes yeux de démon. C’est donc à celui qui tiendra le plus longtemps dans ce bras de fer ? Ce ne sont même pas des cris humains, on dirait que le cabot a totalement pris le dessus sur l’homme, et cela te prouve qu’il a souffert malgré ce qu’il a l’air de dire, puisqu’il se laisse dominer par l’instinct, plus puissant que la volonté. Tu bois lorsqu’Arno t’apporte le liquide fumant. C’est danse, épais, un peu âpre sur la langue, mais le sang n’a d’intérêt que s’il a du caractère. Les choses sucrées et suaves te donnent la nausée, tu préfères l’humeur, la douleur, l’arrachement fait au corps pour extraire le meilleur nectar.

- Dois-je le faire taire ?

Tu lèves la main pour faire signe à Arno que ce n’est pas nécessaire, que tu vas t’en charger, quand tu auras mangé, quand tes dispositions seront plus présentes. Il est chez toi, il doit obéir à tes lois, et hurler à la lune n’en fait pas partie. Une heure se passe et l’autre ne faiblit pas. Ce qui pourrait presque éveiller ton intérêt. Tu ouvres la porte du cachot et reste dans l’encadrement, bouchant l’arrivée de lumière des flambeaux de l’escalier. Il continue de brailler et tu le fais taire en plaçant une main invisible sur sa bouche. Il hurle silencieusement, tu le gifles. Ce n’est pas la marque que tu es excédé, mais plutôt que tu n’acceptes pas qu’il s’égosille sous ton toit.

- Tes besoins primaires se rappellent à toi ? Tant mieux, cela prouve que tu en as dans le ventre. Si tu as faim, si tu as soif, si tu as besoin de lever la patte, tu devras le demander poliment, et je verrais si je suis enclin à accéder à tes supplications. Et si tu te montres trop insupportable, il y a des moyens plus « corporels » pour te réduire au silence. Ce ne sont pas des paroles en l’air, j’ai écaillé du poisson plus coriace que toi pour moins que ça.

Tes yeux sont des lampes abyssales et ta salive est amère. Il transpire abondamment, l’odeur te soulève le cœur que tu as sec. Tu tiens une bouteille d’eau du robinet dans ta main.

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Dernière édition par Charles Asmodeus d'Ozran le Mar 23 Mai 2017 - 17:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Mar 23 Mai 2017 - 17:17



Le grand schtroumpf est de retour. Je pensais qu’il enverrait son larbin. Ma voix s’étrangle avant même que je puisse lui répondre un truc, alors je le toise un peu par en-dessous. La baffe me fait tourner la tête, mais je la prends comme une victoire parce qu’il a été obligé de toucher le dégoûtant clébard que je suis. Bien fait pour toi, trou du’c ! Sa voix à un timbre plutôt doux pour quelqu’un qui prend plaisir à torturer des gens. J’ai passé au moins toute une journée et un bout de de la nuit suivante dans ce cachot pourri, tout ça pour quoi ? m’enseigner les bonnes manières ? Il est con ou bien ?
Je le regarde un long moment, avec l’air de calculer ma réponse. Et c’est ce que je fais. Mes yeux tombent parfois sur la bouteille et je cacherais pas que ça joue en sa faveur. Bon, reprenons depuis le début : je suis coincé dans le cachot d’un type que je connais pas et qui vient de m’enfermer dans le noir pendant environs vingt heures d’affilée pour me punir d’avoir balancé son nom au pif histoire de me sortir du pétrin. Il est prêt à considérer l’idée de pas me laisser crever comme une vieille merde si je me montre un chouia moins insupportable. Ok, il a pas dit ça comme ça, mais moi c’est ce que j’ai entendu. De la part d’un autre, j’aurais interprété « une façon plus corporelle de te faire taire » comme un moyen déguisé de me menacer de devoir le sucer, mais j’ai dans l’idée qu’avec ce cinglé il s’agirait plutôt de me coudre la bouche avec du fil barbelé, ou quelque chose dans le genre.
Bilan : j’ai une chance de me sortir du merdier, mais il va falloir que je m’enfonce ma fierté dans le cul. Bof, est-ce que je suis à ça près ? Je hausse vaguement les épaules et je sens que je retrouve l’usage de la parole. Ma voix est éraillée comme jamais à force de gueuler comme un putois.

— J’imagine que t’es du genre à vouloir du « maître » à tout bout de champ ?

Je le regarde. Il me regarde. On le sait déjà l’un comme l’autre, il vient de gagner cette manche.

— J’ai besoin de manger, de boire et l’accès à une salle de bain ne serait pas de trop. S’te plaît. Maître. Comte de machin ch’ais plus trop quoi. Ch’rais sage.

Hey, si c’est pas être poli ça ! Je crois que j’ai jamais été aussi aimable avec un vampire de toute ma vie. Ça m’écorche un peu la bouche faut avouer, mais là tout de suite, j’ai pas que ça à faire de m’encombrer de trop de fierté. La fierté, ça nourrit pas et ch’uis pas assez con pour mourir pour elle.
Et pour preuve de ma bonne foi, je baisse même les yeux et j’arrête de jouer les têtes de lard. Alors, il est pas gentil le chien ? Il a mérité un os, nan ? Aller quoi ! En plus je sais que si t’es descendu de ton canapé en cuir hors de prix, c’est parce que t’en pouvais plus de m’entendre gueuler. Alors le deal, il est dans les deux sens : je la ferme et je file doux, en échange tu me laisse pas dépérir.  Je ne sais pas trop à quoi m’attendre avec ce gus, mais s’il me la fait à l’envers maintenant, je jure devant tous les dieux qui crèchent au ciel que je crèverais en hurlant jusqu’à m’exploser les poumons, rien que pour l’emmerder.


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MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Mar 23 Mai 2017 - 17:19

- Rien que cela ?

Tu l’écoutes débiter et une grimace odieuse s’inscrit sur tes lèvres atypiques. Est-ce que cette créature est sérieuse ? L’importun n’a pas de gêne, voilà qui te fait halluciner et attise le feu noir dans ton regard. Tu n’as ni l’habitude des humains, ni des esclaves qui se prennent pour des rois, et celui-ci fait un parfait exemple d’inconscience. Le plastique grince dans ta main, tu t’es approché encore plus jusqu’à ce que tes narines captent entièrement l’odeur nauséabonde de poil mouillé de sueur, de peur, un peu plus il sentirait la pisse.

- L’accès à la salle de bain, voyons, c’est tout naturel.

Tu n’es pas gentil, tu n’es pas empathique, et tu n’as pas envie de concéder à tout bout de champ comme le font certains de tes semblables, soumis à leurs poches de sang. Ta main libre attrape le bas du visage du chien et tu sens tes entrailles se tordre de répugnance mais tu poursuis. Tu lui fais lever de force la gueule, car c’est une gueule qu’il a, et tu notes cette cicatrice qui lui balaie la figure. Elle est étroite, a dû être profonde, rien à voir avec les tiennes qui sont des marques de calcification, de pourriture, lui a dû écoper d’un beau coup d’épée. Tu admires l’œuvre de l’inconnu qui a peut-être pu faire taire cette bouche débitante d’insanités pendant quelques instants. Vos visages sont proches, vos haleines se mêlent. Tu sens la menthe des glaciers ; ton dentifrice spécial crocs étincelants. Le bouchon de la bouteille ripe sur le sol.

- Je peux bien faire ça pour toi. Les chiens aiment tant l’eau.

Ce ton, ce ton. Dans ce « chien » il y a toute ta médisance, l’impact de ton mépris tranquille, et tu lui renverses tout le contenu de la bouteille sur la figure, prenant bien ton temps histoire qu’il soit trempé, et que sa bouche ait juste le temps de prendre le nécessaire pour boire quand tu lui tiens encore si fort le menton que tes doigts laissent des traces rouges sur ses mâchoires. Il tousse. C’est normal ça ne passe pas par le bon trou. Tu murmures « Arno » pour qu’il apparaisse à côté de ton bras, ramassant la bouteille, le bouchon, contemplant la scène sans rien laisser transparaître.

- Détache-le, fais-lui prendre un bain. Je ne veux pas d’un cabot puant sous mon toit. Quand ce sera fait, tu l’attacheras dans ma chambre.


Il te tend un mouchoir et tu essuies tes mains trempées, tamponnant la chevalière scintillante, tandis qu’il menotte le chien après l’avoir décroché de son mur. Tu t’es bien amusé, tu es de bonne humeur, presque de bonne humeur pour aller dormir, et ce soir tu seras en pleine forme pour présider la séance « spéciale pleine lune ».

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MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Mar 23 Mai 2017 - 17:19



Ce type pue tellement le mépris que ça m’agresserait presque le museau ! Mais s’il croit qu’il est le premier, j’ai de mauvaises nouvelles pour lui. L’astuce, avec les vampires, c’était de les laisser se vautrer dans leur sentiment de supériorité et ne pas leur prêter trop attention. Qu’il me traite donc de chien si ça lui chante, ça fait longtemps que ce n’est plus une insulte à mes yeux. Par contre, sa mimique dégoûtée commence à me courir sur le haricot, mais sévère. Nan mais tu t’es vu, espèce d’épave ? À quel moment ta cervelle a moisi pour que tu puisses être plus dégoûté par moi que par ton reflet ?
Le voilà qui me chope tellement fort la mâchoire que je sens presque les os grincer. Putain, il me fait mal ! Je sens ma queue se recroqueviller entre mes jambes et se recourber vers mon ventre. Putain de traîtresse. J’ai relevé les yeux vers lui, je compte pas le lâcher, même si je me sens vaguement prit au piège. Son regard dégouline sur mon visage et j’ai l’impression d’être une grosse limace baveuse pour lui. C’est clairement pas en compagnie de ce type que je vais regonfler mon ego. L’eau m’oblige à fermer les yeux, mais je la sens remplir ma bouche et me couler dans le gosier. J’essaye d’avaler correctement, ça me rentre dans le mauvais tuyau et je m’étouffe, je recrache, je tousse. L’autre me fait toujours mal, j’ai envie de le mordre.
Larbin N°1 apparaît comme par magie et je lui balance tout mon dédain au visage. Autant le grand schtroumpf me fait flipper, autant lui me donne juste envie de lui faire manger mes poings. La nouvelle consigne à mon propos me fait gronder. Je vais pas laisser ce type me tripoter comme si j’étais un jouet, ça tu peux toujours courir !

On me détache du mur, mes épaules crient au supplice. Et hop, de nouveau les poignets entravés. C’est qu’on me prendrait presque pour une bête féroce, dis donc ! Ça me met du baume au cœur. Le larbin me pousse en avant sans douceur. Je crois qu’il m’aime pô. Tant mieux, parce que moi non plus j’l’aime pô. Mais comme on se dirige vers la salle de bain, pour le moment je reste un bon chien malgré les coups de pied au cul. Et j’essaye de pas penser à la suite, parce que ça me donne envie de gerber.
La baraque est immense, on se promène un long moment j’ai l’impression, on grimpe même un autre escalier avant d’arriver dans une petite salle de bain qui a l’air de dater de l’antiquité. Mais l’antiquité chez les riches. C’est tout dans les tons clairs – je vois qu’en nuances de gris, avec vaguement du rouge et du bleu, mais j’arrive quand même à faire la différence entre le clair et le foncé – et avec des motifs, des fioritures, des trucs inutiles mais supposés être jolis. La baignoire à même des pattes, putain ! Larbin N° 1 me pousse en espérant que je vais m’étaler sur le carrelage, mais je l’ai senti venir et je reste sur mes jambes. Il ouvre le robinet d’eau froide. Sale connard.

— J’te conseille de pas me toucher si tu tiens à tes dents, l’ancêtre.

Vu sa mimique dégoûtée, il ne comptait pas me savonner le cul et ça me convient bien. Par contre, il faudra qu’il retravaille son air hautain parce qu’il est à des années-lumière de l’effet voulu. Son patron à plus de pratique dans le domaine faut croire.
Une fois que la cuve est remplie aux deux tiers d’eau bien glacée, il rajoute de l’eau chaude. Le résultat va être tiédasse-froid, juste histoire que je me gèle pas les couilles et me chope un rhume. Délicate attention. Je lui fais signe de me détacher, il hésite et puis il doit sans doute se rappeler que se laver avec un jean et les mains dans le dos c’est pas tip-top alors il enlève les menottes. Putain, ce que je me retiens de pas lui balancer un direct du droit dans la tronche… Mais j’ai encore la dalle et je suis crevé, le combat serait vite plié et pas à mon avantage.

Sans avoir honte, je me déshabille et rentre dans l’eau comme si c’était un bain chaud. Oh merde, oh merde, oh merde ! C’est froid, ta mère ! Ah, je crois que je viens de voir ma bite disparaître comme par magie.
Du bout des doigts, le connard qui m’accompagne fait tomber une savonnette dans le fond de la cuve, comme si c’était un déchet radioactif. Pour le venger, je fous la tête sous l’eau pour me mouiller les cheveux et je me redresse d’un coup en m’ébrouant, je lui ruine ses pompes et son pantalon. Ça me fait marrer.
La savonnette, c’est l’invention du diable. Ce truc est tellement glissant que j’arrête pas de le lâcher ! Mais bon après une éternité à me battre pour aller récurer le moindre endroit et un coup de brosse de la part de l’autre pour m’arracher la peau (le « maître » à le nez sensible, qu’il a dit), je peux me sécher rapidos. Mais cerise sur le gâteau, j’ai pas le droit de remettre mes vêtements puants ! Et comme on a pas donné de consigne à l’autre ahuri, il me remet les menottes alors que je suis à poil. Bande de tarés ! Ben vous savez quoi ? Je m’en cogne. Mon cul est parfait, mon corps aussi, j’ai pas de problème à me promener les burnes à l’air libre alors si c’était une tactique débile pour m’humilier, c’est raté.
Bon, maintenant que je sens la fleur, direction la piaule du boss. J’adore ma vie, vraiment.


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MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Mar 23 Mai 2017 - 17:21

Ta chambre. Vaste territoire de bois vernis et draperies chaudes. Une coiffeuse plutôt masculine se tient à côté d’un chandelier remis au goût du jour – c’est-à-dire par des améliorations électriques – et éclaire une brosse luxueuse et une série de fioles. Il n’est pas rare que tu te fasses des masques au lait d’ânesse ou au sang d’enfant pour apaiser le tiraillement constant de ta peau demeurée si fragile malgré ta mutation. Tu es encore bien jeune, mais tu sais que tu auras toujours des restes de ta maladie humaine.

Te dépouillant de tes vêtements comme d’une armure, tu apparais nu dans le psyché et avec une huile chaude tout droit sortie de la cheminée en face de l’énorme lit, tu masses ce corps crispé, douloureux. La nuque d’abord, les épaules ensuite, doucement, puis le torse, les hanches, les cuisses et enfin les mollets. Tu brilles de mille feux et ta peau se réchauffe sous la friction lente et approfondie. Le serpent enroulé autour du miroir te regarde patiemment, approbateur peut-être, tu n’envisages pas l’inverse. En explorant la maison de ton ouïe pas si mauvaise, tu peux entendre quelques brefs échanges entre Arno et le chien, mais rien qui ne t’alerte. Il y a donc un peu de docilité chez cet animal, mais ton majordome doit être en train de te maudire. Arno n’est bien patient qu’avec toi, il l’a toujours été, d’un amour inconditionnel et serviable depuis ta tendre enfance, quand tu lui ramenais des scarabées brillants et les plumes des oiseaux les plus nobles de la forêt.
Tu enveloppes ton corps du peignoir de soie carmin – histoire de contraster avec tes couleurs naturelles – en songeant à ce passé fragmenté pour ta mémoire mauvaise, et le tissu de qualité glisse, épouse tes formes musculeuses, couvrant ta peau bleue. Tu le noues à peine autour des hanches, tant et si mal qu’on peut facilement distinguer ton entre-jambe reposée. Tu es dans ton intimité. On toque, tu te tournes et Arno reste dans l’entrée, tenant la chaîne au bout des poignets de l’esclave. Tu ne t’attardes pas sur sa nudité, ça n’a pas vraiment de sens pour toi. Tu as à peine eu le temps d’être un homme et tu t’intéresses peu à la virilité des autres, bien que parfois, tu prennes du plaisir à forcer leurs mains à les toucher eux-mêmes.

Nul besoin d’acquiescer, ton chauve ami et serviteur vient attacher le chien près de la cheminée où se trouve un crochet bas à cet effet, sur un tapis dense et doux en poils de loup blanc. L’affront te semble d’ailleurs plaisant. Arno te tend un objet, noir, long, frangé de lamelles de cuir. Le fouet trouve ta main et y reste quand le majordome disparaît. Tu restes un long moment immobile, à toiser la bête que tu viens de faire pénétrer dans ta maison, dans ta chambre. Il te tuerait s’il le pouvait, c’est ce qui t’intéresse, la façon dont il s’y prendrait, par où il commencerait, que lui dicterait son esprit raisonnable avide de fuite et de vengeance. Le fouet caresse ta paume droite et émet un léger « poc » en heurtant la console proche. Ce qui est déjà posé dessus causera plus de divertissement. Une assiette de restes de viande d’un festin que tu as fait la veille avec de bons clients, et que tu t’apprêtais à donner aux cochons, qui ne laissent pas de trace, eux. Mais ce ne sont pas les meilleurs morceaux, il reste vaguement du gras, du râble sec, des côtes à ronger, de la couenne. Tu ouvres tes longues jambes musclées quand tu poses ton séant dans le fauteuil proche du tapis trophée, et appuie ta joue sur l’index à la chevalière. Ton regard étudie le chien.

- Drake. Drôle de nom pour un canidé. On a sans doute voulu faire du zèle. Ta touffe de poils est une faute notoire de goût.


Ta main libre capture un morceau de viande froide.

- Tu as faim il me semble. Si tu en veux il faudra venir la chercher.

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MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Mar 23 Mai 2017 - 17:21



La chambre est grande mais une peu trop lugubre à mon goût. La faute au plafond trop haut, au mobilier trop imposant, aux tentures et aux tapis. Moi j’aime quand c’est un peu plus étroit et cosy, m’enfin c’est pas comme si j’étais venu refaire la déco. Pour mon plus grand bonheur, on m’a attaché les mains devant pour une fois et je termine au bout d’une courte chaîne elle-même accrochée au mur. Oh, comme c’est gentil d’avoir pensé à préserver mon petit cul du froid ! Je me pose donc en tailleur sur la fourrure au sol, pas plus rebuté que ça par l’idée qu’on puisse tuer une bête pour en faire un élément de déco. Je ne sais même pas de quoi il s’agit en plus, tout ce qui m’importe c’est que ça soit plutôt confortable.
Le Connard en chef est à poil – me regardez pas comme ça, une robe de chambre aussi légère et aussi mal mise ça ne compte pas comme un vêtement ! – et il tient dans la main un truc qui me plaît pas beaucoup. Le fouet, je connais, j’en ai reçu des coups plein de fois au centre de dressage, sans même qu’on me demande de sauter dans un putain de cerceau enflammé, en plus. Mais j’aime pas trop ça quand même, c’est une arme vicieuse et entre les mains d’un vicieux comme ce type, ça doit pas être une partie de plaisir.

Le vampire s’installe comme un pacha dans un fauteuil qui se trouve à ma portée et je le toise sans ciller. Qu’est-ce qu’il me veut, au juste ? Mon nez a capté l’odeur de la viande froide en entrant. Tout de suite. J’ai la dalle et je pourrais manger presque n’importe quoi, alors si ça ressemble de près ou de loin à de la barbaque, je vote pour. Le seul hic, c’est que j’ai déjà traîné ma fierté dans la boue pas mal de fois et que j’ai pas assez faim pour échanger ma bouffe contre une pipe. Quoi que, de la viande c’est de la viande, hein ? J’me demande si ça repousse chez eux… Héhéhé !
Je sais pas trop si j’aime entendre ce gugusse m’appeler par mon prénom. Les types de la boutique lui ont sans doute donné, trop heureux de refourguer un esclave qu’ils ont jamais vu autrement qu’en photo et qui s’est pourtant échappé de chez eux. Je paris qu’ils m’ont pas revendu cher. Mes yeux font un nouvel aller-retour entre la viande dans sa main et son visage.

— C’est ma daronne qu’a choisi mon nom, pas un putain de vampire. Et faut pas être jaloux comme ça, princesse, si t’es sage je te laisserai la caresser.

J’en rajoute une couche en l’agitant de droite à gauche dans mon dos avec un sourire narquois aux lèvres. Assis une jambe en tailleur et l’autre repliée pour pouvoir y poser mon coude, je me fous des coups que je vais prendre pour mon insolence. J’ai été un gentil chien mais faudrait voir à pas me prendre pour son pote non plus.
Aller-retour entre la viande et ses yeux. Ils me foutent les boules, tout noirs avec du clair au milieu alors que ça devrait être l’inverse.

— T’attends quoi ? Que je rampe ? Que j’te suce ? Que je supplie ? Tu peux toujours crever. Si t’approche ta main, je te bouffe les doigts. D’ailleurs c’est valable pour n’importe quelle partie de ton anatomie que t’approcherais un peu trop.

Je quitte mon sourire pour lui jeter un regard mauvais. Je m’y trompe pas, ce vampire est pas mon ami, pas mon bienfaiteur et je veux pas qu’il soit mon maître. Personne n’a les couilles d’être mon maître et ça va pas changer de sitôt. J’ai bu, je suis propre, maintenant j’ai besoin de manger mais je sais que mon corps pourrait s’en passer encore deux ou trois jours avant de me faire défaut.
S’il s’approche, je lui saute à la gorge. Le cou, le visage, les parties molles, même si ces saloperies sont immortelles, elles douillent pas mal quand on arrache des petits morceaux.


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MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Mar 23 Mai 2017 - 18:29

Vilaine queue. Toute mouillée, le poil plaqué, elle est encore plus laide et tu balaies le sous-entendu grivois comme tu chasses le vent à tes oreilles. Tu suis son mouvement provocateur comme un chat devant une pelote de laine qu’il hésite à déchiqueter ou bien à tâter. Mais tu ne tâteras rien d’humain, encore moins quand tout cela est rattaché à une bouche aussi vulgaire. Un vrai charcutier, tu en as les oreilles toutes engourdies. Ses petits jeux de regard, ses petits sourires présomptueux t’amusent en réalité, dans la mesure où il ne franchit pas les limites de ta patience. Tu es le maître ici, s’il t’insupporte tu peux très bien t’en débarrasser en un clin d’œil, en une pression de ton esprit sur son misérable cerveau. Ramper, sucer, supplier. La gradation est remarquablement menée, quoique fausse. Tu as donc l’air d’un vampire d’aussi bas étage ?

- Quel bon chien de garde tu ferais, si je n’avais pas besoin de m’encombrer d’une paillasse injurieuse.

Le bout de gras danse entre tes longs doigts bleuis.

- Et je ne peux pas « crever » comme tu aimes à l’imaginer. Tu es ici parce que tu es un insolent, un impudent menteur, et les menteurs doivent être punis. N’est-ce pas ? C’est ainsi dans toutes les civilisations, depuis la Nuit des Temps. En Chine on t’aurait coupé la langue. Et je me demande si ce n’est pas ce que je vais faire si tu continues de t’exprimer comme si ta langue avait léché un sol merdique. Peut-être que cuite avec des oignons rissolés, elle serait plus agréable…


Ta bouche prend une forme fort peu rassurante malgré le plein de tes lèvres qui dévoilent des crocs parfaits quand tu parles. Tu examines encore, ce profil de chasse, cette gueule taillée au couteau de cuisine, ce nez trop raide, comme une pente de ravin, ces cheveux naturellement inclinés vers l’arrière, ces yeux incrustés, fins, légèrement bridés, le port de tête carré, brut, ce corps athlétique. Oui il pourrait courir de longues nuits, pourrait distraire tes semblables et toi-même. Après tout tu viens de te l’offrir. Sans prévenir tu pénètres son esprit, et littéralement la sensation de viol est physique pour le récepteur. Tu connais cet effet, ton effet, et tu t’enfonces dans ses souvenirs auxquels tu as accès une fraction de seconde, avant qu’il ne se mette sur la défensive et ne te ferme la porte. Mais c’est trop tard, tu as eu ce que tu voulais. Petit champion que ce bâtard croisé avec un berger belge. Tu l’as vu courir avec excitation avec d’autres humains, « sa meute », c’est comme ça qu’il l’appelle. Il chassait pour eux, maintenant il va chasser pour toi, oui, tu l’as décidé.

- Dans ce cas si je ne peux pas t’approcher.

Tu balances le bout de viande qui tombe hors de l’amplitude que lui laissent les petites chaînes dorées.

- Oups.

Tu en saisis un autre et le lui jettes sans vergogne, du brillant dans tes yeux froids. Ta voix monte dans sa tête, c’est plus économique, et tu ne ressens de fatigue à cet exercice qu’après une longue utilisation. « Que dirais-tu de chasser pour moi ? De chasser avec moi ? A moins que tes talents ne soient qu’une projection de ton désir ? Tu pourrais refuser, mais alors tu retournerais dans cette cave qui te fait hurler, bâillonné comme un porcelet, jusqu'à ce que tu fasses l'objet d'un accident domestique... Tu noteras mon usage du conditionnel.  Je n’envisage pas une réponse négative. Je te laisse réfléchir. »
Une fois que tu as bien mis en désordre son cerveau, tu te lèves noblement et fait glisser l’assiette de restes de viande jusqu’à lui, avant d’enfiler une paire de boules quies dans tes oreilles et de laisser tomber le peignoir pour entrer dans tes draps froids. D’une simple pensée tu avives le feu et éteins la lumière qui grésille un peu avant de faire le noir sur ta silhouette couchée. Tu as le sommeil profond, il pourra gigoter tout ce qu’il veut tu ne tendras pas l’oreille une seconde, d’autant que ce qu’il ne sait pas encore, c’est que ses chaînes sont un peu spéciales, diffusant un profond somnifère cutané à force de friction. Les effets ne devraient pas tarder à se faire ressentir d’ailleurs.

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MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Mar 23 Mai 2017 - 20:10



Quoi, mon parlé distinguay ne te plait pas ? Zut alors.
Si tu savais, mon ami, tout ce qu'on a essayé pour me faire cracher autre chose que des insultes : me faire bouffer du savon jusqu'à m'empoisonner, me faire avaler de l'eau bouillante, me briser la mâchoire (2 fois !), me percer la langue... Sur ce dernier point, ils auraient au moins pu me poser un piercing histoire que ça soit utile pour plus tard ! Alors c'est pas tes menaces à la con qui vont me faire peur.

Je ne sais pas s'il a lu mes pensées ou s'il a juste trouvé que j'avais une sale tronche, mais j'ai vite regretté ma fanfaronnade mentale en sentant ce... Truc. Dans ma tête. Je me suis déjà pris des chibres dans le cul sans prévenir, c'est pas la joie mais bien que ça soit dégueulasse à dire, on finit par s'habituer. Question de survie, le corps fait ce qu'il peut pour pas morfler, c'est normal. Mais là, j'ai l'impression que je suis revenu dix ans en arrière et c'est la première fois qu'on me retourne sans prévenir et sans me demander mon avis. Sauf que c'est dans mon esprit, alors c'est pire. Je me recroqueville, les mains de chaque côté de la tête et me sens basculer sur le côté, déséquilibré par mon propre sursaut de douleur. Je crois que je laisse échapper un couinement, parce que ça fait mal comme rien d'autre a pu me faire mal, mais je suis trop concentré sur ce truc qui me fouille la caboche pour m'entendre moi-même. Instinctivement mon esprit s'est retourné pour chopper cette main invisible qui mamaille à l'intérieur en foutant le bordel et mord, comme une bête enragée.
DÉGAGE !
Il se retire tout de suite et me laisse essoufflé, frémissant et avec l'impression d'être sale comme jamais auparavant. Putain, ça me rend fou ! Je vais lui éclater la tronche ! Lui ouvrir le bide et lui bouffer les tripes ! Je me redresse et tire sur les chaînes à m'en déchirer les poignets, mais ça sert à que dalle, il est trop loin. Le bout de viande va s'écraser par terre dans un bruit un peu humide et malgré moi, je suis sa trajectoire des yeux. Mon ventre se met à gronder au même moment et je lui en veux beaucoup. Je fais pitié, c'est triste. Le morceau suivant, j'ai le réflexe de lever les mains pour l'attraper avant de le gober. Je crois que c'est les meilleurs restes que j'ai jamais mangé, il doit pas se rendre compte de la merde qu'on nous faisait à la cantine du centre de redressement.

L'assiette ne tarde pas à suivre et je ne me fais pas prier pour la prendre et en profiter pour m'éloigner de lui en allant m'adosser au montant de la cheminée. Je sais que ça ne protège pas des incursions mentales, mais j'ai tout sauf envie de rester près de lui, là tout de suite. La suite je l'entend clairement, mais après avoir levé les yeux vers lui je capte que c'est dans ma tête. Ça fait comme un drôle d'écho un peu sourd et ça reste en surface, mais je déteste ça quand même. Rentrer et sortir de la cervelle des gens, comme ça, sans prévenir, c'est pas mieux que les tripoter à tout bout de champ.
Voilà qu'il me balance le deal de ma vie et se lève pour aller se coucher. Lumière, rideau, fin du spectacle. Moi je continue de grailler sans me soucier de manger du cartilage, du gras ou des nerfs. Il y a même des bouts d'os à ronger dans lesquels je peux planter mes crocs. Et tout ça me laisse le temps de réfléchir un peu à sa "proposition".

Il veut que je chasse. Il a aussi parlé de chien de garde et je crois que l'idée pourrait bien lui revenir en tête un de ces jours. Que je le veuille ou pas, il est officiellement mon nouveau propriétaire et mon joli code barre est associé à son nom dans les registres. J'aimerais bien en savoir un peu plus sur lui, parce que dans le fond j'ai juste pointé mon doigt sur une enseigne pour me retrouver ici. Résumons donc nos connaissances : c'est un vampire flippant, qui aime venir foutre le bordel dans ma tête, m'attacher un peu partout et se promener à poil, il a une bijouterie à son nom, une baraque beaucoup trop grande pour lui et un larbin bien casse-couille. Maintenant, si je veux survivre et trouver une bonne occasion de m'échapper, il faut que je joue les chiens de chasse en surveillant mon vocabulaire.
Parce que c'est ce type qui m'impose ça, j'ai envie de dire non et de hurler tout mon saoule pour évacuer la frustration, mais je dois reconnaître que c'est pas si catastrophique comme arrangement. Déjà parce que être chasseur, c'est mieux qu'être sex-toy. Ensuite parce que ça me ferait voir un peu de paysage et ça me ferait courir.
Mon plat est vide, mon ventre est plein et je me sens un peu vaseux. Merde, qu'est-ce qui me prend ? C'est le moment, le jour va bientôt se lever, si j'arrive à me détacher je pourrais me barrer facilement. Je me secoue, je tire sur mes chaines, je regarde l'attache dans la pierre et j'essaye de la déloger, je remue et je m'agite, mais plus ça va et plus je me sens faible. Mon corps réagit de moins en moins et mon esprit s'embrouille. C'est quoi encore ce piège à la con ? Pourquoi je... Me sens... Si...
Pas le temps de réaliser, je black-out avant même de retomber sur le tapis.

Quand je me réveille, j'ai l'impression d'avoir juste cligné des yeux. Impossible de me souvenir quand j'ai décroché, aucun rêve, aucune sensation. Juste ce qui me semble être une seconde de vide total. J'ai mal dans les épaules et les bras, les menottes me lacèrent les poignets. Je cligne des yeux lentement, émerge d'une façon anormale. On m'a drogué, je vois que ça ! Un bruit dans mon dos me fait tourner un peu la tête et je vois du coin de l’œil le proprio se lever comme une fleur. Presque tout de suite après, le larbin toque à la porte. Je sens son eau de Cologne depuis mon tapis.
Merde, je suis fatigué, je veux encore dormir. Dormir pour de vrai cette fois. Mais à rester à poil toute la journée près d'une cheminée qui s'est éteinte, je me sens refroidis, un peu engourdis et j'ai pas envie de bouger. Alors je laisse retomber ma tête sur la fourrure douce et je pousse un gros soupir en fermant les yeux à nouveau.

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MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Mar 23 Mai 2017 - 21:41

Tu dormirais presque du sommeil du juste, si tu l'étais. Tes rêves sont de vastes océans sans berge, sans aucune île où accoster, aux eaux sombres et vides, territoires infinis dans lequel ton esprit se repose, s'égare, se régénère. User de la télépathie n'est pas une force anodine, tu l'entretiens, mais elle te prend de l'énergie, même un peu, alors tu dois dormir beaucoup. C'est une compensation incontournable. Le réveil, c'est Arno qui sonne un petit carillon dans le couloir, que tu lui as fait accrocher-là. Tu n'as pas une horloge interne fiable, aussi tu te fies à celle de ton homme de main. Lui est toujours à l'heure. Ton corps détendu s'étire sous la couette et tu sors une jambe puis l'autre pour quitter le giron chaud du sommeil, toi qui n'amènes jamais de partenaire à partager cette place, double pourtant. Qui peut se vanter de dormir dans un aussi grand lit tout seul ? Arno toque, tu lui intimes d'entrer quand ton regard se porte sur ton armoire et la tenue que tu vas porter pour ladite chasse. Car ce que tu as décidé sera, et si le chien doit être traîné au collier, il le sera. Tu n'as pas oublié sa présence, ni son odeur, plus forte au matin. Le feu est presque mort, et Arno s'en charge.

- Vous lui avez donné une dose suffisante, Monsieur ?

- Ohh ne t'inquiète pas, il ne peut pas encore bouger complètement. Il te reste quelques minutes pour raviver les flammes.


Tu sors un ensemble sobre, noir, élégant, une tenue de monte avec de hautes cuissardes de cuir. Il te faut bien cinq minutes pour te vêtir, nouer chaque bouton, chaque ruban, chaque lacet, et peigner tes cheveux blancs qui ressortent sur ce tableau gothique. Tu assumes ton étiquette, celle qui te colle aux os que tu as noirs.

- Dois-je le faire habiller ?

Le feu reprend, doucement, paisiblement, quand il va ouvrir les volets qui révèlent la nuit pluvieuse sans étoiles.

- C'est une idée. Tâche qu'il soit prêt rapidement. Ah. J'oubliais.

Tu ouvres un tiroir, en sors une boîte et tends un collier à impulsions électriques. Que tu aies besoin de cela n'est pas la question, ta main fouaillant dans son crâne est sensée être suffisante, mais tu aimes imaginer la combinaison de sa torture mentale et de ses convulsions physiques. Le chien dansera sur des braises ardentes s'il n'obéit pas au doigt, à l’œil. Ton œil.
En bas, tu prends un déjeuner rapide, frugal mais vivifiant : un sang-glacé, de quoi dynamiser toute ta personne. Tu quittes ensuite le manoir sous la pluie pour gagner l'écurie, sans te soucier d'être mouillé ; c'est aussi ça, le plaisir du jeu, des circonstances plus vraies que natures. Le domaine est vaste, vous n'aurez pas à en sortir pour cette première. Ton cheval est un hongre gris dont le pelage se truite une fois mouillé. Il n'est pas très beau, comme toi, mais d'une remarquable célérité, efficacité. C'est pour cela que tu l'as choisi. L'animal sellé, tu reparais sous la nuit, au bas du perron, au moment même où Arno t'amène le chien vêtu de ses frusques de la veille, mais lavées. Quoique cela ne durera pas. Tu lorgnes ce collier qui lui entoure la gorge et te complais dans cette observation sinistre. Tu n'es pas sournois, ni sadique, mais tu ne résistes pas à des petits délices comme ça.

- Établissons des règles simples, chien : satisfais-moi, et tes récompenses seront croissantes. Pour chaque effet plaisant, nourriture, eau, douche, couchette, bien sûr, une à la fois. Pour chaque effet déplaisant, et bien je suppose que nous appliquerons une soustraction au lieu d'une addition, voire même une division.

Le mot cogne contre tes dents blanches. Tes cheveux ont commencé à onduler avec l'humidité. Ton vêtement est déjà bon pour la machine à laver.

- Ce collier te rappellera à l'ordre. Mon ordre. Viendra se greffer à cette douleur, ma poigne autour de ton cerveau si compatible avec mon pouvoir, et je te noierai tendrement dans ta propre démence...Si tu t'échappes.

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MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Mer 24 Mai 2017 - 3:02



Je ne prête attention ni à l'un, ni à l'autre, jusqu'à ce que Larbin N°1 vienne me fourrer un coup de pied dans les reins. Animé par la douleur, je me retourne et lui choppe la jambe, lui mord le mollet et s'en suit une scène aussi humiliante pour lui que pour moi où il tente de se débarrasser de moi comme d'un caniche teigneux tandis que je suis retenu par les chaînes à mes poignets. Finalement, il glisse sur la peau de bête et s'étale alors que je lâche prise. J'ai du sang dans la bouche et lui des trous dans son pantalon. Si on me traite comme un chien, je réagis comme un chien. Le type a l'air de vouloir me tuer avec son regard, mais je me pare d'un sourire narquois et il ne peut rien faire puisque la consigne est claire : m'habiller.
Il me jette le collier au visage. Je crois reconnaître le dispositif, quoi qu'il semble plus avancé ou en meilleur état que celui que j'ai déjà porté. Monsieur ne se refuse rien on dirait et je me demande combien l'ont déjà porté avant moi. Espèce de petit vicelard, sous tes allures proprettes tu caches bien ton jeu ! Sans hésiter, parce que je vais quand même pas me laisser intimider par un collier électrique, je me mets moi-même l'engin autour du cou. Larbin a l'air satisfait d'avoir un peu plus d'emprise sur moi, mais je lui lance un regard glacé pour lui faire comprendre que ce n'est pas ça qui m'empêchera de lui sauter au visage s'il m'emmerde un peu trop. L'avantage de se retrouver face au big boss en tête à tête, c'est qu'on se rend compte à quel point les autres vampires ont l'air faiblards à côté. J'en avais déjà pas vraiment peur avant, sauf quelques exceptions comme le Connard qui vit ici, mais maintenant c'est d'autant plus vrai. Alors ce type, avec ses rides et son crâne dégarni, il aura beau me coller des coups de tatanes autant qu'il veut, il ferait mieux de pas trop compter sur ma coopération.

On me jette mes vêtements au visage et on me détache du mur, enfin. Je retrouve mes fringues avec plaisir, elles ne sont pas très classes mais elles sont très confortables. Un jean un peu large, un t-shirt informe de couleur noire et un hoodie avec un peu râpé aux coudes, sans compter la paire de baskets aux pieds. Voilà, j'me sens bien, frais, prêt à me battre. Du coup le vieux me fait signe de dégager de la piaule pour rejoindre sa Majesté à l'extérieur. Encore un temps de merde.
Le proprio - ouais, je refuse de dire "maître", l'est comme tous les autres, un vampire de passage - a perché son petit cul de noble sur un cheval et m'attend en prenant la pluie. Je sais pas trop ce qu'il attend de moi, mais ça pue je trouve. Les mains dans les poches, je reste sur les deux dernières marches du perron en attendant de savoir ce que me vaut l'honneur de cette libération. J'aime pas bien le ton qu'il prend avec moi, comme s'il avait déjà gagné ma docilité et que je ferai tout ce qu'il me demande. Ça me hérisse le poil. Alors à mon tour, je lui grogne mes conditions :

— Appelle-moi "chien" et j'te répondrai en te donnant du "connard". Ça m'trou le cul de devoir t'appeler par ton prénom alors tu seras mignon de te trouer le tien en faisant la même chose. Traite-moi comme un sale clebs et je réagirais comme un sale clebs. Si tu crois que je pourrais hésiter à pisser sur tes tapis, ravager tes meubles ou hurler à la mort toute la journée pour t'empêcher de pioncer, laisse-moi t'dire que tu te goure. À mes yeux, aucune torture pourra compenser l'immense bonheur de t'avoir pourri la vie même cinq secondes, alors épargne toi du temps et de l'énergie.

Et voilà, je suis trempé à nouveau, y fait froid et je suis bon pour devoir retirer jusqu'à mon caleçon si je veux avoir une chance de sécher. Mais je suis dehors et je me sens en forme. Ça c'est le plus important.

— Ch'uis pas difficile, je sais que ça pourrait p't'être bien te tuer de me considérer comme un être vivant qui aspire à un brin de respect, alors je vais pas te demander m'en accorder trop. Mon prénom ça s'ra déjà assez. Mais te fais pas des films : c'est pas ce collier qui va changer quoi que ce soit. T'es pas mon maître, juste un enfoiré qu'à assez de fric pour s'être payé le luxe de pouvoir me buter quand tu veux.

Je m'avance, rejoins le canasson. J'ai bien pigé sa consigne et pour être honnête, elle m'intrigue un peu parce que je pensais pas que ce type pouvait être du genre à fonctionner comme ça. Débarquer chez un inconnu et voir ma vie se barrer en couille du jour au lendemain, j'ai carrément l'habitude. Alors arriver dans un manoir sur un malentendu et me retrouver en l'espace de 48h le chienchien de son Altesse qui se met à avoir des drôles de lubies, c'est pas ce que j'appelle une situation étrange. Nan, ce qui me change c'est de rencontrer un taré un peu pervers qui fixe des règles et qui à l'air de me donner un rôle, pas simplement de chercher à me faire douiller pour le plaisir.
Pour le moment, le gugusse me flanque un peu la trouille et j'ai pas moyen de me tailler alors mieux vaut filer doux. On verra plus tard comment ça se passe. Déjà, on teste les règles, on explore le terrain. Je tapote l'encolure de la bête, qui n'en a rien a foutre de moi et je m'étire jusqu'à ce que mes épaules craquent. Je tourne à peine la tête vers le vampire :

— Alors quoi, Charles ? On chasse ou on va juste faire un footing ?

Ouais, j'ai retenu son prénom.

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MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Jeu 25 Mai 2017 - 12:04

Ça pourrait bien te tuer, oui. De le considérer comme autre chose qu'une distraction. Car les lois t'interdisent d'avoir un esclave sous ton toit, que ce soit pour le choyer, ou le maltraiter. Qu'est-ce qui t'empêche de changer les lois ? Cette loi ? Si elle ne te plaît pas, change-la. Ce serait trop facile pourtant, et tu acceptes le challenge que représente le chien. Une goutte de piment dans ton café sanglant, un peu de sel sur une entrecôte saignante : pourquoi ne pourrais-tu pas prendre un peu de plaisir ? Quel tempérament de feu, voilà qui contraste à merveille avec ton stoïcisme né. Plus pessimiste que toi, et d'une insolence que l'on voudrait peindre pour en réaliser l'ampleur. Personne, personne ne s'est jamais adressé à toi de cette façon, et tu tends à penser qu'au fond de toi, tu aimes ça. Tu lui laisses la laisse longue, pour mieux tirer d'un coup sec quand tu auras comptabilisé assez de points de son côté.

- C'est toi qui m'as choisi. Rappelle-t'en toujours. Tu te donnes tant de mal pour être détestable, quand je le suis naturellement. Voilà la différence entre toi et moi : tu ne m'arriveras jamais à la cheville, Drake.

Tu honores l'indigne marché qu'il te propose, parce qu'il t'a appelé "Charles", sous les yeux horrifiés d'Arno, et que c'est un début intéressant. Le cheval se met en marche sous une infime pression de tes mollets. Lentement, ton esprit s'étend sur tout le périmètre, sans qu'aucune brindille, aucun caillou, aucune pierre ne t'échappe. Tu es omniprésent, tu es chez toi. Mais quelque chose t'insupporte et perturbe ta concentration.

- Tu pourrais cacher ton excitation à l'idée de trouver une porte de sortie, tu pues l'impatience.

Pour cela tu lui étriques le cerveau à main nue, traquant ce désir de fuite et de revanche, tu pars au trot, envoyant de l'eau sous l'allure remontée et ramassée de ton cheval. Un instant tu te tournes vers l'hybride dans un saut de mouton de ta bête nerveuse, et lui glisses à l'esprit : "Je te conseille d'être le premier à ramener le gibier. Drake." Et tu files à vive allure vers la forêt de ton domaine.

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MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Jeu 25 Mai 2017 - 16:40


Je hausse les épaules avec un "pfff" indifférent. Grande nouvelle coco, j'ai pas envie de te ressembler. Ouais, j'aboie plus que je mords, et ça me va bien comme ça figure-toi. Y a rien de glorieux à être naturellement une saloperie ambulante. Par contre faut avouer qu'il marque un point : c'est moi qui l'ai choisi, pas l'inverse. C'est presque ironique, un esclave qui choisit son propriétaire et qui tombe sur une vraie ordure alors qu'il pensait pouvoir se sauver plus facilement. Ça m'apprendra a être con. Je note aussi qu'il utilise mon prénom et c'est plutôt fair-play de sa part.
On se met en mouvement, je marche au pied bien sagement. Le terrain est grand et il pleut beaucoup, c'est un peu compliqué pour mon flair, mais j'ai connu pire. Par contre, ça va faire un bon moment que j'ai pas chassé et si l'idée me tente bien, j'espère que j'ai pas trop rouillé quand même.

La remarque sur mon impatience à m'enfuir me tire un sourire moqueur, qu'il me fait rapidement ravaler d'une très désagréable pression à l'intérieure de ma tête. Par réflexe, je courbe l'échine et me tient le front d'une main, le temps que passe la sensation. C'est bon quoi, lâche-moi ! Si je peux même plus me réjouir de petits bonheurs comme celui d'imaginer ma fuite... Je crois que je suis tombé sur un maniaque du contrôle.
Le grand schtroumpf lance sa monture au trot et me distance en me balançant une dernière consigne. Intérêt à débusquer du gibier en premier ? Quel gibier ? Je suis supposé ramener quoi ? Du lapin ? Du cerf ? Du sanglier ? Du pigeon ?

— Et je l'attrape comment ? Par la force de ma volonté et de mon esprit ?

Il ne se retourne même pas le salaud et me laisse planté là comme une asperge. Raaah, quel connard ! Mais quel connard ! Bon, du sang-froid. Je paris que c'est un test, une façon de voir ce que j'ai dans les tripes. Ou alors il cherche juste une excuse pour pouvoir me laisser crever de faim ou de soif. Puisque c'est comme ça et puisque j'ai pas encore assez de mou sur mon collier pour pouvoir me tailler en toute sécurité, on va jouer à ce petit jeu et je compte bien me battre.
Je démarre au petit trot, ma respiration se met en place et j'accélère doucement. Dans le bois il fait très sombre, mais j'ai de bons yeux et je capte mieux la lumière que les couleurs. La nuit, c'est un monde en noir et bleu, un monde en bichromie que j'ai l'habitude d'arpenter en permanence. J'entre sous le couvert des arbres et me met nez au vent pour essayer de repérer quelque chose d'intéressant. Il va falloir aller un peu plus au fond pour réussir à trouver quelque chose, les animaux évites l'orée des bois. Malgré la pluie, j'arrive à repérer l'odeur d'un renard et je la suis jusqu'à son terrier. Ce n'est pas l'animal qui m'intéresse, plutôt son domaine de chasse. Il doit y avoir quelques lapins dans les environs. Je fais des efforts pour affûter mon flair, mais le mauvais temps ne joue pas en ma faveur. Quoi qu'au moins il me permet de sentir le chien mouillé et donc je passer plus inaperçu.

Je cavale un long moment avant de trouver l'entrer d'un terrier de lapin. On est la nuit, les bestioles doivent se cacher et dormir, mais comme il est encore tôt je pense pouvoir en trouver certaines encore actives. Je cherche, je suis une piste et j'arrive à trouver une proie. Maintenant pour l'attraper, c'est autre chose... En cours de route j'ai trouvé une branche cassée avec une extrémité pointue, mais c'est pas vraiment ça qui va me servir de lance. À la limite de gourdin. J'aimerais bien vous y voir vous, assommer un lapin.
Je tente ma chance, la bestiole s'enfuit et je me lance derrière elle. Au début je peine, je glisse, me vautre, m'écorche de partout et me couvre de boue, mais rapidement je sens monter l'excitation de la chasse. Le plaisir de sentir la proie juste à portée, d'anticiper ses mouvements pour la piéger. C'est plus par un coup de bol qu'autre chose que j'arrive, à l'aide de mon bâton, à faire tomber l'animal, ce qui me laisse assez de temps pour lui fondre dessus et lui briser le cou. Je suis essoufflé, j'ai la gorge sèche, mais je me sens vivant, plus vivant que jamais ! Mon premier réflexe est de retirer mes chaussures pour les attacher à ma ceinture. Pieds nus je glisse moins, même si parfois je marche sur un truc piquant.

Maintenant que j'ai attrapé un truc, je dois rejoindre Charles. Non ? C'est pas ce qu'il a dit ? Je sais plus... Tant pis, je vais quand même le faire. Je m'élance, aux aguets. Il est parti dans cette direction je crois, je vais bien finir par flairer sa monture et le parfum de lessive qui accompagne ce petit compte propret. Ma prise à la main, je l'aurais bien évidée mais on a pas jugé utile de me donner de couteau. Tant pis, si je retrouve vite le proprio, il pourra peut-être le faire lui-même.
Je suis dégueulasse, trempé et couvert de boue, mais je m'en fout. J'ai les yeux qui brillent d'excitation, les pupilles dilatées et les narines frémissantes, je suis tendu comme un arc et prêt à bondir. Je ressemble à un chien de chasse plutôt qu'à un corniaud des rues.

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MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Jeu 25 Mai 2017 - 17:39

Tu dis le gibier, pas du gibier. Mais ça doit échapper au chien, la subtilité, ça lui échappe totalement. Peu importe, qu'il aille chahuter avec les lièvres, il recevra sa punition tôt ou tard pour avoir improvisé ce qui ne s'improvise pas. Il ne le sait pas mais cette chasse est toute prête, toute calculée. Non que tu n'aimes pas le goût de l'aventure, mais tu préfères avoir toutes tes chances, avoir la bonne disponibilité, le timing parfait. Ta monture a le pied vaillant et énergique, tu gagnes bientôt le bois, transperçant le couvert des arbres comme un spectre quand la boue macule bientôt tes cuissardes au-delà du genou et le bas de ton veston noir à queue courte. Il n'y a pas de peut-être qui tienne, tu es dans la bonne direction, ton esprit étend ses griffes vers la source de sang, fontaine au parfum de miel sous cette pluie qui étouffe toutes les autres odeurs...révèle pourtant le fumet fort du chien mouillé. Cela ne te perturbe pas plus que ça. Tu croises un sanglier qui cherche à te fuir mais tu n'as de toute façon aucun intérêt à tuer un animal. Tuer pour tuer ne t'apporte rien, tu n'es pas un sadique assassin, un meurtrier gratuit, non. Toute vie dépossédée, découpée, a un poids, un rôle précis, une valeur que tu connais, que tu estimes, que tu vas savourer. Tu vas savourer cette vie.
Le galop dure une bonne dizaine de minutes quand des cris t'excitent. La voix est androgyne, tout ce que tu aimes. Ton cheval sent ton impatience et charge sous ton influence. Le cabot est loin maintenant, tu seras seul à t'extasier, et tu t'extasies quand tu le trouves, ton butin, ton gibier. De la fumée sort par les naseaux du destrier et tu t'arrêtes pour lui flatter l'encolure et caresser du regard le minois trempé, poignets liés sévèrement au tronc massif d'un chêne. Le prochain sacrifice. Tiède dans la brume, comme tu les aimes. C'est une lubie qui te possède : les attraper avant de les faire descendre sur l'autel. La peur lui fait trembler les jambes, le désir de fuite anime son regard. Si seulement tu pouvais arracher ses yeux d'émeraude pour fabriquer deux pierres uniques. C'était sans compter l'arrivée du chien que tu n'as pas senti à cause de ton admiration pour le très, l'excellent choix d'Arno. Il pue. Et il tient un lapin à la main. Tu poses un regard pénétrant sur lui quand il comprend très certainement ce qui est en train de se passer, et tu jouis de ton effet, même bref, O si court et si intense !

- Vous êtes un malade mental...

Bégaie l'esclave aux poings liés, à moitié nu sous les trombes orageuses. Malade ? Oui tu l'as été, tu l'es, tu le seras. Ce n'est pas grave qu'ils ne voient tous que ça. Tu sauras les aveugler définitivement.

- Bien, Drake. Je vois que tu n'as aucune ambition. Passer presque une heure dans la forêt pour revenir crotté et sans ce que je t'avais demandé... Ce pauvre lapin te fera office de repas. Maintenant amène-moi cette créature. Tout de suite.


Qu'il tente quoi que ce soit, de le délivrer ou de prendre la poudre d'escampette avec, et tu déchaîneras les foudres des plus austères démons sur lui.

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MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Jeu 25 Mai 2017 - 19:52


J'approche du but, je le sens. Littéralement. Mais un truc me titille un peu : pourquoi j'ai l'impression qu'il y a une autre odeur avec celle du cheval et du vampire ? Je ne tarde pas à comprendre dans quel traquenard je suis tombé : ce salaud a attaché un pauvre garçon dans les bois, sous la pluie. Je m'arrête à hauteur du cheval, je croise le regard du gamin qui a l'air gelé et effrayé. Y a de quoi l'être, putain. Ça me retourne les tripes et l'insulte du salopard sur son cheval me fait montrer les crocs et gronder. Si j'avais été un chien, j'aurais couché mes oreilles et me serait fait menaçant, prêt à bondir à la gorge de son cheval pour le mordre.

— Espèce de taré... C'est ça que t'appelle une chasse ? Un type attaché à un arbre ? C'est p't'être qu'un putain de lapin, mais j'me suis au moins donné le mal de le chasser pour de bon, au lieu de juste suivre une piste toute tracée pour surtout pas dégueulasser ma jolie culotte. C'est toi qui manque d'ambition, Charles.

Je sens mon nez se plisser de dégoût et je me détourne de lui et de sa proie factice. Déjà, parce que ça me débecte de m'imaginer chasser de l'humain. Il m'a rien fait ce pauvre gosse, ça me sert à rien de lui foutre la trouille ou de lui faire mal. J'ai chopé mon dîner, il a qu'à faire pareil avec le sien. Ensuite parce que je trouve ça pathétique de simuler une traque quand y a rien à traquer. Espèce d'handicapé, si t'es pas foutu de courir après ta proie alors reste chez toi et achète toi des esclaves à mordre !

— T'as qu'à aller ramasser ta bouffe toi-même, t'as visiblement pas besoin de mon aide vu qu'on t'as servi ça sur un plateau. C'est clair qu'y a du challenge, hein mon gars ? Un pauvre lardon à moitié à poil, sous la pluie, attaché en plein milieu de la nuit à un arbre dans ton jardin... Comment tu veux qu'on te prenne au sérieux ? T'es comme tous ces autres bouffons, même pas foutu de prendre le risque que ta graille se fasse la malle si t'es pas assez bon pour la choper à temps. Tu peux bien te foutre de ma gueule et me regarder de haut, mais moi j'ai chopé du gibier. Du vrai. Pas un steak industriel suspendu à une corde pour faire genre.

Ça sert à rien que je m'éloigne, il va juste me taser. Alors je me contente d'aller m'adosser à un arbre et de croiser les bras en le toisant. J'avais les boules, maintenant je suis juste dégoûté. Il se la joue grand seigneur mais il est tellement mauvais perdant qu'il prend aucun risque. Ce gamin y voit que dalle dans le noir, ça se voit direct à sa façon de fouiller le décor qu'il a pourtant sous le nez. En plus il a l'air à peine pubère, un peu maigrelet, pas entraîné à cavaler et survivre. C'est pas lui qui arriverait à sauter le mur d'enceinte.
Je m'attarde sur le gosse, un instant. Il me regarde aussi, enfin plutôt il regarde dans ma direction et essaye de deviner mon visage, mais je crois qu'il peut juste discerner ma silhouette. Il tire sur ses liens et il tremble comme une feuille. Pauvre marmot... On l'a sans doute acheté très cher vu sa gueule d'ange, p't'être même qu'il est passé du centre de dressage à cette forêt sans même connaître la boutique. Il me fait de la peine, c'est vraiment un destin de merde. Quoi que je sens que dans une demi-seconde, le mien sera pas meilleur.

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MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Jeu 25 Mai 2017 - 23:23

- Je n’ai pas besoin de ton avis. Si je le désire, je te le ferais savoir. Tu n’as pas à penser, ni à partager ton opinion. Tu es là pour agir, obéir, m’obéir. Et tu vas obéir. Il y a chasse tant qu’il y a proie et prédateur, je suis le prédateur, ce garçon est la proie, et veille à ne pas le devenir à ton tour. Tu as tant l’habitude de glisser sur la mauvaise pente que tu ne calcules plus les dénivelés. Il te faut une main experte pour te redresser, et ça tombe bien, je suis…cette main.

Tes mots fusionnent avec le temps et fusionnent avec l’écho de ta voix que tu plonges profondément dans son crâne. Tu serres ta prise, le force à ployer le genou, à tomber sur le sol, malgré sa résistance. C’est comme enfoncer un couteau dans du beurre, une fois que le passage est fait, ça va tout seul, tu y arrives mieux. Tu parviens à pénétrer presque sans qu’il ne hérisse de défense dans son crâne et à faire ton ouragan là-dedans. Tu te refuses à porter une atteinte physique directe à son corps, car c’est ce qu’il attend : il y est préparé, il connaît ça. Ce que tu lui proposes est plus intense, plus novateur, plus…extrême. Une souffrance à laquelle il ne pourra jamais se faire, ni se défaire, tant que tu seras l’araignée qui gratte et cavale et tisse derrière ses yeux. Ta toile est tendue. Tu mets pied à terre, lâche la bride, éclabousse tes pieds de boue et d’eau.

- Le challenge, c’est toi qui le crées, à chaque seconde, en me provoquant. J’aime ça, j’aime ta résistance, Drake, ton insolence, ta virulence, mais n’oublie jamais que je ne suis pas un vampire dans la foule, Oh mais tu n’oublies jamais rien pas vrai ? Avec ta gueule tranchante de rancunier.

Tu t’es avancé, lui broyant toujours la conscience de manière à l’étourdir. Tu as assez déjeuné, tu peux le contrôler encore plusieurs minutes. La jolie proie contre l’arbre se débat, d’instinct elle cherche à aider ce qui se rapproche le plus d’elle, soit l’humain à queue noire. Tu le ramasses, le saisis à la gorge et le hisse dans l’air. Il est lourd, même pour ton bras.

- Ne me prends pas au sérieux. Surtout pas. Ce serait dommage que tu renonces à ta liberté. C’est sans doute ce qui fait…ton charme ?


Un éclair passe, dans le ciel, dans tes yeux, impossible de savoir. Tu l’envoies valdinguer contre un arbre d’une force prodigieuse et son dos craque. Ce n'est pas une atteinte physique directe. Ta main n'a fait que donner l'impulsion, c'est l'arbre qu'il faut blâmer, et cette colonne vertébrale de mauvaise constitution pour émettre un tel bruit.
La proie hurle. Tu la gifles. Tu calmes tout le monde, toi le premier. Cette comédie a assez duré. Elle n’a pas tourné comme tu l’espérais et cela te met d’une humeur plutôt grise. D’habitude, tu évites les contacts sans gants avec les humains, mais tu en as assez. Tu les charges tous les deux sur ta monture, l’un à demi inconscient à cause du choc, l’autre trop effrayé pour riposter.

Une fois au manoir, tu balances le chien dans les pattes d’Arno en lâchant quelque vague ordre à son sujet, comme celui de le laver, et tu insistes bien sur le fait qu’il ne s’agit pas là d’une noyade car tu discernes parfaitement l’éclat meurtrier dans les yeux de ton majordome et ami. Quant au jeune esclave mouillé, tu t’en occupes. Il est ton présent après tout.
Dans ta chambre, tu le déshabilles, tu le sèches, des orteils aux cheveux qu’il a blonds et doux, mais tu es incapable d’éprouver quoi que ce soit devant ses larmes et ses supplications. Certains pleurent, d’autres sont muets comme des carpes. Mais ça n’a jamais rien changé. Il dévore le repas qu’Arno lui a préparé et s’effondre de sommeil sur le tapis blanc en loup occupé le soir-même par Drake. Drake. Justement. Tu es toujours trempé toi. Tu espères qu’Arno l’aura lavé au jet glacé, et pour t’en assurer tu gagnes la salle de bain. Jolie blessure qu’il a dans le dos, en plus de toutes les autres, mais celle-ci est fraîche, et rouge, et bleue. Tu aimes cette couleur. Alors quand Arno sort de la pièce et le laisse grelottant debout sur le carrelage de la douche, tu lui fais aussitôt passer le goût de la désobéissance, au moins pour cette nuit. Au moins pour cette nuit, il aura trop de cauchemars à chasser pour te tenir tête, et une bonne raison de hurler à la mort.

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MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Ven 26 Mai 2017 - 1:41


J'arrive vraiment pas à m'habituer à la sensation. C'est tellement différent d'une douleur physique que mon corps ne peut pas anticiper et se défendre ou au contraire laisser couler. À chaque fois il se tend, subit et se recroqueville. Je tombe à genoux, les mains autour de la tête avant de me retrouver debout de force. L'air n'arrive plus jusqu'à mes poumons, je panique, je râle, je m'agite pour me défaire de la prise. Mes pieds ne touchent plus le sol et je suis accroché au poignet qui me maintient en l'air. Bizarrement, je n'ai pas lâché ma prise. Sans doute un vieux réflexe, l'envie de conserver sa proie coûte que coûte. J'entends ce qu'il me dit mais je ne comprends pas vraiment, je suis concentré sur autre chose.
Je vais pour lui donner un coup de pied dans le bide quand il décide de me jeter comme une poupée de chiffon. Mon dos heurte un tronc, craque douloureusement et je m'effondre au sol. La douleur explose dans tout mon corps. Pas de dégâts irréversibles je pense, mais peut-être une ou deux côtes fêlées... Il a fait fort le salaud. Ma tête bourdonne et mon corps ne veut plus répondre, je me sens dans les vapes complet. J'entends ma respiration siffler un peu quand on me soulève et l'odeur de Charles tout près, qui me remplis le nez. Puis le cheval et les vagues de douleur à chaque fois que ce putain d'animal fait un pas. On revient au manoir, je me laisse glisser à terre, le lapin serré dans mon poing gauche, mon bras droit replié contre moi, enroulé autour de mon torse. Je suis le mouvement sans broncher, sans me plaindre, parce que je suis trop concentré sur la douleur dans ma cage thoracique et mon dos pour emmerder mon propriétaire. Mais je dois pas aller assez vite parce qu'il me chope par un bras pour me tirer à sa suite.

On me jette à nouveau, à croire que je suis devenu une fringue qu'on peut rouler en boule et balancer dans un panier de linge sale. Ah tiens, c'est Larbin N°1 le panier en question. Il a l'air de vouloir m'achever, mais le patron lui interdit de me faire plus de mal que nécessaire et me voilà traîné jusqu'à la salle de bain. Encore. Faut dire que je suis en train de dégueulasser le parquet et les tapis. Il me pousse sous une douche à l'italienne cette fois et prend le pommeau. Il m'arrache le lapin des mains et n'a besoin que de me repousser pour que je titube en arrière alors que j'essaye de défendre ma bouffe. Je lui crache que j'ai gagné mon repas, qu'il a pas intérêt à bazarder la bestiole. Comme d'hab, il me répond avec un silence dégoûté et méprisant avant d'ouvrir l'eau et de m'asperger. C'est froid et j'ai pas le droit de toucher au bouton d'eau chaude.
Bien docilement, je retire mon pantalon, mon caleçon et avec beaucoup de mal, mon haut. Définitivement, quelque chose s'est fait fracasser à l'intérieur. Je bazarde les affaires dans un coin, j'ai même plus la force de les jeter au visage de mon tortionnaire et je laisse le jet d'eau froide me glacer jusqu'aux os. J'ai l'impression d'être de retour au centre de dressage. Ma tête tourne et pulse comme si elle était prête à exploser, mon dos me fait mal quand l'eau vient frapper ma peau et je voit du sang se mélanger à la boue. Bientôt il ne reste plus aucune trace de souillure sur moi, tout s'enfuit par le siphon et j'ai l'impression d'être juste un concentré de douleur sourde enveloppé d'une gangue froide qui crispe tout mon corps.

L'eau s'arrête et je vois entrer mon tortionnaire principal. Je n'échange pas d'amabilité, je n'ai pas envie. Il pue la mort. Le pauvre gosse n'aura pas fait long feu. Alors tout ce que je peux faire, c'est lui lancer un regard assassin en me tenant d'une main contre un mur pour ne pas être tenté de simplement me laisser glisser au sol. Qu'est-ce qu'il me veut ? Il est encore tout dégueulasse et trempé, pourtant ça fait longtemps que je suis sous la douche. Merde quoi, il doit être à peine deux heures du matin et j'en ai déjà marre de me faire rouler dessus.
Mais c'est pas terminé apparemment. L'étau se referme autour de ma tête sans crier gare et je tombe à genoux sans pouvoir me retenir. Ça fait mal, mais pas aussi mal que ce qui se passe dans mon esprit. Je sens les doigts glacés fouiller et commencer à tirer sur des fils, des souvenirs. Et les modifier à sa guise, brouiller les couleurs et rembobiner les actions pour les pervertir, les transformant en horribles visions tantôt violentes, tantôt décadentes. Je gémis, je lutte, je tente de le repousser et je me noie. Je suis la, prostré au sol, incliné devant lui le front contre le carrelage et mon dos meurtrit exposé à son regard, trop occupé à tenter de repousser la horde de visions cauchemardesque.
Assez ! Stop ! Pas mes souvenirs ! C'est ma vie, mes moments de bonheur, les gens que j'ai aimé ! Il n'a pas le droit de leur faire subir ça ! J'ai beau savoir que c'est faux, mes vrais souvenirs ont beau restés tels qu'ils sont, je n'arrive à voir que leur version déformée et atroce, qui me ravage de l'intérieur. Il faut que ça cesse ! Il n'a pas le droit !

— Arrête ! Arrête de faire ça !

Je secoue la tête, je m'ébroue, cherche à me débarrasser de ses visions et sens la pression plus forte, qui pousse de l'autre côté de mes yeux ! Je n'y tiens plus, il faut que ça cesse ! Je tends mes mains, juste un peu, assez cependant pour lui choper la cheville, sa botte encore dégoûtante de boue mais je m'en fiche. Ça sent la terre humide, le cheval, le savon de la salle de bain qu'il a fallu que je me passe partout malgré les difficultés à me redresser correctement. Ça sent Charles, une odeur un peu douceâtre avec des relents amers qui viennent d'on ne sait où. Si je pouvais le mordre et goûter sa peau, je pense qu'elle aurait la même saveur. Je m'accroche à cette ancre qui est belle est bien réelle, le front toujours appuyé contre le sol pour essayer de résister à la pression dans ma tête.

— Sors de ma tête, putain ! Arrête ça ! J'irais chasser si tu veux, mais arrête ! SORS DE MA TÊTE !!

J'en peux plus, il faut que ça s'arrête ! Je suis en train de devenir fou. Le chien et l'homme se mélangent, je lâche un cri plus animal qu'humain et me frappe le crâne contre le carrelage. Une fois. Deux fois. Trois fois. Ça fait mal mais c'est une douleur que je maîtrise et que je m'inflige moi-même alors je m'en fous. Je frappe encore, ça m'assomme à moitié. Je me suis ouvert la tête, juste à la naissance des cheveux et ça saigne. Bientôt ça me coule dans les yeux, le long du nez. La pression se relâche et me laisse hébété, tremblant et je vois comme un voile sombre devant mes yeux. Je cligne des paupières pour le chasser, mais c'est comme si la mise au point voulait m'emmerder. J'ai mal au cœur.
Je tombe sur le côté, dans l'eau encore stagnante
Froid, très froid. Mal, très mal. Mal dans la tête, mal dans le dos. Très, très mal dans le cœur. Besoin de chaleur, de présence, de sommeil. Besoin d'un endroit sûr. De se soigner.
Je laisse le chien me dire comment survivre et je note dans un coin de ma tête un peu moins douloureux que les autres. Mais je doute qu'on m'accorde quoi que ce soit. J'ai désobéi après tout, pas vrai ? J'ai plus envie de chercher une sortie pour l'instant, je continuerai de chercher demain. Quand je me serai réparé dedans et dehors. Pour le moment, ma survie passe par ma santé mentale, et pour la garder il faut que je sois un peu plus docile. Aller Drake, calcule ton coup. Ça en vaut la peine.

— Laisse-moi tranquille... Arrête de tout casser.

Mes doigts sont toujours accrochés à sa cheville et serrent aussi fort que possible. Je les vois, juste sous mon nez, qui s’enfoncent dans le cuir de la botte et mes ongles qui mordent à travers la boue. Merde, j'me sens vraiment mal là.

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Amduscias le Blanc
MessageSujet: Re: Quel temps de chien ! [ Charlie ] | TERMINÉ   Ven 26 Mai 2017 - 11:51

Tu sors fatigué de cette séance de possession mentale. Il faut dire que tu n’as pas tous les jours l’occasion de déverser ton pouvoir sans contrôle comme ça. C’est un luxe qui te laisse un peu pantelant, et ton chien à demi-mort. Il te tient misérablement la botte, et pourtant tu ne parviens pas à éprouver cette pitié froide qui caractérise tes rapports aux autres humains. Non. Tu aurais presque envie de le caresser pour le féliciter d’avoir si bien tenu, d’être aussi fort, d’avoir la tête aussi dure. Tu t’es défoulé, et tu en as presque le souffle court, bien que ce soit seulement artificiel, un mécanisme rouillé d’humanité. Tu te baisses, et déjà en ce geste tu descends de ton piédestal pour te mettre au niveau de l’hybride. Tu décroches ses mains de ta cheville et étend un voile doucereux sur son esprit. Tu as tout saccagé, piétiné, tu ne connais pas le remord, mais tu as envie soudainement de t’essayer à l’autre versant de ta faculté. Et si c’est un peu plus difficile pour toi de « faire le bien », c’est tout aussi agréable de réparer que de détruire. Tu te sens un peu plus dieu maintenant, cela conforte tes idéaux.

Le chien ne renonce pas, il ne renonce jamais. Tu voudrais qu’il te soit fidèle, l’apprivoiser, pour avoir la satisfaction jubilatoire d’avoir dompté une telle créature. C’est étrange d’ailleurs, pourquoi ne vois-tu pas Drake comme un simple humain ? Arno est occupé à la préparation de l’esclave, alors tu peux bien prendre le temps, toi, de t’occuper du tien. Une serviette humide et chaude vient éponger le sang qui lui coule de chaque côté du nez. Tu ne négliges aucune zone ; c’est toi qui a causé ça, et ça te fait chaud en dedans. Tu pourrais fermer cette vilaine plaie d’une goutte de ton sang mais il ne faut pas trop t’en demander. C’est aussi le moyen de voir si ce corps est résistant. Tu le rinces puis l’enveloppe dans un peignoir sec et le conduis dans ta chambre où tu l’attaches sur le tapis blanc. Il ne devrait pas te poser de problèmes avant plusieurs jours. La leçon est passée. Tu le souhaites du moins. Il gardera toutefois le collier-taser.

L’horloge du bas t’indique qu’il est bientôt l’heure. Tu t’empresses de te laver, de te parfumer avec les onguents cérémoniaux, afin d’être prêt quand les premiers vont commencer à affluer. Ce n’est pas une réunion d’une grande importance, ce n’est que la petite et première lune du mois, et même si elle n’apparaît pas sous le couvercle nuageux et pluvieux, il est essentiel de la célébrer pour s’assurer les meilleures hospices tout le long de l’année. L’atmosphère change imperceptiblement dans le manoir, et tu sens monter l’appel souterrain comme une attraction irrésistible. On sonne déjà en bas, et tu enfiles le manteau de pourpre en veillant à ajuster ta chevalière par réflexe nerveux. Vous serez peu nombreux ce soir, c’est souvent ce qu’il se produit quand il ne s’agit pas de veillée majeure. Vous êtes cinq, mais c’est suffisant pour une invocation. L’étoile comporte cinq branches.

Une fois les politesses d’usage distribuées, les lumières du manoir s’éteignent une à une dans un silence d’attente. Tu précèdes le groupuscule jusqu’à la double porte blindée, allumes un flambeau imbibé de graisse, et guide les tiens à travers le boyau creusé dans la roche, qui descend, descend lentement, pesamment à travers les siècles et les siècles. Ta main libre monte le capuchon rouge sur ton front.

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