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/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

Un recensement de septembre est ouvert! C'est par ici!

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« What glows behind Stratus » [Ivo&Nayan]

Vampire odieux

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Vampire odieux

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MessageSujet: « What glows behind Stratus » [Ivo&Nayan]   Lun 23 Jan 2017 - 23:51

Il y a des jours, comme ça, où tu n’arrives pas à dormir. La pluie a balayé les neiges virginales qui s’étaient déposées, tôt ce matin, sur le quartier tranquille que tu habites (que vous habitez). Ah, l’hiver est bien étrange, cette année. Il est blanc et il est gris, il est tiède comme un lent printemps qui ne finit plus d’éclore, un printemps comme ta jeunesse, disons. Sans un bruit, tu te lèves et va boire à la cuisine. Relents de parfum d’épices, de curry… ? Le bas de ton dos s’adosse contre le comptoir en bois, tes yeux sombres se promènent sur un carré d’horizon qui se dévoile par la fenêtre. La fenêtre réparée.

Les nuages roulent bas. Il n’est que trois heures de l’après-midi. Jusqu’à cette nuit, le soleil ne risque pas de se montrer. Non, pas avec cette masse noire et grondante qui, sans l’aide d’un quelconque vent, stagne paresseusement au-dessus de la ville. Tu sirotes ta bouteille lentement, bien éveillé mais encore drapé dans l’apaisement qui succède au sommeil. Dans tes oreilles, le tic de l’horloge résonne doucement, puis une goutte d’eau – l’évier dans la salle de bain est mal fermé -, puis les ronronnements réguliers d’Oyajit. Tu les reconnais ; ils ne sont pas comme ceux de Nayan. Nayan ne dort pas, lui.

Tu apprécies, sans un son, immobile, le fait que vous soyez les deux seules âmes éveillées dans cette maison. C’est comme un privilège. Des petits riens que tu te surprends à aimer. Ce n’est ni violent, ni spontané, ni prédateur ; c’est simple. Et subtile. Ça ne te ressemble pas. Ou peut-être que si. Ça ressemble à quelque chose que Louis ne t’a pas appris à aimer mais qui a toujours sommeillé là, au fond de toi. Sans te presser alors, tu finis le contenu de la bouteille et rejoins le félin qui veille son frère dans la pièce adjacente. Il le veille toujours, même quand tu es ailleurs. Et ça te rassure un peu, alors, parce que tu ne te sens pas comme le danger exclusif, le danger seul du quel Nayan tient à protéger sa moitié. Ça fait sûrement de toi un monstre un peu moins monstrueux.

« Tendua… » Le mot, ronronné dans un hindi aux tons graves servant à faire oublier cet accent imparfait, flotte jusqu’à ton esclave pour l’envelopper. Nayan devine ta présence comme tu deviens la sienne. Vous avez des sens de chasseurs qui rivalisent. « J’ai envie de sortir et je veux que tu viennes avec moi. »

Oyajit peut rester ici et rêver, rêver de belles choses… C’est un ordre, plus qu’une demande, mais rien d’agressant. Tu sais que Nayan voudra bien s’y plier. Tu sais qu’il aimera l’endroit où tu l’emmèneras. Et un sourire, pendu au coin de tes lèvres, lui laisse déjà deviner que tu es fier de ton coup. Que ça en vaut la peine. Et en attendant qu’il veuille bien te suivre – car oui, ton chaton n’aime pas être fixé alors qui doit acquiescer à tes demandes, ça lui donne une opportunité de défier, ça lui donne une impression de résistance -, donc, en attendant, tu enfiles une veste, chope ton trousseau de clefs et sort pour aller t’asseoir dans la voiture.

Ça sent la pluie, le cuir froid sur les sièges, le plastique du coffre à gants. Les gouttes d’eau jouent une mélodie monotone contre les vitres et tu guettes, ni vraiment pressé, ni particulièrement patient, la porte d’entrée illuminée par les phares de la berline. Et les essuie-glaces montent et descendent… montent et descendent… montent et descendent…

« Ivo… s’te plaît, Ivo. S’te plaît, s’te plaît… putain de m-merde, Ivo. »

Il chouine encore, toujours, sur la banquette arrière, entre l’écœurement, la peur et la désillusion. Théo frissonne – trop plein ? -, regarde sans cesse dans le rétroviseur, se triture les mains, renifle, supplie à demie-voix. Et toi tu écoutes, dans une indifférence qui te surprend toi-même. Tu penches le menton vers l’avant, regarde tes genoux et écoute. Il se met à chialer.

« Comment tu peux m’faire ça. Comment tu peux… m’faire ça. Ivo, je t’en pris ! Je retire tout ce que j’ai dit, je… je ne t’en veux pas, d’être comme ça, je ne t’en veux pas d’être devenu comme lui. P-putain, mais, putain, si jamais… si jamais tu m’as aimé, juste un peu, juste comme un ami, comme un compagnon qui a partagé tes souffrances… putain, si jamais… laisse-moi fuir, ce soir, laisse-moi fuir. J-je peux plus… endurer ça. »

Théo se frotte le cou – meurtri, troué -, Théo s’essuie les joues. Il est laid quand il pleure comme ça. On dirait qu’il est constamment sur le point de s’étouffer tellement il hoquète. C’est la panique qui se noie dans le chagrin. Et toi tu écoutes, tu attends Louis. Tu n’obéis qu’à lui.

« Mes souffrances. » que tu répètes doucement. Alors tu entends ? Tu entends ce que Théo te dit ?
« … oui. Ça fait cinq qu’il te bat, qu’il… oh, et moi, ça fait beaucoup plus longtemps. J’ai mal, Ivo, j’t’en pris, tu sais qu’il est cruel, tu sais ce que-
- C’est de l’amour.
- PUTAIN ! I-Ivo, non.
- Louis m’aime.
- Ivo… »

Théo pleure, et pleure, et pleure. Non, Ivo, non, tu n'es pas comme ça. S'il-te-plaît. T'entends ? Ivo, tu n'es pas comme lui, tu n'es pas comme ça...

Et sa voix brisée grince comme les essuie-glaces qui montent et descendent… montent et descendent…
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MessageSujet: Re: « What glows behind Stratus » [Ivo&Nayan]   Mar 24 Jan 2017 - 11:30

De derrière la fenêtre de la chambre, je guette les flocons paresseux qui tombent sur le rebord, et sur la clôture, et sur la haie. Ma queue se lève, retombe dans un Plop ! léger et étouffé sur la grosse couette. Oya' dort profondément, et je caresse sa nuque en ne pensant à rien. La neige. Voilà qui ne m'inspire pas confiance. C'est mouillé, c'est froid, ça donne des frissons. En sortant hier chercher des fruits au marché, il a neigé et je suis rentré en courant pour éviter les papillons blancs gelés ! Alors aujourd'hui, je préfère demeurer au chaud, lové dans les couvertures qui font du lit double une sorte de repaire de princes orientaux. Je me retourne sur le dos, m'écrasant dans un énorme coussin offert par Ivo - il dit que ça m'habituera à tolérer son odeur ...
Je l'entends dans la cuisine, il est en train de prendre un encas. Sans doute encore une insomnie. Pour ma part je ne parviens pas à faire la sieste, pourtant le repas était copieux : un merveilleux poulet au curry cuisiné par Oya', comme je les aime ! Mon frère bouge doucement et se blottit contre moi. Aussitôt nos ronronnements ne font plus qu'un, et je ferme les yeux, apaisé.

"Tendua..." Oreilles dressées, je tourne la tête vers l'embrasure de la porte. Il sait que je réagis à ce nom, qu'il résonne en moi. Durant une seconde, j'ai vu les grands figuiers, les éléphants et la rivière... "J'ai envie de sortir et je veux que tu viennes avec moi.". Va. De toute façon je n'ai rien à faire ici. Docilement, je me lève, léchant la tempe d'Oyajit affectueusement avant de suivre le vampire brun. Devant la porte d'entrée, j'enfile un gros manteau épais et glisse mes mains dans des moufles qu'il a achetées, qui sont moches mais qui tiennent chaud, c'est tout ce que je demande. Le temps que je les enfile en bon galérien du dimanche, il a démarré la voiture et un bruit grinçant me fait sursauter après que j'ai fermé la maison. Des drôles de pales noires en plastique dessinent des arcs répétitifs sur le pare-brise. Hypnotisé, je me suis approché des intrigantes machines, et les contournant, je me fige derrière le rétroviseur, pas du tout réceptif à ce qu'il peut se jouer dans l'habitacle. Un premier coup de patte. Le "truc" se bloque et vibre en cherchant à accomplir ce pourquoi la mécanique l'a programmé. Je le libère et il repart un peu moins vaillamment. Deuxième coup de patte. Il me griffe la moufle et je feule, grimpant sur le capot, avant de réaliser que je suis en train d'attaquer un...un...? Quel est le mot pour ça ? Je lève les yeux et rencontre le regard d'Ivo derrière le pare-brise, un brin déconnecté. Les bidules noirs poursuivent leur course et nous nous observons, lui sans me voir, moi, cherchant à le ramener sur terre. Je miaule, accroupi sur le capot. Je miaule jusqu'à ce qu'il me regarde, jusqu'à ce que je sois là. Ivo ??

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MessageSujet: Re: « What glows behind Stratus » [Ivo&Nayan]   Ven 3 Fév 2017 - 17:41

Tu ne le vois pas, au début. Cette secousse pourrait être le vent. L'ombre de Nayan se déploie sur le capot de la voiture, elle tente d'attraper - ou de frapper, peut-être - quelque chose que toi, tu ne vois pas.

S'te-plaît, Ivo, s'te-plaît.

Trop loin dans ta tête, dans tes souvenirs, englué dans un sentiment indéfinissable, sûrement à cheval entre de la culpabilité et de la stupéfaction. Et c'est étrange, tellement étrange, car tu t'attends à voir le soleil, en tout petit tout doré tout discret, lorsque tu t'éveilles enfin. À quoi ressemble-t-il, déjà? Louis ne t'a pas donné la chance de lui faire un dernier adieu. Même vivant, tu le fuyais comme un cafard.

Ce n'est pas le soleil qui se dédouble de l'autre côté de la vitre. Ce sont les yeux de ton léopard, mieux encore. Qui percent l'obscurité, la pluie, l'habitacle de la berline jusqu'à ton visage trop calme. Que fait-il ?

Il miaule.
Il... miaule.

Tu bats des cils, enfin, enfin Nayan il - hm. Miaule. Tout s'élargit, enfle, tes mains glissent du volant qu'elles avaient agrippé pour s'en faire une ancre... Et c'est plus fort que toi, vraiment, ça vient te chercher dans le fond de la gorge et dans le creux de l'estomac : tu te mets à rire.

Pas le rire qu'on te connaît, non ; le rire forcé, le rire débile, le rire colérique, très bas, le rire théâtrale, le rire pour chasser, le rire pour effrayer... ! Ce n'est rien, rien de tout cela. C'est chaud, véritable, rafraîchissant, tellement inattendu. Tu ris et ça te fait du bien. Tu ris et ça te vrille les joues d'une bonne façon. Alors tu allonges le bras et ouvre la portière passager, pour crier, joyeusement dirait-on, joyeusement surpris : « Nayan !? Mais qu'est-ce que tu fais ? Monte enfin ! »

Et tu ris toujours, mais te calme un peu, jusqu'à ce que le fauve t'est rejoint. Un long sourire réside, ceux du genre qui vous détende le front, c'est ça.

« J'ai eu raison de vouloir te sortir, ça oui... Je t'emmène dans un endroit où tu pourras te défouler sur autre chose que sur des bâtons en plastique. »

Tu l'observes du coin de l'oeil, de bonne humeur. De la vraie bonne humeur. Peut-être se doute-t-il de l'endroit en question. Ce n'est qu'une demie-surprise, alors, mais comme Nayan est habitué aux surprises avec toi - et pas toujours bonnes -, alors ça doit lui plaire ?

La voiture sort du quartier, prend une artère principale, s'éloigne du centre urbain par la grande route. Il y a la forêt, bientôt ; des rangées de feuillus et de sapins foncés, tous un peu triste, car ils n'ont plus cette belle neige blanche pour se couvrir. Mais aucune condition météorologique ne t'a jamais découragé de sortir - tu y es insensible, on dirait. Ou c'est qu'elles te plaisent tous.

Tu engages la voiture dans un chemin de terre étroit, un de ceux qui s'enfoncent dans les entrailles des sous-bois et qui semble vous couper du monde en quelques secondes. Plus rien n'existe hormis tout ce qui existe ici - comme Nayan, Nayan existe. Les phares illuminent le cul-de-sac dans lequel tu arrêtes la berline, coupe le moteur … obscurité. Mais tu y vois quand même, et tu sais que Nayan aussi, avec ses magnifiques yeux de fauve. AH, oui, il peut tout voir, tout ce que tu veux lui montrer.

Il pleut des cordes.

« Une petite balade ? »

Tu ne le regarde même pas en disant cela, mais tu souris – un sourire en coin, un sourire qui lui est adressé. Et, la seconde d’après, tu es 10 mètres devant, 10 mètres sous le couvert des arbres, exalté. Tout ce qui trahit ton départ éclair est le coup de vent, peut-être, et la portière qui vient de claquer comme si une main de fantôme l’avait poussé en te téléportant ailleurs.

L’invitation est très claire, Nayan, non ? Viens courir un peu.
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MessageSujet: Re: « What glows behind Stratus » [Ivo&Nayan]   Dim 5 Fév 2017 - 11:33

« Nayan !? Mais qu’est-ce que tu fais ? Monte enfin ! »

Je suis aussi rigide qu’un bâton de source, électrocuté par son rire explosif. Cela ne lui ressemble tellement pas, ce rire, c’était tout sauf caustique, sardonique et glacial, c’était chaud, intense et prenant. J’ai vu une petite partie de l’iceberg-Ivo ce soir, et l’exploration surprise en valait la peine je crois. Je ne me rends pas encore bien compte de ce qu’il vient de se passer mais c’est contagieux. Mes lèvres se retroussent sur mes gencives noires et mes crocs redevenus blancs – depuis que le « dentifrice » est entré dans ma vie – étincèlent entre les gouttes de pluie. Oui j’ai envie de l’encourager, de lui rendre ce sourire, et je suis fier, je bombe le torse, si fier d’avoir fait rire mon m…Ivo comme ça ! Je ne saurais dire pourquoi, mais je suis hermétique à son caractère aiguisé comme une lame de rasoir, mais lui a fini par s’imprégner un peu de nous, Oyajit, moi. Mes oreilles pivotent, se dressent et la portière s’ouvre. Je bondis et me blottis dans le siège, dans la chaleur de l’habitacle en ronronnant dans le col du manteau. Ces vêtements ne me vont pas, il n’y a que les vieux jeans, les pagnes rapidement ceinturés autour des hanches et la nudité qui me conviennent…Ivo m’a parlé de saison, il a dit que j’aimerai bien l’été. Vivement l’été alors !

Je le contemple comme une chose rare et bizarre, un peu de cette façon qu’ont les enfants de s’accroupir devant une sauterelle dans l’herbe, mais je n’ai pas vu beaucoup d’enfants faire ça…à part à Patna. C’est fascinant. Son visage est presque beau comme ça. En réalité il l’est, comme apaisé, lui qui semblait si perdu deux minutes plus tôt.« J’ai eu raison de vouloir te sortir, ça oui…Je t’emmène dans un endroit où tu pourras te défouler sur autre chose que des bâtons en plastique. »
Ma queue devient soudain très mobile, fouettant nerveusement la boîte à gants entre mes jambes. La forêt ! Il m’y a déjà emmené plusieurs fois, souvent quand il ne travaillait pas, des fois avec Oyajit, la première fois seul. Je m’y retrouve un peu, je redeviens un peu sauvage, et je peux aisément me dépenser jusqu’à l’ivresse. Mais ce soir nous ne prenons pas la même route que d’habitude, alors je suppose qu’il va me montrer un nouvel endroit. C’est le cas, quand la voiture jette ses roues dans le chemin boueux à cause du dégel. Ça secoue un peu, mais je sais que dans quelques minutes je vais pouvoir bondir et je suis excité comme un chaton devant une pelote de laine. Il n’y a personne, c’est comme si Ivo avait privatisé la forêt – et ça ne m’étonnerait pas qu’il l’ait fait il en est absolument capable ! Là, nous restons deux secondes à scruter le chemin au-delà des feux, puis mes yeux s’agrandissent une fois dans le noir complet. La pluie clapote partout autour de nous, et si je fermais les yeux, s’il ne faisait pas si froid, si le sous-bois ne sentait pas autant la mousse et la sève de pin, les champignons terreux, j’aurais eu l’impression d’être chez moi, que les lionnes allaient surgir, puis les éléphants, et que le hurlement des loups monterait des hauteurs de la jungle.

Je sors et glisse avec mes chaussures d’homme civilisé. Je grogne, défais les lacets ; je laisse toujours une serviette dans le coffre, je n’aurais qu’à m’essuyer les pieds en remontant. Une fois pieds nus, j’ôte manteau et moufles et laisse le froid galvaniser mes muscles qui se tendent. J’ai la peau trempée immédiatement, mais je me sens vivant, et ma queue balance en prévision de la course qui s’annonce, je le sens. Ivo ne vient-il pas de se « téléporter » - je ne sais pas comment expliquer cela autrement, il est capable de se déplacer si vite, enfin lui et ses semblables – en m’invitant par ce claquement de porte ? « Une petite balade ? »
Je sais que je ne serais jamais à sa hauteur, mais je compte me donner à fond. Je jaillis comme une balle du canon d’un fusil et une fois à son niveau me jette sur le tronc le plus proche et grimpe, grimpe, griffes des mains et griffes des pieds se pliant, se dépliant dans une mécanique parfaite de chasseur-traqueur.

Kitty Cat in the trees !:
 

Je me retourne, à l’envers sur l’arbre et ronronne tout fort en le toisant. Petite provocation au passage avant de sauter, rouler à terre dans la boue – ça y est, je suis tout crotté pour mon plus grand plaisir ! – et je prends de l’avance, toute l’avance que je peux, fonçant sur le chemin blanc avant de bifurquer vers le sous-bois.

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MessageSujet: Re: « What glows behind Stratus » [Ivo&Nayan]   Jeu 9 Fév 2017 - 0:19

Les papillons s'envolent,

Parce que tu as cette qualité (ou alors, c'est un défaut) de naviguer dans le temps qui passe, celui qui n'est ni d'hier, ni de demain. Tu es dans ton corps, comme on dit, à vivre chacun de ses mouvements et marées. Remonter à la surface, dans ta tête, c'est une souffrance - comme de l'air dans des poumons gorgés d'eau. Alors tu t'agites, pense avec tes tripes, et la raison attend que tu la repêche au rivage de ta conscience.

Il pleut.
Il ne faut pas respirer.
L'eau dans tes poumons.

Tu as ralenti. C'est vrai ; si tu n'écoutais que tes jambes, tu les laisserais t'emmener là où la terre tourne vers le bas. Comme pour fuir quelque chose. C'est ça, une fuite perpétuelle, sans raison, sans explications - une grande course qui ne finit plus, qui chasse un soleil qui n'existe plus, avec la lune au-dessus de ta tête qui fait gonfler, à chaque quatre heures, de nouvelles vagues pour submerger tes berges cahoteuses.

Nayan a grimpé. Tu t'arrêtes, le regarde avec ton sourire de requin et tes orbes noires... Mais il ne se méfie plus autant de toi comme en pleine jungle. Vous avez construit quelque chose, d'un peu fragile, d'un peu penché, mais ça fonctionne (qu'importe ce que c'est). Ton félin bondit et s'échappe, sa queue moirée d'ocelles claires disparaissant dans les sous-bois. Ça t'agite l'instinct, ça.

Le prédateur, le vampire, le conquérant, le mauvais joueur.

Mais ce qui devrait être violent reste heureusement contenu en une sensation plus apaisée mais pas moins euphorique. En te lançant à sa poursuite, tu pousses un hurlement de loup - c'est ça Ivo : gère-toi. Tu lui laisses un peu d'avance, à peine... Tu veux qu'il te sente sur ses talons, dans l'ombre de ses jambes qui foulent sauvagement le sol boueux. Tu ne te fais pas silencieux, au contraire : Nayan doit sentir ta présence derrière, qui chasse et qui rattrape, parce que c'est plus amusant.

Vous jouer à des jeux qui dérapent trop facilement. Ton léopard commence-t-il à sentir, sous cette agitation joueuse, quelque chose de plus menaçant? Tu entends son coeur qui tambourine de plus en plus fort au rythme de ses efforts - n'y a-t-il pas toujours un peu de peur qui réside dans la course ? Même si c'est pour s'amuser... Même si c'est pour rire.

Toi, en tout cas, tu as la nature profonde un peu trop présente. Après quelques minutes seulement, tes crocs démangent, tes yeux brûlent - oui-oui-oui-OUI !

Pris d'une impulsion, tu grimpes sur un tronc tombé sur ses voisins, un perchoir immense et de biais qui te fait une excellente tribune pour que tu puisses rugir :

« ALORS, NAYAN ! OÙ SONT TES LIONNES, OÙ SONT TES LOUVES !? »

Un violent frisson te parcours, ah, voilà, on se calme... Tu prends conscience de l'agressivité rancunière qui vient de te couler de la bouche comme un venin acide. Tu inspires, bats des cils - la pluie grésille comme si elle voulait apaiser ton soudain élan de colère. Du calme.

Inquiet, tu scrutes la forêt d'une oreille attentive pour débusquer le fauve. Tu ne l'entends pas immédiatement et c'est suffisant pour qu'une angoisse énorme se mette à t'enfler les poumons comme une grande respiration d'air froid. Où il est, où il est, ... Puis tu le trouves, plus loin, qui s'éloigne toujours mais un peu moins rapidement. Il doit commencer à fatiguer. Tu veux qu'il s'arrête, complètement.

Mal dans ta peau pour tu ne sais trop quelle raison, tu quittes le tronc mort et le rattrape sans faire comme si : plus de jeu, plus de distance délibérément laissée entre vous. Tu le rejoins presque sans bruit, tes pas trop rapides ne soulevant que quelques feuilles échappées du gel sur ton passage. Puis c'est comme en Inde.

Tu freines sa course, plus brutalement que prévu, les branchages éclatent, l'horizon s'écroule.

Vous êtes tombés. Pas de bien haut, mais l'effet reste aussi étourdissant puisque vos corps se sont allongés dans une éclaircie. Une clairière où la neige tient encore par endroits, brune, beige, avec le ciel gris au-dessus et l'eau qui ruisselle dans des bras de neige fatiguée. Mais ce n'est pas elle que tu regardes. C'est le félin sous toi, ses oreilles qui s'agitent pour comprendre, ses muscles tendu (forcément) sous le contact restreignant que tu leur impose - là, juché sur lui, faisant de lui un drôle de martyre près à la crucifixion comme tu lui tiens les bras écartés de chaque côté du corps. Tu respires, le regarde, respires, regardes ; l'or te remet doucement les idées en place.

« Désolé. On arrête, d'accord ? On arrête... »

D'un accord tacite, tu le lâches et te laisse tomber à sa gauche, dos contre le sol froid et visage tourné vers le ciel qui pleure sur tes joues. Il fallait qu'il arrête de courir, c'est comme ça, c'était vital. Il fallait qu'on cesse de t'agiter un drap rouge comme à un taureau dans l'arène. Mais là, là... Ça va mieux. Tu fermes les paupières et plonge tes doigts dans la neige molle.

« Quand tu fuis comme ça, tu sais, même si c'est un jeu, je sais... Ça me donne envie de m'amuser autrement. »

Une voix calme, des tons plus chauds, des explications que tu as appris à donner avec le temps. Depuis qu'il y a Nayan, disons que tu as appris à vulgariser ? Ce n'est pas toujours clair, même pour toi, mais ça a le mérite de s'essayer à la sincérité.

Les yeux clos, tu attends les réactions de ton fauve comme si c'était important - c'est important. Peut-être va-t-il te démontrer une fois de plus cette indignation qui fait sa marque de commerce : il va bondir sur ses pieds en fouettant l'air, rageur, et te dire à quel point tu es un idiot, Ivo ! Et ce serait certainement vrai. Tu envisages même la possibilité d'une boule de neige en pleine gueule. Et ça te va. Ça te fait sourire. Ça... t'attendris ?

Peut-être.

Nayan est vraiment adorable. Mais ça... Il ne faut pas lui dire. Parce que c'est un point dans la gueule que tu vas te manger. Hahaha...
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MessageSujet: Re: « What glows behind Stratus » [Ivo&Nayan]   Jeu 9 Fév 2017 - 10:45

La vitesse n'est pas un problème ou une ennemie, au contraire, elle décuple simplement la moindre de mes aptitudes. Je décompose mes propres mouvements, talons au sol, recherche d'équilibre, lancé de la jambe gauche, prise au sol des orteils, impulsions des bras, fouetté de queue pour maintenir allure et précision. Je suis peut-être laid mais je suis taillé pour la dépense, pour la course, la chasse, mais dans cette forêt je ne suis pas le seul prédateur. Il y en a un qui se dessine derrière moi, grand, mince, et pour le moment c'est encore le jeu que nous avons décidé, mais je sais que ça ne durera pas. Je bondis dans un arbre pour décoller mon odeur du sol et tromper un peu son assurance, saute de branches en branches, défiant la gravité et mon poids qui pourrait me clouer au sol si mes tendons n'étaient pas si élastiques, si ma queue n'était pas un tel gouvernail, sur terre comme dans les airs. Mes griffes aussi, elles n'ont jamais été coupées depuis mon enfance et sont devenues des armes d'escalade terribles, jusqu'à attaquer la pierre de certaines falaises en Inde.
Je me stoppe, et je vois Ivo passer au loin. Mon coeur cogne violemment, mais cet afflux de sang me galvanise. Pupilles dilatées, je discerne le vampire brun au Nord et me tapis dans mon sapin, dissimulé en sandwich entre deux palmes vertes.
Il a disparu de mon champ de vision désormais mais sa voix me fait grincer des crocs lorsqu'il hurle, faisant s'envoler de petits oiseaux noirs que je crois qu'on appelle "merles" par ici.
« ALORS, NAYAN ! OÙ SONT TES LIONNES, OÙ SONT TES LOUVES !? »
Je sais que c'est de la provocation, qu'il ne sait pas toujours ce qu'il dit, que sa bouche est capable de déverser des torrents de purin, comme de murmurer des choses trop douces pour sa langue obscure. Je feule, il doit entendre ma colère, mon humiliation. Si les lionnes et les louves étaient là, elles lui feraient sûrement la chasse, elles aussi...Venant d'Ivo, je préfère ne pas m’appesantir. Il doit chercher à me dénicher, ne me trouvant plus dans son panorama. Cela n'aura pas duré longtemps mais je peux me vanter de lui avoir échappé rien que quelques minutes. Cette forêt recèle de bonnes cachettes, et la sève de pin masque excellemment bien mon fumet animal.
Je redescends souplement et me remets à courir pour le narguer, rejoignant sa trajectoire mais mon pas est moins entraînant et je commence à avoir un peu de sang dans la bouche. Combien de kilomètres parcourus depuis la voiture ? Je n'ai pas le temps de penser à autre chose ni de le voir arriver dans mon rétroviseur sensoriel qu'il me fauche et instinctivement je plante mes griffes dans son corps en roulant, roulant, roulant...
Il a arrêté notre galipette, ses mains immobilisant les miennes aux poignets, et malgré mon mouvement convulsif de me redresser et mes coups de queue dans ses reins il ne bouge pas. Bon sang ça ressemble beaucoup trop à d'autres choses qu'il m'a faites...Mes narines vibrent encore et s'ouvrent largement sous l'effort que je réprime en gardant la bouche fermée pour ne pas trop lui souffler mon haleine ferrugineuse. Je passe ma langue rapidement que ma bouche pour ravaler ma salive et agite la tête de droite à gauche, comme pour dire "non, non...NON !"
Sa tension me cloue au sol et je dois mobiliser toute ma concentration pour ne pas criser quand soudain je capte son regard, il capte le mien. Nous nous captons, et c'est intense pendant deux secondes, peut-être moins, mais ça me paraît des heures. Je me calme, je crois que lui aussi. Je cille lentement, bombe le torse, apaise les jets frénétiques de mon appendice félin et amollis les muscles de mes bras. « Désolé. On arrête, d'accord ? On arrête... »
Ivo...Tu as fait de tels progrès.

- D'accorrrd.

Il tombe à côté de moi et ferme les yeux. Sa poigne a laissé ma peau irritée et je me gratte pour chasser cette sensation de ne pas m'appartenir. Par habitude de devoir toujours maîtriser l'espace autour de moi je me mets assis d'un coup et constate que je n'ai aucune blessure. Pour une fois...Ivo parle presque tout bas et je l'écoute confesser que ce genre de sortie n'a pas l'effet escompté, enfin pas pour lui. "Autrement", ça veut dire "dans le sang", mon sang. Je baisse les yeux sur lui, son visage presque serein au teint pâle encadré de cheveux comme une tâche d'encre dans la neige persistante à cet endroit du bois.

- C'est un trrrès grrros efforrt. Pourr toi. On a joué, mais tu as su...su ? t'arrrêter.

Chacun de ces bonds en avant doit être récompensé, je l'ai promis. C'est notre deal.
J'ai beau être torse et pieds nus, je n'ai pas froid, pas après avoir galopé comme une bête enragée. Ma peau est brûlante quand je passe vaguement la main sur le front d'Ivo, et dégage ses cheveux dans ma traînée de paume. Voilà. Je ne sais pas comment faire plus. C'est beaucoup. Il le sait, il doit le comprendre, à force. Je ne suis pas en colère, parce qu'il a fait bien pire que ça, parce qu'il a failli me tuer une fois, et que depuis nous travaillons à contenir ses instincts fous. De la même main j'attrape une poignée de neige fraîche et l'enfourne dans ma bouche. Je crève de soif. Elle a le goût de l'herbe qui dégèle, de la terre, et de l'eau de source. L'averse s'est arrêtée, et les nuages menacent de découvrir un fragment de ciel moins terne. Je me suis levé et ai épousseté mon pantalon, avançant vers l'orée des arbres. Il faut rentrer non ? C'est un peu dangereux.

- On ne courrt pas pourrr rrrentrrrer, alorrs ?

C'est une invitation, et un sourire. A quoi ? A se promener ? Comme un gentil maître et son docile esclave ? Ce n'est pas ce que nous sommes, alors pourquoi jouer ce jeu ? Des jeux...il y en a mille avec Ivo.
Ma crinière blanche devient fantomatique quand je me glisse à nouveau en prenant une foulée plus tranquille à travers les troncs moussus.

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MessageSujet: Re: « What glows behind Stratus » [Ivo&Nayan]   Lun 20 Mar 2017 - 16:57

Nayan reconnait tes efforts. Ce n’est pas rien. Mais ce n’est pas grand-chose non plus, sur le moment, pour toi qui ne sait pas… quoi en faire. C’est comme apprendre à recevoir des cadeaux, ou quelque chose du genre – la joie ressemble à une émotion qui s’apprend, et si les autres l’oubli, toi tu t’en souviens chaque fois qu’il faudrait la manifester et qu’à sa place, un grand froid souffle sous ton plexus solaire.

Shhhhhh… Tu devrais sourire à tous ces hypocrites.

Tu es prêt à sourire. Le sourire que Nayan n’apprécie pas trop, celui qui te serre bien les crocs, qui fait un peu cruel, un peu sarcastique. Mais la main chaude de ton fauve vient effleurer ton front et tout redescend tranquillement sous ta bouche qui reste immobile, dans ta gorge qui se dénoue. Voilà, c’est mieux. Tes billes noires scrutent le sous-bois, puis le sourire de l’Hybride, et sa chevelure comme des filets glacés qui se mêlent aux doigts des branches.

« Non, on ne court pas. » que tu t’entends lui répondre, très calme, en te redressant. « On ne rentre pas non plus, pas tout de suite. Je voulais te montrer quelque chose. »

Alors tu guides ses pas, dans la mousse, dans la boue, dans l’odeur aigre de la sève des arbres. Toutes les forêts du monde ont quelque chose de mystérieux - elles camouflent et avalent, mais sans étouffer. Il faut dire qu’elles ont eu des millénaires pour s’y pratiquer. Tu devrais faire pareil, tu devrais, ah ! Il y a tant de choses que tu devrais faire, Ivo. Peut-être devrais-tu commencer par informer ton esclave de cette chose que tu souhaites lui montrer ? Tranquillement, la forêt s’ouvre : il y a un sentier.

« Je sais que tu préfères le bruit du vent dans les feuilles au bruit des voitures, et la pluie aussi, et les loups… » Avec l’ombre d’un sourire entendu, tu humes rapidement l’air humide. Il y a des montagnes qui se dressent au loin, peut-être pourrez-vous entendre quelques appels lorsque les nuages se seront dissipés ? Tout est si tranquille. « … et Oyajit aussi, il préfère. Rien n’est réglé, encore. Tu veux la voir ? »

Voir quoi ! AH ! Et là, tu souris vraiment, mais tu ne le montres pas à Nayan, et Nayan à d’autre chose à regarder que ta bouche qui s’allonge : devant, il y a une maison. Elle est un peu plus grande que celle en ville, mais rien de démesurer comme les demeures ostentatoires de tes semblables, si immenses qu’elles en deviennent angoissantes. Celle-ci se fond entre les arbres qui s’allongent très haut vers le ciel sombre, il y a du bois, de la pierre, de grandes baies vitrées – le jour, oh, le jour, ce doit être merveilleux. Mais la nuit, comme maintenant, comme ici, elles semblent vouloir laisser rentrer la forêt et ses secrets dans le salon et les chambres qu’on devine derrière elles.

Ivo, petit cachotier. Tu fais tourner une petite clef autour de ton index, la clef que le vendeur t’a laissé pour venir faire un tour et y réfléchir autour d’un verre chaud si l’envie t’en prend. À l’intérieur, ça sent le bois verni, les murs tièdes, l’antique – ce qui est vieux mais bien entretenu, voilà, c’est ce que l’antique sent. Tu retires tes bottes et tes pieds foulent le parquet sans bruit.

« Svaagat… »

Et sans plus, tu t’éclipses, laissant à ton fauve le plaisir d’explorer par lui-même. Au détour du couloir, tu ne fais que lui rappeler d’enlever ses fringues pour les faire sécher… chose que tu es déjà en train de faire toi-même. En tournant le coin du mur, ton dos scarifié est déjà libre de tout vêtement.

Il fait frais, dans la buanderie. La sécheuse ronronne, produit tranquillement un petit halo de chaleur que tes mains glacées, posées sur son ventre, peuvent ressentir. Tu fermes les yeux, fais ce que tu sais faire de mieux : t’ancrer ici et maintenant.
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MessageSujet: Re: « What glows behind Stratus » [Ivo&Nayan]   Jeu 23 Mar 2017 - 21:20

Ivo est un éclair, un tourment, il se ne pose jamais vraiment, du moins c'est le sentiment que j'ai en le regardant s'éloigner dans la direction opposée à celle engagée. A-t-il des racines ? A-t-il un passé ? Quelque chose qui l'ait fixé quelque part, auprès de quelqu'un, à un moment ou à un autre ? Je ne sens rien, mon instinct ne va pas jusqu'à deviner ce genre de choses. Et il ne parle jamais de lui, de tout ça, tout ce qui fait un homme, tout ce qui fait qu'on est quelqu'un, qu'il est quelqu'un. Qui es-tu Ivo ?
Mon pas est sûr, j'ai décidé il y a des mois maintenant de suivre cet homme, alors pourquoi me trahirait-il maintenant, jamais ? Il ne le fera pas. Intimement, je vibre dans ses pas, dans les traces qu'il ne laisse pas dans le sol en dégel, appendice félin déployé. Jusqu'à cet endroit.
Qu'est-ce que je suis sensé ressentir ? Est-ce que...c'est une sorte de surprise ? Un cadeau ? Vue sa tête, je crois qu'on peut dire ça. Je le regarde entrer, en retrait. Moi je n'ose pas. Est-ce qu'on va vivre ici désormais ? ou bien ce sera juste...pour dire ?
Mais il m'appelle par "ce petit nom" qui parle tout au fond de moi, qui parle à la forêt sauvage et la caresse pour la rendre docile. Un ronronnement interrogatif lui répond, mais bien vite il disparait dans la demeure et me laisse le soin d'établir mon propre avis, de "jauger" - j'ai appris ce mot en regardant la télévision. C'est moins civilisé que sa maison en pleine ville, et ça communique directement avec la nature. Le salon est grand, fait de baies vitrées qui laissent entrer la chaleur du soleil le jour, la beauté de la lune la nuit. Malgré le monde dans lequel je vis, je reste profondément attaché au soleil sous lequel je pouvais me dorer la pilule des heures dans la jungle. Je m'assois par terre dans un coin, près d'une vitre et cherche des repères. Je m'adapte beaucoup plus vite qu'avant, les grands changements qui ont régi ma vie ces derniers temps m'ont rendu plus...domestique ? Mais pas encore un chat d'appartement.
Le bruit régulier d'un appareil ménager me parvient et je le suis, il me conduit à Ivo. Là, dans la pénombre, je m'appuie au chambranle de porte et cille lentement en l'observant. S'il ne m'a pas vu, il m'a senti. Il est torse nu, et sa peau est sévèrement marquée. Il m'offre son dos comme seul tableau.

- Tu vas acheter cette maison ? Pour nous trois ?

Ça semble étrange formulé comme ça, mais c'est un peu ce qui se passe non ? Ou ses signaux sont faussés ? Il n'est sensé être...égoïste ?

- Oyajit a encorrre peurr de toi. Pas moi. Mais il y a des moments où...tu n'es pas . Et tu pourrrais fairre pirre que quand tu es .

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MessageSujet: Re: « What glows behind Stratus » [Ivo&Nayan]   Ven 14 Avr 2017 - 16:30

C'est la forêt qui te calme, ou alors c'est la bonne excuse pour laisser l'apaisement dans ta tête gagner ton corps. Il faut faire attention, avec le relâchement ; on ne sait pas ce qu'on est capable de faire, une fois l'excitation retombée et le champ libre pour une deuxième montée. L'air vibre tout autour, ça ronronne, chaleur... - mais tu devines Nayan dans le cadre de la porte, ses yeux qui coulent dans les cicatrices sur ton dos, son or qui les remplit pour qu'elles deviennent des filons précieux. Donnez-lui un piquet, s'il-vous-plaît, pour qu'il y creuse.

« Tu vas acheter cette maison ? Pour nous trois ? »

D'un coup, tu as envie de lui demander ce qu'il fait ici. Te souviens-tu toujours aussi bien de l'odeur de ta jungle, maintenant que tu n'as que les parfums de résine amer et de d'épines de pins que s'accrochent au musc de ta peau ? Il est ici parce que tu l'y a contraint. Alors tu pourrais lui donner le choix pour cette maison : mais déjà, tu sais que ce n'est pas sincère. Qu'on ne rachète pas une place sous le soleil avec une charpente en bois. Silence.

« Oyajit a encorrre peurr de toi. Pas moi. Mais il y a des moments où...tu n'es pas là. Et tu pourrrais fairre pirre que quand tu es là. »

Doucement, ta tête tourne : un coin de nuit dans l'œil observe le félin. Si sourd. Sourd à ta douleur : tu ne peux pas lui en vouloir (mais tu vas le faire quand même), c'est cette douleur qui noie tout et on ne peut pas réellement faire de bruit sous l'eau - il n'y a que les échos des ondes, à arriver au compte-goutte. Nayan, je n'ai pas la force de tout t'expliquer. Tu es trop jeune, et moi aussi. C'est très âgé, ce qui se cache dans mon coeur, c'est un Mal que je ne suis pas le premier à alimenter et qui s'en ira ronger d'autres muscles et d'autres esprits lorsqu'il m'aura ravagé tout l'intérieur. Tu ne saurais rien comprendre, même si je te donnais le nom de Louis. Qu'évoquerait-il en toi, sinon tout ce que je ne pourrai jamais te communiquer ? Ne me demande pas de te montrer.

« J'ai 33 ans. »

Ce n'est pas une justification, cette fois, vraiment, pas une excuse, juste une clef.

« Si tu préfères vivre ici, c'est ici qu'on vivra. Moi, j'en ai un peu marre du béton et des égouts. »

Et si je m'éloigne un temps de la ville, je pourrai y retourner par la suite et dire qu'elle m'a manqué : ainsi j'aurai l'impression d'avoir vécu. Tes mains quittent le ventre de la sécheuse et tu dépasses ton félin pour tâcher le salon de ta présence. Le trou béant du foyer est sinistre et froid. Il ressemble à quelque chose que tu connais. Quelque chose que tu as, quelque part entre la deuxième et la troisième côte. Alors tu fais un feu.

L'humidité fait crépiter le bois et il craque et il s'étire et tout de suite, voilà, tout de suite, on se sent mieux de ne pas être brûlé vif. Tu t'assois devant les flammes, au sol, lisse tes cheveux sur ton crâne trop étroit où tout s'entasse. Tu attends. On ne sait trop quoi. Nayan et sûrement autre chose, en fixant la danse du feu.

« Tu n’as jamais vécu en ville, avant les États-Unis. L’Inde t’a toujours protégée dans ses forêts, c’est là qu’Oyajit et toi êtes nés ? »

On va se parler, comme des civilisés. On va faire ça. Tu vas me parler Nayan, apaiser le flot continue de pensées de questions de vagues de mathématiques…
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MessageSujet: Re: « What glows behind Stratus » [Ivo&Nayan]   Ven 14 Avr 2017 - 19:25

Je reste en retrait. Ses maigres réponses ne me permettent pas d'établir un lien sécurisé. La bête sauvage dans cette pièce, c'est bien lui. Mais mon ronronnement instinctif de défense accompagne ses paroles. 33 ans, en âge humain je présume, parce qu'il est plus vieux que ça, non ? En fait je n'en sais rien, je ne sais rien de lui, et il ne dira jamais rien. Ça, c'est une certitude.

- Tu me laisses choisirrr maintenant ? Depuis quand ? Tu n'as plus d'inspirration ?

Le ton est un peu amer, refuge de multiples pensées, de multiples questions longtemps gardées sous silence. Pourquoi est-ce que tout deviendrait rose subitement ? Par caprice ? Parce qu'il veut se donner un genre qu'il n'a pas ? Être un homme qu'il n'est pas ? S'il est seulement un genre d'hommes... Je sais qu'il existe différent profil de maîtres, et Ivo n'est pas de ceux qui sont dociles, doux et bienveillants. Son odeur acide sous couvert de sucre cache quelque chose qu'en tant que prédateur je suis capable de percevoir chez les autres prédateurs. Nous communiquons ainsi, par les odeurs.

- Tu ne vas pas devenirrr un bon maîtrre parrrce que tu nous fais une faveurr. Tu n'es pas un bon maîtrre. Tu nous a prris à notre monde, et tu nous as contrraint chacun par...un prrocédé différent et adapté. Ne fais pas le gentil, Ivo Cersten.


J'ai plissé les yeux, parce qu'on m'a habitué à me méfier de la charité ou des opportunités. Chaque fois qu'on me parlait doucement, c'était pour me prendre par la peau du cou, et me jeter dans ma cellule toute noire, tout seule, tout au fond de tout.

- Nous sommes nés là-bas, dans un bloc de béton. C'est notrre fuite qui nous a permis de connaîtrre notre milieu naturrel. Mais si tu as lu mon...papier ? Tu sais que je n'étais pas destiné à ce genrre de vie. J'aurrais fini à la banque de sang, ou euthanasié. Et tu aurrais peut-êtrre goûté mon sang au restaurrant. Ç'aurrait été mieux.

Je ne sais pas ce qui me prend, tout sort, tout coule, flot de reproches, de craintes, de questions muettes sur l'avenir, mon avenir, notre avenir. Je quitte la pièce, quitte les lieux, grimpe dans un arbre après avoir sprinté sur un bon kilomètre qui ne mettra jamais la distance suffisante avec Ivo et sa maison de Pâques. Mais une fois au plus haut d'un arbre, je peux me recroqueviller et me croire un peu seul, et pleurer. Sans bruit. Pleurer sur ma peur, celle qui me tient le ventre. Et regretter une vie que je ne pourrais jamais avoir.

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MessageSujet: Re: « What glows behind Stratus » [Ivo&Nayan]   Mer 26 Avr 2017 - 22:50

C'est le Gange qui déborde, l'Indus qui s'allonge, avec de la bile. Ton fauve en a tellement marre qu'il ne trouve même plus l'énergie de te faire des reproches en hurlant - l'habitude. Il te parle, résignation. Il te parle, écoeuré (... écoeurant).

Ne fais pas le gentil, Ivo...

Tes yeux restent sur les flammes. Tu pourrais peut-être le jeter dans le feu ? Tu as la tête qui refroidit, froide, froide, Nayan, arrête. Mais il continue, et il continuerait même s'il savait ce à quoi tu penses. Avec sa langue qui roule et l'accent qui s'écorche sur ses crocs de léopard. Tu pourrais peut-être lui briser la nuque ? Un coup sec, et c'est finit. Tout finit. On oublie ce voyage en Inde, Atal, la cave, la cage, l'autoroute, ces derniers mois à avoir essayé d'être GENTIL ....

Et pendant que tu ressasses, ton fauve fuit pour se réfugier ailleurs. Peut-être que tu pourrais verrouiller la porte et le laisser filer très loin, très longtemps. Nayan le fugitif. Ivo l'imbécile. S'il y a une once d'empathie qui t'effleure le coeur (pour les craintes de l'hybride, pour son avenir qui disparaît), elle est engourdit par l'injuste sentiment d'une victoire. Ta victoire. Sur lui.

Lentement, tu t'allonges devant l'âtre doré et sourit. Oh oui, sa douleur te combles, d'une façon étrange, on ne va pas se mentir, n'est-ce pas ? Il est à toi. Il est à toi. Ses peines aussi, ses colères aussi.

IVO ! Tu te relèves, soudain en ébullition, actes un peu : oh Nayan oh je suis désolé désolé désolé... Tu te ronge les phalanges en faisant les cents pas, allez, il faut se croire plus que ça. Tu inspires, passes tes mains dans ton visage. Horrible Ivo, horrible, le monstre, ah ! Dans ton jeu d'acteur, tu recommences à te leurrer, très facilement. Enlève cet horrible rictus de ton visage, tu es heurté, Ivo, tu es ébranlé et coupable.

C O U P A B L E.

Oui je suis coupable, je suis coupable, je suis coupable. (le sourire grandit toujours, tes doigts glissent dans tes cheveux) Je suis coupable, je suis coupable d'être coupable, je suis coupable de ne pas l'être, coupable de tout, coupable de rien !

La porte claque.

Tu es sorti.

« NAYAN ! »

Tu écartes les bras, tournes sur toi même, implores la Pitié. Mais c'est plus fort que toi, tu oublis ton texte et oublis la scène et d'un seul grand coup ta gorge se fend d'un rire, mais d'un rire ! Alors, plutôt, tu rugis, comme un fleuve en crue, tu l'inondes, tu le noie :

« NAYAN ! »

Un sourire de hyène place tes incisives au premier rang. La lune éclaire, tes lèvres retroussées et la forêt derrière.

« Oh Nayan et si... On arrêtait de se mentirrrr. »

Toi aussi tu grondes, tu imites, ou alors c'est toi qui a toujours eu le droit (avant lui !) de faire le félin dans la nuit.

« J'arrêterai de JOUER LE GENTIL MAÎTRE, c'est d'accord, ET TOI, tu arrêteras de faire COMME SI tu avais encore quelque chose pour quoi te BATTRE. - il tourne il tourne Ivo, engouffre les étoiles - C'est FINIT, Nayan ! Tu as PERDU ! »
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MessageSujet: Re: « What glows behind Stratus » [Ivo&Nayan]   Jeu 27 Avr 2017 - 21:07

Mais la peur est une source qui se tarit vite. Elle n'a plus tellement de secret pour moi. Je me vide, me soulage de ce trop-plein de douleur, de rancœur et de frustration. Je vivais dans la jungle, Ivo a tout décimé, il a mis du sel et du désert, du sable et de la poussière dans mon âme, et je lui en veux. Je lui en veux d'avoir cru que je pourrais être une bête docile, sa bête docile, que je pourrais...que je pourrais quoi ? T'es trop plein d'utopie, gros chat... ça c'est la faute aux bouquins que j'ai pu lire, chez Ivo, à la bibliothèque, dans les kiosques. Parce que j'ai lu, je me suis instruit, pour avoir moins l'impression d'être un instinct dans un corps, mais aujourd'hui, aujourd'hui dans cette forêt de neige et de vert foncé, où j'aurais pu avoir une vie tranquille dans une maison en bois, c'est cet instinct, cette boule animale qui me fait relever la tête, doucement, tout bas, juste au-dessus de ma branche, sans sortir du feuillage, et je comprends. Tout. Tout à coup, insidieuse mélodie de la liberté, de la revanche, de la vie. Ivo est mort, il est la mort.

Il hurle.

Je me couche, fusionne avec la branche dont la palme couvre tout mon corps comme une seconde peau de verdure. C'est là. Tum tum. Mon rythme cardiaque ralentit. Tum...tum. Ma chaleur corporelle baisse. Baisse. Tum tum...tum.......tum... Je cligne lentement, avale l'humain, l'engloutis, le réduit au silence, au néant. Il faut qu'il se taise, il faut qu'il meurt. Moins je sentirais l'humain, plus je sentirais la bête, plus je ferais partie de la forêt, comme un animal sauvage, et moins il me reconnaîtra, moins il me...sentira. Je fais le pari risqué qu'il n'y parviendra pas. C'est une technique que j'ai utilisé très peu de fois, je fais jouer les 15%, et je fais basculer l'homme.  

"C'est FINI, Nayan ! Tu as PERDU !"

Pas encore... Pas tant qu'il y aura ce mince éclat de silence, de sauvagerie sauvage et furtive dans les yeux jaunes, pas tant que la queue ondulera patiemment sur le tronc, pas tant qu'il se couchera jusqu'à disparaître, attendre l'heure. L'heure à laquelle le vampire renoncera, et qui sait, s'il ne renonce pas, il pourra toujours attendre, créature muette, statue perchée, guettant le plus opportun moment pour retourner à l'état brut. Nayan n'est plus.

Le chat regarde le monstre agiter son corps disgracieux et ses cheveux noirs sur le sol.

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MessageSujet: Re: « What glows behind Stratus » [Ivo&Nayan]   Ven 5 Mai 2017 - 19:13

Tu cris son nom.
Tu le cherche.

Et plus tu cherches, plus ce nom sonne faux – il perd de son sens, perd de tout, contre tes crocs jetés en avant et qui ne peuvent rien mordre. Nayan. Nayan. Le sol boueux de la forêt devient un marécage, et le marécage des sables mouvants aussi sombres que le ciel au-dessus de ta tête. Tu vas et vient, de moins en moins vite, de moins en moins loin, saccadé. Nayan ? Nayan. Un vampire sans une nuque cannelle à laquelle s’abreuver, un Maître sans Esclave, Nayan, où es-tu, Nayan.

Je suis désolé.
Non je ne suis pas.
Désolé.
DE RIEN.

Tu ris un autre coup, avec un peu moins de conviction. « ALLEZ, SORS DE TA CACHETTE ! » Tu inspires, expires, inspires – Un Ivo qui respire, voilà, plus vite, qui tourne, encore, merde, merde, Nayan. NAYAN !? Je respire j’ai besoin de respirer de trouver mon air de trouver Nayan je vais me noyer m’étouffer m’asphyxier dans ces sables mouvants de merde je vais mourir mourir une deuxième fois mourir …

Et là, tu sens que tu vas être malade. Physiquement. C’est-à-dire, donc, quelque chose de complètement improbable, puisque tu vis la Nuit, et qu’il n’y a que les vivants qui dégueulent leurs microbes. Tant pis. Tes genoux s’enfoncent dans la terre et tes mains vont les rejoindre, à plat – c’est tout ton corps qui va se faire engloutir par les marécages. Mais ce n’est pas à ça que tu penses. C’est comme vomir, mais il n’y a rien, même pas de salive, même pas de bile, juste l’intérieur tout entier qui se revire et qui se déchire.

La bouche grande ouverte, la gorge qui se tord comme une boule de papier qu’on jette dans le feu et puis les boyaux – les boyaux ! – vides, mais VIDES ! Nayan est parti, Nayan a tout pris, il n’a rien laissé, rien que du vide, du vide à vomir, du vide à sortir. On ne se débarrasse pas du vide comme on se débarrasse de quelque chose. Tu ne sais plus trop ce que tu fais. Tu rampes, peut-être, tu es lamentable, comme un vers, là, à terre, dans la boue et dans l’eau de pluie. Plus humain que tu ne l’as jamais été mais toujours moins humain que Nayan.

Toujours moins
Que Nayan.

Et puis d’un seul coup, tu n’es plus là. Extirpé du sol, sauvé, parti – parti souffrir ailleurs, comme si ça pouvait faire une différence, dans un autre endroit qui te cacherais mieux des yeux de la forêt.

Tu ne rentreras pas chez toi. Ce sera un jour très long et très froid, dissimulé entre des pierres, peut-être. Un jour à tuer, encore une fois.

- T E R M I N É -

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