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/!\ FORUM RP 18+ Yaoi au contexte contemporain fantastique. Monde dominé par les vampires. Maîtres/Esclaves - Politique - Action seront au rendez-vous /!\
 

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Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]

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MessageSujet: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Sam 14 Jan 2017 - 23:33

- Papa ? Allô ?

- Tiens, tu ne demandes pas si tu me déranges ?

- Tu serais trop content de me dire que c’est le cas. Sérieusement, je ne peux pas te parler longtemps.

- Mon fils tout droit resurgi des profondeurs septentrionales du désert de Gobi après un exil auto-imposé, mon fils essaie de me faire part d’un message implicite ?


- J’ai besoin que tu viennes physiquement. J’ai besoin de mes papiers, de ma carte bancaire, ma carte d’identité, de mon badge de milicien…


- Tu as été viré.

- C’est faux, arrête.

- Monsieur Miresson n’a pas donné son verdict, mais il est possible que tes qualifications, si généreuses et spéciales, l’aient empêché de passer à l’acte.


- Je ne peux pas venir à Dornia.

- Tu ne veux pas, en réalité. Comment s’appelle-t-il cette fois ?

- Tu ne mérites pas d’entendre son nom.

- Quel chien de garde tu fais, je suis sûr que Zoar te jalouse.

- Papa, je ne t’appelle pas du bout du monde pour que nous nous insultions.

- Où te trouves-tu ?

- Pas loin de Bucarest, dans une auberge de campagne.

- Je suis à Paris pour un concerto, je serais là demain, 00h00.

- Merci...

- C’est du soulagement que j’entends là ? Tu craignais que je t’ai renié ?

- Je ne m’attends plus à rien de ta part.

- Tu restes mon fils, quoi que tu décides, quoi que tu fasses. Que tu aies voulu frôler la mort, blessé par des sentiments futiles envers un esclave me donne la nausée, mais…


- Je ne tiens pas à parler de ça. J’ai changé. Beaucoup de choses ont changé.

- Ta voix l’affirme, en effet. Est-il aussi grand et rugueux que je me l’imagine ? Tu as l’air si béat de lui c’est si savoureux.


- Il…

- Je veux le rencontrer.

- Non !

- Sokar, ce sera le prix de notre petit arrangement. Allons tu ne vas pas faire des secrets à ton vieux père ?

- Tu es une araignée…une maudite araignée.

- Tu tiens tellement de ta mère, mon bel enfant…

C’en était trop. Quelques secondes de conversation avaient suffi pour qu’il aborde le sujet de maman, et je n’avais pas du tout envie de parler de ça alors qu’il y avait six ans que je ne l’avais vu. Dans sa façon de répondre, il n’avait semblé ni surpris, ni blessé, ni même rancunier. Notre relation s’était dégradée avec les années, avec les siècles, aussi cela ne me gênait pas de l’appeler uniquement pour des raisons matérielles. Mon appartement vendu, mes biens lui étaient revenus le temps de mon absence indéterminée, comme ma moto par exemple. Seulement nous avions quitté le désert et l’errance avec Baas, laissant les fils de la Montagne derrière nous, et une certaine souffrance dans le creux de nos empreintes.

Plusieurs mois de marche et de chevauchée nous avaient conduits vers l’Ouest, et après la Russie, l’Ukraine et la Moldavie, nous avions trouvé refuge en Roumanie, en très ancienne Valachie. Hasard ou non, ce pays était celui d’où la légende de ma race était sortie, une sorte de lieu mythique, qui ne baignait plus du tout de cette aura de XIX ème siècle, car aujourd’hui les vampires le foulaient jusque dans les forêts profondes. C’était un passage inévitable pour la destination que nous avions prévue : La Grèce. L’idée d’un tour des merveilles du monde s’était imposée à nous au fil des nuits, comme un rêve que nous avions en commun, que nous touchions délicatement, comme des enfants manipuleraient les sphères de polystyrène de la classe censées représenter le système solaire. La Grèce était une vieille chimère, et la faire découvrir à Baas était devenue une lubie depuis les dernières semaines. La mer azurée, les rocs plantés sur les falaises, les ruines majestueuses d’une époque perdue, si loin que les hommes de ce passé n’auraient été que des dieux dont les portraits demeuraient dans les livres, les maquis brûlants, les fruits à cueillir sur le bord des chemins, les temples blancs usés par le soleil et la lune, et l’odeur des genêts dans la nuit. Je m’éveillais auprès de lui à des émotions fragiles, qui me faisaient encore peur, mais me portaient avec force. C’était lui qui me portait. J’avais changé oui. Même Zoar posait un regard différent sur moi lors de nos jeux, peut-être parce qu’il comprenait que nous ne chasserions plus l’homme à travers les continents et les océans, mais qu’au contraire, notre vie serait plus paisible, et son socle désormais plus fait de roches en tridents acérés, mais de prairies verdoyantes et de lacs bleu roi à perte de vue.

Je raccrochai le téléphone privé de l’aubergiste et le remerciai platement. Le thoab trop usé par la traversée hostile de la Russie, avait été troqué contre un pantalon militaire et une veste tout aussi militaire, de couleur bleue, avec une paire de bottes cavalières, et une ample écharpe de soie. Le retour à la civilisation s’était fait ainsi, bien qu’il ne soit pas d’une fraîcheur de mode évidente. Je n’avais pas d’argent, je m’endettais à vue d’œil auprès des hôtels ou des gites où nous séjournions, alors il n’était pas temps de penser aux vêtements. Baas quant à lui n’avait pas l’air de se soucier de son apparence de roc que rien ne peut affuter, pas même le regard stupéfait d’une foule assemblée dans la rue. Je souris à cette pensée. Il était insaisissable à sa manière, il n’était rien qu’à moi, moi seul pouvait natter et dénatter sa chevelure, moi seul pouvait caresser son torse endormi et humer le parfum intense de sa sueur après une longue journée, moi seul mangeait et buvait son corps. Zoar m’attendait au bas des escaliers qui menaient aux chambres. Le petit logis était une halte encore fréquentée par des routiers et des paysans locaux, typique, en bois et pierre, c’était un cocon agréable en bordure des champs et d’une forêt où vivaient des loups gris et des ours noirs.

- Je vous fais monter quelque chose à grignoter pour votre esclave ?

- Ce n’est pas mon…

L’aubergiste me sourit en secouant la tête, m’intimant que je n’avais pas besoin d’en dire davantage : ça lui était égal, d’une façon tout à fait polie. Il n'avait rien demandé non plus en voyant trois voyageurs pouilleux débarquer dans son établissement. Je le dévisageai froidement. Zoar jappa. Baas n’était pas mon esclave dans le désert, nous étions égaux, nous étions un et un. Mais dans le monde domestique, il était une possession, et moi un possesseur. J’étais un, lui n’était rien. Je n’aurais jamais cru que cette idée me glacerait la peau, et que les mots d’un simple commerçant me feraient pâlir. Il portait un plateau avec de la charcuterie, un poulet, du pain, du fromage et un pichet de vin. Il avait eu la délicatesse de ne pas présenter de pichet de sang, car pour lui il était évident que je profitais de mon « bien », au même titre que je m’asseyais sur une chaise ou que je saisissais la télécommande. Je dis vaguement « merci » dans un anglais entaché d’un accent arabisant, puis gravis les marches grinçantes afin de rejoindre mon compagnon de toujours. La viande serait aussi pour lui. Retrouver le goût des aliments cuisinés était une chose étrange également, après des mois, des années pour moi à chasser ce que je trouvais dans la nature, j’avais oublié le raffinement qu’il pouvait y avoir dans une blanquette salée aux petits légumes, ou dans un poisson aux câpres.

Notre chambre ne possédait qu’un seul  lit double, un mobilier ancien tout en bois comprenant une console de rangement, une armoire, et un petit espace derrière un paravent pour se laver avec une baignoire en cuivre et un miroir chancelant accroché au-dessus d’un vieux lavabo en pierre. Il était 20h. Je m’étais levé tôt pour téléphoner à mon père, et j’avais laissé un oiseau endormi, épuisé par tous les efforts d’adaptation que ce monde nécessitait chez lui. Ses ailes étaient un handicap nettement plus important ici, alors que dans le désert elles avaient été un atout à maintes reprises, quand elles devenaient obsolètes dans ce monde. Dehors, le soleil s’était couché depuis longtemps mais les vampires commençaient seulement à sortir. Je posai le plateau sur la console, découpant soigneusement de mon kris naga un demi poulet pour Zoar qui le mangea proprement sur le petit tapis devant la fenêtre. Je m’attardais sur lui pour le caresser, lui parler doucement, admirer son poil noir luisant, incroyable bête qui m’avait autrefois adopté quand je l’avais sauvé des siens, le jugeant trop faible et trop petit.

Soudain, un grondement frustré que je ne connais que trop bien monte d’une masse impressionnante de couvertures, et je dirige mon regard vers les grandes ailes qui s’étendent par-delà les mesures du lit. Le laisser dormir, profiter un peu après tout ce temps passé sur la route.  Me laisser un peu de répit avant de lui annoncer que…mon père est en chemin, et cela n’est dû qu’à la nécessité, car ce n’est absolument pas une bonne nouvelle, ni pour moi, ni pour lui. Mon père n'aurait jamais accepté d'envoyer mes affaires par la poste, c'était bien trop impersonnel, et pas assez dangereux pour lui. Inconsciemment je porte la main au bracelet de laiton sur mon poignet droit.

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Dernière édition par Sokar Âqen le Dim 23 Juil 2017 - 23:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Dim 15 Jan 2017 - 17:18

Le monde est laid.
Non, pas exactement : le monde est beau et ses habitants dominants, eux, sont laids. Tant qu'ils étaient dans le désert, au milieu des steppes ou de forêts de grands sapins, ces réflexions n'avaient pas lieu d'être. Baas était parfaitement heureux de découvrir de nouvelles latitudes, de nouveaux territoires au delà de son domaine dans le sillage de son compagnon. Il l'avait déjà été lorsqu'ils avaient habité en Chine mais après leur incursion sur les terres des oiseaux, chaque chose semblait plus importante.
Il avait changé. L'ombre -son ombre- également. Et ce qui se passait entre eux avait comme déployé ses ailes, avec encore beaucoup de fragilité. C'était comme le printemps succédant à l'hiver, les premiers bourgeons sur les arbres, les fleurs qui perçaient le givre. Et il n'avait fallu que trois crises, puis une rencontre avec Bastet suivie d'une autre avec toute sa famille pour y parvenir. Le vautour n'arrivait pas à savoir s'il devait en rire ou être effrayé par la difficulté qu'ils avaient à être “normaux”, quoi que ce terme puisse signifier. Il n’y avait de toute façon rien de banal en eux : deux hommes et un chacal, presque sauvages, taillés pour les étendues inhabitées et hostiles.
Mais ils avaient atteint des territoires de civilisation et le Gypaète avait dû s'adapter.

C'était difficile. Il était fils du désert et des montagnes, un mastodonte à l'envergure imposante, tant qu'elle en était presque fonctionnelle. Dans les grands espaces de Gobi ou de l’Altai, c'était un avantage certain : il avait la puissance nécessaire à sa survie, il était capable de grimper une falaise à mains nues, de se jeter à bas d'une montagne sans en mourir, il pouvait chasser -même si c'était une tâche qui revenait à Sokar désormais- ou intimider les créatures, hommes ou bêtes, qui voudraient le tuer.
En ville, c'était inutile. Il attirait l'attention sur lui en étant simplement là, tendait à déployer ses ailes par réflexe et dans d'autres personnes, il était trop grand et trop large et trop exotique pour de pauvres vampires citadins. Il sentait les regards glisser sur lui, puis sur l'égyptien qu'il accompagnait, il entendait les murmures dans des langues qu'il ne connaissait pas. Il aurait pu trouver ce genre d'attentions flatteuses si elles ne venaient pas de prédateurs imbéciles, trop gras de ne savoir chasser eux-même, ou d'esclaves menés en chaîne comme des moutons à l'abattoir.
La première semaine, il s'était agacé. Il avait fallu toute la diplomatie de Sokar -des feulements et des murmures au réveil- pour qu'il ne tente pas de chercher querelle à chaque homme mort qui voulait le racheter à son maître ou qui demandait où on pouvait trouver ce genre de bête. Les semaines suivantes, il avait simplement appris à ignorer. Il ne s'énervait plus visiblement même s'il fulminait, il préférait simplement lever le menton. Il était de toute façon assez grand pour ne voir que des sommets de crânes s'il le souhaitait.

Il faisait tout ça pour son compagnon. Parce qu'il méritait tous les efforts, tout l'épuisement. Parce qu'ils avaient un projet qui les faisait avancer, que lui voulait voir cette Grèce que l'autre voulait tant lui montrer, et toutes les autres merveilles qu'il connaissait. L'hybride ne savait pas à quoi s'attendre, mais il avait réellement envie de découvrir tout ce qu'il pourrait. Son rêve de jeunesse devenait accessible, avec son chasseur, et c'était mieux que ce dont il aurait pu rêver. Il avait l’impression de revivre après tant d’années passées en nomade solitaire. Il n’errait plus, il avait une destination, il n’était pas seul sur les routes, il n’affrontait rien qu’il ne puisse surmonter.
Le seul véritable problème qu'il comprenait était donc son manque d'adéquation avec leur nouvel environnement. Lui n'avait pas perçu les soucis de logistique rencontrés par le métis, jusqu'à ce qu'il lui en parle vaguement. L'homme à la natte ne pouvait rien faire d'autre que lui assurer qu'il aiderait comme il pourrait -mais ne sachant ni lire, ni écrire, ni être docile pour d'autres, sa participation était quoi qu'il arrive limitée. Sokar lui avait simplement répondu qu'il s'en occuperait, ce qui lui convenait. Il tâchait d’aider en étant simplement là, sans broncher, et en montrant à tous ceux qui voulaient bien le voir que le petit brun, là, regarde était capable de dompter des montagnes.
L’oiseau des rois, le trophée : s’ils voulaient le voir comme un bibelot, une preuve de prestige, il ferait du prédateur le plus en vue des hommes tant qu'ils se déplaçaient. Lorsque le jour se levait, il pouvait simplement de laisser aller à un sommeil rendu plus lourd par la fatigue.

L'auberge dans laquelle ils s’étaient arrêtés était une bénédiction, à son échelle. Le lit double était presque assez grand pour l'accueillir, la baignoire presque assez longue pour qu'il puisse étendre ses jambes, et l'aubergiste ne le regardait presque pas comme un morceau de viande. Il avait pu s'effondrer sur le matelas et s'endormir comme une masse, épuisé par une nouvelle journée passée à contenir ses habitudes de sauvage, son compagnon au chaud près de lui, bien trop de couvertures au dessus d’eux.

Lorsqu'il se réveille, il est seul dans le lit. Son bras s'étend pour vérifier que son vampire ne se trouve pas caché sous un autre coin de matelas mais il ne trouve que le vide, tiédi par sa propre chaleur. Grognement frustré. Les plans de Baas pour le début de nuit impliquaient l'immortel, encore plus de grondements et peut-être un bain après. Il se trouve coupé dans ses élans alors que son corps tout entier réclame un peu de promiscuité.

“ ‘kar ?”

Il entend Zoar, sa charge doit être à côté. Paresseusement, le grand oiseau ouvre un oeil, étire les muscles de ses ailes en les étalant plus encore sur le lit, puis en les repliant à demi. L'égyptien a l'air contrarié sous la lumière de la lune, son beau profil pâle est mis en valeur par la lueur blafarde mais quelque chose cloche. C'est subtil, mais il se tient trop droit. Qu'est ce qui l'ennuie ? Le vautour gronde encore pour le voir se tourner réellement vers lui, l'observer en silence comme il sait si bien le faire.

“Viens.”

Le barbu soulève un coin de couverture comme pour montrer la chaleur, le confort qu'elle cache. Il n'y a presque pas de piège, juste une promesse de tranquillité encore légèrement endormie. Un bâillement lui échappe, qu'il ne prend pas la peine de dissimuler. Le Gypaète se sent encore pâteux de sommeil, il voudrait que l'autre le soit aussi pour qu'ils se réveillent de concert mais l'immortel est déjà habillé comme s'il avait eu à faire. Des questions lui viennent à l’esprit, il les repousse par lassitude. Plus tard.

“Encore dix minutes, viens.”

Dix, ou vingt, ou une heure peut-être. Il sait aussi bien lire le temps qui passe que les écritures des hommes civilisés après tout, s'il parvient à attirer son vampire aux cheveux noirs dans ses filets il ne garantit pas que les dix minutes soient très respectées, ou qu'ils aient quelque chose à y redire.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Lun 16 Jan 2017 - 20:45

Il s'est réveillé. Évidemment, il sait toujours quand je quitte le lit, tout comme je sais quand il s'éloigne de moi pour se lever certains matins, sa chaleur n'étant plus qu'une empreinte merveilleuse et une odeur poignante dans son oreiller. Quelque chose me retient de ne pas me glisser si aisément dans ses bras, là où le moelleux de la couette s'est imprégné de son fumet de mâle viril, et du parfum de ses cheveux si longs. Zoar mange calmement dans son coin, à la lueur d'une petite lampe sur la console.

- Je t'ai monté à manger.

Dis-je comme pour pallier le trouble que mon père a laissé en moi, restant assis sur la chaise de bois, droit comme une colonne antique, non sans un regard légèrement perdu, inquiété par l'avenir proche.

- Il y a du pain, du vin, du fromage, du jambon et du saucisson et un poulet.

Énumérant les différents ingrédients de son petit-déjeuner, je comprends vite qu'il s'agit d'une sorte de déviation que je crée. Je me suis levé et doucement me dirige vers le lit ouvert sur le corps nu de l'oiseau. Botté et vêtu de l'uniforme serré à col bleu sombre troqué en Russie, j'entre auprès de lui, posant ma tête sur son torse bouillant encore d'un sommeil profond. De mes doigts tiédis par la manipulation du plat contenant le poulet, je caresse posément son torse, ses mamelons, les quelques poils qui y trônent fièrement. Je veux bien. Me plier à ces dix minutes dont il me parle. Est-ce que cela me permettra de lui annoncer la terrible nouvelle ? Après tout...je ne dois rien lui cacher, et la surprise ne serait certainement pas un cadeau acceptable.

- Baas...

Son prénom doucement appelé, comme pour tester son attention, prendre la température et en même temps, le dire en toute gratuité, parce que ce sont des sons que j'adore et qui sont si beaux à prononcer. Un petit gémissement de gêne toute intérieure et mes pieds bottés rencontrent les siens, nus, comme le reste de son corps. Le contraste aurait pu avoir quelque chose de sexuellement excitan si je n'étais pas si soucieux.
Je laisse ma tête aller sur son aile droite, trop léger pour l'écraser, pas assez lourd pour lui faire mal. De là où je suis, je peux observer son profil, ce nez d'une droiture majestueuse, et les broussailles de ses sourcils, le grain épais de sa peau, ses mèches rejetées en arrière sur son front de créature ancrée dans la terre.

- ...il n'y a pas réellement de moments opportuns pour parler de mon père mais...je l'ai eu au téléphone. Je l'ai appelé. Car financièrement je ne peux plus nous gérer. Nous n'avons quasiment rien, et sans argent nous n'irons nulle part. Je sais que ce n'est pas ton mode de vie, et que dans le désert et les grandes forêts, les grandes montagnes, on vit de peu et tout est un trop-plein rapidement, mais ici c'est différent.


Je marque un silence tiède, à mesure que ma peau se réchauffe à son contact. Il n'y a que les bruits de mastication de Zoar, et le ronronnement guttural de satisfaction qui monte de son ventre bien rempli.

- Le monde nous prend sans nous demander notre avis, je redeviens un milicien...un maître et toi...et bien ils te voient comme ma possession, mon esclave.


Le mot est acide entre mes dents, il pèse lourd sur ma langue noire, et c'est bien la première fois. Je bouge, m'appuyant sur un coude pour le regarder dans les yeux, car je crois que je vais couler si je ne m'imbibe pas de lui dans la seconde. Lorsque ses yeux se posent sur moi un frisson cavale de ma nuque à mes reins, prenant sa source derrière mes oreilles. Je me sens nu quand tu me regardes comme ça...

-C'est ma responsabilité de veiller à ce que tu ne manques de rien. Aussi il va venir prochainement pour m'apporter mes affaires. Il n'a pas souhaité les envoyer par la poste car en réalité...

C'est là que tout dérape et que ma bouche se tord en une grimace polaire, que seul mon père est capable de faire porter au visage.

- ...Il désire te rencontrer.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Mar 17 Jan 2017 - 10:27

Sokar discourt de choses sans importance et l'oiseau, lui, se laisse rouler sur le dos en attendant d'être rejoint. Les yeux clos, l'attention à peine en éveil, il se contente de rauquer des “hmm” neutres pour signaler qu'il écoute. Le repas, noté, le contenu de son assiette, compris également. Ce n'est certainement pas ça qui préoccupe son vampire mais il ne force personne. Baas est patient. Il finira par savoir ce qui perturbe tant l’autre, il n’a qu’à savourer l’état de plénitude qui accompagne son réveil en attendant.
Il sourit en sentant le matelas s'enfoncer légèrement, accueillant un nouvel occupant. Le coton de sa tenue sur la peau nue de l'hybride est étrangement impersonnel mais bientôt ce sont des doigts qui jouent sur son torse, qui lui arrachent de courts grognements de plaisir, qui le réveillent lentement. Baas, son nom qui chante entre les lèvres du métis, auquel il répond en ouvrant lentement les yeux. Le plafond n'a rien de passionnant, mais il n'a pas envie de se tourner sur le côté pour faire face à l'immortel : avec sa voilure, l'opération est presque fatigante et lui ne veut que lézarder dans son demi sommeil.
Malheureusement, les paroles de l'égyptien sont trop importantes pour qu'il puisse se contenter d'écouter vaguement ce qu'il lui dit. Les sourcils de l'oiseau se froncent, son aile gauche bat sèchement sur le matelas -seul signe tangible de son énervement. Il voulait voir les parents de Sokar, s'ils étaient toujours en vie, mais l'air sur son visage laisse entendre qu'il aurait mieux fait de s'abstenir de le souhaiter.
Le Gypaète ne dit rien pendant quelques temps. Il fixe sans ciller son prédateur domestique, admire la beauté de ses traits, et l'or qu'il a mis dans son regard, et le pli de ses lèvres qu'il n'a jamais vu aussi froid. Quelque chose ne va pas avec son père.

“Est-il si terrible ?”

Sa voix gronde doucement, pleine d’incompréhension. Lui aime sa famille, même son frère qu'il semble tant agacer, même son géniteur qu’il a certainement déçu, mais il n'a pas vécu cent et cent années avec eux. Il ne parvient à saisir la profondeur d'une relation -et une relation imposée- si ancienne alors qu’il essaie, qu’il fait de son mieux pour se mettre à la place de son compagnon.
Le dos de sa main droite vient lui effleurer la pommette, presque délicatement, pour le rassurer sur sa présence. Depuis qu’ils ne sont plus dans les montagnes, la peau fine sur ses articulations n’est plus si abîmée, la caresse est douce.

“Tu as affronté ma mère, et Djargal, et Kai et Ekho pour moi.”

Il est fier de cet exploit, de l’ombre qui l'a accompli, son sourire l'affirme.

“Je peux faire face à ta famille. Je n'ai pas peur de ton père, Sokar. Je peux te promettre d'être le plus docile des grands oiseaux si ça te rassure.”

La proposition est ponctuée d'un baiser sur le front du vampire, léger comme une plume.

“Ou de le repousser en étant violent si tu préfères.”

Le bout du nez, cette fois, qui se trouve sur le chemin de sa descente. La main qu'il a fait l'effort de lever part se perdre dans les cheveux noirs et doux pour défaire avec application la natte qui les retient. C'est devenu leur jeu commun, décoiffer l'autre pour le forcer à porter les cheveux lâchés.

“Je me fiche de ce qu'ils pensent ou disent. Ils sont petits. Qu'ils me croient ton esclave s'ils veulent, qu'ils pensent que tu m'as capturé comme trophée, il n'y a que toi qui compte.”

Un dernier baiser, tendre, sur les lèvres de Sokar. Il n'y a que lui dans son monde, et l'hybride ne veut que son bonheur. S'il doit affronter un vieux vampire fou pour ce faire, il n'a pas peur. N'est-il pas le vivant qui a apprivoisé un chasseur, une étoile sombre, celui qui a fait grimper un immortel sur la montagne aux oiseaux ? Le monde des bêtes nocturnes ne l'effraie pas.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Mar 17 Jan 2017 - 11:23

"Est-il si terrible ?".

Là est toute la question. Pour un regard de surplomb, il apparaîtra comme un homme remarquablement maître de lui, souriant, légèrement vicieux et bien huilé dans sa gestuelle trop ample pour le stricto-sensu de ses vêtements, mais en plongeant dans ses prunelles grises, il devient un monstre tapi dans son marais, à attendre comme le fourmilion que sa proie trop confiante ne tombe dans l'entonnoir de sa cruauté dont elle ne ressortira jamais. Je me blottis plus fort contre l'homme, le laissant me décoiffer, me toucher, m'embrasser comme si j'étais la dernière des choses fragiles, alors qu'il n'en est rien.

- Mon père n'a rien à voir avec ta mère, ou ton frère. Il est un dresseur réputé, il a participé à la guerre avec moi, et a tué bon nombre de...


Je me tais. J'ai tué moi aussi. Sans relâche et sans peine, sans éprouver la moindre chose, parfois même avec un plaisir sournois, une petite flamme dans les yeux et dans l'estomac. Je ne veux pas qu'il voie ce côté-là de moi...Je ne le veux pas !

- Peu importe le ton et la façon dont tu te comporteras avec lui, il n'a que faire des sentiments, il...il se contente d'avoir un pied-à-terre dans ma vie pour mieux me contrôler.


Je croyais en avoir fini avec tout ça, je croyais que mon exil aurait tassé la possessivité de mon père, mais je crains que non. Je m'agrippe au torse de Baas, éludant totalement sa preuve d'amour.

- Tu n'es pas influençable, et je ferais en sorte d'écourter la visite, le plus possible, mais ne le laisse pas te mettre à nu, il est doué pour ça, et il n'aura aucun scrupule à m'attaquer verbalement, tout comme toi.

Le poids sur ma poitrine me pique, me gratte, je voudrais m'en débarrasser tout de suite, mais je devrais attendre demain pour être libéré. Demeurant dans un silence gelé pendant quelques minutes, je finis par me redresser sur l'oiseau, le bracelet tintant doucement contre mon poignet.

- ...au moins, j'ai un bon moyen de le faire enrager avec ça...maintenant que je t'appartiens et que je porte ton bijou.


Cheveux défaits, et cela signifie que ma chute de reins est désormais masquée par un rideau noir parfaitement lisse, je le chevauche dans un baiser profond, rabattant mes jambes bottées le long de ses cuisses et pressant mes hanches contre les siennes parfaitement nues. Chassée momentanément par le désir, l'image de mon père s'efface au profit d'autres plus intimes. J'aide les mains de l'oiseau à venir sur mes fesses et pousse un long soupir une fois assis au-dessus de sa virilité sur laquelle je me frotte doucement, une main sur son ventre aux muscles tendus par la promesse du rapprochement que j'entame.

- Bonne chance pour défaire les boutons, cet uniforme est une vraie plaie pour les hommes pressés.

Dis-je d'une voix indolente en le voyant déjà se démener avec la rigueur des vêtements militaires russes, tandis que Zoar gratte à la porte pour quitter la pièce, sentant le vent tourner comme si souvent quand nous nous retrouvons dans une pièce de moins de 12m2, Baas et moi.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Mer 18 Jan 2017 - 20:11

Le portrait que Sokar dresse de son père est celui d'un serpent dans l'esprit de l'homme à la barbe, d’une chose froide et dangereuse qui crache son poison plutôt que d'user de ses poings. Il ne s'en effraie toujours pas, toutefois : par fierté ou par inconscience, il se pense capable de résister aux tentatives de le déstabiliser, d'user de lui comme d'une arme pour atteindre le métis. Il lui suffira de méditer avant la rencontre, se dit-il. Le vampire inconnu ne pourra rien lui dire qu'il ne se soit pas déjà imaginé, qu'il ne se soit déjà blâmé pour. Il lui faudra simplement surveiller son ombre, se tenir à ses côtés durant l'épreuve, et faire preuve de patience. Tout cela, Baas en est parfaitement capable -ou du moins s'en croit capable.
Il laisse l'autre prolonger le silence. Nul besoin de le troubler, il n'a rien à dire, à ajouter. Il peut se contenter de regarder, imperturbable, le temps passer en jouant distraitement avec une mèche de cheveux couleur d'encre. Il aime cette longueur : lorsqu'ils marchent seuls entre bois et rivières, il lui suffit de tendre la main et de tirer pour mettre son immortel à sa portée, pour le forcer à l'immobilité le temps qu'il se plaque dans son dos en murmurant ses plans immédiats. La longue natte dans laquelle il enferme la chevelure lisse de son compagnon est devenue son alliée au quotidien.

Il ne sort de ses pensées que lorsque le vampire bouge pour s'installer sur lui, allumer une étincelle dans son regard. Peut-être que ses plans matinaux ne seront pas mis à mal par la réapparition du père du prédateur dans son existence...

“Ils doivent avoir été créés pour agacer les parents.”

La remarque sur le bracelet le fait sourire. Bastet aussi l'a haïe, cette preuve d'appartenance, pour des raisons certainement différentes de celles du vampire. Soudainement, l'oiseau se demande à quel point être possédé par son esclave est mal vu. Si le père si mystérieux apprend que chaque parcelle de peau de son fils, chaque soupir humide, chaque gémissement qu'il lui arrache, il les considère comme siens, est ce qu'il risquerait de le tuer ? Probablement. Le ton de l'égyptien a déjà suggéré qu'il n'hésitera pas à l'attaquer, au moins verbalement.
Les repas de famille comme avec les parents de Cin n'auront probablement jamais lieu, si leur relation doit être vilifiée par chaque autorité parentale.

Mais ce n'est pas le moment pour des réflexions aussi abscones. Sokar est sur lui, une position dont il ne semble pas se lasser, et il l'entraîne dans un long baiser auquel le grand oiseau réplique, possessivement, en tirant sur la mèche qu'il ne quitte pas des mains. Court, trop court, son chasseur se redresse déjà alors qu'il aurait aimé prolonger le contact. Il découvre les dents en une imitation des feulements de l'autre, habitude qu'il a prise sans y songer mais qu'il n'applique que lors de leurs ébats.
Ses hanche se meuvent sous son cavalier en uniforme, paresseusement, pour accompagner ses ondulations. Les mains abîmées de l'homme ailé ne dirigent pas autant qu'elles accompagnent, ponctuant la danse lascive de l'ombre de crispations délicieuses, de caresses appuyées. Son érection du réveil, calmée par leur discussion, s'éveille de nouveau. Combien de temps avant qu'il ne ressente l'envie de lui ôter ses vêtements ?
Peut-être qu'il épargnera les bottes. Le contact du cuir le long de ses cuisses a quelque chose de profondément érotique qui lui envoie des décharges électriques le long de la colonne vertébrale.

“C'est dommage…”

Ses mains quittent les lunes de l'égyptien dans une tentative de remonter le haut d'uniforme, mais la coupe est trop près du corps pour qu'il parvienne à ses fins. Il gronde sa vexation, se redresse sur un coude. Il n'y a plus qu'une seule solution.

“J'aimais bien ces vêtements.”

Sans douceur ou minauderies, il saisit simplement les deux pans de la veste militaire pour les tirer, souriant comme un loup sans quitter du regard son ombre. Les boutons résistent vaillamment quelques instants, puis finissent par céder devant la force et la détermination du vautour trop peu patient pour être capable de déboutonner proprement un uniforme. Il le veut, et il le veut maintenant. Baas n'a pas envie d'attendre avant de pouvoir effleurer de la peau, avant d'avoir la possibilité de faire gémir son amant comme il le souhaite.
La veste s'ouvre sur le torse pâle de l'immortel qu'il vient embrasser avec passion, alors que ses mains chassent le vêtement des épaules sans trop de délicatesse. Il remonte, mord, marque des crocs, de la barbe, de son souffle brûlant la peau blanche jusqu'à arriver au cou qu'il effleure juste, à peine assez pour promettre plus, assez peu pour laisser Sokar sur le fil du rasoir.

“Est ce que tu tiens au pantalon ?”

Qu'il lui souffle près de l'oreille, presque entièrement redressé maintenant, les ailes repliées derrière lui. Comme pour accompagner sa menace implicite, il presse ses hanches contre celles de l'autre, qui ne peut pas tellement avoir de doute sur l'effet qu'il a sur son hybride.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Mer 18 Jan 2017 - 22:25

- Moi aussi, j'aimais bien cet ensemble.

Ce n'est pas dit d'un ton très convaincu, ni très convaincant. Le tissu cède non sans avoir lutter pour prouver sa vaillance face aux éléments déchaînés, et j'aurais presque du regret quand je pense que j'ai sacrifié une des deux besaces de cuir - qui nous ont accompagné jusque-là - pour obtenir ne serait-ce que le pantalon, et une chèvre entière pour le haut, la chemise et les bottes. Le paysan, ex militaire, n'avait pas été le genre d'homme dur à mener en affaires. Un peu comme Baas. Pas dur à motiver pour badiner. Je souris. Enfin je crois, ravi et plus encore d'être le centre de son attention, de lui faire un tel effet, et de sentir ses doigts dévaler mon corps de glace, comme un magma délicieux. Je courbe docilement les reins, bombant le torse contre ses baisers, soupirant juste du bout des lèvres, conservant une certaine retenue qui m'excite autant qu'elle galvanise les efforts de l'homme des montagnes. Débarrassé du haut et de sa suite, je saisis le visage rude et la barbe dans laquelle je fourrage des doigts impatients d'autres caresses, mordillant sa lèvre inférieure avant d'échanger un moment langoureux.

- Pas suffisamment pour t'empêcher de le détruire à son tour, et de détruire les mille et uns pantalons à venir. Seulement, il te faudra me trouver d'autres frusques, à moins que tu n'acceptes de me laisser me balader nu dans les rues ? A la merci des regards les plus pervers...


D'un petit coup, je retrousse les lèvres pour lui montrer mes crocs. Éternels jeux de séduction, d'intimidation, de provocation, qui nous poussent à nous unir, à laisser nos mains se heurter au plaisir de l'un et de l'autre. Zoar pousse un hurlement à la mort qui me fait fermer les yeux pour me concentrer une seconde, sans succès lorsqu'il poursuit sa série de plaintes animales.

- Sah...Wasuli... [Chuuut...J'arrive.]

Écartant les bras pas du tout d'accord de Baas, je m'extrais de lui et quitte le lit, foulant torse nu les restes de la veste d'officier pour venir ouvrir à mon compagnon de toujours. Je ne peux lui en vouloir, et nous échangeons un regard entendu sur le temps que cela devrait prendre, le temps de sa sortie donc. L'aubergiste est au courant. La porte fermée, je m'appuie contre celle-ci, inclinant la tête de manière à peine visible, les yeux rivés sur l'homme à l'érection couché sur le lit sommaire de cet établissement campagnard. Dehors la nuit est tombée entièrement, mais je ne me plierai à aucun autre projet que celui qui s'offre à moi pour le moment.

- Tu es sûr de ne pas vouloir manger avant ?

"Tu es sûr de ne pas vouloir prendre des forces ? Cela pourrait être...long, et endurant."
Nul besoin d'expliciter, les sous-entendus sont notre pain. Ses ailes disent "non", je dis "entendu". La lumière baisse immédiatement par le biais de ma force mentale et je me baisse pour défaire les lacets des bottes noires, puis le pantalon, la ceinture...La ceinture. A la façon dont il effleurait le cuir, je suppose qu'il doit aimer ça, ou bien va aimer ça. Je remets les bottes, lacet après lacet, fastidieuse épreuve, me découvrant une facette un peu théâtrale, de mise en scène, et le rejoins sur le lit, du moins au bord du lit. Palpable, la chaleur de son souffle qui m'embrase la gorge, palpable la tension sexuelle qui monte au créneau, palpable...son envie, et la mienne, tenues en laisse pour encore quoi...quelques secondes de préliminaires ? J'ose imposer un délai supplémentaire.

- Mets-toi assis.

Dis-je en mêlant l'ordre et la promesse d'une récompense. La ceinture pend autour de mon cou, et l'obscurité des ténèbres des plus noirs cachots gravite en sphères brillantes au fond de mes yeux.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Jeu 19 Jan 2017 - 20:07

Le vampire touche la corde sensible, avec ses fanfaronnades parfaitement étudiées. L'idée de voir son amant marcher nu dans les rues sous les regards d'autres hérisse Baas. Une étincelle de jalousie brille dans ses yeux, ses prises s'assurent, les plumes de ses ailes se gonflent. Hors de question de laisser l'égyptien à qui que ce soit d'autre que lui, même s'il ne s'agit que de regards : avec son apparence de jeune dieu, il n'aurait que quelques pas à faire avant que quelqu'un ne se sente de tenter sa chance, de tenter de le mettre entre ses draps.
L'homme sauvage gronde, mordant la chair tendre du cou qu'il effleurait à peine avant la provocation, pressant plus encore Sokar contre lui. Il lui appartient. Il est à lui, et à lui seul, jusqu'à ce que la mort les sépare. Les oiseaux ne sont pas des animaux très partageurs.
Il a dans l'idée de rouler sur lui-même pour bloquer l'immortel sous sa masse, lui faire comprendre qu'il n'ira nulle part et qu'il demande réparation pour cette attaque honteuse, mais Zoar l'interrompt de ses hurlements. L'homme natté tente bien de maintenir sa maîtrise sur l'ombre, mais il ne peut résister bien longtemps.

“Par tous les dieux, Zoar…”

Comme si le chacal allait se sentir désolé.
Baas s'effondre de nouveau sur le matelas, déployant sa voilure dans l'opération pour prendre toute la place dans le lit et fixer le plafond. Les interruptions sont une habitude, qu'elles soient le fait de gardiens à fourrure, d'attaques de vampires sur leur maison ou de conditions météorologiques imprévues, mais il n'arrive pas à se faire à l'idée de jeux qui ne soient pas d'un seul tenant. Il n’y arrivera peut-être jamais.

La porte s'ouvre, puis se ferme, et il daigne redescendre ses yeux sur l'immortel. Non, il ne tolèrera pas d'autre délai, il n'a pas faim non plus, il veut seulement arracher ce pantalon imbécile du corps sans défauts de son vampire.
Ou le laisser l'enlever lui-même. L'hybride ne dit rien, son regard parle pour lui. Il le laisse couler avec lenteur sur la moindre parcelle de peau, appréciant le jeu des muscles sous la peau, le dessin des dorsaux exposés lorsqu'il se penche pour relacer les bottes, la cascade de cheveux noirs comme un rideau de nuit incarnée. Faire preuve de patience est une torture, une entorse à toutes ses habitudes, un jeu qu'il ne joue que parce qu'à chaque fois, la récompense vaut la lutte intérieure.
“Mets-toi assis”, il hausse un sourcil, s'exécute toutefois avec une surprenante docilité. La ceinture l'intrigue mais ce n'est pas ce qui lui occupe l'esprit, entièrement tourné vers ces bottes indécemment portées. Du bout des doigts il en effleure le grain, remonte le long de la jambe, part se perdre sur une hanche pour dire qu'il est , qu'il attend, qu'il ne sera pas patient très longtemps.

“À quoi tu penses ?”

Il retient, il bride ses instincts, ses envies, ses muscles, son souffle qui accélère déjà, même ses questions. Sokar bouleverse tout, toujours. Il le prend à contre-pied à chaque fois qu’il pense le connaître, redistribue les cartes et lui se laisse aller à s'en amuser un peu plus à chaque surprise.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Ven 20 Jan 2017 - 21:46

Patient, non l'homme sauvage est tout sauf un homme civilisé qui passe de masques en masques pour tromper ses semblables, se vêtir de sérénité quand il tempête intérieurement, de douceur quand il est passionné, prendre le temps quand il veut brûler les étapes...Ma main droite emprisonne la sienne et stoppe sa course sur ma hanche pour la monter à mes lèvres, la baiser, la faire gravir ma clavicule gauche et me lover contre elle comme un serpent sur une pierre baignée de soleil. Ce petit numéro que j'entame n'a de sens que s'il s'y soumet, mais c'est là un problème que je ne me sens pas de résoudre, pas du tout, pas quand son pouls bat si fort à la base du pouce, quand sa pomme d'Adam monte et descend pour mieux déglutir la salive qu'il ne met pas dans nos baisers ou entre mes cuisses, pas quand il me dévisage comme s'il pouvait me briser en m'enlaçant...Prenant appui sur ses cuisses redoutablement musclées, je me hisse, agrippant son regard, et donne un baiser délicat sur sa bouche rude et chaude. Là, une manière de le faire redescendre en pression le temps de... A quoi est-ce que je pense ? Et bien...je crains de vouloir expérimenter à nouveau le fantasme du dominant attachant son amant, mais peut-être moins violemment que les fois où j'ai pu lui mettre le kris naga sous la gorge. A ces souvenirs cryptiques sur les rivages d'un feu de camp pas si lointain, je ne peux qu'avoir les yeux pétillants.

- Je pense à ton plaisir. Au mien. A nous...

Dis-je d'une voix basse et terriblement intime que je ne me connaissais absolument pas, mais qui trouve son effet chez l'oiseau, me laissant un bref laps de temps de surprise pour lui saisir les poignets doucement et nouer la ceinture autour de ceux-ci, les bloquant de ce fait dans son dos. Symboliquement bien sûr. Car si les boutons du veston gisent au sol, je ne doute pas que lorsqu'il décidera que la mascarade a assez duré - je l'entends d'ici - le cuir fatigué par les nuits de marche fera pâle figure entre ses phalanges de lutteur.
Penché sur son sexe palpitant d'une petite veine sous le gland, ma langue dessine une approche lente et savoureuse sur la longueur remarquable, finissant sur ses bijoux, l'espace d'un instant, avant que je ne le prenne de mon mieux en bouche. Le réflexe de rejet persistant - et je n'arrive pas à m'en débarrasser - et la taille de la virilité de Baas n'aidant pas, mes caresses buccales sont limitées, mais pas insatisfaisantes si j'en juge par le souffle plein de bourrasques saccadées de l'homme-oiseau. Voilà qui nourrit mon appétit. Je me mets à quatre pattes entre ses cuisses, lui au bord du lit, courbant l'échine pour rehausser mes reins et lui révéler la blancheur de mes fesses dans le soir. Et je le suce les paupières docilement closes, laissant parfois échapper un petit bruit de plaisir quand son sexe se contracte et que le sang afflue en lui...me plongeant dans une transe que je maîtrise désormais, et qui lui évite ainsi la castration et son lot de malheurs. Si je ferme les yeux c'est que ceux-ci ont changé, et que je ne tiens pas à me montrer sous mon jour de prédateur pour le moment. Je suis son amant, et je lui offre un moment que moi seul sois capable de lui donner.
Les lèvres humides et gonflées par la succion, je m'écarte légèrement pour laisser ma joue reposer contre sa cuisse bouillante, et lève un regard indolent, lisant dans ses traits suant comme dans un livre ouvert.

- Tu veux me baiser sur le sol ?

C'était provoquant. Peut-être s'attendait-il à autre chose, à quelque chose de plus suggestif, de plus ... romantique ? Mais la romance ne fait pas partie de nos habitudes charnelles. Et je n'ai pas besoin de préparation dans l'immédiat, en réalité je suis toujours prêt pour lui. Je soupire, exhalant toute la torpeur sexuelle que mon corps ait en réserve.

- Débrouille-toi sans tes mains.

Je poursuis sans ciller. Rien d'aussi innocent ne l'arrêtera. J'y compte bien.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Dim 22 Jan 2017 - 16:25

Une entrave ? Lorsque le cuir lui mord la peau des poignets, il ne sait comment réagir. Baas est homme à toucher, à saisir, à marquer sa possession en contraignant les corps à se rapprocher de lui : il aime tirer les cheveux, maîtriser les hanches, entourer de ses bras puissants les muscles de son immortel pour les sentir rouler contre lui, avoir la possibilité de le soulever s’il le souhaite.
Mais il est attaché. Mains dans le dos, grondement de colère dans la gorge, il est obligé de se laisser faire sans pouvoir répliquer. L’oiseau se sent vulnérable, soudain. Ce n’est pas qu’il a peur de Sokar -le vampire ne tentera rien de stupide, c’est évident- mais seulement qu’il ne sait pas comment réagir. Ou si l’idée lui plait. Il n’a pas tellement le temps de réfléchir heureusement : au premier contact de la langue de son amant sur sa virilité, il cesse de rauquer son inconfort pour simplement frémir de plaisir, le souffle coupé, les pensées brisées comme du verre.
Il ne sait plus ce qu’il voyait à redire à la situation. Ses ailes battent lentement au rythme des attentions du chasseur, dérangeant à peine l’air, compensant ses mains liées qu’il accroche aux draps comme si sa vie en dépendait. L’égyptien entre ses jambes est volcanique, indécent, avec sa cambrure soulignée par la lumière chiche de la nuit. Il n’est qu’ombres et lumières subtiles, courbes lunaires, promesses lointaines, bien trop lointaines. Le vautour veut sa main dans les cheveux noirs, une sensation de maîtrise, quelque chose auquel se rattacher et il fait craquer la ceinture lorsqu’un réflexe le pousse à tenter de passer ses mains devant lui.
Le bruit l’arrête.
Non, il peut tenir encore un peu. Il peut être docile pour jouer, juste cette fois, même s’il meurt d’envie d’agir. De tirer en arrière la tête de son immortel, de descendre au sol avec lui pour le prendre sans autre forme de procès, allongé sur le parquet, jusqu’à le faire crier assez fort pour affoler l’aubergiste.

- Tu veux me baiser sur le sol ?

Il n’y a qu’un râle qui lui répond, accompagné d’un regard voilé par l’envie, le plaisir, et une possessivité certaine. L’autre lit dans ses pensées, et il le sait. Sa question est rhétorique.

“ ‘kar...”

La seule syllabe qu’il arrive à faire échapper de sa gorge. Un grondement alourdi par le désir que l’ombre ne cesse d’attiser, avec ses oeillades incendiaires et ses soupirs langoureux. Et il ose le dire pyromane, alors que le Gypaète ne fait que répondre aux provocations ?
Un instant, il songe à passer ses mains devant lui avant de se laisser glisser du matelas, puis il se reprend. Sa fierté se range du côté de Sokar : il veut le voir attaché, luttant à moitié pour prendre son plaisir ? Très bien. Baas sourit férocement en se penchant en avant, pliant toute sa masse pour venir voler un baiser enflammé à son compagnon. Il prend possession de ses lèvres, de sa bouche comme s’il s’agissait de son unique point de repère, chevauchant sa langue, la mordant ensuite. Tout son corps s’avance lorsqu’il brise enfin l’échange pour essayer de se laisser descendre au sol, rejoindre l’autre.
Ce n’est pas si facile : il est grand, déséquilibré par sa voilure, et incapable de se tenir à quelque chose. Ses genoux heurtent brutalement le sol, l’envoyant trop en avant jusqu’à ce que la seule chose qui l'empêche de se retrouver simplement allongé au sol soit la présence du métis, sur lequel il s’effondre en riant. Ils sont ridicules, et il vient de s’écorcher les articulations

“Pas tout prévu ?”

Il claque un baiser sur le dos sauveteur avant de redresser toute sa personne, luttant pour retrouver son sérieux. Il est habitué aux imprévus de terrain, maintenant. Si l’un d’entre eux doit se cogner sur un éboulis, rouler trop brutalement ou tomber à cause des idées saugrenues de l’autre, c’est lui.

Pour retrouver sa contenance, il grogne doucement sur le vampire pour le pousser à se redresser tandis qu’il se glisse laborieusement dans son dos. L’hybride colle son torse contre son aîné, le repousse jusqu’à ce qu’il se trouve entre l’oiseau et le bord du lit, entre le matelas et les ailes à l’échiquier noir et blanc déployé à demi dans une tentative presque efficace de stabilisation.
L’homme à la natte s’est presque fait à la contrainte, maintenant que le plus ridicule a eu lieu. Il ne lutte plus qu’à peine contre la ceinture : tout juste craque-t-elle lorsqu’il lui prend l’envie d’embrasser son vampire et qu’il ne peut le contraindre à se tourner vers lui. Ronflement agacé. Il compense en s’attaquant à sa nuque, y imposant son souffle brûlant et ses coups de crocs alors que son corps se chauffe de nouveau. Il se fait dominant sans vraiment l’être, contraint qu’il est à se contenter de faire glisser son érection sur la croupe tendue de son amant sans pouvoir le prendre à sa guise. Ses coups de reins sont lents, calculés tout d’abord. Ses muscles se crispent et se détendent comme les vagues s’écrasant sur une plage, à un rythme qui s’accélère à mesure qu’il s’abandonne.
L’ombre va le rendre fou.
Il va complètement perdre pied juste là, à ne pas pouvoir obtenir ce qu’il souhaite, à devoir se contenter de morsures de plus en plus appuyées, de gémissements volés, d’une friction délicieuse mais qui n’est pas ce que lui veut.
Il veut marquer, il veut posséder, et cette stupide ceinture l’en empêche.
Un dernier coup de dents sur le trapèze de l’immortel, tellement profondément qu’il sent son sang sur sa langue. Un coup de hanche qu’il n’a plus rien de moelleux, de lent, de tendre. Tu es à moi et si tu ne viens pas, je le jouerais plus.

“Si tu me veux viens t’empaler, Sokar.”

Son nom comme une invitation, grondé tout bas alors qu’il s’éloigne, décolle son torse déjà couvert de sueur de la peau à peine plus fraîche du vampire pour admirer la vue. La survie de sa ceinture dépend de l’homme en bottes maintenant.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Lun 23 Jan 2017 - 17:24

Le craquement du cuir, les erreurs de parcours, la moiteur de la peau chaude de l'homme, son agacement perceptible derrière des baisers de plus en plus forts, de moins en moins doux et attentionnés, et le solide désir qui monte en moi et me conforte dans ma brève stabilité de dominant, jusqu'à ce qu'il me morde au sang et que sous la douleur fugace je ne rejette la nuque en arrière, n'ouvre les lèvres pour lâcher un indécent soupir. Je ne sais si c'est sa salive qui coule sur mon épaule, ou bien mon propre sang qui va se tarir dans les prochaines secondes, et que cette morsure ne sera plus qu'un souvenir rangé parmi la multiplicité de tous les autres, de tous les moments que j'enregistre minutieusement, ceux avant Baas, ceux avec Baas.

Le jeu n'en est plus un, j'en comprends l'infime limite, l'intime secousse qui en signe la fin, et toute l'animalité qui ressort du moindre contact opéré par l'oiseau. La masse de ses ailes étend une ombre imposante sur mon dos nu, dans le creux duquel cascade une ondée catabatique d'un noir profond...et je frissonne, tout entier, pour la première fois, comme si je me découvrais, éprouvant un indicible plaisir à subir cette aura possessive exhalant de l'hybride. Inspirant inutilement, j'ai le teint pâle, incapable de rosir, de rougir, d'attraper la moindre coloration de peau, et me retourne vers celui qui est devenu mon amant sans que je ne m'en rende compte. Les mains dans son dos, je détache la ceinture puis libère sa chevelure non sans cacher à la perfection le sourire que cela fait naître à mes commissures. Il est à genoux. Je me hisse sur lui et enlace son cou doucement, mon bas ventre frottant par petits coups électriques contre ses abdominaux pendant notre baiser. M'octroyant une main libre, je saisis sa hampe et la guide à tâtons vers mon propre corps impatient, jusqu'à ce que ce soit bon, jusqu'à ce que mathématiquement nous nous emboîtions, qu'il pénètre de tout son long ma chair à mesure que je me laisse asseoir en courbant l'échine pour endurer ce long envahissement qui ne se fait jamais sans une douleur qui m'étire. De nature silencieuse je me cramponne à la structure solide de ses épaules et prend lentement appui sur mes pointes de pied pour imprimer un mouvement de va et vient de haut en bas sans me fatiguer. Lorsque nos regards se croisent, je sais qu'il a vu mes crocs, il sait que nos ébats me révèlent toujours tel que je suis réellement, il sait que j'ai trivialement faim, et que je ne pourrais guère me retenir plus que lui l'a fait avec les poings liés.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Mar 24 Jan 2017 - 22:38

Comme un noyé qui retrouve la surface. Comme un assoiffé devant une oasis. Comme s'il retrouvait quelque chose d'important, de vital dès que ses mains sont libérées : il n'attend même pas que le métal de la boucle de ceinture touche le sol pour se saisir de Sokar, possessivement, brutalement. Ses bottes, ses cuisses, sa cambrure qu'il marque des ongles, le long de sa colonne lorsqu'il se laisse descendre, sa nuque avec le tatouage à peine en relief qu'il trace.
C'est bon.
C'est bon parce qu'il se sent entier, parce que lorsqu'ils sont seuls et qu'il est en son amant il a l'impression qu'ils ne font plus qu'un, simplement. Il n'a plus à réfléchir. Il peut se contenter de poser son souffle sur le rythme lent que l'immortel maîtrise, de fermer les yeux et de laisser glisser ses mains là où il le souhaite. La mâchoire, le cou, les tétons qu'il pince puis caresse, le ventre, l'érection de son compagnon sur laquelle il passe le pouce, puis qu'il saisit pour essayer de lui arracher une perte de contrôle.

Lorsque Baas rouvre les yeux, il le fait sur des crocs visibles et il s'en regorge. Donner faim de tant de manières différentes à l'ombre est flatteur, après tout. Il lui est devenu indispensable tant dans la chambre à coucher que lors des repas alors qu'il n'est qu'un hybride à demi sauvage, tellement plus jeune que l'égyptien.
Il ne va pas le laisser attendre. Il ne le fait jamais, à dire vrai. D'une main accrochée à la hanche du métis, il bloque ses mouvements, l'arrête alors qu'il retombait sur lui pour venir chercher ses lèvres.
Ce n'est pas un baiser. Ou alors c'en est un mais il se mue rapidement en autre chose lorsque l'oiseau passe la barrière de crocs pour joindre sa langue à celle de Sokar, pour partager le sang qu'il a fait jaillir en se coupant volontairement sur les canines tranchantes. Il maîtrise l'échange. Il domine, colle tout le corps de l'autre contre le sien, finissant la main dans les cheveux couleur de nuit pour éloigner de force l'autre de lui lorsqu'il doit respirer pour revenir ensuite s'imposer. Ils dansent sans douceur, lui mordille les lèvres, la langue, finit par s'ouvrir la lèvre inférieure sur un croc et ne fait qu'en profiter pour sourire, battre en retraite juste assez pour forcer Sokar à venir le chercher.

Gypaète et Milicien finissent à terre, dos pâle contre le parquet, ailes bicolores déployées comme un dais au dessus d'eux. La lumière de la chambre ne les touche plus. Ils sont dans leur cocon d'ombre et de chaleur, le grand oiseau perdu entre ses grondements de plaisir et la douleur légère et la délicieuse étroitesse de son amant, qu'il prend d'assaut maintenant que la position lui laisse le contrôle.

“Mords.”

Une autorisation autant qu'un ordre qu'il donne, avec de l'envie dans les yeux comme dans la voix. Le chasseur ne se satisfait certainement pas réellement de deux petites plaies, aussi passionné que soit l'échange de sang qui a suivi les blessures… Et Baas associe morsure et plaisir depuis des mois déjà. Il n'a rien, vraiment rien contre des canines lui perçant la peau.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Mer 25 Jan 2017 - 13:23

Mon corps supporte toutes les atteintes, depuis mes premiers pas dans l'armée égyptienne. Mais demeurent les siennes qui chaque fois tissent de solides liens de plaisir et d'appartenance le long de ma nuque, de mes reins, et quand il tire mes mamelons, et quand il fourrage ses immenses mains le long de mes hanches, les fait se serrer sur mes cuisses, quand il fait tout ça je ne suis qu'un minuscule nuage de vapeur et de poudre d'or qui se volatilise dans l'atmosphère. Mon âme est dissoute dans ses yeux, et je peine à me connecter au monde réel. Ce sont ses râles rauques, sa respiration découpée au couteau, son odeur virile de transpiration, ses baisers mordants et piquants de barbe, les pressions répétées de son ventre contre le mien, de ses mains contre mes fesses, les écartant pour se frayer un meilleur chemin, plus direct. J'ai commencé à gémir, gémir plus fort, plus distinctement...moins de retenue, envie de plénitude, de rester accroché à lui comme un coquillage sur son rocher...les embruns du sexe me fouettent...Quand tout s'arrête. Il m'immobilise et je réponds en feulant, n'appréciant pas du tout cette interruption. Le grondement de mécontentement est vite canalisé par l'afflux de son sang entre mes lèvres. Sa langue...moelleuse à souhait, aventureuse, généreuse...la mienne plus petite, plus reptilienne, se colle amoureusement contre sa sœur, d'abord par acceptation du jeu, puis par pur plaisir, enfin pour récolter le nectar qu'il m'offre. Je lui en veux, mais pas longtemps. Sa force nourrit la mienne, mais je ne me sens plus un parasite. Ces échanges sont réglés par un curieux processus, et la plupart du temps je "mange" pendant l'amour, l'achevant ainsi doublement, non sans une satisfaction coupable.

- T... hnnnn...

Il m'écarte pour mieux revenir à pleine bouche et je fonds, je jouis. Mon propre corps m'échappe quand il me renverse sur le dos, jambes ouvertes, cheveux étalés et défaits en une vague d'encre autour de mon visage aux yeux brillants. Ses ailes me surplombent et je savoure l'illusion que les battements de son coeur soient aussi les miens. La main au bracelet rejoint sa nuque, pour garder un peu de présence, et le faire pencher légèrement. Elle est si solide...je la masse en accusant ses coups de reins et déjà un nouvel orgasme se dessine. Me hissant à lui, je baise ses lèvres, leur rebond délicieux avant les poils denses, sa pomme d'Adam...chaque centimètre que je peux atteindre. Je mords à droite, la carotide, lapant tout en accompagnant ses hanches des miennes. Cela ne dure pas très longtemps avant que je ne sois rassasié, je ne veux pas qu'il perde trop de forces, je le veux ruisselant, le pouls battant, les yeux fiévreux à me regarder en caressant ma nuque sur le lit...je veux être sa chose adorée.

- Ga...gaman shinaide...kudasai ! Haan ...! [Ne te retiens pas...!]

J'ignore s'il peut me comprendre, mais nous avons ce langage au-delà des langues, et c'est tout ce qui importe. Je lève les hanches, plaçant mes mains de part et d'autre de ma tête à l'envers, soulevant mon corps fin et tendu à l'extrême, et prends le relai du mouvement. Nous n'avons pas été interrompus jusque-là par un personnage secondaire agaçant, ou par un problème technique, et je déguste ce miracle.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Jeu 26 Jan 2017 - 20:47

Là, comme ça. Étendu sous lui, les cheveux en désordre, le corps tendu par le plaisir, les restes de sa jouissance sur son ventre plat, les yeux brillants. C'est comme ça qu'il le veut, parce qu'il est sien. Qu’il aime à croire qu'il n'y a personne d'autre l'ayant vu ainsi, même s'il a certainement eu des amants avant lui, même s’il n’a aucune idée du genre de personnes qui ont pu séduire l’ombre -des hommes uniquement ? Des femmes également ?- et qu’à dire vrai, il doute que quiconque aie pu le cacher dans l'ombre d'ailes qui ne sont pas les siennes… Alors Baas sourit. Alors il vient perdre son visage au creux de son cou, il place ses mains sous les hanches de l'égyptien pour l'aider à tenir même si ses muscles à lui commencent à fatiguer. Les morsures l'usent, d'autant plus qu'il a refusé de prendre son repas en avance par caprice et qu'il reste fatigué par les nuits passées à affronter la société incompréhensible des choses mortes.
Mais il n'y pense pas. Il ne pense pas du tout, il se laisse porter par les sensations. La peau lisse parfaitement contre la sienne, juste un peu plus froide. Les cheveux noirs qui se mêlent à sa propre chevelure désordonnée. Les chairs de Sokar qui l’enserrent alors qu'il accélère ses assauts. Le cuir des bottes, le bois du parquet, la lumière de la Lune. Tout est à sa place.
Viens, semble dire l'immortel dans cette langue qu'il ne connaît pas, qu'il ne comprend que grâce à leur autre langage commun. Il n'y a pas besoin de livres ou de leçons pour comprendre un regard, une tension dans des muscles, une réciprocité dans les ondulations de l'ombre. Il débride, un à un, ses blocages. Détends des muscles, inspire, se perd en lui.
La vague monte, lente, longue, implacable et familière. La chaleur de tout son corps semble se concentrer, point brûlant dans son bas ventre, et tout devient de trop.

L'oiseau gronde, un roulement profond qui quitte sa gorge alors qu'il se lève, son vampire solidement agrippé à la cuisse et au creux des reins pour aller le plaquer contre la porte. Le bois craque sous le choc, les gonds encaissent difficilement. Un glapissement de crainte retentit de l'autre côté de la surface -le tenancier peut-être ? Ce n'est pas important- mais il l'ignore. L'hybride est trop occupé à perdre son souffle entre les clavicules de son amant, à le serrer plus fort encore autour de son membre en pressant ses mains sur la chair tendre de ses fesses jusqu'à ce qu'il finisse par jouir, en silence pour une fois.
Sa respiration semble l'avoir déserté. Tout est arythmique, depuis les battements désordonnés de son coeur jusqu'aux soubresauts de ses ailes enroulées en avant, comme pour les cacher encore. Le monde tourne alors il ferme les yeux et s'appuie un peu plus contre son compagnon, la seule présence dont il a encore une vague conscience.
Sokar, et ses bottes contre la peau du Gypaète.
Il a vraiment quelque chose pour ces chaussures, à bien y réfléchir…

“Baignoire ?”

La seule chose qu’il puisse formuler en l’état, toute sa force étant mobilisée par ses jambes, ses bras pour qu’il puisse maintenir son précieux fardeau jusqu’à ce qu’il décide que son perchoir ne lui convient plus.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Ven 27 Jan 2017 - 11:46

- Baignoire.

Le mot est purement phonétique, mimétique de la façon dont l'oiseau l'a lui-même prononcé.
Le souffle coupé par son élan brutal, mes jambes tremblent sous sa poigne, là contre le bois austère de la vieille porte. Mais je souris, sentant toute sa jouissance se répandre en moi tandis que je viens une seconde fois entre lui et moi. Prenant appui sur ses épaules, je l'extrais de mon corps et serre les cuisses...c'est inconfortable, l'après..., mais c'est aussi ça. Passant une main dans mes cheveux en bataille, je rouvre la porte de la chambre et siffle afin que Zoar puisse remonter s'il le souhaite, et entraîne Baas pour prendre un bon bain chaud. Profitant d'un brin de bonne humeur - sans doute dû au fait que je sois gavé de plaisir - je le masse dans l'eau chaude, faisant rouler ses muscles sous mes paumes, le laissant se restaurer dans la baignoire avec le plateau de nourriture en travers comme on nourrit un roi. Les choses dégénèrent à nouveau, et je ne sais plus trop ce qu'il se passe entre la fin du tsunami et le moment où je tombe dans le lit pour sombrer et m'endormir lourdement.

Préférant éviter à l'homme sauvage la confrontation avec mes semblables, je fais passer un mot à l'aubergiste avec la liste de ce qu'il me faut, et la façon dont il me détaille en peignoir signe clairement le fait qu'il sache parfaitement ce que nous avons fait dans la nuit. Il s'en amuse et acquiesce, me congratule et me dit que ce n'est pas la première fois que son auberge voit ses murs remuer. Je le dévisage platement, ne comprenant pas pourquoi il se sent obligé de me dire cela, et de me comparer à des expériences sans doute mille fois moins intéressantes.

C'est un gros paquet que le vampire monte à la chambre vers 3h, la ville n'est pas si loin en voiture, et comme je lui ai promis un pourboire, il s'est empressé d'envoyer quelqu'un. Je déballe le tout et trouve une chemise et un pantalon noirs solides, ainsi qu'une veste à col de fourrure tombant sur les hanches. Il y a deux sous-vêtements et deux paires de chaussettes montantes pour aller sous les bottes, ainsi qu'une écharpe. Voilà ma part. Je tends à Baas le reste : sa part à lui. Un manteau dans le même style que le mien mais en plus rustique avec des pièces de cuir et de grandes poches, conçu intelligemment pour les hybrides ailées avec des fermetures éclair dans la longueur pour glisser les voilures, puis refermer et les laisser dépasser. Il n'est pas parfaitement adapté à leur taille gigantesque, mais il vaut mieux que nous soyons discrets, et le voir déambuler torse nu avec ses fourrures n'est pas un gage de discrétion. Il y a deux pantalons, et une paire de bottes, des chaussettes et des sous-vêtements également, ainsi qu'un maillot façonné de la même manière que le manteau.

- Je t'emmène voir un mythe.

Dis-je en faisant tomber le peignoir au sol sans autre forme de procès. Tant que nous sommes ici, je veux en profiter pour visiter les Carpates, et monter voir un monument en désuétude, symbole d'un âge où les vampires ne vivaient que cachés et reclus, loin des hommes. J'enfile le boxer et commence par le pantalon. Bien coupé et affublé d'une ceinture, il me va parfaitement. Zoar assiste à l'essayage en rongeant un os de poulet, relief copieux du repas du soir.

- Ainsi mon père ne pourra pas dire que je ne prends pas soin de toi, et que vous vivons comme des sauvages. Il vaut mieux essayer de passer inaperçu.


Non pas que je ne sache pas me défendre, nous défendre, mais je préfère ne pas avoir à user des mes pouvoirs et de mes atouts. Tout dépend à propos de quoi cependant...Glissant les yeux sur la silhouette à peine vêtue de l'hybride en train d'essayer un caleçon, je tire mentalement vers le bas l'impertinent tissu afin d'admirer ses fesses. Ma langue claque contre mes crocs. Voilà qui est mieux. Ne suis-je donc jamais satisfait de dévorer son corps et son âme ?

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Lun 30 Jan 2017 - 20:23

“Tu ne sais pas passer inaperçu.”

C’est la vérité, le vampire ne sait pas se fondre dans la foule. Il a l’air trop aristocratique pour ça, trop dangereux aussi, suivi par Zoar où qu’il aille. Les regards seront toujours attirés sur lui L’hybride gronde, amusé par sa remarque, en inspectant le contenu du paquet.
Les vêtements sont peut-être coupés à sa taille et adaptés -autant qu'ils peuvent l'être- à sa voilure, ils restent peu pratiques à ses yeux. Il a l'habitude d'être torse nu, de bottes usées jusqu'au cuir, de ne porter que ses jeans tellement anciens qu'ils ne tiennent que par miracle et de patients raccommodages. Des tenues neuves, civilisées, ça le met presque mal à l'aise quand il y réfléchit mais même s'il n'aime pas se fondre dans la foule, il peut comprendre l'envie de Sokar de ne pas attirer tous les yeux. Comme pour tout, il se pliera à son envie, à ses commandements, et il commencera par enfiler des sous-vêtements s'il le doit.

“Tu veux m'emmener voir ton mythe ou tu veux que je te fasse crier encore ?”

Il se tourne vers le seul homme qui peut avoir exercé la pression sur son caleçon, un air moqueur sur les traits. S'ils jouent encore ils n'iront jamais visiter autre chose que cette chambre. Si Baas se laisse avoir le soleil se lèvera qu'ils n'auront fait que découvrir le parquet, le lit, la porte, les murs et ils n'ont rien de bien mythique. Alors il s'avance vers son vampire, il passe sa grande main sur sa nuque et ne laisse qu'une fine couche d'air entre eux mais il ne l'embrasse pas, il le regarde juste.

“Habille-toi, Sokar, ou je déchire préventivement ta chemise.”

C'est une menace qu'il mettra à exécution, pas de doute à avoir.
Le barbu se détourne pour enfiler le reste de la tenue en grognant entre ses dents. Le haut est serré, plus que ce dont il a l'habitude, le pantalon est plus rigide que ses toiles usées jusqu'à en être grises, la botte droite est trop étroite, mais il peut largement survivre ainsi vêtu. Et le manteau lui plaît : il est chaud, lourd sur ses épaules, il sent le cuir. Les ouvertures pour les ailes sont certainement trop petites mais il descend d'une lignée retournée à l'état sauvage, probablement expérimentale maintenant qu'il y réfléchit, en plus d’être le fils d'une Gypaète et d'un Pygargue : il n'est pas étonnant que ses mensurations dépassent tout ce que des immortels auraient autorisé s'il avait grandi en captivité, et que les vêtements trouvables en ville ne prennent pas en compte ce genre de détails.
Il lui suffira de mettre quelques points de couture dans le dos pendant la journée pour adapter la coupe,en attendant il se contente de ne pas pousser les fermetures éclair jusqu'en haut pour laisser son articulation libre. Il est prêt.

Même vêtu des pieds à la tête, le grand oiseau ressemble à un barbare. Le col en fourrure, le cuir, les bottes massives ne font que renforcer sa carrure impressionnante. La natte qu'il a soigneusement passée par dessus sa tenue et au bout de laquelle brillent les deux pierres du même vert que ses yeux, la barbe et les tempes courtes n'aident pas à lui donner un air plus présentable. Et il garde son air farouche d'homme sauvage, alors le nouveau vernis de civilisation qu'il endosse n'est que très superficiel quoi que suffisant pour qu'il puisse marcher en ville sans choquer de trop vieux hommes.
Roulant des muscles sous le tissu, il va se placer près de la porte pour attendre son immortel, presque immobile si ce n'est pour les pointes de sa voilure qu'il agite inconsciemment dans le seul but de s'occuper.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Mar 31 Jan 2017 - 11:43

- Nous ne passons pas inaperçu. Et tu me coûtes cher en vêtements tu sais.

Dis-je d'une voix roucoulante en le voyant s'approcher de moi, vêtu de pied en cape comme un baroudeur. Cet accoutrement lui va bien, même s'il se préfère torse et pieds nus - et moi aussi - et je fais de même avec tout mon attirail. Il ne fait pas un froid de tous les diables, c'est l'automne ici, ce qui nous donne une indication quant au temps que nous avons pu mettre à traverser l'Eurasie.

Une fois en dehors de l'auberge, nous longeons la route sommaire qui va à la ville la plus proche : Râșnov, à environ 30 km du lieu-dit où nous nous rendons. J'aurais pensé qu'avec le temps, effervescence touristique initiée par les humains il y a des siècles de cela aurait été à son apogée, mais déjà au bas de la montagne, les premiers signes me disaient le contraire. Nous quittons la route pour gagner un sentier circulant entre les prairies, chemin qui avait dû laisser passer des voitures il y a longtemps, jusqu'à un point relais abandonné qui dominait l'ascension que les courageux voyageurs venaient de faire. La nuit était douce, un peu humide, mais quelques étoiles montraient le bout de leur nez, non sans moins de splendeur que celles totalement sauvages et vierges de regard de l'Altaï, de Gobi et de Tavan Bogd. Zoar gambadait le long de la jambe de Baas, à l'affut des moindres odeurs, et il y en avait bon nombre. Les joues prises par la fraîcheur, je marchais devant, indiquant un chemin ancien que ma mémoire avait solidement ancré en elle. Mais une amère mélancolie me prenait à mesure que nous grimpions toujours, à présent entre des pins majestueux et noirs qui couvraient toute l'année le sol d'aiguilles atténuant le bruit comme s'il était un odieux trouble au silence permanent. Les vampires avaient donc délaissé leur patrimoine pour s'emparer des villes...oubliant leurs racines ?

- Ce n'était pas comme ça...avant.

Je ne m'arrêtai pas, traçant la route, suivant les arbres autrefois marqués de panneaux de bois pour les randonneurs. Je secouai la tête.

- Avant, il y avait une route de l'autre côté, mais elle a été détruite par un éboulement de terrain, et ce chemin reste le seul pour monter au château. Il y a 100 ans, ce n'était pas si abandonné...


Je comprenais peu à peu pourquoi j'étais resté si longtemps en Asie, à chercher des chimères. Mon monde n'avait plus rien de la magie que j'avais pu lui connaître, lui trouver. La seule magie résidait dans l'amour que je nourrissais pour l'homme marchant derrière moi. C'était tout. Tout ce que j'avais. Et un peu d'amertume et de dégoût pour la façon dont les miens considéraient leurs ancêtres.

Le sentier longeait un abîme vertigineux dans lequel la rivière avait creusé un lit étroit, sinueux au milieu des rocailles tranchantes de la falaise. Jadis, Jonathan Harker, enfant chéri de Bram, avait pris cette route, à ce que l'on disait. Les loups nous avaient sentis et se mirent à hurler dans le lointain. Je m'immobilisai, souriant à la face cachée de la lune, et Zoar s'assit, se mettant à japper pour répondre du mieux qu'il pouvait à ses frères européens. Je sentais Baas dans mon dos, sa chaleur, sa transpiration irradiant ma colonne vertébrale. Un pas et je saisis ses poignets, amenant ses mains sur mon ventre, glissant ma tête en arrière contre sa clavicule, doucement. Là, j'étais plus calme. La nature me façonnait, me rendait presque serein et tendre. La ville me tuerait. La ville et mon père. Nous sommes donc condamnés à demeurer dans les espaces sauvages et déserts, peut-être pour toujours ?...

- Je ne pensais pas retourner ici...Tu ne peux pas ressentir le magnétisme de cet endroit, mais moi, je le ressens. Lève la tête.


Doucement, ma voix caressa sa gorge et effleurant sa barbe d'un baiser, je l'invitai à monter son regard au-delà des cimes des grands chênes rouges sombres dans la nuit. De là où nous étions, les tours sans tuiles autrefois rubicondes et étincelantes nous accueillaient avec majesté. Le château de Bran dévoilait ses flans de pierre ravagés par le temps à nos yeux de fourmis.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Mer 1 Fév 2017 - 21:26

La forêt est différente ici. Elle est plus verte, elle sent moins la neige, la roche mais elle est plus riche. Le monde est pris dans des effluves de terre presque noire, de pluie. Il aime la différence, le grand homme, il l'ancre dans sa mémoire tout en avançant d'un bon pas, se fiant à tous ses sens pour s'immerger dans les paysages inconnus. Le seul repère, c'est le dos de Sokar devant lui, toujours deux pas plus loin.
Il y a cent ans. Il y a cent ans l'oiseau, son père, celui de son père n'existaient pas. Il y a cent ans les Gypaètes de sa lignée étaient moins imposants, et le monde était certainement très différent. Il ne sait toujours pas l'âge qu'à l'immortel mais parfois il arrive à comprendre leur différence d'âge. Baas se souvient que l'être à l'apparence de jeune homme devant lui a vécu bien plus qu'il ne l'imagine, et il comprend que le cadet, c'est lui. Étrange réalisation lorsqu'on les voit côte-à-côte : le plus jeune est celui au visage creusé de rides d'expression, à la barbe d'adulte assumé. Le plus vieux ressemblera pour toujours à un éphèbe métissé, magnifique. Même lorsque l'hybride aura l'âge d'être grand-père. Même lorsque ses cheveux blanchiront.
Il pourrait demander au chasseur s'il restera avec lui jusqu'à la fin. S'il supportera de s'occuper de l'ombre de ce qu'il est maintenant ou s'il fera mieux de se jeter du haut d'une falaise le jour où il se sentira plus faible. Il ne le fera pas. Quelque part, il ne s'attend pas à vivre bien vieux. L'homme ailé refuse de se projeter si loin dans le futur alors qu'il est douloureusement conscient de l'impermanence des choses.

Les loups hurlent, le sortant de ses pensées, puis Zoar se joint à leur choeur. Lui observe la falaise, vertigineuse et si proche d'eux. Le vide l'attire. Les remous d'air en bas semblent l'appeler, le défier de les affronter ailes déployées, de survivre à la chute comme il le fait dans les canyons du désert de Gobi depuis si longtemps. Heureusement, il n'a pas le temps de céder à la pulsion : les mains de son compagnon trouvent ses poignets pour le manoeuvrer. Il se laisse docilement faire, détournant ses yeux de la roche comme taillée au couteau pour enfouir son nez dans les cheveux noirs encore miraculeusement pris dans une natte, le vert gelé de son regard caché sous ses paupières. Étoiles et sapin. Il sent les choses sauvages d'ici. Paresseusement, les grandes mains chaudes se faufilent un passage à l'intérieur du manteau pour qu'il n'y ai que le tissu plus fin de la chemise sous ses doigts, entre sa peau et celle de l'égyptien. Il peut deviner ses muscles, le tracé de ses abdominaux, et il ne bouge pas d'un pouce.
“Lève la tête”, il le fait en rouvrant les yeux. Ses gènes de rapace sont utiles, il peut parfaitement voir le bâtiment malgré la nuit et la distance. Il lui apparaît triste, avec ses pierres sombres, ses toits chauves.

“C'est une grande maison…”

L'idée d'un château est étrangère au vautour. Il connaît les maisons à flanc de falaises à peine assez grandes pour loger une famille, avec leur voyage il sait également que des demeures plus grandes existent. Mais un château, la logistique que demande son entretien, son utilité… Voilà des choses qu'il ne saisit pas. Il n'empêche que si Sokar veut le lui montrer, c'est qu'il a quelque chose d'intéressant, ou qu'il lui importe tout spécialement. Il pose sa joue sur le sommet du crâne de son guide, songeur.

“C'est un endroit important. Pourquoi ?”

Il ne ressent rien à l'égard de cette ruine. Pas d'attirance, pas de fascination, juste de la curiosité en pointe légère, uniquement parce qu'il est accompagné dans son voyage.

“Qu'est ce que tu as fait ici, il y a cent ans ?”

Peut-être que la clé du mystère se trouve là. Ou peut-être que non, il n'est pas curieux au point d'arracher de force des informations. La patience d'une montagne, la tête dure comme celle d'un âne, il n'a aucun doute sur le fait que s'il n'arrive pas à savoir maintenant, ce sera seulement remis à plus tard. Il sait attendre, il l'a déjà prouvé.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Jeu 2 Fév 2017 - 11:00

Sa chaleur, au creux de mon ventre, là tout doucement, il se faufile en moi et je ferme un instant les yeux, rompant ma contemplation. Je le savoure, lui, cet homme qui me suit autant que je l’ai suivi, et c’est ce qui fait notre lien, la nécessité d’être au contact de l’autre, une bouffée d’oxygène dès que l’air se raréfie…Je soupire à peine, du bout des lèvres, expression digne de moi-même : discrète, juste tiède, perceptible par lui seul. Inutile de gaspiller de l’énergie quand il est si près, quand son nez respire dans mes cheveux. Je rouvre les yeux et le nuage masquant la lune décroissante tisse un voile de lumière nacrée sur les toits et les parois antiques du château. Une grande maison, oui. J’oublie que Baas n’a jamais rencontré ce type d’architecture, et que cela ne doit guère avoir de sens pour son esprit pragmatique et aiguisé à braver les pierres les moins polies et travaillées par la main du monde. On avait arrêté de bâtir des châteaux comme celui-ci il y a longtemps, aujourd’hui, c’était des tours, des villas qui peuplaient la terre, et poussaient comme des champignons. Au fond de moi je souhaitais qu’il comprenne ce que représentait cet endroit, mais je n’étais pas sûr de pouvoir lui expliquer convenablement, et puis cela n’avait pas sans doute pas d’importance pour sa vie d’humain. Je glisse mes doigts sous le manteau contre les siens et les caresse. Les loups cessent de fendre la nuit et Zoar semble triste et content à la fois. Peut-être rêve-t-il de retrouver une vie de meute ou du moins de groupe…quand je préfère la solitude.

- Ce château a été bâti au XIIIème siècle, une lointaine époque qui te parle autant qu’à moi je présume…Ce château est le jumeau d’un autre, construit à Bârgău. Le premier a été détruit par des paysans furieux d’y découvrir qu’un vampire y vivait. Ils ont tout brûlé, pierre par pierre, mais le vampire a pu prendre la fuite et se réfugier à Bran, ici. Ce vampire, est un ancêtre commun à un nombre considérable de mes semblables. Il était extrêmement puissant et ancien. Aujourd’hui, on dit qu’il a disparu, personne ne sait s’il est toujours vivant, et où il se terre. A son époque, les vampires demeuraient dans l’ombre des hommes…


Mes doigts griffus remontent sur ses poignets et je continue mon récit.

- …Il a été le premier à vivre presque au grand jour, et à prôner la révolte par le sang. C’est un précurseur du genre, tu vois…Des siècles plus tard nous l’avons suivi. Telle était sa demeure aujourd’hui abandonnée au triste sort des monuments d’âges perdus.


Je me tais. Je n’ai pas vécu ici, je n’ai jamais rencontré le Comte, et pourtant je me sens…chez moi. Est-ce que les autres vampires montés ici ont pu ressentir la même chose ? Je me retourne, me niche dans les bras puissants de l’homme-oiseau et écoute, comme si souvent, son cœur cogner régulièrement et fièrement contre ses côtes. Mes bras disparaissent autour de lui sous son solide manteau, et dans son dos j’effleure les bases de ses ailes. Cela ne doit éveiller en lui que de la méfiance et de la colère, de découvrir le repaire d'un de ceux qui ont asservi son espèce. Mais je ne me sens coupable de rien. Bizarrement, pas de ça.

- C’est bête, je ne sais pas pourquoi je te montre ça. Je dois être nostalgique, l’arrivée de mon père ne m’aide pas à avoir l’esprit tranquille.


Puis sa question me revient. Il y a cent ans…

- Veux-tu réellement savoir ce que je faisais ici il y a cent ans ?

Une mission parmi un milliard d'autres missions, et de chacune je garde un vif souvenir comme une marque de feu étincelante sur une porte entre-ouverte. Je me rappelle les fuyards du village en contrebas dont il ne reste plus rien car nous y avions mis le feu, je me rappelle des coups de feu, des cris, je me rappelle de Lohengrin qui a retenu mon bras armé cherchant à tuer cette femme, et mes yeux plissés de démence, le sang sur le pelage de Zoar…Mais ce que je croyais bon et loyal m’apparaît aujourd’hui cruel et froid. Il y a de la cendre dans ma bouche, celle de tous ces morts ce jour-là, qui ressurgissent de la terre noire autour de nous, et qui gémissent qu’ils veulent être vengés. Je fréquente trop les vivants décidément. Et je vois le revers de la médaille qui m’était cachée depuis tout ce temps. Le vent se lève, comme pour nous pousser à reprendre notre route. Non, ces morts-là ne me font plus peur, ils ne feront plus de mal.

- Nous arrivons en haut de la falaise. Je voulais…que tu puisses te défouler un peu, avant de rencontrer mon géniteur.


Doucement je me retire de lui et passe une main à ma tempe froide, comme pris d'un mal de tête. Je reprends la marche en tête et nous finissons par sortir de la forêt de pins, débouchant sur un à-pic dominant la cascade et la vallée où coule la rivière jusqu’à perte de vue au milieu d’un paysage sauvage et délaissé par les hommes et les vampires. Zoar jappe dans mes jambes et part en chasse de son côté, et moi j’ôte mon manteau et laisse le vent des hauteurs transpercer cette chemise blanche si fine. Au bord de l’abîme, je sens les courants monter et descendre, m'épouser, invitant le Gypaète à s’élancer, si tel est son souhait.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Sam 4 Fév 2017 - 10:07

“Tu montres parce que c'est important pour toi. C'est ta montagne.”

Sa montagne, oui, comme cet amas de roche caché au fond de l’Altai pour Baas. C'est un souvenir important pour le vampire, certainement, quelque chose qui a marqué son espèce. Bizarrement, l'hybride continue de ne rien ressentir pour le bâtiment. Il devrait, pourtant. Il pourrait être en colère, se sentir blessé de voir un repère de choses mortes, il pourrait se dégager de l'étreinte en rauquant son désaccord mais il ne bouge pas d'un pouce et il continue de détailler les murs au dessus d'eux. Les mains sur les premières plumes de sa voilure le font soupirer d'aise, il réplique en jouant avec le bout de la tresse de cheveux noirs.
Il tente d'imaginer qui était ce vampire. A quoi il ressemblait. Certainement pas à Sokar, plus à ceux qui ont attaqué le village dissimulé alors : des choses aux sclères noires, aux crocs immenses, des chasseurs ignorants de tout prêts à mettre des chaînes sur des hommes, des femmes ou des enfants sans faire de distinction. Le passé de Milicien de son compagnon ne lui est pas connu, après tout. Il peut encore faire la distinction entre son immortel et les autres, ceux qui pullulent en ville comme des insectes grouillants.
Il n'est pas comme les autres de toute façon. Il est à lui.
Le reste de la question est oublié. Oui, il veut savoir, mais si l'égyptien n'en parle pas immédiatement c'est qu'il ne veut pas réellement raconter. Ce n'est pas une information indispensable alors. Il saura s'en passer.

Le métis se détache, lui déploie un peu ses ailes pour le protéger du vent. Ca bruisse, dans son dos. Le noir-et-blanc en dentelles délicates chante, agité par les bourrasques. Il aimerait pouvoir se teindre avant de rencontrer le père de son compagnon. Il aimerait se présenter dans ses parures de roi mais il ne peut, il se contentera donc des ombres et lumières naturelles des vautours barbus.

Silencieusement, il suit son guide déjà reparti sur le chemin de montagne, réfléchissant dans le calme de son esprit à la grande maison et à sa signification. Peut-être que le vampire qui y vivait était un des ancêtres du sien. Si c'est le cas, il serait certainement déçu de voir un de ses descendants vivre dans des chambres d'auberges et des grottes à flanc de falaise, et non dans des bâtiments bien trop grands pour être utiles. Le grand oiseau souffle un rire qui se perd au loin, emporté par un coup de vent.
Ils arrivent en haut et l'appel du vide se fait plus pressant. Les courants d'air sont une mélodie, un ensemble d'impressions indescriptibles qui chantent dans son âme alors qu'il s'approche du bord. Il sent tout mais ne saurait pas dire comment, ou pourquoi, ou décrire. Il ne voit pas réellement mais les volutes compliquées des strates d'air se dessinent nettement pour lui. Il n'entend pas vraiment mais le sifflement du vent le transperce jusqu'aux os, lui soufflant le meilleur chemin pour se laisser tomber. Il est chez lui partout où sont des falaises, juste parce que son sang, son esprit sont liés aux à-pics tout comme son corps est lié aux grands vautours.

“Sokar ?”

Il s'éloigne du vide, regarde l'autre avec un drôle d'air. Il sait comment lui chasser les idées noires de l'esprit, mais il risque de ne pas apprécier l'idée.

“Laisse-moi t'aider.”

Voilà qui est vague, et il n'y aura pas d'autre explication. L'homme sauvage se débarrasse rapidement de ses couches de civilisation, depuis les chaussures jusqu'au manteau qu'il pose en petit tas ordonné près de celui de son compagnon. Puis il retourne vers le brun, vers le vent, et il le prend dans ses bras.

“Fais-moi confiance. Quand on arrive en bas, roule.”

“Quand on arrive en bas”. Il ne laisse pas le temps au vampire de réagir qu'il pousse déjà brutalement sur ses appuis pour les lancer tous deux dans le vide.
Il n'y a pas tellement de danger. Il est maîtrisé, connu, apprivoisé pour le Gypaète habitué à planer. Tout est facile. Il n'a qu'à se laisser tomber comme une masse en gardant contre lui, contre son coeur qui bat la chamade son immortel. Il n'a qu'à fermer les yeux et savourer les quelques secondes flottantes avant de traverser une colonne d'air plus chaud qui remonte, dans laquelle il va se redresser pour étaler toute son envergure. Ils vont brutalement décélérer, les muscles de son dos vont tant être sollicités qu'ils vont en devenir intensément douloureux, mais ils vont finir par toucher le sol et survivre au saut.
Il le sait.
Il peut apprendre à d'autres à voler comme lui, maintenant.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Mar 7 Fév 2017 - 11:09

Il y a longtemps que j'attendais ma chute. Elle est parfaite. Je suis Imen achâ renou, "Amon aux noms multiples", époux chéri de Mout dont les ailes de vautour m'enlacent et m'emportent tant au Royaume des Morts que dans les nues ensoleillées. Les ailes de Baas... J'envisage toute leur force, toute l'ampleur de leur conception à travers laquelle rien n'est laissé au hasard, rien ne laisse le doute possible sur l'issue de la chute. Je n'ai pas peur, je suis avec lui, que peut-il m'arriver ? Quelques mois plus tôt j'aurais songé qu'il cherchait à me tuer, mais j'aurais évidemment survécu à la mort imposée, et je l'aurais sauvé, avec mon sang. Agrippé à son dos, les mains sous ses ailes pour ne pas le gêner, je finis par rouvrir les yeux et boire toute l'entièreté de ma surprise à grandes gorgées de vent sauvage. A l'envers, la vallée s'étend, distordue, et je déploie mes dents sous mes gencives foncées, pour rire, rire encore, et ma joie, mon hystérie et mon bonheur surpassent en puissance les gifles du vent. Je sais que Baas est heureux, c'est tout ce que je peux désirer. Je n'ai que quelques secondes pas plus pour envisager l'atterrissage qui survient, brutal, mais serré contre lui je roule et il a replié ses ailes pour rouler aussi et nous roulons. Ma chemise s'arrache, et bientôt je suis dépenaillé, plaqué sur lui qui a fini de jouer les rochers de Sisyphe. Doucement je relève la tête. Mon corps frémit encore de ce concentré d'extase et je comprends son besoin de s'élancer dans le vide, de braver l'attraction terrestre, de se sentir surhumain.
Nous sommes juste au bord d'un autre à-pic. Le bras droit de l'homme pend dans le vide, ma jambe également. Indubitablement j'ai les cheveux défaits et lui aussi, mais il y a du rouge sur ses pommettes au-delà de la barbe, le rouge de l'effort, et ses muscles résonnent encore de toute la tension déployée pour nous éviter pire. Mes mains viennent caresser son front, ses joues, je passe un pouce sur sa bouche séchée par le vent froid et souris. Il est mon dieu. Mon dieu pour toujours.

Le chant des arbres et de la rivière cascadant nous accompagne dans notre remontée à mains nues. J'ai noué habilement les restes de ma chemise afin qu'elle supporte le retour, mais décidément, les oripeaux ont la vie dure au côté de cet homme !
Avant de grimper je me suis assuré qu'il n'ait rien de cassé, capable de l'analyser sans que son orgueil viril n'interfère là-dedans. Je profite de cette nouvelle décharge de pure adrénaline, plantant mes doigts dans les encoches de pierre pour prendre des appuis, légèrement au-dessus de l'oiseau qui porte son propre poids plus celui de son hybridité. En haut, Zoar jappe. Nous arrivons enfin et il nous accueille d'une manière à la fois joviale et furieuse. Joviale et rassurée pour moi, furieuse et agressive pour Baas dont il mord la jambe, pensant sans doute qu'il a essayé de passer son maître par-dessus bord. Je les rejoins tous les deux et les sépare, apportant son lot d'amour et de mots calmes en arabe au chacal, de regards fiévreux en coin au Gypaète barbu. Je remets mon manteau, si tant est qu'il serve à quelque chose, et me glisse dans l'ombre d'un arbre jusqu'à disparaître de dos, ombre parmi les ombres. Ce petit jeu de vol et d'escalade a réveillé ma nature avide...encore un millier, un milliard de choses à assouvir... Un coup d'oeil au château sur les dernières hauteurs de la montagne et je rêve silencieusement qu'il m'allonge sur le granit glacé de la crypte, et que ses râles brutaux frustrent les murs millénaires, que notre jouissance soit le premier spectacle depuis longtemps de cette ruine...

Ma nuque appuie contre le tronc, lascivement. Il est temps de rentrer.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Lun 13 Fév 2017 - 18:45

C'est la première fois qu'il vole avec un adulte dans les bras et pour un premier essai, Il est ravi de l'effet. Bien sûr que ses muscles le lancent. Bien sûr qu'il sent ses articulations douloureuses, les petites plaies qu'il s'est fait en arrivant sur le sol inégal, et chaque plume froissée aussi, mais Baas est heureux. Il sourit, fier, lorsqu'il rouvre les yeux sur son vampire ravi, lorsqu'il escalade la falaise en forçant tant qu'il le peut sur ses bras, même lorsque le chacal gardien le prend à partie. Il rit même lorsqu'il se fait mordre. La réaction de Zoar est compréhensible, il a tout de même passé sa charge par dessus le bord de l’à-pic sans sommation aucune.
Mais les paroles en arabe de son maître calment l'animal alors que ses oeillades incendiaires éveillent d'autres appétits chez l’hybride. Il ajoute silencieusement les chutes libres dans la liste des choses qu'il sait exciter son compagnon, après la proximité de sa propre mère et les feux de bois et les grottes et…
La liste devient longue.

Il le voit partir. La politesse veut toutefois qu’il s’excuse formellement devant le canidé, ce qu’il fait avant de se mettre en marche à la suite de l’immortel.
Sokar est contre un arbre quand il le retrouve. Il s'appuie, offert, langoureux contre l'écorce, des braises brûlantes dans la manière qu'il a de tenir sa tête, de cambrer juste assez son dos pour inviter, suggérer sans mot dire, pour faire gronder tout bas le grand oiseau qui en oublie sa fatigue. Il le plaque contre le tronc. Il lui lève les bras au dessus de la tête, lui immobilise les hanches avec les siennes, l'enveloppe d'un regard fiévreux. Les ombres du sous-bois ne laissent que deviner les choses, elles cachent courbes et sourires dans la lumière chiche, verte, qui seule passe les frondaisons. Elles ne peuvent dissimuler la chaleur des corps qui se rencontrent, les mains usées qui marquent la peau blanche de poignets, les murmures rauqués dans l’oreille du plus âgé.

“Tu as une envie.”

Une affirmation. Il sent l’immortel onduler sous lui, son entrejambe qui cherche le contact de la sienne, le son qui lui monte de la gorge, qui précède bien plus intéressant, mais il le force à le regarder dans les yeux en lui maintenant le menton entre ses doigts rugueux, encore frais de l'escalade, juste un peu blessés.

“Parle-moi ?”


Il fait froid dans la crypte. Il fait froid et sombre mais ça n'importe pas tant au Gypaète. Il a des choses plus intéressantes à remarquer, comme l'impatience qui transpire dans les pas de son amant, comme sa tresse à moitié défaite là devant lui, qui le provoque. Il détache ses yeux de rapace de la chute de reins de son égyptien pour évaluer les possibilités des lieux. Des murs. Un sol de pierre. Rien de plus, ou de moins, mais il n'y a pas de risque d'éboulement. Le long escalier qu'ils ont descendu pour arriver ici était également en presque parfait état, contrairement au reste de la grande maison… Ils seront à l'abri, ici. Vu l'heure ils devront dormir dans la crypte mais la pensée n’effleure pas Baas.
Lui, il ne voit que les cheveux froissés devant lui qui le provoquent, juste par leur présence. Ils sont à portée de main, alors il tend son bras pour se saisir d'une mèche, l'utiliser pour forcer le métis à immobiliser ses pas pour que le vivant puisse se couler dans son dos.

“Dangereux.”

Il enroule le vague reste de natte autour de ses doigts pour affermir son contrôle, tirer sur les cheveux pour faire réagir. Ca aussi, ça fait partie de la liste.
Sa main libre glisse, impudente, sous le manteau de Sokar, sur sa ceinture, sur l'avant de son pantalon pour le pousser à se plaquer contre lui, plus, toujours plus.

“Le sol ou les murs ?”

Qu'il fait sur un ton parfaitement mondain en forçant la gorge de l’immortel à se dévoiler pour lui. Pour qu'il puisse glisser son visage au creux de son cou et l'embrasser, impatient, sur la peau douce et pâle qu'il découvre toujours comme si c’était la première fois.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Mar 14 Fév 2017 - 12:14

La crypte est fraîche, mais lui comme moi sommes si échauffés de désir que nos soufflent embuent l'air et mes lèvres laissent échapper des soupirs comme des bulles de plaisir. Une envie oui, je le veux lui, son corps contre le mien, sa chair imbriquée dans la mienne, c'est ce que nous faisons de mieux, nous aimer.

- B...aasuu...

L'adrénaline supplante la dopamine et il me cambre tout entier, sa main tenant mes cheveux comme une bride. Il sait qu'ainsi il a le contrôle sur moi, et il n'est plus tant question que je le lui ôte, comme je pouvais le faire dans le désert alors que nous étions encore des étrangers l'un pour l'autre. J'aime être sa chose, sa chose dominée, et j'obéis à ses brusques injonctions physiques, inclinant la nuque à sa merci, courbant les hanches contre son sexe dur, fondant mon dos dans sa chaleur ventrale. Le sol, les murs, qu'importe en réalité. Mais en ouvrant les yeux, en faisant un peu reculer mon fantasme, je distingue l'énorme stèle de granit qui avait autrefois servi à entreposer le cercueil du Comte de séant. Large, haute, la pierre est lissée à force qu'on y ait traîné la tombe de bois, et l'invitation est trop tentante. Je me décroche de lui dans un feulement et mes yeux brillent quand je le toise, le dévisage, le provoque silencieusement en relâchant cette fois totalement la natte. Mon visage est soudain encadré de deux cascades d'encre ondulées. Je vais jusqu'à la stèle ; pile à hauteur de bassin, et me mords la lèvre doucement. Je me sens homme, homme à aimer, homme voué à un autre homme, celui-là même en face de moi, avec ses arcades austères, ses yeux de rapace, sa bouche charnue et sa barbe fournie et douce, rugueuse juste à souhait en certains endroits. Je lève mes fesses et m'installe, évacuant bottes et manteau. Il ne me reste bientôt que ma chemise, mon pantalon a quitté mes jambes pour le sol froid. Ma tête trouve le support quand je m'allonge et commence à me caresser avec volupté et une once de perversité toute dosée. Ma chevelure dévale le pan de granit, je tire sur l'élastique de mon caleçon en murmurant son prénom. Viens, toi mon oiseau de Maât, toi qui as fait la razzia sur mon âme... Je l'attends, mais je ne veux pas que ça s'éternise, pas cette fois. C'est pourquoi sans le quitter des yeux, mon index à l'ongle noir pénètre mon intimité dans un soupir maîtrisé et imite ce qui est d'habitude le jeu des doigts de Baas. Ce n'est pas pareil, je préfère quand c'est lui, mais si ça peut le faire venir plus vite. La chemise meurt sur mes flancs, mon ventre blanc bien apparent, je chasse définitivement le sous-vêtement à mes chevilles.


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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Mer 15 Fév 2017 - 21:29

“Ta main.”

La voix du vautour à barbe gronde, des reproches amusés dans le ton. Il y a des choses qu'il sait apprécier, et d'autres pour lesquelles sa fierté virile l’aveugle. S'il est là, si proche, c'est que Sokar n'a pas besoin de sa main. S'il l'a toisé, provoqué, s'il a joué avec ses cheveux avant de s'allonger, offert, c'est qu'il n'a définitivement pas besoin de sa main.
Alors Baas gronde en finissant d'envoyer voler ses vêtements sur le sol de la crypte. Il ne restait plus que le haut contre lequel il se bat quelques instants, gêné par sa voilure pour ôter les fermetures éclair dans son dos, puis soudain il n'y a plus rien. Plus rien que l'homme sauvage et nu, résolument nu, résolument excité. Même le froid de la cave ne semble pas l’effleurer, que ce soit grâce à sa température personnelle ou l'habitude des hauts sommets.

Deux pas et il est sur l’immortel. Un pas de plus et ses genoux rencontrent la pierre de la stèle contre laquelle il bute. Ses ailes posent une question, demandent pourquoi là, mais il n'attend pas tellement de réponse. Il est trop occupé à chasser la main qui l’agaçait tant du chemin pour s'aligner avec l'ombre, sans pour autant le pénétrer. Il préfère glisser ses doigts sous la cuisse de l'égyptien, entre la chair fraîche et la roche froide qui apaisent la douleur légère des petites plaies d'escalade sur ses phalanges.
Juste sous la fesse. Puis atrocement lentement, en un long geste sinueux, il remonte au genou pour le relever, embrasser son sommet en ne quittant pas du regard son amant. Il ne veut pas prendre son temps, mais il veut aussi le voir feuler d'impatience, la seconde lubie étant plus marquée que la première. De l'arrière de l'articulation il remonte -ou descend ?- plus encore, sur le mollet ferme qu'il force à se dérouler en pointe de danseuse appuyée là, dans le creux de son épaule, pour rendre Sokar plus offert qu'il ne l'était déjà.

“Tu es beau.”

Il ne peut pas le nier. Même dans la crypte à la lumière rare il est beau, avec sa peau blanche, sa chemise inutile, ses cheveux comme une mare de nuit autour de lui. Tendrement, l'oiseau embrasse l'intérieur de sa cuisse. Sa douceur est toujours incongrue, imprévue, sans calcul ni préméditation. Il a juste envie d'être affectueux là, et de l'être moins après.
D'agripper plus fermement la jambe qu'il a prise en otage avant de se guider lui-même entre les fesses de son compagnon pour daigner, enfin, le prendre. Impossible de nier que la préparation de Sokar à été utile, mais sa fierté refuse de l'admettre. Il baisse la tête pour se voir entrer et sortir au rythme encore lent, laissant les mèches échappées de sa tresse lors de la chute libre obscurcir ses traits.
Il n'y a plus rien autour. Plus de froid, de roche, de grande maison. Juste son souffle qui gronde tout bas, le claquement de ses hanches contre la chute de reins du chasseur, sa délicieuse étroitesse et l'odeur de sa peau contre laquelle il blottit son nez, contre la chair tendre de l'intérieur de sa cuisse. Là où il étouffe les sons qui montent à sa gorge en mordant.

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MessageSujet: Re: Odyssée d'un homme-oiseau, d'une ombre et d'un fils d'Anubis [PV Baas] [CLOS]   Jeu 16 Fév 2017 - 10:49

Nu et excité, je suis celui qui l’attise, si fort, celui qui le rend fiévreux et farouche, animal par certains côtés, mais plus homme que jamais. Ma main, oui, je devrais renier l’impudente qui s’est glissée entre lui et moi, entre sa possessivité et mon corps. Je me laisse envelopper dans l’ombre bienfaisante de ses ailes qui ne sont plus celles d’un oiseau mais d’un immense dragon dans l’obscurité de la crypte, seule une maigre lueur lunaire descend l’escalier et meurt sur les talons de l’homme. Ses mains abîmées sont exquises sur ma peau et je l’encourage d’un soupir feutré, humidifiant mes lèvres en sentant que ma respiration artificielle de plus en plus excitée les assèche. Il n’a jamais fait ça, il me traite comme un prince, mais sans se placer comme inférieur, non. Il est l’amant officiel du prince, du dieu, de ce qu’il veut, je suis ce qu’il veut, tout ce qu’il veut, tout à lui. Mon talon presse sa clavicule quand il prononce ces mots que je connais pourtant, bien qu’il ne soit pas gourmand de compliments et je ne m’en soucie pas, à vrai dire je m’en fiche, ses longs regards couvant en disent plus que tous les mots qu’il pourra chanter de sa voix de ténor du désert, cette voix qui gronde, brûle, frappe, caresse parfois, embrasse d’autres fois…
Le lieu est propice aux élocutions provocatrices et dépravés, mais le démon en moi est couché, blotti sous son rocher, et c’est l’homme, l’adolescent qui vibre et voudrait souffler trois petits mots qui changent une vie, une éternité. Mais la décence et l’orgueil les retiennent solidement, et je m’en veux. Pour me punir je m’empêche d’éprouver le plaisir que ses baisers sur ma jambe et dans le mou de ma cuisse me procurent. Je serre les dents, me crispe, mais ma flagellation ne dure pas, j’en suis incapable. J’écarquille les yeux quand il me prend et remercie ma main de nous avoir frustrés tous les deux quelques minutes car j’aurais pu souffrir de cette intrusion. Mais bien vite ma nuque se renverse et je garde les yeux mi-clos pour regarder son expression brute et satisfaite, ses pectoraux tressaillir, ses abdominaux se contracter sous ce mouvement langoureux qui nous unit. J'imagine le léger creux des muscles de ses fesses sous la poussée...Mon corps se resserre autour de lui et je griffe ses avant-bras en comprenant qu’il observe le point d’union et cela me fait l’effet d’une bombe de chaleur dans le sexe. Ses cheveux chatouillent ma cuisse, il se retient, contrôle son plaisir et je ne veux pas, je ne veux pas jouer, pas maintenant ! Je fais monter lentement mes mains le long de mes hanches, sur mon ventre, frotte mon torse et tire mes mamelons, les rendant durs, désireux ; la chemise est en train de rendre l’âme. Souple, je reprends ma jambe et me redresse pour venir l’embrasser à quatre pattes au bord de la stèle. Baiser doux, complètement soumis et plein de fièvre, de demandes silencieuses. Nos regards s’accrochent, se bouffent, se comprennent quand je mets un terme tout provisoire à nos caresses buccales. Mon oiseau… Je passe les bras autour de son cou et me hisse contre lui, léger comme une plume, nouant mes jambes autour de ses hanches, débarrassé de l’insidieux vêtement, et passant une main sous moi je fais remonter son sexe jusqu’à moi  m’asseyant doucement dessus. Il est debout, il me porte et n’a pas mangé, mais je sais me faire souple, je sais me faire nuage pour lui épargner trop d’efforts, et sans qu’il ne s’en rende compte je gère notre affaire, usant des muscles de mes cuisses et de mes bras pour monter et descendre sur son pieu érigé. Mes bourses frottent, massent son bas ventre à chaque impulsion et ce contact répété me fait gémir en japonais. Qu’est-ce qui me retient ? J’agrippe encore son regard, m’y noie, mon front contre le sien, mes lèvres à ça des siennes, je contemple tout ce qu’il est, tout ce que j’ai désormais, et je n’ai que cet homme, alors qu’est-ce qui me retient…de lui dire ?  

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