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/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

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What Remains [A&X]
Zeus Ⅵ
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Zeus Ⅵ
MessageSujet: What Remains [A&X]   Dim 14 Mai 2017 - 16:41


Nouvelle nuit, même routine.
De nombreuses portes claquent derrière vous et, plus elles le font, plus votre visage se durci. C’est plus flagrant pour vous aujourd’hui que ça ne l’était hier, notamment lorsque vous récupérez les clés de votre voiture et que vous quittez votre bureau.

Aujourd’hui, plus qu’hier, vous n’appréciez pas l’idée de devoir sortir hors de votre entreprise.

Bien que vous ayez une totale confiance en vos employés, et bien que vous sachiez parfaitement à qui vous laissez la responsabilité de ce qui s’y passe, depuis la présence de Lothar à vos côtés, vous n’aimez pas vous absenter.
Vous êtes anxieux, même si vous n’en montrez rien, et compensez la chose en vous montrant plus dur, plus intolérant et plus fermé que jamais. Vous ne répondez rien aux politesses qu’on lance sur votre passage et ignorez totalement les présences autour de vous jusqu’à gagner le parking.

C’est totalement inconscient ; vous n’y pouvez rien, à votre état grognon, et c’est bien ça, votre propre impuissance, que ce soit celle qui serpente en vous devant votre esclave ou celle qui s’impose quand vous quittez votre établissement, qui vous dérange autant.
Vous savez pourtant que si vous partez ce n’est que pour quelques heures, pour faire fructifier le business autour de votre nom et l’étendre en dehors vos murs : vous vous mettez cette idée bien en tête, avec le besoin véritable de vous la rappeler comme pour vous en faire une raison, comme pour vous l’affirmer à vous-même et vous détendez de cette manière, démarrant le moteur de votre sportive. Son grondement, ses vibrations vous rendent finalement le dynamisme dont vous manquiez, si bien que lorsque vous manoeuvrez, vous êtes agile, prompt, précis, comme vous l’êtes habituellement.

Lancé sur la route, vous faites votre topo. Vous avez bonne mémoire et vous remémorez plutôt facilement l’entretien téléphonique que vous avez eu le mois dernier, avec l'employé d'une boutique dont le nom vous était totalement inconnu jusqu’alors. Évidemment, vous avez pensé qu’un partenariat pourrait être mis en place entre le propriétaire et vous, plus tard, et sans doute cette opportunité-là a-t-elle participé de votre accord et puis de votre prise de rendez-vous, même s’il ne s’agit pas de l’intérêt premier, le vôtre comme celui de ce vampire, de votre rencontre ce soir : c’est d’un produit dont il est question.

Il est toujours question d’un produit, de toute façon, lorsqu’on vous sollicite. Pour un ou plusieurs, un esclave retors ou plusieurs défaillants ingérables, on appelle Monsieur Dashur dont les méthodes de rééducation et de reconditionnement ont fait parler d’elles, comme il se fait des conférences au C.D.R.D. à ce propos. On sait que vous gérez, alors vous avez à cœur de le faire : voilà pourquoi vous vous déplacez, quand bien même cela vous dérange, lorsque c’est nécessaire. Pour cet hybride dont on ne vous a que vaguement parlé de l’origine, c’est nécessaire, vous l’avez bien saisi, vus les craintes, les doutes, les hésitations et puis le maigre soulagement de votre interlocuteur une fois que vous avez accepté.

Sébastien, cet employé, vous a tout de même permis de vous dresser un portrait très simple dans ses grandes lignes de lui, c’est-à-dire celui d’un homme a priori assez soucieux et peu confiant. En vous garant devant la devanture de son établissement, vous savez à peu près à quoi vous attendre et précisément quelle attitude adopter en face de lui : celle du conseiller à l’écoute, sûr et serein, avec autant de réponse que de curiosité pour le cas visiblement particulier de son hybride.

Votre gueule typique de la jeunesse dorée vous desservira certainement devant eux, vous vous dites, en vérifiant rapidement votre reflet dans le rétroviseur. Ça non plus, vous n’y pouvez rien, à ce cliché de chair et d’aspect hautains que vous êtes, si ce n’est en faisant un véritable effort de langage, de voix et d’intérêt. Il va vous falloir vous adapter, chose que vous ne savez que trop mal faire, et être précautionneux, chose que vous ne savez que trop bien faire.

Lorsque vous pénétrez finalement la boutique, vous êtes directement accueilli par Sébastien, dont le visage et l’attitude confirme l’image que vous vous étiez faite de lui. Vous vous échangez une poignée de main tranquille et un sourire, entre client et prestataire, et très vite vous montrer votre intérêt pour son commerce et la gestion qui en est faite. Vous le faîtes parler de son histoire, de sa réputation, ou essayez du moins avec des interrogations tout à fait innocentes et anodines comme vous savez parfois en avoir et, en vous faisant faire le tour des lieux, il s’excuse de l’état dans lequel il vous reçoit, expliquant les récents dégâts des eaux essuyés. Vous ne l’auriez pas deviné, comme tout vous semble d’une propreté réglementaire et parfaitement bien organisé, autant du côté des esclaves que du reste.

« Nous pourrons quand même nous installer quelque part, loin des autres ? » vous demandez, soucieux d’avoir l’intimité dont vous avez besoin pour vous mettre à votre tâche. Et comme Sébastien semble hésiter, vous demandez encore, vos petits yeux bleus bien fixes :

« ... Sans doute pouvez-vous commencer par me rappeler son nom, alors, et puis par me parler de lui et de ses habitudes, ici, en me montrant où il vit exactement. J'aimerais également pouvoir accéder à son dossier de suivi assez rapidement. Nous verrons ensemble ce que Dashur peut exactement faire pour lui, quand je l'aurais rencontré. »


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Dernière édition par Xhevahir Dashur Jr. le Mar 19 Sep 2017 - 18:42, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: What Remains [A&X]   Lun 29 Mai 2017 - 16:55

Victor va me tuer...

L'hybride à ses côtés le regardait d'un air curieux. Cela faisait plusieurs fois que Sébastien répétait cette phrase en boucle, sans jamais donner une réel signification et les marchandises ne savaient guère si c'était un bon signe ou non pour eux. D'un geste, le vendeur insista pour que l'hybride se hâte à nettoyer les vitres de l'entrée avant que des clients arrive. Il s'empressa de le faire, obéissant, tandis que le Vampire soupira à nouveau.

Pourtant, ce fut avec de bonnes intentions qu'il est parti avec ce pari fou ; réparer Arawn. Arawn, Arawn... Ce petit loup dont le centre de dressage a brisé. Cette petite chose plus capable d'être autonome, soumis aux vampires. En l'absence de Victor, le responsable, il tentait de trouver une solution pour améliorer la condition de l'hybride qui avait tant de mal à trouver un Maître. Il s'était confié à des amis et tous lui ont conseillé un homme : Xhevahir Dashur. Il n'en croyait pas ses oreilles ; comment pouvait-il faire appel à cet homme ?! Lui qui était le responsable de ce centre de dressage qui a détruit le mental du petit loup ?! Pourtant, on ne cessait de lui fournir des louanges, de clamer que, grâce à lui, ils n'avaient plus de problème avec leurs esclaves. Ca le rongeait de l'intérieur... Pourquoi il a-t-il fallut que ça soit cet homme, cette unique solution pour venir en aide à Arawn ? Faire appel à celui qui l'a détruit pour réparer ses conneries ? En voilà une drôle d'idée ! Pourtant, on ne cessait de le pousser en avant, de prendre contact avec lui. Après tout, ce n'était pas définitif. Après tout, ce n'était qu'une première rencontre. Rien l'empêchait de retourner sa veste. Rien n'a été engagé. Sébastien ne se rappelait même plus comment il a fait pour composer le numéro. C'est lorsqu'il entendit une voix à l'autre bout du fil qu'il comprit sa connerie.

Et le voilà à présent dans cette situation fort délicate. Car, oui, si jamais Victor apprenait ce qu'il avait fait, sa tête roulera sur le carrelage. Il tenta de se changer les idées en faisant la comptabilité. C'était calme aujourd'hui. Le calme avant la tempête. L'hybride passait un coup sur les étagères pour retirer une quelconque couche de poussière, lorsque la porte s'ouvrit. Il était là. Sébastien était dans la merde. Jusqu'au cou. Pourtant, il tenta de faire bonne figure pour accueillir le directeur comme il se devait, comme un professionnel. Un professionnel pas tranquille dans sa tête. L'hybride se faisait discret pendant qu'ils parlaient, terminant sagement son petit ménage. Puis vint le moment fatidique. Le vendeur déglutit, soupira lourdement et, se tournant vers la marchandise, il demanda qu'on prenne sa place derrière le comptoirs. Il s'exécuta sur le champs. Sébastien appréciait l'obéissance et la droiture de cet oiseau.

Si vous-voulez bien me suivre...

Il entraîna Xhevahir derrière le comptoir qui déboucha sur un petit couloir. Il ouvrit une porte, vers ce bureau impeccablement rangé. D'un geste calme, il invita le Vampire à s'installer tandis qu'il prenait place devant lui. Sur la table, un dossier. Épais. Trop épais. Sébastien semblait si sérieux à cet instant, dévisageant un instant cet étrange inconnu. Alors un soupire lui échappa et il ouvrit le dossier afin qu'il puisse voir les papiers d'identité de sa fameuse marchandise.

Arawn. Hybride loup. Éduqué dans votre centre de dressage. Brisé par votre centre de dressage...

Un silence tomba. Oui, ici, on ne rigolait pas du cas d'Arawn. Il était précieux à la boutique, après six ans. Alors, il préférait aller droit au but, touché au coeur même du problème qui a engendré la venue même de ce directeur. Il reprit la parole d'une voix bien posée et calme tandis qu'il faisait tourner les pages du dossier.

Son hybridage est essentiellement centré sur le psychique du loup. Diagnostiqué comme retardé à l'arrivée dans votre centre, vous avez accordé un traitement aux électrochocs alors qu'il n'avait que six ans. Un véritable échec qui engendra un traumatisme psychique. Aujourd'hui encore, il en fait des cauchemars sur cette machine... Finalement, alors qu'il était condamné à être mené à la banque du sang, vous remarquez qu'il a préservé une intelligence humaine malgré son sang de loup. Vous allez donc l'instruire pour rattraper son comportement singulier et son incapacité à parler. Pour compenser ce qu'il était, vous avez fait de lui une bête soumise, obéissante, dépendante aux Vampires, incapable d'être autonome... Une coquille vide.

Il installa un silence, laissant au Vampire d'assimiler toutes ces informations. Puis, il sortit plusieurs papiers du dossier, une vingtaine.

Près d'une vingtaine d'adoption en six ans. Tous nous l'ont renvoyé. Personne ne veut de lui.

Il lisait à haute voix les commentaire sur les dossiers de retours en questions.

« Caractère inexistant. Incapable de se débrouiller seul. Se laisse mourir si on encadre pas sa vie. Incapable de prendre une décision. Même pas foutue de choisir un shampoing. Déroutant. Perturbant. Une bête non civilisé. Me laisses pas dormir à cause de ses cauchemars. Couine et pleure à longueur de journée. Demande trop de boulot. J'ai demandé un esclave pour s'occuper de moi, pas le contraire. Pire qu'un gosse. Pire qu'un animal... » Et j'en passe, et j'en passe...

Sébastien posa les papiers dans un soupir. Xhevahir avait sans nul doute compris la gravité de la situation.

Victor, le gérant de cette boutique a tenté de défaire toute l'éducation de votre centre de dressage et aujourd'hui, Arawn a un semblant de vie. Mais à ce rythme, il mourra avant qu'on réussisse à réparer vos erreurs...

Il s'avança un peu plus, posant ses coudes sur le bureau et son menton sur ses mains reliées.

Je n'ai aucune confiance en vous au vu de tout ce que votre entreprise a fait pour Arawn. Cependant, on n'a guère cessé de me diriger vers vous pour résoudre ce problème. Ironique, n'est-ce pas ? Alors, dans ce cas, pouvez-vous me dire comment puis-je vous faire confiance ? Est-ce que le Vampire qui a en face de moi est à l'image de son centre de dressage ? Et peut-il vraiment nous venir en aide sans briser à nouveau notre petit loup ?

Il le regardait droit dans les yeux, cherchant une malice, un mensonge, une perfidie qui mettrait aussitôt fin à ce rendez-vous.

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MessageSujet: Re: What Remains [A&X]   Mer 7 Juin 2017 - 14:50


Vous le suivez, sans plus rien dire. Vous ne pouvez cependant pas vous empêcher d’observer cet esclave qui prend place derrière le comptoir : c’est le genre de manière qui en dit long sur la mentalité d’un vampire et plus encore d’un commercial. Vous n’appréciez pas personnellement la chose, bien qu’elle dénote d’une certaine confiance, en soi ou en l’être inférieur, et ainsi donc d’une personnalité capable. Sébastien est-il un vampire capable ou un être d’habitudes ? Vous vous le demandez, soutenant un instant l’esclave du regard, puis lui, avant de gagner son bureau.

Une fois dans cette pièce, vous avez votre réponse. La créature face à vous semble gagner en assurance. Alors que vous déboutonnez votre manteau pour vous asseoir, vous croisez déjà les jambes et soudez immédiatement vos mains entre elles. Le gros dossier qu’il sort vous laisse apercevoir que votre entrevue va être… longue, sinon intense, alors vous adoptez une posture attentive. Vous vous concentrez déjà, sur ses mots, ses gestes, sur ses expressions, sur l’organisation générale de l’espace de travail… et une belle représentation vous vient en tête : l’employé est un employé consciencieux, un employé modèle, un employé qui apprécie l’ordre ou, du moins : qui apprécie en faire montre. Vous aussi. Vous vous installez un peu plus confortablement sur votre chaise.

« Arawn. Hybride loup. Éduqué dans votre centre de dressage. Brisé par votre centre de dressage… »

Vous haussez les sourcils, surpris, et essayez en même temps de vérifier cette information depuis votre siège. Vos yeux glissent du menton de Sébastien aux caractères sur les papiers, mais vous ne bougez pas.

Le nom ne vous dit rien. L’hybridation est commune. Le mot « brisé » certainement approprié. Rien ne vous étonne, là-dedans, hormis peut-être le ton et le silence, a priori désapprobateurs, de votre homologue –  alors vous comprenez mieux, vous vous dites que ce n’est finalement pas un hasard si c’est vous, aujourd’hui, qui vous tenez en face de lui, et son choix de mot n’est pas hasardeux non plus.

Tout de suite, vous affinez votre avis sur votre interlocuteur : il est ce genre de vampire aux neurones allumés par l’humanisme. Vous ne dites rien mais vous n’en pensez pas moins : vous, vous savez ce que veut dire le mot « brisé » et il n’est certainement pas à prendre dans le sens que vous propose Sébastien, surtout de vos jours.

Les humanistes, avant, vous les « brisiez » et le mot prenait alors toute sa gravité. « Briser » c’est, pour vous, aujourd’hui, un terme conventionnel, un terme spécifique et professionnel, un impératif légal. Briser un esclave n’implique pas nécessairement de la torture, contrairement à ce que le philanthrope vous laisse entendre, par son ton et son silence, par le mot « par » qu’il emploie, comme il sépare le terme du précédent, mais, dans votre domaine, concrètement, « éduquer » n’est rien moins qu’un synonyme du mot briser et l’action, les effets sont les mêmes : aucun esclave ne sort de chez vous tel qu’il y est entré. Ils sont éduqués dans votre structure, ils sont brisés dans votre structure. Vous êtes subventionné pour ça ; vous vous trouvez visiblement devant quelqu’un qui, d’après vous, n’a pas conscience des subtilités des affaires et fait des termes une personnelle.
« Brisé par votre centre de dressage... », mine de rien, la phrase vous reste dans la tête. Peut-être que c’est vous, alors, qui prenez ceci personnellement. Vous. Votre. Votre.

Naturellement, vous vous tissez une petite histoire à base de ces indices qu’il vous donne à son propos. Sébastien n’est clairement pas, toujours d’après vous, un vampire des premiers siècles. Alors vous ne bronchez pas tout de suite. Vous prenez sur vous pour vous montrer tolérant : vous vous contentez de l’interroger du regard, ne relevant pas ce qui déjà vous irrite, le visage neutre de tout, expressions comme sentiments, bien que vous pressentez que ce très cher Sébastien va vous en donner quelques-uns, et pas les meilleurs. Vous vous caressez distraitement les pouces.

Tandis qu’il tourne les pages du dossier, vous essayez, en outre, de vous rappeler de cet Arawn, mais l’exercice se révèle particulièrement difficile, même malgré votre bonne mémoire. Il vous fait la lecture de son origine et, quoi qu’il vous dise, quoique l’ensemble des informations vous paraisse très clair, vous ne parvenez pas à revoir son dossier entre vos mains. Vous ne parvenez pas à revoir son visage d’enfant entubé et sondé.

« Diagnostiqué comme retardé à l'arrivée dans votre centre, vous avez accordé un traitement aux électrochocs alors qu'il n'avait que six ans. »

C’est tout à fait le genre de la maison. C’est bien chez vous qu’on utilise ce genre de méthode d’éducation. Passage obligé après évaluation psychologique insuffisante.

Très vite, vous avez l’impression de vous retrouver devant le commissaire et les jurés, en plein négoce, afin d’assurer que vous êtes capable de tenir un Centre et que vous êtes, malgré votre tronche et votre âge, le meilleur dans votre domaine. Les électrochocs, à l’époque, ont été ce qui vous a attiré la sympathie de vos créanciers.

« Un véritable échec qui engendra un traumatisme psychique. Aujourd'hui encore, il en fait des cauchemars sur cette machine… »

Vous tiquez. Vous n’aimez pas qu’on vous parle de vos échecs. Sébastien devrait faire attention : vous le fixez en plissant les yeux. Votre irritation commence à se voir. Les cauchemars d’un esclave vous concernent bien moins que lui. Vous êtes cependant capable de comprendre ce que ça implique, de la vente, du prix… Surtout pour un commercial a priori aussi… concerné, donc, par ses marchandises. Ce n’est clairement pas votre approche et vous notez cette différence dans un coin de votre tête. Le reste de son rapport ne fait que vous décrire les conventions d’usage de votre entreprise. Mais ses « vous » insistant vous agacent tout de même. Il vous donne l’impression de vous lister votre erreur, or, vous n’êtes pas capable de voir où elle est. Vous en venez même à vous demander s’il ne vous reproche pas d’avoir évité à Arawn –  dont le parcour ne vous revient toujours pas –  la banque de sang. C’est censé être une bonne chose.

Les commentaires de ses acquéreurs ne vous touchent pas plus que le reste. Ça, ça, ça ne vous concerne vraiment pas. A partir du moment où vous pouvez placer un esclave en boutique, c’est que vous avez remplis votre rôle. Qu’il y reste, qu’il y revienne ne vous regarde pas. En revanche, la manière qu’a Sébastien de vous demander des comptes, ainsi que sa façon de vous dire, aussi honnêtement, que le gérant de la boutique s’est octroyé le droit de « tenter de défaire toute l’éducation de votre centre », « vos erreurs », ça, ça... Ça vous scandalise. Vous vous tenez devant un clown et on vous fait une blague, sauf que vous n’avez pas vraiment compris l’humour. Vous n’avez pas vraiment compris pourquoi on a fait cette démarche auprès de vous. Vous détestez ne pas comprendre.

Vous désenlacez vos doigts comme il croise les siens et posez finalement vos avants-bras sur la tranche du bureau. Vous l’imitez, en le regardant, en vous avançant, et peut-être êtes-vous plus impressionnant que lui lorsque vous montrez la pointe de vos dents. Il vous semble vouloir jouer au plus malin, mais lui, franchement, n’en a pas bien la tête.

« En sommes, Sébastien, vous m’avez contacté pour que je “sauve” une seconde fois votre hybride de la Banque du Sang ? »

Vous attendez à peine une réaction dans ses pupilles. Votre question est rhétorique. Vous vous réinstallez dans votre chaise.

« Vous me semblez particulièrement tenir à cet hybride. C’est tout à fait compréhensible compte tenu du temps qu’il semble avoir passé dans vos locaux et de l’état dans lequel il est.  Je suis par ailleurs tout à fait conscient que les méthodes employées par Dashur ont des répercussions à court, moyen et long terme sur la santé, morale et physique, des esclaves. Les hybrides, surtout. Cependant, Dashur est aussi un Centre classé. C’est-à-dire, Sébastien, qu’il répond à toutes les conformités, toutes les closes, tous les impératifs, toutes les normes, tous les quotas et toutes les conditions édités par le Conseil. Ce que vous déplorez est la normalité du conditionnement. Vous devez le savoir : aucun des esclaves que vous avez, même celui que vous mettez à votre comptoir, n’a eu un meilleur, ou un pire, traitement. »

Vous le soutenez du regard à votre tour. Vous tenez à ce qu’il replace chaque chose dans son contexte : Arawn n’a pas été une victime, comme il vous a semblé l’entendre. Il n’y a pas de victimes dans votre Centre. Il n’y a que du business. Vous vous adoucissez et croisez de nouveaux les doigts sur vos jambes.

« Mais puisqu’apparemment Arawn n’est pas un sujet conventionnel, je vous confirme qu’il n’y a rien d’ironique dans le fait qu’il puisse être renvoyé au Centre, ou qu’on ait pu vous diriger vers ce dernier. Ca fait quelques années que nous nous occupons également  de reconditionner les sujets plus délicats qui ne correspondent plus aux premiers critères, ou qui souffrent et font souffrir leurs maîtres. C’est sans doute grâce, ou à cause, certainement, des boutiquiers ou propriétaires qui pensent pouvoir et savoir mieux faire que les professionnels en matière de dressage. »  

Vous ne lui accordez aucun sourire. Votre franchise est mesquine et votre ton totalement équilibré. Vous avez celui des experts, autant de la parole que du métier. Vous lui demandez, finalement, avec plus d’émotion :

« N’est-ce pas normal, selon vous, Sébastien, que ceux qui font grandir les chiots soient aussi responsables des loups, qu’ils mordent ou agonisent ? … Dites-moi ce que vous attendez d’un esclave, vous, concrètement, si ce n’est pas sa soumission ni sa docilité, si ce n’est pas “un semblant de vie” comme celle que votre supérieur lui a donnée. Dites-moi : qu’est-ce que vous voulez en faire ? A quoi voulez-vous qu’il ressemble ? A qui voulez-vous le vendre ? Expliquez-moi vos attentes. Je ne peux pas vous inventer de solutions, ni vous aider, si vous n’avez pas le moindre objectif. »


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MessageSujet: Re: What Remains [A&X]   Mer 7 Juin 2017 - 17:17

Le directeur pouvait faire le fier autant qu'il le souhaitait, il ne perturba pas Sébastien dans sa contemplation. Et ce qu'il voyait de ce Vampire le déroutait. Encore un de ses fichus de la haute société qui fermaient les yeux sur leurs erreurs. Encore un qui levait la tête bien haute pour mieux regarder les misérables de son perchoir. Il croyait le faire peur ? L'impressionner ? Le blesser en usant de son prénom avec dédain ? En réalité, ce fut un sourire indescriptible qui ourla le coin des lèvres de l'employer. C'était une erreur d'avoir fait appel à Monsieur Dashur, c'est vrai. Et il eut pitié pour lui. Ho oui, pauvre Vampire narcissique enfermé dans le dénie total. C'est que ça faisait accroître la cire dans les oreilles...

Je crains avoir fait une erreur avec vous, Xhevahir... Il semblerait que votre orgueil ne vous ait pas permis d'écouter mes propos, puisque vous semblez ne pas avoir entendu la partie sur le fait qu'Arawn est un esclave défaillant à la suite du dressage de Dashur Entreprise... Et de ce fait, par cette éducation défaillant, personne ne veut de ce loup... Vous pouvez dénier autant qu'il vous plaira, mais le fait est là : Arawn est un échec de l'entreprise Dashur. Et puisque vous ne semblez pas vouloir accepter cette erreur et que vous vous enfoncer dans des excuses et dénie pour passer outre cette information... Je crains que vous ne soyez pas la personne que je cherchais. Je crains qu'il n'y ait rien à ajouter, Xhevahir, je me passerais donc de vos serv...

Il eut soudain un hurlement effroyable. Un cri du coeur. Sébastien se leva d'un bond et d'un battement de paupière, il sortit du bureau. Le cri y était assourdissant. Ou plutôt, cette crise de larmes. C'était Arawn. Arawn qui pleurait toutes les larmes de son corps, poussant des cris lupins croisés avec des couinement de chiot. Et il pleurait sans s'arrêter, s'égosillant, tandis qu'il errait dans la boutique. Toutes les marchandises descendirent en trombes des escaliers, mains plaquées contre leurs oreilles pour se protéger de ces larmes de crocodiles. Sébastien vociféra :

Mais bon Dieu qu'est-ce qu'il se passe !? Arawn !

D'une enjambée il était sur lui, ses mains se refermant sur ses bras frêles. Il tenta de le calmer, mais rien n'y faire, son visage se noyait dans ses larmes, le corps pris de spasmes. L'angoisse montait chez les esclaves fragiles d'esprits, le malheur du loup les contaminait. Le Vampire réfléchissait à une vitesse folle, faisant tourner ses méninges à plein régime, cherchant une blessure apparente sur la bête tandis qu'il lui intimait le calme d'une voix qui se voulait rassurante. Ce fut à ce moment précis qu'il remarqua les bras vides du petit loup. Ses bras repliés contre lui et ses mains tripotant nerveusement son haut.

Où est sa peluche ?!

Les marchandises se regardaient avec incrédule.

Trouvez là ! Tout de suite ! Arthur ! Apporte moi tout de suite une couette !

Il n'eut pas à se répéter, tout le monde repartit, branle-bas de combat. Les mains de Sébastien se posa avec douceur sur les joues chaudes et humides du jeune loup. Sa voix se fit basse et chaude.

Ca va aller, Arawn... On va la retrouver... Respires mon petit...

Son cri perdit peu à peu de tonalité, comme bercé par cette promesse qu'on retrouve Doudou. Oui, où est Doudou ? Il s'était absenté juste le temps d'une douche, mais lorsqu'il retourna dans le dortoir, il n'y était plus là. Il avait cherché de partout, rien y faire, il avait comme disparu ! Doudou était parti ! Alors, une angoisse et une terreur profonde avaient saisis son coeur. Les larmes et les cries avaient suivis. A la plus grande incompréhension de ses camarades. Et dans cette boutique qui lui semblait infiniment plus grande à présent, il avait hurlé le nom de Doudou, mais Doudou ne revenait toujours pas. Du moins, jusqu'à maintenant.

Un esclave apporta sa peluche chauve-souris que le petit loup s'empressa de prendre dans ses bras, comme si sa vie entière en dépendait. Il la serrait de toutes ses forces contre lui tandis qu'un autre esclave apportait la couette qui était demandé. Sébastien la posa sur les épaules de l'hybride qui se calma enfin. Le Vampire soupira.

Elle était où ?
— Au sale...


Il crut qu'il allait faire un meurtre et son irritation se sentit si facilement que tous repartirent dans les appartements sans demander des restes. Arawn se retrouva ainsi seul avec les deux Vampires. Sébastien s'agenouilla face à lui et la petite bête s'empressa de se loger dans ses bras. Son visage se cacha au creux du cou du vendeur tandis que ses sanglots, résumés à présent par des couinements, étaient entrecoupés par des hoquets. Un bébé loup à bout.

Ca va aller, Arawn... Ca va aller... Il ne faut pas se mettre dans des états pareils, mon loupiot...

Il se redressa avec l'hybride logés dans ses bras. Il l'obligea avec des gestes calmes et doux à le regarder dans les yeux. Ses pouces passèrent sur ses cernes tandis qu'il reprit avec ce même calme :

La prochaine fois, Arawn, tu viendras me voir et je t'aiderais à la retrouver, d'accord ?
— Raw...
— C'est bien.


Il hoquetait toujours, tenant fermement Doudou contre lui comme s'il craignait qu'elle s'envole à nouveau. Et puis son regard se releva sur l'étranger. Sous ses longues mèches noires humides, ses yeux d'argent étaient rougis par les larmes et observaient ce Vampire qui se dressait derrière Sébastien. Il n'eut pas le courage de croiser ses iris et Arawn se mit à couiner de peur, se collant au vendeur dans une symphonie de couinements.Ses doigts fermement refermés sur la chemise du vendeur, il cachait son visage dans un plis tandis que Doudou lui servait de bouclier. C'est qu'il faisait peur ce Vampire ! Très très peur ! Pourtant, malgré le fait que Sébastien n'appréciait pas beaucoup ce personnage, il prit la peine de rassurer son petit loup.

Ce n'est rien Arawn... Monsieur Xhevahir était justement sur le point de partir... Dis-lui au-revoir, petit loup...

Il n'osa même pas se décoller, fermant les yeux avec craintes. Seuls deux « Raw raw » aiguës et à peine audible sortit de l'hybride.

C'est bien...

Le vendeur le félicita d'un sourire qui se voulait tendre tandis qu'il caressait ses longs cheveux noirs. Puis il leva son regard et ce ne fut plus de la tendresse qui s'en lisait, mais un ordre bref et muet. « Sortez d'ici ».

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MessageSujet: Re: What Remains [A&X]   Ven 21 Juil 2017 - 15:33


Sébastien vous cherche. Il est très doué pour ça. Il rentre dans votre jeu et se fait le miroir de votre irritation, de votre orgueil et de votre aveuglement. Il est évident que vous n’appréciez pas ça. Il est évident que, dès qu’il accentue votre prénom, vous avez la tête qui vrille et les sens qui vibrent. Il vous a cerné. Vous l’écoutez sans plus l’entendre : en vous, toutes vos fibres chauffent, s’échauffent. Sébastien joue trop avec la poudre. Sébastien ne sait pas qu’il a devant lui une créature bien moins froide et insensible qu’elle ne semble l’être : au contraire, vous êtes si susceptible et si conscient de ce qu’on vous renvoie de vous-même que vous vous sentez très, trop vite dépassé par la fébrilité de vos réactions, aussi vives que vous êtes fermé d’esprit.

Vous vous voyez déjà bondir pour l’attraper par le col, votre main toute crispée et dure sur son encolure qu’elle l’étranglerait sur le coup, juste pour le surprendre, avant de l’écraser en le pliant en avant sur la tranche de son si joli bureau bien rangé. Il s’y scierait l’abdomen aussitôt, et pour le calmer tout de suite, vous lui enfonceriez votre lithium pile dans l’angle du menton, pile dans le moelleux de la chair, là, où il s’étoufferait avec sa langue si d’aventure lui prenait l’envie de rouvrir sa gueule.

Vous lui apprendriez à mesurer le sens des mots erreur et échec avant de les employer à tort et à travers, comme il le fait avec vous.

Et alors vous feriez votre plus grande erreur. Et alors vous feriez un grand scandale. Et alors vous lui démontreriez à quel point son avis, ses aprioris et ses idées à votre sujet, au sujet de votre entreprise et au sujet des vampires de votre sorte sont vrais. Il se tromperait. Vous vous tromperiez. Vous n’avez déjà plus rien à gagner dans cette affaire, vous le savez. C’était une mise en scène, un moyen de rendre justice à ceux qui n’ont pas de droit – cet esclave, cet Arawn, qui est si défaillant donc que le système n’a rien prévu pour lui. Quoi que vous puissiez penser, quoi que vous puissiez proposer : c’est un échec – votre jambe frémit, intérieurement, vous perdez consistance comme vous perdez contenance, vous sentez vos mains refroidir, vous ressentez le besoin d’extérioriser votre colère jusqu’à vous rendre réellement aveugle et sourd. Les tirs répétés des automatiques et le feu des canons sont particulièrement agréables pour ça. Les chocs électriques aussi – vous devenez mauvais, Junior, ressaisissez-vous.

C’est un cri, une plainte, une hurlée qui vous sauve : il hape tout de suite l’attention de votre détracteur. Il sort du bureau avant que vous ne tourniez la tête ou que vous ne la sortiez véritablement de cette eau bouillante et effervescente qui y tourbillonne. Vous, vous avez l’habitude des cris – ils ne vous atteignent pas, ils ne vous atteignent plus : vous ne réagissez pas comme Sébastien, si ça n’était pas déjà vérifié, c’est maintenant concret et avéré ; vous êtes deux espèces différentes de vampires et vous savez, vous, laquelle survit vraiment dans ce monde.

Avec un flegme exagéré, vous vous levez à votre tour, en décalage. Vous êtes à bout et un rien vous ferait exploser – vous êtes une espèce de liquide nucléaire, dans une cuve qui fume et se gondole. Alors, vous vous déplacez très lentement. Alors, vous vous ménagez. Alors, vous serrez bien les crocs, bien que vous les sentiez exagérément peser sur votre émail. Vous profitez d’être debout et seul pour vérifier le dossier avant de vous enquérir de ce qu’il se passe. C’est que vous ne semblez pas accepter cette erreur, comme l’a dit Sébastien. C’est que vous n’accepterez rien de la fin que vous propose cet humaniste. Maintenant, Junior, maintenant : vous êtes vous-même. Cet imbécile vous a remis vos rangers aux pieds, votre treillis sur le dos et votre rigorisme dans le buste. Vous rejoignez la scène avec un rien au coeur. Vous n’avez pas de coeur. Vous n’avez que des yeux et un jugement austère.

Vous croyez, du moins. Vous croyez. Vous essayez. Ce que vous voyez, une fois là-bas, et bien qu’à l’écart, n’est pas sans vous atteindre. C’est surréaliste. Les gestes, les mots, les pleurs, les jappements, les cris et le reste est d’un surréalisme qui vous dépasse, si bien que vous captez les événements sans les comprendre – vous percevez seulement l’immense détresse de la petite chose perdue, comme un enfant atteint d’un mal fantomatique entre les bras d’un père trop habitué.

Vous, Junior, vous pensez ça. Vous, le type narcissique de la haute société, vous voyez ça. Vous regardez les autres esclaves se mettre à la tâche, se mettre en quête, fouiller tous les recoins pour retrouver une peluche et vous comprenez ce qu’il vous manque pour comprendre la situation d’Arawn – votre erreur, votre échec, votre dénie, votre, vos, votre ! Vous ! Junior ! Vous comprenez que vous avez oublié.

Vous avez oublié. Vous, vous avez oublié. Les cris et les pleurs ne vous atteignent plus – vous avez oublié ce qu’ils représentent. Les défaillances ne vous atteignent plus – vous avez oublié ce qu’elles représentent. Vous avez oublié et ce sont ces aboiements, ces gémissements, ces gesticulations étranges et ce cumul de détails tout à fait extraordinaires, inhumains, qui vous arrosent de votre propre ignorance.

Alors vous êtes fasciné – par la dépendance d’Arawn, par le résultat de vos erreurs, par le regard, l’incapacité, la peur féroce et animale qui vous fait face. Vous l’êtes bien plus que vous ne l’êtes par la tendresse dont fait preuve Sébastien, laquelle disparaît aussitôt qu’il vous regarde à son tour. Sortez d’ici – l’ordre est clair, vous lui renvoyez son inimitié en l’accusant du menton :

« Mes déplacements ne sont pas gratuits. Je vous laisse mes honoraires à l’accueil. »

Et ainsi vous faites, non sans laisser retomber vos yeux sur la silhouette ramassée entre ses bras. Vous posez une de vos cartes à l’accueil, moins par intérêt que pour prétendre à un semblant de correction – vous imaginez, de toute façon, qu’elle finira aussitôt à la poubelle – et vous sortez. Dehors, vous vous rendez compte de l’atmosphère pesante qui régnait dans la boutique – l’air y est si léger et bon qu’il vous ranime et vous revigore presque, vous réalisez davantage de choses, là, dos à la vitrine, dos à la porte, dos à votre raté. Vous laissez échapper votre regard sur la rue – c’est que vous êtes secoué, Junior, vous êtes secoué, retourné, défait, sceptique. Vous avez raté – vous le réalisez, vous-le-ré-a-li-sez.

Vous allez vous repasser la scène en boucle. Vous allez ressasser, comme vous ressassez les problèmes avant de les enterrer spontanément dans un coin de votre tête où tous perdent de leur influence sur vous – la boîte à dénie, la boîte à oublie. Mais vous n’allez pas oublier, cette fois – non, non, vous n’allez pas oublier : comment oublier ça ? Vous vous en voulez de n’avoir pas été capable de vous rappeler d’Arawn. Vous vous en voulez de n’avoir pas été capable tout court. Vous vous en voulez – vous culpabilisez, vous culpabilisez toujours, et c’est ça votre problème, à vous. C’est ça votre défaillance, à vous.

En rejoignant votre voiture, vous ne pouvez pas vous empêcher de téléphoner – les images et les bruits sont si nets dans votre esprit, encore si nets, comme l’est un traumatisme pour la conscience, que vous ne pouvez pas vous empêcher d’agir tout de suite. C’est votre secrétaire que vous appelez et, d’une voix des plus fermes, vous lui ordonnez de vous retrouver le dossier d’Arawn, où qu’il soit, qu’importe le temps qu’il faille y passer pour remettre la main dessus – c’est que vous vous pardonnez mal vos erreurs, une fois que vous acceptez de vous en souvenir.

Vous pardonnez tout mal, Junior. Vous ne savez pas pardonner – vous ne vous êtes jamais excusé, votre éducation ne vous le permet pas (le mensonge ne vous le permet pas !). Vos propres mensonges ne vous permettent rien, sauf d’avoir de l’orgueil à plus savoir qu’en foutre.

Qu’est-ce que vous foutez, Junior ?

~
Et ils auront beau, ce sang, vouloir le faire couler, couler et couler encore, un jour viendra où il ne coulera plus.
Ils prendront leur tête entre leurs mains et, durant de longues minutes, ils demeureront silencieux.
Leurs yeux voudront se fermer.
Leurs bouches s’ouvrir.
Mais plus aucun corps ne sera capable de répondre aux ordres – rien ne résiste qui ne soit d’abord appelé à disparaître.
– A l’origine notre père obscur
, Kaoutar Harchi –
~



Jahir Fier est un de vos bons amis. Il est israélien et, vous, comme vous êtes albanais, vous vous retrouvez bien en cet homme. Vous partagez la même optique du monde trépassé et réfléchissez de la même manière – vous avez presque vécu les mêmes choses, mais pas en même temps. Et puis, comme vous collectionnez tout deux les bobines relatant l’industrie de la guerre, vous vous en devez de nombreuses.

Jahir Fier n’est pas aussi fermé que vous. C’est un commerçant plus proche de l’éducation populiste – il vend des pièces mécaniques, répare celles qui ne se trouvent plus dans le marché et fait le bonheur des amateurs de vieillerie. C’est un homme bien plus simple que vous, quoique aussi typé – barbe qui encadre son visage, cheveux aussi bruns que ses yeux, relativement grand, bon vivant (bon mort ?).

Le problème de Jahir, c’est l’argent, sa gestion de l’argent. S’il n’a pas d’avis sur l’esclavage, il en a un sur les dépenses et l’addiction à ces dernières. Jahir Fier ne dépense pas souvent – il est rôdé – mais lorsque ça arrive, il dépense gros – il dépasse son nom. Votre ami vous en doit de nombreuses.

« J’aimerais que tu achètes un esclave pour moi. »
Il vous répond en russe.

« Des affaires délicates. Je préférerais qu’il reste chez toi, un temps, et que mon nom n’y soit pas associé. »
Encore. Il vous questionne.

« Oui, à cause d’Hannibal. Je te dédommagerai. »
Vous mentez. Vous mentez toujours sur vos causes !

« Dans un mois, ce serait bien. Regarde les autres esclaves, d’abord. Celui qui m’intéresse est catégorisé défaillant. »

Étonnant de votre part – ou pas : quand on a besoin d’argent, on le prend d’où qu’il vienne. Un mois passe, après le premier mois qui le précède, et à la boutique de Sébastien, se présente un vampire soucieux d’obtenir de la compagnie – c’est qu’il pense à prendre sa retraite et n’a pas su, jusqu’à présent, s’entourer convenablement. Il est doux dans ses gestes et curieux de ce qu’il voit. Il pose beaucoup de question, sourit comme le vaillant gaillard qu’il est, l’oeil vite impressionné par ce qui lui est donné de voir…


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Et sa mitrailleuse fait : Ratatatata tata en #586643  
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