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/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

Un recensement de septembre est ouvert! C'est par ici!

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Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]

Vampire gentil

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MessageSujet: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Mer 12 Avr 2017 - 21:06

- Rob' ! Quelle mouche a piqué ta vieille trogne pour que tu me passes un coup de fil  ??

Cette voix...ça y est je regrette déjà mon geste. Putain d'enfoiré de milicien...Mais bon, j'ai pris une décision, et je m'y tiendrai. Qu'est-ce que je ferais pas pour l'autre petit cul à plume...
Le téléphone satellite passe moyen, même perché dans le grenier de la grange avec Billie qui gueule en bas.

- C'est folklo chez toi ! Amon va bien ?

- Bien...trop bien même.

- Et toi tu n'en profites même pas, c'est dingue ça. A ta place n'importe qui aurait consommé !

- Je suis pas n'importe qui c'est ça le truc.

- Oh oui. Je sais. Mais mets-toi à sa place, il te veut, il t'adore, ça crève les yeux !

Je ferme les yeux et grogne dans le combiné. J'ai pas envie de parler de ça...

- Merde, écoute ferme ta grande gueule de premier de la classe, j'ai besoin de...ton aide.

Son rire me fait grincer des crocs et si j'avais sa face dans les parages il se prendrait une sacrée saucée. Mais je sais qu'il s'amuse de la situation, avec ses airs de chat bien léché, pourtant il finit par se taire et m'écouter, quand je lui expose mon projet. Et quel projet...

_________________________________________

C'était un peu tenter le diable après tout ça, que de continuer à dormir dans le même lit. Alors j'ai pris possession du canapé, une façon galante d'éviter Amon. Mes rêves sont devenus agités, les nuits pleines de sous-entendus, et une tension silencieuse commençait à monter un peu trop pendant les repas, ou même au cours de simples regards. Pas besoin de réfléchir six-cent-mille ans pour savoir que...putain il m'excite... mais je peux pas j'y arrive pas, je sais pas pourquoi, ou peut-être que je me cherche des excuses. Je suis bloqué, incapable de faire une nouvelle manœuvre pour aller vers lui.
Une semaine que je cogite, que je retourne dans la forêt toute la nuit, ouais comme au début ! et que je flaire ses odeurs comme un taré, et quand on se croise dans la baraque ou dehors j'ai les crocs qui sortent, et la gaule.

L'échange a lieu aux abords du lac gelé qui est presque entièrement fondu à cette époque de l'année. Lohengrin a tenu parole. Je range l'enveloppe dans la poche arrière de mon jeans, et rentre au pas de course à la maison. Amon est à la douche. J'en profite pour déposer l'enveloppe sur la table de nuit, et sors une crêpière, retrousse mes manches et prépare la pâte. Seulement je pète un œuf sur mes chaussettes et manque de broyer le fouet. Nerveux...? Un peu ouais. Et quand j'entends la porte de la salle de bain s'ouvrir je me fige une seconde, à l'affut, et quand je le vois, je beugue. Combien de temps ça dure ? J'en sais rien mais c'est vachement long.

- Y a ...un truc pour toi dans la chambre. T'iras voir.

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Dernière édition par Robert Taliaferro le Mar 18 Juil 2017 - 9:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Mer 12 Avr 2017 - 23:43



Un "ça suffit" avait mis en suspens leur dernier échange - et quel échange ! - mais n'y avait pas mis de vrai point final, ce qui avait laissé la place à une étrange tension entre eux. Les derniers jours dans les alpages s'écoulèrent sans nouvel événement notable, si on oubliait de mentionner les efforts monumentaux de la part de l'un et l'autre pour faire comme si tout était normal. Et de retour dans le chalet, les choses n'avaient pas été mieux.
Amon avait sagement laissé fuir son maître vers le canapé, conscient que c'était la meilleure chose à faire s'il ne voulait pas être à nouveau prit d'un coup de folie et lui sauter dessus sans prévenir au milieu de la journée. Être de nouveau seul dans le lit ne l'enchantait pas des masses, mais c'était plus... Raisonnable. Sans compter qu'avec les rêves qui venaient le hanter et le chapiteau le matin, il préférait de loin pouvoir confier ses soupirs aux oreillers plutôt qu'au vampire. En nuit, ils se croisaient si peu que la question était souvent réglée. L'hybride avait repris ses petites habitudes, mais se surprenait souvent à fixer une page sans la lire, l'esprit complètement ailleurs ou à regarder l'heure sur son téléphone juste pour jeter un coup d’œil à son fond d'écran. C'était complètement ridicule. Du coup il attendait l'heure de dîner avec une certaine impatience, préparant toujours à l'heure la table et le repas, espérant que peut-être un jour Robert se déciderait à lever l'embargo sur ce qui s'était passé au coin du feu de camp.

Parce qu'il n'avait pas rêvé ! Il avait bien senti que si son baiser n'avait trouvé aucune vraie réponse, il n'avait pas non plus été rejeté. De même que la main rude qui avait glissé contre son ventre n'avait pas cherché à l'écarter. Ça le taraudait, la scène tournait en rond dans sa tête et il ne cessait de se retenir d'aborder le sujet ou de tenter autre chose. Peut-être avait-il juste joué de chance et il ne fallait pas espérer mieux ? Une petite voix lui criait que si c'était le cas, s'il avait vraiment tout fichu en l'air, il n'y aurait pas cette intensité dans le regard de Robert lorsqu'ils se regardait quelques secondes de trop. Chaque long moment de silence était une conversation, toujours la même, qu'Amon était certain de ne pas être le seul à s'imaginer : "Approche-toi." - "Non." - "Pourquoi ? J'ai envie que tu t'approches." - "Sans doute que moi aussi. Mais j'le ferai pas." - "S'il te plaît. Prends-moi juste dans tes bras. Moi j'ai grillé mon joker." - "Rrrrrh...". Et la discussion se finissait généralement sur le trappeur qui se levait ou se détournait pour aller faire autre chose. Le brésilien ne cherchait pas à lui compliquer les choses et rongeait son frein en s'attelant à ses propres corvées et en répondant de façon banale aux quelques questions que pouvait lui poser Robert. Surtout, faire comme si de rien était.

Ce soir-là, le trappeur était rentré drôlement tôt. Encore dans la douche, noyé dans la vapeur, l'oiseau bleu avait entendu la porte donnant au garage s'ouvrir. C'était le signal que le maître était de retour. Amusant comme en quelques mois il s'était habitué aux bruits de la maison, parvenant à identifier de quelle pièce provenait quel bruit et ce qui pouvait en être la cause. Alors comme ça, après l'avoir fui de toutes ses forces pendant des jours entiers, l'ours se décidait à réinvestir sa caverne ? Non, il devait y avoir une autre bonne raison.
Dans un nuage de vapeur, uniquement vêtu d'un t-shirt trop grand - il s'était mis à piquer certains vêtements à Rob lorsque les siens étaient au sale ou inadaptés à la température, du moins c'était l'excuse qu'il sortait toujours - et d'un boxer sans doute beaucoup trop moulant pour la situation dans laquelle ils baignaient tous les deux depuis un moment, l'hybride sortit de la salle de bain avec une serviette sur les épaules et les cheveux soigneusement peignés en arrière. Quel choc de tomber directement sur Robert, la main à la pâte dans la cuisine ! Mais un choc plaisant, qui tira un joli sourire aux lèvres bleues d'Amon. Puis la surprise lui fit hausser les sourcils.

« Pour moi ? »

Une petite voix dans sa tête suggéra que s'il ne s'agissait pas d'un Robert couvert de sueur après une journée de travail, attendant sur le lit qu'on vienne lui délasser les épaules, ça ne valait pas la peine d'aller voir, mais l'oiseau lui tordit le cou et s'empressa d'aller voir de quoi il s'agissait. Ses yeux tombèrent immédiatement sur l'enveloppe. Au passage il prit son jeans et l'enfila, histoire de ne pas se balader les fesses à l'air trop longtemps.
Qu'est-ce que ce petit morceau de papier pouvait bien renfermer ? Il le prit comme s'il s'agissait d'une bombe sur le point d'exploser et ouvrit douuuuuucement le rabat. Lentement il sortit un billet. D'avion. Destination : le Brésil.

« Nós vamos ir para o Brasil... » *On va aller au Brésil...

Il demeura une, peut-être deux secondes parfaitement immobile, le billet entre les mains, à lire et relire les quelques informations qu'il contenait, pour être bien certain de ne pas se tromper. Puis il explosa de joie.

« Nós vamos ir para o Brasil !!! »

Délaissant serviette et enveloppe sur le lit, il fila comme le vent jusqu'à la cuisine et sans réfléchir, il se serra à la taille de Robert en trépignant de bonheur. L'étreinte dura moins d'une seconde et demie avant qu'il se ne détache pour le regarder, des étoiles plein les yeux.

« C'est vrai ? Vraiment vrai ? On va aller au Brésil ? On prend l'avion et on y va ? »

Sans attendre la réponse, il poussa un nouveau cri de joie et fila faire le tour du canapé au pas de course en tenant son billet à deux mains comme s'il s'agissait du Saint Graal. Il semblait rayonner de l'intérieur. L'instant d'après, il était de nouveau dans la cuisine auprès de Rob.

« Quand est-ce qu'on part ? Tu as autre chose que des jeans ? Parce que tu vas mourir de chaud là-bas si tu ne portes que ça. Où est-ce qu'on va ? Au bord de la mer ? En forêt ? Tu vas aimer, je te le promets ! Oh merci merci merci ! »

Amon savait bien que noyer de question son vampire n'était pas la chose la plus adroite à faire, il ne parvenait pas à s'en empêcher, il se sentait si comblé qu'il fallait qu'il laisse sortir tout ça au risque d'exploser. C'était, de loin, le plus beau cadeau qu'il puisse recevoir.


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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Jeu 13 Avr 2017 - 10:57

OUI, pour toi, poussin des îles va ! Non mais j'ai une tête à faire des blagues ou des coups fourrés, sérieusement ?! De dos je bats la pâte au fouet et manque de m'en foutre partout quand la tornade Amon se rue sur moi et me gratifie d'un de ces câlins cycloniques qui me font autant grogner que plaisir. Et ça me fait surtout plaisir que la perspective de gagner son pays "natal" le mette dans de tels états. En fait ça m'énerve car ça crée de l'agitation, mais en même temps c'est que mon idée a fonctionné. Je sais combien c'est dur ici pour lui, et puis ces derniers temps il faut que...il faut qu'on respire. Chacun de notre côté. D'ailleurs, y a un petit mot qui me heurte l'oreille quand il parle. Ce "On", "on prend l'avion", "on y va", "on part quand ?...."

- Amon.

Impossible d'en placer une il est déjà parti lui, à me causer de ce que je vais porter, du temps qu'il va faire et de ce qu'on va bouffer dans l'avion...

- Amon.

Je répète et le ton est un peu plus marqué, plus autoritaire aussi. Il s'arrête et me fixe comme si je l'avais piqué avec un aiguillon. Je pose mon bordel, m'essuie les mains et soupire, m'appuyant contre le plan de travail en massant mon visage. C'est vrai, j'avais pas pensé que ce serait si compliqué de lui annoncer la seconde partie de l'histoire, celle qui ne va pas lui plaire.

- Je vais garder mes jeans, et éviter les forêts tropicales, ok. Tu pars tout seul. Y a qu'un billet au cas où t'ai pas remarqué. C'est mieux comme ça, ça te fera des vacances. J'ai trouvé un centre-hôtel pour les...humains, géré entièrement par des humains. T'y seras bien. Lohengrin s'est occupé de tout. Je t'emmène demain soir à Fairbanks.

PAF ! Robert Taliaferro boulet national. Oh mais cette tête, cette tête de chien battu...Babines retroussées je lui fais tomber le chiffon sur la caboche et me détourne pour reprendre ma maudite pâte à crêpes. Il croyait réellement que j'allais sortir de mon chez-moi ? En plus le Brésil non mais quoi...45 degrés à l'ombre, je vais crever là-haut !

- Allez range tes larmes de croco, c'est pas la peine je viens pas avec toi. Tu m'enverras une carte postale ça sera bien et basta.

A ce moment-là, je ne savais pas encore que Lohengrin avait ENCORE foutu son nez de chat dans mes oignons.

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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Jeu 13 Avr 2017 - 11:42



C'était tombé comme un coup de massue sur sa tête.
Il partait tout seul. Sans Robert. Mais c'était quoi ce plan merdique ? Il allait faire quoi, tout seul là-bas ? Ce n’était pas des vacances s'il devait y aller seul, c'était un exil forcé ! L'ascenseur émotionnel dégringola et l'incompréhension se mêla à la tristesse sur le joli minois du brésilien.

« Mais... Je ne peux pas partir tout seul... J'ai pas envie d'y aller seul... »

Le torchon lui tomba sur la figure et Robert se détourna à sa pâte à crêpe. Ah non. Pas de nouvelle esquive. Il était hors de question de partir seul et espérer pouvoir profiter du séjour si Robert était dans l'autre hémisphère. L'hybride pinça les lèvres, pour contenir sa déception profonde et chercha à argumenter, mais le vampire avait clos la discussion. Pourtant, il restait une incohérence. Une GROSSE incohérence.

« Il est pour qui alors, le deuxième billet aller-retour ? »

Le mouvement du fouet dans le saladier s'arrêta et avant même que le trappeur ait pu grogner, Amon avait disparu dans la chambre pour récupérer l'enveloppe où se trouvait le second billet. Il ramena le tout dans la cuisine et les tendit sous le nez de son maître avec aplomb.

« Alors ? Si ce n’est pas pour toi, c'est pour qui ? »

Les deux billets étaient des allers-retours en avion, pour un adulte à chaque fois (il y avait un tarif hybride sur l'un des deux). Pas d'erreur d'impression donc, il y avait bel et bien une place pour un vampire dans ce voyage. Un peu regonflé par cet argument de choc et surtout bien décidé à entraîner le trappeur à sa suite, l'oiseau rare posa les deux billets sur le plan de travail pour s'accrocher au bras de son maître.

« S'il te plais, viens avec moi. Il y a sans doute quelqu'un qui peut veiller sur la maison et les animaux, non ? Robert... Je n’ai pas envie de partir sans toi... »

S'il fallait en passer par la supplique alors soit. Il était prêt à tout tenter pour que le vampire l'accompagne et qu'ils fassent ce voyage à deux. De toute façon, est-ce qu'il pensait vraiment que se séparer arrangerait les choses ? Que ça remettrait tout en place comme si rien ne s'était passé ? Si ça ne marchait pas, est-ce qu'il l'enverrait à l'autre bout de monde toutes les deux semaines pour se débarrasser de lui ? Pour l'hybride il était évident que partir loin de l'atmosphère un peu étouffante du chalet, mais ensemble, était ce qui arrangerait le plus les choses. Dans un sens ou dans un autre.
Ses prunelles bleues se firent aussi douces qu'un pétale de fleur et s'il ne couina pas comme un bébé chien désespéré, il irradiait tout de même d'une aura qui semblait répéter "s'il te plaît" en boucle.

« Je veux y aller avec toi. Te montrer des choses à mon tour. Ce ne sont pas des vacances si tu n’es pas avec moi pour en profiter. »

Aller, cède ! Je t’en supplie ! Ne reste pas confiné dans ton chalet, pars avec moi. Si je me faisais une telle joie d’y aller c’était parce que je nous imaginais tous les deux. S’il te plaît, s’il te plaît, s’il te plaît !


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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Jeu 13 Avr 2017 - 12:12

Mon cerveau se met rarement en panne. Faut dire qu'il est pas super habitué aux annonces choc, aux grands mouvements de l'âme. C'est un organe plutôt tranquille qui mène sa vie d'une main de fer, mais parfois il y a des obstacles imprévus. Oui, imprévus...Le fouet s'est immobilisé tandis que ma main se contient pour ne pas broyer le malheureux ustensile de cuisine qui gémit entre mes phalanges. Je vais tuer ce type, je vais le tuer... Placer ma confiance dans un plan qui intègre Lohengrin Pallas était sans doute une mauvaise idée. Je vais le tuer je vais le tuer je vais le tuer JE VAIS LE TUER !!!! Et tandis que l'oiseau paradisiaque file vers la chambre, je réfléchis avec délice à la torture la plus opportune pour cet être sadique et pervers qui passe son temps à lécher ses doigts après avoir foutu du miel partout sur mon passage. Je suis con. Voilà c'est tout, c'est comme ça. Le saladier manque de se faire éclater sur le sol quand Amon me met sous le nez les deux billets sur lesquels je vois écrit : "Tu t'es bien fait baiser mon couillon !"
Se faire piéger à son propre jeu, c'est bien la première fois que ça m'arrive. Je suis plus méfiant que ça d'habitude, mais visiblement depuis que ce petit poulet est arrivé dans ma vie, rien ne marche "comme d'habitude" ! Désorienté, je grogne, feule, m'allume un cigare à l'intérieur, ce que je ne fais plus depuis qu'Amon s'est plaint de l'odeur nauséabonde. Nerveux comme un orignal sur le point de combattre, je fume comme un pompier jusqu'à ce que... Son poids accroché à mon bras, léger comme...une plume. Nos yeux se croisent. Je frissonne doucement, et les poils de mes avant-bras me picotent. "Robert..." Ah non pas de ça !!! "Robert...Je n'ai pas envie de partir sans toi."

- Hmmm. Lâche-moi. Tu fais chier.

Je dis. Mais c'est sans conviction, juste parce que j'ai déjà l'impression d'avoir donné ma réponse quand il me regarde comme ça. Les femmes ne me rendaient pas si mou, si faiblard. Lui n'est décidément pas la femme que je voyais en lui par flash. Et il sait ce qu'il veut. Et c'est avec moi ou rien à ce que je vois.

- C'est pas...putain je peux pas partir. Je peux pas laisser les bêtes y a personne.

Enfin si, il y a bien quelqu'un mais je vais l'enterrer vivant donc il y a peu de chance qu'il puisse nous aider.

- Lohengrin peut bien aller se faire foutre...si c'est son nom que tes jolis yeux crient. Et arrête de m'regarder comme ça ! MERDE... vous faites tous chier....

Ma paume rejoint son visage et le prend en pince pour couper court à cet échange, le faisant reculer  en maugréant des insultes en patois texan. Le chiffon claque sur le plan de travail et le cigare finit dans le cendrier, le temps que je sorte un peu de whisky du fond d'un placard oublié. Je m'en sers un large verre carré, y glisse deux énormes glaçons et me vautre sur le canapé devant le feu, pour méditer. J'ai jamais quitté la maison depuis toutes ces années, je ne sais pas si j'arriverai à me comporter en homme dans le monde, et si le monde saura m'accepter. J'ai peur d'être dangereux, de décevoir Amon, de lui faire honte, à lui qui a une telle facilité à s'adapter à tout, quiconque, même aux températures extrêmes, et aux hommes extrêmes. Son physique le prédestine pas à avoir une vie  mouvementée et pourtant son esprit malléable lui permet tant de choses.
Je bois.
Le souci s'incarne en rides profondes autour de la griffe de lion. Je suis pas prêt pour ça...

- J'suis pas prêt pour ça. J'suis...pas prêt.

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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Jeu 13 Avr 2017 - 13:05



Décroché de force au bras qu'il tenait, Amon fit deux pas en arrière et demeura silencieux pour laisser une chance à ses arguments de faire leur chemin dans la caboche de son entêté de vampire. Il entendait bien les "tu fais chier" mais bizarrement, il avait l'impression que ce n'est pas si négatif comme remarque.
Robert ne disait pas clairement "non", c'était plutôt un bon début. Il semblait même se débattre entre un "oui je viens avec toi" et un "je ne peux pas quitter ma maison comme ça". Quand à Lohengrin, l'hybride trouvait que c'était légitime de lui confier la garde du chalet et des bêtes puisqu'il s'était fait un plaisir de retourner contre Rob son idée. Ça serait sa punition.

À pas de loups, l'oiseau rejoignit son maître dans le salon, l'enveloppe contenant les billets dans une main pour les déposer sur le cadre de la cheminée, coincée sous une petite statuette de bois. Puis il s'agenouilla par terre et s'accouda au genou du vampire, le menton posé sur ses bras croisés. Il entortillait une mèche bleutée autour de son doigt, pour avoir quelque chose à faire et à regarder plutôt que de fixer le trappeur.

« On est pas obligé d'aller quelque part où il y a du monde, tu sais. Il y a des endroits très beaux et très sauvages, je pense que tu aimerais. Des coins où chasser, des maisons d'hôte loin de la ville, des plages désertes... Je sais que tu n'aimes pas beaucoup les gens et je n'ai pas besoin d'aller dans une grande métropole pour profiter du séjour. »

Son regard se fit un peu plus lointain et un sourire naquit sur son visage. Il en était certain, il y avait de quoi faire un beau voyage sans que ce soit une corvée pour Robert. Le souvenir de certains endroits reculés qu'ils avaient visité avec Miguel et Jacob lui revint, des endroits perdus en pleine nature et où ils avaient passé la journée sans croiser âme qui vive.

« Il y a des cascades dans la jungle où on peut se baigner et tu pourrais essayer de te disputer le poisson avec un crocodile. Je ne doute pas un instant que ça serait toi qui gagnerait. Et comme je sais que tu adoooores les perroquets, on pourrait aller en trouver plein en liberté. »

Cette fois son air se fit plus taquin et il jeta un regard en coin, amusé, au vampire. Il savait bien qu'il mettait un bordel pas possible dans sa vie depuis qu'il était arrivé, mais les choses ne se passaient pas si mal en fin de compte. L'hybride se redressa et hissa son poids plume sur le canapé, assit en tailleur à côté du trappeur. Il se serait bien approché encore plus, mit sur ses genoux même, niché dans ses bras, mais mieux valait laisser quelques centimètres entre eux, histoire de laisser respirer le gros ours ronchon.

« Si rien en Alaska n'a réussi à venir à bout de toi, je ne vois pas ce qui pourrait te menacer ailleurs dans le monde. Tu es... Indestructible. Tout ce qu'il te manque, c'est le brésilien, mais pour ça tu m'as moi. On fera ce que tu veux, on ira où tu veux. Je te promets d'être sage. »

Bon sang ce qu'il devait se retenir de pas juste l'enlacer et l'embrasser, même juste sur la tempe ! Mais s'il arrivait à rester sagement à sa place maintenant, il y arriverait bien pendant le séjour, non ? Il ne pouvait pas promette de ne pas porter des vêtements adaptés aux températures, en revanche. Cela impliquait donc des maillots de bain ou des shorts, des chemises légères, de t-shirts amples et translucides en cas d'humidité (très probable à cette période de l'année) ou des débardeurs. Cependant, ce n'était pas ce qu'il pouvait qualifier de "pas sage", après tout il s'agissait de s'ajuster au style vestimentaire local. Ah, peut-être que de savoir qu'il ne ferait pas si chaud que ça pourrait le faire changer d'avis ?

« Tu sais, c'est l'hiver qui commence là-bas. Il fait 25-28°C maximum et il pleut beaucoup dans certaines régions. Les nuits sont longues et avec la couverture nuageuse, on pourra même sortir en journée. »


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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Jeu 13 Avr 2017 - 18:19

J'aurais pu déchirer mon billet, tout envoyer valser comme je le fais tout le temps, mais ça lui aurait brisé le coeur pas vrai ? Et puis le but de la manœuvre c'est de lui faire plaisir. Un peu comme pour compenser toutes les misères qu'il endure depuis son arrivée, un peu pour fêter son anniversaire même si je sais toujours pas quand c'est, et j'ai toujours pas regardé sur son dossier. En fait ça n'a pas d'importance, pas besoin de rituel, c'est juste une partie de moi qui veut le bien des autres, le bien d'Amon, et ses sourires. Je baisse les yeux sur lui, au-dessus du verre de whisky collé sous ma lèvre inférieure. Alors c'est ça, il est vraiment prêt à tout ce petit bout de poulet. Et merde ça me touche, d'être aussi...important ? Comme avec mes fils...j'étais le nerf de leur vie, plus que leur mère, parce que je sais pas, j'étais quoi ? Une espèce de modèle à atteindre, sans afficher, sans même être conscient de ce que je pouvais dégager. Pour Amon c'est différent, notre relation est...bizarre, ambigüe, ouais carrément ambigüe.

- Toute façon t'as fait tes bagages dans ta tête et t'as pris mes caleçons avec. J'imagine que j'ai pas tellement l'choix.


Je soupire. Bois. Longuement, pour dénouer ma nuque qui s'appuie d'elle-même sur le repose-tête du canapé. J'ouvre un peu les jambes et invite l'oiseau à venir se lover contre moi. Mon bras gagne ses omoplates et s'y installe. Merde on est presque ce que je redoute le plus : un foutu couple ! Et on va partir en vacances...JE vais partir en vacances, moi le travailleur acharné, le gamin pouilleux qui se saignait le dos et les mains dans les mines, le mercenaire qui réglait les comptes...
Je l'écoute me raconter comment est son pays, ou comment il suppose, espère qu'il sera, pour moi, pour me rassurer, achever de me convaincre, de me persuader. Bah, si y a des crocodiles alors...

_____________________________

Quand le réveil sonne à 15h, je suis allongé sur le dos les bras derrière la tête depuis deux heures, incapable de fermer l’œil. Trop de questions, trop d'appréhensions, celles du sauvage qui quitte sa grotte pour des plaines inconnues, pleines de tout ce qui peut l'effrayer. Je prends une douche, m'habille, vais réveiller Amon, boucle ma valise - maigre valise. La veille, après des délibérations qui n'en étaient pas, j'ai passé un coup de fil pour annuler la réservation dans le centre pour humains, et avec ma chance légendaire je nous ai dégoté un truc pas trop mal malgré la dernière minute : maison suspendue à l'orée de la jungle, avec à défaut de la mer, l'accès privé à une cascade et un bassin d'eau naturels. Le tout pour une somme que je n'ai pas déboursée depuis des lustres...
Je vérifie mon stock de cigares et inspire profondément en préparant un déjeuner rapide. Lohengrin n'a pas eu tellement le choix quand je lui ai passé Amon au téléphone. Ce gros abruti va garder les bêtes durant la dizaine de jours de vacances, et il sait que je lui crèverai les yeux avec les doigts si un seul truc dépasse à mon retour.
Quand tout est chargé dans le 4x4, j'ai la gorge un peu serrée, et je préfère que l'on décolle sans plus tarder pour éviter de changer d'avis.

______________________________

- Amon...?

Je sors du comas, et visiblement les gens autour ont l'air un peu...désappointé qu'un grand machin en anorak ce soit endormi sur quatre chaises dans un sas d'attente, au lieu de s'abrutir devant la télévision qui tourne sur des publicités. Mais dans l'immédiat je ne m'inquiète pas trop du sort que me font ces étrangers, je cherche mon oiseau rare, et il n'est pas dans les parages. Un coup d'oeil aux valises, ok, elles sont là, la sienne aussi...Pas son sac à dos...Et pas lui. Je me lève, m'ébroue et embarque notre attirail pour me mettre à sa recherche. Putain et dire que je l'ai pas embrassé avant de partir...Dis comme ça ça sonne comme quelque chose de normal, mais ça me met dans un état pas possible d'y penser.

- AMON !

Ma voix claque fort, étonne les gens, mais au nez je finis par flairer la chevelure bleue et son porteur qui me tourne le dos, face à une vitrine de fringues de marque. Je grogne, abat une main large sur son épaule et le retourne pour le secouer.

- Refais jamais ça ou jte plie pour te foutre dans la valise okay...?!!

Cette fois je chuchote, yeux dans les yeux. Ma frousse passée je me masse le visage et me trouve avec la gueule bien pâteuse et sèche.

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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Jeu 13 Avr 2017 - 21:55



« Allô ? Bonsoir Lohengrin... Oui, très bien ! Merci pour les billets d'avion !... Oui il est un peu contrarié mais il va partir avec moi. C'est justement à ce propos que j'appelle... Non, il vaut mieux que ça soit moi, sinon il risque d'envoyer le téléphone s'exploser contre un mur et on en a besoin. Je crois qu'il hésite sur la méthode qu'il va employer pour te tuer... Haha ! Sans doute ! Bon, tu devines ce que je vais te demander : tu es responsable de notre départ alors à toi la corvée de gardiennage... Oui. Il a dit que tu connaissais les instructions... Merci ! »

C'était lui qui avait négocié pour que le vampire responsable de tout ce remue-ménage vienne jouer les nounous. Enfin, négocier était un bien grand mot puisqu'il ne lui avait pas laissé le choix et que l'intéressé s'attendait à ce qu'on lui demande de jouer ce rôle. Quoi qu'il en soit, le détail du gardien de la maison était assuré et deux heures plus tard, les nouvelles réservations étaient faites.
Amon rayonnait. Il se sentait aux anges, même au saut du lit à 16h alors que ses yeux piquaient encore. Il s'endormit dans la voiture, bercé par la route qui, cette fois, était bien plus praticable que lorsqu'il était arrivé. Ils firent d'une traite le chemin jusqu'à l'aéroport cette fois puisqu'il n'y avait pas de neige pour les ralentir et prirent le temps de garer la voiture sur le parking longue durée. Ouvrant la marche d'un pas guilleret, bien plus reposé que son maître, le brésilien avait trouvé un coin libre dans l'espace d'attente juste en face du panneau d'affichage géant. Ils avaient au moins une heure d'avancer sur le départ prévu et il n'y avait pas autant de monde que le soir où Amon avait débarqué. Tant mieux.

Robert s'installa de tout son long sur plusieurs sièges à la fois, refusant catégoriquement de poser sa tête sur les genoux de l'hybride et il n'avait pas tardé à s'endormir. Avec un sourire attendrit et un peu désolé, l'oiseau l'avait veillé pendant une longue demi-heure, se sentant un peu coupable d'avoir ronflé comme une marmotte dans la voiture alors que son maître avait dut garder les yeux ouverts sur la route malgré une très courte journée de sommeil. D'ailleurs, vu son humeur, il n'avait peut-être pas du tout dormi. À moins que ça ne soit la perspective du voyage et de la foule.
Lorsqu'il sentit des fourmis lui picoter les jambes, l'hybride se leva pour aller faire un tour, son portable chargé à 100% dans la poche pour garder un œil sur l'heure. Son maître allait sans doute dormir encore un moment, il avait le temps de se promener. Ses pas ne l'éloignèrent pas beaucoup de l'espace de repos et il se mit à flâner, le nez en l'air, allant d'une boutique à une autre en regardant sans vraiment regarder. Tout était terriblement cher, bien sûr, et surtout parfaitement inutile. Tout le nécessaire pour survivre en Amazonie était dans sa valise et dans son sac, s'il leur manquait quelque chose ils iraient dans une supérette sur place.

Une grosse main lui tomba dessus avec force et il couina de surprise en sursautant. Voilà qu'il était nez à nez avec son vampire grumpy et qu'il se faisait réprimander. Refaire quoi ? Les pièces du puzzle se mirent en place en un clin d’œil : Robert s'était réveillé et ne trouvant pas son piaf adoré dans les environs, il s'était mis à le chercher en supposant le trouver dans les embrouille ou l'avoir perdu.

« Pardon Rob, mais tu dormais bien et je ne voulais pas te réveiller. J'allais revenir bientôt. »

Il esquissa un petit sourire désolé et fouilla rapidement son sac pour en sortir une petite bouteille d'eau qu'il lui tendit. Ce n'était pas de l'alcool, mais ça l'aiderait à émerger. À cet instant, une voix dans les haut-parleurs annonça l'embarquement pour le vol à destination de Maracà, leur terminus. En deux temps trois mouvements, ils se mirent en route vers la porte d'embarquement qui avait été annoncée après un rapide passage par le panneau d'affichage pour être certain. Le contrôle au portique se fit sans heurts malgré les grognements désapprobateurs de Robert lorsqu'il fallut se défaire de son ceinturon et ils purent rapidement mettre leur valise sur le tapis roulant et présenter leurs billets à l'entrée du couloir menant à l'avion. Le steward qui valida leur voyage piqua un fard monumental en voyant le trappeur. Visiblement, son charme animal faisait effet sur le personnel naviguant.
Une bonne heure plus tard, ils étaient à bord, installés côte à côte dans une rangée près d'un hublot. Amon prit soin de ranger son sac dans le compartiment au-dessus d'eux avant de se laisser tomber sur son siège. Il s'agissait d'un vol de jour, les dossiers était rabattables en arrière et un repas était prévu en cours de route. Pour une fois, prendre l'avion ne rimait pas avec un dépaysement désagréable et l'oiseau rare était même très excité par le voyage, même s'il faisait de gros efforts pour se contenir et rester sage. Les places autour d'eux se remplissaient peu à peu. En sentant la nervosité de l'immortel à côté de lui, il se put s'empêcher de s'appuyer contre son épaule pour témoigner silencieusement de sa présence et de son soutient. Tout irait pour le mieux, le chalet était entre de bonnes mains et les bêtes aussi. Et le monde faisait beaucoup moins peur lorsqu'on l'affrontait à deux.

« Tu vas pouvoir dormir correctement. Je te réveille à l’heure du repas si tu veux. »

Amon sortit de sa poche ses écouteurs et en tendit un au vampire, incertain. Ça faisait passer le temps. Jamais il ne lui avait proposé d’écouter de la musique, alors qu’il passait beaucoup de temps avec son baladeur dans les oreilles. Profitant d’une de leur descente au petit village, il avait téléchargé du vieux rock, de la folk américaine et quelques classiques comme il en passait sur la radio qu’avait mis son vampire lorsqu’il était venu le chercher. Pour faire plaisir à Robert, le jour où il lui présenterait un écouteur à partager.


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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Jeu 13 Avr 2017 - 22:54

Anxieux, je refuse la musique en secouant la tête, sur le point de m'allumer une cigarette dans un lieu public et restreint, alors que c'est interdit. La ceinture de sécurité me serre les hanches, j'ai envie de foutre le camp et de respirer l'air du dehors mais c'est impossible. Et le voyage est une véritable torture. Les "Putain de merde" et les "Putain" tout court s'enchaînent comme des essaims de bestioles furieuses et je rumine, me retourne dans tous les sens, capte des bribes de conversation, des bribes de musiques ou de télévision chez nos voisins de siège, je regarde les nuages par le hublot, les stewards faire le service quand vient l'heure du repas et je ne touche à quasiment rien. Seule la gnôle aurait pu me désinhiber un peu mais elle est dans la soute avec mes caleçons. Je franchis allègrement mon seuil de tolérance à la douleur quand un couple commence à se bouffer la bouche derrière nous et je vais vomir aux toilettes mon petit-déjeuner. Plusieurs fois. Alors je liche toute la flotte qui passe à portée, et même les jus de fruits, et du sang aussi, pour que la machine tienne le coup.
Pas loin de 12h de vol. Alors quand on débarque à Maracà, j'ai juste envie de tuer tous les gens qui me regardent. Il fait une chaleur à crever. Première constatation. L'anorak finit dans la valise et je me  fous en marcel, bras nus, les cheveux devant les yeux, la mine blanche et déconfite, et l'air plus aimable que jamais, du moins autant qu'un animal qu'on traîne dans une cage de transport à travers l'Amérique. La nuit n'est pas encore tombée mais comme il pleut des cordes je sors sans encombre en plein jour et nous prenons un taxi. Taxi qui me fait sérieusement regretter mon 4x4. Ce pays est-il aussi pauvre qu'à l'époque...? ça tangue, et nous devons nous arrêter pour me permettre de vomir contre un arbre franchement étrange, et pisser aussi. Je vais être aussi sec qu'un poisson pâné demain soir si ça continue... Il y a des oiseaux colorés sur les fils électriques, des vélos et des petites moto partout, des marchés ouverts sur les bords des routes, et dans les ruelles parfois apparaissent des silhouettes de prostitués bronzés aux cheveux bouclés. J'ai une bouffée de chaleur quand une délicieuse odeur de viande caramélisée me parvient, mais je crois que mon estomac ne pourra rien supporter, hormis un peu de glace pilée, et deux jours de repos.

Le cahot des pneus sur un chemin mauvais me tire d'un sommeil tout aussi mauvais et peuplé d'ombres dansantes et difformes. Est-ce qu'un vampire peut avoir de la fièvre ? Amon a l'air d'aller bien de son côté, mais à sa façon de me regarder je dois faire peur, enfin plus que d'habitude. D'ailleurs le taxi n'insiste pas quand je dis que je peux décharger tout seul, et il nous laisse devant notre bicoque, en plein milieu de la forêt vierge. Évidemment c'est une possession touristique, mais l'illusion est parfaite. Pourtant je ne fais pas du tout attention à la beauté du lieu. Je transpire, bizarrement, et des cernes noires sont apparues sous mes yeux. Je n'arrive plus à ravaler mes crocs, et je crois qu'Amon a capté car il ne me parle ni ne m'approche. Je marmonne un bref "Besoin de...ronfler" mais je ne suis même pas sûr que ce soit ce dont j'ai le plus besoin. Le lit est grand, double, blanc, crème et doré, et le plafond est en bois. Je m'étale dans mes vêtements de voyage, sans prendre la peine de me laver, de me changer, je suis claqué, et cet endroit est si calme....

Quand j'émerge, je cherche des repères, et je panique. Je sursaute, me dresse dans le lit, fouille les draps, cherche Amon, avant de sentir son odeur dans la pièce d'à côté. Son portable est sur la table de chevet. J'appuie sur la touche du milieu en-dessous de l'écran et l'heure apparaît, ainsi que...qu'une photo de moi en rando. Mais ce n'est pas vraiment mon principal souci. Non, parce que j'ai faim. Vraiment faim. Une putain de dalle qui me ravine l'estomac, dilate mes pupilles, rend ma voix terriblement rauque quand je rejoins l'oiseau dans le petit salon juste à côté. Je gronde tout bas, le fixe, et je dis :

- Y a des...poches ? dans l'frigo...?

C'est tout ce qui compte. Il faut je mange, maintenant, sinon je serais bien capable de commettre quelque chose d'irréparable...et je n'ai pas le temps de m'intéresser aux propriétés sanguines de la faune locale, surtout pas quand mon poussin de paradis exhibe ses formes fines dans un vêtement...local lui aussi. Mon regard cascade sur son dos, sa chute de reins, son cul. Je déglutis. C'est pas le moment qu'il me fasse de l'effet merde...Regarde-toi sale pouilleux t'as vu ton état ? Et ta gueule ?!

- J'ai faim...


Le moindre mouvement, le moindre soupir et je lui saute à la gorge. Y a pas photo, ce voyage de merde a mis tous mes nerfs en pelote.

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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Ven 14 Avr 2017 - 0:50



Amon pensait que les trajets en avions étaient sa bête noire, mais c'était avant de réaliser à quel point un vampire pouvait mal le vivre. Il ne savait même pas qu'un immortel pouvait vomir ! Après avoir proposé son aide et cherché une façon discrète de rendre le voyage plus supportable pour Robert (en demandant au steward une nouvelle bouteille d'eau par exemple), il se contenta de se faire tout petit et de ne surtout pas se mettre en travers des pattes du vampire. Une fois arrivés, il galopa jusqu'au débarquement des valises et les réceptionna avant même que son maître ne les repère et il se chargea d'appeler un taxi, d'expliquer la destination et demanda à ce que la conduite soit la plus souple possible, au risque de retapisser tous le véhicule. Le chauffeur tenta une boutade à laquelle Amon répondit de façon à lui faire comprendre que le silence était le plus beau cadeau qu'on pouvait lui faire actuellement.
Sur le trajet, la route rendit son maître tellement malade que l'hybride le força presque à s'allonger sur la banquette pour dormir et faire passer le temps plus vite. Le sommeil faucha le trappeur rapidement, mais ne rendit pas son esclave moins inquiet. Techniquement un immortel ne pouvait pas tomber malade, son système immunitaire à toute épreuve se chargeait de tuer tout ce qui pourrait le menacer. Mais le mal des transports était une question délicate et sujette à jurisprudence semblait-il...

Ils arrivèrent finalement à bon port. Rob était pâle comme un fantôme, Amon ne disait pas un mot et faisait en sorte d'être si effacé qu'il aurait pu en devenir transparent et le chauffeur remercia bien vite après avoir été payé. Le décor était magnifique, leur cabane en hauteur également. Elle se trouvait à environs quatre mètres du sol, dans les arbres, savamment cachée. Aucun bruit de circulation ne venait troubler la paix de l'endroit et il n'y avait que la pluie ainsi que les oiseaux pour combler l'espace sonore. Une fois à l'intérieur et sans surprise, le trappeur se laissa tomber sur le lit comme si sa dernière heure était venue et s'endormit presque aussitôt, assommé par le voyage.
Bien, il était temps de mettre en pratique toutes ces années de dressage. L'oiseau commença par retirer en douceur les chaussures et les chaussettes de son maître avant d'aller humidifier une serviette pour la lui poser sur la nuque. Voilà qui devrait lui permettre de mieux supporter la chaleur pendant sa sieste. Il fit ensuite un rapide petit tour du propriétaire, inspecta la salle de bain, le frigo, les placards de la chambre et termina par la ligne téléphonique. D'ailleurs le premier numéro qu'il appela fut l'accueil, où il demanda à ce qu'on apporte le plus rapidement possible une dizaine de poches de sang. Le groom assura qu'il ne mettrait pas plus de cinq minutes à arriver. En l'attendant, le perroquet ouvrit les valises sans faire de bruit et rangea toutes les affaires dans les tiroirs de la chambre, guettant par la fenêtre l'arrivée des poches qu'il avait commandé.

Le groom failli commettre la terrible erreur de toquer à la porte, mais heureusement l'oiseau bleu était en état d'alerte et il ouvrit avant. Il expliqua brièvement la situation et le jeune homme lui sourit, compréhensif, confirmant qu'il avait l'habitude que certains résidents arrivent dans un état plus ou moins déplorable. Il prévint d'ailleurs que ce premier lot de poches était gratuit car il s'agissait d'une urgence vampirique, mais qu'à l'avenir il faudrait ajouter un supplément s'il s'agissait d'un repas normal. Amon nota toutes les informations dans un coin de sa tête et profita d'avoir quelqu'un sous la main pour lui conseiller un endroit où acheter à manger à emporter. Sur un calepin il inscrivit chaque adresse, ainsi que le code wifi de la résidence et libéra le groom pour aller mettre toutes les poches au frais. Au moins il y avait de quoi contenter un gros appétit en cas d'urgence.
Les dernières choses à ranger furent les trousses de toilette (bien que celle de Robert ne puisse pas être qualifiée de trousse tant elle était maigre) et enfin, l'oiseau s'accorda l'immense plaisir de se changer pour ne plus avoir à suffoquer dans son jean. Il opta pour un short aussi bleu que ses plumes et dont les coutures avaient été recouvertes par un liseré de tissu vert forêt. Et comme haut, il porta son choix sur une tunique courte qui lui arrivait tout juste à la ceinture, blanche et assez fine pour qu'on puisse deviner sa silhouette à travers. Quel bonheur de retrouver la légèreté de ce genre de tenue ! Évidemment, il bazarda chaussettes et chaussures pour se promener pieds nus.

Ils étaient arrivés depuis presque deux heures lorsque Robert s'éveilla et surprit son hybride. Debout dans le salon, ce dernier tressait ses cheveux à l'aide du miroir accroché au mur. Il allait demander si son maître se sentait mieux lorsqu'il nota ces petits détails alarmants que tout être vivant devrait savoir repérer d'un clin d’œil : les crocs saillants, les iris tirant vers le rouge, les pupilles dilatées, le corps tendu.
La faim, il s'en doutait et il remercia ses instructeurs de lui avoir donné les armes pour prévenir d'un désastre. Il laissa ses bras retomber lentement, tant pis pour la natte et se tourna complètement vers Rob avant de reculer vers la cuisine.

« Oui, j'ai commandé ce qu'il fallait. Il y a un peu plus de 4 litres. »

Soit à peine moins que ce qui coulait dans ses veines. Deux pas de plus et il était près du frigo, qu'il ouvrit pour prendre la première poche. Sans attendre que le vampire vienne se servir, il la lui lança d'un mouvement de poignet, sachant très bien qu'elle serait rattrapée au vol. Pas besoin de verre, il y avait juste à déboucher l'ouverture et à aspirer. Lorsqu'il eut pris les premières gorgées, Amon se détendit sensiblement. Terminer en steak tartare n'était pas dans ses projets à venir. Se faire mordre, oui. Se faire déchiqueter, non. Et il connaissait bien la différence entre les deux.
Il laissa le frigo ouvert et s'adossa au mur avec un léger soupir.

« Bien dormi ? C'est du sang humain, ça devrait te caler plus vite que du sang animal. Et te refaire une santé. »

Lorsqu’il fut certain que son vampire s’acharnerait sur les poches plutôt que sur lui, il reprit là où s’était arrêté pour attacher ses cheveux, ramenant sa natte sur son épaule.

« J’ai demandé un jeu de serviettes supplémentaire, on nous l’apporte bientôt. Et je sais où trouver à manger pour moi pas loin, on pourra rester ici pour que tu te reposes. Il faudra par contre me marquer avant que je sorte. À Dornia et à la maison ce n’est pas très grave si je me balade sans marquage, mais par ici, avec ma dégaine, c’est presque obligatoire. »

Il ne disait pas cela pour grapiller de l’attention, mais bel et bien parce qu’il fallait être un peu plus prudent. Le pays était beau, mais les vampires en goguette étaient plus nombreux et la justice souvent aussi sauvage qu’au fin fond de l’Alaska.

« Tes affaires sont toutes rangées dans l’armoire de ton côté du lit et j’ai mis ta flasque au frigo. La cascade se trouve plus loin, derrière. Je pensais aller y faire un tour, histoire de me rafraîchir après le voyage. Est-ce que tu m’accompagnes ? »

Un sourire un peu incertain lui étira les lèvres alors qu’il achevait sa tresse. Dans ce décor, il semblait parfaitement à sa place, ce qui réhaussait le brillant de ses plumes, le brun de sa peau, le bleu de ses yeux. Dans le grand nord, Amon était un oiseau exotique qui charriait dans son passage le soleil et les effluves des fleurs tropicales. En pleine jungle, Amon était une pièce d’un puzzle brillant, un bijou dans son écrin.


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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Ven 14 Avr 2017 - 13:17

Bien dormi non pas vraiment, pas assez, mais ça ira. Mon reflet change considérablement quand le précieux liquide rouge pénètre mon organisme. Ma peau se retend, les cernes disparaissent, mon regard redevient vif et profond - quoi qu'austère serait plus exact - et je me redresse, presque plus grand qu'avant. La vache... Heureusement qu'il ne m'a pas dit avant que c'était du sang humain sinon j'aurais été capable de le refuser, mais bon à quoi je m'attends dans une suite touristique...Ils ne servent sûrement pas du sang de jaguar...
Je m'enfile les 4 litres comme s'il s'agissait de petit lait. Une douche après ça et j'aurais l'air d'un jeune et fougueux mercenaire. Je balance les poches vide dans l'évier et m'étire largement en baillant sans gêne, tous mes muscles craquent et gémissent. Bordel ça fait du bien. Le regard que je lance à l'oiseau est plein de remerciement et de considération farouche et pas vraiment assumée, mais il l'est. On se tourne autour, un peu, et je rejoins le balcon pour m'y accouder et observer les grands arbres couverts de lianes qui entourent la maison. Il pleut averse, mais cette eau est chaude, et elle nettoie un peu la sueur sur mon visage.

- Je compte pas faire la bouffe durant le séjour. Ce sera resto soir ET matin. Mais si tu veux t'acheter des bricoles faudra en effet passer par moi.


Magnétique, je me sens chargé en électricité. Est-ce que c'est le sang humain qui fait ça ? Je regarde mes doigts et sens toute ma force pulser. C'est grisant, et il n'en faudrait pas beaucoup pour se sentir tout-puissant. Je sais maintenant pourquoi j'ai fait l'impasse sur cette nourriture. Est-ce que mon interrogation est perceptible ? Amon me scrute, alors je lui rends la pareille. Nettement plus en condition pour négocier quoi que ce soit, je m'approche de lui, et acquiesce à sa proposition. Nager me fera du bien, d'autant que c'est une activité que je gère. Le dépaysement sera total entre eau glacée et eau chaude, mais je vais pas faire que rechigner sur tout.

Après un bref - et ridicule - changement de tenue dans lequel j'ai troqué mon marcel puant contre un débardeur et un pantalon - j'ai que ça pour le moment - nous descendons de la maison dans les arbres pour suivre un petit chemin de terre battue qui zigzague entre les fougères géantes, des arbres chargés de fruits et de fleurs énormes mais raffinés. Il fait chaud, mais la pluie qui me ruisselle sur le visage et les épaules compense l'étouffante humidité. Pas de ciel ici, la canopée est trop importante et resserrée, mais quand on débarque sur les pierres plates devant le promontoire, elle semble s'ouvrir pour laisser le bassin baigner dans la lumière. Enfin le peu de lumière de ce jour de grisaille. La cascade est limpide, magnifique, irréelle. Elle n'a pas la force et l'imposante violence de celles des montagnes, mais elle donne envie de la rejoindre, de se laisser bercer par elle. Le chemin monte encore un peu jusqu'au sommet perdu dans une jungle entretenue et domptée, et une fois tout en haut. Je me mets à poil, ni vu ni connu, et je saute, plonge les bras en pointe, comme une lance, et m'enfonce profondément dans le bassin, comme dans un autre monde liquide et lumineux.

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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Ven 14 Avr 2017 - 17:21



Quatre litres. Il venait de s'enfiler quatre litres comme si de rien était, coup sur coup, avec une évidente satisfaction. Après ce qu'il venait de subir, difficile de lui en vouloir, mais Amon ne pouvait pas s'empêcher de se demande si c'était le voyage et la déshydratation qui étaient la cause de cette gloutonnerie ou si Rob avait toujours eut un appétit gargantuesque. Peut-être que ce n'était pas plus mal s'il ne s'était jamais fait mordre en fin de compte ? L'effet était assez spectaculaire à voir : tel un élixir de jouvence, le sang humain rendit au trappeur toute son énergie et sa vigueur, le sortant de la torpeur fiévreuse dans laquelle il pataugeait depuis des heures. C'était plaisant de le voir reprendre vie. Enfin, façon de parler.
Le petit perroquet sourit, beaucoup plus détendu à présent que son maître avait meilleure mine et ne risquait plus de lui sauter au cou pour se servir façon sauvage et rejoignit le balcon sans s'aventurer sous la pluie cependant, préférant le confort du chambranle de porte pour s'y appuyer. Il allait enfin pouvoir profiter du séjour pleinement. Et cela commençait avec la possibilité de reluquer le vampire, aussi crasseux et ébouriffé soit-il. Dans ce décor, c'était lui qui faisait un peu tache cette fois, mais Amon ne doutait pas un instant qu'il allait s'adapter à la vitesse de l'éclair. Après tout ils avaient choisi une destination aussi sauvage que possible afin d'éviter la foule, les buildings, et surtout pouvoir profiter du calme. Tout ce que Rob cherchait habituellement lorsqu'il était dans son chalet.

L'hybride ne fit absolument aucun commentaire sur le changement de vêtements pour aller se baigner bien qu'un large sourire amusé lui étire les lèvres et il ouvrit la marche pour se rendre à la cascade. Le complexe touristique était très bien pensé, de là d'où ils étaient ils ne pouvait voir ni la route ni les autres bungalow et il y avait de quoi se sentir seul au monde, à condition d'oublier que le petit chemin entretenu devait l'être par quelqu'un. La cascade en elle-même était superbe, limpide et plus fraîche que la pluie, étrangement. Le bassin était beaucoup plus large et profond que ce à quoi s'attendait l'oiseau, mais il n'allait certainement pas se plaindre de pouvoir piquer une tête sans risquer de se casser le cou sur les pierres du fond ! Laissant Robert prendre les devants et tester en premier le plongeoir naturel de la cascade, le jeune homme resta en bas pour se défaire de sa tunique déjà trempée par la pluie. Il avait troqué le short pour un maillot de bain. Et pas n'importe lequel : à la fin de son shooting en compagnie de la superstar équine, il avait accepté qu'une partir de sa paye lui soit remise "en nature", autrement dit il avait récupéré deux maillots de bain haute couture et parfaitement ajustés à sa taille. Celui qu'il portait à présent était le premier de la collection, celui avec des laçages entrecroisés sur les hanches.
Le plongeon du vampire lui tira un sifflement d'admiration et une fois que celui-ci eut refait surface, il applaudit et lui donna une note de 8/10. Très belle performance, au bout de dix jours il serait sans doute capable d'atteindre le 10/10. Préférant commencer la trempette par un choc moins violent avec l'eau, Amon s'assit sur une pierre qui dépassait à la surface et trempa d'abord les jambes, le temps qu'il défasse la natte qui retenait ses cheveux.

« Resto soir et matin alors ? Tu te sens d'attaque pour affronter le monde ? »

Il le taquinait un peu, mais c'était de la tendresse dans ses yeux. En réalité, il était touché par tout ce confort et aurait bien remercié en boucle pour ce superbe cadeau, mais il savait depuis longtemps que les choses les plus importantes se disaient en silence avec Rob.
Ses cheveux enfin défaits, ce fut à son tour de plonger. Depuis beaucoup moins haut, certes, mais avec une élégance qui n'avait pas grand chose à envier au saut du vampire. Sa silhouette souple glissa sous l'eau sans effort et il fit quelques brasses avant de remonter pour inspirer profondément. C'était si bon ! Tout son corps le remerciait de cette fraîcheur après les trop longues heures d'avion, la transpiration, les sièges inconfortables et le taxi cahoteux. D'un frisson il gonfla ses plumes et s'ébroua avec bonheur.
Telle une sirène exotique, il tourna autour de son maître en quelques brasses agiles. Ah oui, on était loin de la nage désespérée du piaf qui coule dans l'eau glacée d'un torrent de montagne ! En même temps les perroquets n'étaient pas connus pour leur talents en natation, surtout dans des eaux tumultueuses.

« Je suis désolé, il n'y a pas de crocodile dans ce bassin. Mais si tu veux, on pourra aller en chercher. Ça regorge de reptiles par ici, mais est-ce que le sang de serpent est assez nutritif ? »

Il frôla innocemment l'épaule du trappeur.

«Il y a aussi des animaux plus gros, évidemment. Quoi que tu ne trouveras sans doute pas de jaguars dans cette partie du pays, il sont généralement plus loin à l'ouest. Mais si tu te demande quel goût à leur sang, je sais qu'il existe des endroits où se procurer une poche ou deux. »

D'un battement de cil il le caressait et d'une impulsion il était hors de portée, retournant vers le bord et son rocher, pour y poser ses fesses. Lui il pouvait entrer et sortir de l'eau autant qu'il voulait, il n'était pas nu ! Quoi que ce détail dans la tenue du vampire ne le dérange pas vraiment à vrai dire, il trouvait même que c'était plus... Savoureux ainsi. Il y avait peu de chances que quelqu'un pointe le bout de son nez pour les épier de toute façon.
Une question traversa l'esprit de l'hybride : est-ce que maintenant que Rob avait retrouvé le goût du sang humain il serait plus enclin à se servir sur lui ? Il n'y avait peut-être pas assez de faune locale pour le satisfaire et par ici, c'était plutôt de la viande maigre de toute façon. Alors que lui il était disponible, à portée de main, en pleine forme et s'il se faisait une orgie de fruits au dîner, il serait un vrai délice à mordre. Après tout, il avait aussi été conçu dans ce but.


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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Ven 14 Avr 2017 - 19:00

- C'est surtout que j'ai pas envie de me taper de la vaisselle alors qu'on est sous les tropiques. C'est la première fois de ma vie que je prends des vacances alors...

Le ton aurait été accusateur quelques heures plus tôt, si la conversation avait eu lieu dans l'avion, ou même dans le taxi, ou encore avant l'épisode des 4 litres sur le balcon. Mais du sang a coulé sous les ponts depuis, et je prends un réel plaisir à aller titiller les rochers lisses du fond du bassin, montant et descendant comme une flèche, mon cul apparaissant certainement - très certainement - à chaque fois à la surface. Ça me permet de pas trop penser au reste, à la chaleur, l'éloignement de ma maison, de mon pays, des racines que je me suis créées, de mes bêtes, de moi en fait, mon moi absolu. Je ne pensais pas pouvoir quitter mes terres, retourner dans le monde, voyager encore moins, mais il est des cités et des forêts qui valent le détour...et certains coins de verdure... Je m'ébroue, passe mes mains dans mes cheveux trempés et appuie un regard instigateur et étudiant sur le profil de l'oiseau qui vient de changer de peau. Ses jambes sont interminables, et...Par tous les démons des mines... ce maillot, c'est quoi ce délire ?! Je m'échoue sur un rocher, les bras relevés, coudes appuyés de chaque côtés, et le regarde plonger, nager, s'approcher, décamper, et nous jouons, c'est toujours ainsi. Silencieux mais tellement évocateur, plus encore depuis quelques semaines, depuis ce baiser des glaces.

- J'en sais rien. Les serpents je leur fous la paix d'habitude. Et j'ai pas envie d'me foutre hors-la-loi pour un croco saigné à blanc ou un mazama...

Je crois que je vais me contenter de ce que je trouverai au restaurant. Les 4 litres que j'ai bu sont une ressource conséquente, ça devrait me suffire à tenir au moins la moitié du séjour. J'aviserai ensuite. Le deal c'est d'éviter dans la mesure du possible de consommer à nouveau du sang humain, même si l'expérience était...hallucinante. Mais je sais que trop d'endomorphine c'est pas bon pour moi. Alors il va falloir limiter les excès, et quand je vois ce petit cul moulé je me dis que le véritable enjeu se trouve sous mon nez.

_______________

- T'es sérieux là...j'ai l'air d'un...d'un espèce de dandy anglo-américain c'est dégueulasse...!

Pourtant il m'a assuré que j'étais "très bien" et le vendeur d'acquiescer comme un psychopathe tandis qu'Amon nouait les boutons de la chemise en lin dans une proximité sensuelle qui m'a valu plus d'un regard interrogatif. Qu'est-ce qu'il veut, qu'est-ce qu'il attend de moi...? Et moi est-ce que je n'attends pas quelque chose ...? Les mots de Lohengrin me reviennent et je me cognerai volontiers le crâne contre un cocotier si nous n'étions pas en pleine ville à marcher vers un restaurant que la réception nous a conseillé vivement. "Il t'adore, ça crève les yeux !" Ouais. Peut-être bien...
Je me reluque sous toutes les coutures dans les vitres de voiture, établis un contact avec ces manches légères et aériennes, soulève mes semelles d'espadrilles noires, et je me dis que je n'ai jamais vu mes pieds aussi nettement. Je me sens comme un coq qu'on aurait mis dans un bouillon bien serré avec du thym et des patates...

- Amon...c'est pas drôle...crétin de piaf !

Et lui il s'amuse de me voir me tortiller, même quand nous entrons dans le vestibule chic du restaurant et qu'on nous amène sur une terrasse de bois au-dessus de la plage, avec la mer qui roule des vagues timides sur le sable, et la lune intense et...C'est quoi leur problème à eux ? ...Ça mate un peu trop MA propriété, et il faut dire que j'ai fait le con en le laissant s'habiller de la sorte. Tout ce bordel de mode à moitié transparent, ça fait dresser des queues c'est évident. Je grogne, aboie sur les curieux en passant entre les tables, et si mon aura y fait pour un peu, je sais qu'il va falloir mettre le paquet. Première sortie, premier dérapage. Je saisis les hanches de mon oiseau, le fait tournoyer, l’arrime à mon torse et bloque son regard surpris dans le mien. Un brin de chaleur passe dans ma nuque et je lui colle un baiser ferme sur la bouche en grondant, le serrant peut-être un peu trop fort. Il couine, je ne relâche pas mon effort, enfouissant ma langue contre la sienne, beaucoup moins déterminée à valser, avant de le prendre par les épaules pour nous dégager de cette pagaille que je viens de créer. Je me garde de faire des réflexions, mais il est écarlate, ou écrevisse, et ses yeux brillent. C'est indécent. Putain c'est quoi cette soirée... Au moins les bobos de derrière ont fait taire leur présomption, et je comprends mieux maintenant ce qu'il entendait par "marquage OBLIGATOIRE".
On nous installe, je commande un caï...caïpirinha...rinha ? Bref, un truc alcoolisé, et je m'enfonce dans le fauteuil en bouffant leurs petites brochettes de gambas au rhum et à l'ananas.

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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Sam 15 Avr 2017 - 11:12





Cette nuit, il avait rit. Rit sous couvert lorsque Robert s'était mis à ronchonner contre sa tenue, rit aux éclats en le voyant se tortiller pour essayer de s'habiter à sa nouvelle allure. Il se sentait léger, heureux, comblé. Et il trouvait son vampire très à son avantage dans ses vêtements plus légers et plus citadin.

« On dirait un chat à qui on aurait enfilé un pantalon ! Arrête de tirer sur tes manches, elles sont très bien. Tu es parfait, ne t'inquiète pas. »

Il lui lissa le col de sa chemise alors qu'ils attendaient qu'un serveur arrive pour les placer. Cette petite virée en ville était si différente de leurs habitudes, c'était un peu étrange. Pourtant tout se passait bien et Amon soupçonnait même que, sous ses airs ronchon, Rob prenne un peu plaisir à se dépayser quelques temps en sachant qu'il retournerait chez lui ensuite. On appréciait jamais autant le confort de sa maison qu'après l'avoir quittée.
Le serveur leur fit signe de le suivre jusqu'à la terrasse à l'arrière du bâtiment. Une belle et vaste terrasse très calme, donnant sur la mer. Un décor idéal pour un film, ou une séance photo de mannequinat. Ou même pour un HOP LA ! Perdu dans ses pensées, l'oiseau fut prit de court par la pogne qui s'était posée sur sa hanche juste avant de l'attirer d'un coup sec contre ce mur de chair et de muscles qu'était Robert. Il eut le temps de se demander "qu'est-ce qui se passe ?" avant que ne fonde sur lui les lèvres du vampire.

Merde, je crois que le sol à disparu sous mes pieds... Est-ce que la terrasse s'est écroulée ?

C'était rude, possessif, brûlant. Ça lui retournait la tête et ça lui faisait mal aux côtes parce qu'on le serrait trop. Il n'eut même pas le temps de comprendre, de répondre, emporté par la déferlante sauvage et inattendue qui le laissa un peu essoufflé et perdu sur le rivage lorsque son maître s'écarta presque de force.
Qu'est-ce que... Quoi ? Pourquoi ? C'était... Oui, clairement ! Ah tiens, la terrasse était revenue sous ses pieds. Il déglutit et tenta d'apaiser son esprit, mais c'était comme de vouloir prendre le thé dans une maison en feu. Calme, voilà, c'était juste un marquage. Même s'il n'avait pas le flair aussi fin que les immortels, il pouvait sentir ce léger changement dans son aura, dans ce qu'il dégageait. À présent il y avait comme un puissant bouclier autour de lui qui disait "C'est à moi. Si tu t'approche, je te bute." et connaissant Robert, le message dissuaderait n'importe qui dans cette hémisphère.

Le petit perroquet s'assit bien sagement à sa place, face au trappeur et commanda une tequila sun rise, parce qu'il ne pouvait pas résister à l'appel du jus de fruit. Aller, pas la peine d'en faire une montagne, c'était juste un marquage. Un Marquage intempestif et drôlement fougueux comparé au premier qu'il lui avait posé. Il allait durer des heures. Dieu merci, il y avait une nappe sur la table et l'hybride put espérer que la marque évidente de son désir passe totalement inaperçue le temps que son corps se remette de ses émotions.
Ils étaient en bord de terrasse, avec une vue sur la mer magnifique. Un paysage de rêve. Le serveur revint vers eux avec leur consommation et prit leur commande pour le dîner. Le choix d'Amon s'était rapidement porté sur du poisson à la mangue et aux épices. Une fois de nouveau seuls, il avança timidement un pied jusqu'à celui du trappeur, un peu incertain de sa réaction mais tentant sa chance quand même.
Ce n'était pas qu'une question de drague ou de frustration. C'était parce que c'était Robert et qu'il voulait son contact, pas celui d'un autre. Il voulait ses bras, ses mains, ses épaules, son regard et même ses grondements dissuasifs. Accoudé au bord de la table, le regard un peu perdu sur le reflet de la lune dans les vagues, le perroquet brisa le silence en premier.

« Est-ce qu'un hybride peut marquer un vampire ? Dire "c'est à moi" pour que les autres ne tentent pas leur chance. »

Son pied avait atteint celui du vampire, lui effleura la cheville et le mollet un instant. L'idée de pouvoir marquer en retour était assez séduisante, il n'y avait jamais pensé avant. Et il se doutait que les choses ne fonctionnaient pas comme ça, mais Robert comprendrait sans doute le sens détourné de la question.
Il l'observa du coin de l'oeil, un sourire très doux ourlant ses lèvres bleues : ce regard sombre qui l'avait tant intimidé et qui continuait de le faire parfois, les ravines et crevasses de ce visage bourru, cette mâchoire carrée et cette ride du lion qui ne se détendait presque jamais. Sauf dans son sommeil.


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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Mar 18 Avr 2017 - 20:01

Je mange les grosses crevettes jusqu'à la queue et je me dis que les assaisonnements sont vraiment succulents dans ce pays. Seulement par fierté je n'ose pas le dire à Amon, lui dire que c'était peut-être une bonne idée de venir ici, même si, même si...même s'il fait chaud, que les vampires sont un peu trop avides et pas très au courant du pouvoir de la testostérone, même si j'ai vomi durant tout le voyage, alors que j'avais pas gerbé depuis ma première cuite, à 18 ans.
Je liche mon apéro, pas bien costaud, en redemande un, deux, trois, et ce métabolisme qui ne permet pas réellement d'être saoul, du moins pas longtemps, merde ! Ça m'aurait aidé à faire passer la pilule...Visiblement Amon est complètement détendu. Je lorgne sur son assiette quand elle arrive, peu avant que mon propre plat ne vienne fumer sous mon nez. Un bœuf aux patates douces avec mangue, paprika et ET ET ananas bien sûr ! Ce fruit c'est de la folie ! J'en bouffe depuis que j'ai mis le nez dans la coupe de fruits frais dans notre maison suspendue.
Trop concentré sur mon assiette, je lève brusquement la tête quand le pied fin de l'oiseau vient caresser le mien, puis mon mollet et...je retrousse les babines, enfin la babine, la droite, juste au-dessus de cette canine qui dévoile mon excitation. Je mords dans un morceau de viande et lape la sauce.

- J'en sais rien. Pourquoi j'suis pas assez à toi ? Si c'est c'qui t'inquiète, y a qu'à voir la tête de tes prétendants. Ils ont compris la leçon.

Est-ce que ça veut dire ce que ça veut dire ? Robert Taliaferro tu te poses teeeeeellement de questions con, faut dire. On tournant la truffe une seconde, je croise le regard soumis d'un vampire qui à notre arrivée n'avait pas lésiné sur les moyens pour essayer de revendiquer Amon.

- On est des prédateurs. C'est primitif ce qui se passe dans ce genre de moments. T'es à moi, c'est tout ce qui compte, et si je dois tuer pour que ça soit compris, je le fais. En revanche dans ton sens je crois pas que ça fasse grand chose.

Soudain, je m'arrête, lève les yeux sur les longs cils bleus aux reflets noirs et réalise toute l'ambiguïté de sa question...Je mâche, lentement, avale ma bouchée, bois un coup de vin local, lèche mes lèvres proprement. Je n'ai pas envie d'en savoir plus...enfin si, mais je ne sais pas ce que ça donnerait, et j'ai l'impression que ce contexte de vacances est le prétexte à tout. Mon pied recule, ce n'est pas désagréable, mais je ne sais pas...

- Tu m'kiffes vraiment ?

Je gronde un peu, pas certain de la réponse qui va venir, mais c'est plus fort que moi, les mots de l'autre greffier milicien vont et viennent dans ma caboche, la saveur du baiser me remue encore les tripes...Bien droit sur la chaise, j'attends la suite un peu comme un ours qui ne sait pas si son poisson va sauter à droite ou à gauche.

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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Mer 19 Avr 2017 - 0:45



La première réponse le fit rosir de plaisir et il pencha délicatement la tête sur le côté. Robert n'était-il pas assez à lui ? Sans doute que si. D'ailleurs c'était une sacrée chance que le vampire soit autant "à lui" alors qu'il ne pouvait normalement pas avoir la prétention de posséder qui que ce soit. Il aimait à oublier qu'il n'était qu'un esclave et que normalement, il devrait surveiller un peu plus ses paroles, ses désirs et son attitude. Pourtant avec Rob il se sentait libre d'être lui-même, sans avoir à se brider. C'était bon, mais sans doute dangereux...

« Je disais ça par fierté mal placée sans doute. Peut-être aussi que je suis un peu possessif... Mais ça ne changerait pas grand-chose, tu as raison. »

Il piqua un morceau de langouste dans son assiette, le trempa dans la sauce qui nappait ses légumes et goûta enfin à son plat. C'était à tomber par terre. Le goût des épices lui avait manqué, celui des fruits de mer aussi. La viande avait du bon et le poisson gras des torrents gelés d'Alaska n'avait pas son pareil dans le monde, mais ça n'était pas la chair fine des crustacés d'eau de mer ni la myriade de saveurs qu'apportaient les épices utilisées dans la cuisine brésilienne. Ça faisait du bien de retrouver ce goût après les plats insipides de Dornia.
Sa fourchette allait piocher de nouveau dans son assiette lorsqu'il sentit la jambe de Robert s'écarter. Instinctivement il leva les yeux pour trouver une réponse à ce geste dans les yeux de son maître et ce fut une question qui lui tomba dessus. Une question si inattendue et sincère qu'elle le coupa de court.

Qu'est-ce que ça voulait dire "kiffer" en langage de trappeur grognon ? Est-ce que c'était comme "apprécier" ? Ou il devait approcher ça de "aimer", genre aimer vraiment ? Inconsciemment, l'oiseau se redressa un peu dans sa chaise et baissa les yeux sur son assiette. En face ça attendait une réponse et vite, mais il ne savait pas vraiment quoi répondre parce qu'il n'avait jamais pris le temps d'y penser. Peut-être qu'il valait encore mieux être honnête ?

« Je ne sais pas vraiment quel degré d'affection tu mets dans le mot "kiffer", Rob. C'est un peu difficile de répondre. »

Amon reposa sa fourchette et joignit ses mains sur la table. Il n'avait pas l'air de s'étouffer de timidité, il semblait plutôt réfléchir très sérieusement à la question et décortiquer ses propres sentiments. Et il en vint à une première conclusion qui lui fit légèrement froncer les sourcils.

« Je n'ai pas le droit d'être amoureux. Je suis un hybride, c'est un luxe qui m'est interdit. Et d'ailleurs, je ne sais pas à quoi l'on reconnait que l'on est amoureux, personne ne m'en a jamais parlé et lorsque l'idée était évoquée au centre de dressage, c'était en permanence pour nous rappeler qu'elle était hors de notre portée. Un ami s'était même fait battre pour avoir protesté que ce n'était pas une chose que l'on pouvait contrôler. Alors tu vois, c'est vraiment difficile pour moi de te répondre. »

Ses prunelles se relevèrent et il s'éclaira d'un sourire tranquille. L'idée de ne pas avoir accès à l'amour avec un grand A ne le peinait pas, il se disait qu'il avait toutes sortes d'amours à disposition. Et si l'Amour était si encensé, si glorifié, si recherché, c'était sans doute qu'il devait être reconnaissable entre mille. Donc s'il ne reconnaissait pas ses propres sentiments, c'était bien qu'il n'était pas Amoureux, pas vrai ?

« Mais j'ai beaucoup d'affection et beaucoup de respect pour toi, oui. Tu es quelqu'un d'un peu rude au premier abord, ce n'est pas toujours facile de t'approcher, mais tu es quelqu'un de bien. De déterminé, de droit, d'honnête. Je t'ai fait confiance presque immédiatement et de façon instinctive. Au début j'étais un peu effrayé, comme on l'est devant un prédateur sauvage par exemple, maintenant je suis plutôt impressionné. »

L'hybride se laissa aller dans le dossier de sa chaise. Puisque son maître voulait savoir, il allait savoir. De toute façon, ils étaient en train de manger alors que pouvait-il faire de mieux qu'écouter et découvrir ce que son esclave pouvait penser de lui ? Amon de son côté avait l'impression de réfléchir à haute voix.

« Tu arrives à vivre seul dans un environnement difficile, tu en tire le meilleur parti et tu ne te laisse pas abattre. J'en sais très peu sur ta vie passée, mais j'ai envie d'apprendre. J'ai envie de rester avec toi, parce que tu es mon maître mais surtout parce que je me sens bien à tes côtés. J'ai l'impression que je peux apprendre beaucoup et sans avoir besoin d'être... Un objet. Ou un serviteur. Ou un cuisinier. En fait j'oublie même parfois que je suis un esclave quand on parle tous les deux. J'aime quand tu me regarde parce que je me sens plus grand et capable de faire plus de choses que ce qu'on a toujours attendu de moi. J'aime t'entendre parler parce que ta voix est chaude. J'aime te regarder parce que tu as quelque chose de fascinant dans ta façon d'être. J'aime ton odeur parce que ça me rappelle l'extérieur, la forêt. Ta forêt. J'aime quand tu dors parce que ton visage s'apaise et tu as l'air plus doux. J'aime quand tu es dehors pour fumer, même si ça me rend triste de te voir si mélancolique. J'ai envie de t'être nécessaire et essentiel parce que tu m'es nécessaire et essentiel. »

À aucun moment son regard n'avait cillé. Il était d'une honnêteté désarmante et ne se sentait pas gêné de dire ce qu'il pensait. C'était peut-être sa seule occasion de pouvoir le faire alors il fallait en profiter avant que la porte ne se referme.
Quittant le confort de son dossier, il se rapprocha à nouveau de la table et reprit sa fourchette. Son sourire étincela un peu plus et il ajouta :

« Alors oui, je te kiffe vraiment. Beaucoup. »

Comme si on pouvait en douter !
Il piqua une nouvelle écrevisse avec appétit et poursuivit son repas en espérant que cette réponse satisferait la curiosité du vampire. Et qu'elle ne l'éloignerait pas de lui en lui faisant peur...


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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Jeu 20 Avr 2017 - 11:49

Mes propres mots me reviennent en pleine gueule : « Tu m’kiffes vraiment ? » c’est quoi ce baratin d’ado’ coincé ? Merde Robert tu pourrais dire les choses autrement…Je me rends rapidement compte que j’ai lâché une bombe, et Amon s’explose, s’expose avec. Pas le droit d’être amoureux ? C’est une blague ? C’est ça le système ? Ou est-ce que c’est parce qu’il fait partie d’une sorte d’élite ?...ça mon portefeuille s’en rappelle encore, parce qu’évidemment Lohengrin a fait valoir son droit au remboursement après coup, quand j’ai décidé de garder le poussin chez moi. Mais cet endoctrinement me met mal à l’aise. Ils sont contrôlés jusque dans leur façon de penser, de vivre, et pour quelqu’un comme moi qui a toujours  connu les grands espaces et qui a toujours vogué selon son gré, c’est presque inconcevable. Non, ça l’est clairement en fait.
Je dis rien, par une sorte de respect muet qui me colle la bouche alors que je voudrais bien prendre une bouchée de bœuf avec un morceau d’ananas, maintenant que mon appétit vampirique est rassasié, autant se faire plaisir. Je ne peux pas imaginer ce qu’a vécu Amon, ni ce que vive les esclaves de nos jours, je peux juste lui offrir mieux, et ne pas le mettre à la porte parce qu’il dérange mon orgueil et pique mes t-shirts. Non, je veux qu’il reste. Les voix de mes proches me laissent en paix, et je détaille son visage de prince quand il me fait la liste…- je fronce le nez - la liste de tout un tas de trucs inconscients qu’il a repéré soigneusement, et ça, c’est une preuve irréfutable de son attachement, du moins de l’attraction dont il me témoigne et que j’opère sur lui, bien malgré moi. « J’aime quand tu me regardes, j’aime t’entendre parler, j’aime te regarder, j’aime quand tu es dehors pour fumer… » Mon esprit de nature plutôt tranquille se met à ruer dans tous les sens, et la loco s’emballe. Est-ce que de la fumée sort par mes oreilles ? J’ai chaud, je tire le col de la chemise mais il est déjà ouvert sur trois, quatre boutons, dévoilant un peu de pelage sombre. Qu’est-ce qu’il veut que je réponde à ça… ?! C’est la première fois qu’on me fait une …merde, putain ! Une déclaration ! Pris de cours comme un lapin la patte au collet, je masse ma nuque large, le regard fuyant, mais l’air salé du large vient m’apporter la fraîcheur nécessaire pour me détendre. Les derniers mots me plongent dans la confusion, et l’admiration. Nécessaire et essentiel. Je lève deux billes noires sur lui qui a replongé dans son assiette, la chair rouge de l’écrevisse fondant sur sa langue. Pas l’ami des mots, j’agis. Souplement je me dresse par-dessus la table, saisis son poignet, écarte la fourchette de sa bouche et…

- C’est beaucoup. Tout c’que t’as dit. C’est beaucoup. Si t’es sincère, si t’es sûr de toi alors ça m’va. Ouais, ça m’va. J’sais pas si je serais…essentiel, c’est un peu trop abstrait pour moi tes histoires. Mais ça m’va. Tant que tu m’supportes..tant que tu m’supportes, je reste avec toi.

Beaucoup de mots pour un Robert, beaucoup de mots qui ont le poids et la valeur de l’or accumulé pendant toutes ces années pour rien ni personne d’autre que moi. Aujourd’hui, je peux bien en donner un peu, enfin réapprendre à donner. Ma main vient rafraîchir la peau tiède de son cou, jusqu’à son oreille, caressante. Et je reviens à mon assiette parfumée que j’engloutis. Le dessert ne tarde pas à se montrer, pour ma part une montagne de glaces – je n’ai pas su me décider quand le serveur a débité en portugais tous les parfums et Amon a dû tout me traduire. D’ailleurs je n’aime pas le portugais, ça raccroche un peu tout au passage, mais dans sa bouche, sur le bout de ses lèvres, j’ai envie de manger cette langue…les deux d’ailleurs.

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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Sam 22 Avr 2017 - 16:09



Tant qu'il le supporterais... Ils resteraient ensemble. Amon en aurait ronronné de bonheur. Il était heureux que Robert accepte tout ce qu'il ait dit, heureux qu'il accepte de le garder à ses côtés et heureux de recevoir ces quelques mots qui avaient tant de valeur pour lui. Habituellement, c'était plutôt des grognements ou une rebuffade qui l'attendait après ce genre de discours, alors en plus d'être une surprise, c'était une bonne surprise. Imperceptiblement, il s'appuya contre la main qui venait lui caresser la joue. Une sorte de merci silencieux. Les écrevisses lui semblèrent plus savoureuses encore après cet épisode et son pied chercha de nouveau un contact, discret mais présent.
Pour le dessert, après avoir fait une liste de tous les parfums disponibles - ce restaurant en avait vraiment beaucoup - l'oiseau pencha pour une banana split maison, à savoir accompagnée de glaces à la menthe et à la mangue plutôt qu'au chocolat. C'était peut-être un peu lourd, mais il y avait des fruits et du sucre, tout ce qui comptait. Lorsque les coupes arrivèrent sur la table, il crut capter du coin de l'œil un regard de la part de Robert. Le genre de regard qui mettait facilement le feu à sa raison et lui donnait envie de se lever pour contourner la table et s'asseoir à califourchon sur les jambes de son maître pour l'embrasser à pleine bouche. Disciplinant son imagination décidément trop rapide à s'emballer, il attaqua son dernier plat.

La terrasse s'était un peu vidée et la plage en contrebas accueillait visiblement quelques couples ou trios pour une promenade au clair de lune. L'astre argenté commençait d'ailleurs à décliner tranquillement, prêt à se coucher dans la canopée pour faire place au soleil qui émergerait de la mer. Mais ce ne serait pas une aube rose et clair car de nouveaux nuages s'accumulaient déjà, prêt à faire tomber des trombes d'eau sur le pays pendant plusieurs heures.

« J'aurais bien été sur la plage, mais je crois qu'il va se remettre à pleuvoir bientôt. » annonça Amon, le nez en l'air. « On sera sans doute mieux à l'intérieur. Surtout que notre maison perchée à l'air très confortable ! »

Ils n'en avaient pas beaucoup profité encore, mais ce nid d'oiseau avait effectivement tout pour plaire : télévision et wifi, un canapé assez vaste pour s'allonger dessus comme dans un lit et un lit assez vaste pour y dormir à trois. Les couvertures étaient légères et douce, la salle de bain offrait une jolie vue sur la forêt depuis la baignoire et s'il faisait certes chaud à cause des portes et fenêtres grandes ouvertes, l'air circulait bien et rendait le tout très supportable. Parfait pour passer une journée confortable sans avoir à se mouiller sous la pluie.
Et il ne fallait pas oublier que leur voyage avait été très éprouvant et très long. Le brésilien rêvait donc plus de pouvoir se rouler dans le lit que de faire une promenade dans le sable. Il espérait juste que, contrairement aux nouvelles habitudes qu'ils avaient pris au chalet, Robert n'irait pas se réfugier sur le canapé pour l'éviter. Si tel était le cas, il n'aurait pas son mot à dire bien sûr, mais il ne pourrait sans doute pas s'empêcher d'avoir l'air... Déçu.

Le serveur revint pour l'addition et le souhaita une bonne fin de soirée en évitant soigneusement de trop regarder Amon, visiblement très intimidé par le marquage dont pourtant il n'avait pas été témoin. L'hybride se demandait à quoi pouvait ressembler un marquage pour les autres vampires. Lui-même sentait parfois, très confusément, le marquage d'humains ou d'hybrides qu'il croisait, mais c'était plus comme un parfum inconscient qui allumait un petit warning "Pas touche" dans sa tête que comme une sensation bien précise de soumission ou de respect de la propriété. Mais à voir la réaction des immortels qui l'entouraient, Rob avait fait les choses bien pour que personne ne doute de ce qui les attendaient s'ils tentaient une approche. Si certains esclaves trouvaient cette sensation d'appartenir à un vampire dégradante, Amon se sentait au contraire assez fier d'afficher qu'il était la propriété exclusive d'un maître. Peut-être parce que le maître en question lui plaisait... ?
Les premières gouttes les cueillirent alors qu'ils sortaient du restaurant et en un battement de cil, ce fut le déluge. Une pluie dense et serrée, qui empêchait de voir à plus de trois mètres devant soi et qui trempa l'oiseau aussi sûrement qu'un plongeon dans la mer. Il était bon pour se changer - encore - en rentrant !

« À ce rythme-là je vais terminer le séjour en caleçon pour éviter de mouiller tous mes vêtements... »

Il quêta une consigne de la part de Robert d’un regard et s’en mordit immédiatement les doigts : avec l’eau, la chemise légère du vampire lui collait à la peau et laissait peu de place à l’imagination.


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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Dim 23 Avr 2017 - 20:58

La plage c’est compromis en effet, quoi que la pluie ne me dérange pas des masses. Au contraire je dirais. J’aime être lavé par sa fraîcheur, la sueur balayée, et ici, lavé tout court parce que j’ai l’impression de prendre une douche dès que le ciel s’ouvre ! Et ça c’est pas désagréable…surtout quand cette douche révèle les formes d’un certain humain. A nous regarder de l’extérieur, on dirait que c’est lui le maître dans cette histoire, à me guider, me rassurer, m’apprivoiser sous toutes les coutures, et moi de le suivre, le plus docilement possible, c’est-à-dire avec encore des réticences et des gros mots, des grognements et des claquements de crocs. Pourtant, légèrement derrière lui, à suivre la ligne lisse de ses cheveux bleus mouillés, j’ai l’impression de le connaître depuis toujours. Le truc cliché qu’on semble dire quand…on se sent bien avec quelqu’un. Mes morts et mes fantômes marchent loin derrière, et je peux lever le menton un peu plus dignement, avec l’illusion d’être guéri.
Sous le déluge amené par des troupeaux de nuages gris et épais, on a beau courir on est déjà trempé. Les vêtements deviennent inutiles, parures civilisées qui perdent tout pouvoir dans ce genre de moments primitifs. Le cigare que j’ai allumé s’est éteint mais je le garde par habitude au coin de la bouche, coincé par une canine. Sur le trottoir, d’autres vampires se pressent et c’est la première fois depuis Fairbanks que j’en vois autant. Il y a des esclaves bronzés, et tout le monde déserte peu à peu la ville. Les voitures, les bus de touristes, les scooters, les vélos, en quittant les grandes artères pour chercher l’arrêt de bus de tout à l’heure, on a presque l’impression d’être seuls au monde. La montagne grandit dans notre dos, forêts vierges immenses, chemins sinueux, villages traditionnels et pauvres, mais riches de cœur et de couleurs. Je ne sais pas quelle heure il est, mais je comprends bien vite que nous avons raté notre bus – et le dernier ! quand je consulte en maugréant la liste des passages. Un long soupir s’en suit, et je jette mon cigare, allumant une cigarette sous l’abri sommaire en plastique fatigué et tagué. C’est pas comme si on était pressé, m’enfin c’est pas le scénario le plus romantique que j’aurais pu imaginer. Ah parce que je veux des trucs romantiques maintenant ? Nan mais ça va pas le système d’exploitation là-haut… ! Guettant la route qui monte vers notre hôtel, loin, loin dans la pampa – je sais que c’est pas la pampa hein – il n’y a plus que quelques carrioles qui montent et c’est peut-être pas la peine de faire du stop, j’ai pas super confiance dans le clampin local. Je rejoins Amon à quelques pas, souffle un large fumée, blanche pour une fois, et jette un petit coup de tête sur le côté, vers la montée.

- On y va ? J’ai envie d’pioncer.

"Et toi tu vas choper la mort, piou-piou des îles."
Sommaire, efficace. S’il veut que je le porte, ça peut se négocier. Il ne le sait peut-être pas encore mais ces grosses mains et ces gros bras sont très serviables, et peuvent faire preuve de galanterie. Si si, c’est pas des conneries.

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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Mar 25 Avr 2017 - 15:46




Pas de chance, voilà qu’ils étaient condamnés à marcher. Mais au moins il y avait un peu d’éclairage publique et le soleil ne tarderait pas à se lever derrière les nuages, apportant un peu de clarté pour que les mirettes les moins adaptées au noir, comme celles de l’oiseau, puissent voir où il posait les pieds. Déjà trempé comme une soupe, dégoulinant de partout mais toujours avec une certaine classe, Amon avait renoncé à préserver ses vêtements et s’était contenté de retirer ses sandales, préférant marcher pieds nus plutôt que sur une semelle de corde spongieuse.
Lorsque Robert lui fit signe de se mettre en route, confirmant le fait qu’ils avaient manqué leur dernier bus, l’hybride se contenta de hocher la tête avec un sourire sans se plaindre. La pluie diluvienne n’était pas très agréable à la longue, mais au moins elle était chaude et faire du mauvais esprit ne rendrait pas la randonnée plus agréable. Ses deux sandales à la main, il préféra marcher sur l’herbe près du trottoir que directement sur le goudron. De temps en temps, un scooter pétaradait en passant près d’eux, mais au fur et à mesure qu’ils avançaient, toute l’activité citadine se calmait et cédait la place aux bruits de la forêt qui s’éveillait peu à peu sous les trombes d’eau.

Amon se mit à bâiller à la moitié du trajet, d’abord de manière sporadique puis de plus en plus fréquemment. Lui il n’avait fait aucune sieste, aucune pause et s’était occupé de rendre les choses plus faciles pour Rob sans s’inquiéter de sa propre fatigue, trop excité par leur arrivée ou trop inquiet par l’état de santé de son maître. À présent, il se faisait rattraper par l’heure et le trajet interminable en avion. Il dut d’ailleurs trottiner pour rattraper son vampire qui prenait peu à peu de l’avance.

« Désolé, je traîne un peu la patte. » s’excusa-t-il lorsque Robert se retourna pour l’attendre.

Il ne leur restait plus que quelques minutes de marche lorsque le perroquet buta contre une pierre dissimulée dans l’herbe. Avec un cri de douleur, il se mit à sautiller en tenant son pied endoloris, les larmes aux yeux. Se cogner les orteils dans un meuble faisait moins souffrir ! Rien ne semblait cassé, mais il s’était râpé le dessus du pied jusqu’au sang et aurait sans doute un joli bleu le lendemain !
Pestant un moment contre les rochers du monde entier en portugais, l’oiseau tenta un sourire un peu contrit en assurant qu’il allait bien et qu’il pouvait reprendre. Mais son maître ne l’entendit pas de cette oreille et pour le peu de chemin qu’il leur restait à faire, il lui désigna son dos pour lui faire signe de monter. Peu disposer à se battre pour l’instant et plutôt satisfait de cette alternative, Amon ne se fit pas prier et se hissa sur le dos du trappeur, les bras autour de son cou.

« Merci. »

Il se sentait léger comme une plume à être soulevé si facilement. Et c’était un plaisir qu’il ne se rappelait pas avoir déjà connu. Collé contre le dos trempé mais chaud du vampire, le nez presque contre sa nuque, la joue appuyée contre l’une de ses épaules, Le perroquet se laissa bercer par le rythme de la marche et l’odeur musquée qui lui avait manquée ces derniers temps puisque Robert préférait la compagnie du canapé à la sienne. Certes il avait de bonnes raisons, mais ça n’était pas agréable pour autant.
Rendu un peu groggy par la fatigue, Amon se redressa un peu pour pouvoir parler par-dessus l’épaule de son maître et se faire entendre malgré le vacarme de la pluie.

« Rob, tu vas encore dormir sur le canapé cette journée ? On a un lit super grand, il doit y avoir un moyen d’y dormir ensemble sans empiéter sur l’autre, non ? »

Ce n’était pas vraiment un caprice, plutôt une demande accompagnée d’une mine de chiot malheureux qui pouvait se deviner à travers sa voix.

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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Sam 29 Avr 2017 - 11:45

Ses jambes fines repliées sur le devant de mes cuisses, je le tiens sous les fesses, bras en arrière. Ce qui devait arriver arriva, et le petit oiseau a fini par s’épuiser. Le pas rapide, j’accepte sans rechigner mon rôle de sherpa et je gravis la côte d’un pas plus vif, souple et animal, sans pour autant user de ma vitesse vampirique qui le mettrait mal à l’aise et risquerait de le faire gerber sur mon épaule.

La flotte tombe sur nous, duo improbable, et si lui a la peau légèrement halée, je suis un blanc-bec et je fais tache dans ce pays de soleil. Sa joue appuie doucement contre mon épaule, puis contre ma nuque. C’est sûr, c’est plus confortable. Il sent la mangue de son plat et la pluie ravive les odeurs de shampoing de la veille. Un camion nous klaxonne. Je grogne, baille.

- C’est encore une magouille de piaf pour venir grappiller  5 centimes de l’affection d’une vieille chose poilue et désagréable ?


Mon rire est bouffé par la barbe et ressemble plus au grognement d’un glouton qu’à un rire humain. Des mois plus tôt, je l’aurais envoyé chier. Je l’aurais laissé monter la côté et s’épuiser, je n’aurais même pas pris la peine de l’amener au restaurant, j’aurais été le bel enfoiré égoïste que j’ai su si bien être avec lui. Mais nos débuts sont loin. Sa présence est devenue une habitude. Oui c’est comme ça que je la vois, elle est douce, rassurante…elle me rend moins rustre, mais elle ne m’empêche pas de manger de la viande crue ou de partir plusieurs jours chasser dans les montagnes ou les grands lacs. Il reste à sa place, c’est ça qui fait que ça fonctionne.

Je le décharge dans le vestibule, et nous sommes archi-trempés, détrempés, imbibés. Je m’empêtre avec les boutons de la chemise devenue collante, quand il vient m’aider. Doigts de fée. Il y parvient sans mal, dégage un torse musculeux à la toison elle aussi mouillée par effet de cause-conséquence. On se regarde, et d’un coup…je comprends que si je m’allonge auprès de lui, ça ne sera pas comme les autres fois, pas comme d’habitude. Pas après le marquage du restaurant, pas après avoir accepté ce voyage. Ses mains tiennent les deux pans blancs en lin. Le portable vibre dans son sac. Quand il le sort je vois que c’est Lohengrin. Je demande à prendre l’appel et…

- Robert tes poules sont aussi cinglées que toi !!!!

- Je leur ai laissé des consignes en sachant que tu venais les garder.

- Ouais bin ça n’a rien de marrant elles m’ont crevé un œil ! Heureusement que je repousse vite…maudits poulets…

- Eh. Respecte mes poules, ok.

- RUSTREUUUUU !! Bon alors vous avez conclu avec ton paradisier ?? Rassure-moi vous n’êtes pas là-haut pour faire de la marche en forêt hein… ? J’ai pas fait tout ça pour ça…


Je hausse les épaules, mais m’éloigne un peu pour répondre quand Amon me regarde. Sur le balcon, la pluie bat son plein, c’est presque déjà devenu anodin. Je me fais trop vite à certaines choses, pas du tout à d’autres…

- Je sais pas si je sais encore comment faire…

- Ah. T’es sérieux ?

Je grogne dans le combiné. Le silence qui s’en suit semble trop évocateur.

- Il t’intimide ?

Là je commence à tourner en rond comme un fauve dans une cage trop petite. Je rentre, cherche mes cigares, en allume un, deux, fume, et Lohengrin a l’air d’acquiescer sans que je ne vois sa tête blonde.

- Tu as peur de lui faire mal ?

- Lo’, la dernière fois que j’ai effleuré un corps autre que le mien c’était il y a plus de 300 ans…

- Mais comment tu fais pour rester chaste comme un caillou ?!!!

- Le grand air ça calme beaucoup de choses…

Il ricane à mon sous-entendu moisi et ça me fait sourire aussi. Je soupire, je me détends. Cet abruti me détend. Mais quand je me retourne vers le salon, je vois Amon qui se glisse dans le lit géant, la peau fumante d’une douche réconfortante. Il me regarde. Encore. J’entends Lohengrin qui cause, mais je capte pas. Je capte plus. Mon bras descend lentement, le portable au bout de celui-ci, et la voix dans le combiné est étouffée par la tonalité de fin de conversation – l’oiseau m’a appris à me servir de ces trucs, il dit que ça peut servir. Putain c’est quoi ce regard, merde…
Je me débarrasse de ma chemise qui tombe en flaque sur le balcon, et pénètre la chambre, contourne le lit. Dans la douche, j’évite de m’attarder sur les prémices d’érection qui montrent le bout de leur nez et me débarbouille, lave ma tignasse. Il fait une chaleur lourde quand je sors, accompagné d’une serviette et d’un nuage de vapeur d’eau.

- …oublié mon caleçon.

Je dis en allant à la valise dans un coin de la chambre.

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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Sam 29 Avr 2017 - 17:10



Il avait souri. Oui, c'était encore une magouille de piaf, il ne s'en cachait même pas mais il devinait que ça ne fâchait pas vraiment son maître.
Enfin arrivé dans leur cabane dans les arbres, Amon retrouva le plancher des vaches. Ils dégoulinaient de partout, de quoi inonder l'intérieur de leur nid alors même qu'il n'y pleuvait pas. L'oiseau défit sa propre chemise, peu friand du contact du tissu mouillé sur sa peau, et s'apprêta à aller vers la salle de bain lorsqu'il entendit Robert grogner contre les boutons de sa chemise. Un sourire doux illumina son visage et il s'invita entre les grosses paluches de son maître pour prendre la relève et défaire un à un les boutons récalcitrants. Avec ses petits doigts et ses griffes, c'était bien plus facile. Mais à mesure que le tissu s'écartait et dévoilait la peau qui y avait en dessous, les gestes de l'hybride se firent un peu plus lents, son regard cilla et il sentit très tellement sont rythme cardiaque monter juste un demi cran au-dessus. Il avait envie de toucher, d'embrasser, de se serrer contre ce torse. Ses yeux remontèrent vers ceux du trappeur.

Et c'est cet instant précis que choisi son portable pour se mettre à sonner. Bon, ce n'était peut-être pas plus mal. Il dégaina l'engin et le donna à Robert lorsqu'il le lui demanda. de toute façon, si c'était Lohengrim qui appelait, c'était sans doute pour parler affaires de vampires. Il ne manqua rien de l'exclamation furieuse de leur pet-sitter et ne put s'empêcher d'en rire. Sérieusement ? Les poules lui avaient sauté à la gorge et crevé un œil ? Il préféra ne faire aucun commentaire à voix haute et rejoindre la douche sans tarder puisqu'elle était libre.
L'eau chaude, presque brûlante, lui délassa les épaules ainsi que le dos en s'abattant sur sa peau avec force. La pluie n'était pas vraiment froide dans ce pays, en cette saison, mais ce n'était quand même pas comme de prendre une douche fumante. À travers le vacarme de l'eau, Amon pouvait entendre la voix grave et sourde de son maître, plus loin dans la petite maison suspendue. Et penser à Robert fit descendre jusqu'à ses reins un frisson qui n'avait rien de raisonnable.

Vite, terminer cette douche et se changer avant de laisser trop de place à l'imagination ! En deux temps trois mouvements, il était séché et avait enfilé un caleçon propre et un t-shirt sec. Et trop grand. Il avait pris l'habitude de dormir avec un vêtement de son maître. C'était plus confortable et plus rassurant.
Il accrocha sur l'étendoir sa tenue détrempée, espérant que pendant la journée il y aurait un peu de répit entre deux averses puis il rejoignit le lit qui semblait terriblement confortable. Rob était toujours au téléphone. Allongé sur le ventre sans se faufiler sous les draps, car il faisait encore trop lourd pour ça, l'oiseau rare enserra un oreiller avec un soupir de bien-être et se pelotonna tout autour. Ses yeux, d'un bleu pétillant, accueillirent le vampire qui s'était tourné vers lui. Ils se firent caressants, enjôleurs, semblables à ceux sur les photos de magazine. Non, plus intenses encore ! Car c'était pour le trappeur et pour lui seul qu'ils se changeaient en soie liquide. Et son cœur de faire un bond lorsqu'il vit la chemise tomber ! Et son souffle de se suspendre lorsqu'il l'observa approcher. Et son nez de se froncer lorsque Rob disparut dans la salle de bain. Raté !

Amon devrait sans doute se contenter de la compagnie des oreillers et de la pluie qui tombait dehors. Oui, sans doute... Il se faufila sous le drap si léger qu'il épousait toutes les formes de son corps. Un instant il ferma les yeux, juste un petit instant pour le laisser aller à la rêverie. Il savait ce que pouvait donner l'eau en train de rouler sur les épaules de son maître, de le voir baisser les yeux vers lui, l'air sombre et les cheveux repoussés en arrière d'un geste négligeant. Il savait quel goût pouvait avoir sa bouche. Et ses mains ? Il se souvenait les avoir sentis sur son ventre. Et sur sa taille. Ce n'était pas si difficile de les imaginer descendre plus bas. Pour l'instant il ferait avec les siennes, son imagination se chargeant de les remplacer par les paumes larges et rudes du trappeur.
Le froissement des draps accompagna son premier soupir. Il avait toujours les yeux fermés, le visage à moitié enfouit dans l'oreiller. Quelque chose d'un peu chaud, d'un peu poisseux, dans le creux de sa paume. Il entendait toujours l'eau qui tombait. C'était la douche, pas vrai ? Ou peut-être juste la pluie ? Amon se mordit la lèvre pour étouffer un nouveau soupir. Il voulait plus que d'imaginer ! Il voulait sentir pour de bon, pouvoir se perdre contre ces mains solides, goûter une nouvelle fois les lèvres, la langue, passer ses doigts dans les cheveux en bataille qui avaient été recoupé juste avant de partir.

« Hhh... »

Il entendit la porte s'ouvrir et la voix qu'il s'imaginait au creux de son oreille. Déjà ? Tant pis. Il survivrait à la honte. D'ailleurs, il n'avait pas vraiment honte de désirer si fort le vampire, il avait fini par l'accepter. Ses yeux s'ouvrirent sur les lagunes de ses iris, papillonnèrent un instant et trouvèrent instinctivement l'objet de son désir dans la pièce.

« Rob. »

Le murmure était si bas qu'aucun vivant n'aurait pu l'entendre. Ni comprendre la demande que ces trois lettres véhiculaient.


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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Sam 29 Avr 2017 - 17:40

Les narines qui frémissent, me font me tourner vers le lit parce que visiblement quelque chose cloche, et pas des moindres...Et moi de maintenir la serviette pour qu'elle survive au choc. Est-ce que...est-ce que c'est moi qui suis à l'origine de cette main perdue sous les draps ? Est-ce que...Est-ce que CETTE MAIN est sensée compenser autre chose, autre chose de moi ?! MA main, MES lèvres ?! Un pincement de jalousie me fait retrousser les babines sur des crocs encore retenus. Mais le caleçon m'en tombe. La lumière aussi, appuyée par mon esprit, et l'atmosphère est si érogène que je n'entends plus la pluie. L'oiseau cille sans me quitter des yeux, et je comprends pourquoi il a posé pour des photos de magazine, je comprends pourquoi Lohengrin l'a choisi lui et pas un autre, et je me dis, je réalise que toute cette beauté, toute cette vie est à moi. Là pour moi. A quoi bon la pudeur maintenant ? Je lâche le tissu, cheveux encore humides, rabattus en arrière, mais déjà quelques-uns plus rebelles retombent sur mon front. Le drap vire en flaque fluide sur le bois du plancher, et j'essaie de me rappeler les gestes d'autrefois. La mécanique n'est pas si rouillé, c'est comme boire ou manger, on n'oublie pas ce qui est sensé perpétuer l'espèce, sauf qu'ici il n'y a rien de tel. Le corps sait, mais il est contrecarré par la nature des deux êtres en présence. Si différents.
Il a gémi mon prénom, non mon surnom. Ça m'a excité. Ça m'excite encore. Il porte un des mes t-shirts, il porte mon odeur, il est maintenant couché sous moi quand j'écarte sa main de son caleçon. Mes yeux noirs hésitent entre le reproche, l'autorité, et le besoin d'assouvissement. On se cherche depuis un moment à présent, il faut que ça cesse. Mes idées confuses s'effacent, je laisse la place au présent dans toute sa force, dans tout son rayonnement. Le baiser est silencieux, ferme, fervent, mais pas pressé. Cette fois il n'y a aucun prétexte derrière tout ça. Et comme je n'ai pas besoin de respirer j'en oublie que lui a des poumons qui marchent et c'est un faible gémissement d'agonie qui me fait me reculer brutalement. Je lèche mes lèvres d'un coup de langue, capte sa saveur sans l'analyser, l'intégrant aussi sec dans mes circuits. Il n'y a pas d'étonnement, c'est un fait, il savait, je savais que ça devait arriver, et c'est bon, c'est vraiment bon. Mes épaules roulent quand je l'attrape aux hanches pour le mettre debout, lui ôter son maillot...Ma joue au poil plus court caresse son ventre, rejointe par ma bouche qui sent cette peau douce, lisse comme un fruit. A genoux, je passe de longues secondes à humer ses odeurs, simplement, à me l'approprier, lui faire ressentir ma présence, et aussi à me rassurer un peu sur la suite. A priori je suis toujours capable de bander, mais est-ce qu'il a envie d'aller aussi loin que ça ? J'en sais rien, je sais pas, pas du tout. S'il n'a pas envie je suis évidemment capable de tout remballer, peut-être un peu frustré, mais je ne suis pas un violeur.
Ses mains montent dans mes cheveux, glissent le long de mon cuir chevelu, de mes oreilles, parcourent ma nuque, ma tête. Doucement je frissonne, et me laisse apprivoiser. Un peu. Chacun son tour. Le plus docile ici est debout, le plus sauvage agenouillé. Première expérience masculine, j'évite encore le vif du sujet, même s'il est dur sous mon nez. Un croc sort, file le long de l'intérieur de la cuisse, tire un peu le sous-vêtement élastique. Heureusement que j'ai pas de coeur, il serait sur Saturne à l'heure qu'il est...putain pourquoi je tremble comme ça ??! ...Merde...

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MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Sam 29 Avr 2017 - 19:10



Il l'avait laissé approcher sans trembler, prêt à être rabroué, plus prêt encore à l'accueillir. Sans se quitter des yeux. Il frémit, un peu, lorsque son maître lui prit la main pour l'empêcher de continuer et d'aller plus loin. Est-ce que ça le dégoûtait de voir ça ? Il avait accepté que l'oiseau se soit attaché à lui, mais il n'avait rien dit à propos de ce genre de pratiques. Robert avait eut une femme et de ce qu'Amon en savait, il n'avait pas manifesté de penchant pour les hommes. Sauf pour lui. Sauf pour ces rares instants qu'ils avaient partagés, toujours trop courts ou trop confus. Devrait-il bientôt ajouter celui-là à la collection ? Devrait-il...
Silence. Il fallait faire silence pour apprécier ce baiser. Pour en goûter la texture et la saveur. L'hybride remonta ses mains jusqu'aux épaules qui le surplombaient, s'y accrocha et rendit avec autant d'aplomb cette fois. Il ne s'était pas fait prendre par surprise, il avait même demandé.

« Hhm ! »

Ses poumons, en feu ! Il voulait plus, mais il avait besoin d'air, contrainte de vivant. Mais c'était l'occasion de se retrouver du regard, d'assimiler tout ce qui s'était dit pendant ces longues secondes. Oui, c'était bon. Il avait aimé. Il en voulait encore. Il l'espérait depuis si longtemps et c'était bien meilleur que ce que son imagination avait préfabriqué !

À présent debout, sans la protection de son armure de tissu, Amon se sentait exposé et presque timide. Doucement, on l'explorait, du bout des doigts et des lèvres, tandis qu'il se familiarisait avec ce contact. C'était réel, n'est-ce pas ? Il ne s'était pas endormi pendant la douche de Robert, tout ceci ne pouvait pas être un rêve. Pour s'en convaincre, les doigts agiles et un peu tremblants de l'hybride glissèrent entre les mèches brunes et courtes qui frôlaient parfois son ventre. Une caresse qui se fit tendre et rassurante, les premiers pas de son exploration à lui. Ils avaient toute la journée, inutile de se presser.
Le souffle lui manqua pendant un court instant, lorsque la pointe d'un croc glissa sur sa peau en entraînant son sous-vêtement. On pouvait mordre à l’intérieur de la cuisse... Comme à la gorge... Il le savait mais n'avait jamais pu l'expérimenter. Le tissu ne rechigna pas à glisser sur sa peau et à le libérer entièrement. La barbe de Rob contre ses cuisses lui arracha un long frisson qui s'acheva sur un soupir. Comment lui dire qu'il voulait plus sans avoir à parler ? Les mots auraient brisé quelque chose, c'était certain.

Son pied se souleva pour venir caresser la jambe et la hanche du trappeur. Il capta son regard, lui murmura des paroles rassurante d'un battement de cil. Et lentement, entre les mains de son maître, Amon se laissa tomber à genoux, les bras autour du cou du vampire. Et lui subtilisa un baiser.

Je suis bien. N'hésite pas. Je t'appartiens.


Il se décrocha, presque à contrecœur, et laissa son dos se cambrer et tout son corps basculer contre le matelas. Ses genoux étaient toujours repliés, ses cuisses écartées et ses hanches surélevées alors que ses épaules s'appuyaient sur le lit. Il étendit ses bras lascivement au-dessus de sa tête, ondula imperceptiblement entre les mains - immenses - qui le tenaient toujours. Son regard descendit jusqu'à croiser celui de l'immortel pour lui donner l'autorisation de prendre plus, d'explorer plus loin. Ne voyait-il pas ? Il était offert, demandeur, prendrait tout ce qu'on voudrait bien lui donner, ne serait jamais rassasié de sa présence. Il ne fallait pas craindre de connaitre plus, d'apprivoiser plus. De se laisser apprivoiser en retour. Parce que tout cela était si bon !


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Vampire gentil

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Vampire gentil

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Localisation : Là où l'oiseau va
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Amour(s): Probable que ça reste inavoué pendant un sacré bout de temps, pour lui comme pour le concerné
Maître/Esclave: Amon
Commentaires: Bête sombre, têtue, silencieuse et méfiante. Offrez-lui une clope il pourrait vous considérer comme autre chose qu'une menace. (bon même si la menace : c'est plutôt lui !)

MessageSujet: Re: Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]   Dim 30 Avr 2017 - 12:33

Un autre baiser. J'en saisis toute la saveur, tout le sens, toute l'implication, la sienne, la mienne. Je suis en train d'embrasser un homme...et ça ne me dégoûte pas tant que ça, y a un os...
Ses yeux sont deux morceaux de ciel en fusion qui me plaquent, où que j'aille, quoi que je fasse, et je reviens toujours à lui, toujours. Quand il s'allonge mes mains accompagnent son mouvement, allant de ses aisselles à ses hanches, et j'ondule pour le couvrir de ma masse. J'ai conscience subitement d'être un amas de cicatrices, de poils sombres et de muscles, mais ça n'a pas l'air de l'effrayer, pas du tout même. Peut-être que ça l'excite ? Sinon pourquoi est-ce qu'il aurait l'air si abandonné...? Je gronde en rencontrant sa pomme d'Adam, lèvres entrouvertes sur une veine palpitante que je m'efforce d'ignorer. Des soupirs commencent à monter entre nous, la plupart sont à lui, d'autres m'appartiennent, plus mesurés, rauques.
Je sens ses regards, son sexe contre mes abdominaux. Le mien appuie doucement contre le tendre de sa cuisse, frémissant quand nous échangeons par les lèvres. Je laisse mes crocs sortir complètement contre un mamelon foncé et le découvre du côté de la langue, comme on goûte un fruit nouveau. Ce fruit est exotique et très sensible. Il se cambre, retenu dans son élan par mon propre corps, et l'effet que je produis est une source supplémentaire d'envie. Je descends, descends encore, mords doucement le moelleux de la hanche, respire au-dessus du nombril, remonte, hésite...
Il doit capter mon moment de blanc. Bouche ouverte, je le regarde, confronté à ce que je redoutais. Avec les femmes c'est différent évidemment, et là, je ne suis pas sûr d'être capable, au premier round, de le prendre dans ma bouche. Merde est-ce qu'il...est-ce qu'il va se vexer ?...

- ...

Mais vendre ma faiblesse c'est comme avouer un manque de virilité, mon impuissance face à la nouveauté. Bras tendus de chaque côté de son visage, je pose une paluche sur son front en une caresse immobile.

- Va falloir donner un p'tit coup de pouce à la nature...t'as ça sur toi...?

Je sais que c'est pas glamour, ni le truc le plus agréable, mais ce serait pas mal de pas finir sur une note de frustration réciproque.

_________________


- Just like a wolverine -
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Faux pas, mais pas faux-semblants ! [PV Amon] ♥ [CLOS]
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